Je vous ai déjà tout expliqué il y a deux semaines à propos de l’importance de sauvegarder régulièrement vos données.
Je ne vais donc pas revenir là-dessus.
Si ce n’est pour vous parler d’un logiciel gratuit (incroyable non?) signé Bombich: Carbon Copy Cloner 3, et puis un peu aussi de SuperDuper, que je cite souvent dès que j’aborde le chapitre des backups.
J’ai déjà écrit un test à propos du premier, ici, lorsqu’il était en version 2.
Depuis, j’ai beaucoup utilisé Carbon Copy Cloner 2, afin de déployer un master sur de très nombreuses machines de mon école. À part un moment difficile lors du passage vers Tiger, ce logiciel m’a en général donné satisfaction.
Cela dit, j’utilise pour mes clones un autre logiciel, SuperDuper, très bon lui aussi, mais qui est, surtout lors d’un premier clonage un peu lent par rapport à la concurrence, les sauvegardes suivantes étant quant à elles, comme nous allons le voir, très rapides.
Mais avant de passer à la suite…
Situons la découverte
L’autre jour, j’ai reçu d’Apple Logic Studio 8.
Un magnifique coffret dont je vais bien entendu vous parler très bientôt.
Tout d’abord, je tiens à dire ici que le prix qu’Apple demande pour ce Logic n’a rien de prohibitif: moins de 700 francs suisses, pour tous ces programmes et tous ces livres, ce n’est pas exagéré.
Mais surtout, surtout, merci à Apple d’avoir abandonné cette horreur de protection que représente la clé USB, pourtant tellement prisée du monde des logiciels musicaux.
J’espère que ce courage, ce prix, feront que le logiciel ne sera pas trop piraté.
J’ai déjà parlé ici de la catastrophe en concert que j’ai juste pu éviter, suite à la perte de ma clé avec Cubase Audio (tiens, j’ai relu, je n’étais pas tendre avec les pirates dis…).
Au point que je préférais bosser avec Logic Express, dès le départ sans la clé, qu’avec Logic Audio 7 à l’époque qui, lui, l’imposait.
Cela dit, j’ai tout bien fait de la place sur le disque Western Digital de 160 Go dont je vous avais parlé il y a quelques mois, et j’ai obtenu l’espace libre faramineux (pour moi) de 45 Go.
Chouette, installons le logiciel. Comment? Avec toutes ses boucles, ses instruments virtuels (j’y tiens), 42 Go sont nécessaires? Rha la crise!
Bon, ne me restait qu’à placer dans mon MacBook Pro un génial 250 Go, toujours signé Western Digital, et bien noté par Macbidouille, et installer Logic dessus ensuite. C’est vrai qu’il est parfait ce disque, juste en passant. Rapide, totalement silencieux…).
J’ai donc bien dû passer par un clonage (on y arrive enfin!) de mon disque dur interne sur le 250 Gb (que j’avais placé dans un petit boîtier FW pour l’occasion) pendant la nuit précédant l’opération de ma chère machine, et, à mon réveil, j’ai vérifié que le disque cible était bien bootable, ce qui était le cas. Ouf.
En fait, j’avais tellement peur de changer le disque tout seul, que j’ai préféré prendre rendez-vous avec Ralf et Florent, des spécialistes chez l’un de nos partenaires (celui de gauche, en haut de la page).
J’ai pratiqué presque tout seul, mais j’avais un filet, même deux, au cas où.
Tout s’est passé à merveille, je travaille maintenant avec le nouveau disque en interne, j’ai installé Logic Studio, et il me reste 90 Go de libres.
Le paradis!
Mais… vous vous posez peut-être la question, et là, on revient à notre sujet de départ…
Avec quoi cloner?
Les derniers clones de mes disques, je les ai faits avec SuperDuper, qui fonctionne très bien, même s’il me semble être un peu lent lors du clonage initial.
Or, le jour de ma décision de changer de disque, j’ai vu que Carbon Copy Cloner était sorti en version 3.0.
Du coup, je me suis dit que j’allais l’essayer, et je ne l’ai vraiment pas regretté.
D’abord, Carbon Copy Cloner a changé d’interface. Je trouve la nouvelle bien plus claire, et ma foi assez agréable à regarder, mais surtout à utiliser, ce qui est le plus important.
En gros, dans le menu déroulant de gauche, vous choisissez la source, dans le menu de droite, la cible. Ici dans le cas d’un clone, en partant d’une source pleine de données vers une cible qui va être effacée.
Ici en mode sélection des données. On ne sauvegarde que ce que l’on veut avoir à double.
Ensuite, Carbon Copy Cloner est devenu un véritable programme de sauvegarde, avec des options poussées, comme l’archivage des fichiers modifiés, ou la compressession de certains fichiers qui devraient être sauvegardés sur un disque réseau.
Mais ce n’est pas tout, nous le verrons plus bas.
Avant cela, jetons un coup d’œil sur l’interface de SuperDuper.
