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The New York Times change tout comme Arrêt sur images….

Il y a peu, certains ont reproché à Cuk de ne pas assez parler des sites anglophones de qualité et j'ai pensé que je pouvais également aller de ma petite contribution.

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un quotidien réputé et d'une émission télévisée qui aimerait l'être. Le rapport? Et bien nos deux protagonistes ont un point commun: ils ont dû s'adapter à un nouvel environnement économique.

Bon, il y a tout de même une différence de taille puisque le journal l'a choisi alors que l'émission a été "contrainte" d'opter pour cette voie...

Je vous propose une petite réflexion sur ces deux chemins qui, selon moi, ne mèneront pas au même endroit.

De qui parle-t-on?

Pour commencer, je parle de la crème de la crème des quotidiens américains: The New York Times. Ce journal, un des plus respecté et des plus anciens au monde, a été créé en 1851. En un peu plus de 150 ans d'histoire et pour peu que ce palmarès signifie quelque chose, ce quotidien a gagné 95 prix Pulitzer, bien plus que n'importe quel autre journal.

Avec seulement 350 employés et 40 photographes, le journal est distribué quotidiennement aux USA ainsi que dans le reste du monde à 1.1 million d'exemplaires pour 1.25 dollars... deux ou trois fois moins cher qu'un café, y compris le dimanche (édition spéciale avec des centaines de pages et une distribution qui s'élève à 1.6 million d'exemplaires).

La "une" du 6 juin 1944 tirée des archives de la Librairie du Congrès

Malgré ce petit prix, les informations contenues dans ce journal sont hors de prix car c'est une presse "libre" qui informe ses lecteurs... à l'opposé des journaux gratuits qui coûtent une fortune à nos cerveaux et leur pouvoir de réflexion.

Comme tout le monde dans ce milieu, le NYT (son petit nom) n'a pas su comment réagir quand Internet a débarqué. Un peu comme tout le monde, il a aussi créé sa page web en 1995 comme complément à son édition papier. Un peu avant 2000, le journal a introduit une formule "réservée" à des membres qui devait s'enregistrer au travers d'une procédure fastidieuse mais gratuite. Heureusement, ces formulaires pouvaient être contournés grâce à des sites comme Bugmenot.com.

Et puis, 2005 est arrivé, et le journal devait faire un constat amer: de plus en plus de clients résiliaient leur abonnement "papier" et la critique régulière et acerbe du régime en place (les USA hein, pas besoin d'aller ailleurs) n'a pas aidé les finances du groupe. C'est à ce moment-là qu'un petit génie du département Vente décida que dorénavant, non seulement une partie du journal serait payante, mais les éditoriaux aussi!

Cette annonce fit l'effet d'une petite bombe car les éditorialistes du NYT ne sont pas forcément des journalistes "maison" mais des femmes et hommes de tout horizon. Ils ont néanmoins tous un point commun puisqu'ils partagent une vue intéressante sur le monde et veulent la partager avec les lecteurs. Personnellement, à l'époque, je lisais d'une manière systématique les éditoriaux de quelqu'un que j'apprécie énormément: Paul Krugman.

Ce type doit être un des rares à taper toutes les semaines sur Bush, ses amis, ses intérêts, ses choix et ses idéologies! J'ai bien dit toutes les semaines et même jusqu'à deux fois par semaine! Il casse du sucre et démonte tranquillement mais sûrement Bush et sa clique... et ça dure comme ça depuis 2000.

Pour résumer, la version électronique devenait payante à raison de 49.95 dollars par an. C'était un peu trop à mon goût et comme le journal à formellement interdit à ses éditorialistes de publier leur contribution sur leur site personnel ou ailleurs (même des semaines plus tard), je n'ai plus eu le plaisir de lire le NYT à l'exception de quelques articles qui étaient gracieusement offerts au milliard de lecteurs potentiels qui surfent tous les jours sur Internet.

Et puis récemment, deux ans après avoir rendu le site payant, le groupe The New York Times Company annonçait qu'il renonçait à la formule payante... que le journal deviendrait à nouveau gratuit!

Quelle évolution en 12 ans, jugez vous-même: tout d'abord limité et puis mollement protégé avant de devenir payant et enfin, gratuit...

Bon, pour être franc, le journal demande à nouveau un enregistrement "à la noix" mais gratuit et si vous êtes des lecteurs fidèles, vous savez comment contourner le problème à l'aide d'un petit signet.

Au-delà de cette nouvelle et du fait de retrouver mon ancien camarade Paul, le journal a aussi été très transparent et a fourni des données très intéressantes sur ce changement de cap. En quelques années, le journal a généré 227'000 abonnements électroniques annuels. C'est relativement peu si on compare au tirage moyen de 1.1 million d'exemplaires et ce chiffre était en pleine stagnation.

Mais alors, comment compenser le manque à gagner qui va tout de même s'élever à 10 millions de dollars par an? Et bien pas de miracle, le journal compte sur la publicité... comme dans l'édition papier. En fin de compte, ce média est en train de boucler la boucle de son aîné puisqu'en 12 ans, l'édition électronique gagnera de l'argent grâce à ses 15 millions de visiteurs uniques par mois!

Je ne parle même pas du fait que le journal s'ouvre à un potentiel de lecteurs qui se chiffre en milliard d'individus. Un formidable potentiel.

L'autre...

Avec tout ça, vous aviez presque oublié que je devais vous parler d'un second "protagoniste" qui va lui aussi tout changer. Pourtant, l'information est presque passée inaperçue puisqu'elle est tombée pendant les vacances.

