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Le Pérou, c’est moche !

J'ai l'impression que le titre a dû en faire bondir plus d'un. Mais, patience, je suis certain qu'à la fin de l'article, j'aurai convaincu bon nombre d'entre vous.

Commençons par un petit exercice que l'on pratique souvent dans les séances de brainstorming (remue-méninges en français), du genre : "Si je vous dis "pomme", vous me répondez tout ce qui vous passe par la tête en entendant ce mot, par exemple : "poire, scoubidou, calvados (TTE, soyez sérieux), Mac, Steve, etc."

Alors, si je vous dis "Pérou", je mets à 100 contre 1 que les premiers mots qui vous viendront à l'esprit seront : "Inca", "Or", "Andes", "Machu Picchu", "Titicaca" voire "Lima", "Pizarro", "Eldorado" etc.

Pourtant personnellement, je répondrai "Chan-Chan", "Sipan". Comment? Cela vous a un air plutôt chinois?
Pas du tout, vous allez voir.

Pour la grande majorité des touristes qui se rendent au Pérou, ils vont à la rencontre de l'Inca. Cette civilisation (que nous avons allègrement contribué à détruire au nom de la chrétienté et de nos besoins en or) fait partie de notre inconscient comme si vous voulions en extirper un certain sentiment de culpabilité en tentant de la faire revivre. Petit rappel hors sujet : la population de l'Empire inca était estimée à 12'000'000 d'individus adorateurs du Soleil à l'arrivée de Pizarro en 1532 et à 1'100'00 âmes lors du recensement de 1587. Le rythme diminue un peu ensuite puisqu'ils sont encore 675'000 en 1754. Qui a parlé du goulag?

Votre première étape sera sans doute Cuzco, la capitale fondée par le premier Inca légendaire, Manco Capac, et sa compagne, Mama Ocllo, sortis tous deux du lac Titicaca, père et mère de tout le peuple inca.

N'ayez crainte, je ne vais pas vous décrire tous les lieux que vous pourrez visiter : cuk n'est pas un guide de voyage!

Avertissement Les photos qui illustrent cet article sont issues de diapositives scannées à plat et à une époque où je ne connaissais pas grand chose à Photoshop, donc bien mal bidouillées. Je prie les photographes amateurs, experts et professionnels qui hantent régulièrement ce site de m'en excuser. Appréciez le sujet, pas la technique !

Après 15 ou 20 jours de périple organisé ou solitaire, après avoir contemplé Pisag, le Machu Picchu, la *Cité des puces" (qui n'est pas une ruine inca, mais un poste militaire à la frontière du territoire, destiné à maintenir les incas un peu trop belliqueux chez eux et grouillant tellement de monde que cela lui a valu son nom), assisté à l'Inti Raymi (cérémonie du solstice d'hiver - 24 juin - à Cuzco), navigué sur le lac Titicaca et ses îles flottantes, visité Taquile où les hommes tricotent, les îles du Soleil et de la Lune (en Bolivie, celles-là), peut-être mis vos pas dans ceux de l'Inca sur le sentier de la Vallée Sacrée, vous rentrerez chez vous avec des centaines de photos comme celles-ci.

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La Grand Place de Cuzco. Il ne reste plus grand chose de la présence de l'Inca : quelques murs dont la conception remplissait déjà les Espagnols d'admiration. Les ruines du Temple du Soleil ont été incorporées dans un monastère

Forteresse de Sacsayhuaman (prononcez "Sexy woman !"). Cuzco avait la forme d'un puma dont la forteresse constituait la tête (et les dents!). Elle fut le théâtre de la dernière action de résistance de Manco Inca en 1536. Le frère cadet de Pizarro y trouva la mort.

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Ruines de la "Cité des puces"

Une vue ultra classique de Machu Picchu où...
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... les vigognes regardent passer avec indifférence les milliers de touristes qui s'y rendent chaque année au point de mettre le site en péril.

