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Comment transformer son ordinateur en orchestre symphonique

Comme promis en fin d'humeur d'hier, me revoici.

Tout d’abord, voici les réponses au petit jeu que je vous ai proposé lors de notre dernier rendez-vous:

Extrait 1 = réponse 1
Il s’agit d’une œuvre pour six marimbas de Steve Reich.

Extrait 2 = réponse 3
Il s’agit d’une démo de la banque de sons “Peter Siedlaczek’s Advanced Orchestra”.

Extrait 3 = réponse 3
Tout a été réalisé avec un échantillonneur Akai S-1100.

Extrait 4 = réponse 1
Il s’agit d’un groupe de musique médiévale enregistré dans son local de répétition.
Ce sont ces sons de base qui ont servi à “nourrir” le Akai pour le morceau numéro 3.

À ce stade, vous êtes en droit de vous demander “Mais comment font-ils?”.

Voici la réponse: pour ceux qui le possèdent, ouvrez votre Mac à la page “Garageband” et cherchez le son “orchestral strings”.

Cela va sonner comme ceci...

Moi, si je joue la même mélodie avec mon matériel, cela sonne comme cela...

Mine de rien, la différence technologie entre ces deux sons est énorme.

Pour Garageband, il a fallu réduire l’espace mémoire au maximum. Le résultat est un son uniforme sur toutes les touches. Vous pouvez jouer plus ou moins fort, mais vous avez toujours le même timbre.

L’autre mélodie a été interprétée avec la collection “EastWest Gold Symphonic Orchestra”. Pour cela, il a fallu charger ces sons dans un échantillonneur virtuel (ici “Kontakt” de Native-Instruments), lui-même installé sur un Mac G4 2x1 GHz (1.25 Gigas de mémoire) qui ne sert que pour ce logiciel!

“Kontakt” de Native-Instruments et son ... orchestre!

La banque prend au total 15 Gigas sur le disque dur. Rassurez-vous, il y a plus gros comme la version “Platinum” de la même série ou celle de son concurrent, le “Vienna Symphonic Orchestra” de Garritan. Là, on en est à une quarantaine de Gigas sur le disque dur. Les sons sont en 24 bits alors que ma “Gold” ne tourne qu’en 16 bits. Mais, déjà, avec cette “faible résolution”, mon mac (qui rappelons le, ne fait que ça), s’essouffle rapidement.

Quand vous aurez rajouté une interface Midi et une carte sons digne d’intérêt, vous pourrez commencer à travailler. Il est difficile d’utiliser ce type de banques sans leur manuel. Voici en exemple, le son d’une clarinette:

Dans la brochure, il est décrit comme ça...

SCL Keyswitch C0-F#O.nkm
C0-non-vibrato sustain
C#0-staccato
Do-non-vibrato sustain with mod-wheel control of attack accent
D#0-portato
E0-expressive fast with mod-wheel control of attack accent
F0-expressive slow
F#0-legato

En fait, il se joue comme ça...

Les lettres C0,C#0 et suivantes correspondent à des touches du clavier Midi. Le “C0” donne par exemple un son lisse, sans vibrato. Il suffit ensuite de jouer. La première note de l’exemple sonore ci dessus est un legato (F#0). En principe, il y a un échantillon de son par note jouée. Mais parfois, pour une note, on juxtapose plusieurs échantillons comme ceci...

Juxtaposition d’échantillons dans “Kontakt”

Si je joue doucement le “Do” (en orange), j’obtiens un son.

Si je joue fort le “Do”, j’atteins le petit rectangle orange du haut qui peut être un autre son.

Pour en revenir à mon exemple de “Strings ensemble”, il s’agit d’accords à 5 notes. J’ai pris un instrument par note soit: des premiers violons, des seconds violons, des altos, des violoncelles, des contrebasses, ce qui fait un peu plus d’un Giga de sons pour un accord! Vous comprenez maintenant pourquoi mon G4 râle!