Comme vous le savez, la télévision avait son espèce de Don Quichotte ou Zorro du petit écran. Imaginez: cette émission a, en 12 ans, passé à la moulinette tous les rouages et travers qui se produisaient dans "votre" télévision et même plus, ce qu'elle vous cachait.

Bien entendu, je parle de l'émission "Arrêt sur Images" sur France 5 qui était présentée par Daniel Schneidermann, un apprenti despote qui était à deux doigts de recevoir sa licence (accessoirement, si j'en crois wiki, il est aussi journaliste, un primate en voie d'extinction selon la description d'Anne).

Un journaliste télé sans son milieu naturel

Pour ceux qui seraient passés à côté, cette émission avait pour but de prendre sur le fait les travers de la télévision. Intention louable puisque le sujet était inexploité mais largement présent dans le paysage audiovisuel. D'après moi, il y avait même tellement matière à exploiter que l'émission aurait pu être quotidienne!

Malheureusement, comme vous le savez, l'enfer est pavé de bonnes intentions. La question que tout le monde pouvait légitimement se poser en regardant cette émission était: "Y a-t-il un journaliste pour sauver la télévision?" La réponse était sans appel: "Non!"

Sans vouloir remettre pour le moins du monde en question cette émission qui avait un objectif ambitieux lors de sa conception, force est de constater qu'elle n'a rien changé au paysage audiovisuel. Au contraire, je trouve qu'elle a même donné une bonne conscience à tout ce beau monde qui se réunissait une fois par semaine pour discuter le bout de gras.

Mais (là encore, je ne vous apprendrai rien), toutes les bonnes choses ont une fin et l'émission n'a pas été reprogrammée pour la rentrée.

Bien sûr, Daniel Schneidermann a beaucoup gesticulé et beaucoup parlé... sur le net. L'avantage de ce monologue, c'est que le surfeur est libre d'arrêter la lecture et ce, avant même que Daniel n'interrompe son invité ou ne le coupe au montage. Ca soulage dans le fond de reprendre le contrôle.

Malheureusement pour notre Calimero de la télévision, cette dernière ne veut plus de lui et de son émission. Pourquoi? La faute est, semble-t-il, à chercher du côté des présidents et autres directeurs de chaînes qui ne veulent plus de lui... sans parler des membres influents du paysage audiovisuel qui ont, dans l'ombre, oeuvré pour son excommunication.

Personnellement, cette émission et son brouhaha orchestré ne me manqueront pas! Par contre, une émission qui aurait une influence sur les médias ainsi que leurs fautes, on commencerait à progresser. Et puis si elle permettait également de faire autre chose que se regarder le nombril et celui des collègues... on friserait la perfection.

Bref, comme la télévision ne veut plus de lui et qu'Internet n'appartient pas encore à quelqu'un, il veut tenter un "coup" comme on dit dans le milieu.

C'est donc tout naturellement qu'il a décidé de donner une seconde vie à Arrêt sur images sur Internet. Toutefois, les rêves ou les coups, même sur Internet, ils coûtent quelque chose! Pas de panique, notre homme a pensé à tout et, vous aussi, vous pouvez faire partie du "coup" ou de l'aventure. Bien sûr, il y a un tribut et pour en être, il vous faudra vous délier de 30 euros, ou alors 12 euros par an, si vous faites partie des 30 à 40% de Français qui sont dans une certaine précarité.

Marchera ou ne marchera pas? Réponse dans environ 2'000 heures puisque le site démarre début 2008.

Conclusions

Le monde électronique avance tous les jours un peu plus dans nos vies. Il façonne de manière certaine nos médias de demain et certains arriveront, j'en suis persuadé, à prendre le train en marche.

Pour d'autres, au contraire, la chute sera plus dure mais il ne faut pas oublier un aspect qui est fondamental: ce n'est pas la technologie qui définit la qualité de nos médias, c'est nous.

Je peux encore donner un troisième exemple qui est un beau pied de nez à l'industrie musicale qui ne sait pas comment aborder l'ère du numérique avec un excellent groupe de Rock: Radiohead. Ils viennent de sortir sur le web leur dernier album: In Rainbows. Au-delà du tour de force de mettre en ligne un album quelques jours seulement après l'avoir terminé, le groupe vous propose son travail pour le prix que vous voulez... de 0.01 à 99 Livres. Le tout sans DRM et en MP3.

À juste titre, beaucoup me diront que c'est une opération facile à mener quand on est déjà connu et très riche. C'est juste, mais ça montre aussi comment acheter directement au producteur sans passer par des intermédiaires.

En optant pour des médias de qualité comme The New York Times avec un riche contenu, on garantira à cette institution du journalisme une pérennité dans la qualité de ce qu'elle offrira à ses lecteurs.

Au contraire, en optant pour des médias vides qui participent activement et gratuitement à la déliquescence de nos esprits et de notre société, on aura exactement ce que nous méritons: de la merde.

C'est maintenant qu'il faut faire un choix car après, il sera trop tard.

28 commentaires
1)
Aigle4
, le 11.10.2007 à 00:37

Je n’ai jamais lu le New-York Times mais j’étais un assidu de l’émission de Calimero sur France5.

J’aimais bien les papiers de Maja Neskovic, Judith Bernard, David Abiker, Christelle Ploquin et Perrine Dutreil.

J’aimais la manière de décoder les dits ou les non-dits des émissions du PAF.

Sûr qu’au fil du temps, Caliméro ne s’est pas fait que des amis en haut lieu et c’est bien dommage que cette émission soit disparue de la grille des programmes de la rentrée.

Je ne sais pas encore si je vais payer les 30 euros annuels pour lire leurs papiers.

