Très souvent, les logiciels grand public d'Apple restent en deçà de mes attentes. Trop simples, pas assez puissants, j'ai souvent tendance à finir par aller voir chez la concurrence, souvent bien plus chère d'ailleurs. Mais ça ne fait rien, quand on aime, on ne compte pas.
Lorsque j'ai vu Pages sur le site d'Apple au lendemain du Keynote de San Francisco, j'ai immédiatement été titillé par les spécificités de ce produit, en étant malgré tout un peu inquiet. N'allais-je pas retrouver les manques habituels de certains logiciels de mon éditeur favori?
Dès lors, je n'ai eu de cesse qu'essayer au plus vite Pages, pour voir comment il se comportait en réalité.
Premier contact avec le CD: aucun problème. Un installeur standard Apple vient déposer tout ce qu'il faut sur votre disque pour que Keynote 2 et Pages soient fonctionnels.
J'ai donc lancé Pages immédiatement, un peu inquiet mais surtout très excité. Allais-je être déçu alors que j'attendais tellement de ce programme?
Pages, premiers contacts avec les modèles
Pages, à l'ouverture, tout comme Word ou AppleWorks, vous propose de choisir entre 38 modèles, qui devraient répondre à la plupart des situations face auxquelles vous devriez vous retrouver lorsque vous commencez un texte.
Les catégories de modèles sont:
"En Blanc" étant l'équivalent d'un document vierge
Je choisis donc un modèle au hasard, juste pour voir.
Un peu lourd, certes, mais d'autres sont plus épurés. En
général,
ces modèles sont bien pensés et bien réalisés. Assez "classe"
Il suffit de cliquer sur les zones de texte pour remplacer ce qui est proposé par défaut. Chaque zone garde son style propre. De même, il suffit de glisser vos images depuis votre bureau, iPhoto ou iView Media Pro vers une zone image, et cette dernière sera automatiquement recadrée pour remplir les réserves proposées.
La modification est en cours...
Tout cela se fait à la vitesse grand V, ce pour autant que vos textes soient déjà écrits ou que vous les ayez dans la tête, bien sûr.
Lorsque la page est terminée, vous allez pouvoir en ajouter une, parmi celles proposées et préparées pour le modèle précis avec lequel vous travaillez.
Vous l'avez compris, Pages est fait pour vous faciliter la vie. Mais très franchement, tout cela, c'est très bien pour ceux qui aiment les choses toutes faites. Moi, je n'aime pas trop utiliser ces modèles, parce que l'on finit toujours par les retrouver chez quelqu'un d'autre. C'est comme avec les WordArt de Microsoft (sauf qu'avec Pages, le bon goût est souvent de la partie): à force de les voir sur les cartes de bistrot, il ne nous viendrait plus à l'idée de les employer.
Remarquez que l'un de ces documents types peut très bien représenter le point de départ de la création d'un modèle qui vous est propre, que vous éditerez comme bon vous semble, et qui viendra ensuite, pour autant que vous l'ayez sauvegardé comme tel, dans la zone de départ de choix de modèles, zone qui pourra d'ailleurs ne plus s'afficher à chaque fois que vous demandez un nouveau document, si vous décidez dans les préférences de démarrer avec une page vierge.
À ce propos, pour revoir cette zone de choix de modèles un jour dans ce cas, vous n'avez pas d'autres possibilités que de retourner dans les Préférences pour demander à nouveau son affichage. Une petite ligne de menu à la Word "Bibliothèque de projets..." aurait été bienvenue, mais... je fais le difficile, là.
Pour en revenir à nos modèles, heureusement, cette faculté de vous offrir du "clé en main" n'est qu'une petite partie de la puissance de Pages.
L'interface de Pages, où l'inspecteur tient un rôle prépondérant
Si vous avez déjà utilisé Keynote 1, testé ici, vous serez en terrain de connaissance puisque Pages, tout comme Keynote 2 d'ailleurs, qui se trouve être très proche, reprend cette philosophie d'interface, qu'est l'Inspecteur, à mon plus grand bonheur d'ailleurs.
Ici, l'inspecteur des mesures. Tiens, étrange, les
informations du fichier sélectionné
se trouvent dans cet onglet, et pas dans l'inspecteur des
graphiques. Bon... D'accord...
Pour peu que vous éditiez des documents avec pages opposées, cet Inspecteur peut devenir encombrant. Heureusement, il est possible de le masquer et de l'afficher d'un simple raccourci clavier.
Je suis assez content d'avoir un 17 pouces comme
portable...
Ici, l'inspecteur masque les styles.
Cet inspecteur est divisé en 10 pages principales pour autant de boutons le surplombant.
