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Recherche de paternité

J'espère qu'Okazou ne m'en voudra pas de ne pas lui avoir demandé l'autorisation. Mais comme je pars dans moins d'une heure en week-end de ski, et que je tombe en me levant sur son excellent commentaire, qui est complémentaire à l'article de hier, je trouve vraiment dommage de le laisser en dans une rubrique qui n'est pas lue par tout le monde. Donc hop, je copie-colle, et vous le mets ici à disposition de tous.

Bon week-end (enneigé à nouvau!) à tous...

Et merci à toi Okazou.

Jeff Raskin est l'inventeur du Macintosh. C'est vrai. C'est lui, en effet, qui a donné le nom de Macintosh a un ordinateur personnel pas cher (1000 $), de petite taille, transportable et qui serait utilisable dès qu'on l'allumerait. C'était son idée, son projet.

Malheureusement, le Macintosh de Raskin n'avait rien de commun, loin s'en faut, avec le Macintosh qui fit le succès d'Apple.
Le Macintosh de Raskin tournait autour d'un processeur 8 bits 6809 qui n'autorisait aucunement l'utilisation d'un système d'exploitation doublé d'une interface graphique capable d'afficher des icônes, de dérouler des menus et d'ouvrir des fenêtres. Raskin mettait même un acharnement étonnant à refuser de lui adjoindre une souris. Raskin n'a jamais cru, jusqu'à sa mort, qu'au clavier.
Autrement dit, le Macintosh de Raskin n'adoptait vraiment pas la silhouette de l'ordinateur personnel moderne apparu en 1983 et qui a si bien révolutionné l'usage de l'ordinateur. On en était donc loin, du moins jusqu'à ce que Jobs s'en mêle.

Mais il devient utile, pour comprendre comment est apparu ce fameux Macintosh, de remonter légèrement le temps et de faire entrer en scène les différents acteurs.

Des faits et des hommes.

Du garage des parents adoptifs de Jobs où Wozniak crée l'Apple I, nous arrivons vite, très vite puisque nous sommes à la fin des années 70, à l'entreprise Apple qui produit l'Apple II, gros succès commercial. L'Apple II doit sa réussite aux talents conjugués de Wozniak (pour l'électronique), d'un certain nombre de hackers véritablement géniaux qui savent programmer à l'instinct des logiciels fantastiques pour l'époque (VisiCalc), et d'un certain caractériel patenté nommé Steve Jobs sans qui les productions de Wozniak occuperaient encore le fond d'un placard.
Des types comme Markkula, Scotty (Mike Scott) — les deux gestionnaires —, Atkinson — le génie du bitmap — , Raskin — toujours en quête d'évidence — et d'autres, souvent « dissidents » de Hewlett-Packard, se partagent la paternité de l'Apple II.

Lorsque l'Apple III commence à devenir autre chose qu'un projet, Raskin se partage entre la rédaction de son manuel et son projet d'ordinateur économique, léger et simple d'emploi tandis que Jobs et quelques autres planchent sur Lisa, projet d'ordinateur à clavier séparé monté autour d'un processeur 68000 puissant qui n'est pas encore commercialisé par Motorola.
Un beau jour, alors qu'Apple vient de parvenir à faire entrer Xerox — une boîte de tout premier plan — dans le capital, un groupe de fondus d'Apple (avides et curieux) est invité au PARC (Palo Alto Research Centre) qui est à ce moment le centre de recherche sur l'informatique le plus réputé. Ils vivent alors la journée la plus importante de leur vie de hackers. Jobs et Atkinson font partie du groupe mais pas Raskin.

