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Google, grèves & gavage à gogo

Pour un homme de gauche, avoir un ami de droite devrait être obligatoire.

Que l’on comprenne bien qu’il ne s’agit ni d’avoir tous ses amis à droite, ni de copiner avec la droite politique. Si certains individus s’auto-déclarant de gauche feignent de se découvrir aujourd’hui des attirances pour le programme de droite d’un président de droite qui se targue d’ouverture politique quand il gouverne seul et à son gré au mépris même de ses partisans politiques, ils ne font, de fait, que révéler à ceux qui l’ignoraient encore qu’ils étaient de droite avant même de se mettre au service de la droite. Pas une once d’amitié dans la démarche du traître agité par la seule ampleur incontrôlable de l’ambition de son ego.

Aucune mésalliance, aucun copinage, aucune trahison dans une amitié entre un gauchiste et un droitier. L’amitié prémunit de toute dérive. Il est inconcevable de demander à un ami de jeter sa défroque aux orties, de retourner sa veste, de virer sa cuti. Un ami de droite, on l’apprécie aussi parce qu’il est, justement, de droite.

Outre donc l’amitié, qui est toujours bonne à prendre (et à donner), que l’on partage lorsqu’un accord humain complexe fait d’affinités et de différences, de connivences et de contradictions vient au jour entre une autre personne et vous-même, le contraste fort d’une opposition sur la vision du monde et des hommes renforce bigrement l’intérêt d’une relation aux antipodes de la banalité.

Mon ami de droite, unique specimen dans mes relations, me permet ainsi de disposer (comme lui d’ailleurs avec moi) d’un « sparing partner » de qualité en même temps que d’un observatoire vivant de la pensée de droite d’aujourd’hui chez le petit bourgeois de base. Au bout du compte, il m’arrive aussi de rêver à parfaire son éducation politique, ce qui n’est pas gagné tant il est de droite comme je suis de gauche.

Champions du monde !
Hier soir, nous discutions des projets sarkozistes concernant le droit de grève auquel notre jeune président veut s’attaquer dans le but de le réduire, faute de pouvoir le détruire, lorsque mon ami de droite lâche imprudemment que les Français sont les champions mondiaux de la grève et qu’il est temps qu’un homme à poigne les raisonne. L’homme providentiel des gens de droite (et plus…)

Champions du monde de la grève, les Français, c’est presque banal de le dire. On le ressasse dans presque tous les journaux, on le serine sur toutes les radios, on l’assène sur toutes les télés. Après tout le mal qu’ils se donnent, si tu penses le contraire, tu es bon à enfermer, comme toute personne qui nie l’évidence des propos de ces gens qui témoignent de leur souffrance d’otage des grévistes. Allons donc voir sur Acrimed comment ces reportages sur les grèves dans les transports sont construits . L’abus de la grève est comme inscrit dans les gènes du Français, gratuitement contestataire, puisqu’on vous le dit.
Nourri aux deux Figaro et fidèle lecteur de Ouest-France – référence de la pensée raisonnable du juste milieu qui voudrait tant ne pas paraître de droite – il allait de soi qu’il était convaincu de longue date par l’antienne savamment et infatigablement rabâchée par les médias sur ces fainéants de Français qui, confondant grèves et congés payés, mettent les valeureuses entreprises françaises (auxquelles ils doivent tout) à terre, quand ils ne prennent pas en otage la population tout entière. On imagine, en effet, que si le Français moyen est champion du monde de la grève, la France, à ce rythme et sous l’administration d’un tel régime doit être au moins exangue et prête à rendre l’âme.

Pourtant, je répondis à mon ami que la France est très loin d’être championne du monde en matière de grèves, que sur ce sujet on bourre le mou aux gens pour leur faire accepter l’inacceptable, et que je lui en apporterai le lendemain la preuve par les chiffres. Son regard goguenard fut plus déterminant que mon souhait de le ramener à la réalité des faits. Je me promettais donc de trouver de quoi le convaincre.

Si tu y mets du tien, Google est ton ami
La Toile est bien la plus grande banque de données qu’il était possible de rêver et Google est bien un des outils les plus efficaces pour y trouver ce que l’on cherche mais les informations pertinentes sont souvent masquées par des informations fausses, d’origine autant involontaire et candide que tendancieuse et partisane.

À la requête très banale et non ciblée « grèves en Europe », Google affiche un peu plus de deux millions de réponses en un dixième de seconde. Ça décoiffe !

La première réponse, sensément la plus pertinente, me renvoie en introduction : « La France qui compte le moins de salariés syndiqués est aussi le pays d’Europe qui présente le plus grand nombre de jours de grève par an. Les chiffres d’une exception française. (Janvier 2005) » sans citation de source et avant d’afficher un tableau, pour 1995 et 2001 des 10 pays qui font le plus grève au premier rang desquels se trouve la France et dont la source serait l’institut public de statistique de l’Union Européenne : Eurostat.
Bigre ! Même s’il est vrai que 1995 avait fait descendre les Français dans la rue avec la contre-réforme Juppé contre la Sécurité sociale et que des chiffres sur deux années isolées (intention manifeste) n’ont aucune pertinence pour démontrer la constance d’un « vice » contrairement à une série, il va falloir que je trouve des biscuits pour convaincre mon sceptique.

La deuxième réponse, normalement toujours très pertinente, ouvre sur l’analyse d’un certain Da Silva qui affirme : « Le paradoxe français ou l’exception française : le moins de syndicaliste, le plus de grèves. » Tiens ! Ça me rappelle quelque chose. Plus bas, le même tableau toujours sourcé Eurostat.

Pour la troisième réponse Google est à côté du sujet qui m’intéresse puisqu’il traite de grève en Espagne. Ma requête était trop floue et l’interprétation qu’en fait Google est cohérente.

La quatrième réponse me renvoie aux références à deux publications en anglais. Passons.

La cinquième réponse affiche une pitoyable histoire anti-belge et anti-suisse-allemande avant de proposer, dans le même encadré : « La France qui compte le moins de salariés syndiqués est aussi le pays d’Europe qui à le plus grand nombre de jours de grève par an » et d’afficher le même tableau amélioré qui pondère le nombre de jours de grève en introduisant la variable population.

C’est tout de même la troisième fois que je lis à peu près la même phrase qui dégage de forts relents de pensée unique néolibérale. Une officine libérale lâche son attaque idéologique sur un site reconnu par les siens – sorte de supérette fournissant un prêt-à-penser libéral – et cette communication idéologique est reprise telle quelle par un tas de gens qui la reproduisent pour des tas de raisons, généralement orientées.

Eureka !
Ce que je cherchais et que j’aurais obtenu dès la première réponse de Google si j’avais saisi la requête « nombre grèves en europe », je l’ai trouvé sur le site d’Acrimed.

Les journalistes d’Acrimed et particulièrement Ian Eschstruth se sont demandé s’il n’y avait pas quelque chose d’un peu étrange à voir asséner avec opiniâtreté dans les medias dominants des « vérités » qui ont pour constante de ne jamais être sérieusement sourcées et pour message de ne porter que la reprise des efforts soutenus des lobbies néolibéraux français et bruxellois (notamment au niveau de la Commission ultra-libérale de Barroso) contre les acquis sociaux vomis par les cercles libéraux.

Effectuons avec Acrimed un petit tour d’horizon sur la propagation de la pensée unique néolibérale à travers ses filières habituelles de propagande.
Des « Mots croisés » de France 2 où l’on apprend qu’il est impossible de réformer la France à Eric Le Boucher (un libéral acharné) du journal Le Monde qui affirme dans un papier intitulé « Retraites : le goût français pour l’affrontement » que les Français préfèrent « la révolution aux réformes, la guerre sociale aux compromis » et au Figaro qui allègue sous la plume d’un Stéphane Mandraud renseigné comme un pro que le « droit de paralyser » le pays est une « tradition nationale », journaliste éthique lui-même soutenu par la très libérale Christine Ockrent qui prétend dans son ouvrage « Les grands patrons » (elle est bien placée pour le savoir, non ?) que notre « culture du conflit » est une « forme d’infirmité que ne partagent pas nos voisins européens » elle-même suivie par Denis Jeambar, ex de L’Express , un pro dont les fiches sont à jour, selon qui « nul autre pays occidental ne se comporte ainsi », tout un aréopage de pontes des medias affirment que nous sommes, nous les Français modestement de la base, des citoyens irresponsables et destructeurs. La parole de ces archanges modernes est aussitôt gravée dans le marbre de l’évidence, celle qui ne se discute surtout pas tant elle est capable de s’imposer à l’esprit dès son énonciation, celle qui reçoit son brevet de sainteté la mettant à l’abri de toute malveillante hérésie de ces impies anti-libéraux qui ne respectent rien. Le sacré, c’est le sacré, non mais !

Impossible de soupçonner le gratin des pros reconnus des medias de pratiquer le mensonge, n’est-ce pas ? Rien a voir avec un journalisme de connivence. D’ailleurs, quel serait leur intérêt de mentir à leur auditoire ou leur lectorat ? La théorie du complot sortirait vite de son fourreau si l’on se permettait une telle attaque sacrilège.

Contentons-nous donc prudemment de consulter l’état des travaux des chercheurs en la matière. Ils sont 7, de nationalités différentes, qui ont travaillé sur des périodes distinctes avec des méthodes personnelles, menant chacun une étude originale. Ce serait bien le diable si nous ne parvenions pas, sur leurs travaux, à fonder une opinion solide.

Champions ? En dessous de la moyenne !
Quand des journalistes travaillent, il leur faut de la matière. En l’occurrence, ceux d’Acrimed se sont appuyés sur les résultats de travaux réalisés par des chercheurs en sciences sociales qui se sont intéressés au sujet de la grève en Europe. Il s’agit de sept études qui couvrent une très large période puisqu’elle s’étend sur plus d’un siècle, de 1900 à nos jours. Dans chacun des cas traités, l’indicateur utilisé est le nombre de journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés.
Si la France est bien le pays où règne la grève, nous allons le savoir avant longtemps.

• La première étude, effectuée en 1998, porte sur 6 pays européens entre 1900 et 1970.

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Nombre de journées individuelles non travaillées pour 1000 salariés (1900-1970)

On voit que si le Royaume-Uni se détache entre 1910 et 1930 et l’Italie de 1920 à 1970, la France occupe pour sa part une position tout à fait moyenne, à l’image de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Cela apparaît clairement si l’on classe les pays par conflictualité décroissante sur la période concernée.

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Classement des 6 pays (1900-1970)

La France est donc très sage pendant les 70 premières années du siècle. Il y avait sans doute de meilleures raisons pour les Italiens et les Britanniques de faire grève pendant cette longue période.

• La deuxième étude, réalisée en 1982, concerne 18 pays industrialisés pour la période de 22 années entre 1955 et 1977. Son intérêt est d’intégrer les USA et le Canada, pays qui n’ont pas la réputation de pratiquer la grève autant que la France rebelle.

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18 pays par conflictualité décroissante – 1955-1977

Les réputations sont souvent usurpées et nous le constatons ici puisque le Canada et les USA, entre 1955 et 1977, sont les deuxième et troisième pays les plus conflictuels derrière une Italie qui reste en tête des pays revendicateurs.
La France, quant à elle, est encore bien au-dessous de la moyenne (151 pour 229). Étonnant, pour un pays « historiquement conflictuel ».

• La troisième étude, réalisée en 1995, porte sur la période de 18 années entre 1970 et 1988 pour 18 pays.

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18 pays par conflictualité décroissante – 1970-1988

Décidément, la France, sur les 18 années étudiées est encore classée dans les pays les moins conflictuels. 7,6 fois moins conflictuelle que l’Italie, 3,2 fois moins que le Royaume-Uni et 1,6 fois moins que les USA.
On notera l’introduction dans l’étude, de deux pays : l’Espagne débarrassée de son caudillo Franco et la Grèce, libérée de ses colonels fascistes (tous hommes providentiels).

• La quatrième étude, effectuée en 1997, porte sur la période de 23 ans de 1970 à 1993.

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18 pays par conflictualité décroissante – 1970-1993

L’auteur de l’étude affine sa recherche en créant un « indice général de conflictualité » faisant évoluer ses indicateurs par la combinaison du « taux de grévistes », du « taux de journées perdues », de la « mobilisation des grévistes » et de la « détermination des grévistes ».

Quelle que soit la formule employée par les chercheurs, la France reste désespérément un pays peu conflictuel, ici largement en-dessous de la moyenne.

• La cinquième étude, effectuée sur 15 pays en 1995, touche une période de 9 ans entre 1984 et 1993

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15 pays par conflictualité décroissante – 1984-1993

Acrimed a dû effectuer un redressement statistique pour prendre en compte les grèves du secteur public qui n’avaient pas été intégrées par l’étude.
En dépit de ce redressement, la France reste incroyablement loin des conflits comparativement à la plupart des pays auxquels on la compare. Même les pays scandinaves sont plus conflictuels qu’elle.

