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Une situation, un vocabulaire, une perplexité

Il n’a pas fallu deux heures, après la non-réélection du Conseiller fédéral Blocher, pour que l’Union Démocratique du Centre (UDC) se mette à parler de “putsch” et de “complot”. On a ourdi un putsch pour se débarrasser du sauveur de la patrie, le grand Blocher. L’UDC est victime d’un complot, elle est chassée du gouvernement. Vraiment? Procédons à une petite analyse.

La mise à plat d’une situation

Comme chaque année depuis 1848, la semaine dernière les Chambres fédérales (législatif, composé d’une chambre dite basse – proportionnelle au nombre d’habitants – et d’une chambre haute – deux représentants par canton) choisissaient en leur sein les sept membres du Conseil fédéral (exécutif).

Un certain nombre de Conseillers fédéraux (ministres) se représentent toujours, certains démissionnent, et on les remplace. Le choix est libre, à ceci près qu’il est convenu de respecter une proportionnalité entre partis. En ce moment, les sept ministres sont: deux radicaux, deux UDC, deux socialistes, et un démocrate-chrétien. Le plus souvent, un nouveau Conseiller fédéral est choisi parmi les parlementaires. Mais théoriquement, n’importe quel citoyen peut se retrouver Conseiller fédéral.

Il est déjà arrivé qu’un Conseiller fédéral ne soit pas réélu. Il y a quatre ans tout juste, Mme Ruth Metzler a été écartée au profit de M. Christoph Blocher, qui a été élu de justesse. Les parlementaires avaient considéré que le parti de M. Blocher (l’Union démocratique du centre) était désormais plus fort que celui de Mme Metzler (le Parti démocrate-chrétien), et qu’il fallait deux représentants de ce parti à l’exécutif au lieu d’un. Mme Metzler (qui était un ministre compétent – qu’on soit d’accord avec elle ou pas) est partie la tête haute. En public elle n’a fait ni crise de nerfs, ni menacé qui que ce soit, même si, on l’a appris bien plus tard, elle trouvait son éviction profondément blessante et injuste.

Il est également arrivé, plus d’une fois, que les divers partis aient proposé l’un des leurs, et que le parlement en ait élu un autre. Pour mémoire, M. Otto Stich, socialiste peu connu, avait été préféré au candidat proposé par son parti (j’oublie qui c’était), puis Mme Christiane Brunner, également socialiste, s’était vu refuser son élection, et on avait fini par aller chercher dans l’appareil syndical une autre socialiste, Mme Ruth Dreifuss. Ce ne sont que des exemples récents, il y en a sans doute d’autres.

Tout cela fait partie du jeu normal de la démocratie telle qu’elle est définie par la constitution helvétique, et telle qu’elle se pratique selon des formes et des règlements d’application acceptés par les citoyens.

C’est exprès que j’expose les choses banalement, remises à plat. Car ce qui s’est passé la semaine dernière en Suisse, c’est quelque chose d’ordinaire: on a renouvelé le gouvernement, selon les règles établies depuis près de 160 ans.

Un vocabulaire, une vicissitude

Mercredi dernier, donc, un des deux représentants de l’Union démocratique du centre, M. Christoph Blocher, n’a pas été réélu par les Chambres, qui lui ont préféré une autre représentante de ce même parti, Mme Eveline Widmer-Schlumpf.

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Eveline Widmer-Schlumpf, l’élue

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Christoph Blocher, l’évincé

Cette politicienne dans l’âme était fort connue dans les milieux politiques, ainsi que par le public de son canton, les Grisons, où elle est ministre des Finances depuis des années.

Et c’est alors que le vocabulaire s’est emballé.

Une heure après cette élection, un élu UDC affirmait, devant les caméras de la TSR, que c’était scandaleux, que son champion avait été évincé par “n’importe qui”, et que son parti n’était plus représenté au sein de l’exécutif.

Au journaliste qui s’étonnait et répliquait qu’il y avait toujours deux membres de l’UDC au gouvernement, les deux députés UDC présents autour de la caméra disaient: pas du tout, la “vraie UDC” n’était plus représentée.

Cela m’a fait penser à ces paysans, dont je vous ai parlé dans une humeur récente qui me disaient que Blocher avait kidnappé le Parti agrarien au profit des populistes des villes. L’UDC a toujours tenté de faire oublier cela. Voilà qu’elle soulignait soudain la fissure – étonnant, et maladroit sur le plan politique.

On criait au scandale: Blocher pas réélu, c’était “un seul être vous manque, et tout est dépeuplé”. A croire que seul Blocher est l’UDC, et que l’UDC, c’est Blocher et puis c’est tout.

Il a fallu deux heures pour que l’UDC se mette à parler de “putsch” et de “complot”. On aurait ourdi un putsch pour se débarrasser du seul sauveur de la patrie, le grand Blocher. L’UDC est “victime d’un complot”, elle est “chassée du gouvernement”. La Nation (avec N majuscule, ils y tiennent) pleure que son champion ne soit plus aux manettes. Elle est perdue. Mais l’UDC veille, elle sera désormais dans l’opposition, “les conjurés paieront cher”, le fait que l’UDC n’est plus représentée au gouvernement fédéral.

Ah! Si les conseillers fédéraux étaient élus par le peuple, alors là, on verrait ce qu’on verrait, Blocher serait plé-bi-sci-té, je ne vous dis que ça. Les voleurs de sièges vont s’en mordre les doigts. Leur crime ne restera pas impuni.

D’ailleurs, ils paient déjà: voyez tous ces gens qui affluent à l’UDC. Ils sont dégoûtés par “cette manœuvre indigne”. Il y a même des socialistes parmi eux. Les centraux téléphoniques de l’UDC explosent sous les appels. Tout cela est rapporté par les médias avec délectation: ils sont pleins des déclarations de guerre blochériennes.

Les fidèles de Blocher vont se venger. Ils feront une pression intenable sur ce gouvernement “de centre gauche”. Ils écartent d’un geste ceux qui leur font timidement remarquer qu’Eveline Widmer-Schlumpf est positionnée sur une ligne droite assez dure: elle a accepté le complot ourdi par la gauche, n’est-ce pas. Elle est “donc” de gauche. Et comment va-t-on “faire payer”? En s’opposant à tout, en lançant initiative sur initiative, référendum sur référendum. Mais deux des leurs sont au gouvernement, comment peuvent-ils être à la fois gouvernants et opposition? Leurs représentants sont des traîtres – l’UDC n’est plus représentée au gouvernement, “donc”, etc., etc., et la rengaine – ou le cercle vicieux, comme on voudra – reprend.

Une perplexité

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Un des dessins qui ont commencé à circuler: Elections du Conseil fédéral: fini le blochage!

Vendredi et samedi j’ai fait la tournée des bistrots à Zurich, bastion de l’UDC, paraît-il. Pas seulement mes bistrots habituels, où je connais les gens. Je suis allée dans les quartiers, et même dans les quartiers favorables à l’UDC. Je pourrais écrire une humeur pour chaque bistrot, mais je me conterai de résumer. Aux “Stammtische” (tables rondes) où les inconnus se parlent – et où on s’assied pour communiquer avec tout le monde, ça discutait dur, il y avait les pour et les contre, mais le plus souvent, les UDC étaient sur la défensive. “Votre homme a provoqué pendant quatre ans, il a voulu le beurre et l’argent du beurre – le pouvoir et l’opposition, en termes clairs”, leur disait-on. “On ne gouverne pas comme ça. Moi, Blocher ne me déplaît pas, mes ses méthodes ne sont pas propres”, ai-je entendu plus d’une fois. A quoi les blochériens répliquaient que sans Blocher la Suisse “était foutue”. Dans un bistrot du 3e arrondissement, principalement occupé par les classes moyennes, cette déclaration a provoqué une explosion d’une bonne partie de la clientèle: “C’est une mentalité fasciste, l’homme providentiel”, disait-on.