Le lac Titicaca au crépuscule.
Le lever du soleil, vous le trouverez dans tous les catalogues des agences de voyage.
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Les îles flottantes de Puno sont encore habitées Cérémonie "touristico-chamanique" à l'île du Soleil, lieu de naissance de l'Inca primordial Manco Capac et Mama Ocllo

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Les "tricoteurs" de l'île de Taquile.

Vous avez remarqué que le Monsieur devant porte un bonnet à moitié blanc et celui de derrière, un bonnet tout rouge. Cette information est particulièrement importante pour vous, Mesdames. Le bonnet mi-blanc vous informe que Monsieur est marié, alors que son compagnon est toujours célibataire, donc libre !

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Et pour terminer, un clin d'oeil du Seigneur incontesté des Andes

Mais, de retour à la maison, vous êtes-vous rendu compte que vous venez de "toucher" à peu près une bonne centaine d'années de l'histoire  de ce pays. L'émergence de l'Inca est estimée à l'an 1250 environ, mais pendant plus de deux cents ans, ils furent confinés sur un territoire ne dépassant pas les 40 km autour de Cuzco. Ce n'est que vers 1450 que l'Empire commence à s'étendre sous l'impulsion des Incas Pachacutec et Tupac Ypanqui et il lui faudra une petite centaine d'années pour atteindre son apogée et ... disparaître.

Mais avant les Incas, le Pérou existait-il ?

Là, cela fait "tilt". Bien sûr : PARACAS et NAZCA ! Vous y êtes allé, évidemment! Qui voudrait rater les gravures monumentales qui figurent au programme de tous les itinéraires de voyages parce qu'un illuminé nommé Erik von Däniken a lancé l'idée qu'il s'agissait de pistes d'atterrissage d'engins extraterrestres et que ça a marché ... un temps. Certes, c'est impressionnant et cela vaut le détour comme dirait Mr. Michelin, comme vous pouvez le constater :

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Le "Chandelier des Andes", gravure rupestre monumentale de Paracas (extraterrestres ?) Ici aussi, "El Condor pasa"

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Un joli "petit" colibri

Peinture sur pierre
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Céramiques typiques de la culture Nazca

mais cela ne reste qu'une péripétie dans l'histoire fertile qui précède l'arrivée des Incas (l'explication la plus communément admise maintenant est qu'il s'agissait d'itinéraires d'initiation).

Les premières traces humaines au Pérou remontent à -12'000, soit environ 18'000 ans après la période estimée du passage de l'homme par le détroit de Bering. Peuples nomades qui se stabilisent peu à peu comme chez nous et dont on trouve des traces un peu partout au Pérou.

Les premières activités humaines structurées apparaissent au sud avec les cultures Sechin (-1600) et Chauvin (-800 à -400) que nous n'avons malheureusement pas eu le temps de visiter. Mais la première grande civilisation prend naissance sur la côte nord-ouest, près des villes actuelles de Trujillo et Chiclayo. Ce sera la "culture Moche"  ou "Mochica" en espagnol. Elle débute au 1er siècle avant notre ère et ne s'éteindra que mille ans plus tard, aux environs de 900.

Les Moches sont un peuple sédentaire qui s'installe dans une zone quasi désertique du Pérou. Pour survivre, ils développent des techniques d'irrigation qui font encore actuellement l'admiration, construisant même des aqueducs pour amener l'eau de la Cordillère jusque chez eux, techniques que l'on retrouve d'ailleurs à Nazca. Parallèlement, ils mettent au point des procédés métallurgiques qui leur permettent de travailler le fer, le cuivre et l'or, ainsi que des méthodes de tissage aux coloris superbes. Leur développement agricole leur permet d'exporter leurs productions vers la mosaïque des petits états qui se constituent au sud (Nazca, Huari,... on ne parle pas encore des Incas). Pas mal pour un pays en grande partie désertique et qui montre quel degré de sophistication avaient atteint leurs techniques d'irrigation. A son apogée, le royaume Moche s'étendait sur près de 800 km de côtes.

