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La liberté d’internet en danger?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'internet est perçu comme un espace de liberté sans précédent. Seulement, comme la liberté peut provoquer un sentiment de vertige chez l'Homme par son immensité, celle-ci peut également être le socle pour du n'importe quoi. L'exercice de la liberté est toujours un apprentissage qui peut être douloureux, les philosophes d'ailleurs la dissèquent depuis longtemps ! Je vous donne ce lien pour vous faire une idée si, comme moi, vous n'avez que des souvenirs des cours de philosophie et non une connaissance encyclopédique de ce domaine...

Donc, comme tout espace de liberté, Internet abrite son lot de merveilles (comme ce site, non?) mais également ses pièges. C'est pourquoi il y a des usages, des habitudes, voire des règles qui permettent de les éviter. Ces contraintes, plus ou moins souhaitées, plus ou moins officielles permettent de cadrer un peu mieux cet espace pour tenter d'éviter le grand n'importe quoi. Car bien évidement, l'Homme est ainsi fait: il détourne toutes ses inventions! Un véhicule, permettant de voyager simplement dans un confort bien plus avantageux qu'à pied devient une arme pour foncer dans la foule; les réacteurs permettent d'aller dans l'espace, mais aussi d'adresser depuis des milliers de kilomètre une bombe sur un ennemi, bref...

Mon propos vient ici de l'évolution, lente et subtile, qui est en train de se passer, suivant notre usage d'internet, si nous ne restons pas un minimum vigilant, et uniquement du côté technologique, et non politique.

Je vois autour de moi des dizaines et dizaines de personnes qui confondent toujours Internet avec son contenu (ou plutôt ses contenus). Un navigateur internet n'est plus forcément vu comme une application qui permet de surfer. Elle est perçue comme étant internet elle-même. De même, un moteur de recherche est assimilé à un navigateur... J'entend parfois, "il me faut google"... et je dois demander s'il s'agit de google.com ou google chrome? - "ah, ce n'est pas la même chose?"...

Combien de personne confondent la barre de recherche et la barre de navigation! D'ailleurs, même Apple participe à cette confusion, avec une barre unique dans Safari.

Qui se rend compte encore que derrière ces deux fonctions se cache une réalité très différente? dans l'une, nous laissons des traces de  navigation, de nos recherches auprès du moteur de recherche, dans l'autre, uniquement (normalement) dans notre ordinateur, selon les paramètres et autres ajouts (ghostery, addblock...)...

Dans la "vraie vie", qui aurait l'idée d'appeler le numéro des renseignements pour leur demander à qui s'adresser pour retrouver un numéro de téléphone? ou d'ouvrir l'annuaire téléphonique (le bottin pour nous les Hélvètes) pour trouver une information que nous aurions déjà comme l'adresse de notre ami Tartanpion.

Enfin, ce qui arrive est que de plus en plus, et de manière encore plus marquée sur les smartphones par le jeu des différentes applications, nous surfons sur internet avec tout et n'importe quoi. Un lien dans une application d'un journal, et hop, on se retrouve à surfer, tout en restant dans cette application. Un lien dans un message, de type WhatsApp, et hop, on surfe au travers de cette application qui permet à FB de récolter encore plus de données... il n'y a qu'à voir la màj de WhatsApp qui m'a (enfin) fait supprimer cette application et la remplacer par Telegram, car j'ai toujours refusé de donner mon numéro de téléphone à FB.

Tiens, Facebook, le 20Minutes (bon, ok, ce n'est pas la source la plus intellectuelle qui soit, mais le fait qu'ils en parlent est peut-être un signe d'une prise de conscience plus large...) parlait récemment du filtre d'information que représente FB pour ses utilisateurs, et surtout pour ceux qui n'utilisent que ce canal pour s'informer. Du coup, sommes-nous réellement libre de nous informer lorsque seul ce site est utilisé pour ce faire?

