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Les étrangers volent-ils notre travail ? Et 14 autres questions impertinentes

 

Partant du constat que les universitaires et leurs recherches participent de moins en moins aux débats publics, la vulgarisation n'étant pas valorisée dans le cadre des publications scientifiques. Partant également du constat qu'avec l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux, les discussions de comptoir ont largement migré vers les nouveaux médias, bénéficiant ainsi d'une diffusion et d'une résonance beaucoup plus larges que ce qu'offraient les cafés du commerce auparavant. Les auteurs du livre que je vous présente aujourd'hui ont donc souhaité « contribuer non seulement à la diffusion du savoir accumulé, mais aussi à la remise en question d'un certain nombre de préjugés ». Tout un programme !

Et quand il s'agit des questions d'actualités ou de société, la réponse est rarement simple. Bien au contraire, elle est souvent multiple, voir évolutive et peut dépendre de plusieurs facteurs endogènes. Ainsi le résume Mix & Remix, illustrateur du livre :

 

C'est plus compliqué que cela...

© Mix & Remix, « Les étrangers volent-ils notre travail ? »

 

« Qui domine le monde ? », « L'aide humanitaire est-elle une nouvelle forme de colonialisme ? » ou « Les citoyens sont-ils trop bêtes pour voter ? ». Voici quelques-unes des questions auxquelles de jeunes politologues et sociologues de l'Université de Genève vont tenter de répondre dans l'ouvrage « Les étrangers volent-ils notre travail ? Et 14 autres questions impertinentes », sous la direction d'Anouk Lloren, Laurent Tischler et Nicolas Tavaglione, aux éditions Labor et Fides, 2016.

 

Les étrangers volent-ils notre travail ?

« Les étrangers volent-ils notre travail ? »

 

Des outils de réflexion

Plutôt que d'apporter au lecteur une réponse toute faite aux différentes questions posées, les auteurs ont voulu présenter et rendre accessible la démarche scientifique : basées sur de nombreuses sources, les réponses sont documentées et exposées de manière à permettre au lecteur de comprendre toute la complexité de celles-ci. Plus que la réponse, l'important réside dans la démarche intellectuelle (qu'elle soit sociologique, philosophique ou politique) à effectuer pour cerner et saisir les enjeux en présence afin d'éviter au lecteur de « tomber dans les stéréotypes ou les raccourcis douteux ».

Par exemple, à la question « Peut-on tout dire au nom de la liberté d'expression », Noémi Michel va nous présenter deux points de vue différents : de l'importance de la liberté d'expression comme moteur des démocraties à l'importance de la signification et de la nuisance de certains mots. Ainsi, suivant le contexte dans lequel la question sera posée, la réponse pourra être différente et le lecteur recevra les clés pour comprendre la raison de cette distinction.

Au final, cet ouvrage n'est rien d'autre qu'une magnifique boîte à outils pour permettre aux lecteurs curieux d'appréhender des thèmes d'actualité et de société sans tomber dans les habituels préjugés ou réponses toutes faites. Cette démarche est d'autant plus cruciale lorsque l'on se penche sur les réponses de plus en plus populistes apportées par les différents candidats aux élections de par le monde.

9 commentaires
1)
Mirou
, le 25.10.2016 à 10:16
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Poser les questions sans imposer les réponses… Voici qui fait du bien… C’est quand même fou que de nos jours, ce genre de démarche puisse m’apparaître comme une forme de radicalisme politique révolutionnaire.

4)
Filou53
, le 25.10.2016 à 12:37
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Excellent, merci.

Dans le même genre, il y a aussi :
Cliches de famille. Oser (re)parler politique à table
(isbn 2870036388)
de Philippe Lamberts qui est député européen Ecolo

et je précise que je n’ai aucun lien avec lui ;-)
ce n’est pas de la publicité.

6)
ysengrain
, le 25.10.2016 à 15:33
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Si un jour, comme ça, par distraction, vous voyez passer un ouvrage traitant du devenir des retraités et surtout de la considération qu’on leur porte, faites moi signe.

Un exemple: 2 requêtes auprès du patron du service de néphrologie d’assister une fois par semaine au staff du service sont restées sans réponse; sa boite mail est inaccessible et il ne répond pas au téléphone.

Même pas élevé !! simplement nourri !!

7)
guru
, le 25.10.2016 à 20:13
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@ ysengrain, t’inquiète pas. Après 41 ans d’enseignement à l’INSAS et en étant le plus ancien professeur, le directeur ne m’a même pas dit au-revoir lors de ma dernière délibération. Cela semble une constante. Nous devons leur faire peur ! Ont-ils peur d’un jugement de notre part ? Heureusement, ma vie est ailleurs mais si j’avais été très attaché à ma fonction, j’aurais été bien malheureux…

8)
ToTheEnd
, le 26.10.2016 à 10:09
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A prendre au 10ème degré:
guru et ysengrain: le tout serait de savoir comment vous étiez perçu… est-ce que vous avez vu le film About Schmidt avec Jack Nicholson? Loin de moi l’idée de vous comparer à cette fiction mais perso, à l’époque, ça m’avait fait réfléchir…

T

9)
ToTheEnd
, le 21.12.2016 à 09:15
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Je me permets de faire une parenthèse mortuaire (encore!) car un homme que j’appréciais beaucoup et avec lequel j’ai travaillé de nombreuses années à la Dolce Vita est parti… Mix & Remix me laissera des souvenirs impérissables dans mon esprit mais aussi dans les médias.

T