• Le dernier graphique résulte de la compilation de deux études réalisées en 2003 et 2005 pour 25 pays sur la période de 7 ans entre 1998 et 2004. Sa particularité est d’intégrer des pays d’Europe de l’Est, pays à très faible conflictualité.
Si, par l’introduction de ces pays, la France remonte dans le classement on notera que la conflictualité tant décriée par les « experts » des médias reste encore une fois en-dessous de la conflictualité moyenne.

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25 pays par conflictualité décroissante – 1998-2004

Alors, puisque la conflictualité française est toujours inférieure à la moyenne sur la période allant de 1900 à 2004, comment le personnel politique français, des journalistes aux politiques en passant par les politologues les plus médiatisés, peut-il continuer d’affirmer l’exact contraire ? Et surtout, pourquoi ?

« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »

Gavage à gogo
Si on assiste dans le monde occidental (particulièrement anglo-saxon) au développement, justifié ou pas, de campagnes contre le gavage des oies, personne ne semble s’émouvoir du gavage intensif des citoyens français – le maïs laissant place ici aux informations les plus mensongères – par les medias dominants et tout ce que le microcosme libéral compte de personnel politique.

Ceux qui favorisent la diffusion d’affirmations mensongères sont connus. Comme la carte de la sécheresse se superpose exactement à celle de la culture du maïs, les sources de la désinformation recoupent précisément les sources de propagande qui ont sévi (en pure perte) sur le Traité constitutionnel européen lors du référendum. On ne peut que remarquer comme ces mystifications font le jeu d’un président dont le projet est de casser le droit du travail en commençant par imposer des limitations au droit de grève. Comme on détricote un chandail, il suffit de tirer sur le fil, le reste vient tout seul. Sachant que l’usage de la grève en France est très raisonnable, on voit à quel point la contre-réforme de Sarkozy défie toute raison, ne répondant qu’à une pulsion idéologique.

Voilà comment, par une propagande efficace qui ne rencontre aucune opposition sérieuse, les mensonges les plus énormes de la fabrique de l’opinion finissent par être intégrés aux cervelles les plus rétives comme vérités établies, au nom du principe cynique, hier chiraquien aujourd’hui sarkozyste mais toujours libéral, selon lequel « plus c’est gros et plus ça passe ».

Puisque l’on ne peut supprimer la démocratie, on la contourne en manipulant.

Il me reste à faire lire ce texte à mon ami de droite et à étudier ses réactions avant de connaître les-vôtres.

____

Cette contribution est largement inspirée d’un article de Ian Eschstruth, pour Acrimed auquel elle a emprunté aussi les graphiques indispensables à sa démonstration. Qu’ils soient ici remerciés pour ces emprunts.
J’espère que des lecteurs de cuk.ch jusqu’ici réticents ou seulement un peu flemmards, n’hésiteront plus désormais à prendre leurs habitudes sur le site d’acrimed.org qui en vaut vraiment la peine.

On tirera avantage à consulter une étude plus détaillée sur le site coursdesocio.online.fr qui met à notre disposition un document .doc d’une cinquantaine de feuillets compactés en zip pour frustrer les incrédules et conforter les autres.

Pour les plus gourmands, la revue Les mondes du travail propose un article sous le titre « La France, pays des grèves ? Étude comparative internationale sur la longue durée (1900-2004) », dans son n° 3/4 de mai 2007 aux pages 51 à 62 – http://www.lesmondesdutravail.net/

Références des différentes études livrées par Acrimed :

1ère étude – Sirot Stéphane, « Emploi ouvrier, syndicalisation et grèves en Europe occidentale de 1880 à 1970 : entre rapprochements et creusement des singularités », in Cahiers d’histoire, n°72, « Industrialisation et sociétés. 1880/1970 », 1998, pp. 23-47 (p. 37, notamment)
2e étude – Reynaud Jean-Daniel, Sociologie des conflits du travail, PUF, 1982 (p. 28, notamment)
3e étude – Lallement Michel, Sociologie des relations professionnelles, Paris, La découverte, coll. « Repères », 1995 (p. 77, notamment)
4e étude – Aligisakis Maximos, « Typologie et évolution des conflits du travail en Europe occidentale », Revue internationale du travail, Vol. 136, n°1, printemps 1997, pp. 79-101
5e étude – Rehfeldt Udo, « Cycle des grèves et cycle économique », Chronique internationale, IRES, septembre 1995, 2e publication : « Cycle des grèves et cycle économique », Problèmes économiques, n°2467, 10 avril 1996, pp. 15-19 (p. 18, notamment)
6e & 7e études – Lecou Robert, député, Rapport d’information sur le service minimum dans les services publics en Europe, Assemblée nationale, 4 décembre 2003 (pp. 58-63, notamment)
– Carley Mark, « Évolution de la situation en matière d’actions syndicales – 2000-2004 », site internet de l’OERI (Observatoire européen des relations industrielles), 2005

79 commentaires
1)
estragon34
, le 18.07.2007 à 01:03
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Merci beaucoup pour cet article très éclairant.

2)
Vincent
, le 18.07.2007 à 02:03
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Cela fait plaisir de lire ce genre d’articles, plutôt rares et d’habitudes réservés malheureusement à certaines publications et/ou à un certain public de connaisseurs. On pourrait faire la même chose sur le temps de travail et les 35 heures, sur les impôts, etc.

Et oui, la France n’est pas le pays européen qui fait le plus grève (service public compris), le pays où l’on travaille le moins (on a par contre une des plus fortes productivité), le pays qui payent le plus d’impôts, de taxes et autres charges. Tout comme les délocalisations, en dehors malheureusement des drames humains personnels, n’ont qu’un faible impact sur l’économie française; que l’Euro fort est un sacré bouc emissaire pour notre Président, sachant que la majorité des exportations de la France se font dans la zone euro, que l’immigration, choisie ou pas, n’est pas un danger, etc. je pourrais continuer longtemps comme çà.

Mais bon, le manque d’éducation, de curiosité, le mauvais travail de mediation et de vulgarisation des medias, des universitaires, … font que certains politiques jouent sur la peur, sur les bouc emissaire pour tromper les citoyens, pour favoriser des intérêts particuliers sur l’intérêt général, …

Tout n’est pas rose bien sûr, et la France comme les autres pays européens connaissent des difficultés et doivent évolués, mais de grâce, qu’on arrête de nous mentir et de nous prendre pour des imbéciles.

3)
pter
, le 18.07.2007 à 02:17
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Intéressant! merci Okaszou.

Cela me fait penser au même “manipulations” lorsqu’on lis et entends de partout “les esclaves Chinois” etc… Journaliste ne rime plus avec vérité depuis longtemps.

4)
Saluki
, le 18.07.2007 à 05:40
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Notre sycophante se met à donner ses références: voilà un réel progrès.

Merci.

Je crois quand même qu’il y a des différences entre l’impact de gêne sur les clients (je ne dis pas usagers) des grèves habituelles aux changements d’horaires de la SNCF (rarement vu de grève sur la DB) et la grève dure des métallos allemands tous les deux ou trois ans pour appuyer leur négo de leur accord de branche…
Kilo de plomb ou kilo de plume? Ce n’est pas la même sensation quand ça te tombe sur le pied.

5)
Okazou
, le 18.07.2007 à 06:52
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Sans doute, Saluki, si nous parlons de « sensation ». Comme on parle de « sentiment » d’insécurité. C’est bien sur cette corde « sensible » que jouent avec l’habileté de virtuoses ceux qui nous mentent. Mais que dire lorsque la réalité insensible des chiffres des scientifiques nous dit que les grèves en France sont toujours, et parfois largement, sous la moyenne des autres pays ?

Nous pourrions également rappeler une vérité toute simple : dans toute grève il y a deux parties (incroyable, non ?!), les ouvriers/employés d’un côté et les patrons de l’autre. Pourquoi ne se plaindrait-on pas des patrons qui en lâchent si peu que la grève devient inévitable ? Et ce, malgré le mécanisme de concertation immédiate prévu par l’accord sur la prévention des conflits depuis 2004 ? Pourquoi l’accusé (en tout cas pour les médias et la droite) est-il toujours le travailleur en souffrance et jamais le patron qui détient les clefs du problème ? Pourquoi n’est-ce pas le patron que l’on accuse de provoquer la grève par ses refus ? Tu n’oserais pas répondre que les patrons n’ont jamais tort, n’est-ce pas ? C’est pourtant ce que les journalistes ont l’air de penser puisque les medias jouent toujours contre les grévistes comme s’ils voulaient criminaliser actions syndicales et mouvements de grève.

6)
archeos
, le 18.07.2007 à 06:57
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Okazou : je forwarde immédiatement l’adresse, ça intéressera gauchistes, centristes et « infames droitiers ». Mais je ne découpe pas le paysage politique de la même façon que toi : il y a des progressistes partout, y compris à droite, mais qui tirent leur volonté de progrès humains d’autres valeurs que les républicains sociaux. Il y a les gaullistes (progressistes par nationalisme), des démocrates chrétiens (par christianisme), etc.

Pour Saluki : c’est vrai qu’on parle beaucoup plus des grèves du secteur public en France ; en fait, il y a grossièrement deux types de grèves en France : celles du secteur public, et celles des ouvriers avant délocalisation/revente, comme ceux de SFR

7)
Okazou
, le 18.07.2007 à 07:04
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« il y a des progressistes partout, y compris à droite, mais qui tirent leur volonté de progrès humains d’autres valeurs que les républicains sociaux. Il y a les gaullistes (progressistes par nationalisme), des démocrates chrétiens (par christianisme), etc. »

Mais on est bien d’accord. Rassure-toi, je sais à peu près qui est qui et qui fait quoi en matière de politique. Même si j’établis la nouvelle frontière entre gauche et droite sur la ligne qui sépare ceux qui défendent l’économie néolibérale et ceux qui veulent un autre système économique. Je considère par exemple que certains keynésiens sont de mon bord.

Maintenant, si on me dit que Strauss-Kahn est keynésien…

8)
Yip
, le 18.07.2007 à 08:09
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N’empèche que quelques % de syndicalistes qui paralysent un pays (grèves dans les transports) en se foutant royalement des pertes d’emplois dues aux faillites (trop nombreuses) inévitables sur la durée, ça fait quand même râler.

On m’a souvent parlé du “pouvoir” de nuisance, de blocage de ces mêmes syndicalistes dans les administrations en particulier, intouchables et inamovibles, témoignages de première main, avec des situations ubuesque (kafkaïennes aussi).

Comme les syndicalistes du “France” (le bateau) qui en demandaient toujours plus, quand on leur disait : “Mais ça va entrainer la faillite, tous les emplois sont menacés” répondaient : “On s’en moque, c’est pour le principe”…

Le droit de grève oui, le droit d’empêcher les autres d’aller travailler, le droit de créer des chomeurs, non.

9)
mackloug
, le 18.07.2007 à 08:59
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Okazou ou l’Achile Talon de Cuk ;-)

Ce qui nous emm… en France, c’est les grèves dans notre sacro-saint Service Public !

Dès lors, des études qui n’en tiennent pas compte, excuse-moi Okazou, mais la désinformation elle vient d’où ?

On devrait toujours avoir un ami de gauche pour nous faire réaliser que les petits patrons du privé ne sont finalement pas si mauvais que ça. Ton analyse le démontre en tout cas.

L’ami de droite

10)
Chichille
, le 18.07.2007 à 09:04
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L’analyse d’Okazou me paraît globalement positive et je me contenterai d’y ajouter un petit rectificatif pratique, une petite réaction agacée, une petite remarque théologique et une note de soutien partielle à Ségolène Royal.

1) Le petit rectificatif concerne le lien sur Acrimed, que j’espère donner correctement ici (en cliquant sur le lien donné par Okazou, je suis tombé sur le triste “Address not found”).

2) La réaction agacée vise l’expression “pensée unique néolibérale”, qui est une contradiction dans les termes. S’il existait une pensée unique, il ne serait pas utile de préciser qu’elle est néolibérale. Il n’y a, heureusement ! pas de pensée unique, expression trouvée d’ailleurs plus souvent dans les discours de droite que de gauche, me semble-t-il – mais je n’ai pas de stats sur le sujet ;-). Il peut exister par contre une pensée dominante, le néolibéralisme ici ou l’islamisme là, le stalinisme ou le nazisme en leur temps… Un intéressant sujet de discussion est le surgissement des valeurs de droite en tant que nouvelle pensée dominante dans les années 80, leur contexte économique, historique, social et intellectuel. Une partie de la dérive du PS et de la confusion de la campagne électorale s’y rattache.

3) La remarque théologique vise l’expression “culture de conflit” employée par Christine Okrent et citée par Okazou. Comme si la culture de conflit n’était pas l’essence même du libéralisme économique, avec au cœur du concept la compétition et la concurrence par tous les moyens, sans préoccupation ni des êtres humains, ni même des entreprises ! D’une manière générale, la dogmatique libérale et son expression médiatique (“la France n’accepte pas les réformes”) relève de la vieille tactique : “qui veut noyer son chien l’accuse de la rage”.