Société théocratique dominée par la caste des guerriers (on ne refait pas l'âme humaine !), leurs constructions en adobes n'ont pas résisté au temps. Deux sites funéraires, toutefois, permettent de se rendre compte du développement de cette culture :

  • les pyramides du Soleil et de la Lune (ce sont des noms donnés a posteriori, les Moches vénéraient Aiapaec "le Décapiteur ou l'Egorgeur", divinité dont le nom provient sans doute de la méthode employée pour les sacrifices humains qui lui étaient dédiés)
  • les pyramides monumentales de Tucume à une quarantaine de km de Chiclayo.

Les pyramides du Soleil et de la Lune sont construites en adobes et chacune des quelques millions de briques qui les composent portent la signature d'un architecte qui a travaillé à leur construction. La pyramide de la Lune est celle qui est la mieux conservée et elle a révélé de superbes bas-reliefs allégoriques du fameux "Décapiteur".

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Pyramides de la Lune et du Soleil à Huancaco.
Entre les deux, distantes de 400 m, se dressait la capitale Moche

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Bas-reliefs de la pyramide de la Lune représentant Aiapaec "L'Egorgeur"
Pas gai, gai le bonhomme. A remarquer les adobes qui constituent toute la pyramide

Mais ce qui a propulsé la culture Moche sur le devant de l'actualité archéologique, c'est la découverte, en 1987, de la tombe inviolée du Seigneur de Sipan. Dans l'histoire de l'archéologie de l'Amérique du Sud, cette découverte est comparable à celle de la tombe de Tout-Ank-Amon en Egypte. Car ici aussi les violeurs de tombes s'en donnaient à coeur joie et il a fallu faire protéger les équipes d'archéologues par la troupe, car la population ne comprenait pas pourquoi on ne lui permettait pas de s'approprier ces trésors pour améliorer leurs conditions de vie en les revendant.

Le Seigneur de Sipan était un haut, très haut dignitaire Moche. Sa tombe recelait des centaines de poteries et de magnifiques bijoux ouvragés qui ont tous été regroupés et superbement mis en valeur au musée Brunning de Lambayeque, ville proche de Chiclayo. A noter l'ouverture en 2003 du Musée des tombes royales de Sipan également à Lambayeque (il n'existait pas lors de notre voyage) qui présente une reconstitution de la tombe.

SipanBuste

Vue du buste du Seigneur de Sipan - Photo extraite du site Rico Perou
Le Musée n'autorisant pas les photographies et toutes celles disponibles étant protégées par ©,
je ne vous en montrerai pas plus, hélas.

La dépouille du Seigneur de Sipan était contenue dans un cercueil de bois, fait assez exceptionnel qui montre bien l'importance du personnage, car le bois était une denrée rare dans la région. Pour son séjour dans l'autre monde, il était accompagné de deux gardes du corps et de deux femmes, ainsi que de son chien, tous égorgés rituellement pour l'occasion. On ne connaît rien de ses compagnons humains, mais pour le chien, on peut imaginer que c'était un de ces chiens péruviens sans poil que l'on rencontre encore autour des pyramides et qu'il faut protéger des coups de soleil, comme celui-ci

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Le site des pyramides de Tucume,  à quelques kilomètres de Lambayeque, est appelé "Le Purgatoire" par la population locale ou encore "La forêt pétrifiée". Il compte 26 pyramides dont peu ont été explorées. Au sommet de la plus grande, on découvre un décor extraordinaire

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Du et au sommet de la grande pyramide.
Vous remarquerez la technique pour déblayer la pyramide : on commence par le sommet. Ceci tient au fait que ces pyramides sont construites en adobes qui peuvent ainsi être consolidées au fur et à mesure que l'on descend.

C'est à Tucume que furent exhumées les principales tombes dites "royales". Pour les visiteurs (ils ne se bousculent pas au portillon, malheureusement), on en a reconstitué plusieurs in situ

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Tout est prévu pour accompagner le Seigneur dans l'au-delà: gardien, gardes du corps, femmes, nourriture.