Heureusement, il y a encore sur France Inter par exemple une émission pas comme les autres qui s’appelle ” La bas si j’y suis ” présentée par Daniel Mermet qui reste un des derniers créneaux où on ne sert pas la même soupe. Cette émission sous l’ère Cluzel a failli être arrêtée. Jusqu’à présent elle n’a été que déplacée, mais jusqu’à quand ?

2)
Inconnu
, le 11.10.2007 à 04:53

La théorie du complot resurgit…..”Les médias sont muselés etc etc”…”On peut compter les médias libres (comprendre qui pense comme moi) sur les doigts d’une main” !

Dieu merci, il n’y a pas que le NYT aux US. Je dirais même qu’il y a plus libre encore (comprendre de toute idéologie).

Quant à “arret du images” à partir du moment, ou l’ensemble de ses chroniqueurs avaient la même idéologie qui dégoulinait sur les commentaires (qui n’était plus simplement du décryptage) mais un avis politique(card) bien précis, cette émission était et se devait d’être condamnée.MàJ de Modane : Suite à votre demande explicite de censure, vous êtes censuré!

3)
orangers
, le 11.10.2007 à 06:15

Re v’là mon pote Earl Grey… Salut! Un petit mot de l’arbre à oranges qui voudrait seulement faire remarquer que chaque prise de parole est une tentative de proposer son idéologie; par exemple, ma Tasse de Thé nous parle là “d’avis politique(card) bien précis” et se positionne donc, sans objectivité, face à ces avis. C’est d’ailleurs fort, cher Earlgrey… Même lorsque nous revendiquons notre objectivité, et bien, on n’est pas objectifs! Il faut dire qu’objectiver, ce serait admettre à chaque chose des caractéristiques “naturelles”, réductibles à un ordre commun, irréfutables et partagées par tous… J’connais pas beaucoup d’objets “purs”… La mer est bleue. Mon chat est gentil, j’aime les goldens, ce sont les meilleures pommes, mon voisin est plutôt discret, cette bonne émission va disparaitre, Earlgrey est un troll, l’Orangers aussi… Même pour des proposition futiles, l’débat est là, necessaire. Et vous verrez on ne sera pas tous d’accord. Alors, l’objectivité? J’vais laisser ça aux prétentieux qui veulent imposer leur regard moral. Ceci dit, en toute partialité, j’trouve que “Là bas si j’y suis” est une émission qui sort vraiment de l’ordinaire, une émission d’opinions revendiquées, engagée… J’ai pas de téloche et j’ai rien à dire sur Calimero. Connais pas mais je crains les censures et ceux qui dressent bûchers aux sorcières et autres autodafés.

cette émission était et se devait d’être condamnée.

“Bienvenue sur Radio Paris. Notre reporter vient de rencontrer le Maréchal. Le Maréchal nous annonce que le Paysage audiovisuel français vient d’être redessiné. Désormais, nous n’entendrons à la TSF que les journalistes labélisés “Tasse de Thé”. Les dangereux terroristes opposants aux vues du grand Maréchal seront pendus haut et court. Le Maréchal a également salué le travail des journalistes fidèles à une grande idée de la France”. Merci, Maréchal!. Tout de suite, place à la météo”

4)
Argos
, le 11.10.2007 à 08:58

Intéressant de mettre en rapport ces deux expériences sur le net, celle du NYT et celle d’Arrêt sur Images. Vous êtes peut-être un peu sévère sur cette émission parfois passionnante, et d’autre fois il est vrai un tout petit peu à côté de la plaque. Schneidermann avait même tenté de l’exporter, en particulier à la TSR. Parallèlement, sur le net, on pouvait consulter et participer au Big Bang Blog, qui a levé quelques lièvres intéressants. Quant aux commentaires de la tasse de thé, ils sont aussi dérisoires qu’insignifiants, et ne méritent aucune réponse, si ce n’est un commentaire: un véritable amateur de thé ne perdra pas son temps avec de l’earl grey, dont la bergamote masque l’absence de qualité. Il préfèrera un first flush d’un des grands jardins de Darjeeling ou un Oolong des montagnes de Taiwan. Affaire de goût, mon cher.

5)
Aigle4
, le 11.10.2007 à 09:02

Le thé à la bergamote retente une percée…

Je préfère nettement le thé vert à la menthe, plus léger et subtil.

6)
levri
, le 11.10.2007 à 09:33

Heureusement, il y a encore sur France Inter par exemple une émission pas comme les autres qui s’appelle ” La bas si j’y suis ” présentée par Daniel Mermet qui reste un des derniers créneaux où on ne sert pas la même soupe

Ayant supprimé la TV, j’écoute parfois France Inter. J’ai suivi cette émission, intéressé par le fait qu’elle ne “servait pas la même soupe”, très vite je m’en suis lassé, et elle a perdu tout intérêt à mes oreilles.

Je n’aime pas le ton allusif et de pseudo complicité avec les auditeurs de l’animateur, je n’aime pas les répétitions critiques incessantes et quasi incantatoires, et surtout je n’aime pas le dénigrement systématique non étayé, sauf par l’appoint d’appel d’auditeurs vitupérant dans un sens ou l’autre, suivis du satisfecit ou de l’ironie complice de Mr Mermet.

