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On n’a pas gardé les cochons ensemble

"Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
(...)"

Pour peu qu'on ne soit pas anglophone, maniant le "you" avec désinvolture, la question du tutoiement ou du vouvoiement se pose, tôt ou tard.

Petite, j'ai appris une première règle, qui semblait très simple : "tu pour les enfants, vous pour les adultes hors du cercle familial". Ce résumé des conventions sociales m'a été fort utile, merci Maman, jusqu'au jour où je suis devenue moi-même une "grande" personne (bon, "grande", je l'ai été dès mon 12e anniversaire... mettons donc "adulte", ce que je me refuse toujours à être complétement....).

Et là, les choses se sont singulièrement "compliquées".

Mon copain de bac à sable, bien qu'il soit maintenant président directeur général d'une entreprise très sérieuse et qu'il porte la cravate comme d'autres respirent, à savoir sans y penser, je lui dis toujours "salut mon pote", même si je demande très poliment à sa secrétaire de me passer "Monsieur Duschmolle".

Ma prof de première maternelle, je continue de lui adresser des phrases en "vous" lorsque je la croise dans la rue, lui sachant gré de faire semblant de ne plus se souvenir du jour où j'ai fait pipi aux culottes parce que je ne trouvais plus le chemin menant aux toilettes. Et elle de me dire, "alors, comment vas-tu ?"

A chaque nouveau job, j'ai commencé par dire "vous" à tout le monde, le "tu" venant petit à petit s'y substituer, parfois en raison d'affinités personnelles, parfois en raison de l'habitude générale de la boîte, prônant un (à mon sens) hypocrite "on est une bande de copains, on se tutoie tous, hein", ce "tu" ne parvenant toutefois pas à effacer les différences hiérarchiques et/ou salariales, notamment sur la place de parc, où l'apprenti part généralement à pied ou en vélomoteur et le directeur dans une grosse cylindrée...

Bref, un "tu" peut signifier aussi bien "je me sens proche de toi et je t'apprécie" que "bon, ben puisqu'on est obligé de bosser ensemble 40 heures par semaine, autant qu'on arrête de se mettre du madame - monsieur". Un "vous" peut être un moyen de mettre à distance parce que, finalement, "on n'a pas gardé les cochons ensemble".

Mais ce "vous", pour en revenir à la règle de mon enfance, il peut très bien résulter d'autre chose que la seule différence d'âge "enfant - adulte" : il peut s'imposer en raison du respect qu'on ressent pour une personne, de l'admiration qu'on éprouve pour son caractère, pour sa détermination, pour son savoir, pour sa sagesse. Ainsi, mon professeur de français, M. Jean-Pierre Monnier, jamais il ne m'aurait été possible de le tutoyer. Parce que j'ai eu une admiration profonde pour cet enseignant, pour cet homme et si aujourd'hui, j'ai un peu le goût des mots et de leur musique, c'est en particulier grâce à lui.

Ainsi, si j'ai été ravie d'avoir été accueillie par un tutoiement, Anne, ne m'en voulez pas si je ne puis imaginer vous rendre la pareille, même si je "devrais" puisque j'apprécie tellement ce poème de Prévert, qui dit tu à tous ceux qu'il aime.

49 commentaires
1)
Serge
, le 07.05.2007 à 05:01
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Au Québec, l’usage du tu et du vous diffère quelque peu. On se tutoie plus facilement. Par exemple, un patron qui demande à être tutoyé verra ce geste apprécié par ses subalternes (la perception de la hiérarchie en milieu de travail diffère elle aussi, mais ça, c’est une autre histoire). Cela ne veut pas dire pour autant que les Québécois font preuve d’une extrême familiarité avec tout le monde. Il y a toujours un seuil qu’il est préférable de ne pas franchir, mais disons que les conventions en la matière sont un peu moins strictes ici.

Je vous salue bien, Madame Poppins.

2)
François Cuneo
, le 07.05.2007 à 06:25
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À la direction de notre école, je travaille depuis 6 ans avec mon Directeur, que je tutoie depuis toujours, puisqu’avant d’être Directeur, il était mon collègue, et que dans le métier, tout le monde se tutoie.

J’ai toujours vouvoyé nos deux secrétaires, et c’était très très bien comme ça, parce que j’avais vraiment l’impression que ça montrait entre nous une marque de respect. Les deux dames se tutoyaient, et faisaient de même avec le Directeur qui le leur rendait bien.