De gauche à droite nous trouvons donc les inspecteurs
- de documents
- de dispositions
- d'habillage
- des textes
- des graphismes
- des mesures
- des tableaux
- des graphiques
- des liens
- QuickTime
Je reparlerai d'eux plus bas, il va de soi. Il faut aussi savoir que chaque inspecteur se divise la plupart du temps en plusieurs sous-pages. Tout Pages se contrôle ici, d'où l'importance de sa présentation et de son ergonomie.
La sobriété de la page de départ
Pages est d'une grande sobriété lorsqu'on l'ouvre sur un document vierge.
Et encore, j'ai sorti le tiroir des styles!
La barre d'outils peut, comme celle de tous les programmes moderne, être totalement réorganisée selon votre bon plaisir.
Nous avons donc lancé le programme, ouvert un document vierge. Nous nous trouvons face à une page blanche avec un curseur clignotant, un peu comme dans n'importe quel traitement de texte.
Pages, un traitement de texte complet
Il est donc possible dès cet instant de taper des caractères, tout à fait normalement. Et puisque nous en sommes à ce niveau, et bien regardons les possibilités du logiciel au niveau de l'édition de texte pur.
Vous aurez d'abord choisi l'option "Afficher les règles" du menu "Affichage". Cela vous permettra besoin de modifier les marges, comme vous avez l'habitude de le faire. Vous demanderez peut-être aussi, dans le même menu, d'"afficher la disposition".
Vous voyez ainsi apparaître les zones d'en-tête, de corps et de pied de page. Elles ne vous conviennent pas au niveau de leur taille? Il est alors déjà temps de faire appel à l'Inspecteur dont j'ai déjà parlé plus haut.
On appelle l'inspecteur à l 'aide du bouton dédié, ou du raccourci commande-I
Ici, nous allons cliquer sur l'onglet "Inspecteur de Documents ", puisque c'est lui qui nous intéresse.
Vous le constatez, tout est possible, comme par exemple créer des pages opposées (pour des marges homogènes dans une brochure), gérer la césure et les ligatures. C'est ici que vous réglerez donc vos marges, vos en-têtes et pieds de pages.
Lorsque j'écris que tout est possible, j'exagère un tout petit peu. En effet (merci Alynpier de me l'avoir signalé), il n'est pas possible de créer un format de document personnalisé sans avoir préalablement créé ce format dans la zone "Format d'impression...". Dommage parce qu'à l'époque des documents PDF lisibles sur écran, on pourrait imaginer qu'on puisse s'affranchir de ce genre de petites contraintes. Cela dit, si j'ai besoin d'un format spécial, je le créerai pour mon imprimante, et je l'utiliserai ensuite dans Pages.
Je reviendrai à cette zone Documents et à ses différents onglets plus bas.
Pendant que vous y êtes, si vous le désirez, vous pouvez, en cliquant sur les règles verticales et horizontales, tirer des guides d'alignement pour vous aider à placer des objets plus tard. Remarquez qu'il est bien entendu possible de tirer ces repères après coup.
Taper du texte se fait comme dans n'importe quel traitement de texte. Mais je dois dire que, comme dans Nisus et contrairement à Mellel qui me fiche la sinistrose, le travail dans Pages est clair et agréable. La vitesse de frappe est tout à fait convenable, et l'ergonomie est au rendez-vous, ce qui est tout de même important si l'on sait qu'un traitement de texte est un outil avec lequel on travaille souvent de nombreuses heures quotidiennement.
Mon Dieu! Quand je compare l'interface de Pages avec celle de Word sur Windows XP...
À l'aide de l'inspecteur de Texte, vous réglerez évidemment les éléments nécessaires à la bonne présentation de votre document.
Vous remarquerez que tout est disponible sur cette sous-page texte au niveau de l'alignement, de la couleur du texte, de l'écartement entre les caractères (pas si fréquent ça!) et les lignes, ainsi que les traditionnels espaces avant et après paragraphes. Les zones alignement vertical et "Insérer une marge" sont en grisé parce qu'elles n'entrent en ligne de compte que dans une zone de texte sous forme de bloc, comme nous le verrons plus bas.
Il est ici possible de gérer des listes numérotées avec toute la puissance nécessaire à des exigences extrêmes.
Ce qui donne des choses de ce type:
...ou bien plus compliquées encore!
Notez que les listes, puisque nous parlons d'elles, peuvent être de nombreux types au niveau de leur présentation et de leur numérotation. Elles seront la plupart du temps mises en forme à l'aide des styles de listes déjà définis par le programme, mais modifiables par l'utilisateur.
Ces listes sont atteignables par la barre d'outils ou via le tiroir des styles. Et puisque j'en suis à parler d'eux, autant que ce soit avec un sous-titre.
