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Cette jeunesse qui dit non, tribalement NON

Monsieur Nicolas Sarkozy,

En temps normal, je commencerais par “Cher Nicolas Sarkozy”, mais là, je ne peux pas. Je ne peux pas parce que vous vous êtes permis, il y a quelques jours, de jeter aux ordures, grosso modo, une partie de ma vie.

Vous avez affirmé que notre génération, je vous cite,  "dilapida l'héritage sans apporter ce supplément d'âme dont elle dénonçait le manque. Elle installa partout, dans la politique, dans l'éducation, dans la société, une inversion des valeurs et une pensée unique dont les jeunes sont aujourd'hui les victimes. Au cœur de cette pensée unique, il y a le jeunisme: cette idéologie qui dit à la jeunesse qu'elle a tous les droits et que tout lui est dû. C'est faux." Et vous avez conclu: "Ils ont vécu sans contrainte, vous payez aujourd'hui la facture."

Alors comme ça, nous aurions “dilapidé l’héritage”? Cet héritage qui prévoyait les 3 K pour la femme: Kinder, Küche, Kirche (enfants, cuisine, église). Cet héritage qui ordonnait aux petits: les enfants, c’est fait pour être vu, pas entendu. Cet héritage qui prônait que le Noir reste au fond des autobus, qui considérait que c’était OK de commercer avec l’Afrique du Sud ségréguée. Cet héritage qui rendait difficile l’accès à l’éducation pour les classes laborieuses. Cet héritage qui, en un mot, interdisait le libre choix pour chacun de ce qu’il allait faire de sa vie.

Je crois que je n’aurais pas réagi à la (dangereuse) stupidité de votre discours si je n’avais pas été à Venise le jour où vous l’avez fait, et que je n’avais pas vécu deux événements.

D’abord, j’ai vu le film Bobby, consacré à la dernière journée de la vie de Bob Kennedy: il illustre la générosité, les espoirs de la génération qui a fait que 1968 a été ce qu’il a été, pas seulement en France, Monsieur Sarkozy, mais aussi ailleurs. C’étaient des espoirs qui étaient suscités par un besoin profond de se défaire des contraintes qui étaient les nôtres et de construire un monde meilleur. Juste avant d’entrer dans la salle, je venais de lire le résumé de votre discours dans un journal italien - et de voir ce film juste après, c’était comme si un de ces jeunistes que vous fustigez (il s’appelle Emilio Estevez, 44 ans, vous devriez aller lui faire la leçon) vous avait flanqué une grosse claque.

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“Bobby”, de Emilio Estevez. Les voici, ceux de ‘68, prêts à se battre pour que le monde devienne meilleur, pour que cesse la guerre du Vietnam, pour que l’éducation soit accessible à tous. Pour que ce film puisse se faire, ceux de 2006 ont accepté de travailler pour des salaires minimums.

Pendant la projection, vous m’êtes venu plusieurs fois à l’esprit. Je ne sais pas si cela servira à quelque chose de vous montrer ce film. Avec le temps, je crois avoir compris que de toute façon vous êtes incorrigible, inéducable pourrait-on dire. Pour que vous entendiez ce qui n’est pas directement dans l’intérêt de vos ambitions, il faudrait sans doute faire usage de cet autoritarisme que vous aimez tant.

L’autre événement du jour où j’ai lu votre élucubration anti soixante-huitarde a été le suicide d’une Indienne de 30 ans devenue italienne, mère de deux enfants, veuve qu’on avait obligée à épouser son beau-frère de 70 ans, parce que c’est la coutume en Inde. La jeune femme avait envie de choisir sa vie, mais la coutume dictait: elle a été contrainte d’aller épouser ce demi-frère très aîné de son défunt époux. On l’a ensuite renvoyé en Italie chercher ses enfants - elle a profité de ce dernier instant de liberté pour se jeter sous un train. Il y a à peine huit jours, une jeune Pakistanaise, devenue Italienne et vivant à Brescia, a été tuée par les hommes de sa famille parce qu’elle voulait vivre à l’italienne: elle avait désobéi - c’était légitime pour sa famille de lui donner la mort.

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Hina, 20 ans, pleine de vie et de projets, fiancée à un Italien, tuée le 24 août et ensevelie derrière la maison, comme un chien, parce qu’elle refusait de se laisser imposer une autre manière de vivre.

Je sais déjà que vous allez me dire que ça n’a rien à voir avec vous, avec nous. Que vous êtes indigné, certainement. Et pourtant… Il n’y a pas si longtemps, la femme européenne n’existait que dans le foyer, et son mari, son père, avaient, en pratique, droit de vie ou de mort sur elle. De retour en arrière en retour en arrière, on se retrouverait vite au moyen âge, savez-vous. Mai 68, pour nous les femmes, c’était la revendication de pouvoir librement disposer de notre corps. Du coup, bien entendu, ce n’était plus aussi commode pour vous, ou disons pour vos papas (vous-même n’aviez qu’une dizaine d’années à l’époque): on ne pouvait plus siffler les toutous pour qu’ils reviennent à la niche.

C’est effectivement, masculine et féminine, “toute une jeunesse qui a dit non, tribalement non”, pour citer le grand poète Maurice Chappaz (un “vieux”, M. Sarkozy, il a passé 80 ans, mais à lui aussi, vous devriez faire la leçon - dans la tête, c’est un jeuniste). Nos parents avaient vécu la guerre, et nous ne voulions plus mourir au champ du déshonneur. Certains d’entre nous étaient des enfants non voulus, parce que nos mères n’avaient eu droit ni à un vrai métier, ni à l’éducation sexuelle, ni à la contraception, ni, en dernier recours, à l’avortement. Certains d’entre nous n’avaient pas pu faire d’études parce qu’il n’y avait pas de bourses, et que nos parents ne pouvaient pas les payer. Nous voulions un monde de paix, d’égalité, nous voulions voir tomber ces tabous qui rétrécissent la vision et la vie.

Et nous voulions une politique qui reflète nos aspirations.

Quelle “inversion des valeurs”, en effet!

Je vous l’accorde, nous avons crié cela dans le désordre: l’explosion a commencé par nous surprendre, et puis, pendant quelques semaines, nous avons vécu - ceux d’entre nous qui avaient la chance d’être là où cela se passait - dans l’ivresse d’une liberté jusque-là rêvée, mais inconnue.

Seulement, je voudrais vous rappeler, M. Sarkozy, que deux mois après, de Gaulle était revenu au pouvoir. Qu’en juin, Bobby Kennedy était assassiné, juste après Martin Luther King, qu’en août, les chars russes écrasaient Prague. Qu’en un mot, l’“ordre” régnait à nouveau dans les usines et dans les écoles, dans les bureaux et dans les rues.

L’écho de 68 a réverbéré longtemps, il réverbère encore parce que ces millions de jeunes qui sont sortis dans la rue ne se sont pas complètement laissés reprendre en main. Et parce que ce rêve de liberté si bruyamment exprimé fait encore rêver certains de nos enfants. Nous avons, individuellement, cherché à vivre nos idéaux, à inculquer à nos enfants qu’ils avaient la liberté de disposer d’eux-mêmes, qu’ils avaient le devoir de faire fleurir en eux ce qu’ils avaient de meilleur, de travailler pour le bien commun. Oui, M. Sarkozy, des principes. Différents de ceux que nous inculquaient nos parents. Mais néanmoins des principes.

Mais ne nous faisons pas d’illusions, et ne cédons pas à votre discours démagogique, M. Sarzozy: en fait, nous avons totalement raté notre coup.

Nous n’avons, contrairement à ce que vous dites, pas “dilapidé l’héritage”, pour autant qu’on puisse parler d’héritage. Nous l’avons repris et amplifié, et de manière désastreuse.

Nous n’avons pas construit une société MEILLEURE.

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Pavés et barricades de 68 sont restés légendaires, et font encore rêver la jeunesse d’aujourd’hui, mais ce ne sont pas eux qui ont fait les crises actuelles: c’est une politique de l’instant (boursier) menée hors de toute perspective pour les générations futures

Ce ne sont pas les quelques pavés qui ont volé en Mai 68 qui ont fait le monde dans lequel nous vivons: quelles que soient les légendes, l’ordre de nos pères a vite été rétabli, et puis, quelques années plus tard, nous sommes entrés de plain-pied dans la vie active, et contrairement à ce que vous prétendez, nous n’avons pas inversé les valeurs - si nous l’avions fait, nous n’en serions pas là aujourd’hui, et il n’y aurait personne pour applaudir vos discours.

Les explosions des banlieues ne sont pas dues à l’esprit de 68, ce sont les séquelles à long terme de la colonisation du Maghreb et de l’Afrique noire, ce sont les conséquences du pillage éhonté de ces pays qui ont rendu nécessaire l’émigration, et l’immigration dans nos pays.

L’indiscipline scolaire ne vient pas des idéaux de 68, mais en grande partie du manque de moyens qui ne permet pas une éducation de qualité égale pour tous, selon le principe de Jules Ferry qu’aucun soixante-huitard n’a jamais renié.

L’absence de principes ne vient pas des idéaux de 68, mais de ce que nous avons laissé qu’on fasse de l’héritage de nos pères cette globalisation, ce règne de la bourse sur le travail qui sont en train de détruire les valeurs que nous aurions dû défendre.

Nous aurions besoin d’un supplément de morale? De nous souvenir que “tout se mérite”, que “rien n’est acquis”?

Vous vous trompez d’adresse.

Pourquoi ne dites-vous pas cela aux prédateurs financiers qui ferment des usines qui marchent pour faire monter les cours de la bourse?

Pourquoi ne dites-vous pas cela aux patrons qui délocalisent parce qu’ils vont ainsi gagner davantage et rester “dans la course à la concurrence”, sans le moindre sens des responsabilités pour les communautés qui se retrouvent ainsi sinistrées du jour au lendemain, pour ces parents soudain chômeurs qui perdent le prestige qu’ils pourraient avoir auprès de leurs enfants. Pour ces enfants qui en viennent à se dire: à quoi bon travailler, puisque de toute manière rien de ce qu’on pourrait faire n’est digne de respect. Puisque tout contrat “à durée illimitée” peut en fait s’arrêter demain pour satisfaire à un caprice de la bourse.  Vous avez eu beau “mériter”, vous serez tout de même englouti par le prochain plan social.

Je ne vais même pas perdre de temps à vous expliquer, mon pauvre M. Sarkozy, que sans Mai 1968 vous-même ne seriez pas ce que vous êtes, vous ne comprendriez pas.

Mais soyons clairs: vous cherchez des arguments électoraux, vous faites de belles promesses (que vous piquez souvent à ces post soixante-huitards que vous vomissez), et pour ce faire, vous vous servez de tout et de n’importe quoi. Je ne vote pas en France, je ne peux donc pas vous sanctionner en ne votant pas pour vous. Je suis Suisse. Mais je suis aussi une immigrée italienne qui a eu de la chance, je jouis de la double nationalité, c’est-à-dire que je suis Européenne - et ce qui se passe en France me concerne.

J’espère que par vos déclarations, vous aurez vexé suffisamment de monde pour que ça fasse une différence. Que, pour vous paraphraser, “pour avoir parlé sans contrainte, vous paierez demain la facture”.

Je ne vous envoie pas, Monsieur Nicolas Sarkozy, une considération distinguée, puisque je n’en éprouve pas.

172 commentaires
1)
Inconnu
, le 07.09.2006 à 00:15
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Anne, intéressant point de vue, que je ne partage pas forcément (mais ce n’est pas le but de mon propos).
Je suis étonné de voir qu’une résidente Suisse suive d’aussi près l’actualité politique française. Tant mieux. Ce n’est pas forcément mon cas. A tort, d’ailleurs.

2)
Inconnu
, le 07.09.2006 à 00:18
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Heu, mon commentaire n’est pas ultra clair. Je voulais dire que je ne suis pas assez ce qui se passe en dehors de mon pays. Je suis par contre de très près ce qui se passe en France. Etant donné que je me sers de ma carte d’électeur de manière assidue.
Dire qu’on a encore 9 mois avant les élections, les promesses vont être abondamment brassées et bradées.

3)
Bertrand59
, le 07.09.2006 à 00:23
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pour ma part, je suis d’accord avec vous et vous assure de l’inquiétude de nombreux compatriotes français face à la « montée en puissance » du Sarkozysme et des dangereuses inepties de plus en plus développées avec l’approche de l’échéance présidentielle.
j’ai bien peur que ses propos actuels nous paraissent timides en regard de ce qu’il a encore en stock à nous servir!

4)
rvb3
, le 07.09.2006 à 00:27
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Que vois-je ? Un de mes sites préférés tente de justifier la délinquance juvénile, l’indiscipline scolaire et l’absence de principes ? Et ça vient de Suisse !!!!

J’ai un peu oublié à quel époque nos voisins nous avaient conseillé l’émancipation féminine ? Peut-être pendant qu’ils abritaient nos grands délinquants financiers ? Ou alors ça remonte au temps ou ils exportaient sur tous les trones d’Europe leurs princes enrichis à force de rançonner les usagers du Rhin ?

Les Suisses ne nous épargneront-ils donc jamais ? Une bonne nouvelle quand même : v’la que nos révolutions leur plaisent ! :D

5)
Okazou
, le 07.09.2006 à 01:22
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Merci Anne, une fois encore.

Quelque chose me dit que l’on va voir fleurir une belle brochette d’intervenants réactionnaires sans vergogne suite à ton coup de gueule.

Bien sûr que ce qui se passe en France te concerne. Double nationalité ou pas.


Un autre monde est possible.

6)
loic
, le 07.09.2006 à 02:44
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Bravo! Mille fois bravo! Et merci madame Anne Cunéo, ça fait du bien de lire votre texte.

Je voterai. Je voterai pour moi et pour vous, donc à gauche au premier tour… et si j’ai, à grands regrets, et ça me peine encore aujourd’hui, réussi à voter Chirac au deuxième tour la dernière fois, cette fois-ci j’espère ne pas avoir l’obligation morale de voter Sarkozy au deuxième tour… je ne sais pas si j’en aurai la force.

7)
GATTACA
, le 07.09.2006 à 02:56
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En même temps, Loïc, si on se retrouve à choisir (encore une fois) entre une gastro et la peste, aussi douleureuse que puisse être la gastro, je suis persuadé que tu la choisiras toi aussi. Quand on n’a pas le choix, même si c’est à contre cœur, il est des sacrifices que l’on doit s’infliger pour éviter le pire du pire.

Je me demande si les jeunes des cités qui ne votaient pas jusqu’à présent, iront voter, suite aux violence de l’automne dernier… J’ai comme un gros doute…

8)
Jacques 971
, le 07.09.2006 à 03:20
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Merci, Anne, j’ai le moral qui remonte, je me sens moins seul !

Certes, Sarkozy n’est pas la solution, mais quelle est la solution ? Non n’avons que le personnel politique que nous méritons …

Il reste encore quelques mois « gonflants » (oh, pardon !) de campagne en vue… Ça va être dur, puis, enfin, il faudra choisir, non pas le meilleur, mais le moins pire …

9)
lol.973
, le 07.09.2006 à 04:31
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Bravo et merci!!

Faudra-t’il choisir entre peste et cholera?
Et le vote blanc, oui il n’est pas reconnu en France, mais imaginez plus de 50% de votes blancs au second tour, o ka zou? Peut-on encore rêver?

Je n’arrive pas à comprendre, pourquoi tant de gens ont une analyse si juste et pourquoi le « personnel politique » est si calamiteux!!

Il faudra choisir le (la) moins pire, rien que d’y penser, j’ai mal au crâne!

bonne nuit quand même.

10)
pilote.ka
, le 07.09.2006 à 05:16
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Moi cet article me fout la poisse car on risque bien d’avoir un président…pas présidentiable. Mais à gauche le débat n’est pas plus élevé.
Ça va être dur de se lever pour aller voter

11)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 06:24
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Renaud, nous sommes très tournés sur la France en Suisse.

Même si nous n’avons pas la double nationalité.

Nous suivons vos « 20 Heures » avec une sorte d’amour-haine parfois, qui est d’ailleurs étudiée ces jours dans je ne sais pas trop quelle étude.

13)
mackloug
, le 07.09.2006 à 06:44
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Je ne connaissais pas ce propos de Sarko sur l’héritage, mais je le partage totalement.

Bien sûr qu’il y a eu une évolution certaine sur beaucoup de choses, mais quel héritage nous laissez-vous ? Une planète polluée, un monde où l’argent est roi et Loi, un monde où Le Pen arrive au second tour…

Non Anne, il faut regarder la vérité en face et arrêter de porter le poids de la culpabilité de ceux qui choisissent de ne pas se battre en se jetant sous un train…

Je ne veux pas relancer un débat à plus de 200 commentaires, mais je ne suis pas d’accord avec ce propos.

François, je te retourne ton propos : ici, on regarde le 19h30 sur TSR1 avant le 20h en France. Et globalement, je dois dire que je trouve nos amis suisses bien plus raisonnables que nous autres français, et dans bien des domaines…Donc, en ce qui me concerne, beaucoup d’envie quand je vous regarde. II faut aussi préciser que d’habiter le long de la frontière nous permet de capter les chaînes de deux pays et d’être imprégné des deux cultures.

Jean-François MATTLER

14)
arjuna
, le 07.09.2006 à 06:48
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In medio stat virtus !

Je ne suis pas certain que l’hagiographie de mai 1968 soit une réponse à une certaine détresse du corps électoral et au sieur Sarkozy. Position trop extrême.

Ne pas oublier les séquelles : Action Directe, Prima Linea, Baader, … De l’autre coté c’est pareil…

La chient lit de gauche ou de droite continuera. Le retour au XIX siècle est en route.

15)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 06:49
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Pour en revenir à mon commentaire précédent, maintenant que je suis allé changer Juliette, je dirais que je ne comprends pas que l’on puisse faire confiance à près de 50% à Sarkozy.

Certes, je comprends qu’on soit dégoûté par la gauche qui a passablement déçu, qui se déchire, qui est certainement devenue la gauche la plus bête d’Europe, pour reprendre une expression d’il y a quelques années à l’envers.

Ce Monsieur Sarkozy a certainement une chose qui ne ment pas: on voit sur lui qu’on ne peut pas lui faire confiance. On voit sur lui qu’il est dangereux. Son petit sourire, son faux calme de nerveux qui essaie de se tenir, ça pue tellement, qu’on a juste envie de lui envoyer une claque.

Cela dit, si la gauche empoignait d’une manière correcte les vrais problèmes, sécurité y comprise, mais de manière intelligente, ce sinistre personnage aurait moins de place.

16)
THG
, le 07.09.2006 à 07:05
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Que les choses soient bien claires : je n’aime pas Sarko, je ne voterai pas pour lui, il faut trouver une solution pour intégrer les étrangers et offrir du travail à tous. OK.

Mais, Mme Cuneo, avec tout le respect que je vous doit à vous et à votre pays, la Suisse ( que j’aime beaucoup et qui me procure un emploi depuis maintenant 16 ans ), j’ai du mal à encaisser certaines leçons alors que, dans la confédération, le droit de vote des femmes a été accordé il n’y a pas si longtemps que ça dans certains cantons, que l’origine de la richesse est parfois douteuse et, au même titre que la France, l’attitude a été plus qu’ambigüe dans les années noires de la domination nazie sur l’Europe. Sans compter que, lorsqu’on discute avec des Suisses, jeunes ou âgés, on sent quand même beaucoup de xénophobie latente vis-à-vis des nombreux étrangers Tamouls, Turcs ou Yougoslaves qui essaient de refaire leur vie.

Alors, avant de critiquer le discours de Mr sarkozy, je vous suggère de venir habiter dans une banlieue chaude, en région parisienne, lyonnaise ou du côté de Strasbourg ou Mulhouse et d’observer que, parallèlement à ceux qui essayent sincèrement de s’en sortir, il y a aussi ceux – et ils sont nombreux – qui ont décidé de consacrer leur énergie à détruire, brûler, piller, insulter et dévaliser.
On a le droit de se révolter contre l’injustice sociale, mais on a aussi le devoir de se battre pour sa cause au lieu de gaspiller son énergie à tout foutre en l’air.

Donc, je vous suggère de balayer devant votre porte. Merci.

Gilles.

17)
Franck_Pastor
, le 07.09.2006 à 07:22
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C’est toujours plus facile de désigner des boucs émissaires, la génération Mai 68 en est un comme un autre. Ça promet une campagne très « relevée » de la part de ce monsieur Sarkozy. Attendons-nous au pire pour la suite, on n’en est qu’au début.

Comme on est passé dans cette discussion de la génération 68 au jeunes de banlieue strasbourgeoise, ça me sidère… Qu’on m’explique.

18)
Totophe
, le 07.09.2006 à 07:30
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N. Sarkozy n’a pas entièrement tord concernant la génération 68. Dans mon environnement, je vois pas mal de « révolutionnaires » que la vie a bien gatée et qui affichent des certitudes.

19)
Anne Cuneo
, le 07.09.2006 à 07:42
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Je vais être en route toute la journée et n’aurai pas la possibilité de me connecter. Je ne le ferai que ce soir après 21.00
Mais je voudrais dire une chose: mon humeur n’est pas celle d’un chantre de 68!
Je dis qu’on a essayé, et je dis aussi qu’on a RATE. On a laissé que les choses continuent dans le droit fil d’avant 68, et que même, devenus adultes, nous avons contribué à les développer, à les globaliser. Je dis que notre génération avait des idées généreuses, mais qu’elle n’a que peu su les convertir en actions – c’est pour cela qu’on (nous qui l’avons vécu et pas mal de nos enfants) en rêve encore. Parce qu’en grande partie, ce n’était qu’un REVE.
Ce que j’affirme dans cette humeur, c’est que je m’offusque de ce qu’un Sarkozy instrumentalise Mai 68 pour sa propagande, et qu’il jette les pauvres efforts que j’ai essayé de faire (vous voyez que je suis prudente) avec d’autres à la poubelle, pire, qu’il les rende responsables du malaise des banlieues etc.
Ça n’a rien à voir.
Et oui, je sais qu’en Suisse on a voté, nous les femmes, en 1971 seulement (effet 68, je vous assure). Ce n’est pas une raison…
Quant à m’occuper des affaires de la France, à part le fait que je suis journaliste d’une rubrique internationale et que c’est donc aussi mon boulot, je crois que s’occuper des affaires du monde, ça aide.

20)
THG
, le 07.09.2006 à 08:01
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Anne

Je respecte bien entendu vos opinions et, contrairement à ce que je laisse peut-être entendre dans mon premier commentaire, il est toujours bon d’avoir un point de vue extérieur. Mais je ne suis pas non plus obligé d’être d’accord :-)

Notre problème, en France, est qu’on se trompe souvent de cible. Il y a des problèmes graves mais les médias – et les journalistes – préfèrent taper sur les institutions ( police, justice, gouvernement ) que dire la vérité, ou certaines vérités qui heurtent.

Pas étonnant que des politiques au discours plus dur finissent par émerger – Sarko, De Villiers, Le Pen. Et qu’avons-nous pour s’opposer à ces gens ? Jack Lang ? A mourir de rire. Ségolène ? Une parvenue de dernière minute, sans aucun talent. Chirac ? De Gaulle le surnommait en privé « le grand con ». Pas pour rien.

Gilles.

22)
coacoa
, le 07.09.2006 à 08:35
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C’est ça, balayons chacun devant notre porte, que les Suisses s’occupent de la Suisse (et encore, seulement de leur canton, qu’aurait-on à dire à un canton voisin, franchement, hein ?), que les Français s’occupent de la France, que chacun s’occupe de ses oignons, surtout, n’essayons pas d’engager le débat sur autre chose que ce que nous avons sous la main, nos carottes, nos salades, le pipi du chien, le solarium de la voisine, restons bien cloisonnés, bien barricadés dans nos petites vies avec nos petites idées, nos petites équipes de foot, nos petits défauts, nos méchants banlieusards, nos vilains politiciens et nos formidables nounous télévisées.

24)
yvonzebest
, le 07.09.2006 à 09:02
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Bravo à l’auteur de l’article,

Bravo parce que même si elle a échouée dans sa réalisation, la génération 68 avait des rêves, des idéaux. Bravo, parce que moi, ce genre d’article me permet de croire encore un tout petit peu que l’humain peut être bon et progressiste, et que le chaos peut encore enrayer la machine à profit qu’est devenu le monde. Bravo pour fustiger une France qui oublie peu à peu les raisons de la guerre 39-45 (à savoir la haine raciale en Allemagne). Bravo, et merci, de ne pas abîmer les rêves de gamins (ceux qui en ont encore). ils en ont besoin pour s’en sortir.

Yves, animateur 14-18 ans

25)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 09:21
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Mais, Mme Cuneo, avec tout le respect que je vous doit à vous et à votre pays, la Suisse ( que j’aime beaucoup et qui me procure un emploi depuis maintenant 16 ans ), j’ai du mal à encaisser certaines leçons alors que, dans la confédération, le droit de vote des femmes a été accordé il n’y a pas si longtemps que ça dans certains cantons, que l’origine de la richesse est parfois douteuse et, au même titre que la France, l’attitude a été plus qu’ambigüe dans les années noires de la domination nazie sur l’Europe. Sans compter que, lorsqu’on discute avec des Suisses, jeunes ou âgés, on sent quand même beaucoup de xénophobie latente vis-à-vis des nombreux étrangers Tamouls, Turcs ou Yougoslaves qui essaient de refaire leur vie.

Je ne vois pas le rapport.

Penses-tu qu’Anne n’est pas consciente de tous ces problèmes?

Où lis-tu dans son article des « leçons que l’on donnerait, nous, Suisses, aux Français »?

Nous avons aussi des gens nauséabonds chez nous, qu’on se le dise. Et tu peux les critiquer sans vergogne, ce n’est pas moi qui vais te dire « Oui mais vous, vous avez Sarkozi, vous avez Le Pen, alors balayez devant votre porte ».

Au contraire, je serai très content qu’on s’occupe, avec un regard extérieur, à montrer ce qui ne va pas chez nous.