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Faisons de l’ordre: initiative parlementaire pour l’expulsion des Conseillers fédéraux discordants

Cela se passait à Zurich, prétendu fief de l’UDC. Je regrette vraiment qu’aucun micro médiatique ne soit allé se promener dans ces lieux, qui contredisent les dires de l’UDC, qui a une machine de propagande très efficace.

Laquelle UDC oublie qu’il n’y a pas trois semaines, dans son canton de Zurich, c’est le vote populaire qui a balayé son candidat (Ueli Maurer, président du parti) au Conseil des Etats (ce serait le Sénat pour vous, ami Français), en faveur de Verena Diener, candidate verte. Tout comme il l’a fait à Saint-Gall et dans le canton de Vaud.

Et les signes de mécontentement, l’inquiétude face à Blocher, se sont exprimés de mille manières, parfois rigolotes. Sans faire l’objet de beaucoup de reportages.

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Le dessinateur Barrigue évoque à la fois l’expulsion des sans-papiers et le Grounding de Swissair – voici le grounding de Blocher.

J’en choisis une, mais il y en aurait bien d’autres.

Je vais vous parler du groupe rock “Die Aertzte” (Les médecins) très populaire dans les pays de langue allemande. Ils étaient à Zurich à la veille du vote des Chambres fédérales de mercredi dernier. Ils chantaient ce que vous pouvez écouter par vous-mêmes ici). Et si vous ne savez pas l’allemand, voici une traduction rapide de l’essentiel des paroles:

“Pirater un disque, c’est un péché capital
contre le capital.
Ça ne se fait pas, on ne le fait pas.
Elire Blocher aussi,
Ça ne se fait pas. Ne le faites pas.
On ne le réélit pas.
Nous sommes à Zurich,
Les gens sont bourrés aux as,
Mais nous offririons volontiers notre disque gratis
Si vous n’élisiez pas Blocher
Ne le faites pas, ô Suisse, ça ne se fait pas.”

Vingt-quatre heures plus tard, Blocher n’était pas élu. Les Docteurs ont aussitôt mis leur disque à la disposition de tout citoyen suisse qui n’avait pas voté pour l’UDC – le disque sera de nouveau disponible mercredi, lorsqu’ils auront pris des mesures pour désengorger le site).

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Les Médecins offrent leur album à 71 % des citoyens suisses. Ils tiennent parole: es-tu suisse, et tu n’as vraiment jamais voté pour Blocher? Alors, tu peux télécharger gratis sur notre site, notre nouvel album “le jazz, c’est autre chose”. Merci.

Il y a beaucoup d’histoires de ce type. Cherchez donc sur U-Tube sous “Blocher”, vous trouverez commentaires, chansons, reportages, montages venus de tous les milieux.

Si vous comprenez l’allemand, vous pouvez également consulter le bloc anti-blocher.

Sans parler des sites internet où on vous incitait à signer une lettre invitant Mme Widmer-Schlumpf à accepter son élection pendant les 24 heures de réflexion qu’elle s’est imposées. Et qui étaient totalement saturés tant il y avait de gens qui signaient. Ou des petites manifs qui se sont multipliées autour d’un unique slogan: “Eveline, dis oui.”

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Eveline, dis oui!

Nombreux sont ceux qui pensent que Christoph Blocher a été élu au Conseil fédéral et que son parti a fait tant de voix surtout grâce à la complaisance des médias, qui ont rapporté les moindres frémissements de l’UDC. Depuis huit jours, ils n’ont d’ailleurs pas vraiment changé, et la presse dominicale était davantage dominée par Blocher que par Widmer-Schlumpf.

Et il a fallu attendre pour entendre enfin un discours que j’ai rapporté ici dès le lendemain des élections de novembre: oui, il y a deux UDC (même les chefs du parti le reconnaissent désormais, puisqu’il y a pour eux une “vraie UDC”, et une autre qu’ils ne reconnaissent pas- voir encore l’interview de Christoph Blocher dans le Matin-Dimanche d’hier). Une de droite qui respecte le jeu démocratique, et une d’extrême droite, populiste, et qui ne se réclame du jeu démocratique que lorsque ça l’arrange ou qu’elle ne peut pas faire autrement.

“Opposition ne veut pas dire que l’on bloque le pays”, dit enfin publiquement l’UDC Peter Spuhler (Thurgovie). “Ce pays a besoin de solutions. Nous avons réussi à relancer le développement économique… notre position ne doit pas signifier que l’on bloque tout. Il faut une opposition constructive.”

Et Ulrich Gizendanner (Argovie) assure: “Je vais me battre pour que notre action soit plus conforme, pour que nous soyons plus amicaux, plus convenables, en particulier avec les personnes.”

Quant à l’élu Hans Grunder (Berne), il veut qu’on définisse en quoi l’UDC est dans l’opposition, et espère rallier à sa cause une vingtaine de parlementaires: il ne veut pas que les deux conseillers fédéraux soient exclus des discussions du parti.

Et alors?

Une fois de plus, les médias font preuve, dans toute cette affaire, de leur fascination pour les hommes forts. Le vocabulaire de l’UDC a été largement repris sans analyse particulière. En dépit de la majorité des lecteurs-spectateurs, si l’on en croit le sondage paru hier dans la presse dominicale: près de 60 % des Suisses sont soulagés devant la nouvelle donne politique, contre 27 %. Et 56 % des sondés jugent que l’UDC fait fausse route en optant pour une politique d’opposition à tous crins, tandis que 26 % y sont favorables.

Les 71 % de la population qui n’ont pas voté pour l’UDC et qui (les sondages le confirment) ne se sont pas senti “trahis”, mais au contraire approuvent des deux mains le remplacement de Blocher par sa collègue de parti n’ont, en comparaison, pas beaucoup eu la parole.

Cette avidité à rapporter les moindres faits et gestes dès que quelqu’un de contestable bouge, de s’attacher à l’apparence avant d’examiner le fond, cette manière de ne pas tenir compte des appareils de propagande qui tablent justement sur la susceptibilité d’une presse qui tient à vendre au moins autant qu’à informer, n’est pas l’apanage exclusif de la Suisse.

Disons que “l’affaire Blocher” l’illustre particulièrement bien.

Mais elle est désormais très répandue dans le monde entier. Elle est, à long terme, suicidaire: car lorsqu’il s’aperçoit de la discrépance entre réalité et récit de la réalité, le lecteur finit par ne plus faire confiance à personne, et du coup la lecture ou le visionnement du journal deviennent superflus.

PS. Au moment où je termine cette humeur, je constate qu’au moins une partie de l’UDC est en train de faire marche arrière: opposition – oui, mais pas totale. Même Blocher parle, du bout des lèvres, d’opposition modérée, quoique rigoureuse, cela va de soi.

40 commentaires
2)
iker
, le 17.12.2007 à 03:18
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Anne, on comprend à travers ta chronique tout l’intérêt d’un système à la Suisse.

Vu de l’État français, ce qui vient de se produire en Suisse est éclairant sur la possibilité d’entrevoir d’autres formes de démocraties que la nôtre. Ici les notions de consensus, de convergences, de confluences n’existent pas.