Comme dans CCC3, vous choisissez dans deux menus déroulants la source et la cible. Au centre, vous choisissez un script de base.
Ici, je choisis pour un premier clone de tout sauvegarder.
Les performances
Carbon Copy Cloner vous propose deux types de sauvegarde:
- la sauvegarde de type block-level copy
- et celle de type file-copy.
Si la block-level copy est bien plus rapide et vous permet de retrouver pile-poil l’état du disque départ sur le disque cible, elle impose le fait que disque soit “démontable”. Il sera donc impossible de cloner le disque sur lequel on travaille avec cette option.
Dans le cas précis, ma source est le disque de démarrage, je ne peux donc profiter de la copie de type block-level.
La file-level copy a deux avantages:
- elle permet de défragmenter un disque puisque les fichiers sont copiés l’un derrière l’autre, tout proprement
- le disque source peut être celui sur lequel on travaille.
Par contre, quelques différences pourront être remarquées après le backup, même si Carbon Copy Cloner nous assure que son système nous tient à l’abri de surprises désagréables.
Pour sauvegarder avec succès mon disque de démarrage, sur un disque externe, j’ai eu besoin de 4 heures et 25 minutes en mode File-Level.
C’est peu, et c’est tant mieux.
J’ai refait exactement la même opération avec SuperDuper (le disque avait juste 100 Mb de plus, suite à une installation du nouveau 4D).
Résultat: 5 h 37!
SuperDuper est sur ce point (premier clonage donc), bien plus lent.
Mais là n’est pas le meilleur!
J’ai redémarré à partir d’un disque externe, et copié mon disque interne sur un troisième disque en utilisant le mode Block-Level, comme décrit plus haut: temps nécessaire, 1 heure 45!
Incroyable. C’est la révolution!
Là où les choses se corsent un peu, c’est que j’ai relancé droit derrière une sauvegarde pour voir comment Carbon Copy Cloner se débrouille avec les fichiers modifiés (ils ne sont pas très nombreux puisque je n’ai pas travaillé entre-deux).
Pour ce faire, il est important de choisir le mode “Fichiers sélectionnés”, en… sélectionnant tout.
Carbon Copy Cloner 3 prend alors 35 minutes pour créer une liste des fichiers présents sur les disques, et se lance dans la copie seulement ensuite.
D’abord on construit…
… et ensuite, avant de commencer la copie, on prépare… C’est long.
Au final, il faudra 2 heures et 8 minutes pour sauvegarder les petits 199 Mb modifiés dans l’intervalle, ce qui est tout de même assez énorme.
J’ai relancé un backup du même type exactement, à l’aide de SuperDuper (appelé chez ce dernier “Smart Update”, qui ne m’a pris… que 31 minutes!
Sachant que SuperDuper ne m’a jamais posé le moindre problème, il semble évident que la mise à jour d’un disque est bien plus rapide avec ce programme, et tout aussi sûre.
Grosse déception, au niveau vitesse de mise à jour d’un clone, du côté de Carbon Copy Cloner, qui met bien plus de temps à sauvegarder les fichiers modifiés que de recréer un clone de type block-level, ce qui est tout de même un peu étrange, non?
Les possibilités
Carbon Copy Cloner 3 est, comme je l’ai écrit plus haut, un vrai programme de sauvegarde complet.
Ses fonctions sont nombreuses:
- sauvegarde bootable complète (clone) ou partielle d’un disque (choix total de ce qui peut être sauvé dans l’arborescence du disque, avec filtres éditables)
La gestion des filtres. Comme vous voyez, je n’utilise pas la chose, mais elle est là…
- sauvegarde incrémentale (mais très lente, comme nous l’avons vu)
- archivage ou non des fichiers n’étant plus sur la source alors qu’ils sont sur la cible (très important, voir cet article qui montre à quel point un clonage quotidien, s’il est indispensable, peut être destructif dans certains cas
- sauvegarde possible sur un réseau ou un autre Macintosh, via une adresse IP, sans semble-t-il avoir besoin de monter le disque sur le bureau.
Pour ce faire, vous devez installer une authentification sur la source, qui va générer un package à installer sur le Mac cible.
Pour vous dire franchement, je ne suis pas arrivé à cloner sur un autre mac. Peut-être que si j’avais insisté… mais au bout d’une demi-heure, juste pour le test, j’ai décrété que j’en avais marre. Désolé.
- compression des fichiers envoyés sur un réseau
- possibilité de sauvegarder sur une image disque qui pourra être réutilisée pour un déploiement généralisé de système, image qui pourra grandir (de type “sparse” plus la sauvegarde deviendra conséquente)
- et bien entendu possibilité la programmation des sauvegardes à heure régulière.
SuperDuper quant à lui nous apporte:
- la sauvegarde incrémentale, (Smart Backup) mais sans archivage des fichiers supprimés ou modifiés. Bien plus rapide que Carbon Copy Cloner 3, même lorsqu’on ne demande pas à ce dernier d’archiver.