26)
Zbigniew
, le 07.09.2006 à 09:25
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Chère Madame

J’avais 30 ans en 68. J’ai vécu Mai 68 et je peux en parler. Mai 68 n’était qu’un accident de parcours, une révolte de gamins qui ont été vite dépassés par ce qu’ils avaient déclenché. Aujourd’hui on essaie de nous faire croire que grâce à Mai 68 la face du monde a changé. Le résultat est que tous les meneurs de cette soi-disante révolution se sont retrouvés en haut de l’échelle et l’ont tiré derrière eux.
Vous êtes Madame comme les Thuram, Viera et autres mauvais patriotes, qui pour ne pas payer d’impôts se réfugient à l’étranger et se permettent de critiquer la France.
J’ai été en poste dans de nombreux pays étrangers, particulièrement en URSS, en Suède, en Allemagne et autres, et le nombre de c…, Oh pardon, d’âneries que j’ai pu lire sur ces pays écrit par des journalistes internationaux pourraient remplir une encyclopédie.
Alors, avec tout le respect que je vous dois, bornez-vous à écrire pour votre bulletin communal cela vous évitera de parler de choses que vous ne connaissez pas.
Veuillez agréer,Chère Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
Zbigniew

27)
JCP
, le 07.09.2006 à 09:36
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Cela dit, si la gauche empoignait d’une manière correcte les vrais problèmes, sécurité y comprise, mais de manière intelligente, ce sinistre personnage aurait moins de place.

La gauche n’en a jamais été capable.

Jamais.

Cela doit venir de son attitude éternellement dogmatique.

Vous avez déjà rencontré quelqu’un de dogmatique et d’intelligent à la fois (le premier qui dit Okazou est privé de dessert pendant deux semaines)?…

JCP

28)
Inconnu
, le 07.09.2006 à 09:36
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Bonjour,
Oui, dommage que certains côtés obscurs de politiciens français vous froissent.
J’ai lu et relu votre (presque brillante) plaidoirie, mais une chose me choque, vous vous dites européenne car double nationalité, pourtant en se qui concerne la politique et les politiciens français, il faut être français ou française, ce que vous n’êtes pas, alors pourquoi se permettre de juger un politicien français, qui n’arrangera de toute façons rien dans votre vie puisque vous ne pouvez pas voter.
Je rejoins un peu vos sentiments, moi, je peux voter, mais j’ai la pudeur de garder mes arguments au fond de mon cœur, et se sera « l’isoloir » de mon bureau de vote qui clôturera mes pensées.
Dommage que vous étaliez vos pensées de cette façon-là, surtout VOS pensées politiciennes.
Dommage.

Christine

29)
alec6
, le 07.09.2006 à 09:37
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Damned !

Moi qui pensais pouvoir passer une journée tranquille à lire un petit test d’un truc parfaitement inutile ou bien totalement indispensable…

Raté !

Me voilà de mauvaise humeur.
Non que je ne partageasse point les idées d’Anne dont je salue au passage la qualité du papier, mais parce que j’ai décidé depuis mon retour de vacances de ne plus m’intéresser à la politique politicienne et de ne rien lire, écouter ou voir concernant l’individu en question… histoire de rester de bonne humeur !
Hélas, ce matin, paf! L’aspirant dictateur émigré des Carpates vient rôder sur mon site préféré.

Anne, François et Coacoa résument parfaitement mon opinion. Je n’en rajouterai donc pas.

Tiens, j’ai relu Macbeth et Hamlet cet été, revue la série Rome d’HBO et suis en train de lire « une histoire populaire des Etats-Unis » d’Howard Zinn… (que je vous conseille au passage).
Rien n’a changé.
Et pour parachever le tout j’ai regardé hier soir sur ARTE, le Thema consacré à Mao Ze Dong…

L’humanité est sans espoir…

Alexis… tous les défauts !

30)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 09:45
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Vous êtes Madame comme les Thuram, Viera et autres mauvais patriotes, qui pour ne pas payer d’impôts se réfugient à l’étranger et se permettent de critiquer la France.

Désolé mais encore une fois, je ne vois pas l’once d’une ombre d’un rapport avec l’auteur de l’article…

Alors, avec tout le respect que je vous dois, bornez-vous à écrire pour votre bulletin communal cela vous évitera de parler de choses que vous ne connaissez pas.
Veuillez agréer,Chère Madame, l’expression de mes sentiments distingués.

Pour le reste, on écrit ici sur ce qu’on veut, je n’attends pas votre autorisation pour savoir ce qu’il faut paraître sur Cuk.ch.

31)
ToTheEnd
, le 07.09.2006 à 09:46
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A la lecture de l’humeur, je me suis dit qu’Anne prenait ça personnellement parce qu’elle l’avait vécu.

C’est clair, les propos de Sarko sont peut être un peu trop « généralistes » et englobe un peu trop de monde ou d’actes pour satisfaire tout le monde.

N’empêche, le « interdit d’interdire » et la notion de « liberté totale » de 68 trouve assez vite ses limites quand aucune discipline n’est respectée à l’école, que des halls d’immeubles sont tenus par des merdeux et que ces mêmes merdeux exigent un travail… cool et bien payé (tant qu’à faire). Comme tout le monde en somme…

Enfin, je voulais surtout revenir sur le passage qui m’a personnellement dérangé… et je cite rapidement: « Pourquoi ne dites-vous pas cela aux patrons qui délocalisent parce qu’ils vont ainsi gagner davantage et rester “dans la course à la concurrence”, sans le moindre sens des responsabilités pour les communautés qui se retrouvent ainsi sinistrées du jour au lendemain, pour ces parents soudain chômeurs qui perdent le prestige qu’ils pourraient avoir auprès de leurs enfants. »

Je vais peut être t’apprendre quelque chose de bête, mais certaines entreprises ont délocalisé pour survivre, tout simplement et pas pour gagner plus. Bien sûr, on pourrait appliquer ce que nous faisons ici dans certains secteurs: fermer les frontières, artificiellement soutenir les producteurs locaux et enfin, profiter que de ce qui nous arrange uniquement.

Autant il est facile à Sarko de dire que tout est de la faute des 68tards, autant c’est tout aussi facile de dire que c’est l’économie ou, plus généralement, le capitalisme qui fout tout en l’air.

Trouver une réponse facile à un contexte compliqué est toujours plus commode que d’apporter une solution.

T

32)
coacoa
, le 07.09.2006 à 09:54
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Zbigniew, merci pour ce commentaire transpirant le bon sens. Heureusement qu’il y a des gens comme vous pour ajouter une chappe de béton bien solide par-dessus – « accident de parcours » (anecdote de l’histoire ?) – les pavés de 68.

Surtout, que personne ne se permettre d’écrire quoi que ce soit sur quoi que ce soit (à moins bien entendu pouvoir prouver être un bon patriote).

D’aucuns pensent comme vous en Suisse, et bientôt des votations populaires nous permettrons d’en juger, mais – où avais-je la tête ? – cela ne vous concerne bien évidemment pas : chacun chez soi, chacun pour soi et les moutons (vaches à lait de notre glorieuse économie) seront bien gardés…

33)
alec6
, le 07.09.2006 à 10:01
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Ha ! j’oubliais !

Nos petits politiciens et économistes de touts bords et tout pays (ou presque) on décidés de relancer la filière charbon tout azimut afin de palier la fin plus ou moins prochaine du pétrole…

Aux dires de tous les scientifiques qui se penchent sur la question depuis trente ou quarante ans, c’est la pire des solutions d’un point de vue climatologique…
Pour info, en stopant tout aujourd’hui c’est 2° supplémentaires assurés pour la fin du siècle et un pôle nord libre de glaces en été… conséquences ? catastrophiques !
Les coups de menton et de schlage du petit faf sont en comparaison un épiphénomène bien insignifiant.

Evidemment cela fait sourire, vlà t’y pas qu’Alec6 nous emmerde encore avec son réchauffement climatique et son peak oil ! j’ai l’habitude de passer pour un con.

Au passage, la co-auteur du rapport 3021 de l’Assemblée Nationale sur le sujet (Mission d’information sur l’effet de serre) est assise sur les banc de… l’UMP ! et elle est un peu seule dans son camp !

Alexis… Cassandre de service !

35)
alec6
, le 07.09.2006 à 10:20
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En réponse à Zbignew sur la nécessité de ne rien dire :

Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu’ils sont venus
chercher les juifs
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.

Bon, d’aucuns diront que je marque le premier point Truckmuche des commentaires, tant pis !

Alexis… tous les défauts !

36)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 10:22
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TTE, permets-moi d’être simpliste: pour moi, ce qui se passe avec la bourse depuis quelques années, où l’on n’a plus foi en rien, si en fait, juste faire des bénéfices, mais où l’on n’investit plus dans une entreprise parce que l’on y croit, ça me dérange.

J’en reviens presque à regretter le capitalisme de mes grand-parents, un peu paternaliste certes, mais les gars qui dirigeaient les entreprises à l’époque étaient impliqués dedans autrement que via des parachutes dorés.

Non, ce qui se passe en ce moment est tout bonnement immoral: voir les actions qui montent lorsqu’on apprend qu’on met 1000 personnes au chômage, ça me dégoûte.

Cela ne m’empêche pas de voir également quelques dérives au « tout est permis ». Oui, il faut remettre des cadres, interdire avec fermeté des choses qu’on n’osait plus interdire, mais intelligemment, en essayant de corriger les problèmes à la base.

37)
ToTheEnd
, le 07.09.2006 à 10:33
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Heu François, quand tu parles de cette époque avec tes grands-parents, tu parles des années 30? Avec les 6 jours de travail sur 7 et 10h par jour de travail? (pour rappel, le repos dominical date d’une loi de 1906) Pas de congés payés?

C’est facile de regretter un temps qu’on a pas connu parce qu’on ne se souvient que des bonnes choses… un peu comme l’autre VN qui regrette amèrement l’URSS et ce qui allait avec!

Je ne dis pas que tout va bien dans les milieux économiques mais la bourse a fait de grandes choses et en fera encore beaucoup… y compris pour ta retraite camarade… et ce, même si tu craches un peu dans la soupe aujourd’hui.

T (qui se rappelle qui doit faire une humeur sur la bourse)

38)
Pepar
, le 07.09.2006 à 10:48
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Madame Cuneo,

Bravo et merci pour votre article et pour votre passion.

Vous m’avez donné envie de m’inscrire sur les listes électorales où je ne figure plus depuis presque 10 ans (mais ça doit bien faire 15 ans que je n’ai pas voté).

Si nos hommes politiques avaient la moitié de votre passion les débats politiques retrouveraient tout l’intérêt qu’ils n’ont plus depuis des dizaines d’années.

Par ailleurs, je trouve lamentable que vos contradicteurs usent d’insultes à peine voilées et en tout cas d’un mepris complètement déplacé (entre le coup de balai devant sa porte et le coup du journal communal le niveau reste bien bas !).

39)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 10:49
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Je ne dis pas que tout va bien dans les milieux économiques mais la bourse a fait de grandes choses et en fera encore beaucoup… y compris pour ta retraite camarade… et ce, même si tu craches un peu dans la soupe aujourd’hui.

Ah ben justement, niveau retraite, avec ces gars qui jouent avec nos caisses de pension, on peut craindre le pire…

eu François, quand tu parles de cette époque avec tes grands-parents, tu parles des années 30? Avec les 6 jours de travail sur 7 et 10h par jour de travail? (pour rappel, le repos dominical date d’une loi de 1906) Pas de congés payés?

Heeeuuu… Je crois qu’on retourne gentiment à ces temps difficiles, en PLUS.

Le dimanche ne sera plus un dimanche pour pas mal de gens semble-t-il, toujours pour être plus rentable.

40)
Inconnu
, le 07.09.2006 à 11:09
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Un p’tit commentaire vite fait : merci à Anne pour son coup de gueule amer. Malheureusement, ce n’est qu’un début et les propensions démagogiques du nain magyar ne vont aller qu’en empirant, d’autant plus qu’il va tenter de ratisser bien large. Et Ségolène ferait bien d’être extrêmement vigilante et habile pour ne pas tomber dans le jeu, les manipulations et les provocations de ce personnage. La bataille va être dure, très dure.
A part ça, il a des partisants qu’on risque de retrouver dans ces colonnes, pions misérables de manœuvres qui les dépassent et qu’ils ne comprennent pas autrement qu’à l’aune de leurs petites vies magouilleuses.
Hugh, j’ai dit.

^. .^ GerFaut
=U= Equinoxiale
GerFaut c’est frais, mais c’est pas grave.

41)
kostoglotov
, le 07.09.2006 à 11:15
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Bonjour à tous
Intéressant débat.
Je n’ai malheureusement pas le temps de participer pour cause de surcharge de travail (qui s’en plaindra?) mais je vous met un petit lien d’une gallerie photo qui, je l’espère, alimentera un peu la conversation sur le mode « les avatars de mai 68 » …
C’est là

42)
Argos
, le 07.09.2006 à 11:16
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Chère Ane.

D’accord bien sûr en gros avec votre réaction face aux propos de Sarkozy. Les attaques contre la génération 68 sont le pain béni d’une certaine droite, qui a l’époque déjà s’emportait contre Dany l’Enragé. Probablement qu’elle n’a pas supporté la liberté d’expression – à la télévision par exemple – le foisonnement d’idées, l’esprit d’ouverture qui l’a marquée. Ce fut une époque exaltante, conviviale, qui devrait rendre jalouse la génération suivante.

En même temps que d’espoirs déçus. On se battait alors pour une véritable démocratie des études, on réclamait, mais oui, le salaire étudiant. Aujourd’hui, je ne sais même pas si, rentrée au pays, ma fille pourrait obtenir une bourse d’étude.

Etudiant boursier moi-même à l’époque, j’avais la possibilité d’aller au théâtre, au concert, à l’opéra pour un prix modique. Sans compter le resto, pas universitaire, assez souvent. Avec des copains, on avait poussé jusqu’au concert monstre de l’Ile de Wright. Et il y avait le cinéma, plusieurs fois par semaine (Godard. Resnais, Antonioni, Fellini, Bergman,etc.) Quand les films nouveaux tardaient à venir en Suisse romande, on prenait la Deux Chevaux et on faisait un saut à Paris. Trop sans doute pour un budget étudiant aujourd’hui. Et ensuite, on était assuré de trouver un boulot.

Tempi passati. C’est la génération de 68 qui en est responsable ?

PS. A la médiathèque française de Tbilissi, où j’habite, on trouve quelques-uns de vos ouvrages.

43)
Manu75
, le 07.09.2006 à 11:32
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Je respecte votre point de vue mais nous constatons aujourd’hui les ravages de ce système.

Il ne s’agit pas uniquement de la politique. Ce sont nos économies dans leur ensemble qui font les frais de cette pensée unique.

Aujourd’hui, notre système (et par conséquent nous tous, moi compris) refuse de traiter les problèmes, de prendre des décisions (et de surcroît quand elles ne sont pas vendeuses) et n’assume plus rien. Au lieu de chercher des solutions et de se remettre en question, nous passons notre temps à nous soustraire à nos responsabilités, à mettre la faute sur les autres.

La générosité est un sentiment tout à fait louable mais il ne réglera ni les problèmes de notre système de formation, ni celui des sans-papiers, ni la survie de l’AVS, ni les problèmes de la politique d’asile.

Pourquoi diable pensez-vous que les plus grands défenseurs de la mondialisation soient les pays émérgents. Tout simplement, parce que ce sont eux qui ont le plus a gagné de ces développements.

Peut-être que Monsieur Sarkozy se trompe en partie, tout comme Monsieur Couchepin mais ils ont au moins le mérite de poser les vrais questions sans détours. L’ex-chancelier allemand, G. Schröder, avait déclaré que le peuple allemand était devenu un peuple de touriste. C’est peut-être dur mais c’est une bonne image de nos société de jouisseurs. Nous ne raisonnons plus qu’en terme de vacances et de loisirs (égoïsme) alors que d’un autre côté nous voulons défendre un monde généreux. Hum hum hum …

Il est illusoire de croire, et à plus forte raison de soutenir, que nous sommes tous égaux. Nous n’avons pas tous les mêmes capacités au contraire de ce que l’on voudrait nous faire croire. Encore heureux … mais il faudrait aussi que nous en prenions consciences et en tirions les conséquences.

Mes propos peuvent paraître confus mais je suis convaincu que tout est intimement lié.
Il faudra que nous réapprenions à analyser les faits, à prendre des décisions et à les assumer.
Mais bon comme on dit … « Les avis, c’est comme les TDC … tout le monde en a un ! »

L’Manu qui va se faire démolir ;o)

44)
Squint
, le 07.09.2006 à 11:52
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J’avais 18 ans en 1968. J’étais étudiant. J’étais sur les barricades. J’étais avec ceux qui ont maintenant mon âge. Je suis actuellement un mandarin, un décideur et je vois ma génération agir.
Comment cette génération qui est vite arrivée au pouvoir (c’est le premier résultat de 1968, un changement rapide générationnel de décideur. C’est, d’ailleurs, peut-être, le seul résultat concret), qui a le pouvoir, qui a fait, en partie, le monde que nous vivons se comporte-t-elle ? Comme la précédente peut-être en pire et en plus sans la classe de la précédente (nos prédécesseurs avaient de la culture et de la classe). Par contre, elle a appris à cacher sous le discours des intérêts collectifs des appétits inextinguibles de pouvoir personnel. Cette génération est inoxydable et déjà elle s’apprête à garder le pouvoir même en retraite, nous le voyons tous les jours.
Méfions-nous de ces grands élans qui aboutissent à un résultat contraire. Avant de changer les autres, pensons-nous à nous changer ?

Squint

45)
Anne Cuneo
, le 07.09.2006 à 11:59
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avec tout le respect que je vous dois, bornez-vous à écrire pour votre bulletin communal cela vous évitera de parler de choses que vous ne connaissez pas.

Merci, cher Z, je transmettrai vos commentaires à la chaîne nationale de TV et au grand quotidien dans lesquels je travaille. Il apprécieront le bulletin communal Pour ce qui est du respect, vous ne m’en devez aucun, et n’en manifestez aucun.
Je réagis (j’ai eu une occasion inattendue de me connecter avant un après-midi décidément sans internet) parce que ce qui me choque le plus, c’est que vous exprimez sous une forme qui frise l’insulte ce que beaucoup d’autres expriment gentiment: que je n’ai qu’à m’occuper de mes oignons et surtout pas de ceux du voisin, vu que je n’y connais de toute façon rien par définition.
Dans ce monde global, où un frémisssement à Bangkok se répercute aussitôt à Londres ou à New York, je crois que si on sortait de son trou et on s’informait sur les autres, ce serait mieux. Personnellement, c’est ce que fais tous les jours, autant pour moi que pour le boulot. Et si on s’informe et qu’on pense, on peut avoir des opinions. Je ne vois pas pourquoi, du moment que je ne suis pas française, je ne peux rien penser (et rien comprendre) de la France. Alors que ma culture est française, que j’écris en français, que je lis les auteurs français, que je regarde la TV, que j’écoute la radio en français, sans me soucier de quel pays cela vient.

TTE: tu as raison, j’ai été un peu trop globale (!!) dans l’expression de ce que je voulais dire sur les délocalisations, on pourra en reparler.

Pour le reste, ce sera ce soir, le prochain me tape déjà sur l’épaule pour s’emparer de cette ligne que j’occupe.

Bises à tous quand même, même à ceux qui m’en veulent, je ne sais d’ailleurs pas pourquoi. On discute, quoi!

Anne

46)
ToTheEnd
, le 07.09.2006 à 12:02
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Je ne vais pas revenir sur la mauvaise foi évidente de notre camarade François qui veut en découdre sur les aspects financiers… pour une raison qui m’échappe.

Je suis très agréablement surpris par les 2 dernières interventions (Manu75 & Squint)!

T

47)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 12:02
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Bonjour à tous
Intéressant débat.
Je n’ai malheureusement pas le temps de participer pour cause de surcharge de travail (qui s’en plaindra?) mais je vous met un petit lien d’une gallerie photo qui, je l’espère, alimentera un peu la conversation sur le mode « les avatars de mai 68 » …
C’est là

Mais bien sûr, mettons ça sur le dos des gens qui ont fait Mai 68…

C’est à cause d’eux qu’on en est là donc selon vous… Ah bon…

48)
coldfingers
, le 07.09.2006 à 12:12
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Bravo !

Je fais passer ce lien sur mon blog
http://catastrophy.b.free.fr/wordpress

J’ai un pavé de 68 que je regarde souvent avec une envie terrible de m’en servir ! Il n’y a pas que la jeunesse qui est la flamme de la révolution ! Pavés de tous les pays unissez-vous pour être autre chose que des cailloux.

coldy

49)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 12:49
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Attends tte, c’est qui qui est venu sur le débat financier? Relis ton premier post.

Et très franchement, je crois ne pas être de mauvaise foi sur ce coup-là.

Attends je réfléchis…

Non non.

50)
Filou53
, le 07.09.2006 à 12:54
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Je ferai court, je termine ma demi heure de table, je dois recommencer à travailler pour le grand capital.

Merci Anne pour cette intervention à laquelle je souscris tout à fait.

51)
ToTheEnd
, le 07.09.2006 à 13:04
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Rahalalalala François… La rentrée est difficile? Est-ce que des merdeux ont déjà mis à sac quelque chose?

Ma première intervention (n° 32) avait pour but de mettre un bémol dans les affirmations d’Anne au sujet des délocalisations pour gagner « davantage ».

Dans sa réponse (n° 47), Anne reconnait qu’elle a peut être un peu trop généralisé…

Le premier à avoir parler de « bourse », c’est toi au commentaires 37… et je t’ai répondu au 38.

Tranquilise-toi sur ce sujet… nous aurons le temps de débattre là-dessus quand on publiera quelque chose sur la bourse… ici même!

T

52)
alec6
, le 07.09.2006 à 13:12
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Une petite remarque pour ceux qui ont oublié :
La droite est au pouvoir en France depuis 2002, exécutif et législatif compris, sans partage ! Accessoirement sa « Pravda » de service (tout le monde aura reconnu TF1) en est son meilleur chantre et psalmodie tous les jours ses louanges.

Questions
Cela va-t’il mieux qu’avant ?
Personnellement, je n’en ai pas l’impression. Pour info, mes revenus comme ceux de toutes la profession de « l’image » (du cinéma au design en passant par le graphisme, la pub, l’édition, l’illustration…) ont été divisés par deux si ce n’est plus.
En sont-ils responsable ?
Je n’en sais rien, mais le constat est amer. En conséquence, gagnant moins nous dépensons moins, ce qui ne fait pas tourner la machine économique. D’autre part je ne connais personne dont les revenus aient augmentés depuis
N’ont-ils pas la majorité à l’Assemblée ?
Si ! et large de surcroît !
Alors ? Qu’ont-ils fait ?

Ha si ! le chômage est officiellement au niveau de 2002.

Alexis… tous les défauts !

54)
David_wklw
, le 07.09.2006 à 13:16
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Moi j’ai pas tout lu parcequ’il y a des bribes de paroles qui me font chier…. du genre « on est pas tous égaux…. »

Bah OUAIS faut pas être trop con pour comprendre qu’on a pas tous le meme degré de connerie, on a pas tous le meme degré d’intelligence. ET ALORS

On reste quand meme tous égaux… bah ouais… après faut voir si on peut voir plus loin que le bout de son nez ou pas…

Si on ne met pas dans nos petites têtes d’animaux perfectionnés qu’on est égaux, bah on arrive a peu près où on est maintenant… c’est à dire pas bien loin… enfin bref.

Désolé même pas envie de développer…

55)
Zbigniew
, le 07.09.2006 à 13:18
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Chère Madame Anne,
Je ne vois pas en quoi mes propos frisent l’insulte. L’ironie je vous l’accorde. Il es t vrai que les journalistes s’ils n’ont pas toujours raison n’ont jamais tort.
Je vous ai relu encore une fois et si vos propos envers Nicolas Sarkozy ne sont pas une insulte c’est quoi ?
Nous en avons assez de ces gens qui critiquent sans cesse nos gouvernants à tous propos, particulièrement Nicolas Sarkozy. Il représente la France, notre pays, que vous le vouliez ou non. Alors laissez-nous décider de notre avenir au travers des prochaines élections comme nous vous laissons décider du votre.
Ici s’arrête la polémique sur un site où il n’aurait pas du avoir lieu, n’en déplaise à François.
Toujours respectueusement
Z

56)
6ix
, le 07.09.2006 à 13:30
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Oui comme je le rapellais dans mon post précedent, les « idéalistes » d’alors sont les pire servants, actuellement, de l’ignominie politique et économique…

Cela me fait penser à un certain directeur de boîte pharmaceutique suisse, désormais 2e plus gros salaire du pays, partisant dans sa jeunesse de la Ligue marxiste révolutionnaire…

Je ne suis pour ma part pas du tout de cette génération 68, mais je partage l’avis de François.

TTE, tu parles d’une délocalisation « obligée » pour certaines entreprises afin d’éviter le pire. Sans doute en effet. Cependant, on ne peut pas nier que de grosses boîtes profitent de cela pour augmenter leur revenu. Et même si elle ne sont pas majoritaires, il s’agit souvent d’entreprises internationales qui ont un poids conséquent sur l’économie (et d’autres domaines).
Et ton article sur la bourse, on l’attend =)

Enfin, pour les personnes prônant le « balayage de porte », je rejoins entièrement Anne.
Raconter n’importe quoi sur un sujet que l’on ne maîtrise pas, évidemment pas. Mais s’ouvrir au monde, s’informer, débattre de nos idées, voilà quelque chose d’essentiel!
Mais il y aura toujours des personnes pour qui l’autre est un étranger, à éviter. Quand ce n’est pas du pays d’à côté, c’est le village d’en face, puis le voisin… puis après tout, on en arrive à rester tout seul. L’individualisme, voilà un mot qui colle bien à notre société!