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Poterie et décor Moche exposés au petit musée du site

La civilisation Moche disparaît au début du Xe siècle, mais on en ignore encore la cause. Un nouveau peuple venu du Nord va prendre sa place : les Chimù.

Les Chimù vont commencer par adopter les techniques d'irrigation et de métallurgie mises au point par les Moches. Ils créent un état fortement centralisé et pour assurer leur protection, développent le système routier et créent de nombreuses garnisons qui se transformeront peu à peu en cités. Ils établissent leur capitale à Chan-Chan (10 km de Trujillo). 

Chan-Chan (Soleil-Soleil) est sans doute l'agglomération urbaine la plus vaste de l'ère pré-colombienne construite en Amérique du Sud  : elle s'étend sur 20 km2 et a pu compter jusqu'à 30.000 habitants. La ville est divisée en dix quartiers comportant chacun une enceinte et un palais dit "royal". On ignore encore si ces quartiers ont été construits par des rois successifs ou correspondaient à des groupements de corporations. On leur a donné les noms des archéologues qui les ont excavés et le seul qui était accessible au public est le quartier "Tschudi", un Suisse ! Ce quartier posséde même son "lac sacré".

PER213.jpg Palais royal du quartier "Tschudi"

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ceci n'est pas une place publique, mais la salle d'audience de Sa Majesté ! L'air est tellement sec, qu'on entend parfaitement les personnes placées de l'autre côté. Celle qui figure sur la photo était notre guide qui nous en a fait la démonstration en poussant la chansonnette.

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Rues et bâtiments du quartier Tschudi

Les parois des maisons, voire les façades, sont finement décorées de bas-reliefs
représentant oiseaux et poissons

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Mais la menace se précise au sud : L'Inca a fait voler en éclats le carcan de petits royaumes qui l'enserraient et malgré leurs lignes de défense, leurs forteresses et leurs nombreuses troupes, les Chimù doivent céder du terrain. Chan-Chan se dresse sur la route de l'expansion inca vers le Nord. Tupac Ypanqui met le siège et, après avoir coupé les canaux qui l'alimentaient en eau, oblige la ville à capituler.

Des Moches aux Chimù, le royaume du nord péruvien dura près de 1500 ans, dix fois plus longtemps que l'empire inca. Mais il ne reste plus guère de traces de ces cultures, car les Incas ont appliqué une politique d'assimilation intensive, contraignant toutes les populations conquises à adopter le "style Inca", tant sur le plan social que religieux et culturel, souvent par la force d'ailleurs.
 
Et c'est ainsi que le Pérou est devenu inca, mais j'espère vous avoir convaincu que le Pérou est aussi ...Moche !
Et que Chan-Chan et Sipan n'ont rien de chinois.

Après ces pérégrinations dans l'histoire péruvienne, il ne vous reste plus qu'à vous rendre dans une de ces petites stations balnéaires qui bordent la côte du Pacifique et déguster un bon plat de fruits de mer, sans oublier évidemment le pisco sour en apéritif. Et peut-être aurez-vous la chance qu'un des pêcheurs vous accepte pour une petite balade en mer sur sa "caballito de totora".

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25 commentaires
1)
Tony
, le 14.08.2006 à 00:28
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Intéressant sujet et cela me fait encore un pays à visiter… maintenant il ne reste plus qu’à reprendre les diapos et les retoucher :)

**************
Beyondbits.com

2)
Hervé
, le 14.08.2006 à 00:59
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Si tu as un bon scanner dias à me prêter ou me louer pendant un mois, tu auras droit à toute ma reconnaissance !

3)
coacoa
, le 14.08.2006 à 03:34
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J’ai sursauté à la lecture du titre, quand bien même je ne connais RIEN au Pérou, comme quoi…

Merci pour cet article et pour son titre… Ok, c’est Moche le Pérou…

4)
Puzzo
, le 14.08.2006 à 05:47
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Merci beaucoup Hervé!

