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L’assistance au suicide

"Après mon dernier repas
Je veux que l'on m'installe
Assis seul comme un roi
Accueillant ses vestales
Dans ma pipe je brûlerai
Mes souvenirs d'enfance
Mes rêves inachevés
Mes restes d'espérance
Et je ne garderai
Pour habiller mon âme
Que l'idée d'un rosier
Et qu'un prénom de femme
Puis je regarderai
Le haut de ma colline
Qui danse qui se devine
Qui finit par sombrer
Et dans l'odeur des fleurs
Qui bientôt s'éteindra
Je sais que j'aurai peur
Une dernière fois".

(Extrait de "mon dernier repas", Jacques Brel)

Je ne sais ni quand ni où je prendrai mon dernier repas et je peux encore espérer que je m'endormirai simplement un jour trop longtemps...

D'autres personnes, en revanche, savent exactement où et quand elles mourront, parce que, confrontées à une maladie incurable, elles décident, en pleine possession de leur capacité de discernement, de mettre fin à leur vie, pour différentes raisons qu'il ne m'incombe en aucun cas de juger.

Ces dernières années, le débat autour de l'assistance au suicide a fait couler beaucoup d'encre, tant en Suisse qu'à l'étranger, d'une part parce que certains milieux voudraient édicter une réglementation légale détaillée à ce sujet, à l'instar de certains pays européens, tandis que d'autres estiment que les règles existantes sont suffisantes, d'autre part parce que l'ingurgitation d'un cocktail létal suscite de fortes réactions émotionnelles : ainsi, selon ses convictions, morales, religieuses, selon son expérience de vie, on peut "comprendre" ou, au contraire, "condamner" une telle démarche .

Les thèmes du suicide et de l'aide au suicide peuvent être abordés tant sur le plan "éthique" que sur le plan juridique; incompétente pour réellement traiter ce sujet sous l'angle "moral", je vais me contenter de brosser un bref tableau du contexte juridique dans lequel s'exerce ce droit en Suisse.

Toutefois, avant d'ouvrir le Code pénal suisse (CPS) ainsi que la loi vaudoise sur la santé publique (LSP), il me semble judicieux de préciser les termes de "euthanasie" et de "assistance au suicide", ceci notamment pour éviter toute ambiguïté ultérieure.

L'euthanasie est dite active lorsqu'elle consiste dans un acte (injection létale) réalisé dans le but d'abréger la vie du patient. La mort est donc due à la substance administrée par un tiers.

Elle est dite passive lorsqu'un "moyen" n'est plus mis en oeuvre, ce qui entraîne comme conséquence que la vie du malade est abrégée (arrêt d'un appareil respiratoire notamment).

L'euthanasie est encore dite indirecte lorsque l'administration d'un produit a comme conséquence "secondaire" la mort du patient, le but premier étant toutefois de soulager d'importantes douleurs notamment.

Finalement, l'assistance au suicide consiste à mettre à disposition d'un malade un cocktail létal, qu'il va ingérer seul, sans l'aide d'un tiers, dont la "contribution" se limite à mettre à disposition le breuvage.

Aujourd'hui, seule la problématique de l'assistance au suicide sera abordée; dans un prochain billet, je me pencherai de façon plus détaillée sur celle de l'euthanasie, l'examinant au regard d'autres législations, européennes en particulier mais également américaines.

En Suisse, qui dit "assistance au suicide" pense généralement à deux associations, l'une "suisse romande", l'autre "suisse allemande" : "Exit" (association pour le droit de mourir dans la dignité) et "Dignitas" (Menschenwürdig leben, menschenwürdig sterben).

Dans quel contexte juridique vont se mouvoir ces personnes qui accordent une assistance au suicide dans notre pays ? L'assistance au suicide à proprement parler doit être examinée à la lumière de l'article 115 CPS.

Cette disposition prévoit que "celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire". En d'autres termes, l'assistance n'est pas punissable si l'auteur de l'aide octroyée ne poursuit pas un but "personnel" (hériter, mettre fin à un conflit, éviter de prendre en charge une personne, qu'elle soit malade ou non ou simplement âgée).

L'euthanasie active, quant à elle, est punissable en raison de l'art. 114 CPS : "celui qui, cédant à un mobile honorable, notamment à la pitié, aura donné la mort à une personne sur la demande sérieuse et instante de celle-ci sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire".

J'aimerais évoquer encore les directives anticipées (ou dites également testament biologique), telles que proposées depuis des années par Exit; ces directives peuvent être rédigées par chacun, le texte soumis par Exit n'étant qu'une proposition de formulation : "après mûre réflexion et en pleine possession de mes facultés, je, soussigné(e), demande que soient considérées comme l'expression de ma volonté les dispositions suivantes :
- que l'on renonce à toute mesure de réanimation si mon cas est désespéré ou incurable ou si, à la suite d'une maladie ou d'un accident, je devais être gravement handicapé(e) physiquement ou mentalement.
- qu'une médication antalgique à dose suffisante me soit administrée pour apaiser mes souffrances, même si celle-ci devait hâter ma mort".

Ce testament biologique trouve un ancrage légal, dans le canton de Vaud, à l'art. 23a LSP, qui indique que "toute personne capable de discernement peut rédiger des diretives anticipées sur le type de soins qu'elle désire recevoir ou non dans des situations données où elle ne serait plus en mesure d'exprimer sa volonté (...)". L'on voit donc que par ce biais-là, il a été légiféré sur la problématique de l'euthanasie dite indirecte.

Les statuts d'Exit prévoient que "pour être admis à faire partie de l’Association à titre individuel, il faut être domicilié en Suisse, être majeur et jouir de l’exercice de ses droits civils" (art. 5 ch 2 Statuts). Les statuts de Dignitas précisent, quant à eux, que "Mitglied bei DIGNITAS können grundsätzlich alle volljährigen Personen werden. Allerdings möchten wir ausdrücklich darauf hinweisen, dass DIGNITAS seinen Mitgliedern aus rechtlichen Gründen nur auf Schweizer Staatsgebiet die angebotenen Hilfestellungen leisten kann" (peuvent devenir membres de Dignitas toutes les personnes majeures. Toutefois, nous attirons expressément l'attention sur le fait que l'aide proposée ne peut être octroyée que sur le territoire suisse").

Ainsi, il a été "dit" que se pratiquait en Suisse un "tourisme de la mort", provenant de ce que certaines personnes se sont rendues et se rendront encore dans notre pays dans le seul but de pouvoir réaliser leur volonté, volonté à laquelle la législation de leur pays s'opposait ou s'oppose toujours.

Je suis, personnellement, totalement opposée à ce "tourisme", non pas que je ne puisse accepter que des gens viennent mourir en Suisse : je n'arrive juste pas à accepter qu'ils ne puissent le faire dignement dans leur pays, chez eux "à la maison" s'ils le souhaitent, entourés par leurs proches.

Finalement, j'espère que les gens qui font le choix de mettre fin à leur vie, que ce soit par refus de l'acharnement thérapeutique, par crainte de leur déchéance ou par refus des soins palliatifs, n'ont pas "peur une dernière fois" : à mes yeux, il faut beaucoup de courage pour prendre une telle décision.

52 commentaires
2)
Divoli
, le 02.07.2007 à 00:47
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Bon sang, c’est dur de lire tout cela, surtout un dimanche soir. Je vais être déprimé durant toute la semaine… :D

3)
pter
, le 02.07.2007 à 01:31
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OUCH!!!! Pas très gais tout ça. Un lundi sérieux s’annonce… Merci Maaaa’m Poppins.

Et je suis pour l’assistance au suicide.

5)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 06:50
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Ouahhhh, les commentaires sur cuk peuvent aussi être brefs, qui l’eut cru ? ;-) N’avez-vous pas rencontré quelqu’un qui a fait le choix de mourir ? Comment voyez-vous la “chose” pour vous ?

Je suis navrée de plomber ainsi votre lundi…. faites donc un petit tour ici, ça devrait vous changer les idées, sur un sujet bien moins sérieux !