Sous couvert de cette liberté d'accès à l'information sans précédent que représente internet, de plus en plus d'éditeur de logiciel souhaitent mettre la main sur les données personnelles, car apparemment, (FB et Google le démontrent) le modèle économique le plus rentable est celui qui permet à un fournisseur de service de cibler des publicités, et pour cela, un seul moyen d'être performant existe: il faut collecter les informations sur ses utilisateurs. D'ailleurs, les patrons ne s'en cachent même plus. Il n'y a qu'à lire ce que dit le patron de Twint qui compte concurrencer Apple Pay sur le territoire suisse dans l'optique de transformer nos smartphones en moyen de paiement. C'est si pratique!!!! mais à quelle prix?

Enfin, cet article tiré du Framablog démontre que les applications dédiées sont des collecteurs de données, sous couverts de simplification. Nombre de site internet ont fait leur application pour smartphone. D'ailleurs, le terme d'application est-il encore valable lorsqu'on parle d'un outil permettant simplement d'accéder à un site internet avec une interface améliorée...

Je vous partage ici, par simplification, quelques citation du framablog qui sont à l'origine de ma question du jour:

Toutefois, les libertés que nous apporte le Web sont menacées sur plusieurs fronts. L’un des dangers qui m’inquiète particulièrement est le développement agressif des applications natives qui tentent de se substituer au Web. Encore récemment, le directeur de la conception produit de Facebook comparait les sites web aux vinyles : s’éteignant peu à peu sans disparaître complètement. Facebook et d’autres souhaitent en effet que nous utilisions plutôt leurs applications ; mais pas simplement pour nous fournir une « meilleure expérience utilisateur ». Leur façon de nous pousser vers les applications met en danger un écosystème inestimable. Nous devons nous assurer que le Web ne disparaisse jamais, et ce n’est pas juste une question de nostalgie.

Ensuite, il décrit le monde de l'information d'avant le Web. Chaque source avait son fonctionnement, ses modalités d'accès différenciées, ce qui rendait bien plus difficile la multiplication des sources pour tenter de bien comprendre un sujet. Le Web a amené une interface unique permettant d'accéder à de multiple sources.

Le Web a permis de libérer l’information grâce à une interface uniforme. Enfin, un seul logiciel – un navigateur web – suffisait pour interagir avec plusieurs sources. Mieux encore, le Web est ouvert : n’importe qui peut créer des navigateurs et des serveurs, et ils sont tous compatibles entre eux grâce à des standards ouverts.

[...]

La capacité qu’a le Web à fournir des informations et des services sur différents appareils et de façon pérenne est un don immense pour l’humanité. Pourquoi diable voudrions-nous revenir au temps où chaque source d’information nécessitait son propre logiciel ?

[...]

Après les avancées révolutionnaires du web, les applications natives essaient d’accomplir l’exacte inverse : forcer les gens à utiliser une interface spécifique pour chacune des sources avec lesquelles ils veulent interagir. Les applications natives fonctionnent sur des appareils spécifiques, et ne donnent accès qu’à une seule source(ironiquement, elles passent en général par le web, même s’il s’agit plus précisément d’une API web que vous n’utilisez pas directement). Ainsi elles détricotent des dizaines d’années de progrès dans les technologies de l’information. Au lieu de nous apporter un progrès, elles proposent simplement une expérience que le Web peut déjà fournir sans recourir à des techniques spécifiques à une plate-forme. Pire, les applications parviennent à susciter l’enthousiasme autour d’elles. Mais pendant que nous installons avec entrain de plus en plus d’applications, nous sommes insidieusement privés de notre fenêtre d’ouverture universelle sur l’information et les services du monde entier.

je vous invite à lire cet article au complet, mais en voici l'essence.

Personnellement, cela m'inquiète de voir que la facilité et l'argument du "c'est si pratique..." deviennent la norme... Et c'est le cas pour beaucoup de domaine. Plus c'est simple à utiliser, ou à comprendre, mieux c'est, parce que "marre des intellos qui se prennent la tête...". Et bien oui, si utiliser son cerveau pour un minimum d'esprit critique c'est être intellos, je veux bien assumer ce rôle, car j'estime que ce XXIème donne un peu trop de signes de régression sur plusieurs points de vues, y compris les libertés acquises de hautes luttes par nos anciens. Alors, svp, laisser internet être un espace de liberté, et ne nous rendons pas plus captifs de ces grands groupes économiques que ce que nous sommes prêts à lâcher comme libertés individuelles.