Les alternances sont toujours brutales et nourries d’un esprit (en tout cas d’un discours) de rupture avec tout ce qui a été fait précédemment. Et entretenues par la désillusion de l’électeur parce que la rupture ne se produit jamais aussi loin qu’elle a été annoncée (pour une fraction de l’électorat majoritaire) et trop loin (pour la majeure partie du camp de l’opposition).

Ce mécanisme de frustrations provoquant régulièrement des alternances et des votes sanctions plus que des votes d’adhésion (en particulier dans les élections où les enjeux sont considérés comme moins centraux dans la vie du pays : les élections des conseils généraux – départements – et conseils régionaux, ou encore les élections du parlement européen, ou encore les référendums toujours en France à l’initiative du gouvernement et jamais d’initiatives populaires ni parlementaires).

Ce qui vient de se passer en Suisse est intéressant.

Votre système, vu d’ici, repose, de façon presque structurelle depuis fort longtemps, sur la coopération au sein d’un même gouvernement des principales forces politiques démocratiques du moment, toutes sensibilités confondues.

Ainsi, de temps en temps, tous les dix-quinze ans, une nouvelle force politique émerge, porteuse de valeurs dont l’électorat considérait qu’elles étaient négligées, et obtient un représentant, parfois deux parmi les sept membres du conseil fédéral… c’est à dire un gouvernement collégial. Autrefois c’était les radicaux, ou les démocrates-chrétiens, hier c’était les socialistes, aujourd’hui c’est l’UDC, demain se sera peut être les sensibilités aux confluences de l’écologie, des questions sociales et sociétales, ou celles en faveur d’une plus grande coopération avec le reste de l’Europe.

Cela laisse la possibilité d’expérimenter de nouvelles options, de nouvelles approches, tout en régulant les excès.

Chacun de ses représentants, si j’ai bien saisi le système occupera à son tour la présidence du gouvernement.

Mais il semble qu’il y ait des règles, non écrites, de savoir vivre, de respect de la collégialité, de la recherche de solutions en commun ou de compromis qui prévalent au sein du conseil fédéral.

Si ces règles sont violées par tel ou tel membre du Conseil fédéral, et même si l’électorat pousse des leaders trop radicaux dans leurs façons de faire… le système politique suisse, dispose d’une forme de régulation de cette poussée de fièvre, fabrique ses propres anticorps (à travers ses parlementaires et sa classe politique), pour neutraliser les mauvaises pratiques et les comportements abusifs.

Par le mécanisme qu’on qualifie en marketing de “triangulation” qui consiste à aller sur le terrain de l’adversaire, en retournant ses propres arguments contre lui-même, la campagne sur les “moutons noirs” désignant les étrangers à la vindicte publique, ont eu un effet boomerang contre son initiateur.

Le consensus helvétique semble avoir considéré que ce qu’il y avait de plus étranger au système politique suisse, c’était justement ce système de stigmatisation, et que le mouton noir était précisément celui qui avait été à l’origine de l’affiche._ “Quand on crache en l’air, il ne faut pas être surpris si ça fini par nous retomber dessus”_ dis-t-on par chez nous.

C. Blocher a eu largement sa chance de participer au système pendant quatre ans, il en a violé les principes fondamentaux, dans un poste des plus régaliens qui soit (la justice et la police), flattant dans l’opinion publique les instincts les plus vils.

La classe politique helvétique, et derrière l’ensemble du corps social et des forces sociaux économiques, ont considéré que ce comportement de Blocher était déviant par rapport à l’esprit de la gouvernance helvétique, et a refusé de prendre le risque non seulement de le reconduire dans ses fonctions, mais qu’il ne se retrouve dans la fonction honorifique, mais tout de même médiatique et symbolique, de président de la confédération. L’UDC n’est pas exclue du champ politique. Au contraire, du fait de sa force électorale, deux de ses membres siègent parmi les sept fédéral, mais ces représentants ont été choisis dans le sens de l’intérêt général, et non de l’intérêt particulier d’un leader populiste.

C’est précisément le contraire de ce qui s’est passé en France en mai dernier, où l’élection au suffrage universel du chef de l’État, ce rapport direct, quasiment charnel entre un leader, un chef et son peuple, encourage la fonction tribunicienne, le populisme, la démagogie, les réponses simplistes à des problèmes de plus en plus complexes…

Finalement, le système français reste empreint de l’esprit du monarchisme, et le système helvétique, à travers la crise que vous venez de traverser, un véritable système de recherche de solutions collégiales dans l’intérêt collectif, bref de “Res Publica”, l’esprit de république , du bien commun.

Il n’y a pas de système politique parfait, comme cela a été rappelé ces derniers jours par ceux qui citaient la phrase de Churchill.

Democracy is the worst form of government – except for all those other forms, that have been tried from time to time.

Simplement des recherches de systèmes visant à neutraliser les excès naturels des hommes, et la démocratie, restent encore la forme la plus appropriée, tant que nous n’avons pas inventé mieux. Et on a beau chercher, rien de mieux n’a encore été inventé.

À travers de la manière dont le cas Blocher a été traité, le système suisse démontre qu’il recèle plein de qualités dont nous aurions beaucoup à apprendre, notamment dans la notion de contre-pouvoirs, et de régulation des excès d’un pouvoir trop puissant dans les mains d’un homme qui n’est pas digne de l’exercer.

Il sera intéressant de voir s’il mettra ses menaces à exécution en cherchant à abuser des leviers de la démocratie directe (à travers les votations par exemple) pour tenter de paralyser le système par un travail de sape. Au vu de la vigueur de l’attitude de la classe politique helvétique ces derniers jours, mais aussi de l’électorat qui de Zurich à Vaud en passant par Saint Gall, ou le sens civique l’a emporté,… son parti l’UDC réfléchit à deux fois avant de se lancer dans une guérilla de harcèlement. L’effet boomerang pourrait être encore plus terrible aux prochaines échéances fédérales.

Merci Anne pour nous avoir éclairé et ouvert de nouvelles perspectives sur le sujet.

3)
Saluki
, le 17.12.2007 à 05:38
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Merci, Anne !

Ma semaine commence bien grâce à toi et je constate que l’humour et la “triangulation” citée par Iker sont de bonnes armes.

Youpi !

Allez, une petite contrepèterie pour chez nous: “Avez vous vu la belle tente Khadafi”

4)
ali
, le 17.12.2007 à 06:02
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Merci Anne pour cette éclairante analyse qui fait honneur au journalisme.

Rien à voir avec ce journalisme-spectacle qui ne vit que par la politique-spectacle, privilégiant la forme la plus détestable et négligeant le fond. Certains journalistes de la presse matinale, de la radio de l’aurore et du crépuscule et de la télévision du soir en font depuis plusieurs mois l’affligeante démonstration.

5)
François Cuneo
, le 17.12.2007 à 06:46
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iker, mais quelle connaissance de notre système, incroyable…

Très beau commentaire. Très belle analyse aussi, faite de l’extérieur, ce qui est toujours intéressant.

6)
Okazou
, le 17.12.2007 à 06:54
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Ces gens-là, la droite bourgeoise, estiment qu’ils méritent le pouvoir tandis que leurs adversaires l’usurpent et ne savent pas ce qu’il faut en faire. Leur suffisance et cette conviction qu’eux seuls agissent en responsables et qu’ils possèdent seuls la compétence est leur marque de fabrique.