Bonne journée, malgré la pluie

7)
ppscouby
, le 02.07.2007 à 07:16
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Bonjour, je ne suis pas suisse mais français et suis au prêt des personnes en fin de vie depuis quelques années déjà que c e soit en services de soins palliatifs ou en gériatrie. Vouloir garder la maitrise de sa vie jusqu’au bout c’est possible si l’humanité du corps médical et plus largement soignant est au rendez vous. Je crois profondément que la dignité de nous tous se joue dans le regard des autres sur soi. Hors dans une société où il ne fait pas bon vieillir et où la mort est bannie du champs du naturel et vue comme un échec de notre médecine scientifique, notre désir de dignité devient celle de la lutte contre un système déhumanisé dans lequel il faudrait devancer la faucheuse pour offrir aux autres une mort “propre” (mourir dans son sommeil n’est il pas notre désir à tous????). Le grand soucis de nos sociétés dites modernes est de ne plus savoir faire avec la mort ou l’agonie. Perte des rituels qui donnaient un sens à la mort et à la vie (les “Ars Moriendi” du moyen âge), perte de la notion de collectivité qui soutenait le mourant et ensuite les endeuillés etc…. Je crois que l’euthanasie comme le suicide assisté sont des réponses rapides à un vaste problème qui va du manque de formation des médecins concernant la relation d’aide, les antalgiques, du manque d’humanité des intitutions (en France ou l’économie de la santé depuis quelques temps devient plus important que le service rendu…) à un problème de nos sociétés occidentales qui nient la mort. L’expérience me montre que quand on traite bien la douleur, quand on écoute et prend soin de la personne en fin de vie et des familles, quand on propose un endroit ou parler de son deuil, les choses sont alors différentes. Les demandes de maitrise se déplacent car les personnes savent qu’elles seront traitées avec respect et dignité jusqu’au bout.

Le site de la société de soins palliatifs en france propose des articles intéressants concernant cette question de l’euthanasie et du suicide assisté maintes fois débattu en France ces derniers temps d’élections tant le lobbying de l’ADMD fut fort. (www.sfap.org)

Il y a tellement de choses à faire avant tout ca…. On peut être vivant jusqu’au bout, j’en ai l’exemple tous les jours…

8)
Leo_11
, le 02.07.2007 à 08:20
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Wouaou…

Ce dernier mois d’octobre le corps médical a diagnostiqué un lymphome planqué derrière un oeil de ma maman, ils ont laissé passé 2 mois sans aucun traitements mais en lui faisant une batterie d’examens et en nous laissant (la famille) sans informations ou avec des info’s contradictoires… après quoi ils ont testé une ribambelle de produits durant un mois en nous laissant croire que c’était facilement guerrissable… puis un jour sans crier garre ils ont décidé de la transférer dans une unité de soins paliatifs où nous avons eu la chance de tomber sur un médecin “humain” qui a proposé de suspendre les traitements préscrits et ne lui administrer que des anti douleurs… ceci a diré à peine une semaine et elle s’en est allée plus ou moins calmement durant une nuit du début février…

Pourquoi je vous raconte tout ça ?? parce qu’elle ne voulait pas que le corps médical s’acharne s’il lui arrivait quelque chos… mais nous n’avions pas fait le nécessaire pour l’aider assez tôt et de ce fait elle a probablement souffert trop longtemps durant ces trois mois…

Merci pour cet article fort pénible mais oh combien intéressant… nous allons probablement ma femme et moi faire un de ces testament biologique…

9)
Caplan
, le 02.07.2007 à 08:38
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Le mot clé est: dignité.

L’acharnement thérapeutique, dans de nombreux cas, ne correspond pas à ce critère, ni pour le malade, ni pour celui qui le pratique…

Milsabor!

10)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 08:41
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Ppscouby, je pense que la question des soins palliatifs mériterait un article en soi : l’accessibilité, la connaissance, l’application, la reconnaissance de ces soins particuliers, la psychologie devant aller de pair avec cette science, autant d’aspects qui font d’eux un élément central dans le parcours de fin de vie.

Et je pense que le témoignage de Leo_11 est très parlant : l’absence de prise en charge globale, le manque de communication, le manque de respect pour le malade et sa famille…. Je suis tellement triste quand je lis ce genre de récit et j’aimerais te dire, Leo_11, à quel point je suis désolée que toi et ta famille ayiez dû vivre une séparation sous le signe de la maladie et d’une prise en charge insuffisante.

Caplan, justement, la dignité et le fait de pouvoir la conserver est, je crois, souvent un des motifs qui décide les gens à vouloir mourir avant qu’ils ne soient plus qu’un pantin livré entre les mains de médecins plus “techniques” que “psychologues”…

Même le temps s’y met pour “plomber” votre moral… promis, mon prochain billet sera plus joyeux…. N’empêche, ce sont des questions qui “n’arrivent pas qu’aux autres”…

11)
Varno
, le 02.07.2007 à 08:44
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Voici venue l’heure de ma première contribution à Cuk…Jamais je ne me serais attendu à ce que ce soit sur le thème si contreversé de l’aide à la fin de vie. Mais c’est aussi ça qui fait le charme de Cuk: la diversité, l’ouverture culturelle. L’essentiel est que je constate que nous avons le même point de vue sur ce sujet crucial. Mon épouse travaille dans le milieu hospitalier, en particuliers, en soins paliatifs et fin de vie…Chaque fois qu’elle me raconte ses journées, j’en frissonne, j’en pleurerai presque de peur…Peur de me voir à la place de ses patients avant que quoique ce soit de digne soit fait en France au niveau législation…Si vous me le permettez: qui vivra, verra…

Merci Madame Poppins, pour cet article, qui nous montre nos progrès à faire, à tous et qui me prouve que j’ai bien raison de vous lire tous les jours!

12)
mrG
, le 02.07.2007 à 09:31
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Bonjour,

Merci Madame Poppins pour cet article qui rappelle sur terre, à notre réelle finitude.

Le suicide assisté ou l’euthanasie passive et/ou indirecte est une problématique très actuelle comme le remarque ppscouby :

bq%ppscouby%. Texte Hors dans une société où il ne fait pas bon vieillir et où la mort est bannie du champs du naturel et vue comme un échec de notre médecine scientifique, notre désir de dignité devient celle de la lutte contre un système déhumanisé dans lequel il faudrait devancer la faucheuse pour offrir aux autres une mort “propre” (mourir dans son sommeil n’est il pas notre désir à tous????)

Je constate que finalement ce fameux “mourir en dormant”, c’est une expression paradoxal qui ne reflète que la peur de la mort. On est bien loin de la mythologie de la mort chère à Malraux.

A titre personnel, ayant mes parents dans le médical depuis des lustres, en particulier mon père dans la médecine aiguë, la mort ne me fait pas peur, c’est l’éventuelle souffrance qui pourrait l’accompagner qui me dérange le plus. Pour en avoir entendu parler depuis mon enfance, la mort fait partie de ma vie de tous les jours.

Pas plus tard qu’il y a deux mois un ami d’enfance est mort à 27 ans d’une crise cardiaque. Tout s’est joué en 15 minutes, devant ses collègues de bureau. Ma grand-mère, il y a quelques années, est morte d’un cancer généralisé. Elle était infirmière et avait vécu la deuxième guerre mondiale dans les hôpitaux à Paris, elle en avait vu d’autres. Se sachant probablement malade, elle s’est simplement protéger de la douleur, et a prolonger son confort le plus longtemps possible, de sorte qu’elle puisse profiter de ses derniers instants en famille. Elle a consacré le temps nécessaire à chacun de ses petits-enfants, et enfants. Puis elle s’en est allé dans un soupir en envoyant la seule personne à ses côtés (ma tante, infirmière elle aussi)lui chercher du thé pour qu’elle se retrouve seule face à la mort. Elle s’en est allé dignement, ayant peur de déranger comme durant toute sa vie.

L’attitude face à la mort est souvent, quelque part, le reflet de notre relation à la vie, au vivant.

J’ajouterai pour terminer que si la fin de vie peut être régler en fonction de directives, il faut rappeler, même si en principe il y a présomption en la matière, que ces “directives” peuvent également simplifier la procédure de prélèvement d’organe, si la volonté de faire don de ses organes y est clairement exprimé. Bien souvent, alors même que les personnes en état de faire don de leur organe le souhaitait, les proches ont des trous de mémoire concernant la volonté de la personne en état de mort cérébrale.

Merci encore pour cet article Madame Poppins.

G:

13)
Leo_11
, le 02.07.2007 à 09:52
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@ mrG Lorsque tu dis “la mort ne me fait pas peur” je me demande si c’est vrai… moi aussi j’avais tendance à parler comme ça… mais force est de constater qu’après cette expérience je ne peux plus le dire et l’ai remplacé par un pudique “je n’y pense pas…” car la mort c’est l’inconnu et l’inconnu fait forcément peur… non ???

Rapport à ta Grand-mère… c’est vrai que ce qui est le plus déchirant pour tous (le malade et la famille) c’est cette séparation imposée par les “spécialistes” combien de fois ma mère m’a-t-elle demandé de rentrer à la maison ??? chose impensable pour 2 raisons… la première la lourdeur des soins prodigués qui nécessitaient une hospitalisation… la deuxième sa faiblesse accentuée par les dit traitements qui lui empêchait de se déplacer… nous avons essayé de la prendre chez nous pour décharger mon père… mais les escaliers représentaient à eux seuls un infranchissable mur à son confort… et Dieu seul sait à quel point c’est une chose que nous regrettons…

14)
Inconnu
, le 02.07.2007 à 10:12
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Mon épouse s’est suicidée un funeste jour de mars 2007. Elle aussi était malade, de cette maladie que personne ne reconnaît et ne sait guérir : la dépression. Est ce une maladie incurable ? Malheureusement, elle n’a pas eu besoin d’aide pour en finir avec son calvaire. Elle est morte seule, avec son malheur, à l’abri des regards, profitant d’une absence. Je l’ai découverte, inerte, en rentrant…
Ce n’est pas d’aide au suicide dont j’aurai voulu l’entourer, mais d’aide à la vie que je n’ai pas trouvée…

15)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 10:27
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GerFaut,

Vos lignes me touchent beaucoup et je comprends si bien votre désir d’avoir pu bénéficier d’une aide à la vie, d’une aide pour reconstruire et comprendre.