4) Ma note de soutien à la camarade Ségolène concerne le faible taux de syndicalisation en France. lié à l’histoire du pays. Royal a eu totalement raison au début de sa campagne de souligner qu’il y avait un besoin urgent de réunifier le syndicalisme français, émietté et impuissant. Bien entendu, elle a fait hurler le petit apparatchik de FO, mais cela témoignerait plutôt en sa faveur (à elle, pas à lui !). Dommage que par la suite elle n’en ait plus parlé.

Le résultat est que les grèves concernent surtout le secteur public, où elles sont davantage visibles, d’où, en partie, l’acceptation générale de l’idée d’une France en grève perpétuelle. On pourrait entamer un débat sur les perversions du mouvement syndical liées à son émiettement. Je suis, eh oui ! assez d’accord avec Saluki sur la différence entre les grèves “rituelles” des cheminots et la grève dure des métallos allemands. Mais je m’éloigne de lui lorsqu’il parle de “clients” (c’est son côté libéral…). Ce qui me frappe surtout, c’est que l’essentiel des victimes de ces mouvements est constitué d’autres salariés. En principe, c’est la direction de l’entreprise qui devrait souffrir d’une grève, non ?

11)
levri
, le 18.07.2007 à 09:10
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mmm je ne suis pas assez interesse par le sujet pour faire une recherche, mais ici, comme avec toute presentation non exhaustive, on peut faire tourner le vent d’un cote ou de l’autre.

Si on prend les chiffres de grevistes d’origine gouvernementale et syndicale, le facteur peut etre de l’‘ordre de 2 …

Le nombre “officiel” de greviste n’est pas forcement proportionnel a la nuisance obtenue.

par ex : une greve de quelques aiguilleurs du ciel ou du rail peut paralyser des milliers de personnes et totalement la SNCF ou Air france etc ..

par ex : quelques dizaines de grevisyes “officiels” organisant un piquet de greve interdisant l’‘acces a une entreprise peut de facto immobiliser des milliers de personnes de la dite entreprise.

On pourrait aussi bien dire, la France a moins de syndicalistes, mais ils sont plus productifs.

… Il pourrait donc etre interessant de mettre en parallele le nombre de grevistes et le nombre de travailleurs immobilises par une greve .

12)
Gaël
, le 18.07.2007 à 09:31
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Très bon article, même si je dois dire que je ne partage pas l’analyse qui est faite des données.

Si les journées individuelles non travaillés donne une idée du nombre de personne qui ne travaille pas, elle ne renseigne en revanche pas sur le nombre de personnes qui ont été empêchée de travailler à cause de la grève. Cette prise d’otage est inadmissible.

En tant que Franco-Suisse élevé en Suisse, la grève ne fait pas partie de mon univers social. Toutefois il m’est arrivé un épisode révélateur. Une grève comme tant d’autre en France. Je rentrais d’une week-end à Paris, renseignement pris avant le départ, il n’y avait pas de grève de prévu, et là … PAF une grève. Je vais au guichet demander des renseignements pour savoir comment rentrer chez moi (j’étais encore étudiant et n’avait pas de quoi me payer une nuit d’hôtel), et je me suis fait envoyer “péter” par un employé qui ne se sentait absolument pas concerné par les conséquences de la grève sur mon cas. Et je ne parle pas de la file d’attente. Donc finalement j’ai dû voyager de nuit debout dans le train pour Genève au lieu de Neuchâtel et je me suis retrouvé à dormir dans la gare de Genève à 1h00 du matin quand mon train est arrivé. La SNCF n’a pas voulu me rembourser le billet de TGV que j’avais, ni me payer une nuit d’hôtel pour prendre un TGV le lendemain. La grève en soi n’est pas un problème, c’est la façon dont les Français grévistes prennent en otage les autres, sans remords, et l’impossibilité du compromis, car comme actuellement je ne sais quel syndicat français refuse d’emblée les discussions sur le service minimum. Qu’en serait-il si les hôpitaux faisaient grève ? Cela choquerait plus que pour les transports publics, car on imagine mal une infirmière ou un médecin laisser mourrir une personne devant la porte des urgences. Pour les transports, notamment, il en devrait en aller de même. Service minimum. La France, si elle n’est peut-être pas la plus souvent en grève, le fait que de manière à faire pression pour garder les avantages d’une petite partie de la population.

Je suis toujours remonter contre la France à cet égard, bien qu’étant en partie Français moi-même. La grève n’a de sens que dans une négociation, pas dans un blocage. Il y a des services qui doivent être assurés. Si pour la médecine la cas est clair, pour les transports notamment il devrait en être de même.

Mon raisonnement n’est peut-être pas parfait, mais je le tire de mon vécu.

13)
Atypo
, le 18.07.2007 à 09:53
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Evidemment, Okazou et Acrimed Inc. raisonnent comme si le Service public n’était pas un service public. Parce que le problème est bien là. Que les employés de l’entreprise de tuyaux X fassent grève pour obtenir une satisfaction de leurs revendications, tout le monde applaudit. Moi le premier. Que les cheminots français fassent grève pour peser sur les futures élections professionnelles, en empêchant des milliers de personnes d’aller bosser, il y a un net abus du droit de grève. Le nier est malhonnête.

On pourrait même débattre du bien fondé du droit de grève dans les services public, mais je ne voudrais pas mettre le feu à Cuk… (Y a t-il un pompier dans la salle ?) :-))

14)
Vincent
, le 18.07.2007 à 10:09
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Par pitié, n’employez pas l’expression pris en otage pour parler des usagers subissant une grève. Cela m’horripile au plus haut point! Ingrid Betancourt est prise en otage, Daniel Pearl avant d’être horriblement assassiné était otage … Nous, au pire, on subit juste un désagrément ponctuel. Rien à voir donc.

Après il faut faire attention aux différents biais.

Biais géographique tout d’abord, où une grève en région parisienne aura toujours plus d’impact, notamment médiatique, qu’une grève en Province. Combien de fois une grève des transports à Paris, qui n’a absolument aucun impact dans le reste de la France, fait la une et de longs reportages dans les medias nationaux. Pourtant, Paris, ce n’est pas la France à ce que je sache.

Biais par la branche touchée. Les sociétés qui propose un service à des usagers et qui subissent une grève d’un jour aura forcément plus de retentissement que la grève qui dure plusieurs semaines dans une entreprise lambda.

Il n’y a pas de culture de conciliation, de négociation en France.Cela est notamment du à la faiblesse historique des syndicats français.

Les grèves dites totales sont rarissimes. Il y a toujours un service minimum de fait. Il y a plus d’arrêts et de non service liés aux problemes techniques, aux accidents, au non entretien du materiels, … Les grèves servent aussi à dénoncer cela.

15)
Stilgar
, le 18.07.2007 à 10:14
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[provoque] Si je comprends bien tu remplaces des sources néo libérales par une seule source néo gauchiste ?. C’est vrai, c’est moins orienté comme étude. De plus, tu parles de pensée toute faite de droite… Je me demande si tu as pris la peine de relire ton article : parce qu’en termes de stéréotypes et de phrases pré mâchées… tu es champion du monde. [/provoque]

Hormis cette petite provoque matinale, j’avoue que la qualité de l’écriture est toujours au rendez vous, même si je trouve tes propos trop basiquement orientés. Parfois on aimerait voir cette clarté d’écriture au service d’une objectivité toute scientifique et non pas systématiquement avec cette constante propagande politique, quelle qu’en soit son bord. Plus je te lis et plus je suis convaincu que tu aimes t’entendre “parler” et que tes idées “politiques” ne sont qu’un prétexte, un style, pour ce faire.

Sur ce, je te souhaite une belle et bonne journée ensoleillée.

16)
Chichille
, le 18.07.2007 à 10:18
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Si je comprends bien tu remplaces des sources néo libérales par une seule source néo gauchiste ?

Bon, c’est de la provoc’.

Mais tout de même, j’aurais bien aimé une discussion sur les données plutôt que sur leur biais supposé. Après tout, c’est bien là le fond du problème, non ?

17)
Clyde
, le 18.07.2007 à 10:21
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A chaque grève SNCF, il nous est annoncé “en raison d’une grève, il y aura un train sur trois, quatre sur cinq, un sur deux, etc…” (peu importe les chiffres)… il est déjà là le service minimum !

Ce que l’on nous bassinent actuellement, c’est du vent pour faire passer des lois qui n’ont rien à voir avec le contentement du public.

18)
ToTheEnd
, le 18.07.2007 à 10:59
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Intéressant.

Je faisais partie de ceux qui disaient que la France, si elle n’était pas championne du monde, devait au moins figurer dans les 3 premières places.

A ma décharge, je vois que la Suisse est en queue de peloton… j’y vois là un bien et non un point négatif. Pour moi, ça signifie qu’il existe un certain “dialogue” entre le patronat et les salariés et que bien souvent (99.9%), les deux font suffisamment preuve de bonne volonté pour ne pas en arriver à une grève.

Enfin, j’ai une dernière remarque concernant l’Italie parce que je connais assez bien le pays et ses habitants. Je suis surpris de voir le pays arriver régulièrement dans les premiers même si la situation semble s’améliorer sur les dernières études. La différence entre l’avant-dernière et dernière étude est monstrueuse (-50%) en l’espace de quelques années…

Je ne remets pas du tout ces études et ces questions en doute… je suis juste surpris par ce résultat en particulier car il me semble particulièrement impressionnant comparé à ce que je connais du pays et de la France par exemple.

T

19)
Chichille
, le 18.07.2007 à 11:10
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je suis juste surpris par ce résultat en particulier car il me semble particulièrement impressionnant comparé à ce que je connais du pays

En effet, le grand intérêt de l’article d’Okazou est de remettre en cause ce que l’on croit savoir. A noter que si le faible nombre de journées de grève pour la Suisse peut être lié à la pratique d’un certain dialogue, ce n’est là qu’une hypothèse et que, dans certains pays, l’absence de grève n’a rien à voir avec la pratique du dialogue. Au contraire.

20)
alarache
, le 18.07.2007 à 11:19
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Une chose que je n’ai jamais compris: pourquoi prendre “en otage” les clients?

Le but de faire grève est de faire chier le patron, faire pression sur lui pour obtenir quelque chose, non? Pourquoi ne pas proposer ses services mais gratuitement de façon à faire plaisir aux usagers de qui ils auraient le soutient et de faire chier le patron. Grève dans les transports demain: pas de contrôle de billets, les bus rouleront aux heures de pointes gratuitement: recette du jour ZERO, le public heureux, le message des grévistes est entendu et on ne fait pas d’image sur les quais bondés et le patron a les boules, non?

Dernière chose à préciser (et à confirmer SVP) QUAND ON FAIT GREVE ON N’EST PAS PAYE, donc on le fait par conviction et en mouillant sa chemise.

Signé un professionnel libéral.