J’ai appris beaucoup de choses grâce à ton article et très jolies photos (je ne suis pas photographe :-) )

Puzzo

5)
jp
, le 14.08.2006 à 08:25
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Merci pour ce voyage du lundi matin :)
J’ai encore plus envie d’aller faire tour dans cette région (Pérou, Bolivie)

6)
Inconnu
, le 14.08.2006 à 08:57
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Il y avait une très belle expo à Paris au petit palais en juin juillet…
Mais le Musée du Quai Branly reste accessible toute l’année avec des objets de la culture « Moche »… De toute beauté…!

urbanbike

7)
6ix
, le 14.08.2006 à 09:45
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Très joli article, merci! D’ailleurs, on le lirait rien que pour le titire =)

8)
pemba.cc
, le 14.08.2006 à 11:31
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Bravo pour cet artice, le Perou est en effet un pays … magique…
petit bemol (sans vouloir pinailler ni critiquer) la vigogne des premières photos est en réalité un alpaca (ou alpaga selon les écoles), les vigognes (animal protégé) vivent au dessus de 4000m (donc pas au Machu Picchu ) et sont difficile à observer. Il n’empêche que guanaco (sauvage), lama (domestiqué et sélectionné au départ pour le portage donc plus grand que l’alapaga sélectionné lui pour la finesse et la quantité de sa laine) , alpaga font partie intégrante du paysage et de la découverte du Pérou. et si je m’étend sur ces animaux c’est qu’en j’en ai un (petit) troupeau en France (en haute Ardèche) et que c’est un animal très intéressant et attachant.
Claudine

9)
Franck_Pastor
, le 14.08.2006 à 12:19
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Et que Chan-Chan et Sipan n’ont rien de chinois.

Que ces noms n’ont rien de chinois, ce n’est peut-être pas si exact, puisque selon certaines théories, les indiens de la côte occidentale d’Amérique latine seraient issus de peuplades originaires d’Asie, qui selon ma (mauvaise ?) mémoire n’auraient pas traversé le Pacifique, mais seraient passées par la Sibérie et descendues progressivement de l’Alaska, il y a très longtemps. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre.

Joli reportage photo, il est décidément temps que je me mette à photographier moi aussi…

12)
Hervé
, le 14.08.2006 à 14:28
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petit bemol (sans vouloir pinailler ni critiquer) la vigogne des premières photos est en réalité un alpaca (ou alpaga selon les écoles)

Oups ! Au temps pour moi. D’autant que le lieu et la taille auraient dû m’inciter à consulter mes notes. Rien à voir en effet avec celle que nous avons croisée (la vigogne bien sûr) au col de La Raya entre Puno et Cusco (4350 m – presque le sommet du Mont-Blanc !)

13)
Tony
, le 14.08.2006 à 14:48
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J’ai un Minolta Dimage Scan Dual III sous le coude :)

Il est basique, mais fait bien son travail (pas de fonction ICE ni autre fonctionnalités haut-de-gamme à la Nikon CoolScan).

**************
Beyondbits.com

14)
carabas
, le 14.08.2006 à 15:29
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Très beau reportage.
Juste une appréciation qui croche. Ce n’est pas parce que Däniken est un escroc et un farfelu qu’il faut traiter les gravures géantes de Paracas et Nazca comme n’étant « qu’une péripétie » de l’histoire. Il me paraît évident que ces oeuvres, comme les pyramides d’Egypte, dépassent les moyens techniques ordinaires de l’homo faber et qu’ils incarnent un mystère pour l’instant irréductible.
Expédier l’affaire au titre d' »itinéraires d’initiation » (= « superstition oiseuse et dépassée ») c’est (à mon avis) succomber un peu trop vite à la passion scientiste du nivellement universel.
Imagine-t-on du reste l’importance et le mystère — justement — d’une initiation qui se serait appuyée sur de tels itinéraires?