57)
coacoa
, le 07.09.2006 à 13:33
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Ici s’arrête la polémique sur un site où il n’aurait pas du avoir lieu

Arf, après nous avoir clairement fait comprendre que NOUS N’AVONS PAS à « oser » parler de la France, voilà qu’on nous dicte ce qui peut ou non exister sur cuk…

Bah oui Monsieur Zbigniew, ça vous fait mal comme ça fait mal à Sarko, mais la liberté d’expression existe et certains s’en servent…

« La libertééééééé, faut la payeeeerrr… »…

Et vive Johnny Hallyday, le bon patriote qui choisit son camp et qui se fait passer pour belge quand il s’agit de payer moins d’impôts !!

58)
yvonzebest
, le 07.09.2006 à 13:37
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Z… comment dire … Eteint TF1 et allume Euronews ou même CNN…Regarde ! Il se passe des choses HORS de France, qui pourtant ONT une incidence en France, en Suisse ou ailleurs. Crois tu réellement qu’en te cloisonnant dans ton pays (vive la France !) , dans ton village ou dans ta maison cela changera le cours du monde ??? Alors STP, arrête de dire qu’on a pas le droit d’avoir une opinion sur le monde extérieur, parce que moi je crois qu’on a pas le droit de voter si on ne connait pas le monde extérieur !

pfff, je me retiens…

Yves, énervé

59)
Gritche
, le 07.09.2006 à 13:44
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S’il est bon d’avoir un point de vue, il me semble que ce n’est pas le lieu pour monter à la tribune. Je regrette beaucoup que l’on vienne mélanger des considérations techniques avec de la politique…

60)
yvonzebest
, le 07.09.2006 à 13:49
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Depuis quand il y a des « lieux » où on a le droit de parler de politique et des « lieux » où l’on a pas le droit ? Un nouveau projet de loi UMP peut-être ? vous avez dit censure ? oups !

61)
WhyNot
, le 07.09.2006 à 14:02
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Bonjour à tous,

Nravo.
J’abonde complètement dans le sens d’Anne Cuneo.

Il faudra que nous réapprenions à analyser les faits, à prendre des décisions et à les assumer.

Analyser les faits, exactement! mais surtout tirer les bonnes conclusions avant de prendre ses décisions.
Et non pas tirer des conclusions démagogiques stigmatisantes et médiagéniques, comme le fait le petit gourou de l’UMP.

pourquoi se permettre de juger un politicien français, qui n’arrangera de toute façons rien dans votre vie puisque vous ne pouvez pas voter.

C’est vrai que c’est bien une chose que les français abhorrent et ne font jamais. N’est ce pas Mr President B.

62)
Manu75
, le 07.09.2006 à 14:03
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Aah … je te reconnais bien là mon cher David_wklw ;o)

Excuse-moi, mais tu te contre-dis dans ton post. Tu admets que nous ne sommes pas tous égaux face à la formation. Et on se trouve justement dans la situation que l’on connait aujourd’hui car nos « leaders » s’acharnent à nous dire le contraire. Résultat des courses, nous n’aurons bientôt plus personnes pour construire nos maisons (tu emménages quand déjà ;o)), faire notre pain ou réparer nos chauffages.

Le cas de la France est un bel exemple. Le niveau des exigences a été tellement abaissé qu’aujourd’hui il faut un bac +xxx pour travailler dans la restauration. La Suisse s’y dirige à grand pas.

Mais ta réaction montre bien (et celles des politiques en général)que ce n’est pas un sujet que l’on aborde volontiers. Peut-être que c’est là la première réaction négative vis-à-vis des professions manuels …

Attention, personne (et moi le premier) ne dit qu’il ne faut pas offrir les mêmes chances à tout le monde mais en aucun cas, nous ne devons procédé à un nivellement par le bas des exigences en matière de formation.

Et je suis convaincu que ce mode de pensée et une conséquence de cette « fameuse » pensée unique.

Allez … fais pas la gueule, on va boire un café. ;o)

L’Manu qui va offrir un café à David_wklw

63)
Argos
, le 07.09.2006 à 14:20
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Monsieur Zbigniew,

Alors, comme ça, parce qu’on n’est pas français, on n’aurait pas le droit de critiquer ce qui se passe dans le pays qui nous est le plus proche, et dont on reçoit les chaînes de télévision et dont on lit avec intérêt les journaux. Que je sache, les Français ne se sont pas privés de critiquer la politique américaine, souvent hélas déplorable, et son président. Sans doute ne fallait-il pas non plus en son temps critiquer Hitler si l’on n’était pas Allemand (mais qui dans ce pays pouvait s’y risquer ?) ou Staline si l’on n’était pas soviétique (oz Français, voir les fulminations du PCF). C’est évidemment absurde. En revanche, je trouve déplorable le terme de « nain magyar », on a aussi pu lire dans la presse « nabot cocu », attribué à Sarkozy. On n’est pas loin du pire racisme il existe de meilleurs arguments contre sa politique.

Quant à regretter un tel débat sur un forum consacré généralement à l’électronique, une petite remarque : l’une des conséquences de 68 (pas à Paris, ni à Berlin, où le mouvement fut important, mais dans les universités californiennes) ne fut-elle pas l’émergence du PC et du Mac, qui procèdent de l’esprit du temps ? Cette invention était au départ faite pour améliorer la qualité de la vie. Elle a provoqué l’une des grandes révolutions technologiques du XXème siècle. Alors, c’est bien la place d’en parler ici.

Argos

64)
Caplan
, le 07.09.2006 à 14:25
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L’indiscipline scolaire ne vient pas des idéaux de 68, mais en grande partie du manque de moyens qui ne permet pas une éducation de qualité égale pour tous, selon le principe de Jules Ferry qu’aucun soixante-huitard n’a jamais renié.

Peut-être, Anne. Mais il y a quand même des soixante-huitards qui ont mis en oeuvre ces idéaux en sachant pertinemment qu’ils n’en avaient pas les moyens financiers. C’est un peu comme si on avait voulu sauter par-dessus un fossé sans prendre d’élan: tout s’est cassé la gueule! La méthode Coué a ses limites… En cela, je suis fâché parce que maintenant tout est gâché par la faute de petits prétentieux aux compétences douteuses qu’on trouve encore dans une certaine Haute Ecole…

En ce qui concerne Sarko, je crois que je vais me taire, là…

Yess, j’ai fait le commentaire N° 68! ;-)

65)
coacoa
, le 07.09.2006 à 14:50
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Yess, j’ai fait le commentaire N° 68! ;-)

On te retrouve bien là :-P

Par contre, mon 69 n’a rien à voir…

66)
Gr@g
, le 07.09.2006 à 15:11
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Quand je pense qu’on entend ici et là que la politique ne passionne pas.

Etre citoyen du monde, c’est aussi dire nos opinions. En ce sens, j’abonde complètement avec Argos. Est-ce sous pretexte que nous ne pouvons pas voter en France que nous ne pouvons pas nous exprimer? Et jusqu’à preuve du contraire, c’est aux webmasters d’autoriser ou non ce qui ce passe sur leur site. L’ouverture de Cuk est en cela très louable.

Comme le disait qqun dans un des messages (désolé, j’ai pas retenu qui), c’est un avantage de pouvoir avoir des éclairages extérieurs, car le nez dans la merde, on ne se rend plus forcèment compte qu’on est pas loin d’un probable mieux. Et cela ne peut que surprendre, en bien ou en mal d’ailleurs.

J’aimerai bien aussi lire une humeur aussi endiablée de la part d’un voisin sur nos amis UDC, ou POP(pour prendre les « extrèmes ») selon notre tendance politique.

L’âme de la politique est le débat, le vrai. Celui qui est fait d’arguments et de visions du monde. Si mes souvenirs sont bons, politique signifie « vie de la cité ». Quelle meilleure preuve à la vie que les débats, pour autant qu’ils se déroulent dans le respect des opinions d’autrui. Et il me semble qu’Anne Cuneo a pondu un article revendicateur, certe, mais pas insultant, dans lequel je me retrouve bien (et je suis Suisse, et mononational)

mais je crois que beaucoups de chose ont déjà été dites, et je me réjouis de voir ces futurs discussions sur l’économie de TTE. ;-)

67)
loic
, le 07.09.2006 à 15:18
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Christine: commentaire 29

un peu de sérieux:

mais une chose me choque, vous vous dites européenne car double nationalité, pourtant en se qui concerne la politique et les politiciens français, il faut être français ou française, ce que vous n’êtes pas, alors pourquoi se permettre de juger un politicien français, qui n’arrangera de toute façons rien dans votre vie puisque vous ne pouvez pas voter.

Anne Cuneo est européenne, la France est dans l’Europe, donc ça la concerne.
Et puis même, pas besoin d’être en droit de voter pour un politicien pour avoir le droit de le juger, personnellement je ne me gêne pas pour juger Bush et tant d’autre sans avoir la moindre chance de voter contre eux… heureusement!

Quand à la pudeur de garder ses argument pour soi, c’est clair que c’est plus confortable, les exposer c’est s’exposer ou risquer de faire réfléchir quelqu’un (et soit en premier car formuler aide à la réflexion).

Zbigniew: commentaire 27

Mai 68 n’était qu’un accident de parcours, une révolte de gamins qui ont été vite dépassés par ce qu’ils avaient déclenché.

Ben dis donc, ça ne sert à rien de visiter le monde si c’est pour ne rien en voir! Mai 68 ce n’est pas seulement dans le quartier latin, mais toute une suite d’évènements de la Chine jusqu’en Amérique en passant par… Prague, par exemple.

ToTheEnd: 32

Je vais peut être t’apprendre quelque chose de bête,

c’est sans doute ironique, mais je trouve ça pédant.

mais certaines entreprises ont délocalisé pour survivre, tout simplement et pas pour gagner plus.

Et ça s’est pas dû à la stupidité « économique »? Aller produire notre marchandise ailleurs pour la faire revenir chez ici ensuite? Payer les indemnisations aux chômeurs plus le trajet (avec ce que ça implique comme coûts environnementaux aussi?).
On « gaspille » au nom de l' »économie »; il serait temps de penser effectivement à l’économie.
Même les Chinois l’ont compris; ils réouvrent des usines en France!

En ce qui concerne les retraites, tous les systèmes de fond de pensions boursiers sont en faillites.

68)
Stan
, le 07.09.2006 à 15:23
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Bonjour,
Mon avis sur la question vaut ce qu’il vaut et tout comme Anne Cunéo, je ne l’impose à personne contrairement à ce que certains commentaires laissent paraître.
Je trouve judicieux d’avoir ce type de débat sur un site comme celui-ci comme partout ailleurs, en fait je trouve judicieux d’avoir un débat sur le Sarkosisme et ses dérives ( Imaginez ce mot prononcé par Jamel Debouze et cela deviendrait presque drôle).
J’ai dès la première fois que j’ai vu Nicolas Sarkozy détésté cet homme, ce qui transpirait de lui m’a fait peur à la première seconde, et je dois dire que c’est la première fois qu’un homme politique m’a fait cet effet (excepté le borgne mais ce n’est pas pour moi un homme politique).
Il est trés habile, il maîtrise parfaitement l’art du discours et il est capable de vous assener des arguments sur lesquels il a fondamentalement tort, tout en vous donnant l’impression d’avoir raison… c’est diabolique.
Bref, cet homme me fait peur parcequ’il a toutes les chances de gagner les prochaines élèctions, que Ségolène Royale donne l’impression d’être une « potiche » à ses côtés, et surtout d’avoir été posée là bien trop tôt pour que ce soit pas …. bizarre à mes yeux.

Je suis trés content que d’autres personnes d’autres pays se souçient de ce qui risque de se passer chez nous, je trouve ça rassurant et j’ai du mal à entendre les arguments du style : »Occupez vous de vos affaires »…
C’est mon côté « Kouchnerien » je pense ! (d’ailleurs il est où lui ?),
parceque c’est quand même le seul homme politique Français que je connaisse qui ai commencé par s’occuper des autres (et pas qu’en France) avant d’entamer une carrière politique pour aller plus loin… c’est plus cohérent que l’ENA comme démarche non ?

69)
Inconnu
, le 07.09.2006 à 15:55
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Qu’une femme comme Anne Cunéo nous fasse part du regard qu’elle porte sur nous et sur notre pays, je vois ça comme quelque chose de très salutaire.
Que Anne Cunéo confronte cette vision de notre pays avec son expérience et le regard plus global qu’elle peut avoir sur le monde me semble très pertinent.
Que Anne Cunéo nous donne son avis sur les « idées » d’une personne aussi creuse sur le plan politique que Sarkozy m’apparaît comme éclairant.
De voir des compatriotes (des Français, je vous rappelle, qui sont toujours prompts à donner des leçons aux pauvres autres peuples du monde qui n’ont pas eu la chance d’être Français), lui dire de se taire parce qu’elle n’est pas Française, me fait monter le rouge aux joues et me fait lui demander pardon pour nous tous, pauvres petits Français, si prétentieux, et qui allont nous prendre 5 ans de purgatoire en mai prochain si cela continue !

Alors, madame, veuillez bien vouloir accepter ici nos excuses pour ces gens si peu recommandables pêtris de certitudes et qui refusent d’ouvrir les yeux sur les autres surtout si ils n’ont pas les mêmes idées qu’eux !

Continuez à jouer ce rôle si rare aujourd’hui, celui d’intellectuelle, celui de véhicule à idées et à débat, celui lucarne sur notre monde.

Luis (piteux !)

70)
ToTheEnd
, le 07.09.2006 à 16:08
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loic: toi qui me parait plein de bons jugements avec une vision de l’économie « juste », tu ne voudrais pas nous expliquer les choses justement? Peut être qu’il n’est pas trop tard pour t’inscrire à la présidentielle?

Les Chinois ouvrent des usines en France? Sans blague? Tu veux faire un ratio entre le nombre de postes de travail créé en France et ceux en Chine ces 20 dernières années? J’essaie pas d’être pédant, juste à ton niveau.

A moins de fermer tes frontières et rejoindre certains d’extrême droite, tu n’auras pas le choix parce que les consommateurs eux, l’ont.

Je ne connais pas un seul fond de pension en Suisse qui a fait faillite (des pertes oui, mais pas faillite).

T

71)
coldfingers
, le 07.09.2006 à 16:33
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On reconnaît ceusse qui cornes à l’anus ont peur de ce monde, peur des chefaillons qui en veulent à nos haillons pour que les ayant droits toujours les mêmes aient tous les droits. Les pleutres se carapatent dans leur petit lopin clopant. Peur. Que serait ce monde si des impertinents n’avaient pas remis en cause les certitudes qui les englobaient. Difficile de se rendre compte de l’englobement. Englobés, nous sommes et cette petite lumière de dignité qui nous éclaire le regard ces fous du roitelet, acoquiné d’un rappeur de fromage, voudraient qu’elle nous aveugle. Ils voudraient que ce monde devienne toujours plus obscur toujours plus gouvernaillé par des cyclopes. Tout est à faire, donc à défaire. Sortir du chaos qui nous entraîne vers ce carnaval tragique où ne tourne dans le même sens que des têtes en forme de carte de crédit. Haut les cœurs humains pas trop inhumains ! dites non ! vous n’êtes pas ce qu’ils voudraient que vous soyez.

coldy

72)
drazam
, le 07.09.2006 à 16:33
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posts 27 et 29 : étant tout autant français que vous, je vous demande déjà d’être plus courtois vis à vis d’Anne Cuneo, et je rebondis. Si l’on poursuit votre raisonnement, le développement du programme nucléaire iranien, par exemple (et j’en ai à la pelle) : pas chez nous donc rien à foutre ? Droit d’ingérence comme la SDN dans les années 30 ? La liberté d’expression et la confrontation (intelligente) des points de vue que nous sommes censés avoir, en bons démocrates que nous sommes, des gens se battent et payent encore pour aujourd’hui. Que Anne ou qui que ce soit aie quelque chose à dire, sur la France ou Sarkozy, c’est son droit absolu, que ça vous plaise ou non, ici ou ailleurs. Votre carte d’électeur, montrez vous en digne d’en posséder une.

Quand au post 45 sur le fait que nous ne soyons pas tous égaux, c’est exactement le discours de l’extrême droite et la négation des efforts d’éducation républicaine et/ou de la « chance » pour tous.

Je m’inquiète plus de lire ces dérives que des avis divergents.

___________________________________
signé encore ce mudak de drazam

73)
Manu75
, le 07.09.2006 à 16:54
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Quand au post 45 sur le fait que nous ne soyons pas tous égaux, c’est exactement le discours de l’extrême droite et la négation des efforts d’éducation républicaine et/ou de la « chance » pour tous.

Je le concède mes propos n’étaient pas des plus clairs mais va lire le post 66. ;o)

L’Manu qui va enfin retrouver son PowerBook

74)
Smop
, le 07.09.2006 à 17:09
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Bravo pour ce billet Anne, auquel j’adhère totalement. Cela dit, lorsque l’on voit les deux candidats ayant le vent en poupe aujourd’hui, on est en droit de se demander si ce retour à « l’ordre moral » n’est pas inévitable. A ma droite un Sarkozy, qui n’est autre que le Dr Jekyll des MM. Hyde que sont Le Pen et De Villiers, et toujours à ma droite une Ségolène Royal, sorte d’alter ego de Christine Boutin de l’autre côté de l’hémicycle. Entre Charybde et Scylla, point de choix…


De Serendipity à Rapa Iti , en passant par SunWizard !

75)
THG
, le 07.09.2006 à 17:47
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Anne,

Personne ici ne vous en veut ou ne vous méprise. Vous êtes certainement très bien placée pour savoir que ce genre de débat est toujours houleux.

Même si j’ai exprimé mon désaccord au tout début de cette discussion, sachez que votre opinion est tout à fait respectable et je ne mets pas en doute ni votre profession, ni votre culture.

En ce qui me concerne, j’ai été plus choqué par la forme ( le contexte, le sempiternel négativisme ambiant ) que par le fond de votre billet d’humeur.

En tout cas, le dialogue est vif et fourni. Ce qui prouve que vous faites bien votre métier !

Respectueusement,

Gilles.

76)
THG
, le 07.09.2006 à 17:52
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« Ce Monsieur Sarkozy a certainement une chose qui ne ment pas: on voit sur lui qu’on ne peut pas lui faire confiance. On voit sur lui qu’il est dangereux. Son petit sourire, son faux calme de nerveux qui essaie de se tenir, ça pue tellement, qu’on a juste envie de lui envoyer une claque. »

Autre chose. Cette intervention de François ci-dessus. Je ne trouve pas que ça rehausse le débat, de dire « on voit sur lui que »… c’est nauséabond, ça me rappelle le discours des racistes, toute proportion gardée.

Je propose donc, François, que vous retourniez à vos tests de Mac et que vous laissiez votre épouse s’exprimer.

Merci.

Gilles.

78)
Franck_Pastor
, le 07.09.2006 à 18:04
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Je propose donc, François, que vous retourniez à vos tests de Mac et que vous laissiez votre épouse s’exprimer.

Ce n’est pas son épouse, mais sa tante paternelle. Tu n’es pas le premier, ni sûrement le dernier, à faire la confusion, mais à force ça va finir par les fatiguer de toujours le répéter :-)

79)
alec6
, le 07.09.2006 à 18:21
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Avez vous remarqué que sur les pièces françaises de 1 et 2 euros sont toujours gravés « Liberté, Egalité, Fraternité ?

La formule me plait bien, je la voudrais même universelle, mais je crains qu’elle ne soit pas du goût de tout le monde politique, économique, apostolique et cukien…

Alexis… tous les défauts !

80)
6ix
, le 07.09.2006 à 18:25
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Autre chose. Cette intervention de François ci-dessus. Je ne trouve pas que ça rehausse le débat, de dire « on voit sur lui que »… c’est nauséabond, ça me rappelle le discours des racistes, toute proportion gardée.

Disons que cela est peut-être dit maladroitement. Il est vrai qu’il faut toujours faire attention à ce genre d’argument tirant sur certaines apparences.

Mais sur le fond, je suis d’accord avec François. Comme déjà dit dans ces commentaires, M.Sarkozy manie très adroitement la langue, et fait largement partie des personnes capables d’emmener l’opinion là où il veut qu’elle aille.
Plus encore, ce monsieur m’apparaît comme un homme avide de pouvoir, de reconnaissance. Et ces gens me font peur. Alors qu’ils sont désignés pour mener une région, une nation, tout un peuple, ils font passer leur personne (voire l’entourage) en premier lieu. Oh bien sûr, ce n’est de loin pas le seul.
Nous avons peut-être cette chance en Suisse d’avoir plusieurs politiciens à la tête du pays, obligeant le partage, le dialogue (déjà qu’ainsi c’est pas facile…).
Je préfère nettement un politicien dont on parle peu, mais qui est un travailleur de l’ombre, plutôt qu’un agitateur s’écoutant parler tellement fier de lui-même qu’il en oublie même sa tâche première.
Je préfère me souvenir d’une évolution marquante sans me rappeler le nom de son protagoniste plutôt qu’avoir en mémoire le nom d’un clown incapable.

81)
Thierry F
, le 07.09.2006 à 18:29
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Bonsoir à tous et à chacun,
Il m’est difficile de m’exprimer après un article si bien écrit tant sur le fonds que sur la forme stylistique.
Une femme politique française a émis l’opinion que N. Sarkozy faisait preuve d’une ignorance de l’histoire. En fait il fait preuve de manipulation des faits historiques. Ce qui se passe actuellement dans la société française, mais pas seulement dans celle-ci, est la conséquences d’événements bien plus anciens. La révolte des banlieues ne peut être disjointe de la France coloniale, soit un « Time shift » de 50 à 60 ans. Quant au discours de Sarkozy face au patronat français il n’est là que pour les venger de ce qu’il lui a été imposé à la libération (sécurité sociale, syndicats,salaires minima).
Nicolas Sarkozy manipule la peur comme instrument émotionnel. C’est d’autant plus facile que le vieillissement de la France pousse au conservatisme et à la crainte du danger qu’il soit réel ou supposé.
En cela il flatte les instincts les plus primitifs et viscéraux, mais n’est pas là le propre de tout démagogue?
En tout cas félicitation à Cuk pour la qualité de son site.
Thierry F

82)
François Cuneo
, le 07.09.2006 à 20:16
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Disons que cela est peut-être dit maladroitement. Il est vrai qu’il faut toujours faire attention à ce genre d’argument tirant sur certaines apparences.

Non 6ix, je suis désolé. Il ne s’agit pas ici véritablement d’apparence.

Il s’agit d’une attitude.

Et pour en revenir à ce que disait celui qui me traite de raciste (toutes proportions gardées bien sûr!)… depuis quand les attitudes ont-elles à voir avec la race?

Je n’ai même pas parlé de sa taille que certains critiquent. Je m’en fous de sa taille…

C’est l’air qu’il se donne qui m’insupporte, associé à son discours.

84)
arjuna
, le 07.09.2006 à 20:33
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Il y a ceux qui ont mis en oeuvre, les objectifs de mai1968.

Etudiant devenir ouvrier et prendre des responsabilités dans le monde du travail. Combien ?

Mais les manipulateurs de l’époque qui incitaient à cela, eux sont aux commandes de la société et eux ils ont trahi ainsi que ceux de l’action directe.

Cela n’a rien de nouveau ! 1830, 1848, 1870.

Madalme Anne Cuneo parlait des purs.

85)
6ix
, le 07.09.2006 à 20:37
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Non 6ix, je suis désolé. Il ne s’agit pas ici véritablement d’apparence. Il s’agit d’une attitude.

On est bien d’accord.

86)
Timekeeper
, le 07.09.2006 à 21:38
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Et pourquoi les politiques ne font pas de tels discours ?
J’entend par politiques les opposants de Sarkozy.
Peut-être n’arrivent-ils pas à ce faire entendre… Peut-être ne veulent-ils pas le dire, trop installés qu’ils sont dans ce système…

87)
THG
, le 07.09.2006 à 22:10
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A François,

Pardon si je vous – si je t’ai heurté – mais aucun dialogue politique n’est facile.
Je trouve que la démarche de poster une telle discussion sur ton site est très courageuse.
Mais c’est la porte ouverte aux polémiques et discussions enflammées, et tu dois en supporter les conséquences.
Bref, même si on est pas toujours d’acc, vive cuk.ch.

Gilles.

PS : bon, quand est-ce que tu nous teste ce iMac 24″ ????

88)
6ix
, le 07.09.2006 à 22:19
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PS : bon, quand est-ce que tu nous teste ce iMac 24″ ????

Chaque chose en son temps, d’abord le MacPro =))

89)
alec6
, le 07.09.2006 à 22:39
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Comment ça THG ?

Il y aurait donc des discussions enflammées et polémistes sur ce site ?
On a dû mal t’orienter, ce n’est pas le genre de Cuk ! n’est-ce pas, O, T, Z, Dz et les autres…

Alexis… aucun défaut !

90)
al1
, le 07.09.2006 à 22:39
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Houlàlà quelle longue lecture ! Et je vais relire tout ça parcequ’il s’y est dit plein de choses intelligentes au milieu de la… fange…

D’abord, je voulais vous dire, Anne Cunéo, je vous aime ! :)
Quel plaisir de vous lire ! Qu’est-ce que ça fait du bien !

Malheureusement, et vous avez pu le constater ici sur les commentaires, cette honteuse distortion de l’histoire n’est pas que dans la tête de Sarko.
Sans doute que trop de gens regardent TF1, mais cette idéologie court plus vite que le furet.
« La vraie question n’est pas combien un homme possède d’idées, mais combien une idée possède d’hommes. » Aaron Lynch
voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémétique

Autre référence, je n’ai pas encore lu ce livre dispo en PDF, « Les loups – Le Sarkosysme expliqué aux enfants ». Ca fait un moment que je l’ai et je n’ai pas pris le temps de le lire :
http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/YC_LR_Les_loups.pdf

Voilà, sinon dans le fil de discussion je me joins entre autres à Luis Serra (73), j’ai éclaté de rire quand François a dit « THG… Oh et puis non, rien… », et j’ai bien aimé la phrase de 6ix (84) : « Je préfère me souvenir d’une évolution marquante sans me rappeler le nom de son protagoniste plutôt qu’avoir en mémoire le nom d’un clown incapable. »

Voilà, c’est du vrac, il est 22h38 je vais manger et dormir !