Ils en sont si intimement convaincus que lorsqu’ils se font botter le cul, ils crient à l’injustice, à l’incompréhension et ne savent pas toujours éviter les menaces et promesses de vengeance.

En un mot comme en cent, ils ne sont pas démocrates. Ils ont les mêmes exigences intimes que les royalistes avant la Révolution, chez nous, ils se voient comme une élite à qui doit revenir naturellement le pouvoir et nous ne sommes qu’un genre de troupeau qu’ils doivent guider. Ils ont l’argent et le pouvoir qu’il leur confère, ne leur manque que le pouvoir politique. Au-delà, comme pour tout un chacun, il n’y a plus que le cercueil.

7)
Blues
, le 17.12.2007 à 07:49
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Merci Anne super analyse …

Une fois de plus, les médias font preuve, dans toute cette affaire, de leur fascination pour les hommes forts.

Bizarre que les médias n’aient pas encore compris que l’on pouvait oublier de parler de Blocher et de “son” UDC (pas l’autre), la meilleur solution serait ne plus en parler, et basta !!! Meuh non, on continue de l’inviter sur les plateau TV (hier soir encore sur la TSR)

8)
Caplan
, le 17.12.2007 à 08:15
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Très bel exposé de la situation, Anne!

Dans un bistrot du 3e arrondissement, principalement occupé par les classes moyennes, cette déclaration a provoqué une explosion d’une bonne partie de la clientèle: “C’est une mentalité fasciste, l’homme providentiel”, disait-on.

Je suis d’accord avec les clients du bistrot du 3e arrondissement! Tout tient à la personnalisation du chef. Ce parti a enflé, essentiellement grâce à Blocher qui l’a parasité. Les gens n’adhèrent pas à l’UDC, ils adhèrent à Blocher.

Lorsqu’on touche à leur Führer, à leur Duce, à leur Caudillo, les fascisants sont très, très fâchés et profèrent très vite des menaces, comme l’a fait cette gouape de Freysinger…

Milsabor!

9)
guru
, le 17.12.2007 à 08:57
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Quelle chance vous avez, en Suisse, d’avoir une politique où les choses sont aussi simples et, un tant soit peu, dichotomique… Pensez aux pauvres belges qui ont la chance d’avoir un système qui leur permet de ne pas avoir de gouvernement pendant plus 190 jours.

Mais, vous verrez, je suis optimiste sur la capacité de ce peuple de trouver des solutions innovantes. Ne sommes nous pas les champions du surréalisme?

Allez, vous avez évité le pire; à vous de gérer maintenant le moins pire!

10)
Jérémie
, le 17.12.2007 à 09:22
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Merci Anne pour cette analyse, que je partage entièrement.

J’y apporterai quand même mon grain de sel.

Tout d’abord sur l’attitude de Blocher : autant il a été imbuvable (égal à lui-même) lors de son discours devant les chambres, par son arrogance et son manque de fair-play, autant dans son interview d’hier sur la TSR, enregistrée jeudi juste après son éviction, je l’ai trouvé nettement plus nuancé et posé. Comme quoi, un camouflet, ça calme même les plus excités. Mais c’est la première fois ou j’ai écouté son discours jusqu’à la fin sans avoir un noeud à l’estomac. Bref, même si je ne pense pas qu’il change en quoi que ce soit ses positions, j’ai pu voir dans cet interview à quel point il a été déstabilisé.

Ensuite, s’attacher à ce point à la personne de Blocher est à mon avis une grande erreur de la part de l’UDC, car le jour ou ce leader jettera l’éponge, ce sera un coup extrêmement dur pour le mouvement. C’est une stratégie à court terme qui sera fatale à l’UDC à long terme.

Sinon, je me permet de dire mon admiration pour l’habilité politique des personnes qui ont pensé et préparé cette manoeuvre politique. Epatant! Qu’on soit d’accord avec eux ou non, il faut avouer qu’ils ont fait fort.

11)
Tartopom
, le 17.12.2007 à 09:23
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L’honnêteté pousse à dire que lorsque l’un des candidats socialistes au conseil fédéral (Christianne Brunner par exemple) n’avait pas été élu, le PS avait aussi menacé de quitter le gouvernement, hurlé au complot, etc. Il ne s’agit pas d’une attitude propre à l’UDC en l’occurrence.

Pour le reste, on voit bien que l’UDC a des réactions insupportables, dignes d’un parti d’extrême-droite. Ce qui m’a le plus consterné, et je ne suis pas le seul, c’est le discours de Blocher: aucune vision politique, aucune hauteur de vue : des menaces, du chantage, de la violence à peine voilée. Quelle différence avec celui de Ruth Metzler il y a 4 ans, qui en effet, était partie la tête haute.

Je crois que l’UDC s’est pris un gros coup sur la tête et ne s’en relèvera pas facilement. Ce n’est pas la fin de l’UDC mais c’est la fin de Blocher, j’en suis persuadé. Il sera toujours là mais on ne l’écoutera plus.

12)
RBGreg
, le 17.12.2007 à 09:29
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Merci beaucoup Anne pour cette pertinente analyse… Merci également à Iker qui nous montre une compréhension à toute épreuev de nos insitutions, et comme le soulignait François, cela fait chaud au coeur…

Maintenant, pour en revenir à nos moutons (difficile de s’en empêcher), quand je lis ceci:

bq%TSR%. Boycott d’Arena L’UDC a renoncé à participer vendredi à l’émission “Arena” de la TV alémanique SF1. L’UDC demande qu’à l’avenir, l’émission lui attribue autant de représentants que tous les partis gouvernementaux réunis, rôle d’opposition oblige. La rédaction d’Arena regrette. %% Moi je prend peur… Ce qui m’effraierait le plus, ce serait que les médias se soumettent à ce vil chantage. Les méthodes utilisées par le Schweizerische VolksPartei (tellement plus parlant en allemand qu’en français, n’est-il pas?) sont à plus d’un titre effrayantes!

Voilà qui n’est pas sans me rappeler l’incident sur la TSR avec Mix&Remix, au sujet duquel le journaleux nous gratifiait, avec beaucoup de verve d’un splendide papier (petit orgasme de lecture, n’en déplaise à Oskar Freysinger): Jorunaleux

13)
Marcel2
, le 17.12.2007 à 09:49
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Merci pour cet article. Une précision: Otto Stich avait été préféré à Lilian Uchtenhagen en 1983. D’après ce qu’on m’a dit (j’étais un peu jeune à l’époque), la droite craignait une peronnalité trop forte avec Mme Uchtenhagen et les radicaux voulaient aussi avoir la première femme au gouvernement (ce qui sera fait avec Mme Kopp en 1984).

14)
coacoa
, le 17.12.2007 à 10:13
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Je partage tout à fait l’opinion développée au fil de ton article, Anne.

J’étais un peu frappé hier de voir Le Matin Dimanche titrer en première page, sous une grande photo, Blocher avouer “Bien sûr que je suis triste”, puis voir en gros titre, à la page de son interview, “Eveline Widmer Schlumpf avait promis qu’elle dirait non”.

Pauvre Blocher, avec cette menteuse de Widmer !

A l’intérieur du journal, sans qu’à nulle part sur la première page ne figure la moindre mention, il y a fort heureusement une interview de Mme Widmer qui explique pourquoi l’UDC croit qu’elle a menti.

Une fois encore, je suis outré par la hiérarchie de l’information (pauvre perdant en première page, l’héroïne de la semaine en page 3) et le choix des gros titres (Blocher est triste, Widmer est une menteuse).