Lorsqu’on maîtrise correctement tout cela, cela donne, pour “EastWest Platinum”, ceci...

Et si on préfère jouer avec “Garritan Vienna Symphonic Orchestra”, nous obtenons cela...

Il faut donc passablement de technologie pour transformer son Mac en orchestre symphonique. Il faut également de solides connaissances musicales, audio et Midi.

Mais, je vous l’avoue, quand on commence à maîtriser tout ce bazar... quel pied!

25 commentaires
1)
pilote.ka
, le 30.11.2004 à 05:27
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Il s’agit d’une belle démonstration Roger. Non seulement tu es mussicien mais tu remets GarageBand à sa place.
N’ étant pas muscien et ce pour longtemps je me contenterai de GB et des ses jampacks.
Inutile de dire que je me suis gouré sur toute la ligne en ce qui concerne le test que tu as proposé :-(

2)
Okazou
, le 30.11.2004 à 06:15
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Très intéressant article, Roger, bien appuyé par des exemples que peu ont l’occasion d’entendre et encore moins de pouvoir comparer.

Il y a toutefois quelque chose de fondamental qui me gêne dans le développement de cette musique électronique.

Premièrement, je la considère comme une réussite technologique de plus au service du système économique en place.
Être instrumentiste, à notre époque, n’est pas une sinécure. D’autant qu’avec les succès remportés par les conservatoires il sort chaque année une floppée de petits génies de l’instrument. Or, une partie de ce petit monde se retrouve sur le marché du travail, s’ajoutant aux déjà fort nombreux musiciens inemployés.
On pourrait donc penser qu’une société d’équilibre, organisée, sauterait sur l’occasion pour développer orchestres et emplois afférents. C’est tout le contraire qui se passe.

Ces logiciels et ces bases d’échantillons de sons sont développés, on le sait fort bien, pour remplacer les instrumentistes de chair et d’os. Un orchestre symphonique, indispensable jusqu’à maintenant pour illustrer correctement une série télévisée, sera remplacé bientôt par un seul et unique technicien de la musique (on ne peut décemment plus parler de musicien et encore moins d’instrumentiste) pour de vilaines consédérations financières. Les actionnaires seuls seront gagnants.

Le deuxième point qui me gêne, depuis longtemps, concerne les outils eux-mêmes.

J’ai utilisé, il y a déjà un certain temps, avec un ami compositeur, un échantilloneur S-1000. Mais jamais il ne nous est venu à l’idée d’en sortir des sons de violon, de vielle à roue, de piano ou de contrebasse. Nous considérions (dans notre grande naïveté ?) que les échantillonneurs avaient été créés et mis à notre disposition pour que l’on puisse en accoucher des sons « originaux » que l’on n’aurait pu obtenir sans eux. Nous produisions alors une musique adaptée à l’outil et à nos besoins de création.

Ce double dévoiement me semble grave pour l’avenir de la musique et des musiciens.

3)
marief
, le 30.11.2004 à 08:15
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Ça alors, tout faux ! Je suis « spontée », comme on dit en Basse-Bretagne. Mais je trouve que tout sonne un peu trop propre, d’accord en ceci avec Okazou : il y a tellement de petits génies qui sortent chaque année. La concurrence homme-machine pour l’exécution donne des résultats très aseptisés.
On en est à faire des logiciels qui ajoutent un petit goût de 78 tours rayés au son !

4)
François Cuneo
, le 30.11.2004 à 08:26
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Pas du tout d’accord avec ton dernier commentaire Okazou.

Voici pourquoi.

J’ai fait beaucoup de musique dans ma « jeunesse », et j’en fais encore un peu maintenant.

Je chantais donc (avant, je tapais sur une batterie dans divers groupes), et lorsqu’il s’est agi de trouver des musiciens, j’avais le choix entre trouver des gens jamais là, ou bourrés, ou peu assidus au travail que l’on faisait. C’étaient de bons musiciens, mais pas des pros. Pénible à vivre.