Je vous embrasse presque tous

92)
Anne Cuneo
, le 07.09.2006 à 22:48
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De retour chez moi, je me branche… ouaou! Rien de fondamentalement nouveau depuis midi, mais la répétition du fait que la France aux Français, la Suisse aux Suisses etc. Moi ce sera l’Italie aux Italiens en plus, puisqu’en Italie, je vote (en Suisse aussi), j’envoie donc des députés au parlement européen, ils sont parfois assis à côté des français, sûrement, je leur dirai de ne leur parler de rien qui touche leurs affaires, OK? ;-)
Quant à ne pas avoir ce type de débat sur Cuk, je dirais que c’est un peu le même principe. L’informatique aux informaticiens, la politique aux politiciens…
On avait dit sur Cuk que c’était ouvert aussi aux opinions. Moi je ne régate pas avec les autres question tests, j’ai toujours fait des humeurs d’opinion, sur des films, sur des événements.
C’est, en majorité, ce qu’apprécient les lecteurs de Cuk, si j’en crois les commentaires.

Anne

93)
al1
, le 07.09.2006 à 22:55
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Oui, Anne, c’est ouvert à toutes les opinions, la preuve, même les cons ont droit à la parole !

Et j’attend de Cuk au moins autant votre regard sur notre société (je parle du monde, là, de l’humanité en général, pas que de la FRANCE !), que celui de François sur le dernier objectif à 2000 boules. !

94)
al1
, le 07.09.2006 à 23:35
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Tiens, c’est curieux, comme quoi encore une fois tout est dans tout (et réciproquement!;)), je suis tombé là dessus, à propos de mémétique :

« Je suppose donc que, comme moi, vous pensez confusément que lorsqu’on a un Macintosh, on est quelqu’un de plus engagé, de plus indépendant et, probablement, de plus artiste que lorsqu’on a un PC Windows, même si vous préférez vous en tenir à Windows parce que, sur un Mac, les boutons sont à l’envers. Vous utilisez ce qui est pratique pour vous, mais, au fond, vous en voulez à Bill Gates, cette moderne figure faustienne, de vous avoir asservi et, ce faisant, d’être devenu l’homme le plus riche du monde. »
http://www.philo5.com/Mes%20lectures/Jouxtel_CommentLesSystemesPondent.htm
Et c’est aux éditions … Le Pommier !

Bon voilà c’était juste une parenthèse comme ça en passant…

(comment ça les boutons sont à l’envers ?)

96)
Saluki
, le 08.09.2006 à 01:26
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Ca alors !
Je travaille, comme un vrai soixante-huitard qatqatreux Benz que je suis, jusque fort tard et je n’ai même pas eu le temps de glisser un cil vers cuk aujourd’…hier !

Anne… Je ne suis pas fier d’être français quand je lis ce que certains de mes très conpatrihontes ont éructé.

Je te remercie pour cette vision non de Sirius, mais de l’autre côté de la rue. Souvent à l’étranger, je vois avec distanciation autant que de loin ;°) les propos de l’un ou de l’autre de nos politiciens. Pathétique.

Faîtes un test: coupez le son lors d’un reportage télévisé sur Sarkozy. Vous trouverez alors parfaitement justifiée la réticence de François. Ce type a le verbe magique, coupez lui la chique et vous verrez alorsl’expression « non verbale ».

A propos, Anne, moi aussi j’ai théoriquement la double nationalité, mais bah…

97)
loic
, le 08.09.2006 à 02:52
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tu ne voudrais pas nous expliquer les choses justement?

Je vais essayer…

Les Chinois ouvrent des usines en France? Sans blague?

hier Xoceco annonçait la reprise de l’usine Grundig en faillite à Creutzwald.
D’abord ils ont investi dans des entreprises américaines et européennes, puis racheté des entreprises (notamment, IBM a vendu ses activités PC à Lenovo), et maintenant ils reprennent des usines en faillite.

Ce qui est logique, surtout aux USA, car ils sont leurs premiers fournisseurs et parmi les principaux bailleurs de fonds de la dette US, ce qui permet de garder une parité biaisé entre les monnaies, nécessaire à l’exportation, ça permet aussi de donner aux USA les moyens de continuer à consommer… et donc consommer chinois (1er fournisseur).

C’est typique des logiques de l' »économie »; s’endetter pour consommer plus. C’est une insulte au bon sens et ce n’est pas de cette manière que je gère mon budget familial.
Mais bon, ça marche bien; l’intérêt de la dette est compensée par la croissance chinoise (et les investissements en retour des Chinois dans les entreprises US).
Mais ça ressemble quand même un rien à une chute libre.

Tu veux faire un ratio entre le nombre de postes de travail créé en France et ceux en Chine ces 20 dernières années?

Heureusement qu’ils bossent comme des esclaves ces Chinois… parce que leur réserve de main d’oeuvre est leur principale ressource; leur capacité de travail est leur garantie de croissance.
Comme quoi, il n’y a pas de miracle, la seule création de richesse vient du travail… ce que semble oublier la « bourse » et les fonds de pensions qui y jouent à risque. Comme seul le travail crée de la richesse, il me semble logique de financer les retraites par répartition plutôt que par capitalisation.
Ca recentrerait la société sur l’homme; le salaire actuel payant la retraite actuelle, on aurait moins de chance d’exploiter le travailleur actuel (en ce moment il ne fait pas bon mourir au travail en Chine pour payer nos retraites).

A moins de fermer tes frontières et rejoindre certains d’extrême droite, tu n’auras pas le choix parce que les consommateurs eux, l’ont.

Dans les faits, on ferme les frontières d’où l’echec actuel de l’OMC. Et ce n’est pas l’extrême droite qui le fait mais les démocrates US et EU.

Le mécanisme économique « dette ici »/ »croissance chèrement payé là bas » est subie par le consommateur qui n’a alors plus guère de choix que de consommer les produits de là-bas. La liberté du consommateur est une chimère.

Si les Chinois reprennent des sites de production ici, ce n’est pas parce qu’on ferme les frontières mais parce que le prix du transport augmente avec le prix du pétrole (et que ça permet de tendre les flux de production en éliminant des stocks et de rendre plus réactive la production dans des secteurs où les produits changent très vite… en Moselle c’est une usine de téléviseurs). Et aussi parce qu’en France l’unité de production par temps de travail est encore compétitif sur le marché mondial.

J’essaie pas d’être pédant, juste à ton niveau.

C’est tout à ton honneur, et du coup, à mon honneur aussi.

Je ne connais pas un seul fond de pension en Suisse qui a fait faillite (des pertes oui, mais pas faillite).

Un des gros problèmes de entreprises US est leurs fonds de pensions.
Un autre gros problèmes des fonds de pensions, en Suisse cette fois-ci, c’est que quand la bourse leur fait gagner beaucoup d’argent (comme ça a été le cas dans les années 90, on parle de 20 milliards bénéfices maintenant évaporés) ça part en dividendes dans les poches des assurances privées gestionnaires, pas des affiliés . Et quand la bourse chute… l’état baisse taux d’intérêt minimal, merci Couchepin, on évite ainsi la faillite par bidouillage des lois ; on en est toujours à la privatisation des profits et la nationalisation des pertes.
Un foutage de gueule assez grossier.

Alors, pourquoi je ne suis pas candidat?
Parce que ce que je raconte, tout le monde le sait… mais c’est pas très digeste, pas très slogan.
Que sur un plateau de télé, n’importe quel économiste sérieux (dont peut-être toi, ToTheEnd) sourirait gentiment en me traitant d’utopiste, de pas « pragmatique »,
de dogmatique et de manque de sérieu disait Sarko en 81
Que de prononcer « travailleur » est de nos jours grossier… quoi que:
Sarko a aujourd’hui dit aux français installés en Belgique:
« Dites aux Français, dites à nos compatriotes qui sont restés, qui n’ont pas perçu que le monde a changé, n’hésitez pas à leur dire que partout dans le monde, on travaille davantage, on travaille plus, on travaille mieux ». Foutaises.

Je suis d’accord avec François… ce Sarko ne sent pas très bon, il a encore dit aujourd’hui:
« J’ai une responsabilité particulière, celle qui consiste à décomplexer la France française », a-t-il expliqué en estimant que les Français ont soif d’une justice qui fonctionne. (source Libé)

A regarder encore comment Sarko parle déjà à 23 ans

98)
Okazou
, le 08.09.2006 à 05:43
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> Bige-6
Je ne diabolise ni n’ostracise et la pensée unique est peut-être dans ta musette, pas dans la-mienne.
Tu auras remarqué que ma prévision s’est avérée. C’était facile.
Maintenant, si tu veux qu’on s’amuse…

« Je n’arrive pas à comprendre, pourquoi tant de gens ont une analyse si juste et pourquoi le « personnel politique » est si calamiteux!! »

Une piste : dans un régime réellement démocratique, les représentants du peuple mettent les bonnes analyses du peuple en pratique.
On peut en déduire que le « personnel politique » (nous ne disons plus « représentants du peuple ») ne travaille pas pour ses électeurs. Pour qui donc ?

« j’ai du mal à encaisser certaines leçons »

Force-toi un peu, ça ira mieux !

> ToTheEnd-32
Tu es vraiment naïf ou tu le fais exprès ?

« Heu François, quand tu parles de cette époque avec tes grands-parents, tu parles des années 30? Avec les 6 jours de travail sur 7 et 10h par jour de travail? (pour rappel, le repos dominical date d’une loi de 1906) Pas de congés payés?

C’est facile de regretter un temps qu’on a pas connu parce qu’on ne se souvient que des bonnes choses… un peu comme l’autre VN qui regrette amèrement l’URSS et ce qui allait avec! »

Et v’là t’y pas qu’il défend les conquêtes sociales des « Rouges » ! :-)))
Mais il revient vite à ses chimères. Il a oublié d’aller voir en Angleterre, chez le socio-libéral Blair, comment sa réforme des retraites (retraites investies en fonds de pension) a tourné au vinaigre avec des milliers de retraités ruinés !
Je te laisse faire les recherches nécessaires, ToTheEnd, si tu en doutes.

Quand tu nous parleras de la bourse, sois plus prudent !

> kostoglotov-42
Je t’invite à nous poster les images des dégâts humains provoqués par les lois libérales depuis 1973/74 et notamment les licenciements boursiers. Sinon, tu peux mettre ton objectivité photographique au rencart elle ne vaut pas mieux qu’une publicité ou un « argument » de George W. Sarkozy.

> Argos-43
Je crois que tout est résumé. Quelle régression, n’est-ce pas ? Et les responsables de cette régression voudraient se cacher – quel courage et quelle honnêteté – derrière la belle jeunesse de 68.

« votre SEULE culture et identité c’est le RAP… en leur coupant leur culture originele et refusant la culture française »

Si tu connaissais mieux le rap tu saurais qu’il existe un rap français bien de chez nous (seule la forme est commune), chez des rapeurs qui, justement, refusent d’endosser les oripaux des jeunes américains. La conscience politique de ces rapeurs-là est très rassurante.

« Peut-être que Monsieur Sarkozy se trompe en partie, tout comme Monsieur Couchepin mais ils ont au moins le mérite de poser les vrais questions sans détours. »

Ça se saurait !
Dis-moi voir un peu quelles vraies questions sont posées par Sarkozy, sans détours…
Et fais-moi un lot en m’exposant le profil moral de ce type. Pour voir…

Tu as de bonnes intentions. C’est sûr. Lui pas.

« Par contre, elle [la classe dirigeante actuelle de droite et de gauche] a appris à cacher sous le discours des intérêts collectifs des appétits inextinguibles de pouvoir personnel. »

Tu parles d’or. Et ce n’est pas seulement de Sarkozy qu’il s’agit.

« Nous en avons assez de ces gens qui critiquent sans cesse nos gouvernants à tous propos, particulièrement Nicolas Sarkozy. Il représente la France, notre pays, que vous le vouliez ou non. Alors laissez-nous décider de notre avenir au travers des prochaines élections comme nous vous laissons décider du votre. »

Mais qu’est-ce que c’est que ce Français qui se permet de parler en mon nom (je suis Français aussi) pour interdire à une Suissesse italienne de s’exprimer sur mon pays ? Si Anne critique la France ou un certain Français, c’est peut-être qu’il y a matière à le faire, non ? Ça devrait suffire.
Anne Cuneo est un être humain, elle a donc tous les droits pour l’ouvrir comme bon lui semble sur les sujets de son choix. Point.
Goujat n’est pas français et les nationalistes cocoricouac ne seront jamais rien d’autre que des gros cons.
Monsieur le censeur, bonsoir !

Allez-y, chers amis suisses, défoulez-vous !

« En revanche, je trouve déplorable le terme de « nain magyar », on a aussi pu lire dans la presse « nabot cocu », attribué à Sarkozy. »

Oui, c’est vrai. Tout à fait déplorable :-) Mais c’est tellement vrai. Et tellement drôle !
Et puis, on est entre nous, sur cuk.ch. Nabotléon ne nous lit pas.

« Je ne connais pas un seul fond de pension en Suisse qui a fait faillite (des pertes oui, mais pas faillite). »

Alors, on joue sur les mots ?
Comment ça, je suis polémique ? Chiant conviendrait mieux.

> coldfingers-75
Les doigts froids, mais le cœur chaud.

« Avez vous remarqué que sur les pièces françaises de 1 et 2 euros sont toujours gravés « Liberté, Egalité, Fraternité ? »

J’y vois surtout « Fraternité ». Mais c’est parce que je suis un gros Breton taré.


« Privatiser les profits, socialiser les pertes. » Morale libérale.

99)
Okazou
, le 08.09.2006 à 05:45
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Gare, j’envoie la purée !

Il faudrait peut-être remettre un peu les pendules à l’heure sur les événements de 1968, sur la période qui les précède et celle qui les suit.

Contexte
– Un de Gaulle finissant (catholique et bourgeois), qui n’était plus du tout le général libérateur mais un politicien parvenu au pouvoir par un semblant de putsch, avide de pouvoir personnel et qui propose au pays une constitution monarchique dont nous subissons toujours les effets. La période « gaullienne » est celle des affaires véreuses et des combines politiques, des polices parallèles (le SAC de Pasqua ) et des amitiés douteuses (affaire Ben Barka).
– Des partis politiques : Une extrême-droite issue de l’Algérie française (Tixier-Vignancourt et dans son ombre : Le Pen), une UNR gaullienne encombrée d’affairistes, un marais centriste (Lecanuet) d’où surgiront les Libéraux d’aujourd’hui, une FGDS (PS) qui « réunit » un Mendès-France aussi bien qu’un Mitterrand, un PSU (Rocard) qui se veut moderne et qui se vautrera dans l’économie libérale, un PC peu démocratique mais démocratiquement fort, une extrême-gauche strotskyste peu développée à laquelle appartenait encore Jospin.
– Une guerre provoquée par les USA contre le Viet Nam, pour obtenir la mainmise géopolitique et économique sur l’Asie devant la Chine et l’URSS, dans laquelle le « tigre de papier » yankee se fait mettre minable par un petit peuple courageux. Les bonzes se sacrifient par le feu.
– Une URSS puissante, forte de sa mainmise sur les pays-tampons d’Europe centrale dont les peuples souhaitent se libérer (Tchécoslovaquie).
– Les deux blocs : USA et URSS. La menace atomique très présente.
– Un Tiers-Monde naissant.
– Le développement de l’Europe économique avec un intérêt marqué pour le Club de Rome pour échapper aux projets libéraux d’une Europe de la consommation aujourd’hui pratiquement établie.
– Une jeunesse « occidentale » très morale qui vit chichement et silencieusement sous la lourde chappe des convenances bourgeoises et religieuses, jeunesse désireuse de faire sauter le couvercle de cette société dans laquelle elle n’a de droit que celui de se taire.
– Des ouvriers exploités par un patronat paternaliste.
– Des épouses soumises par les seules convenances à leurs époux, des femmes auxquelles on dénie tout droit sur leur propre corps et ce qu’elles pourraient en faire. Des femmes quasi absentes de la politique, tenues à l’écart des postes enviés par les hommes, sous-payées à travail égal (aujourd’hui encore). Des femmes dont la seule légitimité est de torcher les mômes et de réconforter Monsieur lorsqu’il rentre du boulot (la femme allemande d’aujourd’hui ?)
– Des intellectuels (j’en vois qui sortent leur révolver) établis – philosophes, journalistes, enseignants, écrivains, artistes, maîtres à penser, ingénieurs… – qui suscitent des vocations chez les jeunes : Lanza del Vasto, Illitch, Deleuze, Guattari, Sartre, Foucault, Reich, Marcuse, Althusser, Debord, Godard, Kundera, Havel, Depestre, « Che » Guevarra, Debray, Chomsky, Dumont et une théorie d’autres.
– Des chanteurs écoutés : Brassens le poète, Brel le rebelle, Ferrat le communiste, l’anarchiste Ferré, Le Forestier pour la France. Joan Baez, Bob Dylan, Simon & Garfunkel, John Mayall aux USA.
– La ségrégation et les Black Panthers aux USA. Angela Davis.

Joli mois de mai 1968
Quand le journal né de 68 choisit pour titre Libération, il n’est pas besoin de longs discours pour connaître le moteur de l’affaire.

Haut les cœurs !
Drapeaux noirs, drapeaux rouges étoilés. « CRS = SS »(« Étudiants, diants, diants » répondaient les CRS). « Sous les pavés, la plage ». « Il est interdit d’interdire ». « Élections, piège à cons », « L’utopie au pouvoir ». « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ». « Qu’ils coupent toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps », « Le patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin de lui », « Make love, not war », « Défense de ne pas afficher », « Le bonheur est une idée neuve », « Ici, on spontane », « À bas la charogne stalinienne », « L’imagination au pouvoir »,« Le veau d’or est toujours de boue », « Millionnaires de tous les pays, unissez-vous, le vent tourne », « Nous sommes tous des juifs allemands », « El pueblo, unido, jamas sera vencido », « Libérez nos camarades », « Consommez plus, vous vivrez moins », « Aimez-vous les-uns sur les-autres », « Autogestion ».
Barricades de pavés. Nuages de lacrymogènes. Bruit de leur explosion. Matraques, casques, boucliers et lunettes de motard des noirs CRS et des Mobiles en marine. La belle courbe éliptique du pavé, soudainement très léger, qui quitte la main du manifestant et s’en va choir sur la gueule du CRS, vingt mètres plus loin. En face.
Les foulards humides sur le nez « pour l’anonymat, contre les gaz ». Les pieds de chaises cylindriques, en métal vert, improvisés comme matraques. Les cris, les mots d’ordre de repli, les mots d’ordre d’attaque. Les hordes juvéniles à l’assaut de l’étau bourgeois.
Les longues nuits de palabre, le chocs des idées neuves, les cerveaux et les langues qui se libèrent. La ronéo comme mitrailleuse. L’expression artistique des affiches de slogans. La sérigraphie s’affiche, la typo s’émancipe.
Les lectures en diagonale. Les livres, aussitôt dévorés, déjà dans d’autres mains, sous un autre regard, avide de savoir.
Dans les couvents, nones et nonettes enchaînent chapelet sur chapelet pour que cette chienlit cesse enfin.
Dehors, c’est une bouffée de vie qui jaillit.
Plus de sucre, plus d’essence. On rationne. On bouffe des pâtes. L’eusses-tu cru ? Le thé, les bâtonnets d’encens, les raggas de la musique indienne.
Les sourires, la joie de vivre. Un moment inoubliable que l’on sait capital et historique.
La grève des étudiants engendre la grève des ouvriers, des employés. Et là, ce ne sont plus que des jeunes. Réduire Mai 68 à son seul volet étudiant n’est qu’une caricature de malfaisant.

Car Mai 68, c’est aussi (surtout ?) « le « mai des prolétaires », le mouvement ouvrier le plus important de notre histoire » (Halimi). Mai 68, c’est encore la jonction et la fraternisation entre ouvriers et étudiants. Sorbonne, Odéon, Nanterre, Censier, Renault, SNCF, même combat, même quête de délivrance.

Le désordre libéral ne peut disparaître que sous le désordre social.

Les accords de Grenelle. Fin du jeu. Les patrons ont craché et le SMIC est fortement revalorisé. Des accords profitables pour les petits. Ces avantages mêmes que les Libéraux veulent faire oublier aujourd’hui en culpabilisant les petites gens, les gagne-petits, ceux qui ne les enrichissent jamais assez.

Marché de dupes ?

La droite catho et bourgeoise qui tient à toute force à rester figée dans son archaïsme affrète des trains et des autocars par centaines pour faire occuper la capitale par tout ce que la province petite bourgeoise compte de réacs.
Un million de « bons Français » encombrent ainsi les Champs-Élysées. En tête, un délirant Michel Debré (père de la République gaullienne) bras dessus, bras dessous avec le non moins délirant ministre de la culture André Malraux. On y a mis le pognon et ça a marché. L’ordre bourgeois est rétabli. On est rassurés.

« And now, ladies and gentlemen… »
Comment peser les profits, comment peser les pertes ?
La société d’aujourd’hui est héritière de Mai 68, comme toute société hérite de la précédente, ni plus, ni moins. Les beaux rêves de cette belle jeunesse ne pouvaient pas se réaliser puisqu’ils n’étaient qu’utopie. L’utopie n’est pas un but, mais une direction. Et c’est en cela que Mai 68 nous a apporté le plus. Les regards mornes et indécis d’avant-mai avaient enfin trouvé une direction à suivre.

Les USA ont quitté le Viet Nam – insoumis et invaincu – la queue entre les jambes. Les Black Panthers, poing fermé, ont appris au monde que la ségrégation était une réalité au USA, le « pays de la liberté », le Tiers-monde est devenu une voix, la jeunesse occidentale s’est découvert une parole et une pensée, l’écologie est entrée dans le vocabulaire de tous et la presse s’y est intéressée (Le Sauvage).

Et puis la première crise pétrolière est arrivée, les Libéraux en ont profité pour s’emparer du pouvoir. Thatcher et son double Reagan ont cassé les acquis sociaux dans leurs pays, suivis jusqu’à aujourd’hui par une kyrielle de libéraux et de socio-libéraux.
En 68, on choisissait les sciences humaines, aujourd’hui, on fait une école de commerce. Le niveau baisse. Le niveau humain, s’entend. Le pognon l’emporte sur l’homme et le citoyen cède la place au consommateur.

Le disco a remplacé la chanson à texte, le rétro a comblé le vide de la création, les ballades à la campagne ont été délaissées au profit des allées des hypermarchés, bon nombre de soixante-huitards ont vendu leur âme au diable, la gauche a dérapé sur le verglas de la droite jusqu’à lui ressembler étrangement, bref, vous n’avez qu’à regarder autour de vous pour chercher l’héritage de 68, vous ne le trouverez pas.

Si les banlieues se révoltent, si les étudiants se révoltent, c’est toujours contre la droite libérale, contre un mode de vie américain qu’on veut leur imposer, contre George W. Sarkozy et ses clones.

Sarkozy ne souhaite, au bout du compte, que ratatiner la République, le service public et le droit du travail qui nuisent à l’enrichissement de ses amis.
Qu’il s’imagine que les Français ne s’en rendent pas compte prouve bien qu’il les prend pour des cons ou qu’il vit dans son petit monde, sur sa petite planète de Neuilly, si caractéristique de la société française !
Quel âge avait donc ce tout petit bonhomme en 68 pour s’imaginer pouvoir en parler correctement ?

Anciens combattants
Alors, me direz-vous, les « leaders » du mouvement de mai 68, Geismar, Sauvageot, Cohn-Bendit, à un moindre titre July, que sont-ils devenus ? Geismar, haut-fonctionnaire, ne s’est jamais éloigné du sérail politique. Sauvageot est directeur d’une école des Beaux Arts en Bretagne. Cohn-Bendit, libéral déclaré, est député allemand « Vert » européen. July, après avoir viré à tour de bras les cofondateurs de son journal, vient de se faire licencier à son tour, par son maître du « grand capital », du journal Libération dont il était l’un des pères.

Il est amusant de constater qu’entre anars, trotros, cocos et maos, ce sont ces derniers qui ont viré libéraux en plus grand nombre.


« Privatiser les profits, socialiser les pertes. » Morale libérale.

100)
iker
, le 08.09.2006 à 06:14
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À lire certains commentaires de ce site, j’ai le sentiment que les censeurs sont toujours à l’affut.

Nos amis Suisses se souviendront de l’ affaire Calas et du rôle qu’y joua Voltaire.

À cette heure avancée de la nuit, je ne puis m’empêcher de penser la cette fameuse citation qu’on lui attribue “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire”.
Pour autant, la violence de certains commentaires me fait froid dans le dos.

Ce site est un endroit privilégié, un lieu d’échange, même s’il s’agit de controverses, dans lequel règne un climat généralement respectueux et courtois.

Le rôle du journaliste est d’éclairer les citoyens, de parler des sujets qui fâchent, dans la proximité immédiate comme dans les pays les plus reculés.
Il n’y a qu’à relire les cables et reportages d’Albert Londres, sur la Russie des Soviets, la Pologne de Pilduski, Terre d’ébène, Chez les fous, le Juif errant est arrivé ou encore Le Bagne, pour comprendre qu’aucun sujet, ni ici, ni ailleurs n’est tabou.

Et ce site, sur lequel je passe plusieurs fois par jour, pour voir quelle nouvelle pépite je vais y trouver, est celui que je consulte avant même ceux des grands quotidiens car il y règne à la fois un esprit critique, mais aussi une certaine bienveillance, un esprit de famille où plusieurs générations se cotoient, où les amis sont bienvenus, ou toutes les expressions sont possibles. Merci à François de nous permettre cela.