Les styles efficaces, puissants, mais qui restent à la portée de tous
Trop de mes connaissances n'utilisent jamais les styles. Et pourtant, qu'est-ce qu'ils sont utiles et nous font gagner en cohérence de présentation de nos documents.
J'ai des titres qui ne me plaisent plus? D'un coup d'un seul, je les change tous, en modifiant justement leur style une seule fois.
Pages dispose de styles prédéfinis, que l'on peut voir en cliquant sur un bouton dans la barre d'outils...
ou en affichant le tiroir des styles...
Comme vous le constatez, ce tiroir affiche ici les styles de paragraphes seulement, mais en cliquant sur les deux petits boutons du bas, j'obtiens carrément ceci:
La gestion des styles de caractères, tellement importants pour ne changer que quelques signes par exemple d'un paragraphe auquel on a déjà assigné un style de... paragraphe justement! Ainsi, si l'on change ce dernier, le changement de style de caractères reste bien présent, lui. Très pratique lorsque vous décidez de changer d'un coup toutes les mises en évidence à l'intérieur de votre document.
Le style actif est signalé dans le tiroir par une petite flèche noire.
Le style actif que vous avez peut-être modifié est quant à lui signalé par un même triangle, mais rouge.
Quelle que soit la couleur, vous pouvez cliquer sur ces petits triangles et la zone suivante s'affiche:
Comme vous le constatez, travailler avec les styles est d'une simplicité enfantine. Tout juste aurait-on souhaité avoir un résumé du style sélectionné. Cela n'empêche pas la puissance, regardez plutôt!
Nous avons donc bien ici à faire à un logiciel de traitement de texte très poussé, avec gestion des veuves et des orphelines, des styles à faire suivre après un autre style (pratique de pouvoir aller directement à "corps de texte" après avoir tapé un titre par exemple).
Le décalage de la ligne de base vous permettra de créer un style "exposant" qui vous est propre.
Oh que c'est facile à mettre en œuvre tout en restant puissant tout ça, et utile lorsqu'il faut aligner selon notre envie une image en mode texte! Et vous pouvez utiliser tout cela hors des styles, il va de soi.

Un petit -6 a été entré dans la zone de décalage. Sans cela,
j'aurais obtenu:
Puisque j'en suis aux styles, j'aimerais signaler une bizarrerie: si vous sélectionnez un texte auquel on a donné le style "Légende", que vous le copiez, vous pouvez le coller ensuite à un autre endroit du document, qui lui est affublé du style "Texte normal".
Si vous choisissez l'option "Coller", le texte est collé et garde le style de départ.
Si vous choisissez l'option "Coller le style et l'appliquer", le style de départ est oublié et le nouveau texte apparaît dans le style de la zone ciblée. J'aurais fait personnellement le contraire. Et ce n'est pas une erreur, vu que le manuel donne bien ces indications.
Enfin, il est à signaler, et c'est tant mieux, que via la commande "Importer les styles" du menu "Format", vous pouvez reprendre les styles qui vous plaisaient tant d'un modèle, ou d'un document que vous aviez créé préalablement.
Des colonnes, des sections et des dispositions
Il est possible de diviser son document à l'aide de sections mais aussi de dispositions.
Lorsque l'on insère un saut de section, on insère également un saut de page. Il est ainsi possible de changer les en-têtes et pieds de pages dans un document, à chaque nouvelle section si désiré. Tout se règle dans l'inspecteur:
Attention: un seul format d'impression est disponible pour un document. Il est impossible par exemple d'avoir une section au format portrait et la suivante au format paysage.
Une "disposition" est en fait ce que Word appelle un saut de section continu. Vous insérerez un saut de disposition pour changer le nombre de colonnes au milieu d'une page par exemple.
Un petit clic sur "Afficher les dispositions" vous permet de mieux visualiser cela.
Une disposition avec une colonne, puis deux colonnes (avec
gouttière),
puis à nouveau une colonne
Ces colonnes peuvent être réglées à l'aide de l'inspecteur...
... ou via la règle, sur les zones grises prévues pour les déplacer.
Notez également que la disposition peut avoir des marges avant et après ce qui peut être bien utile. En effet, le premier paragraphe d'une disposition ne tient pas compte de l'espace placé avant lui, et le dernier paragraphe d'une disposition ne tient pas compte de l'espace placé après lui. Les marges avant et après sont donc indispensables.
Notez que j'aurais apprécié qu'un style de dispositions soit également disponible! D'un seul coup, revenir à deux colonnes avec marges de 0.3 cm avant le début de la zone serait bien agréable. Ici, il faut à chaque changement revoir la chose.