J’espère simplement que vous avez autour de vous des bras pour vous soutenir, des regards pour vous encourager et des épaules sur lesquelles vous appuyer.

Merci pour votre témoignage, qui fait réaliser une fois de plus que la mort vient toujours trop vite.

Je pense à vous,

16)
mrG
, le 02.07.2007 à 11:45
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@ Leo_11 : Je me suis noyé quand j’avais 3 ans et demi, le souvenir que j’en ai n’ai pas terrifiant, je n’ai pas peur de l’eau, au contraire je l’adore, en particulier la plongée. J’ai été réanimé de justesse par ce même père qui est dans le médical après 5 minutes de massage cardiaque. Je ne peux pas en reparler sur le ton de la rigolade à mon père qui lui a été plutôt marqué, mais je peux te dire que passer pas loin de la mort aide à relativiser, même lorsque c’est vécu à cet âge-là. Loin de moi de vouloir passer pour une tête brûlée ou un inconscient, mais quand on arrive à concevoir que le mort fait partie intégrante de la vie, et que personne n’y échappera, on arrive à ne pas la redouter, ni en avoir peur. C’est un moment relativement long, ou court, que notre vie écoulé nous aide à traverser, ou alors transforme en calvaire.

Le plus dur c’est de se dire que le moment venu on pourrait être seul, et surtout laisser les siens seuls. C’est ce qui dur pour moi. Imaginer la souffrance que ma famille, mes proches pourrait renssentir. J’ai eu la chance de pouvoir dire adieu à ma grand-mère, c’était mon premier rapport direct avec la mort, et je pense que c’est pour ça que j’ai confiance en la vie.

G:

17)
Tom25
, le 02.07.2007 à 12:01
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GerFaut je suis désolé. Tu dis ne pas avoir trouvé l’aide à la vie dont elle avait besoin, c’est assurément la plus difficile des aides à apporter à une personne.

Concernant l’aide à “la mort”, ce qui me gêne énormément dans ce débat c’est qu’un personne décide pour une autre. Quelle prétention de soutenir qu’un accidenté qui ne peut plus que bouger les yeux DOIT continuer à vivre malgré ses demandes répétées à mourir. Est-ce pour “se faire pardonner” vis à vis des gens en bonne santé physique mais en mauvaise santé mentale qui se sont malheureusement suicidés que l’on interdit à ceux en mauvais santé physique de se suicider. On ne peut “rien” faire pour les premiers, ou alors c’est si difficile (d’ailleurs l’état Français ne parle jamais, JAMAIS, du nombre de suicidé en France), qu’on se “rattrappe” sur les seconds. Ahhhhhh, là l’état (le pays) a la maîtrise et compte bien montrer qu’il l’a ! Tout en cachant honteusement son incapacité à appréhender et à prévenir les suicides. En quelques sorte, on profite de la détresse physique des personnes pour les contrôler. Et si, encore une fois, on n’arrive pas à contrôler les biens portants “physiques” je ne vois pas bien pourquoi on contrôlerait les paralysés A CE POINT. Je ne dis pas qu’il faille donner une seringue dès la première demande, mais foutre un procès au cul d’une mère qui assiste ou accompagne son fils dans la mort ? Ce n’est déjà pas assez dur ?

18)
Leo_11
, le 02.07.2007 à 12:05
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GerFaut je reste sans voix…

Il est dramatiquement vrai que l’on parle toujours de l’aide ou de la non aide à la mort et jamais de l’aide ou de la non aide à la vie… que ça soit pour les survivants ou tout simplement pour ceux qui en ont vraiment besoin (pour eux il n’y a que les psy… dit-on dans le corps médical) c’est la marque du virement de position de la mort dans notre société comme l’a parfaitement souligné mrG dans son post #12

@ mrG #16 : Ma femme a vécu aussi une expérience comme la tienne alors que le corps médical la forçait à accoucher d’un cadavre… ce qui l’a retenue dans ce monde c’est la pensée de son enfant qui l’attendait à la maison… ben maintenant la mort la terrorise…

19)
bens
, le 02.07.2007 à 12:12
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(ma modeste – et longue, excusez-moi – contribution à un débat difficile…)

Caplan, justement, la dignité et le fait de pouvoir la conserver est, je crois, souvent un des motifs qui décide les gens à vouloir mourir avant qu’ils ne soient plus qu’un pantin livré entre les mains de médecins plus “techniques” que “psychologues”…

Tout à fait… et c’est bien là le problème central dans cette question. Comme le disait PPscouby, le choix de la légalisation de l’euthanasie dans nos sociétés (en Belgique c’est fait aussi) vient non pas d’une soi-disant indignité à mourir naturellement (même si c’est l’argument principal avancé par l’ADMD), mais d’une perte du sens de la mort, d’un non-dit autour de cette question, qui se traduit par un “abandon” (j’insiste sur les guillemets) de la personne en fin de vie… phase de la vie incompréhensible, dénuée de sens. L’agonie devient donc un moment d’autant plus difficile à vivre. Qu’imaginer d’autre alors qu’abréger la vie, vallée de souffrance?

C’est là que les soins palliatifs ont tout leur sens. Ils humanisent la mort en entourant la personne en fin de vie, en donnant à la famille de trouver sa place, de renouer éventuellement des relations peut-être distendues, créer un contexte permettant un dialogue en profondeur, qui permettra un au-revoir, des pardons… Tout cela est importantissime pour vivre le deuil par la suite. Les moments précédant la mort sont de vrais moments de vérité. Des choses qui ne se sont jamais dites peuvent trouver l’occasion de s’y dire… si le contexte est mise en place. Je ne suis pas sûr qu’abréger la vie, en focalisant tout sur la souffrance, permet cela.

La souffrance physique… la combattre n’implique pas spécialement de mettre fin à la vie. Sans tomber dans l’acharnement thérapeuthique, il y a moyen de la réduire suffisamment pour permettre à la personne de vivre encore… jusqu’à sa mort naturelle.

Je voudrais revenir sur la notion d’euthanise passive. La définition donnée prête à confusion: si on la suit, tout acte de “non acharnement thérapeutique” est une euthanasie (dite passive dans ce cas). Cela englobe donc beaucoup de cas!! Les services de soins palliatifs pratiquent alors beaucoup d’euthanasies (!)

La notion d’euthanasie indirecte est également de nature à brouiller le débat. Il est vrai que, dans les cas de grande douleur, la limite entre la dose d’antidouleur acceptable et la dose létale est ténue. Mais les médecins savent ce qu’ils font!, ne soyons pas faussement naÏfs. Et lorsque décès il y a par mégarde suite à l’injection d’antidouleurs, on parle d’une erreur médicale. L’euthanasie indirecte est, dans les faits, une euthanasie active, pourquoi ne pas avoir l’honnêteté de le dire?

Je résume: à côté des euthanasies réelles et revendiquées comme actives, on trouve des euthanasies tout aussi actives mais qu’on dit indirectes parce qu’on utilise, au lieu d’un produit spécifiquement mortel, un antidouleur (mais à dose mortelle), et des euthanasies passives qui elles rassemblent tous les cas de non acharnement thérapeutique, ce qui concerne beaucoup de cas…

En fait, tout ce vocabulaire élaboré a une conséquence: tout un champ de types de décès devient subitement “euthanasie”, par l’intermédiaire de ces nouvelles notions d’euthanasies passive et indirecte. J’en viens à me demander s’il ne s’agit pas là derrière de forcer l’acceptation d’un acte repoussant car fondamentalement à l’opposé de la puissance de vie qui anime tout être humain… On va paradoxalement vers un “Toute mort est euthanasie” ! Dès lors il n’est plus question de s’y opposer. (Bien joué).

Décider de sa mort participe du même mouvement que décider de la naissance de son enfant (date, sexe, …), décider de son sexe (ou plutôt son genre)… Dans son désir épris de toute-puissance, l’homme en arrive tout doucement à placer sa liberté au-dessus de la nature (Icare, au secours!).

A côté des enjeux humains et philosophiques, il est vrai que les enjeux économiques sont astronomiques… Ce n’est pas le moindre des points apportant la confusion.