21)
zitouna
, le 18.07.2007 à 11:42
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Merci pour cet article dégavant, Okazou.
Tout d’abord, je souhaite rappeler aux pourfendeurs des “grèvistesprenantenotagelebonpeuple” que faire la grève n’est pas un plaisir! J’en ai déjà fait quelques unes pour ma part, plus souvent par solidarité que pour défendre mon propre biftek d’ailleurs, et cela s’accompagne inévitablement d’un corrélaire assez désagréable pour le grèviste: la perte du salaire de la journée chômée.
J’ai même déjà déclaré avoir été grèviste un jour de congé (on ne m’y reprendra plus;–), j’ai déjà fait grève (perte de salaire) en travaillant, pour que ce qui devait être fait le soit… Je trouve ça un peu débile: pour qu’une grève (qui n’est qu’un moyen, pas une fin) aie une utilité, il faut qu’elle occasionne une gêne pour l’usager (dans le cas d’un emploi de service, pour ce qui est des emplois du secteur dit “primaire”, le résultat est l’arrêt immédiat de la production, et la gêne est moins forte sur le “public”, par contre, elle pèse beaucoup sur l’entreprise, le résultat est direct), et donc que le “public” râle contre le patron pour qu’il cède aux revendications des salariés…
Le résultat pernicieux de cette campagne de bourrage de crânes (relativement récente, je me souviens que les micro–trotoirs, lors de la grande grève des transports de 95 contre le “droit dans ses bottes” montraient des usagers assez solidaires du mouvement et soutenant les revendications des grèvistes, maintenant, je ne sais plus: dégouté, je ne regarde plus “l’étrange lucarne”) est que le “publicprisenotage” se retourne contre les grèvistes plutôt que contre le patron: le levier n’a plus de prise, ainsi…
Pour en revenir à l’acte de faire la grève, ça ne se fait pas comme cela, en claquant dans les doigts, c’est en général à la suite d’un processus assez long: une note pondue par un crâne d’oeuf qui décide de manière complètement arbitraire, sans concertation aucune, ni sans réelle enquête de faisabilité (mais les chiffres parlent d’eux–même, n’est–ce pas?) qu’une certaine catégorie du personnel pourrait, moyennant quelques petits amménagements, produire plus, ou mieux, ou est trop nombreuse; ladite catégorie du personnel (en général, pas les cadres sup) trouve que non, ça va être difficile, avec ce salaire de merdre, ces horaires à la con et ces conditions de travail d’esclave, non, ça va pas être possible! S’ensuit une “négociation” (en fait un dialogue de sourd au cours duquel le négociateur de la dirrection n’a rien a lâcher, et donc ne lâche rien ou des miettes, et les syndicats, pas contents de ne rien obtenir menacent), qui peut durer des mois, jusqu’à ce que la grève se décide… Ensuite, il faut déposer un préavis de grève avec une date, mais ça n’est encore qu’une menace, la négociation est encore possible…
Le problème, c’est que ça pourrait être évité si les décisionnaires avaient une idée plus précise de ce qu’ils demandent: dans la plupart des cas, il s’agit de cadres sup bardés de diplômes, n’ayant aucune expérience du terrain qui trouvent que tous ceux qui bossent moins longtemps qu’eux sont des feignasses. Mais un travail de bureau, avec le bon salaire (qui permet de moins ramer au quotidien), le cul vissé sur un fauteuil confortable, avec des horaires réguliers, c’est quand même pas la même chose, question fatigue, que les métiers que font les gens dont ce qu’on veux les faire bosser plus! J’ai un voisin et ami chemineau: rien que les changements d’horaires qui sont les siens l’épuisent physiquement: commencer un jour à 4h du matin, un autre jour, c’est à la même heure qu’il finit de bosser, un autre jour c’est à midi, tout ça sans aucune gestion intelligente des biorythmes, ou tout simplement du rythme de vie d’une famille, je pense que sa retraite à un âge “préférentiel”, il ne l’aura pas volée!
Que, par contre, les “ronds de cuir” qui bossent dans la même société que lui bénéficient des mêmes avantages, ça, je suis d’accord que c’est anormal.
C’est en partie pour cela qu’il y a moins de conflits dans les petites entreprises: le petit patron est souvent du métier, et il sait ce qu’il peut demander (s’il n’a pas oublié) à ses employés…
Le problème est complexe, car les syndicats ont de moins en moins de leviers pour faire pression (sic) dans le privé, (comme dans le public d’ailleurs) la main d’oeuvre “peu qualifiée” étant de plus en plus sous–traitée en cascade.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Bouigues et autres gros bétoneurs n’ont plus (trop) de problèmes avec les zimmigrésclandestinstravaillantaunoirmangeantlepaindelabouchedesfrançais: cascade de sous–traitants: pas responsables.
z (désolé pour les phrases un peu longuettes, je répêêête: désolé pour les phrases un peu longuettes)

22)
laurent_ibook
, le 18.07.2007 à 11:42
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Je rappelle quand même que pour une journée de grêve, l’administration française (car j’y travaille) enleve le prix de la journée de travail plus les charges que paye l’administration.

Donc cela refroidit pas mal

23)
zitouna
, le 18.07.2007 à 11:54
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Alarache, je crois que ton idée sympatique est illégale, donc inaplicable…
z (attention, on va bientôt nous dire de nous occuper de nos macs et de nos appareils photo, je répêêête: attention, on va bientôt nous dire de nous occuper de nos macs et de nos appareils photo)

24)
Théodore Besson
, le 18.07.2007 à 11:56
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Ca me rappelle une “grève” à l’Université de Lausanne, il y a une dizaine d’années, à laquelle j’ai activement participé.

J’étais un peu manipulé mais j’ai dès lors appris à m’impliquer dans tout ce qui concernait la politique académique, la défense des étudiants et des assistants.

Une expérience formatrice.

25)
Atypo
, le 18.07.2007 à 11:57
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J’ai un voisin et ami chemineau

Le cheminot cheminant sur son bonhomme de chemin de fer en devenait chemineau… Posera-t-il son baluchon, un de ces jours prochain ?

26)
Inconnu
, le 18.07.2007 à 12:49
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Bravo Okazou. Je confirme ce que dit Clyde : le service minimum existe déjà. En 25 ans à Paris j’ai toujours pu me rendre au travail en train sauf une fois en 95 à cause d’un énarque psycho-rigide. Le projet de loi ne vise qu’à modifier le rapport de force dans une des rares entreprises où les syndicats ont du poids. Ceux qui parlent de “prise en otage” ou de “jours de grève payés” feraient mieux de cesser de rendre leur cerveau disponible à la propagande du fenestron et de lire Chomski.

27)
Okazou
, le 18.07.2007 à 15:17
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« mmm je ne suis pas assez interesse par le sujet pour faire une recherche, mais ici, comme avec toute presentation non exhaustive, on peut faire tourner le vent d’un cote ou de l’autre. »

Lorsqu’on travaille sur de longues durées comme les études citées, on ne peut rien maquiller. En revanche, lorsque l’on choisit une année par-ci, une autre par-là (comme les exemples cités trouvés sur la Toile), on peut le faire aussi bien pour laisser croire qu’il y a peu de grèves ou qu’il y en a beaucoup, les années étant très inégales en la matière puisqu’une grève porte un caractère accidentel.

« par ex : quelques dizaines de grevisyes “officiels” organisant un piquet de greve interdisant l’‘acces a une entreprise peut de facto immobiliser des milliers de personnes de la dite entreprise. »

Tu ne trouveras pas de données pour le démontrer, cela n’arrive pas. Jamais un syndicat ne se lancerait dans une grève sans le soutien solide d’une majorité de travailleurs.
En clair, dans une grève en France, les travailleurs non syndiqués sont toujours beaucoup plus nombreux que les travailleurs syndiqués. Tu peux aisément le vérifier un jour de grève en interrogeant les grévistes.

La « prise d’otages » de non-syndiqués par les syndiqués est un pur fantasme. La décision de faire grève ou pas est le résultat d’un processus démocratique et en démocratie, la minorité se doit de se plier à la majorité. Maintenant, si des journalistes vont sciemment interroger ceux qui n’ont pas voté pour la grève et qu’ils commentent en introduisant le terme « otages », nous sommes dans la manipulation.

28)
popey
, le 18.07.2007 à 15:28
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Sujets intéressants, qui méritent débat.

Personnellement, sur le service minimum, je suis pour :

– si il existe déjà, personne ne sera impacté, et donc, il n’y a aucune raison de hurler

– néanmoins, il m’est arrivé de ne pas avoir de train pour aller bosser : la RATP avait annoncé un train sur 3, arrivé sur le quai, il y avait bien un train et un conducteur, mais qui ne pouvait pas circuler : il était bloqué par d’autres grévistes. Ca a fini à vélo, parce que j’avais un rendez-vous à ne pas rater ce jour là. Certains opposants rappellent que le droit de grève est un droit individuel. Alors comment se fait-il que le conducteur qui était présent ce jour là était obligé de ne pas travailler ?

– personne ne devrait disposer du pouvoir de nuisance dont dispose les syndicats des services de transport publiques. Ils ont une responsabilité énorme du fait du nombre de personnes ou d’entreprises qui dépendent d’eux, en se servant de cette dépendance pour appuyer leur demandes, ils ne se montrent pas digne de cette responsabilité.

J’avais lu lors d’une grève une phrase intéressante dans le 20 minutes ou le métro (excusez le flou sur la source) : “Si les employés RATP/SNCF devaient subir les conditions que les voyageurs subissent lors des grèves, ils se mettrait immédiatement en grève”. Et je rajoute : ils auraient raison.

Sinon, sur la forme du sujet, je le trouve un peu dédaigneux, de part l’abus de sous entendu et de mots agressifs. Par exemple : dans une seul phrase “s’auto-déclarant”, “feignent”, “mépris”, “président de droite qui se targue d’ouverture politique”, “révéler à ceux qui l’ignoraient encore” … tout ça respire un énorme mépris de l’auteur, qui me met mal à l’aise. Et ça continue tout au long de l’article, ce qui fait que j’ai eu l’impression de lire un article écrit non pas pour construire une réflexion sur le recul à prendre par rapport aux informations, mais pour simplement pour descendre en flamme un projet sur le service minimum.

Je ne sais pas si j’arrive à faire passer mon sentiment, mais quoi qu’il en soit, je trouve ça regrettable, car le deuxième sujet que je vois dans l’article (la désinformation pour faire court) est intéressant.

P.S. : cette réponse ne se veut pas agressive, si elle est perçue comme tel, je m’en excuse !

29)
Okazou
, le 18.07.2007 à 15:30
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« La SNCF n’a pas voulu me rembourser le billet de TGV que j’avais, ni me payer une nuit d’hôtel pour prendre un TGV le lendemain. La grève en soi n’est pas un problème, c’est la façon dont les Français grévistes prennent en otage les autres, sans remords, et l’impossibilité du compromis, car comme actuellement je ne sais quel syndicat français refuse d’emblée les discussions sur le service minimum. »

Si le patron (la SNCF) refuse de rembourser un service qu’il n’a pas rendu, tu ne peux en accuser les grévistes, tout de même ! En revanche, tu peux commencer à te demander si ce patron irrespectueux de ses usagers ne porte pas le même irrespect vis-à-vis de son personnel, non ?

Il est évident que si les usagers d’un service public se plaçaient en soutien des grévistes, les patrons desdits services publics ne joueraient pas longtemps de l’abus de leur pouvoir de refus. Les intérêts des usagers et des personnels sont imbriqués. Maintenant, on peut refuser de le comprendre…

30)
Okazou
, le 18.07.2007 à 15:42
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« même si je trouve tes propos trop basiquement orientés. »

Si tu mettais ta critique à regarder comme les propos de l’autre bord sont orientés, tu conclurais par un banal « 1 partout ».

« Parfois on aimerait voir cette clarté d’écriture au service d’une objectivité toute scientifique et non pas systématiquement avec cette constante propagande politique […] »

Ça tombe bien, je ne suis pas scientifique. Quant à ma « propagande politique » dans ce papier, tu n’auras pas remarqué qu’elle ressemble furieusement à de la contre-propagande.

« Plus je te lis et plus je suis convaincu que tu aimes t’entendre “parler” et que tes idées “politiques” ne sont qu’un prétexte, un style, pour ce faire. »

Pas idiot, ça. Je prends du plaisir en passant. Un crime ?

31)
Origenius
, le 18.07.2007 à 15:54
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Les arguments « scientifiques » sont a priori imparables dans notre société qui n’a plus que la science comme fondement de la connaissance. Soit. Dans les circonstances actuelles, la présentation du nombre de jours non travaillés comme indicateur est en effet un fait que nul, s’il est honnête, ne peut contester à condition bien sûr qu’il soit juste. Je n’ai pas de raison objective pour soupçonner qu’il ne le serait pas.

Faut-il pour autant qualifier de manipulation mensongère des propos différents, surtout s’ils viennent d’un bord différent ? Je n’en suis pas si sûr. Peut-être parle-t-on de réalités différentes et donc incomparables ? Je tente une explication. Je ne prétends pas infirmer ce qui dit Okazou, je me demande seulement si les choses sont aussi tranchées qu’elles ne paraissent.

Dans le pays où je vis, le droit de grève est également acquis. Il est cependant rarement utilisé, je le concède. J’ai cependant été surpris il y a peu par un mouvement de grève des cheminots locaux. Je suis pourtant monté dans le shinkansen prévu, qui est parti à l’heure et qui est arrivé à l’heure. Les cheminots en question arboraient un brassard indiquant « スト ». Ce qui veut dire qu’ils étaient en grève. Point. Le travail s’effectuait tout simplement normalement ! Attention, ce n’est pas risible : l’honneur de la société ferroviaire étant en jeu auprès de l’opinion publique, il convenait que ce mouvement trouvât une solution rapide afin de rétablir l’harmonie.

Rien de tout cela ne fonctionnerait en France n’est-ce pas ? Nous ne vibrons pas pour l’honneur de la RATP ou de la SNCF, sauf peut-être ponctuellement pour le record du monde de vitesse du TGV une fois tous les 15 ans… Une journée non travaillée en raison d’une grève d’un cheminot français se doit de marquer l’opinion publique d’une manière tout différente.

Il me semble que la grande différence est là. C’est pourquoi je pense qu’il n’est pas absolument pertinent de comparer ces chiffres concernant le nombre des journées non travaillées d’un pays à l’autre : ils ne reflètent pas la même réalité quant à l’impact de cette journée de grève sur la vie sociale.

Dans un cas, la vie économique poursuit son cours, dans l’autre il faut la désorganiser suffisamment pour que l’effet recherché soit palpable par le plus grand nombre, ce qui « autorise » les débordements habituels (barrages de raffineries, coupures d’électricité dans les gares, baisse très sensible du traffic ferroviaire etc…)

Évoqué-je deux extrêmes ? Je l’admets. C’est justement pourquoi je pense que la comparaison par pays de ces chiffres n’évoque pas les mêmes réalités. Lorsque les gens de l’autre bord prétendent que la France est championne du monde des grèves, ont-ils tort ? Pas sûr, s’ils veulent parler de l’impact sur la vie sociale et économique d’une journée non travaillée.