Des notes de bas de page et une table des matières, des liens et des signets
Pages peut être utilisé pour gérer des documents longs via ses sections et ses dispositions. Il gère donc, comme il se doit, une table des matières.
Cette table est basée sur les styles utilisés, ce qui est une manière de faire habituelle et simple à mettre en œuvre.
C'est donc dans l'inspecteur montré à la figure précédente que l'on choisit si le numéro de page est indiqué, et quels styles de pages doivent être pris en compte. Les styles de paragraphe de la table des matières elle-même peuvent très bien être personnalisés.
Ce qui est plus fort encore, c'est que la table des matières peut être insérée n'importe où. Par exemple en début de section 3. En ce cas, cette table ne répertoriera que les paragraphes depuis l'endroit où elle se trouve jusqu'à... la prochaine table des matières. Génial!
Evidemment, si l'on ne veut qu'une table des matières répertoriant tout le document, il suffira de la mettre au début. Petit inconvénient: il n'est pas possible d'avoir à la fois une table principale et des sous-tables.
Dommage, vraiment dommage: contrairement à inDesign (testé ici), Pages ne reprend pas les données des tables des matières lorsqu'il s'agit de faire un index pour un fichier PDF.
Les liens et les signets sont éditables via un inspecteur spécial:
On pourra ainsi placer le curseur à un endroit, cliquer sur le bouton "+" dans l'inspecteur de lien et donnner un nom au signet qui apparaît. Depuis n'importe quel endroit de votre document, vous créerez au besoin un lien vers ce signet.
C'est très pratique certes, mais ces liens sont inopérants si vous exportez au format PDF. Ils le seront uniquement au format propre à Pages, ou au format HTML (URL et liens vers les signets compris).
En ce qui concerne les notes de bas de page, celles-ci sont également personnalisables:
Je pense que les figures qui précèdent parlent d'elles-mêmes. Il est à noter toutefois qu'il n'est pas possible de rassembler les notes de bas de page en fin de section ou en fin de document.
Quant aux index, gageons qu'il s'agira d'une nouvelle fonction de la version 2 de Pages!
D'autres "plus" pour le texte pur...
Avant de quitter les notions de traitement de texte pur et dur, je voudrais encore toucher du doigt deux fonctions parmi tant d'autres de Pages.
La première: les tabulations. Alors que Nisus par exemple, en version 2, ne gère toujours pas les points de conduite, Pages le fait en version 1 exactement comme on l'attend d'un traitement de texte moderne.
Et puis, comme le fait Nisus, toujours lui, depuis la nuit des temps, mais Word depuis deux versions seulement, la sélection discontinue est de la partie, en sélectionnant des parties de textes tout en gardant la touche "Commande" enfoncée.
...et un gros "moins", l'absence de correction grammaticale
La correction orthographique de Pages ne casse pas des briques. Certes, elle permet de sélectionner des paragraphes et de leur attribuer une langue différente, et en ce cas, le correcteur utilisera le bon dictionnaire pour chaque passage, mais pour le reste, il faudra se contenter du correcteur intégré aux services.
Pour l'orthographe d'usage, tout va très bien, mais la correction grammaticale est tout bonnement absente.
Pas trop grave me direz-vous si vous possédez Antidote ou ProLexis et leurs adaptateurs universels? Oui, tant que vous n'utilisez pas les feuilles de styles. Mais le fait de passer le contenu de votre texte dans le presse-papiers pour le faire corriger par le correcteur, suffit à perdre justement ces feuilles de styles, ce qui n'est tout bonnement pas acceptable.
Je suis certain que Diagonal et Antidote (les éditeurs de ProLexis et d'Antidote) vont se dépêcher de réagir. Je vais de mon côté faire le nécessaire pour mettre la pression afin que de nouveaux adaptateurs soient disponibles.
Il y a un sacré marché, là, mes amis!
Pour l'instant... il faut faire avec ce manque.
Tout comme il faut accepter le fait que la césure ne soit pas personnalisable au niveau du nombre maximum de lettres laissées en fin de ligne, ou à celui du nombre de césures consécutives. Le document en son entier est déclaré "césurable" ou non, mais si c'est le cas, il est possible de dire qu'un paragraphe ne doit pas comporter de césure à l'aide de l'inspecteur des textes.
Cela dit, et il s'agit là du seul bug que j'ai rencontré, cette césure ne fonctionne pas dans la version que j'ai à ma disposition. La finale sera-t-elle corrigée? J'en doute un peu, espérons.
Ça marche pô...
Autre absence à remarquer: les lettrines ne sont pas disponibles automatiquement. Ce n'est pas trop difficile d'en créer une avec une zone de texte à une lettre, mais une véritable gestion du type "combien de lettres et combien de lignes" n'est pas encore disponible dans cette version.