PS que personne ne se sente jugé par mes propos, j’ai simplement essayé de débattre honnêtement et sans tabou…

20)
ToTheEnd
, le 02.07.2007 à 12:15
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Bon, personnellement, je suis pour l’euthanasie et ce, sans aucune restriction mise à part le choix de l’intéressé.

Toutefois, il est évident que d’un point de vue légal, un certain nombre d’éléments doivent être pris en compte et que pour éviter des dérives, un cadre légal doit être défini.

J’espère tout simplement que notre civilisation sera à même de “faciliter” ce processus ainsi que tout ce qui l’entoure pour que des gens et leurs proches n’aient pas à endurer une seconde souffrance inutile.

T

21)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 12:15
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Tom25, la question que tu soulèves, à savoir l’euthanasie (et, actuellement, du procès qui va “au cul” de la mère qui aide son fils), est bien celle qui vient immédiatement après le débat éventuel autour de l’assistance au suicide. Je pensais en faire un deuxième billet mais là, tout de suite, je ne suis plus très sûre : des considérations juridiques sont bien peu de choses lorsqu’on est atteint dans sa chair, dans son intégrité, dans son souvenir….

Je devine, à raison ou à tort, tellement de souffrances, de souvenirs, de solitude dans certaines lignes…. et je sais que je ne peux rien faire, si ce n’est dire à quel point je suis en pensées avec vous.

Sachez simplement que je suis très touchée par vos témoignages, par la pudeur qui fait évoquer une douleur, une épreuve….

Leo_11, je suis bouleversée par ce que vous avez, ta femme et toi, dû vivre…. L’accouchement devrait être celui de la vie….

22)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 12:21
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Bens,

Je suis parfaitement d’accord : l’utilisation de termes n’est là que pour “catégoriser” des choses qui ne peuvent pas forcément l’être et sont susceptibles de créer des confusions. Toutefois, si l’on n’essaie pas de “faire de l’ordre” (du moins superficiellement), l’on risque un flou juridique encore plus grand, qui restreindrait encore davantage les possibilités actuelles et qui ferait craindre que tout ne devienne punissable, pénalement parlant. Outre que le fait de ne faire aucune “catégorie” pourrait ouvrir également la voie à des abus atroces.

ToTheEnd, et c’est justement la définition de ce cadre légal qui est si difficile : l’être humain ne peut se poser en “équations”, fussent-elles “juridiques…

23)
bens
, le 02.07.2007 à 12:46
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Cher ToTheEnd,

Le fait de croire qu’un cadre légal va éviter les dérives est une illusion. Car toute loi est normative. Ce qu’elle permet devient normal. En d’autres termes, ce que la loi permet entre dans le champ du bien. La légalisation de l’euthanasie “dans certains cas” risque très fort de devenir la légalisation de l’euthanasie, sans plus. Et c’est bien compréhensible. Je vais faire une comparaison. En Belgique, l’avortement a été légalisé en 1990, pour les cas de femme en situation de détresse. Ça devait concerner quelques % des cas de grosesses. Aujourd’hui, toute femme qui veut avorter peut arriver à ses fins sans rencontrer de soucis avec la justice. Pire: à Gand, en 2006 je pense, un collectif attaquant en justice une femme ayant avorté dans le non-respect de la loi (elle n’était pas situation de détresse) s’est vue déboutée…

En attendant, des enfants en bonne santé ne naissent pas, grâce à la loi. Les droits de l’enfant sont baffoués et personne ne dit rien. Pire beaucoup applaudissent, ne réalisant pas l’enfer vécu par les bébés à naître, qui n’ont, eux, rien fait de mal. C’est une dérive grave et j’en veux aux politiciens d’avoir berné la population et permis que tant de bébés soient arrachés au ventre de leur maman.

Pour l’euthanasie, c’est mutatis mutandis ce qui va très probablement arriver.

Je sais qu’il est politiquement incorrect de s’opposer à l’euthanasie et à l’avortement, mais je ne peux me taire, ayant été touché de près par ces questions. Je vous en prie, cessons d’analyser les choses sous un angle superficiel en mettant simplement la liberté individuelle au-dessus de tout le reste. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles en ont l’apparence. Il ne faut pas laisser aux politiciens seuls des débats aussi fondamentaux. Ce n’est pas parce qu’une loi est votée qu’elle est moralement acceptable. Les syndicats l’ont bien compris dans d’autres domaines.

Des amis ont vécu il y a 2 dans une histoire symptomatique. Leur enfant, handicapé, était en fin de vie. Les parents rencontrant le médecin hospitalier sont clairs: pas d’acharnement thérapeutique, mais laisser aller l’enfant à une mort naturelle. La famille s’est préparée à cet au-revoir. Le lendemain, le médecin de famille s’enquiert des nouvelles auprès du médecin hospitalier. Ce dernier lui donne les détails: il va injecter tel produit antidouleur à une dose légèrement supérieure à ce qui est nécessaire, et la mort se produira la nuit suivante… Stupéfaction du médecin de famille, qui contacte les parents… ce n’était pas ce qui était convenu… aucun accord n’a été pris ni papier signé dans ce sens… Après recontact avec l’hopital et mise au point, les choses se sont finalement passées sans euthanasie. Le décès est intervenu quelques jours plus tard, naturellement.

Ainsi la culture médicale contemporaine a intégré l’euthanasie… à tel point qu’elle est parfois pratiquée à l’insu des proches… Que diriez-vous si cela vous arrivait? Qu’en penser aussi lorsqu’on sait que des “miracles” arrivent parfois, des gens sortent de situations médicales désespérées?

24)
François Cuneo
, le 02.07.2007 à 13:27
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Gerfault, moi aussi je reste sans voix.

Courage, c’est tout ce que je peux te dire.

Leo_11, c’est l’une des pires situations imaginables que vous avez vécue là.

Oui, ce n’est pas trop gai, aujourd’hui, mais on ne peut pas toujours l’être non plus…

25)
ToTheEnd
, le 02.07.2007 à 13:58
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bens: c’est un sujet bien difficile qui ne peut être résumé en quelques phrases tapées “à la va vite” (je parle pour moi).

Par légal, j’entendais une vision large du problème et pas détaillée. Pour moi, il va de soi qu’un fiston qui veut toucher l’héritage ne doit pouvoir demander la mort de sa mère ou grand-mère parce que cette dernière s’est cassée la jambe et a perdu connaissance pour quelques heures. Je pense qu’on est d’accord là-dessus.

Je parlais de cas où l’acharnement thérapeutique est manifeste et que l’intéressé a clairement fait un choix (en son âme et conscience si j’ose dire).

Tu fais un parallèle avec l’avortement et je le trouve bon. Je suis néanmoins inquiet sur le fond de la pensée que tu laisses transparaitre.

Je suis clairement pour l’avortement! Toutefois, quand on voit qu’une certaine catégorie de femmes y a recours souvent alors qu’il n’y avait pas de problèmes (malformation ou autres), je pense également que le but premier de “l’avortement” est détourné.

En effet, si tout le monde se dit qu’il peut risquer un rapport “non protégé” par exemple au sens large parce que l’avortement est possible au travers d’une simple pilule… alors là, bien sûr, je suis outré.

Malgré tout – et je livre là un sentiment personnel, pas une ligne de conduite – je pense qu’il vaut mieux avorter parce qu’on n’a pas les moyens (financiers mais surtout humains) de garantir l’éducation d’un enfant que de le laisser grandir seul devant la télé… mais je m’éloigne du thème.

En résumé, je suis pour l’euthanasie au nom d’un certain principe qui est le libre arbitre de chacun de choisir se qu’il veut faire devant la mort. Chacun est libre, selon moi, de choisir quelles souffrances il est prêt à endurer et pour combien de temps.

Attention, je n’ai absolument rien à “reprocher” à ceux qui veulent tout tenter pour guérir, je les comprends aussi et je souhaite tout simplement que le choix existe pour les deux catégories: ceux qui veulent continuer et ceux qui veulent arrêter.

Voilà, voilà, j’espère que ces quelques lignes supplémentaires (mais biens inférieures à celles nécessaires pour communiquer une réelle analyse de tous les aspects qui sont liés au problème) permettront de mieux faire comprendre ma première intervention.

T

26)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 14:43
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Bens, tu dis “cessons de mettre la liberté individuelle au dessus de tout le reste”. Admettons… mais pourquoi faire une différence entre une personne atteinte d’une maladie incurable, encore capable de s’administrer seule une boisson létale, et une personne qui, parce qu’elle est gravement paralysée, ne peut pas boire seule le même breuvage mais qui exprime exactement la même volonté et le même “désir” de mourir…

Dans le premier cas, il s’agit d’assistance au suicide, non punissable; dans le second, d’euthanasie active (généralement) et est, pénalement parlant, punissable.