Au PARC, ils rencontrent un certain Larry Tessler qui dirige un service de recherche de pointe. Pour Tessler, une fois de plus, on lui fait perdre son temps avec ces visiteurs à la réputation de fondus. Jamais encore Tessler n'a vu un seul de ses visiteurs comprendre — seulement comprendre ! — l'intérêt de ses travaux. Quand il voit Jobs frétiller d'aise et bondir comme un cabri en regardant le résultat de son travail : les menus déroulants, les icônes et le pointeur de la souris à l'écran, le tout matérialisant le concept nouveau de « bureau électronique », il se dit aussitôt qu'il va lâcher Xerox et sa fibre conservatrice pour Apple et son esprit novateur.

Atkinson et les autres voyaient là, sous leurs yeux, la matérialisation des concepts qu'ils connaissaient mais n'imaginaient pas voir déjà réalisés sur ordinateur.

De retour à la maison (Apple), Jobs décide d'inclure ces concepts dans Lisa mais en mieux ! Atkinson se chargerait du système d'exploitation. En fait, il s'agissait de remettre à plat l'essentiel du travail effectué sur le projet Lisa et d'adopter une voie réellement novatrice.

Deux membres du groupe s'y opposent dont… Raskin.

La machine de conception est lancée mais prend rapidement du plomb dans l'aile. Pour faire très court, le projet Lisa se développe en même temps qu'il s'alourdit en partie à cause de Jobs qui, sans cesse, pond des idées plus géniales les-unes que les-autres. L'entreprise Lisa manquant de lisibilité et de stabilité, les gestionnaires de la boutique (Scotty et Markkula) décident d'écarter Jobs du projet. On voit ici que l'éviction à venir de Jobs par le marchand de Pepsi n'était pas la première.

Vexé et désœuvré, Jobs cherche le réceptacle capable de contenir le talent qu'il y déverserait sans retenue. Il se rabat rapidement sur la machine expérimentale de Raskin : le Macintosh.

Raskin cherche alors, sans y parvenir, à concevoir un ordinateur qui résulterait de la plus grande synergie entre matériel et logiciel. Ce concept nous occupe encore aujourd'hui et c'est lui qui me fait dire que les zouzous qui imaginent un MacOS X implanté sur un PC auraient besoin de renforcer leurs capacités d'analyse avant d'exprimer quelque chose de tangent à n'importe quoi.

Depuis lors, et grâce à Raskin, un Macintosh peut être défini comme l'intégration la plus poussée entre un ordinateur, son système d'exploitation et ses applications (on peut d'ailleurs y ajouter les périphériques). Pourvu que ça dure ! Car l'avenir des ordinateurs et des logiciels d'Apple est bien là et c'est, a contrario, dans cette absence d'intégration que réside la faiblesse structurelle de tout ce qui est PC, quel que soit le système d'exploitation embarqué, fût-ce même Linux (dont les atouts sont ailleurs). Il faut que nous vivions une ère bien déliquescente avec des cervelles bien atteintes pour que des ordinateurs faits de bric et de broc soient mieux considérés qu'un ordinateur qui n'est rien moins qu'un hommage rendu à la cohérence.

Mais revenons à nos amis car les bisbilles ne vont guère tarder à survenir.
Pour Jobs, le Macintosh virtuel qu'il découvre comprend des qualités certaines mais aussi des défauts rédhibitoires.
Parmi les qualités ; la recherche d'intégration entre logiciels et matériel, le faible encombrement, la probabilité d'un coût de production quatre fois moindre que celui de Lisa et le principe du prêt-à-l'emploi lorsqu'on allume la bête.
Parmi les défauts : le refus catégorique de Raskin d'intégrer au matériel une souris, le refus de Raskin d'adopter le concept d'icônes (mais il veut bien des fenêtres), le refus de Raskin de remplacer le poussif 6809 par un puissant 68000.
On le devine, Raskin l'obtus est un homme mort et ses bourreaux seront l'interface graphique d'Atkinson, l'introduction du processeur 16 bits de Motorola et cet homme qui ne supporte pas de voir une bonne idée mal exploitée ou partir de travers, j'ai nommé : Stephen Jobs.

