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Jazz vocal à Chorus

J'étais venu l'écouter déjà une fois à Lausanne il y a quelques années… Un concert extraordinaire! Elle est revenue samedi 3 décembre, avec son groupe (toujours le même) mais avec en plus un harmoniciste virtuose. Vous voyez de qui je veux parler? Non? Et pourtant elle est de plus en plus connue dans le jazz vocal français: Virginie Teychené. Et à l'harmonica, l'extraordinaire Olivier Ker Ourio, à mon avis aussi fort que le regretté Toots Thielmans…

Virginie Teychené, c'est une voix extraordinaire, chaude et veloutée, et un répertoire étonnant avec beaucoup de chansons françaises adaptées en jazz (Bashung, Nougaro, Ferré, et même Bourvil). Cette soirée à Chorus fut magnifique, malgré un public relativement peu nombreux, ce que j'ai de la peine à comprendre. Lors des festivals, la qualité d'écoute est moindre et le prix d'entrée beaucoup plus élevé! Alors bien sûr on ne verra jamais un Keith Jarrett ou une Diana Krall dans ce petit club, mais vous y trouverez des talents immenses, moins connus sur la scène internationale, mais peut-être (et même souvent!) tout aussi talentueux.

Mais pour en revenir à Virginie Teychené, c'était une surprise de la voir avec toujours les mêmes musiciens - en fait elle n'en a jamais changé depuis ses débuts - et une telle fidélité est plutôt rare dans le jazz! Gérard Maurin à la basse (qui est le principal arrangeur/compositeur du groupe), Stéphane Bernard au piano, Jean-Pierre Arnaud à la batterie. Mais cette fois en plus un invité de marque: Olivier Ker Ourio, à l'harmonica. Présent également dans le dernier CD de Virginie. Sa performance musicale est inversement proportionnelle à la taille de l'instrument, qui se joue d'ailleurs collé au micro.

Ce que j'aime avec cette chanteuse, c'est sa capacité de changer de registre, et s'adapter aussi bien à la samba brésilienne qu'au répertoire français. Sans oublier les interprétations de Duke Ellington ou Gershwin!

Incroyable d'ailleurs quand elle chante des classiques brésiliens, dans cette langue qu'elle semble parfaitement maîtriser… Mais les deux surprises de la soirée ont été la reprise magnifique de «Madame rêve» de Bashung, et «C'était bien», chanson interprétée à l'époque par Bourvil: chansonnette très «camembert et beaujolais», et un brin nostalgique, superbement adaptée en jazz. Pas de doute, on est bien dans la grande école du Jazz français! Et sur la plupart des chansons l'harmonica poétique de Ker Ourio, faisant parfois penser à de l'accordéon. Extraordinaire aussi, la chanson très groovy (en français!) «Elle ou moi».

Je ne vais pas très souvent écouter du jazz vocal, en écoute pure sur CD ce n'est pas ce que je préfère, sauf peut-être des stars immenses comme Diane Reeves. Mais voir la prestation en direct, c'est autre chose.

J'avoue que Virginie Teychené est très agréable à regarder! Ce qui m'impressionne c'est cette concentration, cette complicité avec les musiciens, cette tessiture incroyable, cette capacité d'aller dans les basses. Et bien sûr la maîtrise parfaite du «scat», qui permet de chanter en improvisant.

Elle était difficile à photographier, ainsi que ses musiciens. Dans ces concerts avec voix et section rythmique souvent feutrée, sans compter l'harmonica qui n'est pas une guitare électrique, se déplacer en photographiant sans déranger les spectateurs (et les musiciens) est délicat… Heureusement, le 6D est hyper silencieux au déclenchement!
Ses CD's sont au nombre de 4; et on a vraiment l'impression d'une évolution constante. Le dernier, avec Ker Ourio, est d'après moi le meilleur. Et la plus belle chanson a donné le titre de l'album: Encore.

Oh oui, encore…

Les musiciens au complet.

Une extraordinaire complicité dans ce groupe.

Virginie Teychené.

Avec Gérard Maurin.

Olivier Ker Ourio, virtuose de l'harmonica.

Jean-Pierre Arnaud.

Stéphane Bernard.

Gérard Maurin.

Le dernier CD.

7 commentaires
1)
Lebarron
, le 15.12.2016 à 15:26
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Le Jazz comme le Blues souffrent d’une étiquette de la part du grand public, pourtant avec ces musiques en live c’est toujours de super musiciens qui nous enchante, avec en plus du Jazz Vocal impossible d’être déçu. Pour les fans d’harmo dans l’expression Jazz je vous conseil également Sébastien Charlier http://www.sebcharlier.com/

2)
ZITOO
, le 15.12.2016 à 16:08
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Cette soirée à Chorus fut magnifique, malgré un public relativement peu nombreux, ce que j’ai de la peine à comprendre.

Et oui l’on constate une désaffection générale pour le JAZZ, partout.
A Paris « Le Petit Journal » Montparnasse vient de fermer récemment (:>((

Un musicien jazzman me confiait récemment une baisse de fréquentation des endroits jazzy à New-York.

3)
Tristan Boy de la Tour
, le 15.12.2016 à 16:25
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Oui, je constate que la moyenne d’âge dans les concerts de jazz est à peu près la même que dans le classique: autour de 50 ans et plus… Et pourtant les grosses pointures dans les festivals font le plein, même à des tarifs d’entrée très élevés. Une forme de snobisme ou d’élitisme?

4)
ZITOO
, le 15.12.2016 à 17:48
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Effectivement beaucoup de « cheveux blancs » sont présents.

OK pour les festivals qui sont épisodiques, parfois une fois l’an, ici ou là.
Faire le plein de foule, c’est alors un peu la sortie de l’année pour une découverte, l’occasion de ne pas rater la « grosse pointure »…Tout le monde débarque.
Snobisme ou d’élitisme ? Je ne sais pas.

Tandis que le concert quotidien, dans la petite salle, avec l’ensemble qui tente de se faire connaître davantage, ou qui déjà connu de son public averti, prend encore beaucoup de plaisir passé 80 ans et même plus…
Le bonheur de participer pleinement – et d’échanger – avec des musiciens, qui, par exemple, ont accompagné S.Bechet ou bien des jeunes talents qui démontrent leur qualité devant 80 ou 150 personnes attablées qui applaudissent à chaque fins de riff.
Là, rien à voir avec le festival évoqué ailleurs.
C’est la communion des amoureux de cette musique partagée.

5)
François Cuneo
, le 16.12.2016 à 09:08
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J’écoute le dernier, (c’est bien Encore? de 2015?), quel groove! (Et ce fichu correcteur qui corrige en « quel grosse!):-))

C’est vrai que l’harmonica est d’une pureté que je n’avais jamais entendue.

Superbe, merci de cette découverte!

6)
Blues
, le 19.12.2016 à 09:23
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je constate que la moyenne d’âge dans les concerts de jazz est à peu près la même que dans le classique: autour de 50 ans et plus…

Merci pour le concert ..

Ahah LE JAZZ et MOI… j’ai 57 ans et je n’ai encore « que peu » migré 😅 malgré que j’aie d’excellentes bases musicales et suis éclectique, je reste un rock-pop’er avec ces racines-là bien ancrées. Le détour vers la soul (j’adore) c’était il y a 20 ans, le blues env. 15 ans et le jazz ça vient tranquillement, mais attention à ce qu’il reste compréhensible à mes oreilles (un peu « pop ») – donc et surtout pas trop technique !

Mon problème avec le jazz : c’est que j’ai souvent le ressenti du groupe qui joue pour lui et qui nous fait sa démonstration de technique.