Raison pour laquelle je rejoins en très grande partie les propos de ToTheEnd, auxquelles j’aimerais ajouter que la question des soins palliatifs, réellement “digne de ce nom” devrait être développée, qu’une prise en charge réelle et correcte, de l’individu, en tant qu’être humain et en tant que malade, qui se place dans une famille, devrait être mieux soutenue et rendue plus accessible : quand on voit le nombre de places disponibles à Rives-Neuves, je m’interroge…

27)
bens
, le 02.07.2007 à 14:46
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TTT: l’acharnement thérapeuthique n’est pas souhaitable, je suis bien d’accord. Mais pour autant je ne crois pas que laisser mourir naturellement quelqu’un d’incurable puisse être appelé euthanasie (même passive) puisqu’on laisse faire la nature. Je ne redis pas ce que j’ai déjà dit.

Tu fais un parallèle avec l’avortement et je le trouve bon. Je suis néanmoins inquiet sur le fond de la pensée que tu laisses transparaitre.

Je suis clairement pour l’avortement! Toutefois, quand on voit qu’une certaines catégories de femmes y a recours souvent alors qu’il n’y avait pas de problèmes (malformation ou autres), je pense également que le but premier de “l’avortement” est détourné.

Recours systématique à l’avortement: je pense que le consensus est général sur le fait que l’avortement ne peut pas être un palliatif à une contraception ratée!! Le souci de mon intervention a été de mettre au jour certaines dérives de la légalisation de l’avortement et les rapprocher de ce qui se passe pour l’euthanasie. Je dissipe ton inquiétude: en mon âme et conscience je ne peux soutenir l’avortement. En même je refuse de montrer du doigt les personnes qui y ont ou qui y ont eu recours. La raison en est simple: d’abord, qui suis-je pour juger? ensuite, je sais que les femmes qui y ont recours ne le font jamais de gaieté de coeur, qu’il y a souvent un contexte difficile, une réelle détresse etc… et qu’elles sont les premières victimes du geste. Le syndrome post-avortement n’est pas une invention et arrive même aux femmes pleinement conscientes de la portée de l’acte.

Pour terminer sur ce sujet, je dirais qu’on a porté le débat de l’avortement sur le droit de la femme à disposer de son propre corps, alors qu’il s’agit en fait du corps d’un autre, même si cet autre dépend complètement et a besion du sein de la femme. C’est à mon avis une erreur objective, cette question relevait en réalité d’abord du droit de l’enfant à vivre. Le don de la vie une lourde mais belle responsabilité pour la femme… et pour l’homme. Car pour que la femme puisse bien accueillir son enfant, elle a besoin d’un homme, pas seulement à la conception, mais après la naissance. C’est là la beauté du don de la vie, je trouve. Pendant trop longtemps dans l’histoire, le don de la vie et l’éducation des enfants ont été à la charge de la femme seule. Je suis convaincu (je ne suis pas le seul) que cela a fait le lit de l’avortement. Sorte de démission de l’homme… Mais c’est un autre débat, impossible à résumer.

En résumé, je suis pour l’euthanasie au nom d’un certain principe qui est le libre arbitre de chacun de choisir se qu’il veut faire devant la mort. Chacun est libre, selon moi, de choisir quelles souffrances il est prêt à endurer et pour combien de temps.

Tout à fait d’accord, et c’était la situation avant : le cas par cas. La loi généralise, c’est son but, mais c’est aussi son défaut pour des questions aussi délicates. Avant, l’euthanasie était l’exception, aujourd’hui c’est non seulement permis mais ça risque de devenir la règle… (pression morale, pression économique… tout cela est difficie à contrôler).

J’arrête là, je me répète.

28)
Olivier Pellerin
, le 02.07.2007 à 14:48
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Le mot suicide désignant, par définition, un acte commis sur soi-même, tout débat sur le sujet devrait nécessairement inclure une discussion des moyens et méthodes. Néanmoins, c’est tout à la fois illégal (du moins en France d’où je poste) et dangereux (dans une discussion aussi ouverte). Pour ceux que le sujet intéresse, je suggère donc un coup de Google sur le thème “alt suicide holiday” qui devrait vite vous amener à une faq assez célèbre. La lecture (en anglais) est plutôt déprimante mais parsemée de perles d’un humour indiscutablement noir… Comme quoi on peut songer au suicide tout en aimant la vie.

PS. D’après mes sources, le poste de “maintainer” de cette FAQ est assez souvent disponible. Des volontaires ?

30)
Anne Cuneo
, le 02.07.2007 à 15:10
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GerFaut: je pense à toi, j’aimerais te dire quelque chose de plus concret, mais je ne sais pas, les mots sont finalement dérisoires…

32)
Anne Cuneo
, le 02.07.2007 à 15:17
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Recours systématique à l’avortement: je pense que le consensus est général sur le fait que l’avortement ne peut pas être un palliatif à une contraception ratée!!

Je signale en passant – et entre parenthèses, car je ne veux pas détourner du sujet du jour – qu’un avortement est une intervention suffisamment traumatisante, psychologiquement et physiquement, pour qu’une femme qui a passé par là ne songe guère à un “recours systématique”. Pour la plupart de celles que je connais, pour moi, l’avortement a été un recours inéluctable, dans une situation de crise aiguë, que nous avons tout fait pour ne plus jamais répéter. Si besoin d’en discuter davantage, commençons une discussion dans le forum, cependant, car ici ce n’est pas, à mon avis, le sujet de l’humeur.

33)
bens
, le 02.07.2007 à 15:53
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Admettons… mais pourquoi faire une différence entre une personne atteinte d’une maladie incurable, encore capable de s’administrer seule une boisson létale, et une personne qui, parce qu’elle est gravement paralysée, ne peut pas boire seule le même breuvage mais qui exprime exactement la même volonté et le même “désir” de mourir…

Cas difficile. Mais ça me dérange qu’on s’en saisisse pour justifier la légalisation de l’euthanasie comme si on pouvait la résumer à un cas (l’affaire Humbert a pourtant servi à cela). Il est donc difficile de prendre position sur la situation que vous exposez qui, me semble-t-il, doit être appréciée au cas par cas, dans la relation de confiance qui doit exister avec le médecin. C’est ce que je disais en fin d’intervention précédente.

Je ne prétends pourtant pas que l’absence de loi est une situation idéale. Mais la loi est faite de telle façon qu’elle normalise la mort à outrance… celle-ci est un “choix parmi d’autres” (!). C’est une conception profondément choquante, dite “toute nue” comme cela, mais c’est un peu cela qui arrive.

Je sais que la question du handicap à vie (quoiqu’avec les progrès de la médecine…) est une question ô combien délicate, souvent mise sous les feux de la rampe pour justifier la légalisation – normalisation – de l’euthanasie. Elle est à mon avis trop délicate et trop particulière pour être réglée par une loi, généralisatrice par vocation – j’ai déjà développé ce point.

Je poserais une autre question: il y a des personnes handicapées à vie – “inutiles” à la société, souvent “poids” pour la collectivité – qui sont très heureuses de vivre, ne désirent pas la mort, malgré la souffrance… et d’autres dans la même situation qui souhaitent mourir. Pourquoi cette différence?

Et si le souhait de mourir était un appel au secours? Et si la réponse de la société (l’euthanasie) était une façon d’évacuer la question, de ne pas s’attarder sur la souffrance, de ne pas voir notre finitude? Et s’il y avait une meilleure réponse que l’euthanasie?

(…) question des soins palliatifs, réellement “digne de ce nom” devrait être développée, qu’une prise en charge réelle et correcte, de l’individu, en tant qu’être humain et en tant que malade, qui se place dans une famille, devrait être mieux soutenue et rendue plus accessible : quand on voit le nombre de places disponibles à Rives-Neuves, je m’interroge…

Pour les raisons développées ci-avant, je souscris à 200%. Et me demande si la réponse aux questions que je posais juste avant ne se trouve pas dans les soins palliatifs – pas pour tous les cas mais une bonne partie quand-même. Pour ce que j’en connais (mon épouse travaille dans le domaine médical), on y fait un travail proprement merveilleux.

34)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 16:14
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Bens,

“et si le souhait de mourir était un appel au secours” demandez-vous ? c’est bien la raison pour laquelle il me semble important que soient posés des “critères” (désolée, le terme n’est pas très adéquat) pour évaluer le pourquoi du comment de la demande d’euthanasie : est-ce par crainte d’être une charge, est-ce par souffrance, est-ce par besoin de maîtriser la fin de sa vie, est-ce par impossibilité d’obtenir une autre prise en charge…

Je suis convaincue qu’il y a des gens qui ne souhaitent pas réellement mourir et que leur demande cache “autre chose” : il importe donc que cet autre chose soit entendu et considéré et non pas qu’il soit “étouffé” par une euthanasie. En revanche, je suis aussi convaincue que certaines personnes manifestent un réel désir de mourir (à défaut de pouvoir recouvrer une certaine qualité de vie bien sûr) et que ce désir doit être entendu et accepté : ce n’est pas à moi de juger quelle vie est digne d’être continuée et laquelle non.