Il serait intéressant de mettre un peu de perspective dans le débat : en France, chaque génération a connu des crises sociales de régulation violentes dont Mai 68 ne fut que l’un des derniers avatars, bien que ce ne fut pas un mouvement exclusivement français, loin de là.

Il a commencé dès 1966 dans la Chine de Mao, pour traverser tous les continents et tous les civilisations. En Tchécoslovaquie, en Pologne, en Hongrie, en Union soviétique, dans toute l’Europe de l’Ouest, en particulier en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, aux États Unis, dans les pays colonisés, ou en Amérique Latine au Brésil, au Chili…, des formes très différentes, mais qui chaque fois consistait à mettre secouer un monde figé dans l’immobilisme, le conservatisme ou l’oppression selon les pays.

Non seulement, cette pensée un peu convenue que Mai 68 est à l’origine de tous les problèmes de la France, ignore que ce fut une onde de choc qui parcourut la planête entière sous tous les hémisphères, mais de plus si on la place en perspective, sur deux siècles, on se rend compte qu’aux grands cycles économiques de soixante ans, ( Cycles Kondratiev ) de croissance, puis de crise, se superposent des périodes troublées à chaque période critique du cycle, correspondant aux grandes révolutions industrielles et énergétiques, et cela depuis le tout début de la mécanisation et de la machine à vapeur. Même si la France eut un “génie”particulier pour ressentir et exprimer ces soubresauts.

Le combat pour la liberté, qui étaient celui des manifestants sur les barricades ou des grandes mobilisations, en 1968, faisait écho à ceux de 1945, en 1936, 1905, en 1871 sous la commune, en 1848, 1830, 1815 ou en 1789.
Chacun de ces moments de l’histoire de France a été ponctué à la fois de conquêtes, durables et inscrites dans notre identité collective, mais aussi d’excès.
Pour autant, ces moments de révolte n’auraient ils rien produits de bons ?

• l’abolition des privilèges
• la fin de la monarchie et l’établissement de la république (à trois occasions, car ça ne marche pas toujours du premier coup)
• le droit de vote, d’abord pour ceux qui payaient l’impôt, puis le suffrage universel, d’abord pour les hommes, puis enfin pour les femmes.
• les conquêtes ouvrières : l’interdiction du travail des enfants, l’interdiction du travail de nuit des femmes
• la réduction du temps de travail : la journée de douze, puis dix heures, puis huit heures, la semaine de six jours, puis les quarante heures, les congés payés, la retraite,…
• la laïcité, et la fin de la religion d’État (processus encore inachevé dans les faits)
• l’école publique et obligatoire jusqu’à seize ans
• la séparation de l’Église et de l’État
• la lutte contre l’occupant, contre nazisme et la fascisme
• la décolonisation
• les droits des femmes à voter, puis à disposer de leur corps ont accompagnés, en France, ces soubressauts de l’histoire.
• plus récemment les luttes contre les discriminations

Il n’y eut pas que des aspects positifs dans ces périodes troublées : l’imposition de l’État-Nation, qui était à cette époque là largement une fiction, par la Terreur, ne fut pas la moindre de ces dérives.

Les français, peuple complexe, et pluriel (en 1789, 70 % des français ne parlaient pas le français, mais étaient Bretons, Alsaciens, Flamands, Occitans, Catalans, Basques, Corses…), ont toujours connus des mobilisations tumultueuses, et multiformes, apportant simultanément des libertés nouvelles, et des effets dérivants négatifs, souvent douloureux, vites régulés puis résorbés, mais laissant des séquelles dans l’inconscient collectif.
Cette pluralité, toujours présente, mais toujours niée et occultée, explique en partie pourquoi ce pays ne se réforme pas par le diagnostic partagé et la négociation, mais toujours dans la douleur et la violence.

La France est ainsi, c’est un pays tellurique, plus sensible que beaucoup d’autre à la techtonique sociale. Après chaque grande révolte, le peuple se retire et laisse à ses “élites” le soin de gérer la situation nouvelle. Et il lui faut deux générations pour que les acquis soient digérés, acceptés et parfois revendiqués par les héritiers des conservateurs qui 40-60 ans plus tôt auraient été les premiers à fustiger ces nouveaux droits.

Mais parfois, il reste quelques velléités de remettre ces droits, durement gagnés, en question. L’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit des femmes, la précarisation des contrats de travail sans la moindre contrepartie, pour ne parler que des quelques derniers mois.

De façon récurrente la France connait des périodes ou la nouvelle génération veut conquérir de nouveaux droits, et prendre toute sa part à un monde nouveau à construire.
Lorsque d’un côté les technologies, la production industrielle et énergétique, connaissent des changements importants et qu’en face, les hommes et les femmes, les savoirs, les rythmes, les méthodes et les temps de travail ne sont pas encore adaptés à ce monde qui bouge.

Jusqu’à peu, on en était d’ailleurs réduit à ne plus revendiquer de nouveaux droits sociaux, mais à lutter pied à pied pour préserver les droits acquis anciens. Ainsi s’affrontent deux formes de conservation : le conservatisme traditionnel, réactionnaire, visant à détricoter maille après maille, le tissu social, largement élimé par les contraintes de la mondialisation et d’un monde en mouvement, et de l’autre le combat pour conserver des droits acquis dans un contexte totalement différent, là où il faudrait se battre pour de nouveaux droits et un nouveau rapport au travail adapté à un monde qui bouge, mais qui permettrait au salarié de nouveaux parcours professionnels sécurisés.
Lorsque tout semble figé, que les forces du conservatisme, de l’immobilisme ou de la nostalgie d’une époque révolue sapent les conquêtes des générations précédentes, arrive alors une nouvelle génération pour venir exprimer à plein poumon sa soif de changement, son aspiration à secouer le cocottier pour assumer à son tour des responsabilités nouvelles dans un monde en perpétuel changement, et commettre à son tour ses propres erreurs, ses propres excès. Mai 68 n’a pas échappé à la règle.
•••••

Ce qu’il y a de nauséabond dans la démarche de Sarkozy, c’est que d’une certaine manière, il appelle la jeunesse, de façon assez démagogique, à se révolter contre la génération de leur parents.

Ça fait irrésistiblement penser à la posture adopté en Chine par Mao Tse Toung, en 1957 au moment de la campagne intitulée « que 100 fleurs s’épanouissent », ou une première fois il incitait les intellectuels à critiquer les caciques de la génération précédente. Les intellectuels s’en sont naturellement donné à cœur joie, et rapidement, débordé par les événements ont eu à subir une répression terrible, à l’initiative de Mao qui les avait pourtant incité à libérer leur expression.

Une décennie plus tard, en 1966, après avoir conduit une politique économique désastreuse, surnommée le “Grand Bond en avant”, provoquant une famine la plus meurtrière qu’ait jamais connu l’humanité, Mao est désavoué par la majorité des dirigeants de son propre parti.
Sentant le pouvoir lui échapper, il lance alors un appel à « la révolution culturelle », incitant la jeunesse à se révolter contre les cadres du parti, contre leurs enseignants, contre leurs parents. Cela durera trois ans, de 1966 à 1969, et fera partie de cette onde de choc qui parcoura tous les continents et tous les hémisphères.
Dans cette période, 98 % du patrimoine chinois, architectural, culturel, religieux a été endommagé ou détruit. Des enfants ou des adolescents se sont mis à dénoncer leurs parents ou leurs enseignants, parfois à les maltraiter voire se livrer à des exactions d’une violence inouïe.
Puis une fois leur mission accomplie, ayant fait table rase du passé, ces millions de jeunes, les gardes rouges, furent envoyé en camps de rééducation à la campagne, voyant se refermer sur eux le piège dans lequel on les avait poussé.

Tout cela n’avait qu’un but pour celui qu’on avait surnommé “le grand timonnier” : se débarasser des opposants, désigner à la vindicte publique les géneurs, le tout pour se maintenir au pouvoir, à n’importe quel prix, de 1949 à 1976, en faisant porter à d’autres, en stigmatisant plusieurs fois de suite, une génération entière, pour au final se retourner contre la suivante qui lui avait servi de bras armé.

Rien de nouveau sous le soleil.

Nous avons nous aussi, aujourd’hui notre “petit timonnier”, en la personne de Nicolas Sarkozy. Quel cynisme de sa part que d’utiliser le discours et les méthodes de celui qui fut l’inspirateur de l’onde de choc maoïste, pré-soixante-huitarde pour le retourner contre la génération de soixante-huit.

Tout aussi cynique que d’oser se revendiquer de Victor Hugo, Jean Jaurès et Léon Blum, alors que les pratiques de Sarkozy s’inspire davantage de Ténardier ou de Javert que de Jean Valjean, ou que ses propos sur les jeunes de banlieues, (les racailles, le karcher) n’auraient pas démérité d’un Barrès ou d’un Déroulède.

Examinons quelques faits récents :
Au début de l’été, il incite des dizaines de milliers de familles de sans-papiers à s’auto-dénoncer, et laissant entrevoir une régularisation, et cela se soldera par des milliers de familles livrées à des situations douloureuses et absurdes d’expulsions, même si des enfants sont nés sur le territoire français et scolarisés dans l’école de la république, même si les adultes apportent une contribution substantielle à l’économie de notre pays.

Jusqu’à la semaine dernière où incite la jeunesse à se révolter contre l’immobilisme des parents issus de la génération 68, pour mieux occulter que depuis trente ans, le bilan de ses engagements, tant professionnels que politiques. Cf notice détaillée sur wikipedia : Il a été successivement avocat d’affaire spécialisé dans l’immobilier, participant à des expulsions de locataires pour des municipalités des Hauts de Seine comme Puteaux ou Levallois-Perret.
Fils spirituel de Jacques Chirac, Héritier en politique de Charles Pasqua, (autre spécialiste des expulsions et des charters), qui fut le témoin de son premier mariage, il profitera de l’hospitalisation de ce dernier pour lui ravir la mairie de Neuilly, cultivant ainsi ce goût pour les trahisons de ses mentors en politique.
Ce bon Charles ne lui en voudra pas tant que ça, et on retrouvera Sarkozy comme chargé de mission entre 86 et 88 au ministère de l’intérieur pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques. Il était chargé de la communication du gouvernement à l’époque de l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, dont le nuage radioactif, c’est bien connu s’est arrêté aux frontières de la France dans les Alpes Suisse.

Si c’est exact, je comprends qu’Anne et François soient irrités de l’efficacité des mesures prise par Sarkozy à l’époque pour refouler ce vilain nuage et le maintenir à bonne distance dans les alpes Suisse. ;-)
forcément, ça agace, ça gonfle même, surtout du côté de la thyroïde.

Si c’est faux, ce dont nul ne saurait douter, cela en dit long sur les capacités du personnage à “prendre les enfants du bon dieux pour des canards sauvages”, et manipuler les informations les plus graves, pour la santé des citoyens.

Donc, cet homme généreux, adepte du parler vrai, incite la jeunesse à voter pour la rupture avec la génération de 68, qui exerce le pouvoir de façon tyrannique, et déviante.
Cet ancien responsables des jeunes du RPR à 18 ans, devenu maire à 28 ans, député à 33, ministre du budget à 38 et porte parole d’Édouard Balladur, tant au gouvernement que pendant la campagne de 95, président du RPR en 99, ayant conduit son parti à une défaite cuisante aux élections européennes avec 12,8 %, le plus faible score de l’histoire de ce parti.
Il est depuis bientôt cinq ans le ministre le plus important du gouvernement, rivalisant et affaiblissant non seulement les deux premiers ministres, qu’il est censé servir (oui ministre, en latin minister, veut dire serviteur), mais se permettant régulièrement d’affaiblir un chef de l’État, et une fonction à laquelle il postule en se présentant comme l’incarnation d’une rupture d’un système dont il est le principal des acteurs en tant que chef du parti majoritaire.
Ça ne vous rappelle pas terriblement Mao et la révolution Culturelle ?

Et tant pis si ça déplait aux nouveaux inconditionnels de Doc gynéco, de Christian Clavier, de Steevie, et de Didier Barbelivien et des tapis volants de fonction du “vizir qui veut être calife à la place du calife” qui roulent à 170 à l’heures devant les radars en toute impunité pendant que le menu peuple, la France d’en bas, doit payer la gabelle, pardon les amendes, pour le moindre dépassement ;-)

Si cet homme là était élu, les effets de sa politique se ressentiraient tout autant de l’autre côté des rives du Lac Léman, que le nuage radioactif dans le sens inverse.

Alors chère Anne, faut-il dénoncer les puissants de ce monde, les manipulateurs de l’opinion, les démagogues, les marchands du temple, les imposteurs. Oui, sans hésiter.
S’il vous prend à nouveau l’envie de pousser un coup de soufflon sur les mœurs politique de vos voisins, ne nous privez surtout pas du plaisir de vous lire.

Continuez à prendre position sur les sujets qui vous passionnent, à écrire de merveilleux romans comme “le maître de Garamond” qui fut pour moi un merveilleux voyage dans le monde émergeant de la typographie et de l’imprimerie, mais aussi un éclairage singulier sur les guerres de religion à la renaissance dont la violence n’a pas grand chose à envier avec l’actualité internationale du moment, au proche et moyen orient par exemple.

101)
Okazou
, le 08.09.2006 à 06:18
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Ouais, on est au moins deux à être matinaux. Il est généreux, iker, semble-t-il.
Vingt-dieux, la rentrée sera chaude, sur le social !


« Privatiser les profits, socialiser les pertes. » Morale libérale.

102)
Okazou
, le 08.09.2006 à 06:31
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« Jusqu’à peu, on en était d’ailleurs réduit à ne plus revendiquer de nouveaux droits sociaux, mais à lutter pied à pied pour préserver les droits acquis anciens. Ainsi s’affrontent deux formes de conservation : le conservatisme traditionnel, réactionnaire, visant à détricoter maille après maille, le tissu social, largement élimé par les contraintes de la mondialisation et d’un monde en mouvement, et de l’autre le combat pour conserver des droits acquis dans un contexte totalement différent, là où il faudrait se battre pour de nouveaux droits et un nouveau rapport au travail adapté à un monde qui bouge, mais qui permettrait au salarié de nouveaux parcours professionnels sécurisés. »

Belle analyse !
Voilà bien sur quoi joue Sarkozy : il y a conservatisme et conservatisme. Tout est relatif. Comme il joue (ainsi que les libéraux du PS) sur le mot réforme en déployant des réformes destructrices et ravageuses. Libérale, la réforme déforme.
Bref, le progrès, pour ces gens-là, c’est ce que nous appelons, nous les manants, une régression.


« Privatiser les profits, socialiser les pertes. » Morale libérale.

103)
François Cuneo
, le 08.09.2006 à 06:47
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iker, ne t’inquiète pas, nous continuerons.

Et merci pour ton beau commentaire (merci aussi à toi Okazou).

Ce qui me fait sourire, c’est que c’est toujours la droite dure qui nous dit que nous n’avons pas à parler de certaines choses sur Cuk.ch.

De la droite dure à l’extrême droite.

Juste pour finir avec les vedettes dont tu parles dans ton analyse, il y a encore Johnny, et ça, ça m’a scié.

Qu’il le soutienne, Ok, mais qu’il vienne l’embrasser dans un meeting, qu’il se tienne sur scène derrière lui, j’ai de la peine.

Je sais, je n’ai rien dit quand Renaud soutenait Mitterand…

Ben on a le droit de ne pas être toujours objectif. je crois que le dernier Johnny sera mon dernier Johnny.

104)
Anne Cuneo
, le 08.09.2006 à 08:45
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Cher Iker,
Ton commentaire, c’est au fond tout ce que j’aurais voulu dire, en le lisant j’avais l’impression de lire le sous-texte de ce que j’ai écrit, de lire au fond ce que j’aurais dû écrire si je n’avais pas été aussi fâchée de voir utiliser un moment de l’histoire française qui, quoi qu’on en pense, transcende le train-train quotidien, etoù la jeunesse a voulu, je me répète, dire non.
Que cette même jeunesse soit aujourd’hui presque complètement intégrée dans les classes dirigeantes, cela ne diminue pas leur geste de ce temps-là.
Et comme tu le dis, cela ne s’est pas passé uniquement en France: nous l’avons vécu en Suisse (là j’ai le droit d’en parler, d’après les puristes), et en Italie (là aussi…), mais les USA, la Chine et d’autres ont ressenti aussi cet ébranlement, que les trahisons qui lui ont succédé n’effacent pas.

Anne

105)
ToTheEnd
, le 08.09.2006 à 09:13
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L & O: je n’ai pas le temps de faire du découpage… du saucissonnage.

J’essaierai de faire court pour partager une pensée assez simple en fait.

L’économie au sens large à, ces dernières décennies, permis beaucoup de choses, y compris pour la masse.

S’endetter un peu pour pouvoir bénéficier d’un certain confort ou tout simplement, investir dans son futur, n’est-ce pas un progrès?

Vos interventions s’apparentent à ceux qui fustigent le McDo parce que ça rend gros et moche alors qu’on y mange très mal. Mais personne n’oblige personne à y aller!

Tout comme le type qui y mange 3 fois par jour, celui qui s’endette outre mesure est idiot, j’en conviens. Et alors?

Ce que vous soulevez, c’est la bêtise et l’ignorance des gens alors même qu’ils ont le choix… puis, logiquement, vous aimeriez un coupable: le capitalisme, l’économie, la mondialisation, le marketing, etc. ont bon dos pour vous, c’est les parfaits coupables de ce qui ne va pas.

En fin de compte, peut être qu’inconsciemment, les gens répètent ce qui se passe au sein de l’Etat; un endettement irraisonnable pour maintenir un train de vie dispendieux insensé.

Oui, il faudrait montrer l’exemple… mais ce n’est pas comme si les bons exemples n’existaient pas! De bons exemples, il y en a plein autour de nous! Ne pas les voir, c’est faire preuve d’aveuglement.

T (qui se réjouit de parler de la bourse)

106)
coacoa
, le 08.09.2006 à 10:04
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Iker, Okazou

merci pour ces commentaires et pour avoir pris le temps de les écrire.

J’adore cuk.

107)
coacoa
, le 08.09.2006 à 10:11
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Le disco a remplacé la chanson à texte

Et le rock, les yé-yé, c’était de la chanson à texte ?

Et Noir Désir, Dominique A, Miossec, c’est de la disco ?…

:-))

108)
alec6
, le 08.09.2006 à 10:54
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TTE, une question au passage : la fameuse dette (les 66% du PIB en France, 64% chez nos voisins, 120% au Japon et je ne sais combien aux USA), à qui la doit-on ?

Et merci à O et Iker pour leurs textes.

Alexis… tous les défaut !

109)
alec6
, le 08.09.2006 à 10:57
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Bige, un des rares à avoir des idées et essayer de les vendre, même si je ne les partage pas toutes, est Bayrou. Mais ça n’engage que moi.

Alexis… tous les défaut !

110)
Smop
, le 08.09.2006 à 11:20
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… un des rares à avoir des idées et essayer de les vendre, même si je ne les partage pas toutes, est Bayrou …

Certes, il a quelques éléments en sa faveur, surtout face à la dangerosité de la droite et la médiocrité de la gauche. Mais, et pour moi c’est rédhibitoire, Bayrou est un catholique pratiquant. Religion et politique ne peuvent, ne doivent pas faire ménage.


De Serendipity à Rapa Iti , en passant par SunWizard !

111)
yvonzebest
, le 08.09.2006 à 12:55
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Ce que vous soulevez, c’est la bêtise et l’ignorance des gens alors même qu’ils ont le choix… puis, logiquement, vous aimeriez un coupable: le capitalisme, l’économie, la mondialisation, le marketing, etc. ont bon dos pour vous, c’est les parfaits coupables de ce qui ne va pas.

La bêtise des gens comme tu l’apelles (et les intéressés apprécieront), est une conséquence très souvent du manque d’éducation dans le cercle familiale ou dans le cercle social, ET du bourrage de crâne opéré par les sociétés genre Mc Donald, notamment à la télévision via la publicité,ou encore culturelle via la « télé-réalité ».

Donc la différence entre toi et moi finalement, c’est que toi tu fustige le peuple et moi les décideurs (ou le capitalisme comme tu dis).
Entre ces deux ensemble, lequel a une action directe sur le cours des choses (et ne répond pas le peuple via le suffrage universel par pitié) ?

112)
Argos
, le 08.09.2006 à 13:14
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Quel plaisir de suivre un forum d’une telle diversité, de lire des interventions intelligentes. Et merci à Anne (Désolé, j’avais estropié votre prénom, mon Mac, dans ces lointaines contrées, a de la peine parfois à se faire aux doubles lettres qui n’existent point ici).

Je crois que la période initiée par l’esprit de 68 s’est définitivement close en septembre 1973, lorsque l’auguste Pinochet a assassiné un mouvement dont les défauts étaient certes nombreux, mais qui offrait plein de promesses. Derrière lui. il y avait les Chicago Boys de Milton friedman, cet économiste ultralibéral qui a utilisé le Chili comme un champ d’espérience de l’ultra-libéralisme économique. Sous-jacente, une idée simple. On enrichi dix pour cent de la population, on lamine la classe moyennne et les pauvres fournissent le travail au meilleur compte. Evidemment, cela créée du chômage, mais son coût est infime face à l’enrichissement de la partie la plus aisée de la population. On n’avait pas encore prix en compte les coût de la sécurité exigée pour préserver ces derniers.

Les Reagan, Teacher et maintenant Sarkozy n’ont fait que mettre à profit cette expérience. Et même à l’Est on s’en inspire. Je me souviens d’une discussion à Moscou lors de l’écroulenent du systèmee avec l’un des futurs pontes du nouveau régime où éclatait toute l’admiration de mon interlocuteur pour les « résultats obtenus par Pinochet. « Un voie à suivre pour notre pays! » déclarait-il. Eltsine, puis Poutine à sa mannière, semble l’avoir entendu. Comme sans doute les dirigeants chinois.

Argos

113)
François Cuneo
, le 08.09.2006 à 14:28
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Tant que tu ne t’appelles pas Bigard!

Je l’ai encore vu hier sur Canal, en rapport avec le sujet qui nous intéresse ici…

Ouille ouillle ouillle…

114)
Saluki
, le 08.09.2006 à 14:44
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certain seraient TRES suppris de lire des texte de S.Alliende

J’avais un doute là dessus: c’était le propos d’un ami crédible, mais qui me chiffonait.
Tu m’ôtes ce doute et…encore une de mes illusions.
As-tu un lien vers une source?

116)
alec6
, le 08.09.2006 à 15:13
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… à propos du Chili et d’ailleurs, certains militaires français étaient effectivement LES spécialistes du renseignement musclé et ont exporté leur méthode avec la bénédiction des gouvernements d’alors dans nombre de pays et principalement le Chili et les Etats-Unis !

Cocori…couac !

Il y a qq mois un excellent documentaire d’ARTE faisait le tour de la Question !!

Alexis… tous les défaut !

117)
Franck_Pastor
, le 08.09.2006 à 15:25
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PS= Général depuis pas mal d’année.

Juste, mais il est resté célèbre comme le « colonel » de la guerre d’Algérie. La bataille d’Alger, si controversée, c’était lui en bonne partie…

118)
alec6
, le 08.09.2006 à 15:32
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La recette des « crevette » est simple… il suffit d’un hélicoptère et de beaucoup d’eau…

Alexis… tous les défaut !

119)
Sebounet
, le 08.09.2006 à 15:38
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Ce qui est formidable c’est que, comme toujours, « il vaut mieux avoir tord avec Sartre que raison avec Aron » …

Le problème de ce genre de discussions c’est que personne n’arrivera à convaincre les autres. Point positif: ça permet de se défouler… mais c’est tout.

En ce qui concerne Mai 68, il me semble que la grande majorité des jeunes ne participait pas au mouvement. (Bien évidemment, c’est la minorité qui a participé au mouvement qui avait raison…).

De même plus récemment pour le CPE : il suffisait d’écouter les opinions des jeunes qui manifestaient pour voir à quel point ils étaient manipulés par de pseudos-gauchos des beaux quartiers « Ah bah oui mais c’est quand même de la précarité hein, faut pas laisser passer ça, etc. » BRAVO!
Etrangement la plupart des étudiants de fac de Psycho et Art & Spectacle participaient… la crême des crêmes ! (Attention, tous les étudiants de ces facs ne sont pas concernés, pas de généralisation).

M’enfin, c’est tellement plus simple d’être de gauche…

(Evidemment je suis réac, monarchiste, royaliste, catholique pratiquant, scout, vendéen, aristocrate, …)

Bref …

120)
Gr@g
, le 08.09.2006 à 15:55
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à part ça, le soleil est encore là… ouf!

;-)

Sinon, c’est vrai que c’est simple d’être à gauche. Mais être maladroit, c’est aussi compliqué?

ok, je ->

121)
Argos
, le 08.09.2006 à 15:58
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Allez, j’en rajoute une louche. Pour moi, les économistes, en général – oui il doit certainement exister des exceptions – me font penser aux médecins de Molière. Et encore, les médecins de Molière ne tuaient que leurs malades, alors que les affirmations suivies d’effet de nos économistes possèdent parfois des effets encore bien plus dévastateurs. Ils n’ont su rien prévoir, ni la crise de 29, ni le choc pétrolier, ni la fin de l’URSS. Dans ce dernier cas, ils s’aveuglaient sur la puissance du bloc soviétique, alors qu’il suffisait s’ouvrir les yeux pour s’apercevoir que c’était du vent.

Lorsque j’était à l’Uni (en Suisse romande, en allait à l’Uni comme en France à la fac) mon prof d’économie publique racontait que la fin du dix-neuvième siècle connaissait nombre d’aberrations économiques. Les compagnies de gaz se faisant concurrence dans une ville, il y avait parfois trois conduites de gaz dans la même rue. Et en Grande-Bretagne, pour rejoindre deux villes, il existait plusieurs lignes de chemins de fer qui se faisaient concurrence. Les gouvernements, saisis par l’absurdité de la situation, avaient finalement eu recours à la seule solution, la nationalisation. Et bien, j’ai l’impression que le même phénomène sévit aujourd’hui.

