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La chronique (de la femme) du gourou…(10)

Je ne peux résister au plaisir de laisser la place, ce mois-ci à madame Guru...

Hier je cherchais en librairie de la lecture pour égayer mon trajet de Bruxelles à Cologne. Les projections catastrophistes qui fleurissaient en première page de la plupart des magazines ont rappelé à ma mémoire de très vieux textes que j'ai découverts il y a plus de 30 ans et qui déjà prenaient tout leur sens .
Je me souviens à l'époque les avoir lus à mes enfants qui m'avaient répondu d'un sourire niais et sarcastique dont seuls les ados ont le secret, vous savez le genre qui dit : “ C'est ma mère; vous ne trouvez pas qu'elle est gentille ? ”

Si aujourd'hui la pollution en fait mourir beaucoup à l'autre bout du monde, en librairie, par contre, ici, elle en fait vivre quelques-uns.
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce texte aujourd'hui très tendance:

(extrait de Pieds nus sur la Terre sacrée)

"Un vieil Indien Intu d'Amérique du Nord parle de la tristesse de voir sa terre dévastée pendant l'exploitation des mines d'or et plus particulièrement l'utilisation des moyens hydrauliques.
L'Homme blanc se moque de la terre, du daim et de l'ours tandis que nous Indiens; lorsque nous chassons le gibier nous mangeons toute la viande. Lorsque nous cherchons des racines nous faisons de petits trous. Lorsque nous brûlons l'herbe pour tuer les sauterelles, nous ne ruinons pas tout.
Nous secouons les glands et les pommes de pin des arbres. Nous n'utilisons que du bois mort.
L'Homme blanc, lui retourne le sol, abat des arbres, détruit tout. L'arbre dit “ Arrête, j'ai mal; je suis blessé” mais l'homme blanc continue, l'abat et le débite. L'Esprit de la Terre le hait.
Il arrache les arbres et ébranle jusqu'à leurs racines . Il scie les arbres. Les Indiens ne font jamais de mal aux arbres alors que l'Homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol.
La roche dit “arrête ,tu me fais mal, mais l'homme blanc n'y fait pas attention”.
Quand les Indiens utilisent des pierres, ils les choisissent petites et rondes pour faire leur feu.
Comment l'Esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc ? …
Partout où il touche, il laisse une plaie."

Malheureusement, le livre, à l'époque, n'a pas fait recette et l'Esprit de la Terre en a sérieusement ras le bol de l'homme blanc qui semble lent à la compréhension des choses; car ce texte date tout de même de 1863.

Le visage pâle commence à capter tout doucement le message comme en témoignent les titres des magazines en kiosque ces jours-ci. Il reste tant à faire qu'il sera bientôt content de manger les quelques glands et les quelques racines (s'il en reste) ramassés dans les petits trous sus-mentionnées comme du temps de nos ancêtres; ça s'appelle l'effet boomerang. Et ceci nous ramène à un autre texte du même livre :

"Tout est inscrit dans un cercle

Vous avez remarqué que toute chose faite par un Indien est inscrite dans un cercle. Il en est ainsi car toute chose de l'Univers agit selon les cercles et que toute chose tend à être ronde.
Dans l'ancien temps, lorsque nous étions un peuple heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu'il ne fut pas brisé notre peuple a prospéré.
L'arbre florissant était le centre vivant du cercle et le cercle des quatre quartiers le nourrissait. L'Est donnait la paix et la lumière, l'Ouest donnait la pluie, et le Nord par ses vents puissants donnaient force et endurance.
Cette connaissance nous vint de l'outre-monde avec notre religion. Tout ce que fait le pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre était ronde et les étoiles aussi.
Le vent au sommet de sa fureur tourbillonne.
Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu'ils ont la même religion que nous.
Le soleil se lève et redescend dans un cercle. La lune fait de même et les deux sont ronds.
Même les saisons forment un cercle dans leur changement et reviennent toujours où elles étaient. La vie de l'homme est dans un cercle de l'enfance jusqu'à l'enfance et ainsi en est-il pour toute chose où le pouvoir se meut.
Nos tipis étaient ronds comme les nids des oiseaux et toujours disposés en cercle , le cercle de la nation , le nid de nombreux nids où le grand Esprit nous destinait à couver nos enfants."