Et puis un jour, lors d’un repas, proposition a été faite de nous tutoyer (ce que je craignais beaucoup, le vouvoiement allant tellement bien).

C’était il y a presque deux ans je crois.

Maintenant c’est bon, mais il nous a fallu plus d’un an pour y arriver. Et encore, on se trompe parfois.

Oui, j’aime beaucoup le vouvoiement.

Et sur Internet, le tutoiement automatique me pose un problème. Bon je le fais souvent, mais ça me gêne et ça me gênera toujours.

3)
Inconnu
, le 07.05.2007 à 08:07
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Dans toutes les communautés, il y a des usages établis qui en sont la marque d’un certain « esprit », d’une culture de groupe et un moyen de cohésion. Ainsi, les motards, de mon temps (!), se saluaient ils tous sur la route marquant en cela leur solidarité ; sur le net, le tutoiement était de rigueur et il n’était pas très bien vu de se voussoyer. Mais, c’est vrai que nous n’étions pas excessivement nombreux dans les années 80. Dès lors que ces communautés s’étendent, les usages perdent de leur utilité ou de leur légitimité, surtout s’ils sont ignorés ou contestés par les nouveaux arrivants.

Dans la vie quotidienne, et Mme Poppins le dit très bien dans son article, le tutoiement est une marque d’amitié, de proximité ou d’amour, ou même d’une culture d’entreprise artificielle et souvent non dénuée d’arrières pensées. Le voussoiement est une marque de hiérarchie, de non-connaissance ou de respect (voulu ou imposé).

Pour ma part, le tutoiement peut être aussi une marque de mépris ; le vouvoiement, de distanciation et d’ignorance.

Je pense que chacun, s’il a réfléchi à ce thème, s’est créé son propre code relationnel en fonction des usages dans son milieu. Quand aux personnes qui exigent le vouvoiement, je m’en méfie tout de même un peu…

Ah oui, j’ai pris pour habitude de vouvoyer les enfants de la même manière que je vouvoie les adultes.

4)
Anapi
, le 07.05.2007 à 08:18
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Mon professeur de Grec ancien vouvoyais tous ses élèves, les appelait Monsieur ou Mademoiselle (sauf pour nous gronder) et n’utilisait jamais nos prénoms. Ca fait bizarre la première fois (à 13 ans), mais on s’habitue très vite.

L’élève se sentait immédiatement respecté, et le respect de l’enseignant se faisait naturellement en retour. Les qualités propres à cet enseignant ont fait que le respect ne s’est pas démenti dans la durée, et que la forme reflétait le fond.

Le plus difficile avec le vousoiement, c’est quand votre interlocuteur le refuse et exige un tutoiement immédiat. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi ça prend un certain temps avant d’être naturel (n’est-ce-pas belle-maman ?)

5)
archeos
, le 07.05.2007 à 08:48
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Le vouvoiement pour commencer est une marque de respect ’’a priori’’, et personnellement je le pratique toujours. De même, tous mes supérieurs hiérarchiques, aussi bien quand j’ai travaillé dans l’administration que dans le privé, alors qu’ils avaient parfois très peu de différence d’âge, m’ont toujours vouvoyé. Cela n’empêchant pas une proximité. Donc moi aussi je tiens au vouvoiement.

6)
Atypo
, le 07.05.2007 à 09:06
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Dire « vous » n’est pas indispensable. Il n’est pas forcément nécessaire. En ce qui me concerne, il est assez naturel. Il faut du temps pour que je « tutoie » mes relations professionnelles. Sur le net, je préfère vouvoyer, même si l’on me tutoie d’emblée. Tout dépend de la personne et du degré d’affinité, je dirais ;-)))

Je vous souhaite une bonne journée, madame Poppins. ;-)

7)
elektrikpepper
, le 07.05.2007 à 09:10
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Bonjour, le plus dur dans les rapports à autrui est quand les racines et répères sont culturellement differentes. Ce qui est la règle dans un pays/contexte (ou dans le canton Tessin dans mon cas) ne l’est pas forcément dans l’autre.

Quand Mme Poppins parle de “la garde des cochons”, elle soulève la vraie question. Aujourd’hui, tutoiement revient à éliminer les subtiles distances du respects que l’on doit à toute personne et un petit peu plus a certaines. Les anglophones (bon, disons les Britaniques), malgré leur You, font cette difference: l’échange familier et informelle n’est pas la même chose que l’échange formelle.

