C’est là que je me rends compte que les choses ont bien changé, depuis quelques années.
Il fut un temps où la sortie du nouvel Office (du nouveau Word en particulier) m’aurait mis dans tous mes états.
Or cette fois…
Je n’écris pas cela en raison d’une quelconque mauvaise qualité des produits, je m’en suis rendu compte même avant de l’avoir reçu.
Certes, je l’ai commandé immédiatement.
Certes, je n’ai pas pu attendre, j’ai trouvé moyen de l’essayer trois jours avant de l’avoir reçu (rassurez-vous, je l’avais déjà payé!), mais bôf…
Et quelle est la raison de ce manque d’enthousiasme soudain?
Peut-être qu’on se lasse de tout un petit peu, finalement, c’est vrai, mais surtout, il me semble, parce que le contexte est ma foi tellement différent d’il y a quelques années (nous étions en 2004 j’imagine, vu le nom de la dernière version d’Office).
Rappelez-vous, en 2004…
Elle était où, la concurrence?
Hmmm?
Ben elle n’était pratiquement pas là.
Or depuis, il y a eu Pages, qui dans sa version 2008 est un logiciel qui tient parfaitement la route, et se trouve être un concurrent redoutable à Word. Inférieur encore sur certains points (le publispostage un peu basique dans Pages, très poussé dans Word), les références croisées que Word gère, et Pages pas (mis à part les liens hypertextes). Mais sur bien des points, Pages est plus puissant que Word (mise en page, même si tout est possible dans Word), tout en l’ayant rejoint, dans sa dernière version, en ergonomie et surtout en rapidité.
C’est fini le Pages qui rame… En tout cas chez moi. Mais comme Pages était insupportable en version 06, et qu’il est devenu très agréable en 08, j’imagine que ça doit un peu être le cas chez tout le monde.
Et puis il y a Nisus Writer Pro (voire Express) aussi, testé ici et là, qui fait à peu près tout, qui est d’une ergonomie parfaite, ne coûte pratiquement rien, qui gère les références croisées, mais pas le mailing (à ce que j’ai vu).
Nisus et Pages gèrent magnifiquement les tableaux, les images, les tables des matières, sont parfaits pour écrire des longs documents, mais aussi des lettres, bref, ils concurrencent Word de belle manière.
Il y a Keynote également, qui se trouve être bien plus agréable à utiliser que PowerPoint (même si sur certains points, au niveau interactivité, le programme de Microsoft est encore un peu supérieur).
Et puis Numbers, qui est une alternative dans bien des cas tout à fait crédible à Excel, même s’il n’est pas encore à son niveau dans certains domaines. Oui je sais, j’ai bigrement critiqué Numbers ici, en particulier pour sa lenteur. Je n’avais pas trop été compris par certains. Selon eux, c’était peut-être ma machine qui…
Tiens donc… La mise à jour de Numbers qui a suivi a pratiquement fait disparaître cette lenteur sur la même machine qui était en question. C’est donc bien que la première mouture avait un problème je pense. Ce qui est important en tout cas, c’est que ce logiciel est tout à fait utilisable désormais.
Bref, si l’on prend la suite iWorks, Keynote, Pages, Numbers, viennent allègrement donner une alternative crédible à Office et son PowerPoint, Word et Excel. En plus, la suite iWorks revient nettement moins cher qu’Office.
Nettement moins cher? Attends voir, mais plus tant que ça!
Savez-vous que vous pouvez acheter une version complète d’Office 2008 estampillée Éducation et Famille, pour 219 francs suisses? Et que dans ce paquet (que j’ai reçu l’autre jour), vous avez droit à 3 numéros de licence?
Cela nous fait 73 francs suisses la licence, ce qui, il faut bien l’avouer, n’est vraiment pas onéreux.
Bien… Premier bon point donc pour Office: le prix est tout à fait dans la norme, pour autant que vous soyez dans l’éducation, ou que vous ayez… une famille! Donc normalement, tout le monde peut en profiter, si j’ai bien compris (hem comment… pas vous? Vous êtes si seul, oups pardon, désolé…).
Reste la qualité du produit lui-même…
Alors, il vaut quoi ce nouvel Office?
Dites, ils ont mis le temps chez Microsoft, pour le rendre Universal Binary, donc tournant en natif sous les nouveaux Macintosh.
Deux ans…
Enfin, ça y est. En ce qui me concerne, il ne reste plus que mon scanner Epson (eh oui, regardez, vous verrez qu’ils sont encore PowerPC), MoneyDance (pour gérer mon immense fortune) et Band-in-a-Box qui peuvent passer sur Macintel. Pour le reste, je crois que le compte y est.
Je vais passer comme chat sur braise sur Entourage que je n’utilise plus depuis longtemps, et que je ne veux surtout pas reconfigurer comme client mail, de peur de dérégler ce qui fonctionne chez moi parfaitement avec Mail et Contactizer Pro.
