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Samedi 8 décembre 2007
L'éthique des blogs en question, ou à propos du publi-reportage

Mise à jour du lundi 10 décembre, 19h18:

Avertissement: tant Macandphoto que DigitLife ont retiré certains articles cités ici de leur site.

Je ne supprimerai pas le mien, mais par contre, j’ai retiré une liste dans un commentaire dressant l’inventaire des sites touchés par le publi-reportage plus ou moins caché.

Je ne veux pas être du coup celui dont vient cette information, puisque le site qui la donne à l’origine, dont le responsable est également l’auteur du commentaire se retire.

Fin de la mise à jour

Mettons les choses au point avant d’attaquer le sujet

Pour commencer, sachez que j’ai réfléchi quelques jours avant d’écrire cet article.

Valait-il la peine de le faire? Oui? Mais alors, ne risque-t-on pas dans ce cas de lancer une polémique avec dérapage autour du site pris en exemple? Ou autour du nôtre?

Eh puis, il est de notoriété publique ici que je suis en mauvais termes avec le responsable du site en question, donc certains vont penser qu’il s’agit d’un règlement de compte.

Alors commençons par là.

Oui je suis en mauvais termes avec Thierry Lothon, de DigitLife, mais on s’en fiche ici complètement.

Malgré cette bisbille entre nous, je lis régulièrement son blog, et y trouve même quelques excellents articles, comme le dernier qu’il a écrit à propos de Nik Color Efex 3.0, que j’ai testé aussi.

D’ailleurs, nous arrivons aux mêmes conclusions, c’est dire:-)

Je suis même prêt à admettre que Thierry a eu peut-être raison quand il a annoncé la mort du concept d’iView. J’avais défendu à l’époque le produit, en lui rentrant dedans. Ce que je lui reprochais, c’était de dénigrer iView simplement parce qu’il était passé dans les mains de Microsoft. Cela me débectait aussi, mais ce n’était pas une raison pour dire que le produit était mort selon moi.

Et pourtant, même si Expression Media (le nouveau nom d’iView) garde de grandes qualités, force m’est de constater que LightRoom ou Aperture révolutionnent le genre.

Donc quelque part, Thierry avait raison.

Avant moi.

Dont acte.

Cela dit, au milieu d’excellents articles, parfois visionnaires, Thierry a un grand défaut selon moi (mais le “selon moi” dit bien que c’est mon avis personnel): il fait trop souvent du copier-coller de communiqué de presse, ce qui ne m’intéresse pas vraiment.

C’est depuis le jour où je lui ai fait remarquer la chose par mail que les choses se sont dégradées entre nous, et qu’il a commencé lui-même à faire des allusions insidieuses sur notre site.

Voilà, c’est dit.

J’aimerais que l’on mette maintenant cette introduction entre parenthèses.

Ce que j’écris ici, je l’aurais écrit à propos de n’importe quel autre site, dans la même situation.

J’irai même plus loin: ce n’est pas tant la pratique de DigitLife qui me dérange ici (quoiqu’un peut tout de même), mais ce qu’elle induit dans le raisonnement de certains lecteurs, je m’explique à ce propos plus bas.

Pas de bol que ça tombe sur lui, mais là, je me dois de dire ce que je pense, vu que je sens une certaine perte de confiance envers des sites Web comme le nôtre.

Les faits

Certains disent que ce qui suit est une tempête dans un verre d’eau.

Je ne trouve pas.

Au contraire, j’estime qu’il est très important d’en parler.

Cette semaine sont sortis, je ne sais pas trop dans quel ordre, trois articles qui sont en quelque sorte liés.

Je commence par un article de DigitLife à propos du Canon 40D.

Cet article décrit le 40D, de manière très positive et se trouve être sans grand intérêt pour moi, dans la mesure où, comme trop souvent à mon goût sur DigitLife, j’ai eu l’impression de lire une page Web de du fabriquant de l’appareil.

Je ne dis pas que ce n’est pas bien, je dis que ça ne me convient pas. Donc je lis en diagonale, et je passe. Personne ne me force à aller plus loin, ni même à me rendre sur ce site.

Je précise encore que j’ai juste été étonné du ton de l’article, mettant Canon tout en avant de la scène photographique, connaissant le grand amour qui lie le rédacteur à Olympus, mais bon…

Je dois dire que je n’ai pas été très attentif à une chose (et là, c’est mon problème): en rouge était indiqué en haut de l’article “Publi-reportage DigitLife”.