Un tableauteur puissant mais pas exempt de tout reproche
Bon Dieu que les modules de tableaux ont fait des progrès ces dernières années! Pages ne fait pas exception, et nous livre un module abouti et ergonomique.
Tout commence par une insertion à l'aide du bouton ad hoc.
Ce qui m'énerve un peu, c'est que je n'ai pas le choix dès le départ de mon tableau, j'obtiens toujours ceci:
Vous me rétorquerez qu'il est possible de tracer son tableau en glissant la souris à l'aide de la touche Option. C'est vrai. Mais si j'ai alors le choix de la taille, je n'ai pas celle du nombre de colonnes.
Vous ajouterez qu'il est possible aussi de créer un style de tableau par défaut pour chaque modèle, ce qui pour certains sera très utile.
Vous me direz qu'à l'aide de l'inspecteur, tout est possible.
Tout cela est vrai, mais une petite zone de dialogue peut être tout de même assez intéressante pour indiquer combien de colonnes et de rangs je désire, comme cela se fait si souvent chez la concurrence.
Plus ennuyeux: il n'est pas possible d'écrire verticalement (rotation à 90 %) autrement qu'en insérant une zone de texte à laquelle on aura fait subir cette même rotation. Il faudra encore grouper le tableau et la zone de texte, mais en ce cas, ni l'un ni l'autre ne seront éditables avant de les avoir dégroupés. Il est possible également de coller la zone de texte et de la coller comme une image dans la cellule. En ce cas, la zone n'est plus éditable mais le reste du tableau peut être modifié sans problème.
Le pire, c'est que je suis arrivé, je ne sais pas comment, à faire en sorte que les deux soient éditables. J'ai tout essayé, j'ai consulté le mode d'emploi, il n'y a rien à faire, je n'arrive plus à parvenir une nouvelle fois à mes fins. Étrange aussi: j'ai réussi à insérer une fois un tableau dans un tableau. Plus ensuite. Si quelqu'un a une idée...
Allons-y encore avec les critiques de petits détails: il n'est pas possible de tracer des contours de cellules en diagonale, et les sommes ainsi que tout calcul simple n'est pas disponible dans ce module, alors que Word le propose, lui.
Pour le reste, il faut avouer que l'on touche la perfection. Tout est possible, répétition des lignes sur des tableaux plus longs qu'une page, tabulateurs à l'intérieur des tableaux (utiliser Option-Tab pour les rendre effectifs), fusion horizontale et verticale, insertion d'image, modification des bordures, et j'en passe, tout cela de manière tellement évidente que je vous laisse le soin de faire vos expériences vous-même.
Cela dit, la sélection d'une cellule prend une bonne seconde
quand le tableau devient
un peu sophistiqué, par exemple lorsqu'il comporte comme ici
des ombres et des images.
La recherche et le remplacement
Rien de bien particulier à dire au niveau de rechercher-remplacer. Il est possible, en cliquant sur "Avancé", de rechercher un mot qui se trouve dans un style bien précis de votre texte.
Notez que pour rechercher un caractère spécial comme une tabulation, il vous faudra préalablement taper la touche "Option".
Bref, l'indispensable est là, mais il se pourrait que certains aient besoin de plus. Personnellement, ça me suffit.
Voilà. Je crois avoir fait le tour des principales fonctions texte du logiciel.
Mais Pages peut bien plus.
Un metteur en page plein de ressources
Comme je l'ai indiqué en début d'article, Pages est capable de travailler avec des modèles de documents. Et comme je l'ai dit aussi, vous pouvez les modifier, ou en créer d'autres.
Vous allez créer des réserves, que vous remplirez ou non avec ce que le logiciel appelle des "textes pour espaces réservés". Que sont-ce? Tout simplement un texte explicatif dans une réserve, qui lorsqu'on clique sur elle, se sélectionne dans son entier et disparaît à la première frappe pour laisser la place à votre texte personnel.
Vous pourrez également incorporer des fonds de page qui ne seront plus accessibles (à moins de le demander expressément), comme des filigranes.
Pour ce faire, vous allez simplement déposer des objets sur votre page.
À chaque fois que l'on modifie la taille d'un objet, on obtient ses coordonnées précises (largeur et hauteur) en temps réel. De même, lorsqu'on le déplace, on a en permanence les coordonnées x et y à disposition.
Les objets en ligne et les objets fixes
Comme c'est souvent le cas lorsque l'on parle mise en page, vous pouvez incorporer vos objets de manière à ce qu'ils soient fixes dans la page (en ce cas, le texte court autour), ou qu'ils soient "en ligne" pour reprendre la terminologie de Pages. En ce cas, ils suivent le texte.