Et vous dans tout ça, vous en pensez quoi?

 

 

NB: je me permets juste ce rajout à la lueur du choix de mes compatriotes de donner davantage de pouvoir aux Services de Renseignement, réduisant ainsi de fait la liberté et le niveau de vie privée de tous les concitoyens... Donc, cette liberté si fondamentale à Internet au départ se réduit de toute part. Si même le peuple donne accès à ses données privées plus facilement à l'Etat, comment convaincre de ne pas le faire à des entreprises... "Je n'ai rien à cacher" et "c'est si pratique" sont les arguments massues pour toutes les personnes qui n'adoptent pas une posture un minimum critique.

Là, je suis triste, je vous avoue, de ce résultat. J'ai la sensation d'être un extra-terrestre, de devenir un marginal... alors que j'use simplement de ma liberté et de mes petites capacités à réfléchir. Je veux bien qu'on me donne des arguments pour m'expliquer que ce n'est pas si terrible, que ça va permettre de réduire l'insécurité et d'augmenter la capacité d'intervention des services de renseignements, mais pas ces discours simplistes...

Mais bon, comme disait Churchill: “Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme.”

13 commentaires
1)
ToTheEnd
, le 26.09.2016 à 08:38
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Tout cela me semble confus…

Un site web peut être développé sous une forme « responsive » et ainsi, théoriquement, offrir une interface identique à tous les utilisateurs. Ceci dit, l’app permet d’aller plus loin dans bon nombre de fonctionnalités sans parler de la vitesse. Il y a donc un « sens » à offrir une app native plutôt qu’une fenêtre web.

je me permets juste ce rajout à la lueur du choix de mes compatriotes de donner davantage de pouvoir aux Services de Renseignement, réduisant ainsi de fait la liberté et le niveau de vie privée de tous les concitoyens

En quoi la votation de ce weekend réduit de fait la liberté?

T

2)
Networld
, le 26.09.2016 à 08:41
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Je suis tout aussi déçu que toi que la loi sur les renseignements ait passé. Cela réduit considérablement la sphère « vie privée » et je parie que la grande majorité des votants du « oui » n’en ont pas conscience, car ils ne comprennent pas ce pour quoi ils votent.

3)
Zallag
, le 26.09.2016 à 10:08
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Bien des Tiffany et passablement de leurs nombreux semblables ont été déçus que la loi sur le Service de Renseignement ait passé, mais beaucoup d’entre eux, d’entre elles, adorent être « liké(e)s » et tout déballer de leur vie privée sur des réseaux.

Allez comprendre ce paradoxe. Moi je ne comprends pas toujours bien un tel comportement.

Pour les dissidents, les lanceurs d’alertes, les djihadistes aussi, bien sûr, il y a Telegram, entre autres.

Pour autant qu’il y ait un peu plus que 28 sites accessibles à certains internautes …

4)
Networld
, le 26.09.2016 à 10:45
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@Zallag
Un certains noms, mais pas tous et l’histoire l’a déjà montré de nombreuses fois, la majorité n’a pas toujours raison…

En tout cas ce n’est pas mon cas, pas de compte Facebook, aucune photos postées sur un réseau social, reprise du contrôle de mes données pas à pas (auto-hébergement),…

Mais d’ailleurs une partie des « Tiffany » ne comprennent pas non plus le problème de la protection des données (expérience faite…).

5)
Jean Claude
, le 26.09.2016 à 11:03
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Si l’on regarde ce qu’il s’est passé en Turquie ces dernières semaines et le nombre considérable de personnes arrêtées ou démis de leur fonction en un laps de temps très court, la protection des données personnelles est un sujet grave, important et urgent.
Avec un changement de gouvernement un peu extrémiste (que ce soit vers la droite ou vers la gauche…) il ne sera plus temps de dire « je n’ai rien à cacher ».