Pour faire court : une “contre information” OUI, Une émission qui nous prend pour des cons, sous prétexte qu’elle “ne sert pas la même soupe”, NON ! … de la soupe ça reste de la soupe ! :D

@ToTheEnd :

Je lis les articles du NYT quand il y a une référence à l’un d’eux sur un sujet qui m’intéresse, je ne connais pas le “zorro du petit écran”, je n’ai pas de petit écran …

Pour ce qui est de la promo de “Radiohead” de plus en plus de groupes adoptent cette politique, les musiciens gagnent leur vie en jouant sur scène. Pour moi le CD est un outil publicitaire, il semble logique que les musiciens mettent à disposition leurs CDs sur le net afin de promouvoir leurs tournées.

Opter pour des médias riches, oui, mais je fait que l’information soit payante ou gratuite n’est en rien une garantie de qualité … ;)

7)
Mitch
, le 11.10.2007 à 09:37

OuahhhhhhaouH ! Le NYT OnLine yes, yes, yes, trop bjiennn !

[…] J’avais la télé, mais ça m’ennuyait Je l’ai r’tournée… d’l’aut’ côté c’est passionnant […]

Boris Vian – J’suis snob – © 1954

8)
François Cuneo
, le 11.10.2007 à 10:13

EarlGrey, je ne juge pas votre intervention d’aujourd’hui. Je me base sur les insultes que vous avez proférées dans un autre post.

Je vous le répète, je ne vous veux plus sur ce site, quels que soient vos propos.

J’espère être clair.

9)
alec6
, le 11.10.2007 à 10:21

@ Argos : Darjeeling, Oolong… monsieur est connaisseur, la bergamote en effet… Bien passons, comme le dit Aigle4 (au fait, serais tu un amateur de Cosmos 1999 ?), le thé vert à la menthe est bien plus subtil !

@ Levri. Je ne suis pas loin de penser comme toi à propos de l’émission de Mermet, j’avoue que l’acrimonie de certains auditeurs me gonfle, même si leurs idées ne sont pas loin des miennes parfois. En revanche certains reportages sont de qualité, il suffit de faire le tri. Voilà l’avantage des podcasts !
Par ailleurs, le net offre une source infinie d’informations indépendantes ou du moins complémentaires. Raisons pour les quelles je lis aussi bien les articles du Figaro que ceux de rue 89 . Mais parmi toutes les sites d’informations que je fréquente sur le net, mon préféré demeure contreInfo, qui est une sorte de “Courrier International” du net.

Merci TTE pour l’article, j’avoue n’avoir aucune opinion à propos de Schneiderman dont je n’ai jamais vu l’émission, et n’être jusqu’à ce jour jamais allé sur le site du NYT… l’erreur est réparée pour ce dernier.

10)
Aigle4
, le 11.10.2007 à 13:22

@ levri

” Ayant supprimé la TV, j’écoute parfois France Inter. J’ai suivi cette émission, intéressé par le fait qu’elle ne “servait pas la même soupe”, très vite je m’en suis lassé, et elle a perdu tout intérêt à mes oreilles. “

Peut-être justement, tu n’as pas persévéré à suivre cette émission. Je l’écoute depuis des années, si maintes fois des tentatives de retirer celle-ci de la grille de France Inter prouvent malgré tout qu’elle dérange. Les thèmes abordés sont très variés, politique, social, économique, humour, sexe et tant encore. Je ferai un parallèle avec Cuk pour la variété des sujets.

” Je n’aime pas le ton allusif et de pseudo complicité avec les auditeurs de l’animateur, je n’aime pas les répétitions critiques incessantes et quasi incantatoires, et surtout je n’aime pas le dénigrement systématique non étayé, sauf par l’appoint d’appel d’auditeurs vitupérant dans un sens ou l’autre, suivis du satisfecit ou de l’ironie complice de Mr Mermet. “

C’est justement ce que j’aime la complicité avec les auditeurs tout comme je l’a retrouve chez Cuk, une impression de faire partie de la ” famille ”.

Certes l’émission ou tout du moins l’animateur est engagé et forcément partial, il ne s’en cache pas et annonce la couleur. Là où je ne suis pas d’accord c’est quand tu dis ” dénigrement systématique non étayé ”. C’est bien tout le contraire, les reportages sont là pour apporter de l’eau au moulin et étayent les prises de position.

Je connais peu d’émission où les auditeurs peuvent laisser sur le répondeur des messages qui sont loin d’être tous conciliants avec Daniel Mermet. Cela mérite d’être souligné.

Tu utilises le terme ” d’auditeurs vitupérant “, certes cela arrive, mais ce n’est pas la majorité des appels. Ceux qui vitupèrent sont ceux qui compensent leur manque d’argumentation, ou l’agacement généré par l’émission de la veille. En général les sujets politiques ou sexuels sont les gagnants

” Pour faire court : une “contre information” OUI, Une émission qui nous prend pour des cons, sous prétexte qu’elle “ne sert pas la même soupe”, NON ! … de la soupe ça reste de la soupe ! :D “

Là non plus je ne suis pas d’accord, les émissions qui nous prennent pour des cons, sont celles qui sont dans le sens du poil, ( Michel si tu nous lit ) tout comme la majorité de la presse à part ” Charlie ” ou le ” Canard Enchainé ”.

Les émissions de ” la bas si j’y suis ” peuvent être téléchargées librement au site suivant : http://www.la-bas.org/

Tu pourras, mon cher Levri écouter une émission ou des émissions, sur le sujet qui t’intéresse et peut-être te forger une idée plus juste que celle que tu as présentement.

