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Jeudi 4 octobre 2007
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Ami photographe, prends ton pied!

À l’heure où tout appareil compact n’ayant pas de stabilisateur d’image est vu comme un “nanard”, où même les reflex disposent, soit d’un dispositif interne de stabilisation (Olympus, Pentax/Samsung, Sony), soit de stabilisateurs intégrés aux optiques (Canon, Nikon), je vais, au risque de passer pour un conservateur indécrottable, vous entretenir d’un dispositif de stabilisation d’image entièrement mécanique, compatible avec tous les appareils sortis depuis plus de 100 ans:

Le trépied.

Pourquoi prendre son pied?

D’abord, c’est lourd et encombrant, et puis je ne sucre pas encore les fraises, et puis mon SuperZoomDeLaMortKiTue, il a un stabilisateur d’image intégré de quatrième génération, c’est dire si je n’en ai pas besoin!

  • En premier lieu, un pied permet d’éviter le flou de bougé, une règle non absolue et absolument pas scientifique (mais plutôt empirique et qui “marche” bien) dit:

    Il faut que le chiffre de la vitesse d’obturation de l’appareil soit supérieur à la longueur de focale de l’objectif pour avoir une photo nette à main levée (en format 24×36).

    Un exemple: avec un 300 mm, la vitesse d’obturation doit être au moins au 1/500e de seconde pour être sûr d’avoir une image nette. Un autre exemple: avec un 28 mm, la vitesse d’obturation doit être au moins au 1/30e de seconde pour être sûr d’avoir une image nette. Il va sans dire que cette règle ne s’applique que pour le risque de flou de bougé du photographe, si vous obturez, avec un 28 mm, au 1/30e de seconde pour un sujet en mouvement (enfant, téléspectateur, cheval au galop, formule 1, cycliste un intrus se cache dans cette liste, saurez–vous le débusquer?;o), même si l’arrière-plan est bien net, le sujet, lui, risque d’être bien flou…

    Pour le flou de bougé, un stabilisateur d’image peut être utile, puisqu’il permet de “gagner” entre deux et trois vitesses (en fonction du degré de tremblote du photographe, de la vitesse du vent et de l’âge du capitaine). Par exemple: avec un 300 mm, la vitesse d’obturation qui devrait être au moins au 1/500e de seconde pour être sûr d’avoir une image nette peut descendre au 1/125e, voire au 1/60e de seconde, c’est quand même super! Mais évidemment, ça n’empêchera pas le sujet, s’il est en mouvement, d’être complètement flou…

    Évidemment, je ne parle pas ici aux surhommes; j’en connais un qui va dire: “Moi, avec mon Minox, je peux faire des photos nettes au quart de seconde!” Un autre :”avec le Leica, pas de soubresaut du miroir, je descends sans problème au 1/8e de seconde!”. Primo, les “gens normaux” ne peuvent pas réaliser de telles prouesses, et deusio, je demande quand même à voir la netteté des photos agrandies en 30×45…

  • Le trépied permet des pauses vraiment longues: en dessous du 1/8e de seconde, le stabilisateur n’est plus efficace, et pour les poses de plusieurs secondes, voire de plusieurs minutes, il faut vraiment que l’appareil soit bien calé.

    Attention! Si votre optique est équipée d’un stabilisateur, pensez bien à le couper avant une pause longue sur trépied, j’en ai fait l’expérience sur une pause de 30 secondes: les images avec stabilisateur étaient complètement floues!

  • Le trépied permet de se reposer les bras! Bin oui, quand on n’utilise pas loin de 3 kg de matos (par exemple: un 5D avec son grip et un 2,8/70-200), si c’est un trépied ou un monopode qui se charge de porter, c’est quand même moins fatigant, à la longue…
  • Dans le cas d’un portrait posé, le trépied permet d’établir une meilleure relation avec son modèle: plus de choses peuvent passer par le regard. Et, si on “fabrique” son éclairage, on peut changer un réflecteur de place sans perdre son cadrage.
  • Et surtout, le trépied permet de bien cadrer: rien que le fait de devoir le poser, choisir sa hauteur, fixer l’appareil, régler la rotule demande une concentration plus importante que quand on porte simplement l’appareil à son œil. En plus, comme le cadre ne bouge pas, on peut prendre le temps de bien faire le tour du viseur, de contrôler sans regarder dans l’appareil qu’on n’a rien oublié, voire de se déplacer de quelques pas, soit pour voir si ça ne serait pas mieux ailleurs, soit pour enlever une canette et un papier gras qui traînent en bas à droite, soit pour changer la position de la main de son modèle… Parfois, même, ça permet de ne pas déclencher, parce que tout compte fait, bin la photo n’avait aucun intérêt!

