Je suis un gars prévoyant.
Cela fait des années que je sauvegarde mon portable, sur lequel j’ai toute ma vie numérique déposée, à l’aide de deux gros disques durs.
Un à la maison, un autre au travail.
Ainsi, normalement, en cas de cambriolage ou d’incendie, ou toute autre catastrophe, normalement, je suis tranquille (disons tranquille… à ce niveau). d Parce que tant le cambrioleur, que le feu ne choisissent certainement pas de prendre juste votre portable, s’ils voient un disque dur pile à côté de lui.
Oui, sauvegarder est une nécessité, bien sauvegarder, de manière délocalisée, c’est encore mieux.
Je précise que j’ai encore une sauvegarde de mes images, sur un troisième disque dur, qui sont elles-mêmes sur un disque dur externe et pas sur mon portable.
Bref, je fais très attention à mes données.
Et pourtant…
Jusqu’à il y a quelques semaines, je faisais des sauvegardes de type synchronisation de disque, c’est-à-dire que dans cette configuration, les choses se passent ainsi:
- je lance une fois une sauvegarde complète bootable des 120 Go de mon portable à l’aide de SuperDuper sur mon disque fraîchement formaté, ce qui peut prendre allègrement 5 heures
- j’effectue ensuite une sauvegarde quasi quotidienne de mise à jour, qui va
-
- mettre sur le disque externe les nouveaux fichiers sur le portable qui n’étaient pas dans la mise à jour précédente
- écraser des fichiers sur le disque externe, s’ils ont été modifiés dans l’intervalle sur mon portable
- effacer les fichiers sur le disque externe que j’aurais mis à la corbeille sur mon portable, depuis la dernière sauvegarde (en admettant bien sûr que j’aie vidé la cette dernière, sinon je les retrouverais également dans la corbeille de la sauvegarde).
- chaque sauvegarde ne prenant pas plus de vingt minutes, ce qui est tout à fait acceptable, sachant que je peux sans aucun problème continuer à travailler sur ma machine, SuperDuper travaillant en tâche de fond.
Je précise que SuperDuper, dans ce cas, me semble, après bien des déboires avec PersonalBakcup d’Intego, et les essais de plein d’autres produits, la solution la plus sympathique.
J’ajoute que je reste assez favorable au fait que l’on puisse retrouver sur le disque externe les fichiers et les dossiers, comme sur la machine source, sans avoir à passer par un logiciel de sauvegarde qui va retrouver ses fichiers lui-même dans une archive bien opaque, mais…
Je reviens donc à mon “Et pourtant…”
L’autre jour, j’ai travaillé sur un fichier FileMaker (dites, les vieux de Cuk, vous avez remarqué que je ne dis plus de mal de FileMaker depuis des années? Normal, je ne l’utilise plus qu’en version 6, l’État de Vaud n’ayant pas daigné monter plus haut, et je ne vais tout de même pas utiliser ce truc pour mes bases privées, ou bien? Paf, j’ai refait une pique, ça fait un bien, fin de la longue parenthèse!) contenant des données de six ans de commandes de fournitures scolaires.
Des milliers d’articles, des centaines de commandes, tout ça géré de main de maître par mézigue.
Suite à la distribution du matériel, j’ai mis à jour mes commandes, tout s’est très bien déroulé, et puis je suis passé à autre chose.
Et une semaine plus tard, j’ai rouvert FileMaker, relancé la base des commandes et… toutes les fiches étaient repassées en mode “Commander”, ce qui signifie en gros que si je suivais le système, je recommandais tout ce que j’avais déjà livré depuis six ans.
En gros toujours, j’allais recevoir quelques cinquante palettes de matériel, juste de quoi bien ruiner l’enveloppe budgétaire de notre établissement.
Les dates de commandes étaient très étranges, une moitié était à une date de 2001, l’autre de 2004, ce qui excluait totalement un “Remplacer” (pour ceux qui connaissent) malencontreux de ma part.
Je n’y pouvais rien, je vous dis!
“Heu, allons voir notre sauvegarde, mais je la sens mal” me suis-je dit alors.
Pourquoi la sentais-je mal? Parce que si le fichier était fichu sur mon portable… il allait également certainement l’être sur mon disque externe, vu que j’avais fait, le matin, en arrivant, une sauvegarde rapide.
Idem la veille à la maison, sur mon disque externe.
Évidemment, j’avais raison (j’ai toujours raison, sauf lorsque je suis avec Madame), mon fichier FileMaker avait pris un jeton en pleine tronche, et le fichier abîmé l’était sur mes trois supports: disque interne bien sûr, et mes deux sauvegardes.
C’est là que j’ai commencé à réfléchir.
Comment dites-vous?
Oui d’accord, il était temps.