12)
Smop
, le 11.10.2007 à 13:44

Certes Schneidermann a des défauts, certes ASI était une émission engagée, certes elle n’a probablement pas changé grand-chose dans le panier de crabes du PAF. Il n’en reste pas moins qu’elle a permis à des milliers de téléspectateurs de prendre mieux conscience de l’envers du décor et de la manipulation des mass media, en encourageant la naissance d’un débat sur les forums associés et sur l’excellent Big Bang Blog. A mon avis, c’est là que se situait son rôle, tourné vers l’extérieur, et non pas vers la profession, qui sera toujours asservie par le paraitre, les ambitions personnelles, le pouvoir politique et les annonceurs. De plus, ASI a donné la parole à des chroniqueurs de talent, tels que Judith Bernard, John-Paul Lepers, Philippe Vandel, David Abiker et d’autres. Pour ma part, je regrette la disparition de cette émission, à vrai dire la seule que je regardais encore, et je n’ai pas hésité une seconde à m’abonner à leur (future) formule.

Sur le thème de la manipulation médiatique, une suggestion de lecture : Propagandes silencieuses d’Ignacio Ramonet. Constat un peu sommaire mais intéressant.

13)
Inconnu
, le 11.10.2007 à 13:59

Ignacio Ramonet est à Meyssan ce qu’est le mensonge à l’imposture…

Encore un peu et on va nous citer Karl Zero…

14)
Argos
, le 11.10.2007 à 14:15

Earl grey est à l’intelligence ce que l’eau boueuse est au thé. Et ce sera tout pour aujourd’hui dans ce domaine. Plus sérieusement, je suis très impatient de découvrir le nouveau site d’Arrêt sur images. En espérant bien qu’il s’adressera plus à ceux qui regardent la télévision qu’à ceux qui la font.

15)
Marcolivier
, le 11.10.2007 à 15:08

Salut à tous,

De mon avis, le NYT produit généralement de bons articles et des réflexions intéressantes. Enfin lorsqu’on sélectionne les articles qu’on lit. Cependant, même si des journalistes critiquent certaines positions officielles, la ligne éditoriale du NYT a quand même grandement participer au matraquage du réflexe conditionné de type: “derrière chaque barbu se trouve un terroriste”, ou encore, “répandre la démocratie à coup de bombes est légitime”. Trop caricatural? Bon, ok.

Alors on pourrait dire plus généralement, et c’est valable pour la plupart des médias dits “mainstrem”, que le tort qu’ils font est de répéter, relayer, diffuser sans autres et continuellement les absurdités, quand ce n’est pas les mensonges, que disent et répètent les politiques et autres individus.

En ce qui concerne l’émission “Arrêt sur images”, je ne la connais pas personellement mais je recommande les 2 documentaires de Pierre Karl intitulé “Pas vu, Pas pris” et “Enfin pris?”. Très distrayant est intéressant. Ces documentaires se basent sur un fait divers filmé par erreur. Etienne Mougeotte, directeur des programmes de TF1 et François Léotard, ministre de la défense, discutent. Mougeotte mentionne l’inquiétude du monde télévisuel français au ministre de la défense.

Voilà le début. Perso, je ne suis pas choqué qu’un individu parle à un autre individu de ses problèmes, surtout si ce dernier peut aider le premier. Pierre Karl se demande plutôt pourquoi ce fait divers, banal encore une fois, n’a pas passé à la télévision, pourtant si friande de scandales, et encore moins sur “Arrêt sur images”.

Je vous les recommande.

16)
levri
, le 11.10.2007 à 15:30

@ Aigle4 : je ne dirais pas que j’ai persévéré (n’étant pas maso), mais souventes fois je laisse la radio allumée et mon oreille fait le tri, pour cette émission j’ai toujours le même sentiment.

La complicité d’idée, ça ne me dérange pas, mais le ton et la manière ne me plaisent pas. Beaucoup d’allusions faciles ayant tendance a tout dire … en ne disant rien.

Le fait d’être engagé ne me dérange pas, au contraire, mais même si je suis d’accord, ce n’est pas pour ça que je dois accepter des prises de positions et des reportages simplistes.

J’ai bien dit “l’appoint d’appel d’auditeurs vitupérant dans un sens ou l’autre”. Ceux choisis parmi les “non conciliants” sont tellement outranciers qu’ils ne font qu’apporter de l’eau à son moulin. Je suppose qu’il reçoit aussi des messages moins outranciers … mais ils feraient moins d’audimat ?

… “Je connais peu d’émission où les auditeurs peuvent laisser sur le répondeur des messages…” : c’est dans le style de l’émission.

Tous les messages ne sont pas vitupérants, lorsqu’ils ne le sont pas ils ont tendance à tourner dans le consensuel (on est de la même famille)

Je ne suis pas d’accord, on peut nous prendre pour des cons dans le sens du poil, aussi bien qu’à contre poil, même si on a raison, ce n’est pas une raison pour faire du léger.

Je ne suis absolument pas contre les idées ou les prises de positions prises dans cette émission, juste contre la manière. Pour moi c’est juste une mauvaise émission (qualitativement parlant)

cher Aigle4 … ;) … puisque tu me donnes le lien j’irai jeter un oeil, mais j’ai eu l’occasion de la suivre de nombreuses fois (c’est pour ça que j’exprime cet avis, d’ailleurs elle est juste en train de passer en ce moment)

Bon de toute façon ce n’est que mon humble opinion, et mon idée est évidemment “juste” en fonction de ma manière de percevoir … :D

17)
François Cuneo
, le 11.10.2007 à 15:41

EarlGrey est devenu Inconnu, puisque supprimé de Cuk.ch.

Il reviendra sous un autre nom, comme il l’a déjà fait, on l’enlèvera à nouveau.