Cela dit, j’imagine bien que les utilisateurs d’Entourage seront satisfaits des quelques nouveautés (comme MyDay ou les améliorations du calendrier) et qu’ils continueront à être satisfaits de ce logiciel.
Je précise que j’ai utilisé très longtemps Entourage, que je l’appréciais beaucoup, mais que je préfère désormais travailler avec des données partout disponibles propres à OSX, comme Mail, Carnet d’adresses et iCal (pour ces deux derniers, je travaille avec Contactizer Pro, qui utilise les mêmes données). Entourage n’est toujours pas (que je sache) en relation étroite avec les logiciels OSX.
Je vais aussi laisser de côté Excel.
Tout simplement parce que je ne peux pas l’utiliser. Chez moi, écrire du texte dans une cellule prend des plombes, au bout de quelques minutes d’utilisation. Je ne sais pas ce qui se passe, c’est comme ça. J’ai lu partout qu’Excel était beaucoup plus lent qu’en version Rosetta, mais là, à ce point, le logiciel est tout bonnement inutilisable. Je pense qu’une correction interviendra rapidement, comme ça a été le cas pour Numbers.
Cela dit, de ce que j’ai vu, le logiciel a très peu évolué, mise à part la mise en conformité avec la boîte à outils et la bibliothèque d’éléments d’Office.
Et puis PowerPoint, ses nouveaux thèmes (à la Keynote), ces nouveaux effets (pas aussi jolis que dans Keynote, même l’effet de transition “Cube” est nettement moins fluide que chez Apple) je vais le découvrir tranquillement, mais pour l’instant, j’ai surtout regardé ce que nous offrait Word au niveau des nouveautés.
Word, toujours le même, en plus ergonomique
Word, il faut bien l’avouer, il sait tout faire, depuis de nombreuses versions.
On n’a pas besoin de toutes les fonctions de ce logiciel mais chacun y trouvera ce dont il a besoin.
Rien n’a changé dans le nouveau Word.
Au point qu’au bout de quelques minutes, je me suis dit que le changement n’était que cosmétique (en quoi tord, voir plus bas).
Ah si tout de même, après ouverture d’une session, on lance Word, qui s’affiche en moins de 15 secondes sur un vieux MacBook Pro. Pas mal.
Beaucoup mieux que ce que cela demandait sous Rosetta avec Word 2004.
Mais moins bien que Pages (6 secondes) et que Nisus (5 secondes).
Cela dit, 15 secondes, c’est tout à fait supportable vous ne pensez pas?
La grande nouveauté, comme partout dans Office 2008, c’est la bibliothèque d’éléments, qui vient s’ajouter au-dessous de la barre de menus de Word.
bibliothèque d’éléments déployée, affichant les pages de garde disponibles pour insertion…
Exgtrait de la même figure, mais cette fois avec la bibliothèque contractée.
Elle est très bien, cette bibliothèque, et touche, en ce qui concerne Word:
Les éléments de documents, divisés eux-mêmes en
…table des matières…
…en-têtes
... pieds de page
… bibliographies
Il faut bien avouer que pour la gestion des documents longs, ces inserts d’éléments sont extrêmement pratiques et bien pensés. Il se trouve également qu’ils sont d’assez bon goût, en tout cas pour certains d’entre eux.
Nous trouvons également dans cette bibliothèque d’éléments:
les tableaux rapides (dommage, j’ai toujours l’impression que celui dont j’aurais justement besoin n’y est pas!)
Les graphiques tout prêts, en rapport avec une zone liée Excel.
Les graphiques SmartArt, qui permettent de créer rapidement des organigrammes, et qui fonctionnent assez intelligemment à l’aide de boutons d’ajout. Mais ne rêvez pas, vous n’avez pas les fonctions et la souplesse d’un OmniGraffle ou même d’un programme de Mindmapping.
Les traditionnels Wordart qui me pompent l’air, que jamais, au grand jamais je n’oserais en insérer un dans mon document, tellement j’aurais l’impression qu’il aurait l’air d’une carte des mets dans un restaurant pas très chic.
Je le répète, cette barre d’éléments est tout de même très pratique, même si l’on ne l’utilise pas en permanence. Comme elle peut être contractée, elle ne dérange pas trop.
Une palette de mise en forme dans la boîte à outils
J’ai toujours apprécié la palette de mise en forme de Word, sorte de précurseur des inspecteurs dans d’autres programmes.