Pour ce qui me concerne, je préfère le vousvoiement en toute circonstance, à cause de la perception biaisée et faussée du tutoiement. En plus, le vousvoiement permet un maniement plus subtil du langage et les messages sont perçus plus distinctement par l’interlocuteur.

Finalement, la règle de Madame Poppins (enfants-tu-adultes-vous) a prévalu et prévaut toujours pour moi. Et si d’aventure, cause affinité ou autre, on est prêt à oser le reprochement à un esphère plus intime et proche, donc au tutoiement, alors s’est toujours le plus âgé qui doit faire la proposition. J’ai toujours refusé le tutoiement au jeune (cadre dynamiaque) qui le proposait (plus ou moins spontanément).

Au fond, quel est le problème: tu=fin des règles sociales. Pour moi, c’est comme la route sans ses règles de circulation. Il ne reste que le chaos. Vives donc les règles sociales et de convenance.

Elektrikpepper

8)
cerock
, le 07.05.2007 à 09:12
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@Anapi C’est marrant car j’ai un ami, quand il commence a appeler sa fille mademoiselle, c’est qu’elle est pas loin de se faire gronder ;-)

Moi aussi, quand j’ai commencé une école “vaudoise” (à 15ans) Tous les professeurs nous appelaient Monsieur xxx et n’ont jamais utilisé nos prénoms. Ce que je trouve dommage 12 ans après, c’est que finalement entre copains de classe, et encore maintenant, nous nous appelons par notre nom de famille sans le monsieur et finalement les prénom ne sont jamais utilisé.

9)
Caplan
, le 07.05.2007 à 09:56
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Ma prof de première maternelle, je continue de lui adresser des phrases en “vous”…

Actuellement, le tendance est plutôt au tuotiement de la maîtresse, en plus de l’appeler par son prénom. J’ai fait part de mon désaccord à mes collègues enseignantes sur ce point. Je trouve que même à cet âge les jeunes élèves peuvent dire “vous” à leur maîtresse et l’appeler Madame. A mon avis, ils ont besoin de ce genre de repères.

Il faut dire aussi que le pire c’est encore de les entendre l’interpeller par un “maîîîîtreeeesse” du plus mauvais goût. Bon, il faut dire aussi que par analogie ils m’appellent “Maître” lorsqu’ils arrivent dans ma classe. Là, je les laisse dire…

Milsabor!

11)
alec6
, le 07.05.2007 à 10:30
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Il serait intéressant de comparer avec ce que dises nos voisins non francophones pour marquer la politesse et dans quel cas ils l’utilisent : 3e p. du pluriel en allemand, 3e p. du singulier féminin en italien pour ce que je connais…

Merci pour ce petit article.

12)
Madame Poppins
, le 07.05.2007 à 10:30
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Serge, du bon usage du “vous – tu” passe aussi, comme tu l’as dit, par des conventions qui peuvent varier d’un pays à l’autre. Quand je mettais du “Usted” (vous) à certains Espagnols, ils me trouvaient snobes. En revanche, lorsque j’ai utilisé d’emblée le “tu” pour un Sud Américain, j’ai bien vu qu’il n’avait pas trop goûté.

François, c’est aussi là que le bât peut blesser : lorsque l’habitude a été prise de dire “vous”, difficile de changer les réflexes. Avec une personne précise, j’ai même fini par renoncer, cela faisait trop d’années de “vous”, le “tu” ne venait naturellement à aucun d’entre nous, sans pour autant empêcher beaucoup de respect.

GerFaut, tiens, dire “vous” aux enfants, ça, je l’avoue, je ne pourrais pas parce que les petits mots calins, c’est quand même toujours en “tu”, non ?

Anapi ;-))))) Avec belle-maman, le “tu” a mis long à “passer”…

Archeos, je suis sensible à cette remarque : le “vous” n’empêche pas la proximité.

Atypo, dois-je lire dans votre “vous” une absence d’affinités ? ;-)

Elektrikpepper, refuser la proposition de tutoiement, ce n’est pas évident, je trouve; je l’ai fait une seule fois mais j’ai été assez mal vue, étonnamment pas par la personne dont j’avais décliné l’offre mais par le reste des collègues.

Cerock, ce qu’il y a de plus affreux, à mon sens, c’est le nom de famille sans “madame-monsieur-mademoiselle”, ça fait “numéro” et c’est tellement dommage, surtout quand on sait le temps que passent généralement papa&maman à choisir un prénom !

