Le cinéma, c’est un peu comme la musique. Il peut arriver, après avoir écouté des heures de disques, que l’on ait envie d’apprendre un instrument et de monter son groupe. En matière de film, c’est pareil. Il arrive qu’on ait envie de prendre la plume pour raconter une histoire. C’est en travaillant sur le scénario de mon travail de maturité l’été passé que j’ai découvert les bases de l’écriture du scénario et du découpage technique. Pour l’occasion, j’ai écrit ces documents avec Word, tout simplement. Mais une fois le travail terminé, je me suis demandé s’il n’existait pas un moyen d’écrire efficacement un scénario et par la même occasion de gérer toutes les ressources nécessaires à la narration d’un film. Après avoir “googlé”, je suis tombé sur Final Draft. Un super truc pro et tout et tout mais le prix, lui aussi, est pro. Je me suis alors mis en quête d’un logiciel moins cher. C’est alors que j’ai découvert Celtx. Open Source, gratuit et en français qui plus est.
Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion de lire un scénario de film, mais il faut respecter toute une série d’alignements de texte notamment pour l’écriture des dialogues. Je tiens à préciser que je ne suis pas du tout un professionnel de la branche, mais je vais tenter de vous guider à travers ce sympathique logiciel et, qui sait, vous faire envie d’écrire…
Premiers contacts
À l’ouverture, nous voici face à la fenêtre suivante.
Comme nous voulons écrire le blockbuster du siècle, nous allons choisir de commencer avec un projet “Film”.
Petit tour de l’interface.
La barre d’outils contient les éléments tels que “nouveau” qui permet d’ajouter un élément au projet (personnage, lieu, etc.) ainsi que les habituels “sauvegarder” ou “imprimer”. La bibliothèque du projet permet d’organiser tous les documents nécessaires au film et de les classer dans différents dossiers. Vous en comprendrez l’utilité plus tard. Juste en dessous, vont venir s’afficher les scènes du scénario. Il faut savoir qu’un scénario se découpe en séquences qui elles-mêmes se découperont en plans au découpage technique. C’est un moyen de structurer le scénario.
C’est plutôt la partie centrale qui nous intéresse. C’est ici que nous allons laisser libre cours à notre inspiration. Pour commencer la première séquence, il faut tout d’abord choisir trois éléments. Intérieur ou extérieur? Où? Jour ou nuit? C’est avec ces trois indications que commence une séquence. Allons-y.
Celtx met automatiquement ce texte en majuscule comme le veut le protocole. En appuyant sur entrée, le logiciel sort automatiquement du cadre gris et nous permet d’écrire une action.
Je peux écrire autant de texte que je veux et faire autant de retours à la ligne que je le souhaite. Si je désire démarrer une nouvelle séquence, il me suffit d’appuyer deux fois sur la touche “retour” et une nouvelle ligne grise apparaît. Notez que la séquence n°1 s’est affichée en bas à gauche.
Maintenant, je désire ajouter un dialogue à cette scène. Vais-je me battre avec des tabulateurs? Bien sûr que non! Il suffit d’appuyer sur la touche “Tab”. Ceci me permet d’écrire le nom du personnage au milieu de la page.
Encore un retour à la ligne, et voilà que le curseur se place automatiquement à l’endroit où le dialogue doit s’insérer.
Allez, juste pour le fun, écrivons quelques lignes de dialogue.
Deux pressions sur la touche “retour” et me voici de nouveau capable d’écrire une action. Encore une pression, je commence une nouvelle séquence. Vous commencez à comprendre? Tant mieux.
Les ressources
Imaginons que nous voulions décrire en détail un personnage. Nous n’allons pas l’écrire en plein milieu du scénario, ce n’est pas vraiment la place d’un tel élément. Pour ce faire, nous allons ajouter un élément “personnage” à notre projet. Pour ce faire, il suffit de cliquer sur “Ajouter” dans la barre d’outils et de choisir l’élément qui convient.
Vous remarquerez que les personnages que j’ai utilisés pour mes dialogues me sont proposés pour la création d’un nouveau personnage. Cliquons sur Noé puis sur OK. Me voici face à la page du personnage.
J’ai la possibilité de remplir des champs d’indications tels que:
-Nom complet
-Age, yeux, cheveux, etc.
-Traits de caractère
-But du personnage et moyens d’y arriver
-Vécu familial
-Aime/N’aime pas
-etc.
C’est vraiment un outil très utile pour décrire précisément un personnage et sa psychologie. Le fait de se poser la question “Quel est son but?” aide à rédiger le scénario et à ne pas se perdre ou encore, écrire des incohérences.