Pendant longtemps, en raison de la peur suscitée par le communiste le couteau entre les dents, les patrons avaient peu à peu cédé devant certaines revendications ouvrières. Aujourd’hui il n’y a plus de classe ouvrière dans nos régions, et surtout plus de système soviétique. Alors, on peut y aller.
Non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne regrette en rien le système soviétique, dont je vois encore tous les jours les résultats déplorables là où je vis. C’était l’application imbécile et finalement criminelle d’une utopie, qui croyait que le bonheur de l’humanité se fait sans sa réelle participation.Mais au moins, à l’époque, il existait une dualité qui permettait dans certains lieux aux choses de bouger.

Evidemment, ces propos sont rapides et schématiques, il faudrait étayer, mais cela n’est pas le propos d’un forum,

Et concernant le futur combat des chefs en France, il faut tout faire pour arrêter Sarkozy. La dernière fois, beaucoup avaient voté Chirac pour éviter Le Pen. Ce n’était bien sûr qu’un moindre mal. Alors pourquoi aujourd’hui, à la suite des éléphants machos du PS, écarter Ségolène même si elle possède certes nombre de défauts ? D’où mon slogan :Tout plutôt que Sarko, donc vive Ségo!

Argos

122)
Sebounet
, le 08.09.2006 à 16:02
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Au sujet de l’URSS, c’est un peu simple de dire après coup que « ça crevait les yeux »… Non ??

123)
alec6
, le 08.09.2006 à 16:38
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Argos… j’en suis aussi arrivé aux mêmes conclusions.
Je voterai CONTRE Sarko et non POUR une ou un autre candidat…
Ce n’est pas glorieux, mais je n’ai pas trouvé mieux pour éviter le pire : un nouveau 2002 ! et si le cas se représentait au deuxième tour, ce dont je doute car bcp de voix Lepeniste vont tomber dans l’escarcelle de Sarko dès le premier tour, j’irai à la pêche ce jour là.

Alexis… tous les défaut !

124)
Anne Cuneo
, le 08.09.2006 à 16:41
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je suis réac, monarchiste, royaliste, catholique pratiquant, scout, vendéen, aristocrate, …

Quoi? Même aristocrate? Mmmmm Et quand on te rencontre, tu fais le baise-main aux dames???

Anne

125)
Anne Cuneo
, le 08.09.2006 à 16:46
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Je voterai CONTRE Sarko et non POUR une ou un autre candidat… Ce n’est pas glorieux, mais je n’ai pas trouvé mieux pour éviter le pire : un nouveau 2002 !

Tu me soulages! C’est comme en Italie (vous voyez que je vous obéis, les gars, je ne cause que de ce que je connais… La France, je la laisse aux spécialistes FRANCAIS), voter pour Prodi ce n’était pas vraiment le top du top, mais alors voter contre Berlusconi, c’était un MUST, et dès le premier tour. (Oui, je sais il n’y avait qu’un tour, mais un instant, j’ai fait semblant pour rigoler qu’on était la France… oups!)

Anne

126)
Argos
, le 08.09.2006 à 16:49
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Pour l’intervention prècèdente (134)estimant que c’est un peu facile après coup de dire que cela crevait les yeux;
Ben oui, les yeux il fallait les ouvrir. J’ai fait de fréquents séjours en URSS de 77 à son écroulement. Lors de mon premier voyage, avec un collègue, on se livrait à un petit jeu, Passant devant le monument marquant le point de résistance soviétique face aux Allemands devans Moscou, on se faisait le pari : Et aujourd’hui, ils tiendraient combien de temps ? On avait commencé par dire trois semaines. Le dernier jour, unaniment, on s’est exclamé : pas deux jours ! On avait vécu le socialisme réel. En rentrant en Suisse, je rappelle que nous étions en 77, je me suis fait insulter par nombre d’amis à qui j’expliquais que l’URSS n’avait aucun avenir, que l’ensemble du pays était plus inégalitaire que ne l’avait été l’Espagne franquiste (un modèle d’inégalité de l’époque).
Il suffisait de sortir des chemins marqué par Intourist (il m’est arrivé de loger clandestinement dans une Komunalka, un appartement communautaire) pour voir que l’échec était absolu. Simplement, je n’avait pas prévu qu’un certain Gortbatchev, décrié injustement aujourd’hui, mettrait le pied dans la fourmilière.
A l’époque, je ne me foutais pas de la gueule des économistes, mais des « soviétologues ».

Argos

127)
Sebounet
, le 08.09.2006 à 16:58
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Quoi? Même aristocrate? Mmmmm Et quand on te rencontre, tu fais le baise-main aux dames???

C’était bien évidemment ironique.

En ce qui concerne la Russie, ayant eu l’occasion d’y aller plusieurs fois et une mère professeur de russe, je pense dans ce cas qu’on pourrait également se demander aujourd’hui de quelle façon ce pays arrive à tenir debout… et pourtant, il tient. Je ne pense pas en fait qu’on puisse prévoir grand chose en ce qui concerne la Russie!

128)
alec6
, le 08.09.2006 à 17:27
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Gare néanmoins à ne pas sous estimer ce pays trop vite ! Leur niveau d’éducation et de recherche n’a pas à rougir devant note « modèle » occidental.
Il ne faut pas tomber non plus dans le piège du PIB qui ne regarde que la quantité de cocacola ingurgité ou le nombre de brosses à dent par an et par habitant pour juger d’une économie et d’un état sanitaire bucal ! (je carricature à peine !)

Alexis… tous les défaut !

129)
Sebounet
, le 08.09.2006 à 17:46
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Bien sûr ! Leur système éducatif est bien meilleur que le notre… (qui a dit que là-bas seuls ceux qui ont le potentiel accèdent aux études supérieures ?).

Mais malheureusement je ne regarde pas que le PIB pour dire ce que je dis : il faut avoir vu pour comprendre …

130)
Argos
, le 08.09.2006 à 17:57
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Je viens de tomber sur l’intervention 138 citant des propos antisémites de Salvador Allende. La citation est tirée d’un article publié sur un site internet « altermondialiste » signé Arnaud Imatz, qui se pare de titres universitaires. Ce que l’on ne nous dit pas, c’est que celui-ci a dans ses écrits « revisité » la Guerre d’Espagne dans un sens pro-franquiste et qu’il a écrit un autre ouvrage très favorable à la phalange (l’équivalent espagnol des fascistes). J’imagine la haine qu’il doit porter à Allende et j’aimerais bien voir d’un peu plus près ses sources. L’on voudrait faire oublier qu’il a été poussé à disparaître par une bande de criminels prétendument patriotes qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Argos

131)
alec6
, le 08.09.2006 à 18:24
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Bien sûr Sebounet, pas de soucis, loin de moi l’idée de faire l’apologie du soviétisme pas tempéré. Je voulais simplement signifier que les ressources de ce pays ne sont pas à sous estimer.
J’ai visité Moscou en 1989 et en 2001, en touriste la première fois, pour le boulot la seconde et le contraste était saisissant.
Mais je ne suis pas un spécialiste de la question, je ne brigue pas la place d’Hélène Carrère d’Encausse ! :-)

Alexis… tous les défaut !

132)
Sebounet
, le 08.09.2006 à 18:41
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On est bien d’accord !

Un grand principe de la Russie (de tous temps…) : toujours à la ramasse mais toujours présent … !

133)
iker
, le 08.09.2006 à 18:53
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Je partage ce dernier avis d’Argos concernant Salvador Allende. Rien dans le passé de président socialiste du Chili ne peut laisser penser qu’il ait pu tenir des propos pareil.

Mais il faut se replacer dans le contexte chilien, où le fait de s’en prendre aux juifs, aux gitans et aux arabes, n’avait pas grand sens dans les années soixante-soixante dix.

La société chilienne de l’époque avait une déjà très ancienne tradition démocratique, et les élites de la gauche chilienne s’inscrivait dans une filiation humaniste très proche de la gauche européenne.
Et Salvador Allende avait la fibre humaniste chevillée au corps, plus que quiconque dans ce pays.

J’avais à peine onze ans, je rentrais en sixième, au collège, lorsque eu lieu le putsch des généraux au Chili, à peu près en même temps qu’éclatait la guerre du Kippour au Proche Orient. Ces deux événements devaient jouer un rôle clé dans ma vocation de journaliste.

Ma famille avait pour tradition d’accueillir des étudiants et des chercheurs de toute provenance, venant étudier en France, souvent dans le cadre d’échanges internationaux, parfois en raison d’un exil suite à un coup d’état, ou une répression terrible. C’est dans ce cadre que j’ai eu le plaisir de rencontrer et de correspondre avec une jeune médecin, spécialiste en médecine nucléaire à l’Université de Santiago de Chile, qui n’était autre que la nièce de Salvador Allende. J’étais encore un gamin, mais tout ce qu’elle me racontait de son pays, du destin tragique de sa famille et de son oncle en particulier, était aux antipodes des propos que je découvre aujourd’hui.

L’internet est un outil redoutable, pour qui veut manier la propagande.

Tout ce qui concernait cette période et ce pays me passionnait, et ni dans mes lectures, ni plus tard dans mes rencontres ni mes voyages, je n’ai jamais rencontré d’une quelconque manière que ce soit, ne serait-ce que l’once du quart d’un propos de cette nature.

Je n’en dirais pas autant, des séïdes de l’Opus Deï, dont on connait le rôle trouble joué aux côtés de la dictature.

Par contre le procédé n’a rien de nouveau. Il y a une longue tradition “révisionniste” qui consiste à faire placer des propos dans la bouche des uns et des autres pour décridibiliser leur parole publique.
Le plus sinistre exemple étant “Le protocole des sages de Sion” . Rédigé à l’origine par la partie la plus réactionnaire aux réformes, au sein de l’Okrana, la police tsariste, pour s’en prendre à ces intellectuels et prolétaires engagés, d’origine juive qui jouaient un rôle moteur dans les mouvements anarchistes et socialistes de la Russie d’alors. Il s’acharnait à dénoncer un complot juif mondial.

Toutes les extrêmes droite du monde on repris cet argumentaire.

Bizarrement, ou pas si on y réfléchit bien, la diffusion de ce texte a repris de plus belle, à la fois dans les cercles nazis en Allemagne, et dans la répression stalinienne du complot “judéo-trotskyste”, pour aujourd’hui se répandre dans une traînée de poudre dans certaines écoles coraniques ou courants salafistes ou encore leurs frères ennemis chiites. Des séries télévisées dans le monde arabe, en Égypte, en Iran, en Palestine, ont repris cette thématique largement.

Journaliste et intervenant à l’université, j’ai eu à travailler avec des étudiants engagés dans l’islam radical ici même en France, ou à interviewer des responsables islamistes au Liban, en Palestine ou en Égypte. Et quelque soit la qualité de l’argumentaire, que l’on peut utiliser pour réfuter point à point les conditions de diffusion de ce qui constitue l’un des tout plus graves faux de l’histoire, on sent bien dans la conversation, que tout cela relève d’un endoctrinement qui a plus à voir avec la chasse aux sorcières de l’inquisition, qu’avec le message humaniste et universaliste des grandes religions monothéistes, ou des grandes doctrines sociales émancipatrices du siècle des lumières ou du mouvement socialiste.

134)
al1
, le 08.09.2006 à 20:11
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Ouah la vache, y’a du beau monde, le niveau remonte !
Je vote pour Cuk !
Pourra-t’on bientôt demander l’asile politique à cukland ? C’est que j’y pense pour 2007 !

Dites, on pourrait pas continuer la conversation tout près de chez moi, au Lénin Café ? (à Chalonnes-sur-Loire, près d’Angers)
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-806019@51-806088,0.html

Il y a fin Septembre (le 29?) une conférence sur Lénine, justement, ce serait l’occasion.
Vous connaissiez les Cukdays ? Il y a une dissidence qui se prépare, les Lénindays !!!

A bientôt, camarades !

135)
Khwezi_mouth
, le 08.09.2006 à 20:51
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Merci Anne de votre synthèse. Je partage vos points de vue et j’aimerai que l’on puisse d’une simplement diffuser votre prose plus largement (puisqu’il faut un moment que quelqu’un le dise, et le mieux possible tant que ce peut…).

J’aimerai également que l’on en tire les conséquences à venir quand à la candidature et la popularité des « idées » de ce (petit) monsieur.

Quand au fait que vous ne soyiez pas Française, vous n’avez pas à le justifier (moi quand je parle de Georges Bush, et bien je ne suis pas américain, et je ne vote pas non plus là bas…) et rassurez vous: je voterai à votre bon soin…

Mathieu
29 ans, Marseille

136)
Anne Cuneo
, le 08.09.2006 à 21:36
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Quand au fait que vous ne soyiez pas Française, vous n’avez pas à le justifier (moi quand je parle de Georges Bush, et bien je ne suis pas américain, et je ne vote pas non plus là bas…)

Ben mon vieux, heureusement qu’on n’a pas d’Américains, sur ce site ;-))

et rassurez vous: je voterai à votre bon soin…
Mathieu
29 ans, Marseille

Merci, Mathieu, ça fait du bien de le savoir (et là je ne rigole pas!)

Anne

137)
Anne Cuneo
, le 08.09.2006 à 21:46
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Avant que ce débat ne soit pour l’instant clos (sur Cuk, je veux dire), j’aimerais faire une remarque.
On a des tests, on a des humeurs sur nos voyages, sur quelque chose qui nous est arrivé et qu’on a envie de partager, avec nos photos etc., on le fait, et ça donne des humeurs qui ont entre 5 (je prends le dernier test) et, quand ça va bien, 50, 60, allez même 80 commentaires.
On prend un sujet de société (politique, sport, sociologie) et c’est le déluge – je suis en train d’écrire le 150e commentaire, j’y crois à peine!
A partir de là, je pense que c’est pas la peine de nous dire que Cuk ne devrait pas traiter de ces thèmes-là.
Moi, Mail Steward, le connaître c’est l’adopter.
Mais si la veille ou le lendemain il est question de rechauffement de la planète ou d’élections en France ou ailleurs, la preuve par neuf est là. Pas la peine de se censurer: ça passionne (au moins) tout autant.

Anne

138)
GG
, le 09.09.2006 à 00:15
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Juste un truc (y’a trop de messages là :-) ) :

Nous en avons assez de ces gens qui critiquent sans cesse nos gouvernants à tous propos, particulièrement Nicolas Sarkozy. Il représente la France, notre pays, que vous le vouliez ou non.

Pour le moment, Sarkozy représente son parti, et c’est tout. Tant que les élections présidentielles ne l’auront pas déterminé comme président de la République française, il n’est que Ministre de l’Intérieur. Faudrait quand même pas mettre la (petite) charrue devant les (petits) boeufs :-)


Ze GG of Ze Gete.net

139)
iker
, le 09.09.2006 à 00:41
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Bige, relis bien mon commentaire, car je crois pas qu’il y ait d’ambiguïté.

Un forum n’est certes pas un chronique de journaliste, avec la déontologie que ça implique. Mais un propos aussi grave nécessite une source indiscutable, vérifiable.

Pour l’instant, les propos prêtés à Allende ne sont que des assertions.

La thématique de ce forum étant les conséquences de la pensée de mai 68, la référence à Salvador Allende, et à ces propos eugénistes, semblait s’inscrire dans la même thématique.

Ce ne sont pas des propos de cafés du commerce, mais présentés comme ayant été tenus par Allende, en tant que président socialiste du Chili, à une tribune dans les années 70 ? que nenni. ;-)

L’amalgame me paraissais d’autant plus grossier, je le répète avec d’autre mots, que j’ai du mal à voir quel événement, quel contexte, aurait pu amener Salvador Allende à prononcer des paroles pareilles, qui relèverais de préjugés dignes des nazis, aux antipodes de toutes ses autres convictions énoncées jusqu’alors.

Je sais qu’il y a certains milieux depuis le milieu des années 80, qualifiés de rouges-bruns, qui amalgament et rejettent d’une même voix le judaïsme, le sionisme, et l’identité juive. Mais ils n’associent pas dans leur délire les gitans et les arabes sur le même plan.

Mais ces associations rouge-brun n’existaient pas encore dans les années 70, ni en Europe, ni en Amérique Latine.

L’évolution de la pensée sur le sujet est telle que de tels mots, prononcés aujourd’hui tomberaient, en France, sous le coup de la loi Gayssot.

J’ai donc voulu vérifier l’information. Une première recherche sur la fiche bibliographique d’Allende sur Wipipedia , encore elle, aurait permis de relativiser le propos :

Dans un livre publié en mai 2005, sous deux titres différents, en Espagne (Salvador Allende: contra los judios, los homosexuales y otros « degenerados ») et au Chili (Salvador Allende : antisemitismo y eutanasie), l’universitaire Victor Farias accuse Salvador Allende d’avoir été un antisémite. Victor Farias est l’auteur d’un livre controversé (Heidegger et le nazisme, 1987) accusant l’œuvre du philosophe Heidegger d’être entièrement liée à son soutien passé au nazisme.
Son livre sur le président chilien doit sortir en France sous le titre Allende, la face cachée: Antisémitisme et eugénisme aux éditions Jacques Grancher, qui l’annoncent pour mars 2006. En avril 2006 la Fondation espagnole Président Allende a déposé auprès de la Cour de Justice de Madrid une plainte en diffamation contre Farias et ses éditeurs.
Les allégations de Farias reposent sur dix lignes faisant mention de la race contenus dans le mémoire de 156 pages rédigé en 1933 par Allende, alors étudiant en médecine de 25 ans. La lecture de ce mémoire, titré Hygiène mentale et délinquance, montre qu’en fait Allende y cite les théories scientistes de l’époque sur les maladies, dont celles de l’Italien Cesare Lombroso. Les accusations de Farias ont été contestées 3 par la Fondation Président Allende, qui a publié plusieurs documents en PDF sur Internet, dont le mémoire lui-même, le texte original de Lombroso, une lettre de protestation d’Allende et d’autres à Adolf Hitler après la Nuit de cristal, et les lettres échangées en 1972 entre Simon Wiesenthal et le Président Allende à propos du criminal de guerre nazi Walter Rauff. En France, la psychanalyste Élisabeth Roudinesco a critiqué les méthodes de Farias dans une tribune à Libération.

L’auteur du livre allant jusqu’à accuser Allende d’être un crypto nazi.

J’ai voulu en avoir le cœur net. Une petite recherche sur Google te permettrait en quelque secondes d’examiner les publications les plus récentes de cet éditeur :
• ABC de la voyance
• Les paras de l’enfer blanc – front de l’Est 1941-1945 (sur les paras allemands engagés sur le front russe)
• Et le livre autobiographique de Marine Le Pen
• les waffen SS dans la bataille de France
Éloquent en effet.

Donc un éditeur, qui éprouve une certaine fascination pour le nazisme, la théorie du complot, l’armée allemande et l’héritière d’un des ténors de la pensée raciste et fascisante qui la vie politique française depuis cinquante ans, publiera peut être un jour, un ouvrage contreversé sur la thèse de Salvador Allende, publiée en 1933, à l’age de 25 ans. Une thèse qui passe en revue les théories hygiénistes de son époque.
Il faut savoir que l’auteur et l’éditeur sont poursuivis en justice pour diffamation, et que le livre n’est toujours pas publié, ou s’il l’a été, il est retiré de la vente.
Par contre, la thèse de Salvador Allende elle, est intégralement publiée avec un texte de présentation, et librement téléchargeable sur le net Thèse de médecine de Salvador Allende, en castillan .

Ces propos n’en étaient pas moins raciste en 1933, mais ils s’inscrivaient dans une époque où de très nombreux scientifiques, notamment dans le domaine criminologique (tant progressistes, conservateurs, qu’ouvertement fascisants), énonçaient des propos comparables. Cela n’excuse rien, mais c’était la pensée dominante du moment, pour ne pas dire la pensée unique, car on devait bien trouver quelques pensées discordantes, mais dans un contexte de radicalisation des esprits et de montée des périls, ils n’avaient pas beaucoup l’occasion de pouvoir se faire entendre.
Allende n’a fait que retranscrire dans sa thèse, l’état des connaissances du moment telles qu’elles lui étaient enseignées, en apportant ses propres conclusions.

Cette période de l’histoire a vu germer des expérimentations sinistres dans la plupart des pays de l’époque, du Japon impérial, à la russie soviétique, de l’Allemagne Nazie ou l’Italie fasciste, aux démocraties parlementaires en France et Grande-Bretagne (en particulier dans leurs colonies, mais pas exclusivement), Australie (avec les aborigènes), l’Afrique du Sud, ou aux États-Unis.
Ce discours pseudo scientifique sur la supériorité des races étaient tenus un peu partout, de façon universelle, en Europe depuis la fin du XIXe siècle.
En ces temps de nationalisme exhacerbé, ces popos là étaient donc plus répandus.
J’ai notamment eu en main des propos tenus par certains dirigeants socialistes français ou espagnols, sur la supériorité de leur nation, sur les sous peuples (évocant les catalans, les basques ou les occitans). Un siècle plus tard, tout cela n’a plus aucun sens, mais à l’époque c’était des idées largement partagées.

Plus récemment, j’ai le souvenir d’avoir protesté lorsque j’étais étudiant en criminologie contre les enseignements d’un grand criminologue français, qui en 1984 servait encore de référence, et déterminait le profil des criminels par l’examen de leurs caractéristiques physiques, notamment par la configuration du visage, du nez, de la bouche, des yeux et des sourcils, de la machoire, l’épaisseur des lèvres , de la distance entre les yeux, ou entre le nez, et le bas du visage. Ça fait froid dans le dos, mais ces considérations ont encore cours chez certains spécialistes. Ce qui permet encore à certains de dire “celui là, il a une bonne tête de criminel”.
Nul n’ignore aujourd’hui qu’il y a nombre de salopards à qui on donnerait le bon dieu sans confession, avec leur tête de gendre idéal, et d’autres qui sont systématiquement la cible de contrôles d’identité parce que l’épaisseur de leurs lèvres, leurs chevelure crépue ou leur couleur de la peau les rend suspect avant même qu’ils n’aient prononcé un mot.
J’ai alors refusé de passer l’épreuve de criminologie de ce grand criminologue, car je ne pouvais pas cautionner cette vision archaïque reposant sur l’éthno-morphologie, alors que d’autres considérations psycho-sociologique avaient probablement, dans l’état des connaissances des années 80, beaucoup plus de sens.

Ainsi présenter les travaux d’un étudiant en médecine de 25 ans, qui en 1933 décrivait l’état de la connaissance du moment, notamment des chercheurs italiens de renoms… par amalgame avec le résultat de la pensée de mai 68 me paraît hasardeux, et relever du procès d’intention.

Alors cher Bige, si tu parle le castillan, il ne te reste plus qu’à te taper les 200 pages de la thèse et vérifier tes sources, et peut être publier un rectificatif, ou du moins nuancer ton propos.

Parce que attribuer à une personne les propos qu’il cite d’une autre personne, pour les commenter, ça s’appelle un amalgame et un procès d’intention. CQFD.

140)
Phfred
, le 09.09.2006 à 09:42
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Tous les soixantehuitards attardés (et souvent prof) me font rigoler. 68 était une mini révolution orchestrée par des fils à papa qui devaient s’ennuyer ferme en fac. Le slogan d’alors : « il est interdit d’interdire ! » Ok. Mais quelle leçons pouvez-vous tirer aujourd’hui face à la violence scolaire et des banlieux. Un gamin jusqu’à ce qu’il soit devennu un homme (et il y a des gamins de 50 ans) doit être éduqué pour qu’il aprenne les limites à ne pas franchir. Les parents et l’éducation nationale ont complètement laissé tombé (merci 68), et résultat des tas de gamins d’aujourd’hui sont sans repère, sans borne, capable de lacerer la gueule de quelqu’un à coup de cutter pour un portable ou de crâmer une bagnole parce que c’est beau.

Il est interdit d’interdire, bel héritage en effet…

Mais je vous rassure, je ne voterai que blanc, ne me reconnaisant pas dans la classe politique actuelle.

Dans le doute, frappe encore !

141)
Smop
, le 09.09.2006 à 10:04
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Dans le doute, frappe encore !

Ah, voilà une bien belle signature, pleine de grâce et de douceur. Laisse-moi deviner : ne serais-tu pas fils de soixante-huitards toi par hasard ? Lâche pas le cutter, et cours vite camarade, le vieux monde est derrière toi ;-)


De Serendipity à Rapa Iti , en passant par SunWizard !

142)
-Pilou-
, le 09.09.2006 à 13:08
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Bonjour,

Je cite : « Tous les soixantehuitards attardés…..Mais je vous rassure, je ne voterai que blanc, ne me reconnaisant pas dans la classe politique actuelle. »

Je ne suis pas rassuré, moi qui souhaiterai que le vote blanc soit reconnu (et comptabilisé). Parce que, en lisant ton post, je m’imaginais, pourtant, ta vision de la représentation française. Et je m’étais, rapidemment, fait à l’idée que tu avais le choix.
Soit tu t’es trompé d’époque, ou resté dans celle-ci, soit je ne te comprends pas et tu m’en excuseras.

143)
alec6
, le 09.09.2006 à 16:23
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Loin de moi l’idée de faire l’apologie de 68 ou sa diathribe, néanmoins force est de constater que la situation, des pauvres, des classes moyennes ou des classes riches est sensiblement la même que l’on vive aujourd’hui en Espagne, aux US ou je ne sais où en Europe…

Les pauvres y sont plus nombreux et plus pauvres, les classes moyennes s’y portent de plus en plus mal (lire à ce propos le dernier opus de Courrier International sur les US…) et les riches de plus en plus riches et moins nombreux. Si les riches aujourd’hui sont plus nombreux sur la planète c’est avant tout la conséquence de la démographie d’une part et de l’accession de certains pays anciennement sous développés au statut de pays développés… ou presque d’autre part !
Et 68 dans tout ça ?
Du bon et du moins bon, des gosses de riches « qui se la pête » à St Germain, des smicars qui relèvent un peu la tête, des accords un peu plus sociaux, une classe moyenne émergeante, un ascenseur social en plein essor et une classe paysanne qui regarde sans bien comprendre et qui de toutes manières a TOTALEMENT disparue depuis !! ha et j’oubliais, une classe bourgeoise effrayée qui attend depuis sa revanche !