6)
Gr@g
, le 26.09.2016 à 11:49
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>> TTE

La réduction de la sphère privée s’apparente pour moi à une perte de liberté.

Et en effet, la technologie permettant d’avoir un site responsive est plus vertueuse que la création d’une app, qui n’est rien d’autre qu’une réponse au fait que les interfaces se connectant sur internet (smartphones, tablettes…) ont évolué vers un plus grand contrôle sur ce qui est autorisé à utiliser ou non. À qui profite réellement cette évolution? Au consommateur? J’en doute réellement!

7)
myvista
, le 26.09.2016 à 13:04
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Au risque de passer pour un ignare et/ou un imbécile patenté voire une andouille … l’intention du rédacteur est certainement louable mais le propos est longuement développé dans plusieurs directions, au point que j’éprouve des difficultés à comprendre non pas l’intention, a priori louable (défense et bon usage du net) mais l’argumentation, qui embrasse trop de sujets pour bien les étreindre. La critique est aisée …

Par ailleurs, les précautions décrites par certains des répondants en amont de ce message contribuent certainement à la volonté de protection des données personnelles sur le net, mais y parviennent-elles réellement ? J’en doute complètement; entre l’information volontairement saisie et qui donne le sentiment de maîtriser sa communication notamment sur les réseaux sociaux, celle qui nous est demandée pour tout autre fin (achats, inscriptions …), et celles moins publiques mais bien existantes, qui représentent en France plus de 50% de la masse des données sur le net, dont nous ne contrôlons pas l’émission, les démonstrations faites par les organismes spécialisés, notamment ceux dépendant de l’état français, conduisent par collationnement à la conclusion suivante : à moins de ne pas être connecté, ce qui impossible, les volumes et types de données disponibles en libre accès et/ou dans les zones grises ou noires font courir un risque sans précédent pour les libertés individuelles, et nous sommes en démocratie …
Quelle antidote ? La question est bien posée et le reste …

8)
ToTheEnd
, le 26.09.2016 à 14:41
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Réduction de la sphère privée? C’est une phrase vague et techniquement parlant, il n’y aura aucune différence avec le passé. Par contre, les autorités pourront accéder plus facilement à un certain nombre d’éléments… y compris dans le passé. Ceci dit, dans le passé, ta vie privée n’était pas à l’abri d’une enquête approfondie dès le moment où des poursuites judiciaires étaient engagées contre toi.

Cette nouvelle loi est en réalité composée de 2 volets différents et il y a eu un joli mélange des genres grâce à nos chers médias.

Tout le monde a été touché par les attentats récents et au-delà des émotions, il est temps de concrétiser un certain nombre d’actions pour qu’une dizaine d’individus (chiffre 2015) puisse mieux être surveillés.

Ceci étant dit, on ne m’ôtera pas de l’esprit que des gents malveillants et avec un QI un peu supérieur à la moyenne peuvent faire des dégâts considérables avec ou sans une surveillance électronique massive. Par conséquent, au-delà de faire des lois toujours plus intrusives ou devenir totalement paranoïaques, je pense qu’il faut aussi apprendre à vivre avec ce risque. Comme dans tout, le risque 0 n’existe pas et il serait absurde de viser un tel objectif.

T

9)
Argos
, le 26.09.2016 à 22:03
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Le récolte de renseignements proposée à la votation de dimanche est une broutille par rapport aux développements sophistiqués mis en place aux USA, en Russie ou en Chine. Cela m’évoque plutôt le bon vieux système des fiches qui racontaient par exemple comment un quidam s’était rendu à l’agence d’Aeroflot pour commander un billet dans le but de visiter le musée de l’Ermitage à Léningrad. De quoi bien sûr sauver la Patrie en danger du fait de ce dangereux touriste.

10)
Michel Gaboly
, le 27.09.2016 à 00:28
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Bonsoir Gr@g, cela faisait longtemps !

Un peu d’accord avec myvista. Tu embrasses trop large, et tu aurais peut-être dû aborder le sujet via plusieurs humeurs successives. Facebook, les applications et probablement la votation que tu évoques auraient suffi à justifier 3 humeurs distinctes.