D’abord, je n’ai eu d’autre solution que recommencer à zéro toute ma base de commandes pour mes collègues. Je leur ai envoyé un petit mail leur disant que s’ils avaient des commandes en cours, eh bien il faudrait me renvoyer les articles commandés, histoire que je sache qui avait commandé quoi au moment où j’allais recevoir le matériel.
Ensuite je me suis demandé comment faire pour éviter ce genre de problèmes.
Et c’est là que je me suis souvenu d’un article de Jean-François Vibert, très enthousiaste à propos de Mozy.
Mozy, c’est quoi?
Mozy est une solution de sauvegarde en ligne de vos fichiers.
Un utilitaire est disponible pour Mac, en version beta.
Vous décidez ce que vous voulez sauvegarder, vos documents précieux par exemple, votre thèse en cours de rédaction, vos feuilles Excel, vos déclarations d’impôts ou que sais-je, vous l’indiquez à Mozy, qui normalement est sensé s’occuper de la sauvegarde transparente de tout cela, sans que vous n’ayez rien à faire.
Les données sont totalement cryptées, je crois savoir qu’il n’y a aucun risque pour notre vie privée de se lancer dans une sauvegarde délocalisée.
Au contraire, les données sont disponibles depuis n’importe où, pour autant bien sûr que l’on dispose d’une liaison Internet.
Je dois dire qu’à la lecture de l’article de Jean-François, j’ai effectué un petit essai gratuit pour voir comment la chose se comportait, avec des données de 380 Mb.
C’était tellement lent que j’ai décidé de ne pas aller plus loin.
Au moment où le problème de mes fournitures est arrivé, j’ai regardé dans ma barre de menus cette petite icône que je n’avais jamais pensé de retirer, qui permettait d’afficher la fenêtre Mozy.
Et là, j’ai été totalement étonné puisque j’ai lu dans cette fenêtre que mon dernier backup datait de moins d’une heure, et que je n’avais rien remarqué.
Mieux même, j’avais une quinzaine de jours d’historique de mes backups: ma machine avait sauvegardé mes données sans même que je m’en rende compte, et cela tous les jours.
Avantage de la chose? Je pouvais retrouver un fichier dans l’état dans lequel il se trouvait à n’importe quelle date depuis quinze jours, en admettant que je l’aie modifié entre temps.
Dingue non?
Sauf qu’évidemment, pas de bol, mon fichier FileMaker n’avait pas été placé dans le set de sauvegarde.
J’ai donc ouvert un compte payant (moins de 5$ par mois), heureusement renouvelable de mois en mois, et pas d’année en année, et me suis lancé dans la sauvegarde de mon dossier documents, pesant une quinzaine de Go.
Pour vous dire, j’ai eu besoin d’une semaine pour sauvegarder ce dossier, ce qui finalement n’est pas si énorme que ça, sachant que j’ai laissé mon portable allumé nuit et jour pour que le travail soit le plus rapide possible.
Lorsqu’on ferme le portable en pleine sauvegarde, Mozy stoppe le backup dès qu’on le rouvre, puis le reprend tôt ou tard, quand il en a envie. Moi je préfère dans ce cas forcer à continuer, ce qu’il fait sans problème (mais après un très long calcul), après comparaison entre ce qu’il a sur son serveur et sur sa votre machine.
Finalement, je suis arrivé à mes fins, mais…
Quel n’a pas été mon désappointement sur deux points:
- J’ai toujours pensé que l’upload (le transfert des données vers Mozy) était lent, pour ne pas pénaliser notre bande passante, mais qu’en cas de restauration, le système comprenait qu’il y avait urgence, et nous envoyait les données comme n’importe quel serveur FTP un peu bien fichu, à fond de vos possibilités. Eh bien non! On ne dépasse pas le 100 Kb, quand tout va vraiment très très bien, et l’on verra que c’est plutôt rare.
- Le pire maintenant: un certain nombre de fichiers (pas tous) sont corrompus une fois rapatriés chez vous! La plupart du temps, il s’agit d’une perte du créateur du fichier, un passage dans FileBuddy permet de s’en sortir en le redonnant, mais c’est compliqué, lent, et ne met pas en confiance.
Je précise qu’en cas d’urgence absolue (perte des données générale), vous pouvez demander à Mozy de vous envoyer un DVD (service payant bien sûr) contenant toute votre sauvegarde.
Mais attendez, ce n’est pas fini…
Je dois dire tout de même que les modifications portées à mon dossier Documents se sont sauvegardées convenablement (en admettant que certains fichiers soient pourris…), ce qui est assez agréable.
J’ai voulu rajouter un dossier de 2 petits Go une semaine après la première sauvegarde.
Eh bien tenez-vous bien, en une semaine, je ne suis pas arrivé au bout de mes peines!
Mozy s’est mis à transférer à moins de 1Kb, déconnectait depuis n’importe quelle localisation, à devenir fou.