J’aurais pu prendre des professionnels, mais ces derniers coûtent cher. Normalement cher d’ailleurs, je ne critique pas leurs tarifs, il faut qu’ils vivent, mais cher pour un indépendant, sans maison de disques derrière.

Donc les synthés et autres cartes de sons m’ont permis de faire ce que je voulais, y compris de pouvoir chanter sur scène pendant deux ans, et même de faire en 1988 un CD qui avait pour qualité d’être à l’époque l’un des premiers faits par des petits. Pas comme maintenant où tout le monde sort son CD en trois coups de cuillère à pot, ce qui est très bien d’ailleurs.

Donc pour moi, les instruments électroniques ont été un extraordinaire moyen de me permettre de dire ce que j’avais envie de dire. Nous sommes nombreux dans cette situation je crois.

En ce qui concerne les actionnaires des maisons de disques, ou de série télé, c’est vrai qu’ils peuvent trouver un certain bénéfice financier. Ou plutôt qu’ils l’ont trouvé. En tout cas en ce qui concerne les disques, on revient de plus en plus aux vrais musiciens sur les productions qui rapportent.

Parce que oui, les vrais musiciens restent un plus appréciable, et je peux te dire que si j’avais eu un vrai choix à l’époque, j’aurais pris des humains, pas des machines (pilotées d’ailleurs heureusement par un copain, je n’étais pas tout seul).

Et aujourd’hui encore, si j’avais envie de faire un nouveau CD, mes moyens économiques me feraient prendre des machines, mais je bondirais de joie si je tombais sur une Major qui m’offrirait un orchestre symphonique!

5)
borelek
, le 30.11.2004 à 08:32
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Merci Roger cet article m’a passionné en ouvrant tout un pan totalement méconnu – de moi – du travail de la musique par ordinateur.

Okazou tu parles comme un livre. Je me permets de rajouter un cas à ton analyse ; celui de Roger Baudet, François Cunéo et leurs confrères en trifouillage. Il illustre une nouvelle pratique de la musique qui me rappelle celle d’avant les moyens de reproduction. Vivre la musique en la faisant soi-même. Dans les milieux favorisés du XIXème, se constituaient des orchestre de chambre familiaux, dans ceux du XXIème on trifouille par ordinateur et l’on fait écouter, ou non, les résultats de ses recherches. Un orientation plutôt positive n’est-ce pas ?

Ce test me rappelle une série d’émissions sur France-Musiques il y quelques temps où Alain Pâris nous faisait écouter les différents grands orchestre symphoniques de la planète. Il y avait chaque jour une séquence illustrant le style de l’orchestre en question par une comparaison du même passage musical interprété par différents orchestres ou différents chefs. Fulgurant. On comprenait bien des choses et notamment que cette émission, sympathique sur un auto-radio devenant émouvante sur une chaîne haute-fidélité passable.

Mais rien ne vaut le spectacle vivant. Allons au concert, la musique est transcendée par la présence physique des interprètes, hein Blues que c’est vrai !

borelek = 5.1 planètes (la honte)

6)
Blues
, le 30.11.2004 à 08:36
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Merci pour ces démonstrations Roger … SUPER tes deux articles ! Perso j’aime bien savoir comment ça marche, et les ressources que tout cela peut prendre ! Pfuuuu … il en faut(drait) des disque durs !
———-
Bon, ben, c’est dommage, je n’aurais pas gagné le saucisson !!!, Pas tout faux, ni tout juste… donc pas si loin (content de mon oreille de « rocker »).
———-
Et bien moi, Roger, comme je te l’ai dit lors de la visite de ton studio :
– j’ai de réels problèmes de contact avec la « machine », ce qui me plaît, c’est d’abord l’échange « télépathique » qu’il peut y avoir entre les divers musicos d’un orchestre,
– ainsi que cette « chaleur » dégagée par l’imprécison humaine, ce petit côté pas tout juste ! (oooooui, je sais .. les machines sont -bientôt?- capables d’imiter cette imprécison humaine..).
———–
Voilà tout… Blues ! qui aime bien « pas trop léché »…
– et qui n’est pas prêt à faire de la miouz sur ordi !