Quant à toute digression du sujet initial, elle est, à mon sens, “bienvenue” tant est qu’elle présente un lien, même tenu avec le thème de départ, point n’est besoin du forum, à mon avis.

35)
Inconnu
, le 02.07.2007 à 17:17
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Madame Poppins, merci pour cette contribution qui pose bien les termes du problème sans rentrer dans le piège du pour/contre.

@ mrG : J’ai été ce papa qui a ranimé mon enfant avec succès, quand j’y pense j’en tremble encore. @ bens: ce qui est légal n’est pas forcément moral, il y a une grande différence entre l’éthique et la loi. Frauder le fisc est légal pour les étrangers venant déposer leur argent en Suisse, ce n’est pas forcément moral. Dans ce sens, le droit à l’avortement est une mesure légale.

Cela dit, travaillant en milieu médical, je suis toujours surpris (en bien) par la manière dont l’équipe soignante intègre la mort dans l’équation des possibles. Dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas de doutes quand à la conduite à tenir. La peur de l’acharnement thérapeutique ou de son inverse de l’euthanasie passive est plus un fantasme (naturel) qu’une réalité. La médecine est faite par un ensemble d’hommes et de femmes qui en tant que groupe à un sens moral rassurant.

De plus, grâce aux anglo-saxons qui ont développé les centres de la douleur et de soins palliatifs, la situation des malades en fin de vie c’est améliorée depuis une vingtaine d’années, même si cela n’est pas parfait bien sur. Une association comme Exit a même une antenne dans le cadre de l’hôpital universitaire du canton de Vaud.

Pour terminer, il y a un effet pervers (comme toujours) de ces associations. Je me souviens d’une patiente qui au sujet d’une maladie grave mais pas mortelle ou fortement invalidante nous avait fait comprendre que si le traitement échouait elle s’était inscrite à Exit. La question était, devons-nous accepter un tel chantage ? Refuser la patiente ? L’adresser à un psy ?

36)
alec6
, le 02.07.2007 à 17:47
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Difficile de rajouter qq chose à la suite de cet excellent article et de ces témoignages… une surenchère d’expériences n’apportant rien de plus au débat. Deux faits néanmoins :
L’euthanasie active existe dans les hôpitaux français depuis très longtemps (mais on s’éloigne un peu du sujet).
Le taux de suicides en France est un des plus élevés d’Europe, si ce n’est LE plus élevé, surtout chez les adolescents !

Gerfaut, tu as toute ma sympathie…

37)
Tom25
, le 02.07.2007 à 17:53
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J’ai cru sentir à un moment des convictions religieuses ? Autant dans une autre humeur j’avais plutôt pris la défense des croyants, disant “chacun croit bien en ce qu’il veut” mais j’avais ajouté “tant que ça ne sert pas à imposer une vision aux autres”. Peut-être me suis-je trompé dans mon impression ici.

J’ai commencé un traitement chimio en octobre 2003, année de la canicule (pour le plus gentil des cancers, sans gravité à part que … j’ai dû me laisser enlever une des deux qui font la paire chez l’homme et que j’ai dû faire de la chimio). Je discutais avec un monsieur d’environ 60 ans qui lui était en fin de cure. Et il disait qu’il en avait bavé cet été. En effet, les nausées c’est déjà pas agréable, alors par temps caniculaire … Et je me souviens qu’il ait dit : “A ce moment là on m’aurait proposer de m’euthanasier, je tendais le bras.” Evidemment que dans ce cas, que j’appellerai passage à vide dans un moment difficile. Seulement on aborde ce sujet concernant les cas désespéré, quand la malade lui-même se considère prêt, que la famille a accepté de le “laisser partir” et que les médecins sont d’accord pour dire que son cas est incurable. Me concernant, le sentiment que j’ai quand je lis ou que j’écoute des personnes contre “l’aide à la mort” même dans ce cas, c’est qu’ils sont contre soit par conviction religieuse, soit par ce que j’appellerai de la fierté médicale et sociale. Pendant mes chimios je n’ai jamais appelé l’ambulance pour m’amener, je n’ai pas demandé à ma femme, j’y allais seul. je faisais le maximum pour que ça ne se voit pas, je continuer à faire du sport, des amis venaient manger à la maison, me voyaient sans cheveux et ils repartaient sans même savoir que j’étais en traitement. C’est pas pour dire que je suis fort ou quoi, je suis faible dans d’autres cas. C’est pour dire que j’ai MON rapport à la maladie. Je ne veux pas peser sur les autres. Alors oui, si plus tard, même si mon état de santé est jugé encore satisfaisant je demande à mourir pour ne pas peser sur la société j’espère qu’on respectera ce choix. je préfère savoir 2 infirmières assises à papoter, prêtes à intervenir pour mes filles ou mes petits enfants futurs, qu’à m’essuyer la bave au coin des lèvres. Ma femme bosse en maison de retraite, elle me raconte, et parfois j’y passe donc je vois.

38)
pilote.ka
, le 02.07.2007 à 18:41
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Eh bien moi je suis contre le suicide assisté

D’abord parce que il est trop difficile de se mettre à la place d’un autre: Que veut dire exactement la demande de suicide d’un malade en phase terminale? Combien de fois nous nous sommes dit “je préfère mourrir!” mais qui n’a été qu’une affirmation de sa personnalité et non un vrai désir de n’être plus. Je ne pourrai jamais aider quequ’un qui me demande de l’aider à mourrir, je ne m’en sens pas le droit.

Néanmoins je crois que si l’on se trouve en phase terminale et que la douleur est insupportable on peut préférer l’administration d’anti-douleur quitte à précipiter sa fin. C’est une problème physique et non pas moral.

Pour parler de moi, votre belle unanimité me fait penser que “la vie” même quand on est pas malade est souvent invivable et trop cruelle et que lorsque nous regardons la télé 3h par jour nous vivons souvent comme des “légumes”. Ce n’est pas pour autant que l’on est suicidaire.

Étant athé je crois qu’il vaut mieux vivre le plus longtemps possible parce qu’après la mort il n’y a rien, et ce rien m’est insupportable.

L’heure de la mort c’est souvent l’heure de la douleur du deuil de sa vie passée. Il y a beaucoup d’idéologie à penser que le suicide est préférable à la douleur du deuil. Je ne suis pas d’accord avec ça.

39)
Inconnu
, le 02.07.2007 à 19:23
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Quel plaisir de lire tes articles, Mary. ;-) Non seulement pertinents mais en plus d’actualité. C’est rare de lire pareils articles “doctrinaux” sur le net.

En tant que petit étudiant en droit, je suis évidemment contre ce “tourisme”. Bien que j’estime qu’une personne a le droit légitime de mettre fin à ses jours à tout moment, surtout dans des circonstances très particulières, le fait que la Suisse accueille des étrangers qui ne peuvent pas pratiquer l’euthanasie dans leur pays est un phénomène “touchant” mais néanmoins horrible. Ne serait-ce que l’image qu’on donne aux autres pays.

L’euthanasie interdite, tant mieux car ce n’est pas à autrui de décider de la mort de quelqu’un. Pour moi, pitié ou non, circonstances excusables ou pas, l’euthanasie relève de l’homicide pur et simple. Le mobile est honorable, certes, mais cela n’empêche pas de ne pas porter atteinte à la vie d’une personne, même mourante.

Le suicide étant un acte difficile et désespéré, la mort devrait être vécue (si j’ose dire) de manière calme et sereine. De ce fait, l’assistance au suicide (via Exit) me parait à l’heure actuelle la meilleure “solution”. Pour les personnes en fin de vie, qui souffrent de douleurs interminables et qui n’ont plus la force ni l’envie de vivre ça au quotidien, l’assistance au suicide me parait même être une nécessité, voire, pourquoi pas, un droit. En langage juridique on appellerait ce droit un droit strictement personnel, et je pense qu’il devrait en être ainsi.

J’admire les personnes qui ont le courage pour assister les personnes à leur suicide, et surtout celles qui décident de mettre fin à leurs jours de cette manière.

40)
Tom25
, le 02.07.2007 à 20:01
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Il y a ceux en fin de vie, qu’on “calme” avec des doses un peu plus forte qui écourtent leur vie. Mais il y a ceux qui ne sont pas en fin de vie, mais paralysé. Par exemple la boxeuse dans le film avec Clint EastWood. Elle aurait pu vivre 40 ans comme ça. Elle exprimait à maintes reprises son désir de mourir, elle a essayé de s’étouffer avec son propre sang en se mordant la langue. Là ? Pas de surdose à donner pour calmer la douleur, et impossible de l’assister dans son suicide, on doit le faire pour elle. Je pense que je ne serais pas capable de faire ce que fait Clint (son manager) à la fin du film. Mais je ne lui jetterai pas la pierre, non pas parce que je n’en serais pas capable cette fois, mais parce que je pense comprendre.

piloteka, jamais je ne me suis dit que je préférais mourir. Mais si un jour je me le dis, j’espère n’avoir à en parler qu’à ma femme et mes gosses, peut-être à un médecin et/ou un psy, mais surtout pas à un juge ni à un avocat.