Caplan, que veux-tu, je suis une “vieille” et à “cette époque-là”, on disait “vous” à la dame. Ce que j’ai connu de “pire”, dans le domaine “maîtreeeeeeeeeeeeeesse”, c’est “ah, t’es entraîneuse ?” : je donnais alors des cours de natation ;-) J’ai eu beaucoup de mal à faire comprendre à mes élèves que non, je n’étais pas entraîneuse…

ToTheEnd, ne me dis pas qu’à la prochaine cuk-day, tu me dis “vous” ?

Et au-delà du “tu-vous”, les “titres” (docteur, maître etc), vous les utilisez ? Moi, je ne me vois pas du tout mais alors pas du tout dire “bonjour docteur” à mon toubib. Et vous ?

13)
Diego
, le 07.05.2007 à 10:54
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Ouf, j’ai de la chance Mary … un peu plus et on se disait “Vous” ?

Moi, je suis très “tu”. Dans les relations personnelles, dès que l’age de mon interlocuteur est inférieur ou sensiblement identique au mien – ce qui commence à faire une large majorité ;-) – c’est le tu qui me vient naturellement. Si un vous me vient en retour, j’ai passé l’age de rougir !

Dans l’univers professionnel, l’informatique étant sous influence anglo-saxone, le tu es appliqué en principe d’emblée lors des séances de travail.

Diego, alias Monsieur Poppins

14)
Blues
, le 07.05.2007 à 12:03
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Le vouvoyement souvent comme marque de respect (âge, supérieur hiérarchique, etc…) ou quand on ne connait pas bien les gens… au début d’une relation, etc…

Le tutoyement avec les proches, les amis, les collègues de longue date… mais surtout ne pas exagérer.

Perso je suis formateur (d’apprenti-e), dans ce sens (dans notre métiers du moins) c’est souvent ou normallement comme cela : vouvoyement dans le sens apprenant vers formateur, tuytoyement dans le sens formateur vers apprenant

Concernant l’anglais, c’est vrai que le “you” est très friendly, mais perso j’ai des fois de la peine à trouver mes marques dans les contacts journaliers. Par contre, à force de vivre avec des “anglophones”, on s’y habitue vite.

—-

Diego, alias Monsieur Poppins

Ah, c’est vous le monsieur qui aime bien les belles voitures :-D

15)
zitouna
, le 07.05.2007 à 12:25
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Travaillant dans une grosse structure d’enseignement supérieur où tout le monde se tutoie, je prends un “malin” plaisir à voussoyer les chefs de service, pour marquer une déférence, et aussi une différence (ça en énèrve…). L’autre jour, une élève à qui je demandait de me tutoyer m’a répondu que non, elle ne pouvait pas, que ça ne la dérangeait pas que je la tutoye mais qu’elle préférait me vouvoyer, pour marquer le respect, la différence entre apprenant et enseignant, j’ai trouvé ça pertinent. On est dans une societé de laquelle a complètement disparu cette notion de respect et c’est vraiment dramatique à mon sens: les nantis ne réspectent pas les “feignasses” de hèrèmistes, qui le leur rendent bien, les “schmidt” (keuf, dans mon “quartier”) ne réspèctent pas les “racailles”, qui le leur rendent bien, les vieux ne réspèctent pas les jeunes, qui le leur rendent bien, ad lib…
Par ailleurs, j’ai longtemps travaillé dans une petite (2 patrons et 1 salarié: moi!) boutique à vendre des appareils de photographie; dès le premier jour ils m’ont demandé de les tutoyer, ce qui n’a pas été sans difficulté au début, mais finalement ça s’est fait et je ne pense pas que ça aie dégradé la relation. Par contre, tutoyer les clients, c’est très différent! Un client avec qui j’ai, petit à petit, noué une relation d’amitié: il a presque sabré le champagne le jour que j’ai enfin pu le tutoyer!
Pour ce qui est des langues et des cultures, j’ai depuis le début baissé les bras avec le japonais, langue dans laquelle le vocabulaire, la syntaxe, les suffixes sont différents en fonction de la personne à laquelle on s’adresse, ce n’est pas qu’une histoire de pronom et de conjugaison! Et aussi de qui parle! Une femme n’emploie pas les mêmes mots qu’un homme, et ce, de manière très marquée… Comme j’ai appris à parler avec ma douce, je parle japonais comme une fille!
z (respect, maître Poppins)

16)
marcdiver
, le 07.05.2007 à 12:33
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Bon, à choix :

– Salut Mme Poppins ! – Bonjour Mary !