15)
pemba.cc
, le 14.08.2006 à 15:35
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col de La Raya entre Puno et Cusco (4350 m – presque le sommet du Mont-Blanc !)

pas très loin de là dans la cordillère de Vilcanota (où je me suis balladée plusieurs fois à cheval) on en a croisé plusieurs troupeaux, moments privilégies..

mais je pense qu’on sort du sujet informatique ce qui n’est finalement pas désagréable en ces temps de vacances.
Je pars demain pour d’autres horizons, rendez vous en septembre sur ton site que je consulte tous les jours (en Rss)
Claudine

16)
Hervé
, le 14.08.2006 à 15:42
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@ carabas
Je crois qu’on s’est mal compris : ce ne sont pas les gravures que j’ai traitées de « péripéties » (ce sont en effet des « monuments » de la civilisation péruvienne), mais l’ère Nazca qui a duré deux à trois cents ans, en comparaison des cultures Moche et Chimù qui ont duré près de 1500 ans.

Et je n’ai émis aucune opinion sur l’importance que revêtaient ces itinéraires d’initiation. J’ai juste informé de l’existence de cette théorie, la plus couramment admise, sans plus.

18)
zitouna
, le 14.08.2006 à 19:38
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Chouette article, encore une destination qui fait rêver!
C’est vrai que ça a l’air très Moche cette affaire.
z

19)
Zallag
, le 14.08.2006 à 20:59
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Pour Carabas 14.
J’ai lu dans un exemplaire de Pour La Science qu’il est très vraisemblable que ces immenses figures aient été tracées afin de créer des sentiers pour des processions religieuses. Il s’agissait d’enlever les pierres afin de créer ces cheminements sacrés.
On pense que la précision assez bonne était obtenue par d’immenses cordes (ordre de grandeur, dans les 100 mètres), qui étaient tendues, et tenues par les prêtres, de manière à guidre les ouvriers chargés d’enlever ces pierres en faisant apparaître le tracé de cercles, ou d’arcs de cercle, ou d’ellipses, exactement comme on le fait en géométrie à la règle et au compas.
On peut aussi tracer de cette manière des parallèles. En opérant de manière symétrique, ces Indiens ont tracé ces figures superbes, comme celle du colibri qui est une des plus spectaculaires.
Une autre hypothèse est que les terrains prévus étaient quadrillés par de nombreuses cordes tendues puis posées sur le sol.
Avec un maillage, disons de 20 m sur 20 m et un nombre assez important de cordes, il était possible de reproduire à grande échelle des figures dessinées à échelle plus petite.

On explique de cette manière aussi la précision assez bonne des angles droits de grandes constructions de l’Antiquité, ou des champs de cultures en Egypte.
Chacun sait que le triangle de côtés 3,4,5 est rectangle. Idem pour des multiples de ces nombres. Avec une corde comportant un noeud à chaque bout et onze entre deux, tous équidistants, on a de quoi définir un angle droit.

D’ailleurs géométrie veut dire « mesure de la terre ».

C’est admirable de se dire que leurs croyances et le sens du sacré ont fait que ces hommes ont été poussés à créer ces dessins qu’ils n’ont jamais pu voir en entier comme nous maintenant, et il n’y a vraiment aucun intérêt à vouloir y mêler bêtement des extra-terrestres…

20)
Obi1
, le 15.08.2006 à 09:48
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Un grand bravo pour ce bel article et la trouvaille du titre! :-)

Juste un petit regret sur l’introduction gentils Incas-méchants Espagnols. Un jugement très caricatural à mon avis. Les habitants de la région ont principalement péri en raison de l’introduction de la variole et de la rougeole par les Conquistadors. Il y a aussi eu des massacres, de la maltraitance, etc…, on est d’accord. Mais parler de goulag…

Je ne suis jamais allé au Pérou, mais j’ai passé plusieurs mois au Mexique. Là ce sont les Aztèques (et d’autres) qui ont disparu suite au passage des Espagnols. Je ne sais pas ce qu’il en est des Incas, mais les Aztèques pratiquaient l’esclavage et les sacrifices humains. Je veux pas dire que c’étaient une bonne raison pour les éliminer, mais ce n’étaient pas des anges non plus.