Jobs découvre un gars vraiment extraordinaire, un de ces hackers qui touchent au génie, capable de concevoir une carte-mère dans ses neurones et de la produire en y intégrant tous les composants nécessaires : Burrel Smith.

Voilà bien un des pères (encore un !) du Macintosh réel. En créant la carte unique du Macintosh, il met à mort le Lisa. Cette carte qu'il conçoit autour du 68000 tourne à une vitesse d'horloge double de celle du Lisa (qui ressemble à un PC actuel avec 5 cartes à bord), pourtant conçue par plus de vingt cerveaux. Si Wozniak fut le génial créateur de l'Apple II, Smith est son pendant pour le Macintosh.

Jobs met également la main sur Andy Hertzfeld qui s'intéressait de près, à l'époque, à l'intégration de la typographie dans l'informatique. Hertzfeld était considéré par Raskin comme un bricoleur de programmes.

À ceci près, toutefois, que désormais, avec le Macintosh, le logiciel et le dessin de la coque (jusqu'à la pomme multicolore) prennent autant d'importance que la carte électronique. L'ordinateur intégré est né — et tout le monde est encore loin, aujourd'hui, d'en comprendre les atouts pourtant évidents.

Des papas, en veux-tu ? En voilà !
Paternité génétique ou putative, paternité divine ou spirituelle, paternité virtuelle ou réelle, et pourquoi pas maternité ? En tout cas, paternité fertile et glorieuse. On n'en dirait pas autant dans le monde informe, approximatif, glauque et gélatineux d'en face.

Mais — bon sang de bonsoir ! — qui donc est le père du Macintosh ? Raskin pour le concept partiel de départ ? Tessler pour les menus, les icônes et le pointeur de la souris ? Atkinson pour l'interface et QuickDraw ? Smith pour la carte électronique ? Mannock et Oyama pour le boîtier ? Tous les autres, connus et inconnus ?
Bien entendu, quand la complexité montre son nez et que l'on décide de s'attaquer vraiment à un problème en lui trouvant de vraies solutions, l'homme seul affiche ses limites et c'est bien une équipe qui a donné vie au Macintosh ; une conjonction de talents réunis à un moment historique donné dans un creuset riche des ferments nécessaires à la génération d'un outil vraiment nouveau, efficace et profitable. Mais la clef de voûte du projet, l'élément fédérateur, le catalyseur des idées, celui sans qui le Macintosh que nous connaissons n'aurait jamais été, c'est bien Steve Jobs et c'est incontestable. Le père des pères du Macintosh, en quelque sorte. Le grand-père ? Pappy ?

De là à le considérer comme un saint homme…

Okazou

33 commentaires
1)
Leo_11
, le 05.03.2005 à 08:37
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Wouaw Okazou, cette fois c’est on ne peut pas plus clair…
J’aime tout particulièrement l’idée de « Grand-papa » concenant iPapy je trouve que ça lui colle parfaitement.
Merci pour toutes ces précisions on s’y retrouve quelque peu parmis tout ces bruits et autres fausses révélations.
Savoir que notre machine préférée soit issue d’une multitude de cerveaux « coatché » par un visionnaire-gourou me plaît plus et me semble beaucoup plus plausible que d’imaginer qu’une seule et unique personne aussi douée soit-elle puisse en revendiquer l’ensemble de la conception… A chaqun son « truc », sa spécialité et à partir de là nous pouvons imaginer que les meilleures choses sont encore à venir. Et là se trouve le moteur de toutes créations.

Bon week-end à tous

2)
bb2
, le 05.03.2005 à 08:51
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Historique très intéressante.
Comme dirait d’Artagnan, un pour tous tous pour un.

Merci et bon Dimanche à tous!

