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L’heure et …

Bon après quelques péripéties estivales (glissade sur rocher ayant entraîné quelques points de suture), je peux enfin utiliser ma main correctement et donc finir ma série d'articles sur mon équipement de course à pied et plus spécialement sur la montre. J'en ai eu un bon paquet pour cause d'évolution dans l'usage que j'en ai et surtout d'évolution dans ma façon d'appréhender la course.
Honnêtement, aujourd'hui je pourrais presque courir avec une simple montre qui indique l'heure pour savoir quand rentrer à la maison.

La première montre que j'ai eue était une garmin 205 (de mémoire pour la référence chiffrée). Elle a été autant un coach, qu'un compagnon d'entraînement, qu'un psychologue.
Elle était grosse, pas forcément très belle mais je pouvais configurer la présentation des écrans comme je le voulais et avoir, sans triturer une palanquée de boutons, toutes les données que je voulais sur un écran ou deux. Elle avait une autonomie correcte et était livrée avec une ceinture cardiaque. A l'époque, je ne courrais pas en musique. Ma montre était donc le seul objet qui "communiquait" avec moi.
La consultation des données captées pendant une séance avait soit un côté rassurant, soit un côté stimulant. Elle a quasiment été de tous mes records. Mais un jour, son écran est mort et elle n'était plus construite. Et là, je me suis retrouvé comme un con, dépendant de ce petit objet pour pratiquer mon activité sportive.
En outre, le marché avait énormément évolué : capteur cardiaque intégré dans la montre, Bluetooth, fonction triathlète, données à ne plus savoir qu'en faire.
Dans la même marque, je devais soit descendre en gamme (et donc perdre quelques fonctions) soit monter en gamme (et avoir une usine à gaz).
Mais comme le fait de porter une ceinture cardiaque me créait des zones d'irritation, je suis parti à la concurrence qui avait développé un modèle avec capteur cardiaque intégré dans la montre : tomtom runner.

C'était quand même une petite révolution la suppression de cette ceinture cardiaque : plus d'irritation et moins de contrainte corporelle.
Notre histoire fut rapidement idyllique. En outre, elle comportait quelques fonctions qui me poussait à jouer avec. Si vous empruntiez le même circuit deux fois d'affilée, elle vous indiquait en temps réel le retard par rapport à votre précédente performance. Il était aisé de programmer des séances d'entraînement et de les transférer sur la montre. Et son pavé décalé pour les commandes de la montre était un régal. De surcroît, elle était jolie (mine de rien, cela importe plus de coureurs qu'on ne le croit).
Elle n'avait qu'un seul problème mais catastrophique : son capteur cardiaque n'était pas fiable dès qu'il pleuvait ou qu'il faisait chaud. En fait, dans ces situations, la forte humidité qui se glissait entre le poignet et le capteur faussait complètement la captation du rythme cardiaque. Serrer fortement ne changeait pas vraiment les choses et générait une gêne désagréable au niveau du poignet. Il m'arrivait régulièrement de modifier une dizaine de fois la position de la montre pendant une séance.
Cette montre était incompatible avec mon façon de courir. Mon matériel doit m'aider à pratiquer mon sport mais s'il devient une contrainte c'est qu'il ne m'est pas adapté.

La montre a été vendue et je suis parti chez Polar (modèle M400) car à l'époque l'un de leurs modèles correspondait à mes attentes sans que je ne casse complètement ma tirelire.
Cette montre s'est avérée être un régal. Petite, légère, facile à utiliser, site internet très bien foutu, organisation des séances d'entraînement au poil (construction de la séance sur le site et envoi sur la montre).
J'avais retrouvé un compagnon correspondant plus à ma façon de courir et je l'aurais conseillée tant pour un coureur débutant que confirmé.
Mais j'avais changé et mon approche de la course à pied aussi. J'étais plus tenté par la course nature et en séance je regardais de moins en moins ma montre. Elle était devenue avant tout un journal de bord. Je me connaissais suffisamment pour créer mes séances sans qu'une montre me dise quoi faire. Je savais en parlant ou en écoutant ma respiration dans quelle type d'allure je me trouvais (footing, endurance, VMA, récupération...). Enfin, son autonomie ne correspondait pas à mes objectifs : trail et raid de 25 à 80km vs autonomie de 6 à 8h donc c'était un peu juste.
Je m'en suis séparé à regrets mais sachant pertinemment qu'il n'y avait pas d'autre solution et je suis revenu à mes premières amours, Garmin.