Pour affiner ces chiffres « scientifiquement » calculés, ne faudrait-il pas leur adjoindre un coefficient « scientifique » mesurant justement cet impact ?

Et si tous ces « menteurs », sans encore posséder ce coefficient et maladroitement sans doute, n’exprimaient pas justement cet impact qui est une réalité que beaucoup ressentent dans leur quotidien ?

La réalité n’est pas aussi tranchée qu’il n’y paraît, même avec des chiffres incontestables…

PS : je me suis permis d’écrire un mot en japonais, car cuk.ch est codé en UTF-8, ce qui autorise d’autres systèmes linguistiques. Ceux, la plupart sans doute, qui tournent sous Mac OSX et qui n’ont pas retiré les langues bizarres de leur système n’auront aucun problème pour le voir apparaître. Pour les autres, toutes mes humbles excuses.

32)
Okazou
, le 18.07.2007 à 15:55
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« A ma décharge, je vois que la Suisse est en queue de peloton… j’y vois là un bien et non un point négatif. Pour moi, ça signifie qu’il existe un certain “dialogue” entre le patronat et les salariés et que bien souvent (99.9%), les deux font suffisamment preuve de bonne volonté pour ne pas en arriver à une grève. »

Ce n’est certainement pas par hasard, en effet, si la Suisse passe à côté des grèves. Habitude historique du dialogue, sans doute, mais aussi le niveau de vie supérieur d’un petit pays truffé de banques.

« Je suis surpris de voir le pays [l’Italie] arriver régulièrement dans les premiers même si la situation semble s’améliorer sur les dernières études. »

Il faudrait en chercher la raison dans les études plus détaillées données en référence.
Cela m’a également surpris mais on est si mal informés dans nos medias sur ce qui se passe au niveau social chez nos voisins directs…

33)
Okazou
, le 18.07.2007 à 16:18
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« Le résultat pernicieux de cette campagne de bourrage de crânes (relativement récente, je me souviens que les micro–trotoirs, lors de la grande grève des transports de 95 contre le “droit dans ses bottes” montraient des usagers assez solidaires du mouvement et soutenant les revendications des grèvistes […] »

Cette solidarité est réelle et constante. Les gens qui bossent ne sont pas idiots. Le journaleux en reportage, lui, ne cherche que les opposants pour édifier le bon peuple le soir à la télé ou dans les radios.

« C’est en partie pour cela qu’il y a moins de conflits dans les petites entreprises: le petit patron est souvent du métier, et il sait ce qu’il peut demander (s’il n’a pas oublié) à ses employés… »

Comme tu dis : « s’il n’a pas oublié ». J’ajouterais : « s’il a jamais su ».

Un exemple. Mauvaise saison touristique en Bretagne cette année pour cause de météo de merdre (Ubu, quand tu nous tiens…) jusqu’à ces jours-ci. Les patrons sont à cran. Il faut dire que les commerçants comptent sur les 3 à 4 mois de congés payés pour emmagasiner de quoi vivre (très bien) pendant toute l’année (leurs employés saisonniers, eux, doivent bosser aussi l’hiver à la montagne), alors, si la météo n’est pas bonne, les picaillons ne rentrent pas.
Sur ce constat, un patron de bar de ma connaissance, qui ne connaît rien à la restauration mais qui sait ce qu’est l’argent, exige que ses employés fassent le moins d’heures possible et ne se gêne pas pour exiger de son barman en chef qu’il ferme son bar plus rapidement (nettoyage, remplissage des frigos, relevage des sièges, etc…) sans savoir que le barman en question ne peut matériellement réduire le temps nécessaire à l’opération. On peut certainement transposer le comportement de ce patron qui ignore la réalité du travail à d’autres entreprises.

« z (désolé pour les phrases un peu longuettes, je répêêête: désolé pour les phrases un peu longuettes) »

Tu nous livres un des meilleurs témoignages et, en plus, tu t’excuses ? C’est trop, zitouna, je répète…

34)
Okazou
, le 18.07.2007 à 16:22
[modifier]

« Ceux qui parlent de “prise en otage” ou de “jours de grève payés” feraient mieux de cesser de rendre leur cerveau disponible à la propagande du fenestron et de lire Chomski. »

Voilà le conseil de la journée : lire Chomsky. D’urgence.

35)
Okazou
, le 18.07.2007 à 16:26
[modifier]

« Certain opposant rappellent que le droit de grève est un droit individuel. »

C’est surtout une expression forte de la solidarité entre les hommes. La solidarité, le cauchemar des néolibéraux.

« P.S. : cette réponse ne se veut pas agressive, si elle est perçue comme tel, je m’en excuse ! »

Y’a pas de mal !
Tu n’as pas tort du tout, en plus.

36)
François Cuneo
, le 18.07.2007 à 16:43
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Merci Okazou pour cet article intéressant, et surtout surprenant pour un Suisse qui pense que la France est championne du monde de la grève à tout vent.

S’il te plaît, arrête de croire que nous vivons supérieurement à vous. Je suis en France actuellement, je vois les prix, je vois les gens, je ne comprends pas comment vous faites. Venez un peu passer des vacances en Suisse, amis Français, ce sera moins cher.

Et je ne plaisante pas.

Arrête aussi le coup des banques, ou alors rajoute le chocolat et les montres, et un petit coup de couteau suisse pour parfaire le cliché.

Sinon, sur la forme du sujet, je le trouve un peu dédaigneux, de part l’abus de sous entendu et de mots agressifs. Par exemple : dans une seul phrase “s’auto-déclarant”, “feignent”, “mépris”, “président de droite qui se targue d’ouverture politique”, “révéler à ceux qui l’ignoraient encore” … tout ça respire un énorme mépris de l’auteur, qui me met mal à l’aise. Et ça continue tout au long de l’article, ce qui fait que j’ai eu l’impression de lire un article écrit non pas pour construire une réflexion sur le recul à prendre par rapport aux informations, mais pour simplement pour descendre en flamme un projet sur le service minimum. Je ne sais pas si j’arrive à faire passer mon sentiment, mais quoi qu’il en soit, je trouve ça regrettable, car le deuxième sujet que je vois dans l’article (la désinformation pour faire court) est intéressant.

Je ne pense pas qu’il s’agisse de mépris, mais je comprends très bien ce que tu penses, et je partage ton sentiment.

Okazou enlèverait tous ces sous-entendus comme tu l’écris, et le message n’en passerait que mieux.

Nous en avons parlé par mail. Donc je ne trahis personne.

Ah lala, si un jour Okazou, tu pouvais comprendre:-)

Et merci à tous pour l’excellente tenue de ce fil.

J’adore.

37)
Okazou
, le 18.07.2007 à 16:58
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« Il me semble que la grande différence est là. C’est pourquoi je pense qu’il n’est pas absolument pertinent de comparer ces chiffres concernant le nombre des journées non travaillées d’un pays à l’autre : ils ne reflètent pas la même réalité quant à l’impact de cette journée de grêve sur la vie sociale. »

Ce qui serait dingue ce serait de comparer les pays de civilisations européennes aux autres, par exemple asiatiques, il reste très pertinent, au contraire, d’établir des comparaisons entre les pays qui ont adopté de longue date la Déclaration des droits de l’homme et en sont désormais imprégnés.

Bien sûr, si, comme tu sembles le souhaiter, c’est la comparaison même qu’il faut banir (la science paraît te poser problème), alors tu nous enfermes dans un monde où la seule vérité qui vaille serait celle du microcosme national, celle qui permet justement de manipuler.

On mesure à quel point la comparaison est un outil démocratique.

7 études, 7 façons d’aborder un même problème, des nationalités différentes, des périodes différentes, 7 scientifiques, chercheurs, se penchent sur un sujet et il se trouve des jésuites pour nier leurs travaux. Y’a vraiment de quoi se la prendre et se la mordre. Sauf votre respect !

« Lorsque les gens de l’autre bord prétendent que la France est championne du monde des grêves, ont-ils tort ? Pas sûr, s’ils veulent parler de l’impact sur la vie sociale et économique d’une journée non travaillée. »

Tiens, maintenant, la spécifité française voudrait qu’il n’y a qu’en France que la grève aurait un impact.

« Et si tous ces « menteurs », sans encore posséder ce coefficient et maladroitement sans doute, n’exprimaient pas justement cet impact qui est une réalité que beaucoup ressentent dans leur quotidien ? »

Alors là, franchement, je te répondrais bien : « … et si ma tante en avait ? », si je me laissais aller.

38)
Pol
, le 18.07.2007 à 17:01
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Un article fort interessant, mais teinte d’orientations tres marquees comme “propagation de la pensée unique néolibérale”, etc… qui font immediatement chuter son objectivite potentielle et sa credibilite.

Bref, la France championne du monde des greves? Mais avec quelle mesure? C’est quand meme la base quand on veut faire un article a connotation “d’etude scientifique”, de bien definir les donnes du probleme et les moyens de mesures, et quand les gens sont d’accords la dessus, alors on peut commencer a parler chiffres. Autrement, on peut “prouver” n’importe quoi…

Par exemple, cela a-t-il un sens de comparer des jours de greves entre 1900 et 1970 sachant que les conditions sociales et industrielles ont beaucoup changees? Regarder uniquement les 10 dernieres annees parait plus judicieux.

Cet article utilise en gros les jours de greves rapportees au nombre total de salaries, et la reponse dans ce cadre serait non. Bon. Mais si on regardait le nombre de conflits sociaux plutot?

Donc dans le rapport Lecou (une des sources citees dans cet article), on trouve un tableau du nombre de conflits sociaux en France, tous secteurs confondus sur 1998-2001 et la France est la premiere en Europe!! Donc c’est bien le pays champion de la greve “dans le sens large du terme” :)

Par ailleurs, vous trouverez un paquet d’autres tableaux dans ce rapport avec pleins de chiffres interessants.

39)
Okazou
, le 18.07.2007 à 17:06
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« S’il te plaît, arrête de croire que nous vivons supérieurement à vous. Je suis en France actuellement, je vois les prix, je vois les gens, je ne comprends pas comment vous faites. Venez un peu passer des vacances en Suisse, amis Français, ce sera moins cher. »

Ma douce a passé un week-end à Lausanne il y a peu et son témoignage est différent. Maintenant, elle n’a pas mené une étude scientifique là-dessus mais elle sait le prix des choses.

N’oublie pas que tu es en France dans une région touristique et que les commerçants guettent le touriste au coin du bois pour lui vider les poches. Là où je me trouve, je fais l’essentiel de mes courses dans un Super U où il est impossible d’acheter du poisson depuis début juillet si l’on n’a pas garé préalablement sa Rolls sur le parking.

40)
Origenius
, le 18.07.2007 à 17:08
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et il se trouve des jésuites pour nier leurs travaux

Mince, ça m’en bouche un coin d’être assimilé à un jésuite ! ;-)

41)
Okazou
, le 18.07.2007 à 17:09
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« Donc dans le rapport Lecou (une des sources citees dans cet article), on trouve un tableau du nombre de conflits sociaux en France, tous secteurs confondus sur 1998-2001 et la France est la premiere en Europe!! Donc c’est bien le pays champion de la greve dans le “sens large tu terme” :) »

Alors là, Pol, tu aurais dû équiper ton smiley d’un girophare ! ø:-)))

42)
Okazou
, le 18.07.2007 à 17:12
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« Mince, ça m’en bouche un coin d’être assimilé à un jésuite ! ;-) »

Bizarre, tout de même, que tu ne relèves que ce petit mot.

43)
Origenius
, le 18.07.2007 à 17:28
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Bizarre, tout de même, que tu ne relèves que ce petit mot.

C’est parce qu’il est plus de minuit chez moi, et que j’attendais avant de dormir votre commentaire. C’est que je me prends au jeu ! Le jésuite que je ne suis pas a pensé que des arguments comme

« Y’a vraiment de quoi se la prendre et se la mordre. Sauf votre respect ! » ou « Alors là, franchement, je te répondrais bien : « … et si ma tante en avait ? », si je me laissais aller. »

n’étaient pas pertinents. Je ne voulais donc pas les relever. Désolé, vous m’y avez contraint !

Maintenant c’est sûr, je vais dormir…

Amitiés

45)
Théodore Besson
, le 18.07.2007 à 18:06
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Venez un peu passer des vacances en Suisse, amis Français, ce sera moins cher.

Non mais tu peux pas t’empêcher de te connecter sur la toile, même en vacances!

François, tu es un cyber-dépendant ;D

Madame Cuk va te tuer si tu continues à utiliser ta carte réseau!

Je te rejoins pour la montée des prix en France, la Suisse n’est pas une destination touristique si chère que ça!