4)
Anne Cuneo
, le 05.03.2005 à 09:32
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Dans mon humeur de hier, j’ai donné la version Raskin de la naissance du Mac (je l’ai bien précisé, ce n’est pas la mienne), le laissant survaloriser son rôle, je le vois maintenant, peut-être sans être suffisamment critique. Bravo Okazou, tu rétablis l’équilibre.
Je dois dire pour lui que Raskin a écrit plusieurs fois qu’il était hostile à la souris parce qu’il n’avait pas tout de suite compris en quoi c’était mieux que les touches. Il a aussi dit que Atkins était plus important que lui pour l’interface. Pour ne pas faire trop long, j’ai omis certaines choses.
Raskin reconnaît aussi qu’il fallait quelqu’un qui a le génie de la mise en valeur publique, et que lui, à part interpréter au piano Chopin et Rachmaninov en concert, il n’était pas bon pour ça.
A vrai dire, j’ai flashé sur la personne Raskin – enfin sur les écrits de cette personne. Il dit des choses géniales sur le rapport de l’homme à la machine, au travail, à l’argent, à la violence.
Bref, quel qu’ait été son caractère, à la lecture il est plus sympa que Steve Jobs.
Ça m’aurait fait plaisir, à un niveau purement abstrait, que ce soit lui le père du Mac – je ne dois d’ailleurs pas être la seule, car cette expression de père du Mac, je l’ai prise sur un site que lui ont dédié des fans (pardon, j’ai perdu le lien).
Bref, tout est bien qui finit bien. Okazou complète l’histoire de la naissance du Mac, et nous avons tout de même rendu hommage à un homme dont, quoi qu’il en soit, on regrette la disparition.

Anne

5)
Fabien
, le 05.03.2005 à 10:34
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Merci Okazou ! C’est excatement comme ça que je vois les chose !
Très belle histoire que tu raconte là, et toujours aussi bien écrit.

Bon week-end.

6)
Yip
, le 05.03.2005 à 10:50
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C’est bien ce qu’il ressort de la lecture d’Andy Hertzfled sur le site folklore.org, malheureusement en anglais.

Très belle synthèse, bien écrite, lyrique juste ce qu’il faut… et terminant sur une petite mise en garde sur la déification (ou canonisation) de Steve Jobs qui comme ça a été dit maintes fois, comme beaucoup de génies est un type plutôt imbuvable.

Bravo !

7)
Inconnu
, le 05.03.2005 à 11:05
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Excellente précision car on peut être génial (c’était effectivement le cas de Raskin) et ne pas avoir la bonne « vision »…!!!
Et, tant pis pour ses détracteurs, Jobs a eu cette vision avec le succès que l’on sait… Quitte à flinguer Lisa, à se faire flinguer ensuite par des spécialistes des comptes d’exploitation et finir par se faire virer à son tour…

macdigit

8)
coacoa
, le 05.03.2005 à 11:28
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Voilà un commentaire, Okazou, qui me fait terriblement plaisir, certes parce qu’il est bien rédigé, certes parce qu’il remet les choses en place (sans agressivité aucune), mais surtout parce que sa morale est heureuse, et (pardonnez les digressions), elle laisse apparaître un concept que les simplifications outrancières que l’on voit-lit-entend partout ont tendance à étouffer : l’UNION de personnes (ici géniales) pour réaliser un projet (ici génial itou). Certes il y a un berger, mais il n’était pas seul.

Il me semble que dans presque toutes les grandes histoires il en va de même, que ce soient des histoires heureuses ou moins heureuses.

Je pense à St-Germain-des-Prés (Sartre, Camus, Gréco, Vian, etc…), au Berliner Ensemble autour de Brecht (il n’était pas seul, que serait-il sans Hélène Weigel, Kurt Weill et les autres devenu ?), ou encore au Pop Art autour de Wahrol et sa Factory…

Il y a comme ça des moments précieux dans l’histoire de l’homme où chacun est à la bonne place et où la conjonction de pensées et l’alchimie de leurs échanges permettent de grandes choses (ou les pires atrocités, je tenais à le dire pour ne pas faire l’impasse sur le sujet, mais ce n’est pas le propos du jour).