Ce qui est assez génial, c'est que vous pouvez en quelque sorte faire un mixage des deux solutions, ce qui est impossible à faire par exemple avec inDesign CS.
En effet, vous pouvez demander que l'objet soit en ligne ET que le texte qui l'entoure l'habille. Le réglage de la figure précédente a permis de réaliser ce qui suit:
Je rajoute un paragraphe en haut de ma page...
Le deuxième graphique "en ligne" et qui est habillé suit le texte sans problème.
Vous pouvez donc créer des mises en page complexes à la page 37 de votre document, qui ne seront pas chamboulées si vous supprimez le premier paragraphe de la page 3.
En ce qui concerne l'habillage, le retrait du texte pour chaque objet est paramétrable (voir inspecteur plus haut) et certaines formes complexes comportant un canal Alpha pourront être habillées en suivant leur contour précis, mais vous aurez dû préalablement préparer cette image dans Photoshop ou tout autre programme permettant ce genre de manipulation.
Les zones de texte et le chaînage de blocs
Une zone de texte est un rectangle dans lequel, vous allez entrer... du texte (je vois que l'on suit même au fond). Cette zone peut être ensuite placée comme n'importe quel autre objet graphique dans votre document, en ligne ou fixe sur la page, habillée ou non. Vous remarquerez que la marge est paramétrable entre le texte et son cadre, qu'il est possible de centrer un texte verticalement et horizontalement dans la zone.
Tout objet peut recevoir du texte. À la différence de ces derniers, la zone de texte est un bloc qui peut être chaîné avec une autre zone de texte. Il suffit pour ce faire
- de créer une première zone de texte
- de cliquer sur le petit carré bleu à sa droite. À cet instant, une deuxième zone de texte est créée automatiquement.
- Vous la déplacez, et vous cliquez sur la poignée droite bleue de cette deuxième zone, ce qui crée une troisième zone, et ainsi de suite.
Le texte que vous taperez alors coulera automatiquement vers la deuxième zone, puis vers la troisième.
Tout cela est très bien, mais deux choses sont à regretter:
- il n'est pas possible de changer l'ordre de chaînage des blocs (on peut bien entendu changer leur place mais l'ordre de chaînage reste calqué sur l'ordre de création
- il n'est pas possible de visualiser les liens, comme le proposent les grands programmes de mise en page. C'est vraiment dommage parce que cela ne devait pas être très difficile à réaliser.
Les figures que l'on peut remplir par du texte et des images
Les figures sont des objets graphiques de types lignes, flèches, phylactères, ou formes diverses.
Les formes géométriques (hors lignes ou flèches) peuvent être remplies par du texte, comme toute zone de texte, mais aussi par des images.
Comme vous le voyez, pratiquement tout est possible, y compris au niveau de la transparence et des ombres. Et avec quelle facilité, quelle puissance et quelle précision!
Les images peuvent remplir un objet de diverses manières.
Ici, j'ai choisi pour bébé une teinte violette...
du plus bel effet! Tu ne m'en veux pas hein Théo?
La différence entre une figure remplie avec du texte et une zone de texte? Je n'en ai vu qu'une: il n'est pas possible de chaîner des figures entre elles.
Quel dommage qu'une forme libre ne soit pas à disposition! Elle serait bien pratique pour inclure une image complexe.
Les images rognées, zoomées grâce au masquage
Lorsque vous intégrez une image dans Pages directement sur la page (sans passer par une réserve), cette dernière, si elle est trop grande pour la page, se recalcule sa taille pour tenir entre les marges (voir plus bas les formats reconnus par notre logiciel).
Pour autant que votre image soit de type "Fixée sur la page" (par opposition à "en ligne"), vous pourrez la rogner grâce à la commande "Masquer" du menu "Format".
Dès cet instant, un masque vient recouvrir une partie de votre image.
La partie de l'image qui sera affichée est normale, le masque est grisé. Il suffit de déplacer l'image normale dans le masque, de cliquer sur une de ses poignées et de la déplacer pour changer sa taille, ou de commande-cliquer pour la faire pivoter.
Ensuite, on double-clique sur l'image, et le masque disparaît (permettez que je remette ma cathédrale droite, nous sommes à Lausanne, pas à Pise...). L'image est rognée...
... mais elle n'est pas détruite! Un double-clic sur elle la fait réapparaître en son entier, avec son masque.
Rappelons que ce masquage ne fonctionne que sur les images fixées sur la page. Cela dit, une fois que vous avez recadré votre illustration, rien ne vous empêche de la mettre en ligne. Mais pour la retravailler, vous devrez la redéclarer fixe.