Insupportable, au bout d’un moment…
Je sais que d’autres ont constaté également les mêmes ralentissements que moi.
Tout ça s’est passé entre le 8 et le 16 septembre.
J’ai écrit à Mozy pour leur demander simplement si eux avaient un problème (ce que je crois être le cas puisque, je le répète, certaines connaissances subissaient le même ralentissement) ou si pour eux la situation était à la normale.
J’ai reçu une réponse toute prête envoyée à ceux qui j’imagine avaient le même problème.
Fallait que je regarde mes réglages, que je leur envoie mon fichier log, que c’était ma machine, évidemment, mais aucune critique sur leur bande passante.
J’ai renvoyé un mail indiquant que j’avais déjà précisé que les choses s’étaient relativement bien passées quelques jours avant, que je n’avais rien touché, que ma machine n’était pas en cause.
J’ai répété ma question: oui ou non votre service est-il à la normale.
Nouveau mail me dirigeant vers les FAQ, pas de réponse à ma question.
Je suis passé sur mon compte, l’ai effacé (ce qui supprime la ponction mensuelle je crois, on verra bien), et adieu Berthe, fini le stress de savoir si j’ai avancé dans ma sauvegarde. Faut dire que ça finissait pas m’obséder, tout ça.
Bref, vous l’avez compris, si pour moi, Mozy est une bonne idée, nous sommes très loin d’une réalisation sans faille.
Mon Dieu le temps perdu, quand j’y pense… Et que d’énervements… Même si aux dernières nouvelles, les choses se seraient un peu améliorées niveau vitesse.
Mais titillé par les deux avantages de la méthode
- le fait de disposer d’une sauvegarde délocalisée atteignable de n’importe où
- la mise à disposition d’un historique et de versions différentes d’un même fichier
j’ai décidé de rechercher avec obstination plusieurs solutions.
Sur le net, comme ça, je n’ai rien trouvé, si ce n’est des solutions onéreuses, et pas trop intéressantes pour le Mac.
Et puis je me suis dit que disposant d’un espace disque de 10 Go sur mon compte .Mac, je pourrais peut-être essayer un logiciel gratuit fourni par Apple: Backup.
La solution Backup associée à .Mac tient la route
Backup est, logiciel tout simple, comme Apple sait les faire.
La fenêtre de base
Ça a des avantages, des désavantages aussi, comme toujours avec Cupertino.
Backup a été créé dès le départ pour travailler avec un iDisk (l’espace de stockage de chez Apple), et ne pose donc aucun problème de connexion, d’envoi des mots de passe.
Vous lancez Bakcup, le logiciel s’occupe de tout, une fois que vous avez créé un plan de sauvegarde.
Un plan de sauvegarde est composé
- du nom du plan
- de ce qui doit être sauvegardé (zone source)
- de l’endroit où l’on va sauvegarder (zone cible)
La zone cible peut être un CD, un DVD, un disque externe ou un iDisk.
Backup va créer non pas un miroir directement utilisable de ce que vous avez sauvegardé, mais des segments d’archives. Il peut ainsi découper une sauvegarde trop grande pour un DVD sur plusieurs de ces supports.
J’ai lancé Backup avec un dossier de 2 Gb pour commencer, juste pour voir.
La vitesse d’upload dépend ici de notre bande passante. Je rappelle que l’upload (l’envoi des données) peut être immensément plus lent que le téléchargement.
Le programme prépare un segment, l’envoie sur l’iDisk, puis passe au suivant.
Il n’empêche, au bout de trois heures environ, mes 2 Gb étaient sur mon iDisk, sans le moindre problème.
Mais attention!
Contrairement à Mozy, Backup ne sait pas reprendre un téléchargement interrompu, c’est son plus grand défaut.
Lorsque vous lancez le backup initial, prévoyez le temps nécessaire sans avoir besoin d’arrêter votre Mac (surtout si c’est un portable que vous devez prendre avec vous).
Si vous interrompez la connexion, Backup remprendra tout à zéro sa dernière action.
Ainsi, j’ai pensé sauvegarder tout mon dossier Documents (environ 15 Gb).
Du coup, j’ai commandé une extension de mon iDisk pour aller jusqu’à 30 Go (j’en parle plus bas)
Génial! on était en plein week-end du Jeûne fédéral, j’avais tout mon temps.
Arrivé presqu’au bout de la sauvegarde, après un peu plus de 24 h, la connexion a eu un hoquet (au fait, c’était bien la preuve que le problème des déconnexions incessantes avec Mozy ne provenaient pas de chez moi, puisque le système avait tenu 24 heures sans problème jusque là).
Tout était à recommencer.
J’ai cherché d’autres manières de faire. Car il est clair qu’en 24 heures, il peut s’en passer des choses sur votre connexion!