Aujourd’hui Sarko les exorte à faire de ce passé table rase.

En 1870, la classe bourgeoise qui avait pourtant vaincu dans le sang (20 000 fédérés morts contre une centaine en face) a attendu 1914 pour faire payer… et les manants ont payés leur Commune ! il n’est qu’à lire les listes sur les monuments aux morts de la « Grande Guerre » qui égayent nos places de villages, pour s’en convaincre !

Hardi petits ! on croit mourir pour la patrie, on crève pour la grande industrie !

Alexis… tous les défaut !

144)
iker
, le 09.09.2006 à 17:01
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Je viens de relire la thèse d’Allende, et me suis plongé dans mes souvenir d’étudiants, pour apporter quelques précisions au débat.

En effet, des expériences douteuses ont été menées partout, et y compris dans des pays d’Europe du nord, de tradition social démocrates, jusque dans les années soixante.
Aujourd’hui ces sociétés ont fait leur mea culpa, et sont à l’initiatives de nouvelles pratiques en matière d’éducation, de santé, de prévention ou encore de traitement de la question des crimes et délits,

Le chemin vers la démocratie est encore loin d’être achevé. Les déclarations d’intention humanistes, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ou The Bill of Rights… sont des péititions de principe, qui font certes avancer le débat, éclairent les esprits, mais ont du mal à se concrétiser dans les actes.

Je ne voudrais pas réouvrir une polémique, mais pour poursuivre avec le débat sur la manière de traiter la délinquance et la criminalité :
• la torture était encore la norme il y a quelques dizaines d’années… elle se pratique encore souvent dans certaines casernes de la Guardia civil espagnole, à quelques dizaines de kilomètres à peine de là où je vis.
• la peine de mort est loin d’être abolie dans le monde entier, à commencer par “le leader éclairé du monde libre” (tu noteras mon ironie).
• la privation de liberté, accompagnés de mauvais traitement, d’atteinte à la dignité, est un long héritage de la tradition issue de l’inquisition. Au départ, elle était conçue comme une alternative à la torture (ce qu’on appelait alors “la question »), au supplice du pal, au pilori, ou aux coups de fouets sur la place publique. La prison était alors considéré comme un progrès, ayant une vertu pédagogique.

Si on interrogeais aujourd’hui 99 % de l’opinion publique sur la question, de gauche comme de droite, post ou prè-soixante-huitards, il y a aurait un large consensus pour considérer que la prison est le meilleur moyen de punir les criminels. Pourtant, nul n’ignore la situation actuelle des prisons.
Depuis 1981, notamment, à délit égal, les peines d’incarcérations sont de plus en plus lourdes et de plus en plus nombreuses, contrairement à une idée largement répandue.
Pour autant, l’opinion a-t-elle le sentiment de vivre en plus grande sécurité ? la réponse était aussi dans le premier tour des élections présidentielles de 2002.

C’est vrai que quelques affaires récentes qui ont deffrayées la chronique, ont ébranlé un instant les certitudes en matière d’incarcération.
Toutefois la pensée dominante, animée par l’esprit de vengeance, n’a cure de toutes les informations concernant le fait que la prison est la première école du crime, que la privation de liberté des auteurs n’est que piètre consolation pour les victimes, que les victimes elles mêmes n’obtiennent que marginalement réparation des atteintes dont ils ont souffert.
Je ne parle pas là des crimes et des violences les plus sordides, qui ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Et qui nécessitent de neutraliser leur auteurs pour préserver de nouvelles victimes.

Je parle de ses petits délits de la vie quotidienne, ces incivilités qui tournent mal et qui, si elles étaient traitées en amont empêcheraient aux gamins en déshérences d’allait récupérer sur les bancs des prisons les qualifications et les diplomes moins honorables que ceux que l’école et l’université n’auront pas su leur donner.

Que par ailleurs le monde carcéral est un monde de non droit, où les représentants de l’institution pénitentiaire ne sont pas tous animé par l’esprit d’éduquer et de réformer [je reste prudent, c’est un euphémisme], mais que nombre d’entre eux se laissent aller à de petits traffics, à des actes de violence caractérisée : depuis des décennies, le cinéma et la télévision nous ont témoigné à travers des séries comme OZ, ou Prison Break, et des films comme Brubaker à quel point l’univers carcéral peut être violent, et tout sauf réparateur. Fiction pure ?
Peu importe donc qu’il soit de notoriété publique que la prison avilisse et détruise non seulement les détenus, mais aussi leurs familles, mais encore les personnels de l’administration pénitentiaire et leur famille aussi ?
Peu importe qu’un mois d’incarcération pour un seul détenu coûte à la société 22 000 euros par mois (soit 148 000 francs) quand dans le même temps on retire les éducateurs, les animateurs socio-culturels, les conseillères en économie sociale et familiale, les juges et les policiers de proximités des quartiers, au plus près des problèmes, là où ils pourraient traiter non un individu, mais en accompagner des dizaines.

Eh bien, si nous reprenions notre conversation dans une quarantaine d’année, sur le sujet, combien pourrons dire que les journalistes, les médecins et les criminologues, les responsables politiques d’aujourd’hui auront eu un regard avisé sur ces questions là ?
Sur la mise en place et le suivi d’alternatives à l’incarcération, sur la nécessité de la réparation de la faute, sur la prévention des incivilités, mais aussi sur des écoles à taille humaine où les enfants ne sont pas des éléments de statistiques, mais des citoyens en devenir à instruire, former et informer… en coopération avec des parents, qui doivent être les premiers éducateurs de leurs propres enfants. De ce point de vue là, la social-démocratie Suédoise ou Finlandaise ont beaucoup à nous apprendre.
Dans quarante ans, les débats sur l’insécurité d’aujourd’hui, nous paraîtrons tout aussi étrange, que nous paraissent honteux dès aujourd’hui, les travaux forcés dans les bagnes il y a encore 80 ans, les pratiques de la torture en Algérie il y a 50 ans, de la peine de mort il y a encore à peine 25 ans, ou ces pratiques largement encore répandues dans l’Amérique en ce début de XXIe siècle.
Mais je m’égare là. ;-)

146)
iker
, le 09.09.2006 à 19:16
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Je suis basque Alexis. Je n’ai peur de rien ;-)

Et gramscien de surcroît. Ça ne te rappelle rien Antonio Gramsci ? le fondateur du parti communiste italien, qui a passé les treize dernières années de sa vie dans les prisons de Mussolini.
Dans ses carnets de prison, il empruntait sa citation la plus célèbre à Romain Rolland, en définissant le rôle de l’intellectuel engagé comme devant allier “le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté”

147)
iker
, le 09.09.2006 à 19:18
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Pour Anne, François et tout ceux qui s’inquiètent au travers du débat sur Sarkozy et 68, de l’absence supposée d’alternative.

Qu’il y a ait des candidats de droite qui usent de démagogie sur la question de l’insécurité, ça ne m’étonne guère, c’est leur fond de commerce. Ça évite d’avoir à traiter de l’insécurité sociale, de la précarisation de la vie quotidienne, de l’incertitude que nos mômes pourraient avoir une vie plus difficile que la notre, que le fait de se loger, d’être libre de se déplacer, d’accéder au savoir dans de bonnes conditions, pourrait être plus difficile demain que ce n’était hier.
Que la candidate de gauche portée au nues par le pouvoir combinée des médias et des sondages dont on connait, l’un comme l’autre les intérêts impartiaux et la neutralité ;-) (faut-il que je rappelle l’intoxication de 2002 sur l’insécurité, à qui appartiennent les chaînes de télévision et les grands médias), en vienne à recommander d’envoyer des gamins en difficultés dans des centres à encadrement militaires, quand on sait que ça a existé pendant 17 ans, de 1987 à 2003, que cela coûtait 450 € par jour (2 951 francs français, 1 147 francs suisse) soit environ 90 000 francs par mois, avec un taux de récidive de 70 %. Je n’ai plus aucun doute que l’esprit de 68 n’est pas seulement méprisé par Sarkozy.

••••••••••••
Alors c’est vrai qu’il y a une sorte de formatage marketing des deux principaux candidats, et qu’on n’assiste à une forme de débat confisqué par Nicolas et Pimprenelle, avec pour seule optique de nous faire adhérer à un message simplifié : « bonne nuit les petits…  » le marchand de sable est passé.
Et nous nous réveillerons au mois d’avril avec un nouveau mauvais rêve, dans lequel ce ne sera pas nounours qui tiendrait le premier rôle.
C’est en tout cas l’un des scenarii possibles, si les militants socialistes, dans un premier temps, et l’opinion publique, quelques mois après, se laissait abuser par les choix imposés d’avances par le microcosme parisien.

••••••••••••
Pour autant, je ne peux souscrire sans rien dire aux propos tenus ici ou là que la droite et la gauche seraient la même chose. Et que nous aurions la gauche la plus bête du monde.

Certes, la manière dont les médias, toujours à l’affut de la petite vacherie entre bon camarades, quand il ne revienne pas à la charge plusieurs fois de suite pour obtenir leur petite pincée acide, peut nous laisser à penser que tout cela n’est qu’une rivalité d’égo, et qu’il n’y aurait aucun contenu derrière.

La réalité n’est pourtant pas aussi simpliste que ce que par conformisme, la pensée dominante des grands médias cherche à nous faire croire.

Je ne voudrais citer qu’un exemple. À l’université d’été du PS à la Rochelle, la quasi totalité de mes confrères ne sont venus que pour assister à la mise sur le grill des principaux prétendants par le mouvement des jeunes socialistes.

Quelles images en ont été retenues : Une ou deux phrases assassines de Fabius, souvent drôles d’ailleurs parce qu’au fond assez justes pour une fois, quelques secondes de la colère ou des larmes de Jospin dans la première amorce d’esquisse d’explication de sa défaite de 2002. Et parfois, quelques instants fugace du meeting très punchy de Dominique Strauss Khan, largement boudé par les grands médias.

On aura retenu aussi l’omniprésence médiatique de Ségolène Royale, avec les présidents de région ou entourée de la nuée des photographes et des cameramen, sans s’attarder sur l’absence de la principale candidate qui a préférée ne pas se soumettre aux légitimes interrogations des jeunes militants, sachant bien que parler, s’expliquer en détail et prendre position, s’est s’exposer à la critique et aux désaccords, et donc perdre de sa superbe, écorner son image, et commencer à descendre dans les sondages.

De son expérience comme conseillère de François Mitterrand, elle n’aura retenue, tout comme Laurent Fabius, que le sens du marketing et une forme modernisé de mélange de cynisme et d’opportunisme.

Pourra-t-elle se placer définitivement au dessus de ses rivaux, en se dérobant à la confrontation des idées avec ses challengers socialistes, puis au débat avec le candidat de droite lui aussi préféré des médias ?

Qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra mener des discussions au plus haut niveau européen, lorsqu’il faudra renégocier pour un nouveau traité, plus simple, plus lisible, plus porteur de sens pour la communauté des citoyens d’Europe ?
Comment prétendra-t-elle pouvoir se faire entendre d’un Georges Bush ou d’un Poutine, d’un Ehoud Olmert ou d’un Ahmadinejad sur le dossier du nucléaire iranien, après sa dérobade devant les jeunes de son propre parti ?

••••••••••••
Alors oui, François, présenté ainsi cela pourrait laisser à penser que la gauche française serait devenue la plus bête du monde, pourtant je voudrais apporter un petit témoignage personnel, de ce que j’ai pu observer de l’Université d’été du PS à La Rochelle, en prenant largement le temps de discuter avec les militants de ce parti, que je connais bien pour l’avoir cotoyé, voire m’y être confronté, dans de nombreux combats, associatifs, syndicats et politiques, depuis l’adolescence, en étant engagé ailleurs.

Dans les années 70-90, chaque fois que je croisais des militants socialistes, j’avais l’impression d’avoir affaire à un rassemblement à la fois de représentants de la fonction publique et du monde socio-éducatif, d’origine essentiellement européenne, dans la force de l’âge. Des héritiers du parti radical et de Jules Ferry, en quelque sorte.
L’université d’été du PS de cette année m’est apparu fort différente de ce souvenir.

D’abord par la mixité des générations : de 17 ans, et toutes leurs dents à 85 ans, et toujours l’esprit vif, et les convictions chevillées au corps. Les moins de quarante ans y jouaient un rôle à la fois très actif et très visible, et les jeunes de vingt-cinq ans n’étaient visiblement pas là pour faire de la figuration, mais pour faire bouger la société, s’attaquer aux inégalités, évaluer avec esprit critique et sans complaisance, les héritages de Mitterrand et de Jospin. Ce qui a pu être réformé, et ce qui a été oublié sur le bord de la route.

Ensuite par le métissage : notamment chez les moins de quarante ans justement, des militants de toutes les origines, culturelles, ethniques, religieuses.

Enfin par la diversité sociale, parti d’origine ouvrière et d’employé certes, devenu aussi un parti des classes moyennes mais aussi parti de créateurs, d’entrepreneurs sociaux, culturels, associatifs ou économiques, représentative d’un pays qui bosse, qui investit, qui innove, et non pas qui pleure sa nostalgie d’un paradis perdu ressemblant à s’y méprendre au pensionnat de Chavanne de M6.

Voila pour une première impression générale.

••••••••••••
En dehors des grands débats dont les médias n’ont esquissé qu’en quelques secondes ou quelques lignes à peine les traits les plus caricaturaux, j’ai assisté aux ateliers et forums qui pendant deux ou trois heures permettaient à quelques uns des meilleurs spécialistes français ou étrangers, de toute provenance et de tout bord, de discuter des propositions socialistes sur des dizaines de questions.

Pour être concret, il y avait six à dix ateliers thématique de trois heures par demi journée, réunissant chacun deux à trois cent personnes, se réunissant simultanément. Environ 1 500 à 2 000 personnes travaillaient dans ces ateliers qui parlaient d’éducation, de santé, de logement, d’environnement, d’écologie, de développement durable, de laïcité, de droits de l’homme, de technologie, de développement économique, d’emploi, de contrat de travail, de sécurité sociale, de droits des femmes, de l’aide au développement, de culture, du proche orient, d’égalité des droits, d’Europe, d’altermondialisme, d’énergie, de transports, d’urbanisme et d’architecture… qu’en est-il ressorti dans les grands média ? pas un mot !

Plus de 240 heures de débats interactifs, entre les acteurs les plus dynamiques de la société, et les militants de base d’un grand parti. Sans compter les centaines de rencontres croisées, interindividuelles, de partage d’expérience, de confrontation de convictions, dans les couloirs de l’Encan, les rues et les bistrots de la Rochelle.

Que reste-t-il de tout celà trente à soixante misérables petites secondes dans la lucarne ou sur les ondes ?

Pourquoi ? parce que la plupart des journalistes n’étaient intéressés que par l’écume, assister au débat des présidentiables ? pourquoi en faire ? seulement quelques lignes, seulement quelques secondes, seulement quelques images.

J’ai participé à de nombreux ateliers, sur l’éducation par exemple, avec Philippe Meirieu, considéré en France comme l’un des grands pédagogues, et les leaders de la ligue de l’enseignement, ainsi que des trois principaux syndicats de l’enseignement. Qu’en est-il ressorti dans les médias ? pas une ligne. Dommage d’ailleurs, parce que Philippe Meirieu a présenté une proposition originale sur la réforme de la sectorisation scolaire (appelée à tort la carte scolaire, qui n’est en fait que la gestion des ressources et des compétences, interne à l’éducation nationale). Dommage que Ségolène ou les médias n’ait pas participé à ce forum. Ça nous aurait probablement évité cette semaine une polémique laissant à penser qu’il n’y aurait de choix qu’entre le renoncement et le statut quo.

Je pourrais prendre d’autres exemples sur le contrat de travail, ou les secrétaire généraux adjoints de la CGT de Force Ouvrière, ou de l’Union nationale des syndicats autonomes, trois des quatre plus importantes centrales syndicales, pouvaient librement échanger et se confronter avec le Vice-Président du Medef, le syndicat patronal, sur l’évolution du contrat de travail, la sécurisation des parcours professionnels.

Pendant ce temps que faisaient la plupart des grandes signatures de la presse et de la télévision, ils étaient bien à la Rochelle, sagement assis dans l’assemblée plénière des jeunes socialistes, courant ou sautillant littéralement derrière les candidats à la candidature, au milieu de la noria de photographes ou de cameramen, pour solliciter et parfois obtenir la petite phrase du jour, pour ensuite s’en aller se retrouver entre eux, dans les grands hôtels ou restaurants de la ville, pour deviser avec condescendance et ironiser sur l’absence de débat et de proposition des socialistes, spéculer sur les pseudo-informations obtenues par la bande sur les intentions de tel ou tel candidat, les ralliements, les propos des porte-flingues des uns et des autres.

Rédigeant tous le même papier, commentant le même propos, oubliant tout ce qui se passait autour, non pas dans les coulisses du parti, mais dans ses lieux d’expression, d’échange et de débat.

Un dirigeant éminent de la droite des années 80, ex-favori des sondages et des médias, devenu le grand absent d’un second tour de la présidentielle de 88, après avoir été donné vainqueur de l’élection par tous les grands instituts de sondages et les grands médias, avait qualifié tout cela de microcosme. Il parlait d’or, le grand argentier de VGE. Il était bien placé pour savoir qu’au bûcher des vanités on finit par se brûler…

••••••••••••
Pendant ce temps donc, partout autour d’eux, des milliers de militants, issus du monde associatif, syndical, élus locaux, animaient des ateliers, ou participaient à des forums de réflexion sur les grandes questions du moment, et qu’à deux pas, Dominique Strauss Kahn, galvanisait sept à huit cent de ses partisans, dans la bien nommée salle de l’Oratoire, bourrée à craquer, et prouvait ses qualités à la fois de tribun et d’homme d’État, à l’argumentaire charpenté, aux convictions de social-démocrate radical (au sens étymologique), de réformateur n’éludant pas les questions qui fâchent, les erreurs qui avaient conduit aux défaites de 86, 93 et 2002, aux antipodes de l’image de social-libéral dont l’affublent ceux qui se proclament à la gauche du PS, voire à la gauche de la gauche, et qui chaque fois qu’ils arrivent au pouvoir, fascinés par les spotlight et le poids des responsabilités que les lambris de la république et les dorures de l’assemblée nationale ont tôt fait de leur rappeler, et conscients des limites de leur propre radicalisme, se sont chaque fois contenté de gérer les affaires courantes.

L’homme n’est donc pas un socialiste de la réthorique, dans la lignée des Jules Guesde ou Auguste Blanqui, ou des Guy Mollet, radicaux dans le discours, et impuissants lorsqu’il s’agit de passer à l’acte.
Il est un homme dans la lignée des vrais réformateurs, adepte du “parler vrai”, “dire ce que l’on fait, et faire ce que l’on dit”, qui de Jaurès à Blum, de Mendès-France à Rocard, ont marqué l’histoire des réformes et des grands combats dans ce pays.

Plus accessible et convivial, plus détendu et moins crispé que ne l’était Lionel Jospin (dont on reconnaîtra un jour les mérites, mais qui n’apparaît pas ces temps ci sous son meilleur jour), il aborde sans complaisance les questions embarrassantes, qu’il s’agisse de ses engagement de jeunesse, des raisons pour laquelle la gauche n’a pas su conserver le pouvoir, du hiatus avec les milieux les plus populaires qui n’ont pas bénéficié des effets des politiques de gauche autant qu’il auraient du, mais aussi sur les questions de société comme l’égalité des droits, la question de l’intégration, ou de la retraite.

Bien au fait des problèmes sociaux, d’éducation, de santé, d’emploi et de logement, d’urbanisme et d’intégration que rencontrent les plus démunis dans ce pays, parce qu’à la tête de l’agglomération la plus pauvre de l’hexagone autour de Sarcelles, il est mieux placé que beaucoup pour comprendre les difficultés de la vie quotidienne des habitants de ce pays, qui commencent par les difficultés économiques.
Il se trouve que l’économie, c’est justement son métier, pas seulement comme universitaire.

Sa connaissance à la fois des problèmes macro-économiques (les trois années passées au ministère des finances ont été aussi celles où ont été créés 2,5 millions d’emploi ce qui ne s’était pas vu depuis le début des années soixante), et du terrain au travers de sa capacité de dialogue à la fois avec ceux qui créent de la richesse, les chercheurs, les entrepreneurs, et avec ceux qui la produisent, à travers les syndicats, lui permettent de dire aux uns et aux autres quels sont les marges de manœuvre, pour que chacun puisse bénéficier des fruits de la richesse.

Son expérience des grandes négociations internationales, son réseau de relations dans l’Union Européenne, en font un interlocuteur redoutable mais respecté pour les grands chantiers à (ré)ouvrir après la désastreuse présidence de Jacques Chirac.
À commencer par la rédaction d’un traité constitutionnel qui ait du souffle, mais aussi qui soit lisible par tous, pour pouvoir être porté et partagé par tous les citoyens de ce continent, défendant d’avantage un système de valeurs communes, que faisant le catalogue des politiques d’applications.

••••••••••••
Bref, vous l’aurez compris, je ne crois pas un seul instant que nous soyons enfermé dans un face à face entre les deux candidats annoncés par le microcosme.

Il y a même des fois où je suis rassuré que le cinquième pouvoir, celui des médias, se soit systématiquement plantés depuis 1965, mais surtout depuis 1980, dans la facilité des solutions imposées qui se sont toute avérées comme des impasses.

Autre élément rassurant, il est assez communément répandu de fustiger le rôle des partis politiques, leur archaïsme, leur absence de projet. Cette condescendance m’agace un peu.
Il est vrai que le nombre des adhérents des partis politiques (ou des syndicats) en France, s’explique sans doute par l’émiettement (je devrais dire même par l’héritage gaulois des tribus), qui font que les corps intermédiaires ont moins de légitimité en France que dans la plupart des pays voisins.

Mais lorsque je lis la plupart des commentaires dans les forums qui suivent les articles de journaux traitant de l’élection, sur le retour, plus ou moins fantasmé de Jospin par exemple… je me dis qu’heureusement que nous ne sommes pas en système de démocratie directe, où seuls deviennent audible que les grandes gueules (appelés dans la netosphère les trolls) et les approximations (les hoax), et où les hommes d’État sont traités avec le plus grands des mépris.

Nous sommes dans un système de démocratie représentative, où les partis politiques jouent un rôle majeur. Les socialistes, comme les verts, les communistes… ont élaborés un projet de façon collective, et l’ont adopté avec une forte participation.

Il y a donc un projet socialiste, il est détaillé, et pour une fois lisible par tous. De ce point de vue là, les socialistes français ont fait du progrès.
Certains le trouvent trop marxiste, d’autre pas assez, d’autres trop libéral ou pas assez, certains trop écolo, d’autre pas assez… bref c’est un texte de compromis ;-)

J’oserais une comparaison, ce projet est une sorte de partition, et le parti socialiste un grand orchestre coopératif, fonctionnant sur le principe un homme une voix, ça marche aussi au féminin. ;-)

Présenté comme ça, j’en connais qui ironisent, préfèrant répeter dans leur garage et qui n’iront jamais interpréter leur partition devant un quelconque public, où le jour du grand concert, seront sur des scènes confidentielles pour un public réservé, mais privé de participation au spectacle principal.

J’en connais d’autres qui croient que la musique c’est le chef d’orchestre qui pense que gouverner c’est mener ses troupes, et le pays à la baguette.

Pour ce qui concernent les socialistes, les instrumentistes sont justes en train de s’installer dans la fosse.

À l’état actuel, nous en sommes encore à l’état de la répétition, les voix s’échauffent, chacun accorde son instrument, et tout cela ressemble un peu à une cacophonie.

Une partition que chacun peut interpréter en lui donnant une sensibilité plus rock, plus classique, plus martiale, plus funky, ou plus spartiate c’est selon.
Les militants socialistes forment en quelque sorte le gros de l’orchestre, qui nous dira rapidement s’il a aimé ou non la tonalité, la justesse, l’authenticité de l’interprétation des uns et des autres.

Si la diva de sondages décide d’aller jouer sa partition ailleurs, sur les plateaux de télévision plutôt que de jouer aux côtés des autres grands solistes de l’orchestre, il est possible que la formation l’invite à rejoindre sa loge plus vite qu’on ne l’aurait cru. Une diva sans son bouquet de rose, à qui il ne resterait plus que les épines.

Et même si le chef a un petit faible pour la soliste, il ne pourra pas grand chose face à la bronca qui pourrait les emporter tous les deux, s’il continuait à lui permettre les extravagances et les impromptus qu’il refuse aux autres.

Dans deux mois, cet orchestre coopératif sera parfaitement rodé, et va désigner celui des solistes qui sera amené à donner son impulsion à l’ensemble, et à diriger le concert.

•••••••••
Voila rapidement [pas tant que ça, j’en suis conscient ;-)] quelques ressentis de ce qui est en train de se passer dans la gauche de gouvernement.
Nous pourrons disserter une autre fois sur ce que les gauches alternatives nous réservent.

Mais je concluerais, une fois n’est pas coutume, par une citation de l’auteur du “Coup d’État permanent”, et de “l’abeille et l’architecte” : “il faut laisser le temps au temps”.

148)
Anne Cuneo
, le 09.09.2006 à 20:58
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Pour autant, je ne peux souscrire sans rien dire aux propos tenus ici ou là que la droite et la gauche seraient la même chose.