Je précise que je me suis amusé ici avec des images d'environ 3 Mb, tirées d'un Minolta A200. Et bien je peux vous dire que le programme rame un peu lorsqu'il faut effectuer ces recadrages. Il faut travailler tranquillement disons.
Le grapheur intégré
Pages ne dispose pas d'un tableur de type Excel. iWork non plus d'ailleurs. Donc les calculs devront être effectués à l'extérieur du programme. Néanmoins, un grapheur vous permettra d'agrémenter vos documents, et comme toujours, tellement facilement qu'en cinq minutes, je vous ai concocté la merveille de légèreté et de classe que voici:
Bon d'accord, c'est un peu chargé, mais c'était pour montrer...
Ici également, les inspecteurs de texte et de graphismes sont importants pour régler les polices et les couleurs, mais une page spéciale est dédiée aux graphiques.
Les types de graphiques sont les suivants:
Et les données numériques sont collées depuis un tableur dans l'éditeur de graphique ou entrées directement dans ce dernier.
Attention: si toutes les données modifiées dans cet éditeur seront automatiquement reportées sur le graphique, les changements dans votre tableur (Excel par exemple) ne le seront pas. Aucun lien n'est effectué entre ce dernier et Pages donc, que ce soit bien clair. Vivement que cela change, ou qu'iWork intègre lui-même un tableur qui sera à coup sûr lié au metteur en pages.
Bien évidemment, un graphique, tout comme une figure, un tableau ou une zone texte, peut être intégré en ligne ou fixé sur la page, habillé par le texte ou non.
Alignement facilité des objets
Les guides automatiques qui apparaissent lorsqu'un objet en touche un autre, ou par exemple lorsqu'il se trouve sur le même axe central, se trouvent être vite indispensables. J'avais pris l'habitude de les utiliser dans 4D, je les retrouve (du moins en partie) ici.
Dans cet exemple, le guide vertical m'indique que les deux
zones se touchent,
le guide horizontal que je suis aligné par le centre avec
l'objet de droite.
Rappelons ce que j'ai écrit en début d'article: il est possible également de tirer des repères horizontaux ou verticaux sur sa page en cas de besoin. Et comme tout bon programme de mise en page qui se respecte, Pages dispose de fonctions d'alignement et de distribution des objets entre eux tout à fait satisfaisants.
Les objets multimédias
Vous pouvez enfin intégrer des images, des plages musicales, ainsi que des films QuickTime directement à votre document, à l'aide du "Navigateur de média".
Ce dernier affiche vos images iPhoto (désolé je n'en ai pas, j'utilise iView qui permet également de glisser des images depuis un catalogue vers un document Pages sans problème), vos plages iTunes, ou vos séquences .mov (aussi depuis un catalogue iView).
En ce qui concerne les petits films, ce sont ceux situés dans votre dossier "Séquences" (dans votre dossier "Utilisateurs") qui sont listés.
Avantage de ce navigateur? Il est possible de jouer les séquences ou les plages musicales avant de les glisser-déposer sur votre document.
Un double clic sur l'animation de gauche ou sur la plage sonore de droite lance le média concerné. Un clic simple l'arrête.
Notez que vous pouvez très bien intégrer des médias par simple glisser-déposer depuis le bureau, depuis un catalogue iView (ça, je l'ai déjà dit mais ça va mieux en le répétant), et que comme tout le reste dans Page, un son, une séquence ou une image peut suivre le texte ou être fixe sur la page.
Et les équations? Non a priori mais... oui si...
Pages n'intègre pas (encore) d'éditeur d'équation. Mais Fabien Conus, bien connu des lecteurs de Cuk.ch, m'a fait parvenir ce mail l'autre jour:
Pour ton test de Pages tu vas à coup sûr avoir la question (probablement de franck): y a-t-il un éditeur d'équations. La réponse est non, par contre, Pages supporte très bien EquationService que j'avais testé sur Cuk.
Il suffit donc d'écrire dans le texte l'équation en LaTeX, de la sélectionner et de faire pomme-/ pour obtenir une magnifique équation dans le texte.
![]()
![]()
Je pense que ça vaut la peine de le mentionner.
Eh oui Fabien, et merci pour les figures. J'aurais été bien incapable de les faire moi-même!
Les rapports avec l'extérieur
Pages est un programme souple qui accepte de travailler avec de nombreux formats:
- au niveau images, nous trouvons PNG, TIFF, GIF, JPEG, PDF, PSD, EPS, PICT
- au niveau son et séquences MOV, FLASH, MP3, MP4, AIF, AAC
- au niveau texte, Pages peut importer des documents de traitement de texte AppleWorks (pas des compositions effectuées en mode vectoriel ni des feuilles de calcul, à moins de les sauvegarder préalablement en PDF mais ils ne seront plus éditables en tant que tel), Microsoft Word, et RTF et il peut exporter vers Microsoft Word, PDF, RTF (Rich Text Format) ou HTML.