Il y a possibilité de choisir parmi des dizaines d’autres ressources. Toutes sont accompagnées d’une fiche à cases multiples à remplir.
Citons parmi les plus utiles les descriptions des lieux de tournage avec la prise en compte de paramètres tels que l’alimentation électrique, les nuisances sonores éventuelles, la personne à contacter pour s’assurer que le lieu soit libre, etc. Mais les ressources peuvent aussi concerner des cascadeurs, des effets spéciaux, des animaux, etc. Grâce à cela, il est pratiquement impossible de s’y perdre.
Les ressources créées s’ajoutent aux autres éléments du projet.
Découpage technique
Magie de l’internet, nous dirons que notre scénario est prêt. Il faut maintenant procéder au découpage technique. Cette étape consiste à transcrire de façon exacte tout ce qui va se passer à l’écran. Pour cela, nous aurons besoin d’utiliser d’autres indications telles que celles des valeurs de plan. Pour exemple, reprenons notre début de scénario.
Après avoir introduit les indications dans le champ grisé (Int Forum de Cuk Nuit), il faut commencer par choisir une valeur de plan (Gros plan, plan moyen, plan large, etc.)
Comme vous pouvez le constater, Celtx a en mémoire une bibliothèque (qu’il est possible de compléter) de valeurs de plans. Je n’ai qu’à taper la première lettre et la suite m’est proposée. J’écris la description du plan.
L’étape suivante est l’écriture des dialogues, toujours en tenant compte des valeurs de plan.
Et voici ce que peuvent donner quelques lignes de texte avec un peu d’imagination.
Vous remarquerez que j’ai ajouté une indication sur le dialogue d’Iris. En effet, il est possible de choisir à tout moment ce que l’on veut écrire grâce à ce menu.
C’est dans la boîte!
Notre scénario et notre découpage sont enfin terminés. Il reste à l’imprimer et à le présenter. Pour ce faire, Celtx propose un système de mise en page assez intéressant.
Commençons par le scénario.
Il y a possibilité de remplir la page de garde avec les infos suivantes.
Elles se retrouveront sur la première page à l’impression du scénario. La mise en forme du scénario ne diffère par vraiment de celle qui est écrite dans le logiciel. C’est du côté du découpage technique que c’est beaucoup plus intéressant. Regardez le résultat.
Pas mal hein? La lecture devient très claire. Surtout si on a à faire à un scénario de plus de 50 pages.
Partager son travail
Celtx vous permet de partager votre projet avec d’autres utilisateurs. Pour cela, il suffit d’activer les services web et d’autoriser votre contact à lire votre projet via le logiciel. Vous pouvez aussi publier votre projet sur le Project Central.
Planifiez
Notre super blockbuster a été revu, corrigé, démonté par nos nombreux relecteurs. Vient maintenant le moment de planifier le tournage afin de ne pas se mélanger les pinceaux. Pour ce faire, ajoutez un “plan de travail” via le menu des ressources.
Nous voici face à un calendrier.
Vous remarquez qu’au haut de la fenêtre, les scènes sont stockées dans un espace. Pour les planifier, il suffit de les glisser sur un des jours du calendrier. Il fonctionne comme tout calendrier et il est possible de l’afficher par mois, date ou même jour afin de préciser au maximum la nature de l’événement.
En conclusion
Nous venons de faire un rapide tour de Celtx. Il dispose encore de bien des fonctions, mais je crois vous en avoir décrit les principales et les plus importantes. Je trouve cet outil vraiment formidable, car il nous élimine les tracas de la mise en page pour vraiment pouvoir se focaliser sur le plus important, l’écriture. Le fait de pouvoir ajouter des ressources telles que la description des personnages ou des lieux est vraiment un plus, car cela permet de mieux garder à l’esprit bon nombre d’éléments. Mais je vois déjà certaines personnes venir me dire que dans l’industrie du cinéma, seul Final Draft a sa vertu et que des producteurs ne liront jamais un scénario fait avec un autre logiciel. Mais celui qui écrit une histoire avec Celtx ne vise pas Hollywood mais plutôt de la petite production.
Pour ma part, je suis en train d’écrire simultanément quelques projets sur Celtx. Cela me permet de ne pas oublier les idées qui me viennent à l’esprit. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve formidable de transcrire ses pensées sous forme de films. Inventer une histoire tout en y ajoutant des éléments personnels permet de relativiser certains événements par exemple.
J’espère un jour pouvoir tourner un de mes projets. C’est en bonne voie apparemment. Mais ne vous inquiétez pas, je vous en reparlerai.
Alors trois mots en conclusion: Faites des films.
À bientôt!