Me serais-je emmêlé les pinceaux ???

17)
Jer-o-nimo
, le 07.05.2007 à 12:51
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Etant depuis presque une année en terre anglophones, je dois dire que ça fait un bout de temps que je ne me pose plus la question. Encore qu’on ne s’adresse pas de la même manière à un pote ou à un professeur. Pour appuyer le fait que chaque pays-culture-langue a ses usages, je citerai la Hollande, ou le tutoiement est devenu la règle. Dans les magasins, au boulot, ce sera spontanément le tu. Même si il y a un mouvement de réaction, c’est devenu la règle. Pour ma part, ça m’arrange, j’ai jamais réussi à comprendre la forme de conjugaison du “u” (vous). Mais en français, je tiens à un respect intelligent des conventions. Pas les conventions pour elles-mêmes, mais pour ce qu’elles véhiculent : tu-proximité; vous-distance. Après, la nuance positive ou négative varie selon les contextes. Mon expérience est que le changement de l’un à l’autre lorsqu’il n’est pas sollicité explicitement, peut être blessant, irrespectueux voir insultant.

Quand à ce qui est des professeurs et instituteurs (y a une différence?), je préconise le vous systématique. Ne serait-ce que pour garder une certaine distance qui facilite la prise d’autorité si besoin est. Quand on est “potes”, c’est moins facile de pousser un coup de gueule.

18)
Modane
, le 07.05.2007 à 12:56
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Ah oui… J’ai tendance à tutoyer d’office. Le passé prolétaire, le milieu musical ou cinématographique me confortent dans cette relation simple et directe du “Tu”. Mais j’aime le son du Vous. Le son “tu” est brutal, sec. Le Vous est plus velouté, et je trouve qu’il porte plus à la relation sensible.

Dès qu’une relation devient fine et fragile, dans quelque domaine que ce soit, je ne peux pas m’empêcher de passer au vous. Quitte à reprendre le Tu dès que le sentiment change.

Et le Vous amoureux est tellement courtois…

20)
Puzzo
, le 07.05.2007 à 13:15
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J’ai demandé une fois à une personne plus vieille que moi de me tutoyer (en aucun cas, je ne désirais le tutoyer). Il m’a répondu texto : “On a pas gardé les cochons ensemble”. Et bien, ça m’a vexé. Qu’il me dise qu’il ne se sentait pas à l’aise ou qu’on ne se connaissait pas encore assez j’aurais compris… mais là!

Sinon, ce qui me fait rire, c’est les sous-titres ou le doublage des films anglophones. Quand deux acteurs viennent de faire des cabrioles et qu’ils se vouvoient… C’est pas très logique pour moi :-)

21)
Diego
, le 07.05.2007 à 13:34
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Ah, c’est vous le monsieur qui aime bien les belles voitures :-D

Belles motos, Blues, belles motos allemandes …

Pour les voitures, je serais plutôt anglaises (depuis que les ingénieurs sont allemands ;-), mais je n’ai pas les moyens !

22)
Franck_Pastor
, le 07.05.2007 à 13:44
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Français venu m’établir en Belgique, j’ai été sidéré de voir l’importance du tutoiement dans ce pays. Outre les proches, on tutoie ici quasiment systématiquement toutes les personnes qu’on côtoie régulièrement, ce qui est loin d’être la règle en France. Ainsi les patrons sont-ils souvent ici tutoyés par leurs employés, les doyens et recteurs par les professeurs, etc. Même certains étudiants d’université ont tendance à tutoyer leurs professeurs, bien que ce ne soit pas la règle et qu’ils se reprennent aussitôt. Pour ma part, j’ai un temps vouvoyé mes étudiants, ce qui les mettaient très mal à l’aise, j’ai fini par renoncer bien que ce soit ma tendance naturelle. Pareil en Flandre : le néerlandais a l’équivalent du vouvoiement, mais il est peu usité ici !

En fait, les seules personnes vouvoyées sont celles qu’on ne connaît pas ou peu, ou les “notables” (curés, médecins…). Et encore…

23)
ToTheEnd
, le 07.05.2007 à 13:48
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Pour les voitures, je serais plutôt anglaises (depuis que les ingénieurs sont allemands ;-), mais je n’ai pas les moyens !