Okazou a raison de parler de prix élevé pour les lieux touristiques, mais en tant que Suisse qui suit aller des centaines de fois en France (pays que j’adore et pour lequel je vais travailler, étonnant pour un Suisse ;-), l’Euro a clairement fait flamber les prix.

A demain sur cuk.ch

46)
Okazou
, le 18.07.2007 à 18:29
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« Okazou a raison de parler de prix élevé pour les lieux touristiques, mais en tant que Suisse qui suit aller des centaines de fois en France (pays que j’adore et pour lequel je vais travailler, étonnant pour un Suisse ;-), l’Euro a clairement fait flamber les prix. »

Bienvenue chez nous !

Il n’empêche que les prix dans les zones touristiques ne font pas du tout référence. Ainsi, d’un Super U en ville, l’hiver, à un autre Super U l’été, des Super U qui visent correctement les classes moyennes (c’est leur force), je note une hausse d’environ 1/3 sur certains produits, ce qui est énorme.

Idem pour les « restaurants » sur les côtes françaises où, si l’on ne mange pas mieux que chez soi (parfois moins bien), on se trouve avec des notes salées du même tiers au-dessus par rapport aux restos que l’on trouve en ville en hiver.

47)
Anne Cuneo
, le 18.07.2007 à 19:12
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Merci Okazou, je rentre (comme souvent, journée sans informatique), et je lis ton article.

J’ai participé à une journée syndicale internationale il y a quelques mois, il y avait des responsables syndicaux du monde entier. Tous soulignait que les gouvernements et la presse de leur pays ont tendance à exagérer les conséquences des protestations des travailleurs, dans tous les pays, quel que soit le nombre de jours de grêve.

Je ne suis pas d’accord avec tout ce que tu dis, mais dans l’ensemble, je trouve que de telles analyses sont nécessaires. Elles sont partielles? Oui, sans doute, mais dans l’autre sens. Le Figaro ou la Neue Zürcher Zeitung, ou TF1, ou… ou… ou… donnent l’autre côtré de l’analyse. On ne s’exclame pas plus que ça. Alors, que quelqu’un donne des contre-analyses, c’est INDISPENSABLE.

Je répète: Merci Okazou.

49)
Madame Poppins
, le 18.07.2007 à 20:28
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C’était donc ça, l’article qui était “presque de la politique” et auquel François faisait référence avant son départ ;-)

Je l’avoue, lire “mon cul” en titre… (vous me direz que je suis mal placée, moi qui “titre” “string et porte-jarettelles”)

Je me suis demandée si c’était nécessaire, ce “mon cul”…. mais bon, faut pas que je me braque non plus sur des “petits pays truffés de banques”, qui relève certes d’une forme de réalité mais qui fleure aussi le cliché ou les “le patron qui détient les clefs du problème”, que je trouve (dans certains cas) réducteur.

Pour le surplus, j’ai été surprise par les chiffres et cet éclairage fort bien documenté. Merci.

51)
François Cuneo
, le 18.07.2007 à 23:14
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Okazou, je suis à Toulon.

Mon super U à moi est le Carrefour de Toulon, Mayol.

Les prix sont certainement les mêmes en été et en hiver.

C’est de la pure folie, vos prix, depuis deux ou trois ans. On dit souvent que les salaires suisses sont plus élevés que les français, je veux bien le croire (ils n’ont rien dit, Acrimed, à ce propos?:-)) mais alors je ne sais simplement pas comment vous faites.

Et la grande faiblesse du franc suisse par rapport à l’Euro ne fait pas tout. Mais elle fait un peu.

Je répète, venez en Suisse et vous verrez que plein de choses sont moins chères chez nous, ne serait-ceq que parce que la TVA est à 7.6%

52)
alec6
, le 19.07.2007 à 00:43
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Bel article Okazou, il me semble d’ailleurs avoir lu quelque chose dans ce genre dans Alternatives Economiques (alias Alter Eco)…

Ne résistant pas à mettre mon grain de sel dans la marre aux canards (oui, là ou on jette des pavés…), voici un petit schéma trouvé il y a qq temps sur le site d’un hebdomadaire économique de droite (dont je ne retrouve plus la source, vous m’en voyez désolé).

Ce petit schéma montre le niveau d’attractivité de chaque pays en terme d’implantation d’entreprises étrangères. La Grande Bretagne y figure, comme tout le monde s’en doute en première place et l’on cherche vainement la France dans le peloton de queue où en toute logique elle devrait se trouver eu égard sa “culture de grève”, pour finalement découvrir que nous sommes… en deuxième place.
Etonnant ! non ? Les investisseurs étrangers seraient-ils de fiéfé imbéciles ?

Dans la même optique on se penchera poliment sur le “gouffre abyssal” de la dette française pour poser simplement deux petites questions :
1- A qui doit-on cet argent ?
2- Sommes nous les champions de la dette comme certains le laissent entendre ?

En cherchant bien vous constaterez que cet argent est en premier lieu une dette envers nous même (!) et que la France à nouveau est dans la moyenne des pays endettés !

Nos allons par ailleurs nous empresser de creuser d’avantage ce déficit en faisant un cadeau fiscal de 13 milliards aux riches que nous ferons payer en partie par la fameuse TVA sociale par les pauvres !

Ha ! quel beau pays !

53)
alec6
, le 19.07.2007 à 00:57
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Une dernière chose.

A tous ceux qui fustigent le droit de grève dans les Services Publics, je rappelle que la manœuvre actuelle du gouvernement consiste à imposer un service minimum afin de pouvoir démanteler tranquillement les dits services, vendre aux copains les plus rentables et virer les autres pour faire moderne !

Braves gens ! profitez de la sécu et de son corolaire le meilleur, sinon l’un des meilleurs système de soins, des transports en commun, et de tout le reste… dans cinq ans il ne vous restera plus que les yeux pour pleurer.

54)
Okazou
, le 19.07.2007 à 06:42
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alec6, on ne pouvait mieux clore ce fil. Merci.

En effet, si l’on prenait, point par point, la longue liste des mensonges de la droite pour les abattre l’un après l’autre, ces mensonges qui sont à la fois à l’origine du succès de la droite la plus cynique et une insulte à la démocratie, on aurait du boulot pour un moment.

Nous savons que le mensonge se dissout dans le temps. Il suffit d’être patient pour juger de ce qui va séparer la réalité, des discours. Mais comme tu le dis, certains n’auront alors plus que leurs yeux pour pleurer.

55)
Chichille
, le 19.07.2007 à 08:09
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L’intervention d’Alec6 montre bien que le “laisser faire – laisser aller” qui est au cœur de la doctrine (néo-)libérale n’est pas forcément la meilleure solution économique. C’est parce que l’État a joué un rôle important d’organisateur en France que les investisseurs étrangers trouvent pratiquement partout les structures (routes, transports, écoles, hôpitaux, tissu commercial…) qui rendent la vie agréable et pratique, y compris pour les entreprises, qu’ils s’installent chez nous, et pas seulement dans les grandes villes.

Le libéralisme est un système économique décérébré qui croit que les choses s’arrangent toutes seules. Ne jamais oublier qu’Adam Smith était un pasteur, ce qui explique assez bien qu’il ait cru à une divinité, la “main invisible”, qui agirait comme une bienveillante et efficace Providence.

Certes, il se croyait réaliste et expliquait que si le boucher vendait de la bonne viande, c’était pour faire des affaires et non par altruisme. Il oubliait seulement que si le boucher pouvait gagner encore plus d’argent en vendant de la mauvaise viande, il n’allait surtout pas se gêner.

La plupart des (néo-)libéraux sont en réalité des naïfs. À côté de quelques cyniques conscients de l’inefficacité et de la cruauté du système, mais qui pensent être assez forts pour l’exploiter à leur bénéfice personnel, on trouve une masse de moutons de Panurge qui croient vraiment que les choses s’arrangent toutes seules et que les entreprises sont là pour agir au mieux. Une espèce d’anarchisme de droite…

57)
alec6
, le 19.07.2007 à 11:54
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… anarchisme de droite.

Bonne remarque Chichille, aujourd’hui l’anarchisme est totalement à droite. La droite ne veut effectivement plus d’Etat ni contrôles ni instance régulatrice ou autre système indépendant pour lui rappeler non seulement ses droit, elle n’a besoin de personne pour cela, mais surtout ses devoirs, qu’ils soient sociaux, fiscaux ou environnementaux !

C’est le but affiché du locataire élyséen ! Vider l’Etat de sa substance, ne conserver que ce qui le sert : la police, la justice et baste ! même l’armée ne lui sert plus à grand chose. Quant aux médias, dois-je refaire le couplet de TF1, Le Lay et les cervelles disponibles au service de Coca, Bouygues et consort…

Sans transition aucune, comme on dit, savez vous que le déficit de la sécu et d’Eurotunnel sont semblables ? Soit environ 9 milliards d’Euros. Et quels sont les budget de ces deux organismes ? Hum ? Histoire de ramener les “trous” à leur juste proportion ! Et question fatale, à qui doit-on cet argent ? Allez, je vous laisse chercher sur internet…

59)
ToTheEnd
, le 19.07.2007 à 12:09
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Je voulais tout de même amener un peu d’eau dans ce vin qui me semble bien épais.

Certaines évolutions technologiques n’auraient tout simplement pas eues lieu si des marchés n’avaient pas été partiellement/complètement privatisés.

Je ne suis pas pour une vente aveugle et massive de l’Etat et de ses biens. Mais l’Etat doit offrir un cadre qui assure le développement contrôlé de ces privatisations…

Je suis également contre des investisseurs qui achèteraient le Louvre, le videraient et ensuite, mettraient la clé sous le paillasson (on dit ça en France?).

T

60)
Chichille
, le 19.07.2007 à 12:40
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Certaines évolutions technologiques n’auraient tout simplement pas eues lieu si des marchés n’avaient pas été partiellement/complètement privatisés.

Pourrais-tu donner des exemples ???

La mise au point de ces évolutions technologiques grâce à la privatisation constitue-t-elle une règle ? Et si tu penses que oui, peux tu l’argumenter ?

Je note à nouveau que la critique de droite dans cette discussion a tendance à botter en touche en parlant d’autre chose et en ne fournissant pas d’argument vérifiable. Toujours le dogmatisme et la théologie.

61)
alec6
, le 19.07.2007 à 15:03
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“Certaines évolutions technologiques n’auraient tout simplement pas eues lieu si des marchés n’avaient pas été partiellement/complètement privatisés.” TTE

Sans vouloir faire l’apologie du “tout étatisé” il n’est pas évident que les technologies de pointes dussent leur qualité à la fameuse “concurrence”… j’en veux pour preuve la conquête spatiale, le nucléaire, internet (armée américaine et CERN), les trains grande vitesse (Shinkansen, TGV, ICE…), la médecine… ou plus simplement la recherche fondamentale sans laquelle nos gadgets quotidiens ne seraient pas (lasers, GPS, informatique et cie).

Je ne crois pas qu’un système soit intrinsèquement meilleur que l’autre, mais simplement que le système étatisé est surement plus lent mais beaucoup moins coûteux à l’inverse du second. La concurrence coûte cher en énergie, en moyens, en financements, en personnel…

Comme se plait à le rappeler souvent Saluki (et d’autres) ce n’est pas en cherchant à améliorer la bougie et la lampe à huile qu’on a inventé l’ampoule électrique. Là encore les inventions (réelles ou attribuées – un autre mythe à fusilier)) d’Edison en consort n’ont pas leur origine dans la concurrence ou la “Recherche d’Etat”, mais dans l’opiniâtreté d’un ou de plusieurs individus à qui l’Etat ou de riches industriels ont fourni les moyens techniques et financiers.

Le problème n’est pas la privatisation, mais la volonté qu’ont ou non, les dirigeants d’entreprises à parier sur une technologie ou sur une autre et ce, indépendamment de leurs créditeur de fin de mois…

62)
ToTheEnd
, le 19.07.2007 à 15:17
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La mise au point de ces évolutions technologiques grâce à la privatisation constitue-t-elle une règle ? Et si tu penses que oui, peux tu l’argumenter ?

Pas de problème… mais je trouve ton dernier paragraphe de trop. Si tu veux une explication, les quelques lignes précédentes étaient suffisantes pour la demander. Les phrases suivantes ne servent qu’à faire un amalgame que je trouve maladroit, comme tous les amalgames.

Il y a quelque temps, j’avais parlé de la bourse et ce à quoi elle servait. J’y faisais notamment mention que certains grands projets n’auraient pas pu être initiés par des investisseurs privés tant les montants financiers étaient astronomiques (sans parler des garanties que l’Etat était le seul à pouvoir fournir). Dans bien des cas, seul l’Etat peut lancer des projets au niveau national comme les routes (toutes confondues), les télécommunications ou encore des projets industriels qui traitent de sujets sensibles comme l’énergie ou l’armement.