18)
fxprod
, le 11.10.2007 à 16:44

EarlGrey est devenu Inconnu, puisque supprimé de Cuk.ch.

enfin. smiley merci

19)
ToTheEnd
, le 11.10.2007 à 22:04

Et bien, à part les poivrots, je pensais que ce thème allait drainer bien plus de gens que ça…

C’est clair que je suis sévère au sujet de ASI mais c’est à juste titre. Ils se présentent eux-mêmes comme des “saints journaleux” qui vont remettre l’église au milieu du village. Toutefois, à la fin, on voit que les mêmes manipulations et les mêmes réflexes sont de mise.

Smop: et bien, tu passes pas souvent hein et ne me dis pas que ton blog te prend beaucoup de temps hein, je suis passé et on dirait que tu essaies d’en faire un vestige électronique… Tu es avec la (future-ex)femme de Sarko? Je l’ai vue à Genève l’autre jour mais sans toi! J’imagine que tu déposais le cash à la banque. Comme d’habitude, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton argumentation car le but n’est pas d’éduquer médiatiquement parlant quelques milliers de téléspectateurs mais bien d’en informer correctement des milliards d’autres. Je ne peux être satisfait d’un aussi faible résultat qui est plus lié au hasard et au créneau qu’à la qualité et fond de l’existence même d’une émission de ce type.

Purée… j’essaie de me relire et c’est bizarre. Je retourne à ma bière et mes bouquins… demain sera une longue journée.

T

20)
ToTheEnd
, le 11.10.2007 à 22:15

Marolivier: ta connaissance des faits est un peu tronquée et je m’en vais la corriger. Le NYT a été le seul journal “national et international” à poser les questions qui fâchent sur le dossier (vide!) Irakien! Dès le départ, ils ont ouvert leurs pages à des intervenants influents externes pour dire tout le mal qu’ils pensaient des âneries qui étaient dites à Washington! Enfin, c’est les seuls qui ont donné la parole à Joseph C. Wilson… l’enquêteur officiel qui a été envoyé au Nigeria pour vérifier si le camarade Saddam avait, oui ou non, essayer d’acheter de grosses quantité d’uranium… et c’est cet edito “What I Didn’t Find in Africa” qui a provoqué un énorme scandale et a valu à sa femme d’être dénoncée comme faisant partie de la CIA la m’étant elle et ses contacts en danger. (Au passage, un crime qui peut être puni de 10 ans de taule aux USA…)

Bref, je veux bien que parfois, le NYT ne soit pas parfait, mais il n’est certainement pas “mainstream”.

Bon, là vraiment, il faut que j’y retourne… au frigo… car j’ai plus de bière…

T

21)
Robert
, le 12.10.2007 à 04:20

Bonjour ça fait quelques temps que je vous lis. Un peu pour rester au courant de ce qui se passe en Suisse, maintenant que j’habite de l’autre coté de l’Ocean, un peu pour apprendre des choses sur le Mac. Mais aujourd’hui l’article sur le New York Times me donne une raison de vous ecrire.

Je partage un abonnement au Times (c’est plutôt comme ça qu’on l’appelle ici) avec les voisins, ce qui me permets le luxe de lire l’édition électronique à mon bureau et l’édition papier en soirée. Alors comprenez mon choc, quand en rentrant chez moi avant-hier je vois sur la couverture du Times cet article: Immigration, Black Sheep and Swiss Rage En haut de page au milieu la 1ere photo qui est sur le site web, puis à l’interieur du journal les deux autres photos, encore plus chocante peut-être. Bref, moi qui disait que Bush j’ai pas voté pour lui (j’ai même donné de l’argent à Kerry), faudra-t’il que j’ai honte d’être Suisse?

Je sais pas trop ce qu’il faudrait faire. Pour copier une méthode américaine (connaissez-vous MoveOn), ce serait de demander à tous les candidats s’ils voterait pour Blocher comme conseiller féderal s’ils étaient élus au conseil national ou aux états. Puis de faire connaître leur réponse. Si les élus radicaux, libéraux, etc vont voter pour lui, et bien que tout le monde le sache avant les élections. Au moins c’est clair. Et que les gens qui votent pour eux assument.

Et moi qui depuis plusieurs années pense à retourner en Europe car on peux plus vivre dans un pays qui vote pour Bush ou avoir ses impôts qui financent une guerre. Eh bien ma femme (américaine) m’a dit que ça n’avait pas tellement l’air d’être mieux en Suisse. Et elle n’a pas tord. Et on a été d’accord pour s’inquiéter, et se dire qu’un peu partout ça devient de pire en pire. De plus en plus de populisme, de fanatisme,…

Que faire?

Robert

22)
Smop
, le 12.10.2007 à 04:55

Et bien, à part les poivrots, je pensais que ce thème allait drainer bien plus de gens que ça…

En manque d’amour TTE ?

et bien, tu passes pas souvent hein et ne me dis pas que ton blog te prend beaucoup de temps hein, je suis passé et on dirait que tu essaies d’en faire un vestige électronique…

En effet, en ce moment je préfère lire et plonger, mais ça ne m’empêche pas de parcourir quotidiennement une poignée de sites, dont Cuk. Promis-juré, je me remettrai au blog un de ces jours, peut-être sous une autre forme.

Tu es avec la (future-ex)femme de Sarko? Je l’ai vue à Genève l’autre jour mais sans toi! J’imagine que tu déposais le cash à la banque.

Je ne sais pas si tu es fatigué ou bourré, mais je n’ai pas compris ce que tu tentais d’exprimer…

Comme d’habitude, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton argumentation car le but n’est pas d’éduquer médiatiquement parlant quelques milliers de téléspectateurs mais bien d’en informer correctement des milliards d’autres. Je ne peux être satisfait d’un aussi faible résultat qui est plus lié au hasard et au créneau qu’à la qualité et fond de l’existence même d’une émission de ce type.