C’est le moment de parler de ton anniversaire, de faire poser Mme dans Illustré et qu’elle change de tarif horaire…

Vu que l’attente pour une Tuscan est d’environ 2 ans, ça permet de voir venir!

T

24)
Diego
, le 07.05.2007 à 14:10
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Vu que l’attente pour une Tuscan est d’environ 2 ans, ça permet de voir venir!

Pas aussi élitiste, je me contenterais d’une modeste Range !

Mais, faut arrêter de troller le post de ma Dame … je vais me faire tuer ! (quoique, pour l’instant, ça monte le nombre de commentaires)

25)
Atypo
, le 07.05.2007 à 14:11
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Atypo, dois-je lire dans votre “vous” une absence d’affinités ? ;-)

Qu’allez-vous imaginer ? :-)

26)
Madame Poppins
, le 07.05.2007 à 15:42
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Zitouna, franchement, il vaut mieux parler japonais “comme une fille” que pas du tout ! Outre que pour ma part, dès qu’une personne n’est pas de langue maternelle (française, allemande, japonaise, peu importe), une erreur est tout de suite pardonnée, fût-elle un “tu” trop familier. En outre, je suis convaincue que tous les Japonais raffolent de ton accent, non ?

Cher Mister Poppins, comme le dit si joliment Modane, le “vous amoureux est tellement courtois” : serait-ce là la solution pour éviter des assiettes jetées par la fenêtre ? ;-)

Puzzo, j’aurais moi aussi été blessée par une telle remarque : “ne pas avoir gardé les cochons ensemble” et refuser le “tu” sont deux choses différentes me semble-t-il.

Franck_Pastor, je comprends le néerlandais et me dis qu’il s’agit d’une langue déjà bien assez “compliquée” pour ne pas ajouter encore une distinction “tu – vous”, non ? ;-)

ToTheEnd, qu’il me soit fait ici le ””reproche”” d’écrire comme dans Fémina, passe encore mais de là à me demander de poser dans l’Illustré…

Atypo :-)))

27)
Madame Poppins
, le 07.05.2007 à 15:43
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PS: je m’étonne que personne (si j’ai bonne mémoire) n’ait évoqué la solution – à mon avis – relativement “pratique” : le prénom + vous.

Personne ne l’utilise ? Pour ma part, j’en fais grand usage.

28)
Franck_Pastor
, le 07.05.2007 à 16:29
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Franck_Pastor, je comprends le néerlandais et me dis qu’il s’agit d’une langue déjà bien assez “compliquée” pour ne pas ajouter encore une distinction “tu – vous”, non ? ;-)

“U” mag me wel “Franck” heten ;-)

Het schriftelijke Nederlands is niet zo moeilijk. Maar de uitspraak wel, niet waar? ;-)

(Vous pouvez m’appeler Franck, vous savez. Le néerlandais écrit n’est pas si difficile. Par contre la prononciation l’est, n’est-ce pas ? ;-)

29)
François Cuneo
, le 07.05.2007 à 17:40
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Récemment, j’ai entendu un enfant qui criait à ses “camarades”: “Tagueulez-vous!” Joli mélange…

Excellent!:-))

30)
Jer-o-nimo
, le 07.05.2007 à 18:13
[modifier]

Ik find de schriftelijke Nederlands veel moeilijker dan de uitspraak…

31)
Madame Poppins
, le 07.05.2007 à 20:13
[modifier]

En fait, la prononciation, quand on parle le suisse allemand, c’est “facile” ;-)))

Allez, en “tu” ou en “vous”, merci pour votre partage d’expérience et échange de sensibilité. Et excellente soirée,

32)
ToTheEnd
, le 07.05.2007 à 20:35
[modifier]

Mais Poppins! C’est pour la bonne cause… pense un peu à l’anniversaire de Mister avec son tout nouveau 4×4…

T

33)
zitouna
, le 07.05.2007 à 22:42
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Je crois que je vouvoie les automobilistes et les piétons que j’injurie pour leur mauvaise conduite, quand je suis sur mon fougueux destrier…

z (on n’a pas gardé les cochons ensemble!)

34)
Grizzimero
, le 07.05.2007 à 22:48
[modifier]

On parle d’enfance… Et moi j’ai eu la femme de Jean-Pierre Monnier, comme maîtresse d’école… Une perle! Je m’en souviens encore… J’avais 9 ans. Et quand je la croise, c’est toujours avec le “vous” que je lui demande des nouvelles, et elle utilise un “tu” rempli d’amour lorsque nous discutons. Je l’ai adorée et c’était réciproque, je crois.