Quelques exemples de trépieds (et d’autres dispositifs de stabilisation).

  • Un gros pépère, le pied “salon” :

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Désolé si c’est un peu lourd à charger, mais je les trouvais vraiment trop choux.

Évidemment, il faut quand même un grand “salon” pour loger un pareil engin, mais à l’usage, c’est vraiment formidable: avancer et reculer d’un tour de manivelle, monter de 40cm à 2,50m d’une pichenette, quand on y a goûté, c’est difficile de s’en passer. Certains modèles sont même équipés d’un plateau porte accessoires: le grand confort!

Il supporte ici sans broncher une Toyo 20×25 (cm!) d’un peu moins de 10 Kg sans l’optique!

Avantages: très simple à manoeuvrer, il est équipé de roulettes qui permettent de le déplacer sans effort. La colonne permet des prises de vues de 40 cm à 2,75m en toute sécurité et en conservant la stabilité. La potence peut tourner sur 360° et se déplacer latéralement de près d’un mètre (très pratique pour les repros).

Inconvénients: un peu lourd (80kg, pas idéal pour un trecking;–), très coûteux (2000€), encombrant…

  • Un autre beau bébé, le trépied de studio (Manfrotto 028):

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Un trépied de studio en extérieur, supportant un joli “Blad”.

Idéal pour la prise de vues en studio (comme son nom l’indique), mais il peut s’avérer nécessaire de l’emmener pour des prises de vues en extérieur quand on utilise du matériel lourd (chambre, gros moyen–format, super–téléobjectif…). La première section, avec un double jambage et l’entretoise garantissent une stabilité optimale. La colone centrale, sur crémaillère est utilisable sans états d’âme, car d’une section importante.

Avantages: solide et stable, monte haut (2,27m), pas (trop) cher (275€).
Inconvénients: lourd à trimballer en extérieur (plus de 4 kg, sans rotule), ne descends pas plus bas que 77cm, réglage de hauteur un peu long.

  • Indispensable avec un téléobjectif, le monopode:

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Manfrotto 681B et 234 (on voit bien l’idée: il s’agit de faire un trépied avec ses deux jambes et le monopode).

Léger et peu encombrant, c’est l’accessoire indispensable pour les longues focales (plus de 200 mm). Déjà, à l’instar du stabilisateur, il permet de “gagner” 2 à 3 vitesses d’obturation, mais surtout, c’est lui qui porte! Et comme un téléobjectif, non content d’être très onéreux, c’est aussi très lourd…

Un téléobjectif est normalement toujours équipé d’un collier de pied, c’est sur lui que l’on va fixer le monopode, de manière à être au centre d’équilibre de l’ensemble, en plus, c’est très pratique pour passer en cadrage vertical.

Très important: la rotule. Un monopode doit absolument en être équipé, l’idéale étant la Manfrotto 034, qui ne propose qu’un seul mouvement, mais, ça tombe bien, c’est celui dont on a besoin. En effet, le monopode ne s’utilise pas “planté” verticalement, mais légèrement incliné vers soi, de manière à former un “trépied” avec vos deux jambes, c’est là que la rotule est pratique, puisqu’elle permet de récupérer l’horizon…

Avantages: Très léger et peu encombrant, permet de “gagner” 2 à 3 vitesses, pas trop cher (moins de 100€ avec la rotule).
Inconvénients: ne tient pas debout tout seul!

  • Idéal en déplacement, le trépied carbone:

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Le Velbon Sherpa Pro CF–640 (je sais, un Leica sur un trépied, ça peut paraitre inapproprié, mais en paysage, je l’utilise beaucoup, pour fignoler le cadrage)

Là, certains vont penser que c’est un luxe inutile, mais je peux vous garantir que c’est un investissement dont je suis vraiment ravi. Avec moins de 2 kg équipé de sa rotule magnésium, je n’hésite plus à prendre mon pied, comme c’était le cas avant. Et quand je le prends, je souffre beaucoup moins à la fin de la journée (je suis cycliste/piéton, sans sherpa). De plus, les finitions sont vraiment superbes, et les serrages sont très efficaces. Le système de verrouillage des jambes est assez génial: d’un seul mouvement, on peut libérer toutes les sections, et ensuite, une petite gorge à l’intérieur des tubes empêche la rotation pour faciliter le serrage, et c’est pareil pour le rangement: on désserre toutes les bagues, on rentre les sections et on peut resserrer toutes les bagues d’un coup (ceux qui ont peiné, trépigné et insulté leur Gitzo me comprendront, d’ailleurs, Gitzo vient de reprendre l’idée;^).