C’est en lisant un deuxième article intitulé DigitLife et le publi-reportage que j’ai compris:

  1. que l’article était en fait d’une pub de Canon rédigée par Thierry Lothon sous la même forme qu’un article traditionnel;
  2. que celui-ci s’expliquait sur sa démarche, pour répondre à une attaque puisqu’il y mentionnait: “Un site français qui parle aussi photo crie au scandale et prévient sa petite communauté du séisme qui s’annonce avec l’arrivée du publi-reportage.”

Thierry ne donne pas le nom du site, fait des sous-entendus, mais j’ai tout de suite pensé au site de Mac&Photo, de Jean-François Vibert, allez savoir pourquoi!:-)

Vite, un passage pour voir de quoi il en retourne, et en effet, Jean-François titrait ainsi un article assez virulent: Attention à la pub clandestine planquée sur certains blogs.

Je dois dire que sur le moment, j’ai été sonné.

Faut vous dire que lorsqu’on fait partie de cette petite communauté de gens qui écrivent en gros sur le même sujet, ce genre d’anecdotes, ça prend plus d’importance que si l’on est simple lecteur.

Le cœur du problème

DigitLife explique que tenir un site prend du temps (ah bon? Vraiment?), qu’écrire des articles est un travail qui peut prendre plusieurs jours (Noonn? C’est pas vrai?), et qu’il lui faut trouver un moyen pour s’y retrouver.

Très bien.

C’est parfaitement son droit après tout.

Même si je trouve personnellement bien dommage d’en arriver à de tels publi-reportages pour gagner quelques sous.

Bonjour la crédibilité ensuite.

Mais le vrai problème, c’est que visiblement, il y a ici un gros mélange dans ce que peuvent ressentir pas mal de lecteurs après avoir découvert cette nouvelle pratique.

Et c’est en lisant les commentaires sur les deux sites que je m’en suis rendu compte.

Parce que certains de ces commentaires m’ont laissé pantois.

Pour défendre Thierry, certains prétendent

  • que la pub a toujours existé sur les sites Web
  • que tous les sites Web sont des vendus à la solde des fournisseurs, et l’ont toujours été
  • que lorsque nous ne sommes pas achetés, nous sommes en plein copinage avec les éditeurs
  • que finalement, seul Monsieur Lothon aurait l’honnêteté d’écrire qu’il fait du publi-reportage.

Alors là c’est tout de même un comble!

Pour quelqu’un qui n’a jamais reçu le moindre centime pour écrire un article, qui est déjà un tantinet choqué par la méthode, c’est tout de même le monde à l’envers.

Ne mélangeons pas tout s’il vous plaît

Comment ça?

Cuk.ch qui dit qu’il n’a jamais touché un centime pour écrire un article?

Et c’est quoi alors ces deux pubs là en haut de la page?

C’est justement là qu’il y a mélange.

Que l’on soit soutenu par des sponsors, c’est parfaitement normal.

D’abord, vous pouvez faire des recherches, nous évitons de relayer les offres faites par ces magasins dans nos articles. Juste une fois, j’ai relayé, parce que je l’avais remarquée, une offre de Pumpkin en rapport avec le 400D et Aperture (gratuit si je me souviens bien en cas d’achat de l’appareil).

Une fois en six ans…

D’ailleurs pour vous dire, ces deux magasins ne nous ont jamais demandé de parler de leurs offres.

Jamais.

Ils ont une certaine tenue.

Mais il ne faut pas mélanger la pub séparée et le contenu rédactionnel. Ce n’est tout de même pas la même chose.

Je n’ai jamais fait la moindre remarque sur un site Web couvert avec de la pub dans tous les coins, jamais.

Par contre là… nous touchons le rédactionnel, et je suis un peu choqué.

Le copinage et ses pressions

C’est vrai que nous recevons des livres de certains éditeurs, Eyrolles en particulier. Mais envoyé par d’autres aussi.

C’est normal, tout journal reçoit des livres pour sa rubrique dédiée, de la part du service presse des éditeurs.

S’il fallait tout acheter en plus… Et Eyrolles fait ma foi fort bien son travail, envoie régulièrement des livres aux sites qui pourraient être intéressés par quelques titres. Une sorte de reconnaissance du moyen de communication que représente un blog.

Il ne s’agit pas là d’un cadeau, juste de matière à écrire un article.

Et voyez-vous, si un livre ne me plaît pas, je n’en parle pas.

S’il me botte, j’en fais un article (ce sera d’ailleurs le cas vendredi prochain, normalement).

Autre exemple: je suis en relation ces temps en relations étroites avec un éditeur bien connu, pour faire un test de son logiciel.

Il m’a offert la licence, de type NFR (une licence de presse, gratuite et non vendable ni transmissible), comme c’est l’habitude. Encore une fois, il nous est difficile de tout acheter pour tester les logiciels que nous testons sur Cuk.ch.