Bref. Me voilà lyrique. C’est de ta faute Okazou. Tu m’as fait un vieux bien.

9)
Roger Baudet
, le 05.03.2005 à 11:30
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Superbe, Okazou, c’est passionnant comme un polar et complète intelligemment ce qui a été dit hier. Du grand CUK assurément.

10)
bordchamp
, le 05.03.2005 à 12:03
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Cher Monsieur OKAZOU,

J’ai lu votre exposé avec un plaisir gourmand, d’une traite, sans lever les yeux, séduit à la fois par la grâce des mots et par la justesse du ton.
Je ne sais si tous les éléments sont historiquement exacts, mais j’ai envie de croire que les choses se sont bien passées comme ça. L’interaction intelligente des Hommes a toujours été plus fructueuse que la somme de leurs compétences.
C’est ainsi qu’il arrive à certains groupes d’individus — en des moments hélas trop rares — de faire, d’un bond, progresser l’humanité.

Bon week-end à tous.

P.S.: CUK est vraiment un grand site !

11)
Caplan
, le 05.03.2005 à 14:16
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Merci Okazou! J’adore les histoires qui sont racontées comme ça!

Je signale à nos amis romands que 24 HEURES d’aujourd’hui publie une demi-page consacrée au Mac Mini et tresse des couronnes à iLife! ;-))

14)
drazam
, le 05.03.2005 à 15:44
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Merci camarade Okazou !!!

Meric de rappeler la notion de travail d’équipe ici, et que la somme de génies en informatique a pondu un concept toujours d’actualité et novateur plus de 20 ans après.

Et ToZiEnd se joint à moi, heiiin (coup de coude) ToZiEnd ?

____________________________
drazam même pô peuuur

15)
Chichille
, le 05.03.2005 à 18:32
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Si je dis bravo! moi aussi, en 15e position, de quoi je vais avoir l’air hein ?

Bon, ça ne fait rien, BRAVO quand même, c’est un vrai papier journalistique sympa, enlevé, pas naïf pour autant, clair, lisible et tout et tout.

Je me répète donc (et je répète les autres) : Bravo !!!

Cela dit, j’aimerais être sûr qu’Apple n’a pas perdu son âme. S’il n’y avait pas Bill-d’en-face pour mettre notre joujou favori en valeur…

16)
dpesch
, le 05.03.2005 à 23:12
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Bravo aux deux éditorialistes. Vous avez une culture informatique très enviable. Et des talents litéraires indéniables.

Il y avait beaucoup de rancœurs entre Raskin et Jobs. Et pas seulement parce que Jobs avait fait évoluer le projet Macintosh dans un sens qui ne convenait plus à Raskin. Quand ce dernier en 1987, soit plusieurs années après son départ de chez Apple, avait sorti le Canon Cat (un ordi très proche de son projet Macintosh avant l’intervention de Jobs), Cannon arrèta la production après quelques mois seulement (malgré la vente de 20 000 unités) car il s’intéressait au NeXT que Jobs, viré de chez Apple, était en train de finaliser. Jobs aurait accepter que Canon achète des parts dans NeXT à condition que Canon arrète Cat, ce qui fut fait.
Pas dur d’imaginer ce qui put se passer dans la tête de Raskin.
Cela n’enlève pourtant rien au bonhomme qui est, à mes yeux, un genre de mutant, personnage hors du commun dont les facultés sont à mille lieues de celles de la très, très grande majorité de ses contemporains.
Jobs, s’il n’est pas du même bois, est lui aussi un génie ; de ceux qui transforme les idées des autres (et aussi un peu les siennes) en or. Qui aurait parié un dollar sur l’iPod ? Quel autre PDG, viré comme un malpropre, est revenu dans sa boutique pour la porter aussi haut.
Une pensée pour Mr Raskin.
Pour Jobs : total respect.