41)
Inconnu
, le 02.07.2007 à 20:23
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Je me suis permis de mettre un lien sur mon site qui renvoie mes collègues de faculté sur ton article, Mâdâme Poppins. ;-)

42)
Madame Poppins
, le 02.07.2007 à 20:51
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Lilou, tant est que cela soit un piège, j’y suis tombée : je donne mon avis, clairement, en conclusion… Cela dit, je n’ose pas imaginer le stress post-réanimation que tu as dû vivre…. J’apprécie particulièrement ta remarque sur le sens moral d’une équipe soignante : j’ai très envie d’y croire, même parfois au-delà des témoignages que j’ai lu ici et reçu par mail…. Je pense qu’il en va comme de tout : il y a des équipes qui sont absolument formidables, adéquates, présentes et à l’écoute et il aura toujours des gens qui vivront des expériences très douloureuses en raison de l’incompétence, du manque de temps, du manque de formation adéquate du personnel soignant.

Alec6, on s’éloigne, un peu mais n’empêche, le prochain pas (en terme de billet, on se comprend) sera l’euthanasie, si je trouve les mots…

Tom25, ton expérience montre bien que face à la même épreuve, il y a plusieurs façons de réagir, de faire face et il t’appartient seul de décider ce qui est une vie “de qualité”. J’admire toutefois la force avec laquelle tu as fait face !

Pilote.ka, je suis vraiment étonnée qu’on puisse être juste “pour” ou juste “contre : tu peux, toi, refuser de te donner la mort quand bien même le diagnostic est la mort dans un avenir relativement proche mais comment peux-tu refuser à autrui le droit de décider pour lui ? Je peux décider, moi, dans mon petit coin, de ne jamais avorter (chose aisée à dire quand on a 37 ans, un conjoint stable et un boulot), je militerai jusqu’à mon dernier jour pour que les femmes qui doivent le faire puissent le faire dans des conditions “dignes” et non pas avec une aiguille à tricoter, sur une table de cuisine…. Je peux décider que si un jour, je suis atteinte d’une maladie incurable, j’opterai pour un suivi en soins palliatifs mais qui serais-je pour refuser à autrui le droit de décider autre chose, notamment le suicide ?

KHannibal, t’arrête de dire que t’es un “petit” étudiant, oui ? Je me demande quelle image donne la Suisse en accueillant ces gens qui ne peuvent mettre fin à leur vie dans leur pays… Pour moi, c’est une image d’ouverture, de respect de la liberté personnelle. Et si on accepte le droit de chacun de disposer de sa vie (donc de sa mort aussi), au nom de quoi fait-on une distinction entre celui qui a encore les moyens physiques de boire seul une boisson létal et celui qui ne peut plus le faire ?

Tom25, merci d’avoir cité ce film : le cas de cette jeune femme est très “parlant” et je ne sais pas, tout comme toi, si je pourrais le faire mais je comprends qu’on puisse donner la mort lorsqu’elle est un désir répété, insistant, réel, librement décidé.

Merci à toutes et tous pour vos témoignages, pour votre ouverture, pour ces échanges. Je suis très touchée par certains messages, ici ou en privé. Et je formule mes voeux pour que chacun puisse, le cas échéant, un jour, décider librement ou accompagner dignement ses proches.

43)
Inconnu
, le 02.07.2007 à 21:53
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Je suis tout de même de ton avis Mary, mais pour moi, même s’il y a des circonstances qui font qu’à un moment donné, on doit “achever” une personne, ça reste un homicide. Un homicide justifié, sans doute, mais un homicide quand même… Il est vrai que si la personne n’a plus la capacité de discernement, etc. il est difficile de juger. Toutefois, je pense qu’une consultation des proches, de la famille, d’un médecin, etc. devrait être préalable à une telle décision, même si au fond de nous on sait bien ce qu’on a à faire et que nous devons le faire… J’ai vu Million Dollar Baby, un magnifique film très émouvant. L’acte de Clint à la fin est tragique. Mais si j’avais eu le même courage, j’aurais fait la même chose… C’est terrible de se sentir tiraillé comme ça, entre le fait qu’on donne la mort à quelqu’un et le fait qu’on doit le faire…

Pour l’image de la Suisse, on peut la voir comme un pays d’ouverture, d’ailleurs c’est comme ça que je considère mon pays. Néanmoins, je serais curieux de discuter avec un anglais par exemple, ou un italien, eux qui sont très catholiques, par exemple.

Et oui, je suis un “petit” étudiant. Petit car j’ai à peine 20 ans et petit car je finis tout juste ma première année de droit (et même pas sûr de la réussir… sal+”%&ie de numerus clausus). D’accord, je fais 1m80… ;-)

44)
ToTheEnd
, le 02.07.2007 à 22:35
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Pour la plupart de celles que je connais, pour moi, l’avortement a été un recours inéluctable, dans une situation de crise aiguë, que nous avons tout fait pour ne plus jamais répéter.

Heureusement, aujourd’hui, grâce à l’avènement de la mifépristone, cet acte est devenu beaucoup moins traumatisant (je n’ai pas dit qu’il ne l’est pas). Toutefois, ce progrès a permis de se détacher un peu plus de l’acte en lui même (hospitalisation, chirurgie, etc.) et de fait, ce moyen est de plus en plus utilisé (plus de 30% des IVG en France sont effectuées au travers de ce moyen). Je ne retrouve plus l’info, mais dans certains pays, ce taux est beaucoup plus élevé et surtout, l’indice de “récidive” est élevé (10%?).

J’aimerais dire/demander un dernier truc car il y a des interventions que je ne comprends pas: pourquoi est-ce que personne ne se pose de question sur le droit de donner la vie, mais que d’autres se demandent comment quelqu’un pourrait avoir le droit d’arrêter la vie d’une personne qui le demande?

Il me parait évident que toute nation un tant soi peu évoluée doit permettre à ceux qui souffrent de partir… pour autant, je ne pense pas qu’il faille donner à ces gens une grenade, un pont ou un flingue en leur disant “voilà… prends ton temps mais on repasse dans une heure”.

Pour offrir un cadre “sûr” et digne dans ces moments là, il faut bien que des êtres humains assistent d’autres êtres humains.

Je vais faire une analogie débile mais je me lance: pour créer la vie, il faut être deux. Quand un cas désespérer se présente à la médecine et que le patient réclame de mettre fin à ce calvaire, je trouve normal qu’un autre être humain l’aide à partir…

T

46)
Bigalo
, le 02.07.2007 à 22:48
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Tout d’abord, merci pour cet article, qui participe grandement au charme de Cuk.ch ;-))

La lecture de l’article et des commentaires donne envie de réagir sur beaucoup de points, mais il serait trop long de tous les citer pour les commenter.

Tout d’abord, pour me présenter brièvement, je suis athée, fils de 2 mèdecins, un père pour lequel la vie est sacrée et une mère plus nuancée qui pense quer les positions de l’ADMD sont tout à fait raisonnables.

Même si j’ai vécu d’excellents moments et continue encore à en vivre, je pense fondamentalement que globalement, la vie est une malédiction, et l’humanité le cancer ou le sida de notre planète.

Par conséquent, de mon point de vue vive l’euthanasie.

Je crois qu’une vie valant la peine d’être vécue est exceptionnelle (Léonard deVinci, Darwin ou Einstein en sont de rares exemples).

Je ne sais si certains d’entre vous ont vu un film des années 70, Soleil vert, avec comme principaux acteurs Charlton Heston et Edward G Robinson. Le cadre est New York au début du 21 siècle avec 30 millions d’habitants, vivant presque tous dans une misère abominable, dans un environnement effroyable.

A un moment on voit Edward G Robinson, qui ne supporte plus la vie dans ces conditions se rendre dans un “foyer” où il est pris en charge pour mourir. Chose rare dans le contexte du film, on s’occupe de lui et il dispose d’espace : on le fait allonger sur un lit, on lui donne un produit qui va l’endormir et pendant qu’il attend calmement la mort, on lui projette un film avec de très belles images de nature qui ne correspondent probablement plus à rien compte tenu de l’état de dégradation de la planète.

Pour moi s’il ne devait exister qu’un service social dans un pays, ce devrait être celui-là.

Je crois profondément que la dignité de nous tous se joue dans le regard des autres sur soi.

Je ne suis pas du tout d’accord. Seul le regard d’un petit nombre m’intéresse. Celui des autres ne me concerne nullement. Sauf forte agressivité et danger potentiel en découlant, c’est exclusivement leur problème.