7)
Roger Baudet
, le 30.11.2004 à 09:04
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D’abord, un grand merci à tous ceux qui ont eu le courage de s’essayer à répondre dans les « commentaires ».

Je suis heureux de lire que plusieurs ont constaté que le
MP3, ce n’est pas terrible comme qualité (ce qui rendait le test particulièrement difficile).

Le vrai problème aujourd’hui n’est pas de confronter la musique électronique au « vrais » musiciens. Ce débat est un peu dépassé dans le monde « pro ».

Il s’agit de voir quel rapport le consommateur entretient avec
la culture (livre, image, son). On vente par exemple les lecteurs
MP3 pouvant contenir 1’000 chansons et plus. Ce la sous-entend pour beaucoup mille morceaux « piratés » en toute légitimité.

C’est la même chose pour le livre ou le DVD qu’on « oublie » de rendre (ça n’a pas beaucoup de valeur, donc…).

Dans ce contexte, la création image, texte ou son est de moins en moins bien payée. C’est un domaine où le salaire baisse d’année en année. Donc, on doit produire plus. Donc, on utilise des machines qui font aller plus vite.

Cela a un coût culturel important et il y a déjà longtemps que certains spécialistes tentent de dire : « plus vous augmentez le
nombre de chaînes (radio ou télévision), plus vous baissez la qualité générale ».

8)
coacoa
, le 30.11.2004 à 11:19
[modifier]

Okazou, je te comprends, ce d’autant plus que je suis un intermittent du spectacle, donc pour ma part, je pourrais être effrayé par l’importance du développement des images de synthèse : ces indestructibles vont me piquer le boulot… Et pourtant, on constate qu’à chaque fois qu’apparaît un nouveau médium, cela oblige les anciens à se repositionner.

Par exemple, le théâtre a dû évoluer, se positionner par rapport au cinéma, et on sait le bien que cela lui a fait (Brecht étant passé par là), de même, la peinture a radicalement évolué à l’apparition de la photo, la vidéo artistique « traditionnelle » s’est aussi positionnée à l’arrivée du numérique (voir certaines videos de Pipilotti Rist, un régal). Je ne me fais donc pas trop de soucis pour les musiciens.

Philip Glass ou Steve Reich ont tout d’abord commencé avec des machines (mise en boucle, séquenceurs, etc…) avant d’instrumentaliser leurs compositions. J’ai la (naïve) intuition que l’on reviendra toujours vers les musiciens de chair et d’os.

En ce moment, je travaille sur mon premier vrai spectacle à moi. Je n’ai pas beaucoup de moyens, et je suis heureux de pouvoir travailler ma musique avec les outils numériques qui sont à ma disposition. Cela dit, je ne vais pas tenter d’imiter de la musique « comme s’il y avait plein de vrais musiciens ». (C’est un autre problème. A l’apparition d’un nouveau médium, on essaie au début de faire « comme avec l’ancien ». Les premières photos étaient comme des peintures, les premières vidéos comme du cinéma, les premières télé comme la radio, etc… Il faut un certain temps à un médium pour découvrir ses propres particularités, et ce sont souvent les artistes qui participent à ces recherches – je le précise pour ceux qui croient encore que les artistes ne servent à rien).