Combien de personnes confondent la barre de recherche et la barre de navigation ! D’ailleurs, même Apple participe à cette confusion, avec une barre unique dans Safari.

Qui se rend compte encore que derrière ces deux fonctions se cache une réalité très différente?

Tout individu avec un cerveau fait en principe la différence. Personnellement, cette barre unique me paraît extrêmement pratique au contraire : si je veux aller sur un site que je connais, je tape le début de l’adresse, et Safari me propose de la compléter. Il peut y avoir plusieurs options proposées (par exemple MacBidouille, MacG et Mac Mac4ever, quand j’ai tapé « mac »), et je choisis celle qui me convient, ou je tape 1 ou plusieurs caractères supplémentaires. Si je cherche une information, ce système me permet d’entrer directement les mots-clefs, sans devoir saisir l’adresse de mon moteur de recherche par défaut, sauf si je veux voir ce que me propose un autre moteur. Il n’y a aucune confusion possible puisque selon le cas, Safari va m’afficher le site (ou la page) dont j’ai entré l’adrese, ou les résultats d’un moteur de recherche. Je me suis tellement habitué à ce système, que quand je dois faire une recherche sur le MacBook Air de ma mère sous Mac OS 10.6.8, où Safari comporte encore 2 barres distinctes, je peste parce je me fais avoir régulièrement en entrant ma requête dans la barre de navigation. Je dois alors recommencer en passant par la barre de recherche. Enfin tu ne l’évoques pas, mais si on accéde à diverses pages d’un même site, il est plus pratique d’utiliser des signets, et pas du tout la barre.

20Minutes parlait récemment du filtre d’information que représente Facebook pour ses utilisateurs, et surtout pour ceux qui n’utilisent que ce canal pour s’informer. Du coup, sommes-nous réellement libre de nous informer lorsque seul ce site est utilisé pour ce faire?

Ne faut-il pas avoir le cerveau atrophié pour se contenter d’une seule source d’information ? En l’ocurrence, Facebook me semble surtout être un révélateur : crois-tu vraiment que ceux qui se contentent de lire « le Parisien / Aujourd’hui en France » ou « le Matin » en Suisse, ont une vision plus nuancée et plus complète que ceux qui se limitent à FB ?

Pour moi, Facebook est un outil pratique pour certaines choses :

– FB m’a permis de retrouver une ancienne secrétaire malgache partie s’installer à Montpellier. Cela nous a permis de nous revoir avec plaisir pour déjeuner lors d’un séjour dans sa région.

– J’ai également utilisé FB pour chatter avec des amis installés en province où à l’étranger.

– FB me permet également d’admirer de très belles photos d’insectes, de reptiles et de plantes que publie régulièrement un naturaliste rencontré en Guyane, où il vit.

– Il m’est également arrivé de passer par FB pour accéder à des jeux dont j’appréciais le graphisme.

Mais selon moi, Facebook n’est sûrement pas le lieu où s’informer de ce qui se passe dans le monde.

Le problème n’est pas Facebook, mais l’absence de curiosité et/ou de sens critique d’un grand nombre d’individus, probablement la majorité, malheureusement.

D’ailleurs, le terme d’application est-il encore valable lorsqu’on parle d’un outil permettant simplement d’accéder à un site internet avec une interface améliorée…

L’interface améliorée peut justifier à elle seule l’existence d’une application, à condition qu’elle soit de qualité.

Par ailleurs, dans certains cas, il est possible de contourner ce type d’application. Par exemple, pour chercher des infos sur la période de vol d’un papillon, ou les plantes-hôtes de sa chenille, je vais me connecter à lepinet ou leps.it depuis mon Mac à mon domicile, tandis que sur le terrain avec mon iPhone, j’utiliserai l’application Butterflynder, qui stocke toutes ses données en local, et ne nécessite donc pas de connection.

C’est bien pratique quand on est dans un zone sans couverture Internet, ou simplement à l’étranger. En particuller en Suisse pour un « Européen » ou dans l’UE pour un Suisse, car les frais facturés par les opérateurs montent très vite.