Eh bien cet éditeur sait très bien, parce que je le lui ai écrit (j’ai les preuves!) que je n’écrirai pas de test à leur propos avant que les bugs X, Y et Z soient résolus.

Je ne veux en effet:

  • ni passer sous silence ces bugs gênants
  • ni promettre qu’ils vont être corrigés dans une version suivante (j’ai donné une fois, merci beaucoup!)
  • ni démolir un produit sur ces bugs qui seront certainement corrigés un jour.

Donc j’attends, même si l’éditeur a été très gentil de me donner son programme, et que ça lui ferait bien plaisir que 8’000 lecteurs viennent lire des jolies choses à propos de son produit.

Encore un exemple.

Apple Suisse est sur le point de m’engager, via Mémoire Vive, pour faire des présentations des ses produits sur l’éducation.

Vous verrez si je deviens plus gentil avec la marque…

S’ils me font la moindre pression un jour, je me barre. C’est clair.

Je n’ai pas besoin d’eux pour vivre, et eux n’ont pas besoin de moi non plus pour gagner des clients en me forçant à dire des choses que je ne penserais pas.

Une suspicion terrible

Je ne veux absolument pas préjuger de savoir si le publi-reportage de DigitLife était le premier du genre, ou au contraire le premier à faire mention claire du contenu.

Ce que je sais par contre, c’est qu’en lisant les commentaires de certains, la plupart des articles sortis sur Canon dans le monde de la presse ou du Web seraient des articles achetés par la marque.

Comme je l’ai dit plus haut, que nous serions tous des vendus.

J’ai entendu dire en effet que Canon n’en était pas à son coup d’essai avec DigitLife. Que d’autres sites auraient été contactés par la régie qui s’occupe de la publicité de cette marque. Ce sont des bruits qui courent, je n’en sais rien, à la limite je ne veux même pas le savoir.

Pour vous dire, j’ai été tellement furax lorsqu’on m’a reporté cela, que j’ai téléphoné à mon revendeur photo préféré à Lausanne, pour vendre tout mon matos Canon, et prendre un Nikon 3D à la place. Faut dire que j’avais essayé la bête en début de semaine, et que n’importe quel prétexte pouvait être bon pour faire un petit retour vers cette marque et cet appareil tout bonnement exceptionnel:-)

Et puis finalement, je me suis calmé

  • n’ayant aucune preuve de cette stratégie de Canon (Mise à jour de samedi 7h40: je viens de lire le commentaire et l’article de Jean-François Vibert, zut, c’était donc vrai… voir en fin d’article)
  • n’ayant pas assez d’argent à remettre pour payer la différence:-)

Ce que je peux assurer

Ce que je veux que vous sachiez, c’est que jamais, au grand jamais, je n’ai été contacté par Canon (j’en serais presque vexé!:-)).

Que tous les tests que j’ai écrits à propos de la marque ou à propos de tout matériel ou logiciel, je les ai faits pour la raison que j’explique ici, en aucun cas parce qu’on nous aurait achetés.

Que chaque qualité, chaque défaut reportés dans mes tests (je parle de moi parce que c’est moi qui écris des articles sur les appareils Canon dans le cas précis), je les ai constatés dans le réel.

Que pas une fonction dont je parle, je ne l’ai pas testée.

Que c’est une tradition chez nous. Que tous les rédacteurs sur ce point suivent la même ligne.

Alors entendre dire qu’un site qui fait du publi-reportage est le seul qui finalement soit assez honnête parce qu’il est “clair avec ses lecteurs”, je peux vous dire que ça fait mal.

Voilà c’est dit, si l’on pouvait garder un peu de retenue dans les commentaires, ça me ferait plaisir.

Mise à jour de samedi, 8h00: c’était donc vrai

J’ai lu le commentaire 11 de Jean-François Vibert qui nous dirige vers cette page et vers son propre article

Alors comme ça, il s’agissait d’une campagne à large échelle de Canon?

C’est tout simplement incroyable.

Comment vais-je faire maintenant pour tester le prochain 5D Mark 2 (s’il s’appelle comme ça?)

Je vais passer des heures et des heures à le tester, faire un article qui va me prendre tout mon temps libre (on s’en fout, j’aime ça) pour le retrouver au milieu d’autres soi-disant tests payés par Caonon?

Et en plus, les gens vont croire que je suis payé aussi par la marque pour dire du bien de la chose?

Mise à jour de 8h13

Je vous invite à lire l’excellent article d’Urbanbike sur le sujet.

Très intéressante analyse.

J’hésite vraiment à tout revendre mon matos Canon, je suis dégoûté.

Pourtant, je l’aime bien moi, mon 5D, juste devant moi, là…

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