Je vais être honnête : je crois que je n'utilise pas la moitié des fonctions de ma montre. En revanche, elle dispose a minima de ce que je veux et c'est loin d'être le haut de gamme vu qu'il d'agit d'une 230 (au-dessus il y a les séries 600, 700, 900 et fenix) : légère et discrète, vibration (j'écoute de la musique donc la vibration est indispensable), écran configurable, autonomie de 12 à 15h, mémoire assez conséquente pour que je puisse attendre plusieurs semaines ou mois avant de synchroniser mes datas et ceinture cardiaque ne générant aucune irritation (nouveau dessin et en textile). Ses usages de base sont simples : enregistrer mes séances comme un journal de bord, vibrer à chaque km pour m'indiquer mon rythme. Et basta. Pendant une séance, je ne consulte ma montre que pour savoir, en plus de mon rythme au km, l'heure et le temps passé à courir. l'intégralité du reste des informations est stockée pour transfert ultérieur pour constituer mon journal de bord et analyser quelques données.
Et cela me suffit amplement.

Depuis 9 mois maintenant, je n'intègre plus de notion de performance dans ma façon de courir. Je cours juste pour le plaisir. Je ne participe plus à une course pour le temps de que je vais réaliser mais parce que j'ai envie de finir cette course. Et comme j'ai quelques contraintes familiales, l'historique de mes courses m'indique juste si je dois faire un peu plus de kms ou pas ce mois-ci.

Je pourrais vous conseiller cette montre les yeux fermés mais je ne connais pas vos habitudes de coureur.
Cette montre me convient et encore je l'exploite à peine. En revanche, elle répond présente à 100% pour mon usage.

Après 8 ans de pratique, je n'ai que deux conseils à vous donner :

- courez pour le plaisir, la performance viendra de toute façon.
- le meilleur matériel est celui qui vous convient et ce ne sera pas forcément le plus cher, le plus couru ou le dernier cri.

Sur ce, bonnes sorties.

Charles.

P.S.: zéro photo parce que je fais avec les moyens du bord en terme de réseau (tant internet que téléphone) là où je suis en ce moment.

3 commentaires
1)
François Cuneo
, le 16.08.2016 à 08:18
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Ah les montres de course…

J’en reparlerai aussi très prochainement, en particulier de l’Apple Watch pour courir, je l’ai déjà fait d’ailleurs.

J’ai fait le même chemin que toi en matière de philosophie: je cours 2 à 3 fois par semaine, sur environ dix km à chaque fois, pour le plaisir. Plus de courses, ça me stresse.

2)
Mirou
, le 16.08.2016 à 11:04
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J’ai une Suunto Ambit3. J’en suis super content même si je crois que je ne « comprends » pas le quart des fonctions. Je cours beaucoup moins ces derniers temps. Pour le plaisir.

Et la montre me sert maintenant surtout pour la randonnée en montagne, vue que je peux y charger une navigation sommaire qui m’évite de sortir un plan tous les 4m. Mon sens de l’orientation est nul de chez nul – et en montagne ça m’angoisse de ne jamais être certain d’être sur le bon chemin.
Pareil d’ailleurs quand je cours dans une ville inconnue (ce que j’adore pourtant: à l’aube, quand Paris (ou d’autres) s’éveille.)

3)
Noisequik
, le 16.08.2016 à 14:10
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Apple Watch. Meme avec un bracelet cuir à peine serré, un précieux allié de la course à pieds !