Tout ça pour dire que cette confrontation Indiens-Européens a donné naissance à des cultures et une histoire absolument passionnantes. C’est ça qu’il faut voir et apprécier au lieu de juger à l’emporte-pièce qui a fait le bien et qui a fait le mal.

A part ça, encore bravo et merci pour cet article.

21)
ToTheEnd
, le 15.08.2006 à 10:31
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Obi1: je suis choqué par tes propos et un point Goldwin pourrait très rapidement être atteint si je disais ce que je pense profondément de ton intervention.

Les Espagnols étaient des fumiers et des salops qui n’étaient motivés que par l’or. Toutes les missions qui sont parties d’Espagne (et Portugal ainsi que les autres) n’avaient qu’un seul but: ramener des richesses pour le Roi et ce, à n’importe quel prix (et la vie d’un sauvage qui ne croyait pas en Dieu n’avait aucun prix).

Quelle connerie sans borne de dire qu’ils n’étaient pas gentils non plus.

On estimait la population indienne à 24 millions d’individus et moins de 100 ans après le premier contact, il en restait moins d’un million.

Peut être que les juifs qu’on a gazés n’étaient pas très gentils non plus…

Voilà, le point Goldwin est atteint et je n’en suis pas fier, mais ça fait mal de devoir intervenir pour rectifier un « distortion field reality » aussi pourri.

T

22)
carabas
, le 15.08.2006 à 10:31
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Le mot d’Obi1 me rappelle un livre magnifique et étrange de Dimitri Mérejkovsky, « Atlantide-Europe, le mystère de l’Occident ». L’auteur, érudit monstrueux, y établit des liens troublants entre les diverses civilisations mondiales qui, théoriquement, n’étaient pas censées se toucher.
Il y décrit, en passant, l’horreur qu’ont dû ressentir les conquistadors face aux sacrifices humains. Non pour les justifier, mais pour rappeler qu’il n’y a pas d’anges ni de démons en ce monde.

23)
ToTheEnd
, le 15.08.2006 à 10:34
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carabas: mais c’est vrai que nous qui brulions des gens vivants sur des échafauds au milieu d’une place publique devions avoir l’air saint de corps et d’esprit… par rapport à des sacrifices.

T

24)
Hervé
, le 15.08.2006 à 13:12
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C’est vrai que les maladies importées par les conquistadores ont durement frappé la population autochtone, mais ce sont surtout les conditions d’exploitation des richesses qui l’ont décimée. (décimer : tuer un sur 10, ici c’est plutôt 9 sur 10).

Quant aux fameux sacrifices humains qui essayent de donner bonne conscience à certains, la remarque de TTE est amplement justifiée : les bûchers de l’Inquisition ne sont qu’une autre manière de perpétuer cette pratique.

Enfin, ne confondons pas Pérou et Mexique. On n’a pas d’exemple de sacrifices collectifs au Pérou, alors que chez les Aztèques, c’est par centaines que ces sacrifices étaient organisés. Au point que lorsqu’on manquait de volontaires (car souvent, les sacrifiés étaient volantaires !), on déclarait une « guerre de mille fleurs ». Le but de cette guerre n’était pas de s’emparer d’un territoire, mais de faire des prisonniers. Et elle se terminait lorsque chaque camp en avait suffisamment à sacrifier. Une autre pratique « religieuse » consistait en ce qu’on pourrait appeler un « basket-ball » qui consistait à mettre un ballon dans un cercle en n’utilisant que son corps, à l’exception des bras et des pieds ! Et l’équipe gagnante décrochait le droit d’être …. sacrifiée ! Je ne sais pas si l’Italie serait championne du monde si cette pratique était toujours en vigueur!

25)
ukhu
, le 17.08.2006 à 10:58
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Ayant une femme péruvienne j’ai apprecié l’article. :)
Juste une petite correction: Au début après « Avertissement », ce n’est pas Pisag mais Pisac.

UkhU