Si je ne suspecte pas le Matin Dimanche (le seul journal dominical et plus gros tirage de Suisse romande) d’être un journal pro-Blocher, je regrette qu’une fois encore la parole du bouillonnant personnage soit plus visible que celle des autres.

Iker, je crois que tu as parfaitement assimilé le fonctionnement et les rouages du système politique helvétique, merci de les avoir aussi bien explicités dans leur complexité.

15)
Gr@g
, le 17.12.2007 à 10:35
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je rejoins également les remerciements envers Anne et Iker.

ce sont 2 écrits à montrer partout!

16)
levri
, le 17.12.2007 à 10:53
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Merci pour l’article Anne. En gros vu de l’extérieur, j’ai une perception proche de celle d’Iker, qui nous a fait une jolie synthèse :)

17)
zit
, le 17.12.2007 à 11:01
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Je plussoye, Merci à Anne et à Iker de ces textes éclairants et lumineux.

z (et vive le pire régime politique, je répêêêêête: en attendant mieux, cela va sans dire…)

18)
Argos
, le 17.12.2007 à 11:22
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Belle analyse, Iker. Comme on a beaucoup évoqué les médias dans cette affaire, il est frappant de constater que tous, après le résultat des élections fédérales, avaient exclu que Blocher ne soit pas réélu. Aucun n’avait fait cette constatation qu’alors qu’avec moins de trente pour cent des voix, l’UDC était proclamée vainqueur des élections, en Pologne, où le parti nationaliste obtenait plus de trente pour cent des voix, la presse internationale titrait: défaite des frères Kaszynski… Je m^étais engueulé avec quelques compatriotes un peu trop défaitistes à ce sujet. A l’UDC, on clame que si le Conseil fédéral était élu par le peuple, Blocher aurait été élu haut-la-main. J’en suis moins sûr. Le scrutin serait évidemment un scrutin majoritaire. Il y aurait une liste du Centre (radicaux, PDC) qui présenterait cinq candidats, une liste socialiste-écologiste qui présenterait quatre candidats et une liste UDC qui présenterait aussi cinq candidats. Mathématiquement, le Centre aurait quatre élus, la gauche trois et l’UDC zéro. Celle-ci devrait être heureuse de la situation actuelle où elle a tout de même réussi à conserver deux de ses membres au gouvernement.

19)
alec6
, le 17.12.2007 à 12:02
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Difficile en effet de ne pas être dithyrambique à la lecture de ce papier d’Anne et notamment du complément apporté par Iker.

Pour continuer brièvement sur la lancée d’Okazou, je rappelle une fois encore que le problème français réside dans la confiscation du pouvoir induit par le cumul des mandats (dans notre beau pays un ministre peut se présenter aux municipales ou à la députation, un maire être sénateur et député…) et par un système dont le parti politique “gagnant” avec 40% des voix par exemple se retrouve sur les bancs de l’assemblée nationale avec 60% des élus… Tous partis confondus ! “La proportionnelle ? mon bon monsieur, mais vous n’y pensez pas !”

Bravo donc à cette leçon helvète de démocratie dont nos élus n’ont évidement rien à foutre ! Vous qui voyez la France de l’extérieur, ne vous étonnez pas dès lors de nos taux d’abstentions, des scores extrêmes, des grèves dures, des manifs qui n’en finissent pas et de cet esprit “révolutionnaire” bien ancré. Comme le dit Okazou, notre classe dirigeante méprise le peuple qu’il désigne d’ailleurs de “France d’en bas” en bons héritiers de la monarchie qu’ils sont, certains de leurs bon droits, mais ignorants de leurs devoirs.

Il faut se rendre à l’évidence, la France n’est pas une démocratie, et le renforcement des pouvoirs présidentiels mitonnés par Ducon ne font qu’aggraver cet état de fait.

21)
fxprod
, le 17.12.2007 à 13:23
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OK, les Suisses ont la meilleures démocratie du monde… mais la France aura la plus belle première dame!

Double patte et patachon…

22)
levri
, le 17.12.2007 à 13:40
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Democracy is the worst form of government – except for all those other forms, that have been tried from time to time.

… il reste ceux qui n’ont pas encore été essayés (pourquoi oublie-t-on toujours cette partie?), et l’absence de gouvernement, qui ne serait pas si pire imho

L’anarchie est un idéal a atteindre, le seul problème, c’est qu’il pré-suppose que chaque individu est capable de décision autonome, “responsable”, donc …

Je ne suis pas fan de citations, mais je vous en livre ici quelques unes, juste comme ça :

The best argument against democracy is a five-minute conversation with the average voter.

A democracy is nothing more than mob rule, where fifty-one percent of the people may take away the rights of the other forty-nine.

Democracy is two wolves and a lamb voting on what to have for lunch. Liberty is a well-armed lamb contesting the vote!

Il me semble aussi avoir lu des articles présentant la démocratie comme un marchepied vers la dictature …

Certains soutiennent que nous faisons une confusion entre démocratie (une nation dirigée par les individus, la loi étant la volonté du peuple, et les gens obéissant à celui représentant cette volonté, plus communément appelé un dictateur) et république (une nation régentée par la loi, dont la plus élevée est la constitution à laquelle tout le monde doit obéir)

Un exemple différent : L’Islande Médiévale : http://www.quebecoislibre.org/031220-8.htm

@ 20. Arnaud : à ma connaissance le statut de première dame n’existe pas en france … donc :P

23)
Iris
, le 17.12.2007 à 14:04
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Merci Anne pour ce brillant exposé, et à Iker pour son complément.

L’honnêteté pousse à dire que lorsque l’un des candidats socialistes au conseil fédéral (Christianne Brunner par exemple) n’avait pas été élu, le PS avait aussi menacé de quitter le gouvernement, hurlé au complot, etc. Il ne s’agit pas d’une attitude propre à l’UDC en l’occurrence.

C’est vrai que le PS avait alors hésité à se retirer du conseil Fédéral. Mais en aucun cas, il n’a exclu le nouvel élu de son propre groupe parlementaire, comme l’a fait l’UDC…

24)
Anne Cuneo
, le 17.12.2007 à 14:31
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Merci à tous pour votre approbation.

Merci en particulier à Iker qui analyse la situation depuis l’extérieur, ce qui est toujours particulièrement intéressant et utile.

@ Et merci à Okazou, qui ajoute un élément auquel j’aurais dû penser, tant il est évident, et constamment non dit: que plus on parle avec des gens de droite, plus ils estiment que le pouvoir leur revient de droit, parce qu’eux, ils le méritent.

@ Jérémie: il me paraissait, à moi qui ne suis pourtant pas politologue, que après le vote l’UDC étalait sa faiblesse: sans Blocher elle n’était rien. Ses partisans n’arrêtaient pas de l’affirmer, et je me suis dit qu’à leur place je me serais tue.

@ RBGreg: même chose que ci-dessus. Les médias ont été hyper-complaisants vis-à-vis des Blochériens. Alors, penser qu’on les tient et poser désormais un ultimatum du genre de celui posé à Arena, c’est suicidaire. Tu tapes chez un journaliste là où ça fait mal. Il sera peut-être de ton côté dans le feu de l’action parce que tu es “news” – mais que tu lui IMPOSES quelque chose, et il se dresse contre toi. J’ai regardé cette Arena, qui m’a paru constructive, c’était la première grande sortie de Mme Widmer-Schlumpf, je dois dire qu’elle a navigué entre les écueils et les questions perfides comme une toute grande dame.