J’ai essayé de lire il y a quelques années un bouquin sur les soins palliatifs écrit par quelqu’un travaillant dans ce milieu (une psychologue je crois), dont j’ai oublié le nom. J’ai laissé tomber au bout de 150 pages. J’ai trouvé très prétentieux de laisser croire que si l’entourage était profondément humain et qu’on atténue la douleur, la prolongation de la vie avait un sens.

Selon moi la vie n’a aucune valeur en soi, ce n’est que l’équivalent du cadre pour un tableau. Ce qui compte, c’est ce que l’on en fait, 2 ingrédients étant indispensables, la liberté et l’autonomie.

Sans ces 2 éléments de base, la mort est une délivrance, quels que soient l’âge, la santé, la fortune et les autres paramètres.

les personnes savent qu’elles seront traitées avec respect et dignité jusqu’au bout.

Cela ne représente à mes yeux même pas 1 pour mille des conditions minimales pour que la vie puisse présenter le moindre intérêt.

mais nous n’avions pas fait le nécessaire pour l’aider assez tôt et de ce fait elle a probablement souffert trop longtemps durant ces trois mois…

Difficile de trouver quoi que ce soit à te dire, à part l’expression de ma profonde sympathie.

En attendant, des enfants en bonne santé ne naissent pas, grâce à la loi.

Et alors ? A voir les dégâts que nous commettons, Il y a au moins 100 fois trop d’humains sur la planète. Moins il y a de naissances, mieux c’est !

le fait que la Suisse accueille des étrangers qui ne peuvent pas pratiquer l’euthanasie dans leur pays est un phénomène “touchant” mais néanmoins horrible. Ne serait-ce que l’image qu’on donne aux autres pays.

L’image donnée est simplement que la Suisse est plus civilisée que ses voisins (NB – Je suis français, pas suisse)

Je pourrais continuer longtemps sur ce thème, mais je ne tiens pas à rendre dépressifs tous les lecteurs de Cuk.ch ;-))

47)
jacques v
, le 03.07.2007 à 00:05
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SAO : suicide assisté par ordinateur

(humour macabre antidépressif)

jacques

48)
Tom25
, le 03.07.2007 à 09:27
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je pense fondamentalement que globalement, la vie est une malédiction, et l’humanité le cancer ou le sida de notre planète.

Vache, il me semble que tu l’avais déjà écrit mais ça me fait quand même drôle de le lire. Et pourtant je serais plutôt d’accord. Sauf que … on n’a pas besoin d’être Einstein pour être utile et/ou heureux. Ce n’est pas ce que vous avez voulu dire ni toi ni TTE, mais quand je vous lit l’un après l’autre, toi parlant de l’utilité de certains hommes et du surnombre, et TTE du droit à donner la vie. Ca me fait penser à un contrôle des naissances : Faut être beau comme Brav Pitre, intelligent comme Einstein pour avoir le droit de faire un gosse. Pour une femme la barre est encore plus haute, faudrait être comme Mme Poppins .

Là je réagis aux ports mais j’étais venu pour rajouter un petit détail sur ma chimio. On m’a donné le choix de faire ou non de la chimio. On m’a enlevé le testicule, les métastases commençaient juste à remonter le long du cordon. Un médecin m’a dit qu’il y avait peu de risque, quasiment aucun, l’autre m’a dit effectivement le risque était minime, que s’il y avait récidive ça se soignerait de toute façon bien, mais que je n’étais pas obligé de vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Plus tard, quand ils m’ont mis la chambre implantable (pour la chimio) le chirurgien m’a loupé et m’a causé un pneumothorax. Là encore on m’a laissé le choix, commencer mes chimios juste en sortant de ma semaine d’hosto après le pneumothorax, ou attendre 8 voir 15 jours. J’ai fait la chimio, et je l’ai faite au plus vite. MAIS J’AVAIS LE CHOIX. C’est beaucoup plus facile à supporter quand on a le choix, ou même quand on a l’impression d’avoir le choix. Une merde vous tombe sur le coin de la gueule, et vous ne contrôlez plus rien, tout s’enchaîne. C’est bien de reprendre le contrôle. Alors je pense à ceux qui sont atteint plus gravement, j’ai l’impression à en lire certains qu’il y aurait une vague d’euthanasie. Attention, faut avoir le courage de demander à se faire euthanasier. Le “pauv’type” il ne contrôle déjà plus rien, et même ça on décide à sa place. Je pense que dans bien des cas, des patients ne se feraient pas “piquer” mais se sentiraient plus fort de prendre eux même cette décision. Comment dire, je me suis senti costaud de prendre moi-même l’engagement de subir une chimio. Là, à ces gens là, on “leur vole” cette fierté de décider eux-mêmes de se battre. On les force à combattre, et là ils ne se battent plus, ils subissent …

49)
Inconnu
, le 03.07.2007 à 09:39
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Merci à vous pour votre soutien. C’est ça qui m’aide malgré un chagrin infini qui me noue la gorge chaque instant et une colère contre des médecins qui n’ont pas su déceler la profondeur de la dépression par manque d’attention, de cette attention que vous prônez pour ceux qui vont très mal. En définitive, c’est d’attention et d’humanité dont nous parlons, tout simplement, au delà des lois et des déontologies désuettes.
Je l’aimais tant…

50)
Madame Poppins
, le 03.07.2007 à 09:44
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Bigalo, je ne suis pas certaine que les exemples que tu cites comme étant des vies valant la peine d’être vécues va convaincre : c’est toi (et tous ceux qui admirent les travaux de De Vinci) qui trouve que c’est une vie “riche”; je trouve l’oeuvre de Schiele fort belle, riche et selon moi, sa vie valait la peine d’être vécue. Selon lui, sa vie ne le valait pas, il s’est suicidé.

En plus, tout Homme a la possibilité, même théorique, de réaliser de grandes choses jusqu’à son dernier souffle, la notion de “grande” n’étant pas universelle….

Finalement, la liberté et l’autonomie sont aussi des notions relatives, le contenu qui vaut pour toi, pour ces deux “termes” ne pouvant être transposés à tout le monde : ma grand-mère, qui ne pouvait plus faire un marathon, trouvait qu’elle jouissait d’une belle autonomie… M. Horn, lui, serait désépéré s’il devait se déplacer à la vitesse de ma grand-mère…

Tom25, tu sais que Brad Pitt, il est très loin de faire l’unanimité auprès des donzelles ? Et que même si elles affirment le contraire, les dames sont très sensibles à la beauté intérieure aussi…. Finalement, Tom25, sais-tu que tu viens de remporter le prix du plus grand fayotteur ? :-))) Bêtise mise à part, quand je te lis, je réalise une fois de plus à quel point le “mental” pour faire face à une épreuve est important : toi, c’est aussi la notion de “choix”, de liberté de décision qui t’a aidé, comme je le comprends…

Bon, allez, on arrête de se déprimer parmi, là ? Payons-nous plutôt une belle tranche de rire avec l’humeur du jour !

51)
Madame Poppins
, le 03.07.2007 à 10:44
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GerFaut,

Je tapais mon message quand vous avez envoyé le vôtre : j’ai envie de réitérer ici tous mes voeux de soutien et je ne pense pas trop me tromper en affirmant que très nombreux sont les lecteurs – lectrices de cuk qui vous envoient également leurs pensées.

52)
Smop
, le 04.07.2007 à 06:48
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Bravo Madame Poppins pour cette note fort intéressante. Comme toujours, c’est un plaisir de vous lire, tant ici que “chez vous”.

Je ne pensais pas avoir de commentaire à faire sur un billet essentiellement didactique mais j’ai été sidéré par quelques réactions, allant même jusqu’à chatouiller le droit à l’avortement !

Dans la mesure où les communautés ne peuvent malheureusement se gérer elles-mêmes de manière équitable, les lois sont nécessaires et dans ce contexte je suis plus que favorable à une législation autorisant et encadrant l’euthanasie. Sur la compétence de pouvoir légiférer sur la question, l’État ne s’accorde-t-il pas déjà bien souvent ce droit de vie et de mort dans d’autres domaines…?

Mais au-delà de l’aspect légal, qui après tout n’est que la formalisation d’une volonté politique, l’essentiel se trouve dans la question morale. Mis à part ceux qui ont perdu tout libre arbitre dans l’embrigadement “spirituel”, je voudrais bien connaître les arguments des autres qui justifient le déni du droit le plus fondamental : celui d’exister et de disposer de soi-même ?

Personne n’ayant demandé à vivre, la mort peut être aussi vue comme une délivrance. Pourquoi la refuser aux individus qui la souhaitent, s’ils sont en mesure de prendre en toute liberté l’ultime décision ? Le respect du caractère unique de la vie ? Pourquoi alors cautionner les guerres ? Pourquoi alors massacrer les animaux par simple confort alimentaire ? Ne serait-ce pas plutôt une hypocrisie humaine de plus ?

Besoin d’éclairage ? Je suggère la [re]lecture de Schopenhauer, de Nietzsche et de Cioran.