Elle est toujours là, mais fait désormais partie intégrante de la boîte à outils, qui nous permet d’afficher:
- La palette de mise en forme donc, comme je viens de le dire
- La palette des objets
- La palette des citations (je n’ai pas bien compris son fonctionnement)
- La palette de l’album
- La palette des outils de références (il faut être connecté à Internet pour en profiter, les renseignements étant trouvés très rapidement en ligne) très complets
- La palette de compatibilité, qui vous informe des éventuels problèmes rencontrés (par exemple, Word ne reconnaît jamais la langue de mes documents, même si au départ je lui indique bien qu’il s’agit du français)
- et enfin la palette des projets (qui ouvre un projet et lance Entourage)
Toutes ces palettes nous permettent d’avoir tout sous la main, et sont bien réalisées.
Un mode publication tout neuf
Word a toujours pu faire de la mise en page, mais il s’agissait souvent alors de bricoler pour pouvoir s’en sortir.
Ici, un nouveau mode mise en page apparaît, qui facilite bien les choses.
De très nombreux modèles, souvent assez “Classe” sont proposés, divisés en différentes catégories (bulletins, brochures, prospectus…).
Voici comment se présente la chose:
Dommage, ce fond en faux bois… Remarquez, on peut le changer, mais de tous les choix possibles, il n’y a rien de vraiment sobre.
La palette d’outils est particulière à cet affichage et permet de créer des blocs.
Notez la loupe qui est assez intéressante:
En effet, il suffit de glisser le curseur à droite ou en haut pour agrandir l’image, et vers la gauche ou le bas pour le diminuer.
Des pages maîtres (gabarits) sont bien entendu de la partie.
Vous pourrez aussi créer des zones de dépôt d’images, des repères, bref, tout y est pour que votre mise en page soit facilitée.
Bref, ce mode d’affichage est bien pratique, même si je n’ai pas compris comment faire pivoter librement une zone de texte (pour tous les autres objets, pas de problème, mais une zone texte, non…).
Niveau compatibilité
L’avantage d’avoir Word sur sa machine, c’est que l’on est plus ou moins certain de pouvoir ouvrir n’importe quel document en provenance d’un PC.
Désormais, c’est encore plus le cas puisque Word 2008 Mac est compatible avec Word 2007 Windows, notamment avec les fichiers de type “docx” (idem Excel avec le format ”.xlsx” et PowerPoint avec le ”.pptx”).
Word est ouvert à l’Unicode, et compatible avec les polices OpenType et ses ligatures.
Notez que Visual Basic a été abandonné sur Mac. Microsoft recommande de demander à nos amis Windowsiens de ne pas nous transmettre de document contenant des macros Visual Basic… Dingue!
Enfin, l’Unicode fait que ProLexis n’est pas encore disponible pour Word 2008 (que l’on parle du Petit ou du Grand ProLexis) et Antidote ne l’est pas plus, mais en ce qui le concerne parce que le logiciel tire parti de VisualBasic, qui n’existe plus sur Mac.
Les deux éditeurs travaillent bien entendu pour trouver une solution, en attendant, il faudra faire avec le correcteur intégré de Word, nettement moins “intelligent” que les deux programmes dont je viens de parler.
Quelques petites choses encore
La gestion des préférences de Word, qui était un calvaire auparavant, puisque la gestion des onglets était catastrophique est nettement plus facile et agréable maintenant, puisque Microsoft se plie à la mode “Préférences système” d’OSX.
Autre chose bien agréable, que j’aurais pu passer dans le paragraphe consacré à la compatibilité: étonnamment, les versions anciennes que j’avais enregistrées de mes documents sur Word 98 ne s’ouvrent plus de manière erronée en format d’impression US Letter, qui foutait toutes mes mises en page en l’air, et qui me rendait dingo, avec toutes les dernières versions de Word.
Là, tout rentre enfin dans l’ordre.
Ben il aura fallu attendre presque dix ans, pas grave…
En conclusion
Mis à part Excel, qui rame vraiment trop chez moi, mis à part l’abandon de VisualBasic qui va poser des problèmes de compatibilité avec certains documents PC qui contiennent des macros dans ce langage, il faut bien avouer que Microsoft a fait du très bon travail.
Madame Cuk était revenue à Word VX, abandonnant Word 2004, bien trop lent et bogué. Elle va repasser sans aucun problème sur Office 2008, je suis sûr qu’elle en sera très satisfaite (je n’ai jamais pu la faire passer sur Pages).
Moi, je ne sais pas.
J’aime vraiment beaucoup Pages 3, Nisus, mais j’apprécie désormais Word également.
Enfin, on ne va pas se plaindre d’avoir trois excellents texteurs sur nos machines, tous parés pour Leopard et le Macintel désormais.
Quant au prix, je le répète, la version familiale est une véritable aubaine.
Bref, première approche tout à fait convaincante.
Je n’ai pas vu trop de bogues, mais c’est vrai que c’est lorsqu’on est dans des documents hypercompliqués qu’on s’y trouve vraiment confronté. Et comme je n’ai pas encore eu à en composer de vraiment complexes, pour l’instant, je ne peux dire que tout va bien à ce niveau.