Décidément, ces “sauvages” avaient beaucoup à nous apprendre sur le respect des choses, et des vieux, et des morts, et de la Mère Nature.
Dommage que l'homme blanc les ait décimés eux aussi avec leurs racines. Ca aussi pourrait bien avoir agacé le Grand Esprit et nous rattraper un jour...

Tout est inscrit dans un cercle

La Dame du guru

18 commentaires
1)
Saluki
, le 05.11.2007 à 00:38
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Hugh !

Je suis certain qu’il existe également des écrits d’autres civilisations qu’occidentale, Africaines, Indoue, Japonaise ou Chinoise qui ont un discours similaire sur le respect que l’on doit à la Terre.

Tout est inscrit dans un cercle

Y compris la ligne de “cheval de feu” de Bruxelles à Cologne? Quelle belle statue de David, tout rose, derrière la Cathédrale, par ailleurs !

3)
François Cuneo
, le 05.11.2007 à 06:48
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Merci Madame!

Et chapeau M. guru!

Je ne suis jamais arrivé à lui faire écrire une humeur, à Madame Cuk, pourtant, elle m’a souvent dit que si je continuais à faire ci ou ça,, elle allait l’écrire dans une humeur, et que tout le monde verrait…:-)

Cela dit, heureusement que ces textes commencent à être tendance.

Sauf le “Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu’il ne fut pas brisé notre peuple a prospéré.”.

Il y en a depuis pas mal de temps qui trouvent ça tendance.

Et ça marche, chez nous par exemple…

4)
THG
, le 05.11.2007 à 07:56
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C’est le président Bush qui décide de se rapprocher de la communauté indienne. Il se rend dans une réserve et tient un discours devant quelques centaines d’entre eux :

Bush : mes chers compatriotes, mes chers amis…

Indiens : oumppfa ! oumpfa !

Bush : l’homme blanc vous a chassé de vos terres…

Indiens : oumpfa ! oumpfa !

Bush : …a saccagé vos terres…

Indiens : oumpfa ! oumpfa !

Bush : …ravagé votre civilisation…

Indiens : oumpfa ! oumpfa !

Bush : …respect…droits… blablabla… etc

Indiens : oumpfa ! oumpfa !

A la fin du discours, le Pdt descend de l’estrade et demande à un de ses collaborateurs ce que signifie “oumpfa”. Juste au moment de répondre, un garde du corps retient Bush par le bras et lui dit : “attention, Mr le Pdt, vous avez failli marcher dans la oumpfa”.

6)
Caplan
, le 05.11.2007 à 08:18
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Bienvenue à Madame Guru!

Certes, ces citations sont édifiantes et méritent que nous en prenions de la graine.

Mais certains peuples “sages” pouvaient se permettre de l’être par le simple fait qu’ils étaient très peu sur une très grande surface.

Il ne faut pas oublier non plus qu’en d’autres lieux des peuples “sages” ont aussi parfois des pratiques superstitieuses extrêmement cruelles. Que dire, par exemple, de ces sympathiques Rwandais qui ont découpé leurs voisins à la machette sous prétexte qu’ils étaient d’une autre ethnie? Que dire de l’excision?

L’homme blanc est le champion des conneries, c’est un fait. C’est en grande partie de sa faute si la planète est mal en point. Mais les pratiques qui étaient valables dans de toutes petites tribus ne sont pas applicables dans des mégalopoles. Il faut que nous inventions encore une autre façon de nous gérer, respectueuse de l’environnement, mais en phase avec ce qui existe déjà, sans tourner en rond…

D’autres cercles sur Milsabor!