Pour en revenir à mon bout de gras, ce que m’offre mon ordinateur ne remplace pas de vrais musiciens parce que de toute façon je n’aurais pas les moyens de les payer. Mais je me réjouis de pouvoir avoir les moyens d’en engager, parce que comme le dit Blues, rien ne remplacera jamais l’alchimie qu’il peut exister entre des êtres humains (je me souviens de moments sublimes dans des spectacles d’Alain Plaatel où des musiciens qui jouaient du Bach « jouaient » en symbiose avec les danseurs… J’aime mon Mac, mais je le mets au défi de pouvoir en faire autant !)

Sinon, merci beaucoup Roger pour ces articles très instructifs.

9)
Tony
, le 30.11.2004 à 12:32
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Bon et bien, j’ai encore plein de choses à apprendre dans ce domaine. L’article me l’a bien illustré ;)

Mais comme cela a été souligné, la musique compressée restera compressée et aura forcément des pertes de qualité. Que ce soit du mp3, du AAC, du WM, Ogg Vorbis, etc.

Les boutiques en ligne comme l’ITMS sont une bonne chose car cela permet une nouvelle façon d’acheter des bien culturels, toutefois, il est clair que cela pousse à la consommation de masse et forcément à une quantité importante de mauvais « produits » (je n’aime pas ce mot lorsque l’on parle de musique mais dans ce cas il s’applique bien), car il faut bien étoffer le catalogue en augmentant l’offre.

De plus, il n’y a pas moyen actuellement d’avoir ces morceaux non compressés ce qui est quelque part un défaut de ce l’on achète en mode compressé.

Personnellement, je préfère -hors considérations des prix d’achat propres- et de loin posséder un CD physiquement plutôt qu’un fichier informatique planqué dans les abysses d’un disque dur. Il y a plus de chances qu’il résiste aux ravages du temps que l’ordinateur :) L’avenir nous le dira.

11)
Yip
, le 30.11.2004 à 13:39
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Superbe démonstration, mêmes remarques que pilote.ka.

Merci Roger !

12)
alec6
, le 30.11.2004 à 13:44
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Snif ! j’avais presque tout faut !
et pourtant je connais un peu la zique et Steeve Reich… (je chante dans un chœur, concert en décembre), mais là !
tout à apprendre !

Est-il seulement possible pour un « pro » de distinguer le vrai du faux ?

Alexis, à pied, en t-shirt et tous les défauts !

13)
Caplan
, le 30.11.2004 à 13:50
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Merci Roger!

Pour l’analyse des extraits, j’étais plutôt dans le juste!

En ce qui concerne GarageBand, je trouve que c’est un véritable petit bijou et je regrette simplement de ne pas avoir assez de temps pour fignoler un petit morceau à moi.

Il n’en reste pas moins que, comme beaucoup d’intervenants, je préfère largement le son Live d’un groupe dans une modeste salle. Ce qui compte, finalement, c’est que chaque musique trouve son public. Dans certains cas, c’est à pleurer, mais ça fait partie de la pluralité des goûts artistiques au sens large…

14)
406
, le 30.11.2004 à 13:54
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ca me rapelle un reportage sur un musicien qui fesait de la flute de pan. il se fesait une belle somme avant que l’ordinateur ne lui pique son bissness. tous les cd vendu dans le commerce sur la flute de pan , ne sont pas des vrais mais des samples. et on le voit demander à la caissière qui lui répond. mais si, c’est de la vrai. alors qu’il n’en est rien. comment savoir maintenant ?

15)
Saluki
, le 30.11.2004 à 13:58
[modifier]

je chante dans un chœur, concert en décembre

Où,Quand,Comment,AvecQui?

Combien?: ça se règlera peut-être en foie gras .

—-

16)
Saluki
, le 30.11.2004 à 14:01
[modifier]

Comment savoir maintenant?

Achètes leur CD aux Péruviens qui jouent dans la station de métro « République »…

—-
Moi aussi, je prends le métro, na !

17)
coacoa
, le 30.11.2004 à 15:09
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Roger, promis juré, je vous tiendrai au courant en temps voulu, mais ça devrait avoir lieu en juillet 2005…

La suite dès que j’en saurai plus.