Merci Mme Poppins… Que de beaux souvenirs qui reviennent à la surface!

35)
fxprod
, le 07.05.2007 à 23:00
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Ik find de schriftelijke Nederlands veel moeilijker dan de uitspraak…

j’habite le plat pays qui est le mien, mais je ne parle le flamand que sous la torture.

36)
Benlop
, le 08.05.2007 à 01:56
[modifier]

Du haut de mes seulement 20 ans, j’ai énormément de mal à tutoyer des gens plus âgés que moi. Même par exemple de musicien à musicien, ou avec les ingés son, ou même quand je veux acheter une instrument par le biais d’une petite annonce : le “tu” est souvent de rigueur mais je n’arrive pas à servir autre chose qu’un “vous”.

Je crois que 20 ans c’est âge particulièrement délicat pour le tutoiement, on ne sait jamais qui vraiment tutoyer ou vouvoyer.

37)
Madame Poppins
, le 08.05.2007 à 08:21
[modifier]

Grizzimero,

Qu’est-ce qu’elle a donné lieu à des “spéculations”, la femme de M. Monnier, quand j’étais au Gymnase : il se disait qu’elle avait été une de ses anciennes élèves et nous, bien sûr, on se disait qu’elle devait être juste géniale pour qu’un homme comme lui la remarque… Tes propos semblent le confirmer :-)

Benlop, le plus gros “choc”, c’est quand, “du jour au lendemain”, plus personne n’utilise spontanément le “tu” à ton égard : là, tu te dis que t’as pris un coup de vieux ;-) Moi, ça fait des années que tout le monde me met du “madame” : tiens, j’aurais presque la nostalgie du temps où on me mettait encore un peu du “mademoiselle” !

38)
Inconnu
, le 08.05.2007 à 10:02
[modifier]

Pour les hommes, le “choc” a lieu, je pense, lorsqu’un événement bien précis se produit: la mue de la voix. En quelques semaines, en décrochant le téléphone familial, on passe du très direct “est-ce ton papa/ta maman est là?” (avec l’air stupide que certaines personnes savent prendre lorqu’ils/elles s’adressent à des enfants) au plus prudent “bonjour, monsieur, pourrais-je parler à Mr Prénom Nom” (en prenant bien soin de préciser le prénom du père lorsqu’ils le connaissaient).

39)
gbuma
, le 08.05.2007 à 13:18
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Perso je suis formateur (d’apprenti-e), dans ce sens (dans notre métiers du moins) c’est souvent ou normallement comme cela : vouvoyement dans le sens apprenant vers formateur, tuytoyement dans le sens formateur vers apprenant

Ahhh non ! Pas de dissymétrie vous/tu après la puberté !!

Dès que j’ai l’occasion de parler de ce sujet avec des adolescent(e)s, je trouve qu’il y a une règle très simple qui s’applique:

dès la fin de la scolarité obligatoire, lorsqu’un adulte vous dit “tu”, vous pouvez lui répondre “tu”, même si vous avez passé votre enfance à lui dire “vous”.

Si un adulte ne veux pas se faire tutoyer, il n’a qu’a vousoyer.

Si un adulte est dans une position de “maître” (celui qui en sait plus), il est normal d’instituer le vousoyement pour les questions de respect mutuel évoqué ci-dessus.

PS: pour le orthographes du verbe vousoyer : leconjugueur

40)
Madame Poppins
, le 08.05.2007 à 15:02
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Arldon,

Les femmes ne muant pas, en principe, je me suis souvenue de ce qui est arrivé à une copine, alors âgée de 34 ans. Un soir, le téléphone sonne, elle décroche. Le gars, d’un institut de sondage, lui demande “est-ce que ta maman est là ?”. Non, répondit-elle logiquement. Le gars lui demande si elle a plus de 16 ans, ce à quoi elle répond évidemment oui. Il lui pose alors plusieurs questions et termine par “et ta profession ? enfin, je suppose que tu n’as pas encore de métier”. Si, dit-elle. “Ah oui, et c’est quoi ?” “Docteur en physique” répond-elle puisqu’elle l’était. Il semblerait que le gars ait ensuite été assez gêné ;-))

Gbuma, je suis aussi plus à l’aise avec la règle “si on te dit tu, tu réponds par tu, si on te dit vous, tu réponds par vous”, après la puberté. Et pour la conjugaison de vousoyer, je plaide coupable de connaissances approximatives….