Je trouve que Velbon, sur cette gamme de produits, est d’un exellent rapport qualité/prix: les finitions sont remarquable (bien mieux que du Manfrotto), et le prix est deux fois plus léger que celui d’un Gitzo.

Par ailleurs, en plus de sa légèreté, le carbone est extrêmement rigide, ça fait donc un trépied plus stable, moins sensible aux vibrations (il y a une “zone de turbulence”, en gros entre 1/15e et 1/2 de pose où les vibrations de l’appareil –relevage du miroir et remontée de l’obturateur– peuvent générer un léger flou de bougé). Ce qui est très agréable sur ce trépied, c’est le gainage néoprène des trois tubes externes: ça amorti les chocs (le carbone, bien qu’ayant une exeptionelle résistance à la torsion, est malheureusement assez “cassable”), et la prise en main est très bonne, d’ailleurs, quand je suis en ballade photographique, je marche avec le trépied déplié, l’appareil fixé dessus, et hop, sur l’épaule: là le gainage néoprène est un plus appréciable. Ce que j’apprécie aussi, dans ce modèle, c’est sa très petite taille replié (48 cm), je peux facilement le ranger dans un sac à dos (c’est plus discret…).

Avantages: poids plume, très stable, compact, le prix (pour un carbone), la qualité de fabrication.
Inconvénients: trop léger (s’il y a du vent, un crochet à fixer sur la colonne pour lester, ou un sac porte cailloux sont d’ailleurs fournis;o), ne monte pas très haut, fragile, le prix (450€ avec la rotule magnésium, quand même).

  • Pratique et peu encombrant, le Super Clamp:

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Le Super Clamp Manfrotto 035 avec une rotule Tilt Top 155 munie de sa barrette (surmonté d’un vieux F2 avec son 2,8/20).

Petit accessoire de studio, ni trop lourd (410 gr), ni trop encombrant, il est très pratique pour se fixer sur une rampe, une porte, une rambarde, un bord de table, un guidon de vélo ou tout autre support d’un diamètre inférieur à 55 mm. La rotule permet une inclinaison dans toutes les directions et a une très bonne capacité de charge ( le Super Clamp quand à lui peut supporter 15 kg). À avoir dans tous les fourre-tout!

Avantages: léger, compact, bon marché, c’est vraiment un accessoire indispensable (d’autant plus qu’on peut l’utiliser aussi pour porter un flash, un réflecteur ou n’importe quoi)
Inconvénients: (bon s’il faut vraiment trouver quelque chose qui ne va pas) une livre de plus dans le fourre–tout.

  • Un petit nouveau, assez génial, le GorillaPod:

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Un GorillaPod SLR-ZOOM en action à l’aube, il supporte sans broncher les presque 2 kg d’un Nikon F4s avec un 105 macro (ne hurlez pas à la vue de mon F4 Gordini, les bandes jaunes, sur le boîtier et l’objectif, ça n’est pas que pour faire fuir l’ennemi, c’est aussi très pratique quand je souhaite changer d’objectif dans le noir, à un concert, par exemple…).

Très léger (241 g sans rotule), ce petit accessoire peut supporter jusqu’à 3 kg quand même. On peut l’utiliser pour s’agripper sur un cylindre (genre branche d’arbre, rambarde) ou tout autre support qui conviendra (grilles, poignée d’un Mac Pro), on peut aussi l’utiliser tout bêtement comme un trépied classique, sur une surface plane ou irrégulière. Quand même assez cher en boutique (65 €), surtout comparativement au prix en ligne chez son fabriquant (54.95 $)! D’autant plus qu’il est dépourvu de rotule (pourtant indispensable).

En tout cas, c’est un petit machin que j’ai eu beaucoup de plaisir à adopter, sur lequel j’ai monté une petite rotule Novoflex de très bonne facture. Les jambes sont composées de petites boules entièrement articulées les unes avec les autres et cerclées d’un matériau anti–dérapant. Ça tient assez bien, même avec 3 kg, vraiment sympa!