@ coacoa: toute la presse dominicale suisse a utilisé cette hiérarchie-là (honneur à Blocher, en gros), sauf la NZZ dimanche, qui fait sa une avec une grande photo d’Eveline Widmer-Schlumpf et son interview dans laquelle elle explique qu’elle n’a jamais dit qu’elle n’accepterait pas sa nomination. Elle a dit seulement qu’elle ne s’imaginait pas gouverner sans contacts avec les parlementaires UDC. Et Blocher (ou Maurer, ce n’est pas clair) a pris ça pour une déclaration de non-acceptation, puisqu’il avait déjà statué que si elle acceptait, les parlementaires “ne lui parleraient plus”. Sauf qu’après, Eveline a appelé Samuel Schmid (l’autre UDC à l’exécutif) et lui a demandé ce qu’il pensait de tout ça. “Mais moi aussi, je suis coupé des parlementaires, à moi non plus ils ne parlent pas et ne m’accueillent pas dans la fraction.” Du coup Eveline a décidé que si c’était comme ça pour lui, et qu’ils étaient deux, elle pourrait accepter. Comme quoi…

@ Argos: à ceux qui pensent que si le Conseil fédéral était élu par le peuple Blocher passerait haut la main, je rappelle que selon les analyses à courte vue, Ueli Maurer aurait dû passer comme une lettre à la poste lors du deuxième tour de l’élection du représentant zurichois au Conseil des Etats. Tous les analystes l’avaient prédit. Les électeurs zurichois ont eu à 54 % le réflexe: tout mais pas l’UDC et ont voté pour une candidate verte (Verena Diener) qui n’est pas plus populaire que ça, mais qui fait de la politique correctement. Et ni à Genève, ni en Vaud, ni à Saint-Gall, où les candidats UDC au Sénat semblaient très bien placés, ils n’ont remporté la mise.

@ levri22: On peut multiplier les citations contre la démocratie, surtout venant de gars qui y songeaient il y a deux siècles, n’empêche que pour se persuader que, comme Churchill le remarque si bien, tout le reste est pire: il n’y a qu’à voir ce qui se passe dans les pays où la démocratie n’est pas de la partie. Le Chili de Pinochet n’est pas le Chili de l’après-Pinochet – les citoyens aiment à le dire. C’est un Chilien qui a fait un jour cette remarque dans un meeting où quelqu’un parlait des “méfaits” de la démocratie.

@ Iris et Tartopom : c’est vrai que les socialistes se sont sentis lésés par une moeuvre qui était bien plus perfide que celle de la semaine dernière (je n’entre pas dans les détails, mais je l’avais vécue de près). Mais comme tu le dis, Iris, ils n’ont pas exclus Ruth Dreifuss du groupe parlementaire, et huit jours après le vote, ils lui donnaient tout leur soutient. Et aucun socialiste n’a menacé ceux qui ont manoeuvré pour que Brunner ne soit pas élue d’aller brûler sa maison (menace faite devant témoin à Darbellay), ni organisé le harcèlement téléphonique avec menace de mort dont les artisans de l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf sont victimes depuis quelques jours (peut-être que la police a fait cesser ça au moment où je vous écris, je l’espère en tout cas.

25)
Anne Cuneo
, le 17.12.2007 à 14:49
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A part ça, je dois dire que c’est moi qui remercie CUK d’exister. J’étais sur le point d’exploser, tant j’avais besoin de partager cette analyse – et de pouvoir le faire avec vous, de pouvoir dialoguer sur le sujet, cela me fait un bien fou. Merci à tous, à CUK, et tout particulièrement à François.

26)
Scal
, le 17.12.2007 à 15:50
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Les parlementaires avaient considéré que le parti de M. Blocher (l’Union démocratique du centre) était désormais plus fort que celui de Mme Metzler (le Parti démocrate-chrétien)

Quelle farce ! les parlementaires avaient concidéré cela ? Le peuple l’a décidé en 2003 ! C’était un état de fait, pas une concession des parlementaires. Pour rappel en 2003 : UDC 26.7%, PS 23.3%, PRD 17.3% et PDC 14.4%

Pourquoi le fait de remplacer une représentante du 4e parti de Suisse par un représentant du premier serait un problème ? c’est tout à fait normal.

Cette dame était très bien, certes, mais son parti n’avait plus la légitimité d’avoir 2 représentants au gouvernement … (ils auraient mieux fait de virer Deiss et de la garder elle)

Aujourd’hui la situation est complètement différente. L’aile majoritaire du parti a été écartée.

27)
Halifirien
, le 17.12.2007 à 16:35
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Aujourd’hui la situation est complètement différente. L’aile majoritaire du parti a été écartée.

J’ai beaucoup apprécié la remarque qu’a faite Mme Widmer-Schlumpf dans l’emission Arena (dont certains ont déjà parlé dans leurs commentaires) quand elle disait qu’il y avait là une très clair erreur d’interprétation. Dire que 29% des électeurs suisses avait voté Blocher est faux, tout simplement parce qu’il existe au sein de l’UDC de nombreux électeurs (je ne pense pas qu’on ait des chiffres concrets) qui ont vôté UDC parce qu’ils se reconaissent dans la ligne politique de ce parti et pas forcément dans la personne de M. Blocher. Même si personellement je vote à gauche, je connais plusieurs personne que j’apprécie et que je respecte qui votent UDC. Sur les 7 que je connais, 5 se disent très content de voir Mme Widmer-Schlumpf au gouvernement, les 2 autres auraient préféré M. Blocher. Maintenant quelle part des 29% est absolument contre Mme Widmer-Schlumpf, celà serait quelque chose de vraiment intéressant à savoir.

L’UDC Suisse et une partie des membres de l’UDC clament haut et fort “vous allez à l’encontre de l’avis du peuple”, un argument qui m’amuse toujours, 29% c’est “Le Peuple”… Disons maintenant, rien que pour la démonstration, 9% de ces 29 là se reconaissent parfaitement dans la politique conduite par Mme Widmer-Schlumpf et M. Schmidt. Il ne resterait alors que 20% de personnes à voter pour M. Blocher. 20% c’est donc Le Peuple suisse qui a voté pour M. Blocher et qui vient d’être trahis par le parlement. Bref tout celà n’est que pure considération arithmétique et spéculations de ma part simplement pour dire au final : arrétez voir de dire que Le Peuple a été trahi et que l’UDC n’est plus représentée au gouvernement. Regardez déjà au sein de votre propre électorat quel pourcentage se sent vraiment trahis par ces élections.

Un autre sujet qui m’amuse beaucoup c’est la première initative que l’UDC tire de son tiroire maintenant qu’elle est dans “l’opposition” : “L’élection du conseil fédéral par le peuple”. Une réaction à la non élection de M. Blocher. Je me demande comment ils comptent faire réélire ledit M. Blocher avec une élection par le peuple, certes je me trompe peut être et M. Blocher atteindrais une majorité dans un vote par le peuple, qui sait… mais quelque part j’ai de sérieux doutes.

28)
levri
, le 17.12.2007 à 16:40
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@ levri22: On peut multiplier les citations contre la démocratie, surtout venant de gars qui y songeaient il y a deux siècles…

heu, c’était quelque peu humoristique … et ces types sont considérés par certains parmis les pères de la chose …

… comme Churchill le remarque si bien, tout le reste est pire

Faux ! Churchill était plus fin et précis que ça !