SuperDuper en plein Smart Update. Même l’état de Spotlight est préservé. Interface très claire. Quand une section est terminée avec succès, elle passe en vert. Tiens d’ailleurs, je viens de faire un Smart Update là, pour le test, et…
... 17 minutes pour mettre à jour le disque. Ce n’est pas beau ça?
- la sauvegarde possible sur un disque réseau monté (typiquement un iDisk)
- la création d’une image disque également de type “sparse” (donc qui peut “grandir” ou être modifiée en cas de Smart Update), utilisable pour déployer un master
- la gestion de différents scripts pour différentes sauvegardes
- la programmation du déclenchement automatique d’une sauvegarde, avec diverses possibilités lorsque cette dernière est terminée (éteindre la machine, la mettre en veille et j’en passe)
- une fonction SandBox, que je n’ai pas testée, mais qui, selon l’éditeur, permet de travailler sur une copie de votre machine en y copiant le dossier système et certains éléments des dossiers utilisateur.
Sur le clone obtenu, appelé “Bac à sable”, vous allez pouvoir essayer par exemple la dernière version du système, et, si vous voyez un problème, revenir sans problème à l’état précédent puisque, par définition, vous faites vos essais sur un clone simplifié. Une fois satisfait, vous installerez le logiciel sur votre disque principal qui jusque-là n’a pas été touché.
Avec ce système, on joue donc sur un clone (assez vite refait au besoin), on n’utilise pas le clone pour si jamais, comme le veut l’usage habituel.
Bon, personnellement, moi, je n’ai pas le temps. Je préfère installer, ça passe ou ça casse; au besoin, je reviens au clone, toujours très récent. Au pire même, je mets vite mon clone à jour avant d’installer la nouveauté.
Enfin… c’est ce que je dis là, en réalité… j’installe sans trop réfléchir.
Lequel utiliser alors?
Je pense que vous l’aviez compris, les deux programmes sont tout à fait complémentaires.
D’abord, les deux font des backups bootables hyper propres, qui fonctionnent à chaque coup lorsqu’on essaie de démarrer sur la cible.
Pourtant, si vous êtes pressés, je vous propose d’utiliser les deux:
Vous faites votre premier backup avec CarbonCopy Cloner, si possible en démarrant d’un disque neutre (la cible et la source ne sont pas les volumes de démarrage), afin de faire un Block-level clone (voir plus haut). Cela dit, même si vous faites un File-Level Clone, Carbon Copy Cloner est nettement plus rapide.
Vous faites ensuite les sauvegardes incrémentales à l’aide de SuperDuper, bien plus véloce dans ce cas.
Ce qui est génial, c’est que l’utilisation des deux programmes conjointement est tout à fait possible. Je le sais, je le pratique depuis deux semaines.
Cela dit, Carbon Copy Cloner est de toute manière un outil à avoir sous la main, pour ses possibilités d’archivage, pour ses possibilités de créer des images disques qui permettent la restauration à l’aide d’Utilitaire de disque, et j’en passe.
SuperDuper m’est indispensable au travail, lorsque je veux vite en début de matinée faire une petite sauvegarde de mon disque, puis repartir ensuite. En une demi-heure, tout est réglé, c’est très pratique. Au besoin, je peux aussi l’utiliser pour déployer un master.
Je précise qu’en écrivant ce test, je me suis rendu compte de la puissance de ce logiciel que je n’utilisais que comme cloneur. Dommage qu’il ne gère pas les archives. Ce n’est pas l’explication de l’éditeur (il faut travailler sur plusieurs copies, dont certaines ont une rotation d’un mois) qui me fera changer d’avis: la sauvegarde avec historique est un plus certain.
Je la pratique avec Backup, sur mon iDisk, démarche dont je vous avais parlé ici il y a peu, et dont je suis toujours enchanté!
Les deux logiciels vous expliquent (en anglais malheureusement, mais ça reste très simple) ce que vous vous apprêtez à faire de manière très claire, ce qui est appréciable.
Info de SuperDuper
Info de Carbon Copy Cloner
Les deux également vous permettent de créer des tâches ou des scripts que vous pourrez rappeler d’un clic de souris
J’ajoute, pour terminer, que je ne remercierai jamais assez les programmeurs qui travaillent sur ce genre d’utilitaires, tellement importants pour notre tranquillité.
Les prix
SuperDuper coûte 29 $. Une version gratuite est disponible au téléchargement, mais elle ne gère pas les Smart Update, qui justement rendent le produit tellement intéressant.
Carbon Copy Cloner 3 est gratuit, mais un don (10 $ par défaut) est bienvenu.
Et hop, j’ajoute le geste à la parole, il n’y a pas de raison…
En conclusion
Je le répète, encore et toujours, comment vous sauvegardez, ce que vous sauvegardez, tout ça m’importe peu, pour autant que… vous sauvegardiez.
Remarquez que même si vous ne sauvegardez pas, je ne vais pas faire une crise, mais alors, il ne faudra pas pleurer ensuite…
