41)
Smop
, le 08.05.2007 à 16:34
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Pour l’anecdote, ici, à Tahiti, le tutoiement et la bise sont de rigueur, généralement dès le premier contact. Les choses sont tellement plus simples…

42)
Grizzimero
, le 08.05.2007 à 17:19
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Mme Poppins,

Je suis totalement INCAPABLE de lui donner un âge à Mme Monnier (remarque que je ne connais toujours pas son prénom…! Pour moi c’est Madame Monnier et Madame comme prénom!). Mais il est fort probable qu’elle fusse son élève. Ils avaient une bonne différence d’âge; mais combien, ça je ne le sais pas!

Mme Monnier fut d’aide précieuse durant mes jeunes années. Donc je confirme qu’elle est une personne en or, et Mr Monnier le savait très bien!

:-)

43)
Okazou
, le 08.05.2007 à 18:16
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Ronds de jambe.

Que pensez-vous des schmitts (les bleus, les flics) qui tutoient à qui mieux mieux ?

44)
Okazou
, le 09.05.2007 à 00:58
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J’ai la fâcheuse impression d’avoir soudain cassé le vase de Chine de Granny…

45)
TxG
, le 09.05.2007 à 01:45
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Respect vous-tu ?

– je t’aime !

– je vous emmerde !

;•)

47)
pat3
, le 09.05.2007 à 14:42
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Je crois que la “norme” française la plus usitée est: vous/distance tu/proximité et vous/hiérarchie et tu/parité.

Et les contextes ensuite permettent de savoir où on se place par rapport à ces deux systèmes (en manif ou se tutoie, par parité effective et volonté de proximité, chez les profs on se tutoie entre collègues, parité, et on vouvoie les secrétaires, hiérarchie…)

Ceci dit, une norme, ça se transgresse, et j’aurais tendance à dire que la transgression se fait sur la base de la proximité (affinitaire), qui, je l’espère encore pour longtemps, dépasse les frontières sociales…

48)
Leo_11
, le 11.05.2007 à 16:50
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Je suis victime, ici dans la Broye lacustre, d’une distortion horaire grave… ça fait depuis la parution de cet excellent “papier” que je voulais féliciter Madame poppins sans y parvenir…

Contrairement à ce que tu-vous pensais-siez, Madame Poppins… j’adore tes-vos articles… c’est frais et pimpant…

Concernant le sujet du dit article (humeur pour les puristes)… étant issus du milieu des chantiers j’ai le tutoiement facile… mais maintenant que je suis dans l’enseignement, j’ai dû me mettre au vouvoiement… sans trop de difficultés… mais lorsque je suis avec mes apprentis (pardon… “apprenants”) en formation pratique, il est vrai que j’ai tendance à me laisser rattraper par mes anciennes habitudes (celles décrites plus haut… ‘faut suivre… non mais…) et ai facilement tendance à les tutoyer (les appren… comme vous voulez). Mais une chose est sûre… c’est que lorsque je croise un ancien parton ou maître d’apprentissage… j’ai de la peine à employer le tutoiement et ce même si ce dernier m’a demandé de l’utiliser… forme de respect envers les personnes qui m’ont appris tout ce que je transmets à mes appren…

Maintenant, avec le recul je pars du principe que lorsque quelun me tutoie je fais de même, et vice-versa…

Merci pour ce moment de fraîcheur et de détente… j’aime beaucoup Mary Poppins j’adore Madame Poppins…

49)
Madame Poppins
, le 12.05.2007 à 08:59
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Leo_11,

Ton message, même temporellement distordu, me fait prendre conscience de deux choses : que je ne suis pas très vieille puisque j’ai “rougi” en lisant ton compliment au sujet de mon papier (rougir, c’est un truc de gamine, non ? ) et que j’adore les compliments ;-)))

J’enseigne aussi régulièrement et j’avoue, j’ai du mal avec le “apprenant” à tout prix et non pas “élèves, participantes” etc…. C’est comme ce “référentiel aléatoire bondissant” : tu te serais douté qu’il s’agit d’une balle ? ;-)) Franchement, ce n’est pas le mot utilisé qui va faire que tu es bon ou mauvais enseignant, non ?

Bonne journée a toutes et tous,