18)
alec6
, le 30.11.2004 à 18:38
[modifier]

Saluki :

Requiem de Mozart les 16 et 18 décembre
20h 45 église Saint Severin
direction Hughes Reiner
place à 20 € dont 5 pour « espoir sans frontière »

prévus en 2005 : ein Deutsches Requiem de Brahms (mon préféré), requiems de Verdi et de Fauré (déjà produit en septembre et octobre) et d’autres encore… motets, messes ec…

Alexis, à pied, en t-shirt et tous les défauts !
Et accessoirement en clef de fa…

19)
Scal
, le 30.11.2004 à 19:37
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Merci Roger pour ces explications. J’espère qu’il y en aura d’autres comme cela. Je me suis procuré Garritan Personnal Orchestra et je l’utilise pour l’instant avec GarageBand. En effet Apple a tellement de retard avec Logic 7…
GarageBand est très bien fichu pour des petites maquettes vite faites.

Concernant les propos d’Okazou, je les trouve ridicules. En effet, les progrès technologique amèneront toujours des râleurs. L’ordinateur a aussi mis des tas de gens au chômage. Devons nous nous en passer pour autant ?

Je ne crois effectivement pas que ce genre d’outil vole le pain de la bouche de musiciens expérimentés. De vrais instruments auront toujours une sonorité incomparable. De plus l’aspect humain est extrêmenment important et c’est l’interprétation qui fait le charme d’une oeuvre. Mais les progès apportés dans le domaine de la compostion sont exceptionnels. Devrions nous toujours tout écrire sur papier ? en 4 ans au lieu de 6 mois ?

Ces outils sont à voir comme outil de composition pour les pros et comme logiciel ludique pour les autres (dont je fais partie). Je ne ferai jamais d’argent avec mes compositions, mais au moins je me fais plaisir…

Et si un jour un vrai orchestre complet jouait ma musique, ce serait le nirvana.

20)
Saluki
, le 30.11.2004 à 22:52
[modifier]

Requiem de Mozart les 16 et 18 décembre
20h 45 église Saint Severin

Nadine ira seule, je serai en mission en Algérie jusqu’au 22.
Je vais voir ce que ça donne une ligne de téléphone (au gaz?) dans le bled.


C’est pas tout, Nadine vient de recevoir une autre recette de foie gras. Elle me semble un peu hâtive, et puis on doit mettre le gros lobe en dessous et en même temps au dessus…

21)
Okazou
, le 01.12.2004 à 06:54
[modifier]

« Concernant les propos d’Okazou, je les trouve ridicules. En effet, les progrès technologique amèneront toujours des râleurs. »

Vraiment ? Il va donc falloir que je te retourne le compliment.

Je rappelle que mes propos concernaient : d’une part, le remplacement inéluctable — sur un parti-pris purement économique — d’instrumentistes professionnels et de véritables instruments par des machines électroniques produisant à faible coût un ersatz d’interprétation musicale ; d’autre part, l’usage parfaitement anachronique pratiqué à partir des échantillonneurs.

Qualifier ces propos de « ridicules » fait évidemment que l’arroseur s’en trouve arrosé et dénote chez leur auteur, pour le moins, un défaut de maîtrise en matière de vocubulaire.

Jusqu’à plus ample informé, je sais lire. Si, je t’assure, j’ai appris !
— Lorsque Roger porte sur cuk.ch le sujet, il est question, dans le titre même de son article, d’orchestre symphonique.
— Ensuite, il nous concocte un petit test sur 4 échantillons représentant 3 périodes : musique contemporaine, musique symphonique, musique médiévale. Pas question ici de musique de variété ni de chanson.
— Enfin il évoque du matériel, des logiciels (hormis GarageBand qu’il cite en contre-exemple) et des bases d’échantillons qui ne peuvent intéresser que les musiciens professionnels aguerris comme Roger, et, sans doute, une poignée de musiciens amateurs très éclairés. Renseigne-toi sur ce que coûtent ces outils, relis Roger sur la complexité de ces outils et le niveau de musique requis et tu commenceras à comprendre. Ces outils, qui coûtent la peau des rouleaux en développement, sont conçus pour faire du blé, en premier lieu sous forme d’économies substantielles sur le petit personnel de la musique. Pas à faire mumuse.