Un autre type que j’ai adoré : Bill Atkinson. Qu’est-il devenu ?
Si vous ne le savez pas, allez voir là :

http://www.billatkinson.com/aboutTheArtist.html

17)
MadMac
, le 06.03.2005 à 01:21
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Pour les paresseux, Bill Atkinson est devenu « chasseur d’images ».

MadMac

18)
Okazou
, le 06.03.2005 à 07:49
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François > Je te pardonne ;-)

Les autres > Merci, vos commentaires font plaisir mais j’aurais souhaité un peu plus de contestation. Cela dit, j’avoue que j’ai laissé peu d’angle d’attaque. Pourtant, ce n’était qu’un commentaire comme un autre, au départ. Si François avait eu le temps de m’avertir que ce commentaire se transformerait en humeur, je l’aurais moins bâclé, développé un peu plus, j’en aurais recadré plus précisément le contexte. Il y avait là matière à écrire une contribution intéressante.

Tous les événements cités ont bien eu lieu dans la chronologie indiquée et mettaient bien en cause les personnes citées. Mes informations sont de vraies informations, elles sont fiables, triées sur le volet et confrontées à mes souvenirs sur une époque après tout assez proche dans laquelle j’étais impliqué par un intérêt particulier (je bossais sur PC pour gagner ma croûte en jalousant les veinards qui, eux…) pour Apple et ses productions.
On trouve sur la Toile tout ce qu’il faut, presque toujours, mais la vérité est enveloppée d’une chappe assez monstrueuse d’énormes conneries et pour atteindre le diamant il faut d’abord briser la gangue qui le masque. En ce moment, libéralisme oblige (« morale » marchande), le monde est con, il est donc normal de s’attendre à ce que la liberté d’expression offerte à tous via la Toile entraîne l’énoncé d’un paquet de conneries. De plus, lorsque quelqu’un meurt, il est de bon ton de le couvrir d’hommages trop souvent immérités. Chez un mort, le plus intéressant c’est sa vie, comme elle fut :-) Elle est écrite une bonne fois et n’est pas à réécrire comme certains réécrivent l’histoire. Chassez la vérité, elle revient au galop !

Anne > Pas facile de manœuvrer sur la nef Apple. Les vents sont incertains et la houle croisée nous entraîne dangereusement vers des contrées embrumées. Méfions-nous des sites de fans. Ils sont charmants, ces gentils fanatiques, mais le réel n’est pas leur moteur, c’est le rêve.
S’il est un homme remarquable sous tous rapports, pour la genèse du Macintosh, c’est à mes yeux ce cher Atkinson et j’ai cru remarquer que je ne suis pas seul à le penser. Raskin était douteux, Atkinson est lumineux. Savoir le bonhomme heureux (voir le lien de dpesch-16) m’amène à penser que ceux qui ont su être étrangers à l’orgueil et lisses à la rancœur (ceci expliquant cela) sont payés de retour.


Dépolluons la vie !

19)
Anne Cuneo
, le 06.03.2005 à 11:14
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Okazu > Je constate que, effectivement, si tout le monde n’est pas unanime pour Raskin (la preuve, voir ici…), même s’il y a deux camps forts l’un et l’autre (;-)), personne ne discute à propos de Bill Atkinson. C’est l’admiration et c’est tout. Je suis allée visiter son site et j’ai lu quelques articles sur Internet ce matin, quel gars… Dans le panier de crabes, il a fait la seule chose possible pour son bonheur personnel, sans aucun doute: se tirer et faire autre chose. Je suis frappée par le fait que ces deux personnalités remarquables, quels que soient leurs mérites respectifs face au Mac, avaient, à côté de l’informatique, un rêve personnel qu’ils cherchaient à réaliser en parallèle: Raskin le piano (et là-dessus c’est unanimité) dont il était un remarquable virtuose, Bill Atkinson c’était la photo, il y en a vraiment de très belles.
Mais ce qui les rend aussi passionnants l’un que l’autre, c’est que tous deux ont cherché des moyens de mettre la machine, la science informatique, au service de l’homme, qu’ils voulaient que l’homme passe avant la machine, et qu’ils ont essayé, fait de leur mieux. L’un (Jeff) avait peut-être des limitations caractérielles que l’autre (Bill) n’a pas, mais c’est égal.
Le panier de crabes c’est une chose, mais pas l’essentiel: l’essentiel, c’est que l’informatique a été rêvée par certains pour chercher à rendre plus belle la vie des hommes. Ce que le monde de l’argent en fait ensuite (et je n’exclus personne), c’est une autre paire de manches, même si le panier de crabes de ce monde-là met périodiquement en danger ce que le rêve des Bill et des Jeff a de meilleur.