Si tu veux un exemple, je ne t’en donnerai qu’un puisque c’est celui que je connais le mieux (en cherchant un peu, il y en aurait d’autres): les télécoms.

Si la Confédération n’avait pas ouvert le marché en 1998, tous nos teenagers en herbe ne gueuleraient pas sur la différence entre le xDSL en Suisse et en France… ils se demanderaient tout simplement pourquoi on en est encore au dial-up et pourquoi une connexion à 2 Mbit/s fixe à Internet coûte CHF 4’850.- par mois (sauf erreur de ma part, c’était le prix en 1998).

Ouvrir ce marché à la concurrence ainsi que vendre le capital de ces entreprises au public et différents investisseurs a permis de dynamiser le marché sans aucune commune mesure. Les innovations ainsi que les choix proposés sont tout simplement incomparables.

Si tu veux une preuve de ce que je dis, je te propose de regarder du côté des pays qui offrent encore un seul opérateur… et les services qu’ils offrent et pour quel prix. Le pire, ce n’est pas de vivre dans ces pays là mais bien d’essayer de bosser avec eux! (Je plaisante hein)

Bref, il ne fait aucun doute qu’il existe des entreprises étatiques qui sont biens gérées et qui s’adaptent aux demandes de leurs clients (tu remarqueras, je n’emploie pas le terme “abonnés” ou “contribuables”). Toutefois, force est de constater que ce n’est pas une généralité.

Enfin, avant que tu ne fasses encore un amalgame avec mes propos, je tiens à préciser que je ne suis pas pour une privatisation sauvage et j’exècre des phrases du genre “tu marches ou tu crèves” pour résumé une société qui doit changer.

Le fait est que la France appartenait à environ 200 familles au 19ème siècle et qu’aujourd’hui, ce chiffre a beaucoup changé puisque la “richesse” est bien plus diluée.

Je sais, il y a encore beaucoup trop de riches ou de pauvres, c’est selon. Mais il nous est facile d’être conditionné par nos chers médias quand ils titrent “1 million de pauvres en Suisse” qui correspond à des statistiques que je ne remets aucunement en doute. Par contre, j’aimerais bien savoir quel était ce ratio dans les années 1920 en Suisse comme en France quand on sait que la seule fortune de millions de personnes, c’était d’avoir du pain sur la table en bossant 72 heures par semaines dès l’âge de 12 ans.

J’espère avoir répondu à ton interrogation… et ne pas avoir été trop dogmatique.

alec6: quand je parlais d’évolution technologique, j’employais ce terme de façon large (mea culpa). Je trouve que l’accès du plus grand nombre à la voiture par exemple est une évolution même si on sait tous aujourd’hui que ça a des conséquences.

T

63)
Karim
, le 19.07.2007 à 15:59
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Si la Confédération n’avait pas ouvert le marché en 1998, tous nos teenagers en herbe ne gueuleraient pas sur la différence entre le xDSL en Suisse et en France… […] Ouvrir ce marché à la concurrence ainsi que vendre le capital de ces entreprises au public et différents investisseurs a permis de dynamiser le marché sans aucune commune mesure. Les innovations ainsi que les choix proposés sont tout simplement incomparables.

Je ne suis pas spécialiste et je risque un commentaire de simple citoyen. Il me semble tout d’abord que tu portes le débat sur le seul terrain des prix et des hypothétiques bienfaits de la concurrence, alors qu’il était question de nouveauté technologique.

Mais même en te suivant sur ce terrain l’exemple me semble mal choisi : les opérateurs privés ont profité d’infrastructures en place dans lesquelles l’état avait inversti lourdement pendant de nombreuses années.

Si l’on considère ainsi le cas de la téléphonie portable, ouverte d’emblée (ou presque, corrigez-moi) à la concurrence, on relève en France des prix élevés.

N.B. Je précise également afin d’éviter tout nom d’oiseau lié à mon éventuel dogmatisme que je suis favorable à une société avec du marché… (bon, je n’ai pas dit une société de marché ;-))

64)
ToTheEnd
, le 19.07.2007 à 16:15
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Je ne suis pas spécialiste et je risque un commentaire de simple citoyen. Il me semble tout d’abord que tu portes le débat sur le seul terrain des prix et des hypothétiques bienfaits de la concurrence, alors qu’il était question de nouveauté technologique.

Je répète, j’employais de terme technologique au sens large et ce n’est pas que le prix où le consommateur a gagné (au contraire). On n’a pas droit à un accès à 56k pour 10 balles par mois au lieu de 50.

Les nouveaux opérateurs ont aussi dû payer des concessions, créer des emplois, développer des infrastructures (seul le last mile Swisscom était utilisé, il a bien fallu construire autour), ces mêmes entreprises ont payé des impôts, etc., etc.

Donc, l’Etat reçoit bien quelque chose en retour sans parler de l’économie en général qui voit apparaître de nouvelles entreprises et de nouveaux métiers grâce à l’accès en masse des habitants à ces technologies.

Enfin, je ne sais pas si le mobile est cher ou non, je n’ai jamais vu de facture de ma vie. Toutefois, ce que je sais, c’est que ce n’est pas un traitement contre le cancer ou une autre maladie mortelle qui s’il est arrêté te tuera. Par conséquent, tu peux arrêter d’appeler via “mobile” et économiser plein d’argents.

Si je me permets cette pique d’humour, c’est parce que les gens trouvent chers un “besoin” qu’ils ont créé eux-mêmes et je trouve ça un peu exagéré. C’est comme si moi je ne mangeais que du caviar tous les jours et que je dirais “je trouve ça toute de même un peu cher pour des œufs de poisson”.

T

65)
Karim
, le 19.07.2007 à 16:57
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Enfin, je ne sais pas si le mobile est cher ou non, je n’ai jamais vu de facture de ma vie. Toutefois, ce que je sais, c’est que ce n’est pas un traitement contre le cancer ou une autre maladie mortelle qui s’il est arrêté te tuera. Par conséquent, tu peux arrêter d’appeler via “mobile” et économiser plein d’argents.

Si je me permets cette pique d’humour, c’est parce que les gens trouvent chers un “besoin” qu’ils ont créé eux-mêmes et je trouve ça un peu exagéré. C’est comme si moi je ne mangeais que du caviar tous les jours et que je dirais “je trouve ça toute de même un peu cher pour des œufs de poisson”.

Cette fois, plus aucun rapport avec le sujet. Étonnant de la part de quelqu’un d’assez logique par ailleurs.

Je veux bien te suivre de nouveau sur ce terrain : je n’ai pas de mobile, je n’en ai pas l’utilité.

Mais il s’agissait d’apprécier les vertus de la concurrence sur tel ou tel secteur (en l’occurrence la téléphonie), pas décréter que l’on pouvait se contenter de vivre dans des grottes.

Quoique l’on pourrait rejoindre nos préoccupations : seul, en concurrence avec ses congénères, l’homme de cro-magnon ne vaudrait pas un rond. Il doit s’organiser en communautés pour survivre. etc.

66)
ToTheEnd
, le 19.07.2007 à 17:30
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Mais il s’agissait d’apprécier les vertus de la concurrence sur tel ou tel secteur (en l’occurrence la téléphonie), pas décréter que l’on pouvait se contenter de vivre dans des grottes.

Mmmhh… mais c’est toi qui a parlé du prix des communications sur mobile, je t’ai suivi dans cette direction…

Alors revenons spécifiquement au secteur et à sa concurrence: quand on a commencé à parler du remplaçant du GSM, plusieurs opérateurs ont annoncé le développement d’un réseau UMTS. Toutefois, ça aurait pris des années et on a vu des normes intermédiaires comme EDGE sortir pour pallier à l’attente. Swisscom a aussitôt déclarer qu’ils ne développeraient pas de service sur cette technologie et immédiatement, tous les autres opérateurs ont annoncé qu’ils supporteraient cette dernière!

Quelques mois plus tard, Swisscom annonçait qu’ils supporteraient aussi cette technologie.

Encore une fois, sans concurrence, nous en serions restés au GSM avec 10 balles par MB downloadé et on aurait eu l’UMTS en 2030 (ok, 2020…).

T (qui ne fait pas la gueule mais doit partir à un tournoi)

67)
Okazou
, le 19.07.2007 à 17:41
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« Allez, je vous laisse chercher sur internet… »

Allez, donne-nous les clefs…

68)
Okazou
, le 19.07.2007 à 17:47
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« Pas de problème… mais je trouve ton dernier paragraphe de trop. Si tu veux une explication, les quelques lignes précédentes étaient suffisantes pour la demander. Les phrases suivantes ne servent qu’à faire un amalgame que je trouve maladroit, comme tous les amalgames. »

Ou quand Chichille fait son Okazou.
Chichille est bien meilleur quand il reste Chichille (spéciale François)

« il nous est facile d’être conditionné par nos chers médias quand ils titrent “1 million de pauvres en Suisse” qui correspond à des statistiques que je ne remets aucunement en doute. Par contre, j’aimerais bien savoir quel était ce ratio dans les années 1920 en Suisse comme en France quand on sait que la seule fortune de millions de personnes, c’était d’avoir du pain sur la table en bossant 72 heures par semaines dès l’âge de 12 ans. »

Il ne faudrait pas imaginer que cette évolution serait due à l’expansion du  «Marché ». Si l’on ne bosse plus en Europe à 12 ans, ce n’est pas aux patrons qu’on le doit. C’est toujours valable aujourd’hui et la présence de l’État comme la permanence des luttes sociales sont les vraies clefs pour faire progresser la société vers moins de pauvreté et une meilleure redistribution des richesses produites.

69)
Okazou
, le 19.07.2007 à 18:11
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« Encore une fois, sans concurrence, nous en serions restés au GSM avec 10 balles par MB downloadé et on aurait eu l’UMTS en 2030 (ok, 2020…). »

Encore une fois, avec la concurrence, nous avons été mis profond depuis la disparition du service (tout à fait à la mesure des besoins de la population) de renseignement téléphoniques.

Un système simple et peu coûteux remplacé par un système très onéreux et complexe.

70)
Karim
, le 19.07.2007 à 19:04
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Mmmhh… mais c’est toi qui a parlé du prix des communications sur mobile, je t’ai suivi dans cette direction…

Je suis pointilleux, donc je te mets les points sur les i : entre le sujet “impact de la concurrence sur les prix (appliqué entre autres aux mobiles)” et tes considérations morales sur la possibilité de se passer d’une technologie (en l’occurrence le mobile) sous prétexte qu’elle n’est pas vitale, il n’y a pas de rapport.

Maintenant, je trouve très amusant de te voir devenir un chantre de la décroissance… ;-)

Pour en revenir à présent à nos moutons concurentiels (auxquels tu reviens en effet dans ce dernier commentaire), je ne peux plus suivre dans ce domaine, je connais trop peu le secteur de la téléphonie mobile, surtout suisse ! (je m’en passe mais je ne vivrais pas dans une grotte, j’aime beaucoup la ville… à pied et à vélo ).

71)
Chichille
, le 19.07.2007 à 19:16
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Je ne peux pas profiter lâchement de ce que le preux chevalier TTE soit parti tournoyer pour lui répondre. D’ailleurs, Alec6, Karim et Okazou ont très bien fait ça. Je noterai juste que :

1) TTE me donne un exemple qu’il connaît bien, les télécoms, selon une analyse dont la pertinence est d’autant moins évidente qu’il se passe lui même de portable. Bon, d’accord, là, je frise la mauvaise foi. Mais comme c’est juste une fois, je me pardonne.

On pourrait d’ailleurs prendre comme contre-exemple le développement de la construction aéronautique civile en France, depuis la dernière guerre, qui a «décollé» (bof ! oui…) grâce à une volonté étatique constante et ferme. On peut également reprendre ce que je disais au sujet des infrastructures du pays qui contribuent très fortement à son attractivité économique.

2) Plus sérieusemeent, il ne répond pas à ma question, qui est de valider son affirmation de manière globale, pas seulement sur un exemple. D’accord, ça mériterait au moins une thèse. Il a bien dû y en avoir d’ailleurs, probablement démontrant tout et son contraire. Si quelqu’un a des vues sur le sujet…

3) Il ne répond pas davantage aux arguments d’Alec6, dont le 2e paragraphe de mon premier point est assez voisin : pas de développement technologique et privé sans recherche et infrastructures initiées par le public !

4) Dans le même ordre d’idée que la «privatisation» du 12 évoquée par Okazou, j’aimerais savoir ce qu’il pense de la «privatisation» du marché de l’énergie en Europe. Pour mémoire, l’Union européenne oblige M. EDF à vendre de l’électricité pas chère, qu’il sait fabriquer, à M. Poweo, qui serait bien incapable d’en faire autant. Astucieux comme il l’est, M. Poweo revend son électricité très chère à quelques couillons libéraux. La seule innovation technique consiste à rebaptiser le compteur du couillon libéral. À noter que, officiellement, le couillon libéral n’est pas le client qui s’éclaire (il aurait dû le faire avant !), mais le lieu ou il habite. En effet, il règne en France, pays de la gabegie, un scandale abominable : non seulement il y a un seul fournisseur d’électricité, mais en plus l’État l’oblige à vendre à un prix raisonnable. C’est INSUPPORTABLE !!! Donc désormais, tout appartement ou toute maison qui sera branché sur le courant libéral cher se verra interdire d’être illuminé par la grâce et de resigner un contrat étatique bon marché. Ça ! c’est de la concurrence !