7)
Kermorvan
, le 05.11.2007 à 09:37
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L’avantage du nomadisme, c’est que vous pouvez tout saboter où vous êtes. Ensuite (tant qu’il y a de la place) vous allez ailleurs, en attendant que ça se reconstitue. Seulement, voilà, nous ne pouvons pas changer de planète.

8)
Tom25
, le 05.11.2007 à 09:57
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Les indiens étaient peu nombreux sur une grande surface, certes, qui nous a demandé à nous d’être très nombreux sur une petite surface ?

Tout ceci n’est peut-être qu’un ramassis de conneries, heureusement que nous avons eu dans notre civilisation des gens qui n’avaient peur de rien, qui ont foncé tête baissée vers les nouvelles technologies et les nouvelles ressources. Le seul hic, c’est que parmi tous ces gens, certains ont pris des risques n’engageant que leur propre personnes, d’autres ont décidé seul d’engager toute l’humanité.

L’homme blanc a eu raison d’exterminer les indiens parce qu’ils étaient trop chanceux de vivre dans ce “paradis” dont ils n’exploitaient que très peu les ressources ?
Si on avait laissé courir la civilisation des Indiens parallèlement à la notre sans intervenir d’aucune manière, nous auraient-ils survécus ? Avant de dire que leur mode de vie était un ramassis de conneries, il faut déjà être sûr d’avoir bien répondu à cette question !

9)
Franck_Pastor
, le 05.11.2007 à 09:57
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Quel joli ramassis de foutaises!

Développe, développe. Sinon, on croira à la critique gratuitement méchante.

10)
henrif
, le 05.11.2007 à 10:42
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Tout est dans le cercle pour le Cukien aussi :

Je vous laisse choisir qui est le grand Manitou.

Cependant, Mme Guru a raison, notre civilisation court à sa perte…

11)
JCP
, le 05.11.2007 à 10:46
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C’est pas méchant, j’ai dit “joli”.

Et puis Caplan (qui est plus patient que moi) a déjà fait une partie du boulot. Méfions-nous des amalgames (ancestral/sage) qu’on oublierait de défier (naturel/sain).

12)
Bernard
, le 05.11.2007 à 13:35
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Bravo Madame Guru. L’humanité doit prendre conscience que l’on ne peut pas continuer à exploiter la planète sans retenue, comme elle le fait actuelleemnt. Cela ne concerne pas seulement les hommes blancs, car notre exemple semble bien suivi: la Chine semble aussi en train de détruire son environnement. Il y a des gens qui ne peuvent pas faire sans leur voiture un trajet qui prendrait 5 minutes à pied et pendant ce temps le pétrole s’épuise et l’on va devoir exploiter des gisements de sable birtumeux au Canada, avec tous les problèmes de pollution qui vont avec. Il y a beaucoup de nourriture qui est gaspillée, il suffit de voir ce que les grands magasins jettent comme invendus ou ce qui reste dans les assiettes du petit-déjeuner dans les hôtels qui font self-service. Non, il ne s’agit pas d’un ramassis de foutaises, mais nous devons trouver une manière de vivre respectueuse de l’environnement, sans retourner vers un passé révolu.

14)
zit
, le 05.11.2007 à 22:36
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Bienvenue, madame Guru.