… à part toutes les autres formes de gouvernement … “that have been tried from time to time.” (qui ont été essayées au fil du temps) … ce qui laisse la porte ouverte à de nouvelles manières de vivre en société, non ?

Nous pouvons garder l’espoir d’une solution meilleure et non encore expérimentée dans le futur. :)

29)
CHD
, le 17.12.2007 à 17:02
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Democracy is the worst form of government – except for all those other forms, that have been tried from time to time.

L’histoire a montré que la démocratie n’est aucunement une garantie (e.g. Hitler en 1933). D’ailleurs, on peut faire tout plein de commerces sordides sous couvert de démocratie. Et la Suisse n’y échappe pas, bien au crontraire. Avec le concept génial (i.e. économiquement parlant) du secret bancaire en 1934 la Suisse a fait fructifier l’action des pires dictatures et autres mafias… C’est comme la neutralité, qui lui permet surtout d’avoir accès en totalité au gâteau du marché de l’armement. Bref les mots c’est bien joli… mais il y aura toujours une légitimité démocratique pour un Christophe Blocher.

30)
Sparhawk
, le 17.12.2007 à 19:23
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Très bonne analyse, mais si je puis me permettre, il y a un ou deux points auxquels vous n’avez pas pensé:

Un des plus grands reproches faits aux politiciens, c’est leur tendance à faire des promesses pour être élus et à ne pas les tenir ensuite. L’UDC s’est toujours targuée d’être différente sur ce point, que ce qu’ils disent, ils le font. Ayant clairement dit depuis plusieurs semaines que si Blocher n’était pas élu, ils iraient dans l’opposition et excluraient les deux conseillers fédéraux. Le mardi, après le premier vote de défiance, des élus PS-Verts-PDC ont déclaré que ce n’était que des paroles en l’air, que l’UDC protesterait et finalement accepterait la décision. L’UDC s’est retrouvée coincée par son discours. S’ils bastaient, ils passaient pour des menteurs auprès de leurs électeurs.

L’autre chose tient au système suisse. Dans un autre système, ce serait grave pour l’aile dure de l’UDC car n’étant plus au gouvernement, Blocher aurait les mains liées. En fait, nos ministres ne gouvernement pas vraiment, ils sont des sortes de “gestionnaires de l’état”. Le dernier mot, c’est le peuple qui l’a grâce aux initiatives et aux référendums. Même hors du gouvernement, Blocher garde toute latitude pour mettre en avant ses idées. Il faut simplement s’attendre à ce qu’on nous demande plus souvent notre avis que par le passé, ce qui en soit n’est pas un mal, car les décisions politiques seront alors le reflet de la volonté du peuple. Cette situation ne va pas dégénérer, simplement notre politique sera un peu plus mouvementée.

31)
golf
, le 17.12.2007 à 21:11
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Quand je pense que, nous autres, Français, on a l’habitude de passer pour des fous furieux, là, vous les Suisses ainsi nos amis Belges, vous nous faîtes passer pour de doux rêveurs !

32)
Madame Poppins
, le 17.12.2007 à 22:09
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Merci Anne : je trouve que tu as réussi un tour de force, à rendre simple et agréable la lecture d’un sujet relativement complexe parce que touchant tant à des aspects rationnels que très fortement émotionnels d’une part, à ce que la politique peut avoir de positif et de négatif d’autre part.

Bonne soirée,

33)
François Cuneo
, le 17.12.2007 à 22:32
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A part ça, je dois dire que c’est moi qui remercie CUK d’exister. J’étais sur le point d’exploser, tant j’avais besoin de partager cette analyse – et de pouvoir le faire avec vous, de pouvoir dialoguer sur le sujet, cela me fait un bien fou. Merci à tous, à CUK, et tout particulièrement à François.

Mais merci à toi, c’est un honneur!

34)
pelerin
, le 17.12.2007 à 23:19
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Mais merci à toi, c’est un honneur!

C’est bien vrai ! C’est un honneur pour CUK et un régal pour ses lecteurs que Mme Anne CUNEO, journaliste et écrivain émérite s’exprime dans ses colonnes.

Bonne fin de soirée.

Le Pèlerin

35)
iker
, le 18.12.2007 à 01:24
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Anne

quand on voit la qualité des débats de ce site, à travers les chroniques, les commentaires, les humeurs… on voit tout l’intérêt de l’émergence de contre-pouvoirs à travers l’internet.

Les médias traditionnels, dans tous nos pays, sont grandement liés aux intérêts de groupes financiers ou industriels, des lobbys, et de fait, des forces politiques établies.

Même lorsque la pression n’existe pas directement, le climat interne de ces entreprises médiatiques est tel que les journalistes présument les limites qu’ils n’oseront pas dépasser. Course à l’audimat et au lectorat, paresse intellectuelle, manque de disponibilité, petits renoncements quotidiens et autocensure feront le reste, sans que, la plupart du temps, les Citizen Kane d’aujourd’hui n’aient à lever le petit doigts.

L’avantage de l’internet, et de sites comme Cuk en particulier, c’est d’ouvrir un espace de respiration, un lieu de croisement de regard plutôt rare.

Les débats et controverses y sont parfois rude, c’est vrai, mais nécessaires.

Il m’arrive d’être démangé de l’envie d’intervenir, mais avoir quelque chose à dire, est un exercice laborieux, il y a tellement de gens talentueux sur le site, que parfois il vaut mieux le plus souvent les laisser parler.

Je suis donc d’autant plus sensible à vos remarques concernant les points d’analyses que j’ai partagé avec vous hier soir.

Mais en réalité, je n’ai pu produire cet éclairage que grâce à vous. Anne et François au premier chef, qui en quelques jours avaient su mettre sur l’Agora virtuel un sujet difficile et provoquer le débat de la communauté des citoyens. Mais aussi les dizaines, et parfois centaines de contributeurs, le plus souvent anonymes. C’est essentiellement dans vos propres réflexions, chroniqueurs et commentateurs, que se trouvait la matière à mon commentaire.

Il m’arrive peu d’intervenir, parce que chaque fois, c’est un effort qui prend du temps, et des lignes aussi sur votre bande passante ;-)

J’aimerai avoir le talent de Caplan qui en deux lignes arrive exprimer la substantifique moelle d’une situation complexe, l’éloquence et la pédagogie des membres de la famille Cunéo… qui avec une régularité de métronome suisse arrivent à nous concocter des chroniques aux petits oignons, et souvent exhaustives, sur mille et un sujet.

Ce qui se passe en Suisse, par exemple au travers du cas Blocher, comme en Belgique sur la question de la paralysie des institutions et du risque de partition, au Danemark sur la question des caricatures, ou dans tout autre pays qui nous entoure, nous parle aussi de nous mêmes, nous renvoie à nos propres blocages, et nous permet d’entrevoir des pistes de solutions.

Les CukDay sont un prétexte à sortir de nos frontières et venir voir chez vous quelles sont les bonnes idées dont nous pourrions nous inspirer. Et vous n’en avez sans doute pas conscience, mais les débats qui se produisent chez vous, et sur Cuk en particulier, ont une incidence directe sur les engagements et la réflexion intellectuelle auxquels je participe ici au Pays basque quotidiennement.

Il m’est arrivé de m’engager avec force dans une conversation sur votre site, parce que c’était le lieu privilégié pour accoucher des idées qui n’avait pas d’autres espaces pour s’exprimer, dans la contradiction avec tel ou tel commentateur, tester un argumentaire, me préparant à affronter d’autres débats… c’est d’ailleurs grâce à l’une de ces controverses retentissantes, durant l’été 2006, qu’est né mon propre blog.