A noter que M. EDF, qui sait faire le libéral quand ça l’arrange, avait commencé par vendre son courant cher à M. Poweo. Celui-ci est allé pleurer dans les jupes de la Commission, qui a fait les gros yeux à M. EDF. Et c’est comme ça que M. Poweo espère s’enrichir à ne rien faire d’utile.

On notera au passage que la foi libérale de l’Union Européenne a permis, sinon de transporter les montagnes, du moins de faire vendre l’électricité par une usine à gaz.

NOTE qui n’a rien à voir : pendant que TTE partait tournoyer, j’ai tester le nouveau Velib’ de la Ville de Paris. Ben ! 22 kg, c’est pas léger léger ! (ma bécane à moi doit en faire une dizaine)

NOTE exclusivement à l’usage de François-qui-veille-sur-nous-depuis-le-Var (le département le plus ripoux de toute la France avec les Alpes-Maritimes et les Hauts-de-Seine) : dans la dernière livraison du Monde2 (14 juillet, taratata !), la rubrique «photographe amateur mais qui mérite d’être connu» est consacré à un M. Philippe Deschamps, de Calais, qui déclare :

«Bientôt à la retraite, je pratique la photo banale depuis plus de quarante ans, avec une prédilection pour le noir et blanc argentique. J’aime le contact du papier, de la pellicule et les photos ratées. comme une manière de freiner la domination du numérique (que je pratique néanmoins), je me suis mis aux procédés anciens, cyanotypie et gomme bichromatée. Les photos que je vous adresse sont des diapositives transférées sur plaques de verre anciennes. J’en aime bien le rendu suranné.»

Je ne sait pas si ce monsieur de Calais (un bourgeois ?) est de droite ou de gauche, mais j’aime bien sa déclaration.

72)
Chichille
, le 19.07.2007 à 19:29
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PS : j’ai peut-être été un peu longuet, là, au-dessus ? Non ? Du coup je n’ai pas répondu aux remarques féroces de TTE et Okazou à mon égard. Tous deux paraissent être d’accord sans l’être tout en l’étant, ou quelque chose comme ça. Je me sens tout déstabilisé.

En tout cas, Okazou me disant que je fais du Okazou avec un clin d’œil à François … Je ne regrette pas ma journée !

Bon, je vais tâcher de rester chichillien, avec de la sueur, du sang et des larmes. Comment ça, ca ne veut rien dire ?

73)
ToTheEnd
, le 19.07.2007 à 21:41
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La pluie s’étant permise de s’inviter avant même que je ne puisse embrocher mon adversaire… nous avons bu un verre.

Je signale que ma simple intervention sur 3 paragraphes a entraîné pas mal de commentaires de différentes personnes. Semblant seul sur le coup, je ne vais pas pouvoir répondre à tout le monde (ce n’est pas l’envie qui m’en manque mais le temps).

Tout d’abord, sache que j’ai un téléphone mobile depuis bien longtemps (1994?) mais que ce n’est pas moi qui paye directement les factures (oui, un des avantages de ce travail).

Si je ne réponds pas à A6 (je ne parle pas de l’autoroute), c’est que je suis d’accord avec lui. Beaucoup d’inventions majeures proviennent du secteur public. Je n’ai toutefois pas de statistique entre privé/public. Qui de ces deux secteurs a le plus contribué en terme d’invention? Personne ne peut répondre à cette question tant les critères de sélection sont complexes et impossibles à définir.

Mais dans le fond, je l’avoue, la réponse ne m’intéresse guère car je pense qu’une bonne idée doit quitter un laboratoire. Pour ce faire, je ne pense pas qu’une seule structure soit bonne pour inventer, développer, produire, distribuer et vendre. Toutes ces étapes font appellent à des métiers différents, des compétences diverses.

Penser que l’Etat peut tout gérer de A à Z, c’est une histoire déjà vue et qui n’a pas franchement fonctionné.

Pour ton histoire d’électricité, je n’ai pas franchement de réponse à apporter puisque bien que le sujet (l’électricité) m’intéresse, il n’y a pas 2’000 façons de produire de l’électricité et pas 2’000 manières de la distribuer… donc parler de concurrence, c’est un peu abuser d’après moi. Mon impression c’est qu’on cherche juste à faire pression sur ces institutions qui gagnent un peu trop et facilement de l’argent (ici, les producteurs et distributeurs d’électricité ont une marge nette supérieure à 25%… un record).

Bref, et ça sera mon mot de la fin, je ne pense pas qu’un système soit bon ou mauvais à 100%.

Même si on appliquait le “système parfait” à tes yeux, il y aura de nouveaux problèmes et forcément, des mécontents. Récemment, une chanson faisait référence à Sarko en disant “il y a toujours un con qui veut sauver la France” mais à l’inverse, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de cons qui veulent sauver la France de Sarko.

Que ce soit clair, je ne vise personne, c’est une façon de parler.

Aucun système n’est bon car aucun ne répondra à 100% des ambitions, des envies ou des besoins de la population pour une raison ou pour une autre.

A mon échelle, j’évalue et analyse les choses au cas par cas et évite les pensées du style “tous des salauds” ou celles de groupe (les pires d’après moi). Je me rends compte qu’il y a des méchants, des profiteurs et des salauds. Mais je sais aussi qu’il y a aussi des idiots, des rêveurs et des naïfs.

Le bon système, c’est probablement le chaînon manquant que tout bon anthropologue cherche ou a cherché mais qui n’existe pas. Chaque action entraîne une réaction qui demande une réponse. C’est ça la réalité.

Je pense avoir tout dit et ne reviendrai pas sur ce fil.

De plus, je dois filer car j’ai reçu un nouveau jouet.

T

74)
Atypo
, le 19.07.2007 à 21:45
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mais dans l’opiniâtreté d’un ou de plusieurs individus à qui l’Etat ou de riches industriels ont fourni les moyens techniques et financiers.

Là, tu peux, éventuellement, nous éclairer (Edison), parce que si tu as des informations relativement certaines, ça serait bien de préciser… ;-)

75)
Chichille
, le 19.07.2007 à 22:23
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Certaines évolutions technologiques n’auraient tout simplement pas eues lieu si des marchés n’avaient pas été partiellement/complètement privatisés

Le triste, c’est qu’on tourne en rond parce rien de ce qui suit ne vient en soutien de cette affirmation.

Bref, et ça sera mon mot de la fin, je ne pense pas qu’un système soit bon ou mauvais à 100%

Tout ça pour ça ?

Je préfère mon vin “un peu épais” à ta bibine.

76)
alec6
, le 20.07.2007 à 13:40
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Pour clore (j’espère) le débat sur le privé et le public dans la téléphonie, je prendrais l’exemple des télécoms françaises.

Pendant des lustres, les PTT en France étaient minables ! La Poste fonctionnait à merveille, mais le téléphone ! “La moitié des français attendaient une ligne pendant que l’autre moitié attendait la tonalité !” se plaisait-on à dire. On a créé France Télécom (toujours d’Etat) et les choses ont enfin changé au début des années 80… automatisation, centraux électroniques, lignes spécialisées, liaison optique inter centraux, Minitel (!), pour 300FF où que l’on soit on faisait placer le téléphone : que ce soit dans un immeuble parisien déjà câblé ou au fin fond de la verte avec 1 bon km de ligne à tirer (et son lot de poteaux en sapin) pour une mamie dans sa ferme peaumée…

Et le numérique ET les privatisations arrivèrent aussi bien avec la droite qu’avec la gauche. On a donc privatisé à 80% (ou qq chose comme ça) “l’opérateur historique”. Aujourd’hui pour 29,90€ par mois chez Free par exemple, j’ai le téléphone gratuit pour l’Europe entière et une bonne part du reste, la TV numérique, 100 chaînes et un boitier Mimo avec disque dur et cie ET internet très haut débit (20Mo environ). Pour le même prix j’aurais dans mon quartier la fibre optique en direct (100Mo entre autres) dans qq mois. Si en revanche je n’ai conservé que France Télécom cela me coutera près du double sans boitier numérique et cie…

Evidemment, quand on ne regarde que la Lune et pas du tout le doigt et celui qui le tend, on se dit benoitement que tout cela s’est réalisé par la grâce de la libéralisation du marché des télécoms !
Un peu court non ?

La concomitance de deux évènements ne crée pas le lien causal qu’on voudrait lui voir attribuer. Ce principe est d’ailleurs à la base de tous les mythes depuis des millénaires !

1- Rien ne prouve qu’un seul opérateur nationalisé n’aurait pas pu faire aussi bien (à l’époque du Minitel, celui-ci était gratuit).
2- Ce qui est gratuit dans le public est payé par les impôts (or ce sont les riches qui théoriquement en payent le plus).
3- Ce qui est gratuit dans le privé est payé par la pub, par la qualité du SAV (inexistant !), par les coûts cachés (tel appel surfacturé, tels numéros de tel opérateur payants et non gratuit…)
4- Les progrès techniques n’ont rien à voir avec les astuces marketing et financières des entreprises.
5- Les “économies” réalisées dans le privé se font au détriment non seulement du service global (mais tant que “ça” marche, on ne s’en aperçoit pas), mais aussi des salariés moins payés qui, moins riches, consomment moins et, lentement mais surement, appauvrissent globalement l’ensemble ! Mais l’opérateur privé et l’actionnaire ne voient pas à long terme, ça se saurait !

77)
alec6
, le 20.07.2007 à 13:50
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A propos de pub, j’oubliais de préciser que la pub est payée par les marques qui diluent ce coût dans le prix de vente de leurs produits. Ainsi quand j’achète un yaourt Danone et non un générique moins cher, je paye l’émission de divertissement de la télé ou une part de mon abonnement pour mon mobile ou mon “triple play” ou tout ce que vous voudrez d’autre.

La pub est en quelque sorte un impôt privé qui “paye” la “gratuité” consommée.

Mais je ne l’apprend à personne je pense.

78)
Saluki
, le 20.07.2007 à 18:49
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Bon, ça fait plaisir d’être de retour en Champagne.

Vous ne pouvez pas savoir le bonheur que représente, quand il y a un peu de connexion, le plaisir de voir la page d’accueil de cuk s’ouvrir dans un milieu au pire hostile, au mieux bordélique.
C’était la séquence : “compliments pour la qualité de service d’Algérie Télécom”.

Je passe un peu de temps dans l’univers kafkaïen d’entreprises d’Etat au sens stalino-burlesque. “Ils” veulent entrer dans l’OMC et “donc” vont privatiser un certain nombre d’entreprises qui n’ont rien à faire dans le domaine régalien.

Un chef d’entreprise reçoit une partie non négligeable de sa rémunération en fonction de la réussite du plan, ou “programme”. S’il fait 102%, c’est bingo. Mais le plan n’a rien à voir avec la capacité installée, ça peut être 10%. Cependant l’effectif de l’entreprise est “ajusté”…à la capacité installée avec quand même quelques redondances en plus. Alors j’espère que vous avez bien compris que le “résultat” est lié à la production, et non aux ventes. Il y a généralement un clampin qui ne bouge pas son c… de derrière son bureau et attend la commande d’une autre société d’état.
C’est ainsi qu’une entreprise qui tourne à 18% de sa capacité, depuis quelques années, a l’équivalent d’une année de capacité en stock.

Il y a des moments où je crois que la libre entreprise – et tous ses défauts – n’en a pas beaucoup plus que ce système.

Ah, une petite dernière: Comment parvenir, dans ces conditions à plus de 99% de premier choix? C’est simple: ce chiffre est le rapport du poids de ce qui va au stock et des matières premières sorties de stock MP… Je me suis fait un copain en disant au PDG qui me donnait ces chiffres que je n’avais pas trouvé le nom de sa boîte dans le Livre Guinness des Records.

Et la grève dans tout çà?
Elle existe tout autant: une autre boîte est en grève depuis presqu’un an.

Le téléphone: j’ai bien entendu une puce locale, mais j’ai appelé de France avec “Orange” le taxi qui devait venir me chercher parce que mon vol AF avait une heure et demi de retard au décollage de CDG. Coût hors forfait de 4 euros 50 pour dire: “Allô, Mourad? Attention, j’ai une heure et demie de retard au décollage, téléphone dans 3 heures à l’aéroport pour savoir quand j’arrive”. Je ne sais pas qui se gave au roaming, mais c’est bon pour eux.

79)
zitouna
, le 20.07.2007 à 23:54
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Karim, ton lien est MAGNIFIQUE!
z (à vélo, tout est plus beau, je répêêêête: à vélo, tout est plus beau)