Il était une fois, un trappeur qui trappait au pays des Intu. Il avait lu, lui, la livre susmentionné et vivait en bonne intelligence avec les indiens. Un jour d’automne, alors qu’il revenait avec son chargement de bois mort pour se chauffer l’hiver, il rencontrât le grand sorcier de la tribu voisine qui lui dit:

“– Hugh! Jean (car il s’appelait Jean), hiver être très rigoureux, cette année…”

De retour à la maison, il s’entretînt de cette rencontre avec Huguette, sa mie:

“– En ramenant le bois mort pour nous chauffer cet hiver, j’ai croisé Plume de paon, le sorcier du village voisin, il m’a prévenu que l’hiver allait être très rigoureux, cette année, je pense que demain, je vais retourner aller chercher du bois mort, pour nous chauffer…”

Ce qu’il fît, et, au retour, il rencontrât de nouveau Plume de paon, le grand sorcier de la tribu voisine qui lui dit:

“– Hugh! Jean, hiver être très très rigoureux, cette année…”

De retour à la maison, il s’entretînt de cette rencontre avec Huguette, sa compagne:

“– En ramenant le bois mort pour nous chauffer cet hiver, j’ai encore croisé Plume de paon, le sorcier du village voisin, il m’a prévenu que l’hiver allait être très très rigoureux, cette année, je pense que demain, je vais retourner aller chercher du bois mort, pour nous chauffer…”

Ce qu’il fît, et, au retour, il rencontrât de encore Plume de paon, le grand sorcier de la tribu voisine qui lui dit:

“– Hugh! Jean, hiver être très très très rigoureux, cette année…”

De retour à la maison, il s’entretînt de cette rencontre avec Huguette, sa douce:

“– En ramenant le bois mort pour nous chauffer cet hiver, j’ai de nouveau croisé Plume de paon, le sorcier du village voisin, il m’a prévenu que l’hiver allait être très très très rigoureux, cette année, je pense que demain, je vais encore aller chercher du bois mort, pour nous chauffer…”

Ce qu’il fît, et, au retour, il rencontrât de une fois de plus Plume de paon, le grand sorcier de la tribu voisine qui lui dit:

“– Hugh! Jean, hiver être très très très très rigoureux, cette année…”

Et là, n’en tenant plus d’admiration et de perplexité pour ce savoir ancestral, il demandât à Plume de paon:

“– Mais, ô, grand sorcier, Plume de paon, nous nous connaissons et nous apprécions depuis de nombreuses lunes, expliques moi, d’où te viens cette certitude, ce savoir ancestral et fameux qui t’indique que cette année, l’hiver sera très très très très rigoureux?”

“– C’est pas compliqué, chez nous, un proverbe dit:”

lui répondit Plume de paon:

Quand homme blanc ramener beaucoup de bois pour se chauffer, hiver être très rigoureux!

;o)

Je ne suis jamais arrivé à lui faire écrire une humeur, à Madame Cuk, pourtant, elle m’a souvent dit que si je continuais à faire ci ou ça,, elle allait l’écrire dans une humeur, et que tout le monde verrait…:-)

Oh, oui, madame cuk, on veut voir!!!!!

z (Hiver être trèèèès rigoureux, cette année, je répêêêêête: achetez des actions Damart!)

15)
Saluki
, le 05.11.2007 à 23:26
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De retour à la maison, il s’entretînt de cette rencontre avec Huguette, sa douce

De là, la canzonetta:

“Un jour la p’tite Huguette…” OK ==> j’y suis déjà !

16)
rolando
, le 06.11.2007 à 09:51
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Tout est inscrit dans un cercle, mais ce n’est pas le cercle qui importe, c’est ce que nous en faisons : vertueux ou vicieux.

Le Pentagone serait-il une tentative infructueuse de résoudre la quadrature du cercle ?

17)
pat3
, le 06.11.2007 à 23:19
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Quel joli ramassis de foutaises! […] Caplan (qui est plus patient que moi) a déjà fait une partie du boulot. Méfions-nous des amalgames

Que dire, par exemple, de ces sympathiques Rwandais qui ont découpé leurs voisins à la machette sous prétexte qu’ils étaient d’une autre ethnie?

Euh… amalgame, qui a dit amalgame?

18)
zit
, le 08.11.2007 à 15:09
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“Caressez un cercle, il deviendra vicieux!”

z (cercle caressé, je répêêêête: cercle caressé)