Anne

20)
MadMac
, le 06.03.2005 à 20:50
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En ce moment, libéralisme oblige (« morale » marchande), le monde est con, il est donc normal de s’attendre à ce que la liberté d’expression offerte à tous via la Toile entraîne l’énoncé d’un paquet de conneries.

La preuve! La connerie a précédé le libéralisme, Okazou. Elle y survivra assurément, en admettant, pour que tu fasses de beaux rêves cette nuit, qu’il soit amené à disparaître.
Songe cependant que le Mac est le pur fruit du libéralisme et du capital risque. La société post-industrielle, c’est même l’arme fatale qui est venue à bout du socialisme en quelques années. L’industrie militariste russe ne pouvait plus suivre…

MadMac

21)
Chichille
, le 06.03.2005 à 21:07
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Bill-d’en-face aussi est un enfant du libéralisme. Il l’est même encore sans doute plus que notre papy préféré et honni à la fois, parce que lui (Bill) il a réussi à imposer une mauvaise idée et de mauvais produits.

Tout ce qui est con n’est pas libéral, mais tout ce qui est libéral est con.

22)
Okazou
, le 07.03.2005 à 00:17
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« La preuve! La connerie a précédé le libéralisme, Okazou. Elle y survivra assurément, en admettant, pour que tu fasses de beaux rêves cette nuit, qu’il soit amené à disparaître. »

S’arrêter, comme tu le fais, au simple énoncé de bon sens sur l’éternité de la connerie t’empêche de remarquer un élément de la première importance : À qui profite le crime ?

Alors, si à partir du point où tu as décidé d’interrompre ta réflexion, tu la reprends, au contraire, tu ne seras pas sans remarquer que la seule idéologie qui profite de la connerie des gens c’est l’idéologie libérale.

Si tu veux que je développe, au cas où…


Dépolluons les esprits !

23)
MadMac
, le 07.03.2005 à 00:23
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Tout ce qui est con n’est pas libéral, mais tout ce qui est libéral est con.

Je n’adhère qu’à la première partie. Et pour cause: tes propos l’illustrent dans la seconde!

MadMac

24)
pilote.ka
, le 07.03.2005 à 09:50
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L’article d’anne m’avait mis mal à l’aise: Voici doncle génreux inventeur du mac, victime expiatoire de l’égoisme des hommes, tombé dans l’oubli de l’histoire.
Généralement je n’aime pas ce genre d’hommage parce qu’il ne fait pas la part des choses (Il a quand même toujours refusé la souris ce qui n’est pas rien au regard d’aujourd’hui où l’on fabrique des souris à 8 boutons!!!)
Les choses sont toujours plus complexes qu’une agiographie, et surtout la réalité est bien plus compliquée.
Merci Okazou

25)
J-C
, le 07.03.2005 à 09:58
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Bonjour!

Juste pour dire que le dernier numero d’iCreate comporte une interview de Raskin…

Un ego vraiment démesuré… et une impression de malaise à la fin de la lecture…

26)
dpesch
, le 07.03.2005 à 10:33
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aujourd’hui où l’on fabrique des souris à 8 boutons!!!

On pourrait songer à les remplacer par des claviers !