J’ai donc, et ça m’a rendu bien service, ausculté le contenu de ce fameux dossier Documents, ce qui m’a permis de revoir un peu toutes ces longues années de ma vie, via des souvenirs que je ne savais même plus être sur ma machine.
J’ai créé un plan avec certaines données, environ 3 Gb, un autre avec les données importantes de mon dossier “Bibliothèques”.
J’ai lancé la sauvegarde qui n’a posé strictement aucun problème.
Le lendemain, j’ai ajouté au plan de base un certain nombre de données que j’avais oubliées, et, s’il le faut, j’en rajouterai encore au fil des prochains jours.
Depuis, Backup met à jour mes données quotidiennement, et même, parfois, je le force à le faire, juste pour avoir un historique à un moment précis de la journée de mon dossier Documents.
Je précise que la mise à jour incrémentale est vraiment très rapide.
Et si le déclenchement d’un plan de sauvegarde se fait alors que mon portable est éteint, Backup le relancera une fois que la machine sera disponible.
Je trouve ça tout simplement parfait, même si Backup voit ici son deuxième défaut: impossible de dire au logiciel qu’au bout d’un mois, il faut supprimer les fichiers qui ont été renouvelés dans l’intervalle.
Beaucoup de logiciels laissent le choix du nombre de jours de l’historique, pas Backup.
Tôt ou tard, il faudra tout reprendre à zéro, ce qui est tout de même un peu dommage non?
Cela dit, avec mes 30 Gb d’espace disque, sachant que Backup compresse les données avant de les envoyer (on gagne un tiers de la taille d’origine), j’ai de la marge.
Sachant qu’un backup incrémental ne pèse pratiquement que ce que vous avez changé sur votre disque. S’il s’agit de textes, cela ne représentera pratiquement rien.
L’historique de Backup, un régal
Sauvegarder ses données, c’est très bien, encore faut-il pouvoir les retrouver!
Avec Backup, c’est tout simplement la facilité portée à son maximum.
En effet, vous cliquez sur “Restaurer”, et vous obtenez par exemple ceci:
Il vous suffit de cliquer sur une case à cocher pour retrouver un fichier, dans l’état dans lequel vous l’avez laissé à telle ou telle date.
Attention de ne pas oublier de cliquer sur “Restaurer vers un emplacement différent (voir flèche rouge).
Vous allez ensuite retrouver vos documents bien classés dans une hiérarchie identique à celle dans laquelle il se trouvait au moment de sa sauvegarde.
Le download est moyennement rapide, j’ai par exemple compté environ une minute pour sauvegarder une arborescence de dossiers d’un peu plus de 3 Mb.
Je précise que les fichiers reviennent sur votre disque avec tous leurs attributs, pas comme avec Mozy.
Question de prix
Jusqu’à présent, j’ai toujours pensé que .Mac était bien trop cher. J’en avais un, parce que pour les tests de produits, c’est bien pratique, mais je ne l’utilisais même pas trop.
Et puis en allant voir un peu partout ce que l’on me proposait, pour sauvegarder les données (je ne parle pas d’un compte ftp chez un provider), j’ai constaté que finalement, l’offre Apple n’est pas si onéreuse que ça, depuis la dernière augmentation d’espace alloué au membre.
Certes, .Mac (139 francs suisses pour 10 Go, 99 € en France (purée, c’est bien plus cher!)) est moins abordable que Mozy, mais il en offre tellement plus!
Et je le répète, Backup compresse les données, donc l’espace disque employé est moindre sur .Mac. Je suis persuadé que beaucoup pourraient se contenter d’un espace disque de 10 Go pour sauvegarder leurs données précieuses.
En conclusion
Je suis bien content:
- d’avoir trouvé un moyen de disposer d’une sauvegarde de mes documents où que je me trouve
- d’avoir trouvé une utilité à mon compte .Mac!
Cela dit, j’insiste sur un point: il s’agit ici de sauvegarde en ligne. Vous n’allez pas chercher à faire un clone de votre disque, mais juste choisir (et ce n’est pas rien) ce qui vaut la peine d’être sauvegardé sur votre disque.
À ce propos, pensez à aller dans Application Support dans votre dossier Bibliothèques (celui de votre maison), un certain nombre de données très chaudes y sont stockées (voir cet article qui vous en dira peut-être bien plus).
Allez, faites comme vous voulez! Sauvegardez en ligne, sur des disques, sur des clés, sur des CD, mais sauvegardez, on ne le répétera jamais assez.
Et pourtant… vous le faites vous?
Regardez-moi dans les yeux quand vous me parlez!
Ah, et si vous avez d’autres solutions à proposer à nos gentils lecteurs, vous êtes bien évidemment tous bienvenus en commentaires, qu’on se le dise.