Je pense qu’ASI “éduquait” un peu plus que quelques milliers de téléspectateurs, ne serait-ce qu’au vu des 185000 signatures de soutien récoltées suite à la suppression de l’émission, et ce malgré la période estivale. Par ailleurs, au 18 septembre, 10000 internautes avaient déjà signé pour la formule payante. De plus, comment informer des “milliards d’autres” sans impliquer un prime time et donc un nivellement par le bas de l’information afin de la rendre accessible au plus grand nombre ? Malgré tous ses défauts, je préfère Schneidermann à Delarue, Villeneuve, Fogiel, Dechavanne ou Ardisson ;-)

Robert : Pour info, François a évoqué cette histoire dans sa note du 1er août Citoyens suisses, et si vous réagissiez contre l’immonde?

23)
Okazou
, le 12.10.2007 à 06:34

« un véritable amateur de thé ne perdra pas son temps avec de l’earl grey, dont la bergamote masque l’absence de qualité. Il préfèrera un first flush d’un des grands jardins de Darjeeling ou un Oolong des montagnes de Taiwan. Affaire de goût, mon cher. »

Taratata !

Ce n’est pas parce que l’on tombe de temps en temps sur un Earl Grey médiocre et d’ailleurs Inconnu qu’il n’en est pas de bon et même de fort bon.

Le thé, c’est comme le vin, il en existe une infinité et l’on aurait tort de tomber dans la routine et de n’en adopter qu’un quand les plaisirs peuvent être multiples. Personnellement je ne bois de l’eau que lorsqu’il y a du thé dedans et c’est ainsi que mes thés de base sont l’earl grey, le dargeeling, le lapsang souchong et le thé à la menthe mais je ne crache pas du tout sur un bel oolong cuivré lorsqu’il s’en trouve à passer à ma portée (alors que les ceylans ne m’ont jamais convaincu). Chacun d’entre eux me propose une variété de saveurs. Prenez une autre variété de menthe, un autre livre s’ouvre.
L’exploration est loin d’être achevée.

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« Pour faire court : une “contre information” OUI, Une émission qui nous prend pour des cons, sous prétexte qu’elle “ne sert pas la même soupe”, NON ! … de la soupe ça reste de la soupe ! :D »

Là-dessus, je suis Aigle-10. Pour ma part, considérant que le monde est imparfait et le restera et que je ne trouverais jamais de héraut capable de représenter ce que je pense (et que je suis seul à penser), je sais me contenter de ce qui est le plus proche de ce que je pense, que je préfère de loin à rien du tout. Le moins pire c’est pauvre mais c’est déjà quelque chose. J’ai d’ailleurs voté Ségo au second tour, c’est dire…

Quand il n’y aura plus Mermet, tu fais quoi ? Tu veux des saints à l’information ? Y’en a pas. Qu’on se taise tous ? Le grand silence de la mort ? Il n’y a déjà plus Benasayag sur France-Culture, assassiné radiophoniquement pour que puisse se développer un libéralisme sans entraves par les voix de fausset d’Alexandre « Triple-crème » Adler et du vibrionnant Alain-Gérard Slama.
Lire d’urgence Éloge du conflit chez Armillaire – Benasayag-del Rey et tous les autres ouvrages de Benasayag. C’est du bon !

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« les émissions qui nous prennent pour des cons, sont celles qui sont dans le sens du poil, ( Michel si tu nous lit ) tout comme la majorité de la presse à part ” Charlie ” ou le ” Canard Enchainé ”. »

Pour Le canard enchaîné, complètement d’accord, mais pour Charlie, il faut trier et ne pas lire les éditos délirants de Philippe Val qui nous prend tous bel et bien pour des cons s’il pense qu’on prend sa prose pour parole d’évangile. Lire et relire Noam Chomsky, l’homme qui bouscule le régime de Bush et les conservateurs de toute obédience.

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Pour revenir à cet intéressant sujet, ce n’est pas parce que ToTheEnd fait son bégueule à son sujet qu’il ignore que l’éviction de Schneidermann est un très mauvais signe pour la pluralité de l’information. Merci à lui de l’avoir évoqué, même du bout des dents.

Quant au New-York Times, on ne peut plus affirmer que c’est un journal différent des autres quand on a lu ceci et cela.

Mais revenons au graves atteintes à la pluralité qui planent sur nos medias. Kessler, pdg d’Axa, vice-président du Medef (patronat français) et éditorialiste de la revue Challenges (prononcer ici « tchalèn’j ») vient de commettre un papier dans ladite revue où il déclare ouvertement que le programme de réforme (comprendre « contre-réforme ») de la droite consiste à virer tout ce qui a été mis en place en 1945 par le Conseil National de la Résistance (CNR), sans exception. Nous savons que le CNR insistait sur la nécessité d’une presse (on ne parlait pas alors de medias) libre et pluraliste pour servir la démocratie.

orangers-3 faisait allusion au Maréchal et à ses nuisances graves sur le pays à l’époque eh bien, le Maréchal, il est là et bien là aujourd’hui. Il est tout petit et vibrionnant et comme tout bon virus, il est… virulent. Nous le nommerons ici S. pour ne pas heurter ses thuriféraires, voire ses obligés.