Je dois beaucoup à Cuk, vous agissez comme un stimuli intellectuel, une forme de gymnastique de l’esprit. Et de cela je ne vous remercierais jamais assez.

36)
nic
, le 18.12.2007 à 09:26
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merci anne, merci cuk! excellentes analyes!

donc en bref U*n *Dictateur Con est triste et fachè parce que ses copains lui ont cassé son jouet…

le pere noel est arrivé avant l’heure cette année :-)

ciao, n

@ 20. Arnaud:

j’ai un cd à vendre…

ps2: je n’arrive pas à faire du gras comme il faut…

37)
Arnaud
, le 18.12.2007 à 17:51
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@ 36. nic

Le dernier live de Carla à l’Elysée??? On doit déjà le trouver sur BitTorrent… surement sponsorisé par une grande marque de divertissements educatifs et culturels pour adultes ;)

Amitiés,

Arnaud

38)
Puzzo
, le 18.12.2007 à 23:10
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Dans ce contexte, il serait intéressant d’analyser la dérive de la presse et la disparition de plus en plus rapide de ce qui devrait être leur déontologie professionnelle.

Certaines des interventions précédentes tendent à le faire.

Je voudrais y contribuer en mentionnant l’ahurissante intervention – répétée deux fois à un peu plus de 12 heures d’intervalles – d’un Fati Derder à la RSR : Il se lamentait que le départ de Blocher allait laisser la politique suisse retomber dans le terne, le gris, l’ennuyeux alors qu’il l’avait si magistralement égayée, animée, colorée !!

On croit rêver ! Cela est très révélateur de ce que sont devenus les médias que ne fonctionnent et ne jugent plus qu’avec, en guise de ligne de conduite, l’audience, donc le scoop, le coup, l’éclat, le scandale, au besoin la violence, l’injure, la grossièreté ou tout au moins l’exagération, la caricature, la simplification, bref… tout ce qui fait le discours populiste.

Foin de déontologie, d’éthique de la profession, foin du sens de la responsabilité envers le public en vertu du respect élémentaire de la concession d’une radio et TV publique.

Et ce mardi matin encore, un invité (M. Nordmann si j’ai bien retenu) faisait remarquer à la journaliste-animatrice que débattre le sujet «Quel est le pouvoir réel d’un conseiller fédéral» pouvait se justifier et avoir un réel intérêt sans qu’il faille se référer à ce que pensait, disait, faisait M. Blocher.

Pourtant c’est bien la TV romande qui avait su tout au long de ces dernières décennies prouver qu’il y avait un public et une bonne audience possible pour des émission de qualité s’adressant à un public qui ne refuse pas d’être intelligent même devant le petit écran : Je pense à Temps présent. (Bon, je pense que désormais cette émission fait tellement tache, qu’il faudra la supprimer !)

Quo vadis ? TSR – TF1 même combat ??? C’est cela le rêve de MM. Marchand et consort ?

Merci, Anne Cunéo, de vos précieux témoignages «de l’intérieur de la profession» et de vos saines réactions.

JFC

Ce commentaire est bien de JFC et non de Puzzo comme le serveur semble vouloir le croire (Puzzo, ma cosa hai fatto, santo cielo !)

JFC (qui persiste et signe)

39)
Babibouchette
, le 19.12.2007 à 09:48
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Bien qu’étant de sensibilité de gauche, qu’un parti patriote et conservateur existe en Suisse ne me dérange pas tant qu’il détourne pas le cadre démocratique et n’agite pas d’épouvantail.

Ce que je ne supporte plus de la part de l’UDC, ce sont ces campagnes d’affichage digne des années 30, cette propagande dégueulasse et purement électoraliste qui instrumentalise le suffrage universel et la démocratie direct.

Il est déjà difficile de vivre légalement en tant qu’étranger en Suisse – même un physicien bardé des meilleurs diplômes et références mondiales se verra traité comme un ouvrier agricole par l’administration.

Alors que la majorité des travailleurs étrangers ici se tapent les boulots les plus durs dans la construction, le nettoyage, le maréchage – parfois dans des conditions d’exploitation immonde – voilà qu’en plus ils doivent supporter la méfiance et l’animosité entretenue par l’UDC. L’escroquerie est encore pire quand on sait ce que ce parti ferait du droit du travail et des services publiques, toutes choses qui toucheraient gravement une partie de son électorat.

Uun grand bravo à la droite modérée (quand bien même je le suis opposée politiquement, eux sont des interlocuteurs dignes de respect) pour ce coup de force. Je me disais justement : mais comment un parti aussi historiquement important en Suisse que le Parti Radical, comment les Démocrates Chrétiens peuvent-ils se laisser piétiner pareillement depuis dix ans ?

Nous avons justement une chance en Suisse, c’est de ne pas avoir une vie politique bi-polaire. Certes il y a bien deux blocs, mais composé de partis et sensibilité différentes, elles peuvent ainsi s’exprimer et agir de manière concrète et non seulement interne.

40)
Marie
, le 22.12.2007 à 17:31
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bq%Auteur%. Texte %%Il y en a qui ont la mémoire coiurte.. la gauche parle démocratie? c’est ce moquer des gens. Rappelez-vous que les électeeurs ont élu la syndique de Renens eh bien, c’est M. Zyziadis qui a pris sa place qu mépris du choix des électeurs. Il en va de même pour ceux qui ont voté pour M. Blocher, aucun des partis qui l’ont évincé et non éjecté, ne s’en est soucié. Et puis, à parat les mots grossiers et impolis à l’endroit d’un Conseiller Fédéral, aucun commentaire sur les mérites de ce Grand homme. Il a commencé par être garçon de ferme pour arriver à octroyer plus de 2’500 emplois. quels sont ceux qui l’ont diffamés, du PS, du PDC et des verts qui lui arrivent à la cheville? personne ne peut se prévaloir d’une telle réussiste. La jalousie face à un homme fort a été criante et encore une fois, au mépris du choix des ELECTEURS. Mais, comme dit LAFONTAINE, rira bien qui rira le dernieret ce, malgré les commentaiares gauchistes de la réputée Mme Cunéo. La démocratie est aussi avoir du respect et de la politesse vis à vis de son “ennemi” et non pas l’avalan che de haine, de gros mots, de grossiereté et surtout de manque de respect. Les commentaires du PS et des PDC me font penser à uine bagarre de sales gamins autour d’un bac à sable. Niveau vraiment bas. Ce qui me surprend aussi, c’est l’agresivité et la véhémence avec laquelle ces personnes, prétendent détenir la vérité alors qu’ils ne l’ont même pas vécue et qu’ils en ont qu’une vue limitée, par exemple le problème des étrangers et de ce que c’est vraiemnt la xénophobie ou le racisme, qu’ils aillent voir un peu ailleurs pour se faire une idée!!notament en Indes oui l’ont doit payé une taxe susr l’eau parceque l’on est blanc, qu’on se fait agresser verbalement en tant que chien de chétien avec le signe de nouis égorger etc etc et ailleurs aussi. Alors, arrêter vos bétises Messieurs, vous nous pompez l’air, et arrêtez de dénigrer tout ce que vouis n’aimez pas, y compris les personnes. Soyez moins égïstes en ne pensant qu’à vous-mêmes mais pensez plutôt aux citoyens et à préserver les libertés chèrement acquises de notre pays. Là, Vous en serez gagnant.