Avantages: léger, peu encombrant, s’agrippe assez facilement sur tout support.
Inconvénients: pas donné, fourni sans rotule

  • Indispensable, le trépied de table:

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Trépied de table Manfrotto 209 avec rotule 482 (stoïque malgré le poids de cette Speed Graphic)

Poids plume (230 g l’ensemble), il supporte malgré tout 2 kg sans problème! Il ne gêne pas, même dans une poche et peut s’avérer très pratique en balade. Il s’utilise, comme son nom l’indique, sur une table, mais aussi, assez commode, en appui contre un mur. Très utile, l’allonge 259B permet de le faire grandir de 13 à 25 cm, pour un surpoids et un surcoût négligeables.

Avantages: léger, peu encombrant, pas trop cher, increvable.
Inconvénients: pas donné non plus, quand même (75 € le kit avec le pied, la rotule, l’allonge et un sac de transport)

  • Un truc extra: la ficelle stabilisatrice

(Cuk Gadget N°2):

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Moins cher, peux pas faire!

Il suffit de couper un bout de ficelle d’environ 40 cm de plus que votre taille, d’y faire un nœud coulant (me demandez pas quel type de nœud, je ne suis pas marin, du moment que ça tient!) pour pouvoir y passer le pied, et régler la bonne hauteur

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et d’accrocher à l’autre bout une vis au pas de l’appareil

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que l’on vient visser sous son boîtier

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après, il faut que la corde soit bien tendue pour viser et c’est parti, deux à trois vitesses de gagnées! (on me souffle que c’est un grand photographe africain qui a inventé cette technique, savez–vous son nom?)

Avantages: pô cher, super léger et tient dans la poche, parfait pour les lieux où le trépied est interdit (musées, etc..).

Inconvénients: pas très hygiénique, de la remettre dans la poche après un reportage dans une porcherie…

Conseils pour l’achat d’un trépied.

C’est un accessoire qui ne doit pas être acheté au rabais: les modèles “bas de gamme” ont une durée de vie très courte: l’alu est très fin (pied branlant), les systèmes de verrouillage serrent mal (appareil qui pique du nez), tout ce qui peut l’être est en plastique moulé (qui casse net, rien qu’en le regardant), la tête n’est pas amovible (si elle casse, ou si vous perdez seulement la platine rapide, c’est le tout qui part à la benne).

Donc choisissez du bon matériel dès le départ, d’autant plus que c’est un investissement qui peut durer plusieurs dizaines d’années.

  • Il ne doit pas y avoir de jeu, quand le trépied est déployé et que l’on appuie dessus.
  • La tête doit pouvoir se changer pour passer d’une rotule “ball” (maniable mais peu précise) à une tête 3 D (plus longue à mettre en œuvre, pour des cadrages “au cordeau”), d’une tête fluide (pour la vidéo) à une tête panoramique (pour du QTVR, évidemment).
  • Les réglages (serrage de jambes, de la colonne, d’inclinaison ou de rotation sur la tête) doivent tenir fermement sans avoir à serrer comme une mule (je trouve l’usinage Manfrotto “perfectible” sur ce point, alors que Velbon –gamme professionnelle– ou Gitzo sont magnifiques)
  • Pour un trépied “à tout faire”, l’inclinaison, selon au moins 3 angles différents des jambes, indépendamment l’une de l’autre est indispensable:

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Pour s’appuyer sur un parapet …

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...ou descendre le plus bas possible (après avoir enlevé de la longueur de colonne).

  • La taille maximum (sans colonne, en général branlante) doit être confortable, bien que l’on utilise rarement un trépied à hauteur d’œil (pour un portrait en pied, afin de préserver l’horizontalité, l’appareil devra être à environ 90 cm). En paysage, on a parfois besoin de monter assez haut pour supprimer un premier plan gênant.
  • Prévoyez le léger surcoût d’un sac de transport adapté (les systèmes de fixation prévus sur les sacs photos sont assez faibles et prévus de toute évidence pour des trépieds factices en polystyrène, et c’est encombrant: j’ai failli une fois assommer tous les passagers d’un avion, en remontant l’allée avec le trépied accroché sous le sac!;–)

Bon voilà, j’ai à peu près fait le tour, si vous avez d’autres trucs du genre “stabilisateur en chanvre tressé”, merci de nous en faire profiter!

J’espère en tout cas vous avoir convaincus de l’importance de prendre votre pied… ;–)

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