Rappelons à ceux qui ne le sauraient pas que les avancées sociales dont profitent les Français aujourd’hui sont essentiellement issues du programme du CNR et que lors de la commémoration du 60e anniversaire du programme du CNR, 13 de ceux qui l’avaient élaboré et se trouvaient toujours en vie en 2004 avaient lancé cet appel, ou ce rappel :

« Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais : Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des “féodalités économiques”, droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau “Programme de Résistance” pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : “Créer, c’est résister. Résister, c’est créer”.
mercredi 10 mars 2004

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

« Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. » disait Deleuze (Repris en titre de livre par Miguel Benasayag et Florence Aubenas). Lorsqu’il se rendit entouré de caméras au Plateau des Glières avant son élection, S. avait pris soin de ne pas y inviter les résistants survivants. Aujourd’hui, après avoir jeté en pâture dans l’arêne « people », à grands coups de haut-parleurs, l’intime et ultime lettre d’un jeune résistant qui menait une lutte profondément humaniste à l’exact opposé de la-sienne, il brandit comme programme la liquidation de leur rêve d’équité et de justice, leurs idéaux de démocratie économique, sociale, et culturelle.
Gageons que S., parvenu au pouvoir par la servilité de médias contemporains saura utiliser ces mêmes médias serviles pour briser l’œuvre de femmes et d’hommes généreux.


Un autre monde est possible.

24)
ToTheEnd
, le 12.10.2007 à 08:41

Robert: tu vois, récemment, un Français m’a dit qu’il était de plus en plus difficile de vivre en France pour lui… le système ne semblait plus lui convenir et il m’a dit à quel point il trouvait joli la Suisse. Il souhaitait même déménagé! Quand je lui ai parlé de notre Blocher et consort, il ne m’a pas répondu car les conditions économiques lui paraissaient plus intéressantes ici, malgré tout. Bref, entre conscience et argent, il y en a qui ont de la peine à se positionner.

Je ne sais pas si tu es fatigué ou bourré, mais je n’ai pas compris ce que tu tentais d’exprimer…

Tout de suite les grands mots! C’était une blague! Pas de panique. La femme à S. était à Genève ces derniers jours et la presse suisse se fait l’écho de ce que tous les médias taisent en France: S & C sont séparés… Il paraît même que certaines rédactions on déjà leurs pages prêtent… Il n’attendent que le communiqué officiel de l’Elysée pour se lâcher. Il paraît que cette une question d’heures… ou de jours.

Le NYT n’est certainement pas parfait, mais si tous les américains le lisaient, Bush n’aurait pas été réélu, l’invasion de l’Irak n’aurait jamais eu lieu et d’une façon générale, l’Américain de base serait moins con.

Ce n’est peut être pas beaucoup comme ça mais bon, je trouve que c’est déjà pas mal vu le contexte.

T

25)
levri
, le 12.10.2007 à 09:26

Pour ma part, considérant que le monde est imparfait et le restera et que je ne trouverais jamais de héraut capable de représenter ce que je pense (et que je suis seul à penser), je sais me contenter de ce qui est le plus proche de ce que je pense, que je préfère de loin à rien du tout. Le moins pire c’est pauvre mais c’est déjà quelque chose.

Wai, ça doit être ma tendance extrémiste, j’ai toujours eu du mal à me satisfaire du “moins pire” :-(

Quand il n’y aura plus Mermet, tu fais quoi ?

Bin, vu qu’il y a un créneau pour ce type d’émission, je compte sur une émission avec le même genre d’idées, mais de meilleure qualité ?

… je rêve là ?

Et puis relativisons, il enfonce beaucoup de portes ouvertes, non ? Alors, je continue comme d’hab, je cherche les compléments d’informations sur les sujets qui m’intéressent, tout seul comme un grand … :)

26)
Okazou
, le 12.10.2007 à 17:01

« Bin, vu qu’il y a un créneau pour ce type d’émission, je compte sur une émission avec le même genre d’idées, mais de meilleure qualité ?

… je rêve là ? »

Ben oui…

Quand il n’y a plus de Benasayag et de Mermet sur les ondes on entre dans une information stricto sensu totalitaire.

En clair, si le pouvoir remplace un jour Benasayag, ce sera par un succédané de contestataire, pour un faux-semblant d’opposition. Tu auras un journaleux « Canada dry » qui n’aura que la couleur de la libre-parole. S. est un artiste à ce jeu-là dans son talent de caméléon pour faire croire qu’il est un président multicolore alors qu’il n’est qu’un caméléon qui gobe les mouches pour le seul estomac qui compte : le sien.

« Et puis relativisons, il enfonce beaucoup de portes ouvertes, non ? »

Pour toi, sans doute, mais France Inter est une radio grand public et Mermet sait parler au grand public. Il a un talent certain pour ça.


Un autre monde est possible. Démocratique.

27)
Aigle4
, le 12.10.2007 à 21:28

@ Okazou

Merci pour ton intervention et ton soutien à Daniel Mermet.

(2xAigle4)+(1/2Aigle4) = Aigle 10, Oui mais y’a plus de jeu de mot laid.

28)
Inconnu
, le 15.10.2007 à 12:21

Comme levri, je n’aime plus Mermet même si il doit rester sur France-Inter comme signe de la liberté d’expression et ceci pour les raisons suivantes:

1: Les émissions où l’accusé n’a pas le droit de se défendre (par exemple BHL. 2: Les téléphones des auditeurs choisis de manière telle que Mermet peut faire passer ses idées sans tomber sous le coup de la loi sur la diffamation. 3: Le strapotin donné au Monde Diplomatique où pendant une heure on nous bassine de manière unitlatérale sur les méchants Américains et le bienfait de l’Altermondialisme.

Par contre, oui Mermet arrive nous faire partager la vie des petits des exclus, mais de moins en moins souvant, donc je zappe de plus en plus…