Bon, je sors !!! (citation)

27)
MadMac
, le 07.03.2005 à 13:25
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Les souris à 8 boutons sont de fabrication suisse, et leur mécanique à complication rappelle l’industrie horlogère! Logitech fait des outils de précision, et le prix de la MX 1000 la place dans la catégorie des objets de luxe.

Okazou, soliloque si tu veux, mais j’ai mieux à faire que de lire ton brouet politique. Si tu as du temps à tuer, écris-nous de bons articles. Tu viens de montrer que tu en étais capable, et au moins je te lirai sans me décrocher la mâchoire.

MadMac

28)
alec6
, le 07.03.2005 à 14:21
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Chers amis !!

La MX 1000 est nulle !! ne l’acquierez point !
on frôle le degrè zéro de l’ergonomie physique (il faut n’avoir aucune idée de l’endroit où se situent les doigts d’une main droite pour placer les boutons de cette façon) et on atteint définitivement le plancher de l’ergonomie logicielle quand il s’agit principalement d’ajuster le déplacement de la souris à son propre usage (le déplacement de la souris est toujours constant, quelque soit sa vitesse de déplacement).
J’ai heureusement conservé ma Kensington « de base » autrement plus performante côté logiciel du moins !

Alexis… tous les défauts et d’autres en plus…

29)
drazam
, le 07.03.2005 à 18:54
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Alec6, risquée la conjugaison à l’impératif du verbe acquiérer !

Une souris à 8 boutons ergonomiques, mouarf, mais les envahisseurs sont là m’sieur Vincent !

_________________________________
signé drazam, même pô peuuur !

30)
MadMac
, le 07.03.2005 à 18:54
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J’ai possédé une souris sur le même moule que la MX1000. Cette forme va bien à ma grande main, mais s’il n’y a pas d’accélération, c’est sûr que ça le fait pas! Comme quoi l’e progrès technique n’est pas toujours intéressant. Les souris bluetooth, c’est bien gentil, mais faut une deuxième souris pour assurer le coup en cas de problème, et le temps de latence est paraît-il rédhibitoire pour jouer. En fait, rien ne vaut une souris avec fil, et peut-être à bille, parce qu’au lieu de nettoyer la bille, comme avant, je nettoie les quatre patins sous le capot et la diode est moins fiable, alors bon!
Quant aux écrans plats TFT, ils sont plus beaux, ils conomment trois fois moins d’énergie mais ils sont aussi bien moins performants que les bon vieux tubes cathodiques. Et tellement plus chers! Rageant, non?

MadMac

31)
JcH
, le 07.03.2005 à 22:55
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« paternité virtuelle ou réelle, et pourquoi pas maternité ?  »
Mon composant « petite fille » applaudit aussi !!!!

Merci au cas où …

32)
alec6
, le 07.03.2005 à 23:01
[modifier]

hoooa heeu, Drazam, quoi, y-a un « i » en trop, pô grav’

Alexis… tous les défauts et d’autres en plus…

33)
Okazou
, le 09.03.2005 à 04:48
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Je ne résiste pas à l’envie d’envoyer les plus courageux d’entre vous admirer la prose d’un journaliste du vénérable journal Le Monde, Alberganti, comme toujours parfaitement informé et comme toujours sans vergogne aucune.

« Jeff Raskin, l’inventeur du Macintosh »

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-400100,0.html

Ça vaut son pesant de professionnalisme journalistique. Quand il y a des âneries à écrire, Alberganti s’en voudrait de ne pas être le premier à prendre la plume pour nous dispenser la bonne parole.

Pour les non-initiés, il faut rappeler que l’Alberganti en question est le spécialiste de la rubrique informatique du quotidien vespéral et qu’il consacre beaucoup moins de 3% de ses articles au Macintosh. Ce qui lui permet, d’ailleurs, de nous dresser l’historique de la firme.

Je ne sais pas où va le monde avec des spécialistes aussi bien choisis mais cela ressemble à un mur. Si Beuve-Méry voyait ça…


Dépolluons les esprits !