Les rapports avec AppleWorks texteur et les non-rapports avec AppleWors vectoriel
Les documents AppleWorks sont lus sans problème et sans modification dans Pages, pour autant que vous utilisiez les documents de type "Traitement de texte".
Vos mises en pages créé dans le module vectoriel ne sont tout simplement pas ouvertes. Dommage!
Les rapports avec Word: l'import
L'import des formats ".doc" de Microsoft Word est de loin le meilleur de tous ceux que j'ai eu l'occasion de voir.
Quelques exemples?
À gauche, Word, à droite, le même sous Pages
Même chose ici. Il va falloir retoucher, mais vraiment très
peu de chose.
5 minutes de travail au maximum seront nécessaires pour
retrouver le document original.
Encore un exemple, toujours avec Word à gauche, et
Pages à droite.
C'est excellent!
Cette fois c'est moins bon. Mais il faut avouer que ce document pose de monstres problèmes à Word lui-même dès qu'il s'agit de l'imprimer. En effet, il prend USLetter (alors que le document a été créé en A4 sous Office 98. Si je le passe en A4, il devient fou et les tableaux sont éclatés sur la feuille. Simplement donc parce que je l'ai créé sur Word 98! Merci Microsoft!
Non, véritablement, dans la plupart des cas, l'import Word est de très bonne facture. Il faudra éventuellement retoucher quelques interlignes, remettre une image dans un tableau, mais un minimum de travail sera nécessaire.
Notez que les formulaires créés sous Word (mode formulaire) sont repris un peu n'importe comment dans Pages.
Par contre, les tables des matières créées dans Word sont reprises en tant que telles dans Pages, et peuvent être mises à jour sans problème. De même dans l'autre sens: une table des matières Pages est reprises et mise à jour dans Word, mais ça, c'est du domaine du chapitre suivant, que voici d'ailleurs.
Les rapports avec Word: l'export
Dans le monde informatique dans lequel nous vivons, pouvoir importer des fichiers Word et très important. Nous venons de voir que c'est possible sans trop de problèmes, voire souvent sans aucun problème.
Mais il faut être conscient aussi que Pages, s'il se trouvera d'une manière ou d'une autre sur la plupart des Macintosh dans quelques années, ne l'est pas encore, et surtout, n'a pas d'équivalent sur le monde PC. Or, je sais, ça fait mal mais il faut parfois le répéter, les utilisateurs de Windows représentent à peu près 95 % de vos connaissances si vous n'êtes pas dans l'enseignement, ou si vous avez des amis ailleurs que sur Cuk.ch...
Pouvoir leur offrir nos documents, à ces gens-là, c'est extrêmement important. Donc l'export au format ".doc" est tout bonnement indispensable pour la crédibilité d'un programme. Certes, le PDF qui est de la partie peut largement suffire si vous n'avez besoin que de mettre votre document en lecture seule, mais si votre correspondant doit d'une manière ou d'une autre éditer votre production, Word est le standard.
Heureusement, Pages est capable d'exporter pour Word, et de manière tout à fait satisfaisante. Allez, quelques exemples aussi, il n'y a pas de raison...
Ci-dessus, le graphique de test employé pour cet article. À l'export dans Word (à gauche), il est parfaitement éditable dans le grapheur de Microsoft, très bien.
Voyons la suite:
Mon document d'une dizaine de pages pour l'instant Educanet2. Ici, c'est quasiment parfait! C'est là que l'on se rend compte aussi de la puissance de Word, quoi qu'on en dise, qui est capable de reprendre des mises en page assez sophistiquées de Pages. Cela dit, dans Word, c'est du bricolage permanent, alors que dans Pages, ça ne fait pas ce que le programme a envie. C'est vous qui décidez.
Vous voyez une différence dans l'en-tête. C'est justement parce que c'en est un! Word grise l'en-tête quand on écrit dans le corps. À l'impression, nous avons la même chose. Remarquez que même la ligne de base décalée (premier paragraphe) est reprise dans Word. Génial!
Seule différence: certains paragraphes glissent parfois vers une page suivante. Cela se rattrape dès le premier saut de section imposé qui est bien repris. Les sauts de colonnes, les sections à colonnes différentes sont bien là. Merci Apple, et merci Microsoft, soyons honnêtes.



