J’ai une ami, quand on lui dit ça, il répond: il n’y a qu’à voir la différence entre l’Espagne de Franco et celle de maintenant, entre le Chili de Pinochet et celui de maintenant. Droite et gauche ne sont pas la même chose. La gauche n’est pas la panacée, et en ce moment elle est un peu paumée et à la recherche de repère, mais j’en ai parfois un peu marre d’entendre le coeur des commentateurs dire qu’elle est bête.
Et j’ajouterai, bien que je ne sois en rien une admiratrice de la politique américaine quel que soit celui qui la fait, il n’y a qu’à voir la différence entre Clinton et Bush. Entre Bush et Gore ou Kerry. J’ai mes réserves sur les démocrates que j’aligne ici, mais enfin, les différences existent, pour qui veut les voir.
Je trouve que tes interventions, Iker, élargissent le débat et l’élèvent à un niveau qui me dépasse, mais que j’adore. ;-)

Anne

149)
iker
, le 09.09.2006 à 22:20
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1) je ne t’avais pas bien entendu parler des gens Bige. Mais je suis prêt à discuter du boulot que je fais sur le terrain, dans mon quartier, dans la maison de la vie citoyenne que j’ai animé pendant quatre ans, avec le soutien scolaire, l’alphabétisation, le lieu rencontre et accompagnement pour les rmistes pour se remettre dans une dynamique autour des question comme “se loger“, “pouvoir accéder à la santé“, continuer à accéder à la culture ou aux loisirs. Nous pourrions aussi parler de l’accompagnement des chômeurs de longue durée. Sans compter la trentaine d’activités pour les gamins, les adultes, les seniors, le lien intergénérationnel, le cybercafé associatif, j’en passe et des meilleurs. 1 500 adhérents, 7 500 usagers, trente cinq associations dans tous les domaines de la vie sociale, et une moyenne de douze à quinze heures par jour passés pendant quatre longues années sans prendre quasiment ni congés ni week end, me donnent beaucoup de matière à raconter sur la vie des gens si tu veux camarade.

2) je ne suis pas socialiste français.

Pour tout dire associer socialiste avec une quelconque nationalité, a comme un parfum de paradoxe.

Je suis citoyen du monde, d’origine occitane, de langue maternelle et de culture française, disposant d’un passeport européen, et de nationalité basque.

Autrement dit, c’est en temps que militant basque que je me suis le plus engagé ces vingt-cinq dernières années. Et que les socialistes français et espagnols, particulièrement du temps de Laurent Fabius et Felipe Gonzalez, ont employé des moyens parmi les plus détestables, pour faire taire les gens qui défendaient les mêmes idées que moi… des moyens qui ressemblaient étrangement à ceux de ton grand tonton en Algérie puisque tu me tends la perche [mais nul n’est responsable de la faute de ses pères, encore moins de ses grands oncles].

3) Pour autant, j’ai vu autour de moi, le 21 avril 2002, des milliers de gens profondément malheureux d’avoir au second tour à choisir entre un président corrompu, et un facho détourneur d’héritage. J’ai participé à un rassemblement ou pour la première fois depuis 21 ans, des gens de toutes tendances, basques ou français, européens ou africains, du nord ou de l’ouest, asiatiques ou océaniens, manifester ensemble pour que ça ne se reproduise plus jamais

4) j’ai vu de nombreux de mes amis et camarades abertzale de gauche (qui se traduirait plutôt par patriotes), dont certains sont partisans du département, d’autres sont des autonomistes, d’autres encore plus radicaux, partisans de l’indépendance, devoir voter la mort dans l’âme pour le moins dangereux des deux.

Alors que pour la plupart, ils n’avaient pas l’intention de voter pour le candidat de gauche au second tour, s’il avait été présent, parce que chaque fois que la gauche française est au pouvoir, elle n’a jamais tenu ses engagements concernant le pays basque.

Si, comme en Espagne, le vote blanc était comptablisé, cela aurait peut être permi de créer les conditions pour que ni l’un ni l’autre ne puisse être élu.

Eh bien tu sais quoi Bige… je n’aimerais pas qu’au second tour de la présidentielle de 2007, ils n’aient à nouveau que le choix entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen.

Car d’un choix pareil, j’en connais plus d’un qui ne s’en remettrait pas.

D’abord parce que je redoute plus que quiconque les formes que pourraient prendre alors le débat politique dans les cinq années qui suivraient, les atteintes aux libertés, et la nature de la riposte, l’émergences de réponses violentes nous faisant replonger 25 ans en arrière, avec tout le poids qu’a pu avoir pour mes proches, les 1 600 kilomètres hebdomadaires pour aller voir un frère, un fils, un mari ou un père en prison.
Tu voulais de l’humain, tu en as.

Pour rien au monde, je ne voudrais pas que mes camarades Xabi ou Teresa, ni mon ami Radouane de Carcasonne, ni mon pote Pascuale de l’ïle-Rousse en Corse, ni ma copine Sarah de Sarcelles, ni Kofi de saint Coulitz en Bretagne, ni tous les gamins dont je me suis occupé pendant ces quelques années et qui, pour la première fois vont devoir voter l’année prochaine aient à nouveau à choisir entre la peste et le choléra.

Alors puisque nous sommes dans un pays démocratique, et que ce qui se passe à Paris impacte directement ce qui se passe à Bayonne, Ajaccio, Colioure, Toulouse, Guingamp ou Mulhouse, et peut être aussi à Niamey, Tuvalu ou la Nouvelle Orléans… j’ai fait le choix de consacrer les prochains mois à raconter les candidats qui offrent véritablement une alternative, puisque pour l’instant, les grands médias consacrent la majeure partie de leurs colonnes à nous faire prendre des baudruches pour des lanternes éclairant le monde. ;-)

150)
iker
, le 09.09.2006 à 22:51
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C’est reposant d’avoir des réponses sympa, ça me permet de faire des réponses plus courtes.

C’est fou ce qu’un dialogue bien argumenté peut à la fois irriter et calmer les plus irréductibles ;-)

Peut être que si j’étais né vingt ans plus tôt, j’aurais aussi convaincu grand tonton de pratiquer autrement ? J’ai en tête le témoignage d’une victime de la torture, non pas au Chili, mais en Argentine… je ne sais pas si je peux raconter l’histoire ?

151)
Okazou
, le 10.09.2006 à 02:15
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Désolé, Anne, je vais encore rabaisser le débat au niveau du sol, dans la glèbe. Là où je pose solidement mes pieds.

•••

Eh bien, iker, tu n’es pas du tout convaincant (mais alors pas du tout !) lorsque tu nous dis que ton champion, Dominique Strauss-Kahn va remanier le texte de projet constitutionnel pour l’Europe. Tu es plus à l’aise sur les questions franco-française, ce qui manque furieusement d’intérêt. Tu la vois comment, l’Europe ? Un grand supermarché bondé d’abrutis brandissant leur carte bleue, obéissants et fermant leur gueule, subisssant ce qu’on leur dit de subir après qu’on eût passé leurs droits, acquis si chèrement, à la moulinette libérale, une Europe de petits Mickeys ?

Les Français n’ont pas oublié que D.S-K (comme Jospin – signataire avec Chirac du Traité de Nice – et Sarkolène) est un libéral déclaré et qu’il était le champion absolu des dîners en ville avec les banquiers (il attendait tout de même qu’on ait voté avant d’aller dîner !). Il a un passé qui est dans nos mémoires. Les Français qui ont voté majoritairement NON (large majorité des électeurs PS, large majorité PC, large majorité des Verts et très probablement majorité des militants PS) ont encore moins oublié que ledit D.S-K s’est engagé très volontairement pour le OUI à ce texte ultralibéral et nous ne l’avons pas vraiment entendu combattre le traitement scandaleusement anti-démocratique, la saloperie ineffaçable de ce référendum, que subissaient les partisans du NON. Rappel : 30% d’intervention mentionnées dans les medias pour le NON et 70% pour le OUI. Je suppose que, toi aussi, ça t’en touchait une sans faire bouger l’autre.

Alors, voter pour un type qui, rappelons-le tout de même, était le ministre choisi par Jospin (celui qui s’est justement fait botter le derche) pour mener la politique économique réformiste que l’on sait (cause du bottage de cul), voter pour ce libéral-plus-que-social, c’est demander l’impossible. Tu entends bien ? Il peut, et ses semblables avec lui, aller se faire voir chez les Grecs. Si tu vois ce que je veux dire…

Le seul candidat du PS pour lequel je glisserais mon bulletin dans l’urne de la République, c’est Fabius (côté expérience, il n’a rien à apprendre de D.S-K) qui, lui, appelait à voter NON contre cette saloperie de texte ultralibéral liberticide qui plaît tant aux affairistes et auquel ton champion est si attaché. Pourtant, Dieu sait que je n’ai aucune sympathie pour Fabius qui, rappelons-le clairement, fut celui qui, une fois Maurois viré après trois années de gauche respectable, s’attacha à emboîter son pas dans celui de Barre – le Thatcher au petit pied – qui introduisit le libéralisme dans notre pays sous Giscard.

Montebourg semble l’avenir du PS mais il est écarté et marche pour Sarkolène. Dommage.

Mais explique-moi donc comment vous arrivez, au PS, à nier de manière si hautaine, si méprisante, si arrogante, si scandaleuse la voix que le peuple a exprimée quand elle n’est pas favorable aux thèses affligeantes de vos élites ?
Et explique-moi aussi comment D.S-K pourrait faire un si grand écart en reniant si facilement son OUI pour un NON, en abandonnant ses convictions d’hier sans se déchirer le bas-ventre. Paris vaut bien une messe ? C’est ça, les convictions politiques de D.S-K ?

Petit joueur, petite main. Tous les pontes du PS qui ont fait campagne pour le OUI et qui se sont vus rejetés si nettement par leurs propres électeurs auraient dû, s’il leur était resté deux sous de cohérence, de sentiment de justice, d’honneur et de principes démocratiques, démissionner et céder la place à ceux qui, au PS, défendaient le NON.
Nous sommes nombreux à espérer du PS un éclaircissement net et franc (pas faux derche) sur ses nouvelles positions au sujet du texte constitutionnel. Mais y-a-t il de nouvelles positions chez les partisans PS du OUI ou bien vont-ils la jouer faux-cul longtemps encore ?

Joli panier de crabes. Il n’y aura pas de cadeaux pour les cloportes.


« Privatiser les profits, socialiser les pertes. » Morale libérale.

152)
rei_vilo
, le 10.09.2006 à 09:45
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Au delà des questions d’opinion libre et d’approximations factuelles, se pose la question de la nautre du site http://www.cuk.ch.

Que vient faire cet article de politique / philosophie / sociologie dans un site que j’ai référencé comme spécialisé en Apple / Mac ?

Je déréfence donc le site http://www.cuk.ch comme site informatique.

153)
iker
, le 10.09.2006 à 10:53
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Rei_vilo
C’est peut être que ce site n’est pas “exclusivement“ un site pouvant être référencé comme spécialiste en Apple et en Mac.

On y parles aussi des premiers pas de Juliette, des chaussettes pour pneu dans l’hiver des montagnes suisses, de la manière de naviguer avec un tom tom, d’alternance non politique, entre Nikon et Canon, de la perte d’un être aimé, de l’alternative entre la bicyclette et le 4×4, de l’évolution du cours de la bourse et des résultats financiers d’Apple… et de mille et une chose qui font notre vie quotidienne.
Car peut être au fond, et plus encore à l’heure de la globalisation, la vie n’est pas faite que de choses séparées et étanches ;-)

154)
iker
, le 10.09.2006 à 10:57
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Chère Anne, merci de tes encouragements ;-) il faut dire que tu avais magistralement introduit le sujet, et que devant la virulence de certaines réactions, il faut parfois sortir de son silence ;-)

155)
alec6
, le 10.09.2006 à 11:00
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Rei-Vilo ! « Sans le loisir de blâmer, point d »éloges flâteurs », sans la liberté de penser et d’expression, point de démocratie !
Relis ce qui a été dit plus haut par François entre autres, mais surtout ne lis pas l’humeur « Al Gore, son PowerBook, sa vie et son film: An Inconvenient Truth » ou encore « Impressions de l’Île d’Her » pour ne citer que les plus récentes, tu seras déçu de Cuk.ch ! Evites aussi les « Mic-Mac » de Caplans très mal pensants et ne traîne pas sur le forum où l’on parle même de cuisine, de Zidane ou de voiture hybride !
A mon avis, reste sur MacBidouille ou Macgénération, ils ont toutes les qualités requises pour te satisfaire.

Tu n’as rien compris !

Alexis… tous les défaut !

156)
alec6
, le 10.09.2006 à 11:01
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Damned !
Iker a tiré plus vite que moi !
Sacré basque !

Alexis… tous les défaut !

157)
alec6
, le 10.09.2006 à 11:04
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O !

Pas d’accord avec toi. Et encore moins avec Fabius!

J’espère seulement que les électeurs dans ton genre seront peu nombreux, sinon nous aurons droit à un nouveau 2002 ! mais là, au second tour, je n’irai pas voter.

Alexis… tous les défaut !

158)
Anne Cuneo
, le 10.09.2006 à 12:03
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Que vient faire cet article de politique / philosophie / sociologie dans un site que j’ai référencé comme spécialisé en Apple / Mac ?
Je déréfence donc le site http://www.cuk.ch comme site informatique.

Moi, quand j’ai acheté mon premier ordinateur, un Mac, je remplaçais simplement ma machine à écrire par une autre, qui fatiguait moins le dos quand on tapait, et qui en plus permettait de corriger les textes automatiquement. Aujourd’hui, mon ordinateur me sert à faire des films, à retoucher et classer mes photos, à écouter de la musique, à communiquer avec des gens dont je n’aurais jamais connu l’existence autrement, à acheter des bouquins, à lire des journaux, etc. etc.. Ne découpons pas me monde en tranches de salami, voilà ma revendication.
Aussi je te propose, au contraire, de laisser cuk.ch référencé comme site informatique (je te signale que je n’ai JAMAIS eu un problème informatique que cuk.ch n’ait résolu pour moi ou aidé à résoudre, voir le forum Questions Mac).
Et puis tu ajoutes une référence “Général”, ou ce que tu voudras.
La discussion sur la forme que prendrait le site a eu lieu ici, en public, si je puis dire, et la décision a été prise me semble-il à une assez grande majorité que ce serait chouette de parler non seulement de Mac, mais aussi d’autre chose.
A mon avis, nous sommes un certain nombre à être très attachés à Cuk exactement pour cette raison.

Anne

159)
zitouna
, le 10.09.2006 à 12:08
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Merci Anne, merci François, bravo à tous ceux qui font l’effort d’écrire (sans faute d’orthographes! meilleure preuve de respect qu’il soit – je ne voudrait pas faire d’amalgame, mais il me semble que les « gôôôchistes bêêêllllants » font plus d’efforts dans ce sens que les irréductibles supo(t)s du kapital, parce qu’il faut en faire, des efforts pour écrire, se relire, corriger, se relire, corriger-…;-) dans ces colonnes.
Un grand merci (encore) à Anne pour le « Maître de Garamond » que j’ai dévoré il y a peu, je suis impatient de mettre la main sur un autre de tes ouvrages.
z (qui va aller faire son marché…)

160)
Smop
, le 10.09.2006 à 13:11
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Au delà des questions d’opinion libre et d’approximations factuelles, se pose la question de la nautre du site http://www.cuk.ch.

Que vient faire cet article de politique / philosophie / sociologie dans un site que j’ai référencé comme spécialisé en Apple / Mac ?

Il y a quelque temps, j’aurais fait la même remarque. J’ai connu Cuk comme étant un site technique Mac, et j’étais franchement agacé des airs de tribune politique qu’il prenait parfois. Tout le monde se souvient de la dérive anti-communiste primaire au sujet d’un article sur les tee-shirts marqués « CCCP »…

Avec le temps, je reconnais avoir eu tort. Pourquoi ?

D’abord parce que la qualité des contributions de bon nombre d’intervenants (Iker, Okazou, Alec6, ToTheEnd, Anne, etc.) est d’un très bon niveau, même si l’on n’est pas toujours d’accord.

Ensuite parce que la vie ne se limite pas à l’informatique. D’ailleurs, si l’on devait juger Cuk sur des critères éditoriaux strictement techniques, on trouverait bien mieux. Et puis rien n’oblige à lire les articles que l’on considère hors de ses centres d’intérêts.

Et enfin, tout webmaster ou même président d’association sait à quel point il est difficile de fidéliser ses membres participants. Cuk y est parvenu en développant un esprit propre au site, bien plus fédérateur qu’un simple recueil d’infos techniques. Cet esprit s’est justement construit grâce à une ligne éditoriale un peu plus généraliste. C’est une recette qui a fait ses preuves.

Cela dit, en relisant ton commentaire, surtout ton utilisation du terme « d’approximations factuelles« , tu pourrais laisser supposer un désaccord avec le fond du billet d’Anne, mais sans pour autant vouloir te joindre au débat, pourtant fort utile…


De Serendipity à Rapa Iti , en passant par SunWizard !

161)
Argos
, le 10.09.2006 à 17:41
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A l’attention de Rei_Vilo

Avec votre intervention, voici donc l’intrusion de la police de la pensée. Bon, j’ai passé une excellente journée, le repas était délicieux, le vin excellent – un saperavi, vous ne connaissez pas, mais c’est l’un des plus anciens cépages au monde, cultivé probablement depuis 7000 ans- et donc je vais tenter de demeurer d’une parfaite courtoisie. Le genre de rappel dont vous êtes l’auteur fleure bon son hypocrisie, celle-ci montrant le bout de son nez lorsque juste en passant vous évoquez les « approximations factuelles » (tiens, lesquelles, celles d’Iker ou de moi par exemple ?). Ce qui vous gêne, ce n’est pas que le forum ne se cantonne pas au Mac, mais qu’il aborde avec nombre d’interventions intéressantes, un sujet qui vous dérange. Si l’on évoquait les petites fleurs ou la pêche à la truite, vous ne seriez très probablement pas intervenu. Il semblerait que rappeler sans langue de bois quelques vérités puisse vous paraître malvenu. Moi, comme d’autres je crois ici, je m’en félicite.

Votre attitude, en apparence bien modeste, s’apparente à l’un des phénomènes les plus insupportables de ce début de XXème siècle. La volonté de décréter au nom d’un principe, d’une politique et aujourd’hui hélas sutrout au nom d’une religion, ce que chacun doit faire et penser. On en voit les dérives de plus en plus, il s’agit de les combattre. La génération 68, justement, s’est battue pour la liberté de décider par elle-même. Qu’elle ait ensuite été souvent prise à son propre pièege est un autre débat, trop lon bien sûr à mener ici.

Enfin, à propos de forums, je vous signale que celui de Chasseurs d’Images, référencié photo, aborde les sujets les plus divers, avec assez peu de préjugés.

Sur ce je vous quitte, France Musiques, que je capte à quatre mille kilomètres de la France grâce à internet et à mon Mac (là on est de nouveau dans le sujet, non ?) commence la diffusion de la quatrième de Mahler avec la Philharmonie de Berlin et Abado. Superbe.

Argos

162)
Franck_Pastor
, le 10.09.2006 à 20:20
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<j’ai déplacé mon message, je m’étais trompé de fil :-)>

163)
alec6
, le 10.09.2006 à 20:40
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Franck, si tu voyais l’état des plateaux et des pignons, tu ne dirais pas la même chose car le plateau central et les pignons dans son prolongement sont usés à un point que grimper Menilmontant devient un calvaire avec des coups de pédale dans le vide (et les conséquences que tu connais sur le périné) ne faisant qu’accentuer le phénomène d’usure !
Que le vélociste en rajoute, je ne le nie pas, mais il me devient réellement urgent de pratiquer une ablation suivie d’une prothèse idoine…
Si tu as une technique, une marque de quincaille particulière ou autre à me proposer… je suis preneur.

(Bon, Machin ne va pas être content, je ne parle pas du Mac ou de photo non plus !)
Hé, hé, hé !

Alexis… tous les défaut !

164)
iker
, le 11.09.2006 à 07:19
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Okazou,

ma dernière intervention étant excessivement longue, je ne voudrais pas qu’elle donne l’impression de vérouiller le débat. Je l’ai donc déménagée sur ma page, rapidement bâtie avec iWeb :

http://www.iker.org/

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour ouvrir l’amorce d’un blog.

En raison d’Apple expo où je vais passer quelques jours, je ne pourrais pas le nourrir beaucoup d’ici le week end prochain. Mais si quelqun passe dans le quartier de la porte de Versailles…

Le débat peut continuer.

166)
iker
, le 12.09.2006 à 11:02
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Anne
tu sais bien ce qu’ils disaient en 68 ! “nous sommes tous des juifs allemands” désormais nous venons de découvrir que nous étions aussi des petits maliens de petite section de maternelle, donc pas régularisables. ;-)

167)
iker
, le 12.09.2006 à 14:39
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juste pour prolonger le débat avant de partir à Paris un article du Monde et dans Libé d’aujourd’hui, avec la proposition de Philippe de Villiers, le troisième larron de la droite ultra mais sans complexe.

Il propose de faire du 30 mai, jour anniversaire de la grande manifestation de droite en 1968 contre « la chienlit », une fête nationale, s’il est élu.

En écrivant ce billet, je suis pris à la fois d’une incontrollable envie de rire, et en même temps, j’ai les poils qui se hérissent rien que d’y penser.

168)
Hervé
, le 13.09.2006 à 00:51
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Je reçois le lien à une autre lettre adressée à Sarkozy, par une vraie Française cette fois ;-), je vous laisse le soin de la lire, nos lettres sont finalement assez complémentaires…
Lettre de Christine Mirété

Anne, tu ne veux pas envoyer copie en changeant « Sarkozy » par « Blocher », France, par Suisse et Bleus par Rouges ! Elle n’est pas encore votée cette loi, mais le « Peuple Souverain » cher à Okazou va s’y employer le 24 septembre !

169)
Okazou
, le 13.09.2006 à 01:08
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« Okazou,

ma dernière intervention étant excessivement longue, je ne voudrais pas qu’elle donne l’impression de vérouiller le débat. Je l’ai donc déménagée sur ma page, rapidement bâtie avec iWeb :

http://www.iker.org/

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour ouvrir l’amorce d’un blog. »

Voilà, voilà.
Tu es donc bien un porte-flingue des ces messieurs-dames libéraux-vaguement-sociaux du PS et, plus précisément, du « has been » Strauss-Kahn qui, devant le peu d’intérêt que lui portent ses compatriotes, à lâché ses chiens de troupeau sur la Toile pour rabattre les moutons qui seraient tentés par trop d’indépendance.
Tu venais donc faire ta petite pub sur cuk.ch et, éventuellement, débaucher ses lecteurs. Sympa…

Il est à craindre que, quelles que soient leurs convictions politiques, les lecteurs de cuk.ch ne soient plus du tout des moutons. Essaye encore !

Tu auras compris que pour répondre à des propos tenus sur cuk.ch, il est plus profitable pour tous de le faire sur cuk.ch ; c’est poli, logique et cohérent et, bien sûr, honnête.


Un autre monde est possible.

170)
iker
, le 13.09.2006 à 04:20
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Okazou

Un petit peu de tendresse dans ce monde de brute, ça te tente ?

un autre monde sera possible quand les forces de progrès se mettront en ordre de bataille pour s’attaquer aux vrais sujets, et ne plus laisser prise aux discours visant à remettre ce pays au pas, et à le faire revenir au XIXe siècle.

ça commence par ne pas caricaturer les positions des uns et des autres, et se prémunir d’enfermer les gens dans des catégories : « porte-flingue, has been, chien de troupeau, enrôler des moutons »

et moi qui me croyais un esprit libre, un objecteur de conscience…

Je ne suis pas familier avec les post de commentaire. Ce n’est que la troisième fois que j’interviens sur Cuk, et bien qu’utilisateur d’internet depuis douze ans, je n’en ai jamais posté ailleurs.

Je me suis pris au jeu, parce que sur ce site, je me sens en confiance mais tout cela m’a mené à développer ma pensée, plutôt que d’asséner des idées non étayées.

Je me suis rendu compte que mes interventions prennaient de plus en plus de place, et n’ayant ni vocation à squatter un espace des commentaires conçus, à priori pour être bref et réactif, ni à étouffer le débat, cela signifiait que j’étais mûr pour me lancer dans le débat, sans monopoliser l’espace des autres.

Je continuerais à intervenir, comme un invité, parce que je m’y sens bien moi chez Cuk, l’ambiance y est sympa, les gens de qualité, les commentaires souvent intelligents…

ps, non pas ps, ça pourrait être mal interprêté. ;->
post scriptum : comme je le disais en début de mon tout premier post, je ne suis pas (en tout cas pas toujours) d’accord avec ce que tu dis, mais je me battrais jusqu’au bout pour que tu puis le dire.

171)
Okazou
, le 13.09.2006 à 06:59
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« post scriptum : comme je le disais en début de mon tout premier post, je ne suis pas (en tout cas pas toujours) d’accord avec ce que tu dis, mais je me battrais jusqu’au bout pour que tu puis le dire. »

C’est bien le minimum quand on est de gauche.
Quant à toi, tu te censures tout seul comme un grand en faisant disparaître tes propres textes. T’as pas l’air simple, comme gars.


Un autre monde est possible.

172)
alec6
, le 13.09.2006 à 11:52
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Pour information je vous propose d’écouter le podcast de l’émission de France Culture d’hier soir « La Suite dans les Idées » dont l’invité n’est autre que Joseph Stieglitz, ancien conseillé de Clinton, ex-vice président de la banque mondiale et accessoirement « prix nobel d’économie » (je sais que cette appellation en ferait bondir plus d’un, mais là n’est pas le propos).
Or à entendre ou lire ses propos, cet économiste donc passerait chez nous pour un dangereux gauchiste altermondialiste, ce qu’il n’est pas, se plait-il à le rappeler.
C’est par là il suffit de cliquer sur « écoute » ou « podcast ».

Bien sûr, il faut faire l’effort d’écouter pendant une heure, mais on peut faire autre chose en même temps sur son ordi préféré, boulot ou autre (c’est mon cas).

Bonne écoute !

Alexis… tous les défauts !