Bigalo

11)
Gr@g
, le 27.09.2016 à 07:04
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Navré alors pour l’aspect brouillon. J’ai tenté de vous partager ce que je ressens comme un maillage complet et complexe de plusieurs éléments, qui, mis bout à bout, me donne cette sensation de perte de liberté.
Après, en effet, ce sont les comportements humains qui sont la bases de cette évolution.
Aussi, mon propos n’est pas d’être paranoïaque, ni de tout rejeter, bien au contraire! Mais d’être conscient des outils que nous utilisons. C’est plus une mise en garde pour ne pas rester naïf, et croire que tout ce à quoi nous avons accès est vertueux.
Bien sûr que les iapps peuvent être géniales, je ne parlais pas de celles qui fonctionnent en local, mais plutôt de celles qui nous font oublier qu’elles utilisent internet.

12)
TheVillain
, le 27.09.2016 à 23:17
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Sans vouloir entrer dans le débat, voici quelques petites précisions concernant les applications natives.
Il y a forcément des abus et des mauvais choix (ou des choix dirigés), mais il y a aussi plusieurs raisons techniques justifiées qui peuvent mener à ce choix et qui ne sont pas forcément évidentes si on a pas régulièrement les mains dans le cambouis.

Tout d’abord, il faut savoir qu’en moyenne, une page d’une application web transporte environ 80% du code pour la présentation (javascript/HTML) et seulement 20% pour les données pures demandées. C’est un peu comme pour les voitures ou on dépense l’énergie nécessaire au déplacement d’une tonne de ferraille pour le transport d’environ 100kg de bidoche humaine ;o).
Avec les applications natives (et dans l’idéal), on télécharge une fois tout le code nécessaire à la visualisation et ensuite uniquement les données pures et strictement nécessaires, alors que le navigateur nécessitera la quasi totalité du code HTML à chaque chargement. Hop, 80% de trafic en moins. Notre esprit écologique peut être satisfait ;o). (J’ironise une peu évidement, mais l’idée est la.)
Dans le même ordre d’idée, le fait de déporter la couche de présentation sur les « clients » permet de décharger largement les serveurs et impliquent donc des économies importantes (principalement pour le fournisseur du contenu certes, mais aussi de manière globale).

Ensuite, et comme cela a déjà été mentionné, la persistence locale des données est une chose très peu pratique au travers des navigateurs. Cela comprend les données de contenu (p.ex. les articles du 20minutes), mais aussi les données d’utilisation (historique, dernier état, etc..). Les applications natives permettent beaucoup plus de liberté et offrent des options très pratiques pour les interfaces utilisateurs, même si le contenu en lui même n’a pas forcément besoin de persistence.

Finalement, le coût d’un développement HTML/javascript et encore actuellement largement supérieur à celui d’une application native. Même si les outils/framework web commencent à devenir de plus en plus performants et pratiques, ceux disponibles pour les environnements de développement natifs permettent de gérer des interfaces complexes (ou pas) de manière très rapide et efficace. Presque accessibles pour des non-développeurs (je ne prêche pas pour ma paroisse du coup ;o)).

De manière générale, durant les 10 derniers années, le web a beaucoup évolué. De la philosophie tout HTML, on est passé en partie sur des web services, légers, rapides et efficaces, couplé si besoin à des applications natives.
Contrairement à ce qui semble être parfois compris, ce modèle offre encore plus de liberté que celui du « tout navigateur », puisque les informations ainsi fournies par ce « web » peuvent être consommées non seulement par les ordinateurs et appareils mobiles, mais aussi par tout et n’importe quoi disposant d’une connexion.

Sur ce, c’est probablement la que le débat va démarrer sur la question du tout connecté, des risques, de l’atteinte à la liberté, etc.. mais il s’agit d’une autre histoire et mon but n’était que d’apporter quelques aspects purement techniques, sans jugement.

Encore une fois, il y a évidement des abus d’un côté comme de l’autre, et aussi beaucoup de cas ou l’implémentation laisse à désirer, mais peut-être que ces petites tentatives d’éclaircissement peuvent apporter quelques lumières sur certains choix.