Aux professionnels qui se retrouveront au chômage (ça a l’air de te faire une belle jambe, au passage) dont je parle, tu opposes, pour démontrer le prétendu ridicule de mon propos, les musiciens « expérimentés ». Un professionnel, c’est quelqu’un qui gagne sa croûte et qui nourrit sa famille avec la musique qu’il crée ou/et exécute. Rien à voir avec un musicien amateur même expérimenté qui s’éclate de temps à autre avec ses potes en concert mais qui remplit la marmite avec un « vrai » travail. On a là deux mondes, crois-moi. Tu réponds donc à côté de mon propos.
Et c’est sans doute pour faire bonne mesure que tu apprends au monde que « De vrais instruments auront toujours une sonorité incomparable » et que « l’aspect humain est extrêmement important et c’est l’interprétation qui fait le charme d’une œuvre ». Merci, c’est ce que je défendais…

Enfin, tu devras, pour me convaincre, préciser quels progrès exceptionnels sont apportés par l’électronique dans le domaine de la composition musicale. Et m’apprendre comment écrire autrement que sur papier fait gagner 8 fois le temps consacré à l’écriture. La création musicale, c’est l’histoire d’un bonhomme devant le néant qui est décidé à changer ce néant en musique vivante. Un « turbo » électronique ne peut lui être d’aucun secours. Qu’il écrive au crayon ou sur Finale n’a rien à voir à l’affaire et n’améliore ni ne nuit à la qualité de sa musique. C’est affaire de choix personnel.

Lorsque l’on prend la responsabilité de contester les propos de quelqu’un, Scal, il faut se relire avant de poster, être sûr de soi (autant qu’on peut l’être) et avoir au moins un embryon d’argument.

Ici, tu étais parfaitement hors-sujet mais, rassure-toi, le ridicule ne tue pas.

> François
Tu n’es « pas du tout d’accord avec [mon] commentaire ». Même remarque. Je parle musique et musiciens professionnels — le propos de Roger (très éclairant) était bien de nous expliquer, exemples à l’appui, ce qu’étaient les outils électroniques professionnels — et tu me réponds chanson et musique de loisir. Hors-sujet, monsieur l’instituteur ;-)

> borelek
« Mais rien ne vaut le spectacle vivant. Allons au concert, la musique est transcendée par la présence physique des interprètes, hein Blues que c’est vrai ! »

YES !

> BLUES
« ce qui me plaît, c’est d’abord l’échange « télépathique » qu’il peut y avoir entre les divers musicos d’un orchestre,
– ainsi que cette « chaleur » dégagée par l’imprécison humaine, ce petit côté pas tout juste ! »

YES, YES, YES !

D’ailleurs, cette propreté trop parfaite, cette aseptisation de la musique électronique (comme le goût chez Mac Do’), dans son utilisation ridiculement anachronique, me fait penser que les gars qui travaillent là-dessus devront « gommer » cette perfection, « salir » le travail rigoureusement impeccable — jusqu’à la froideur — de leurs machines pour tenter de faire accroire que la musique qu’ils produisent est « authentique ». « Du vrai bois, ma p’tite dame. Pas du papier imprimé ! » Au mieux, du placage.

Là, on atteint des sommets dans la perversion de la pensée. Du libéral pur jus ! Intellectuellement indéfendable.

> Roger
« Il s’agit de voir quel rapport le consommateur entretient avec
la culture (livre, image, son). »

Tout à fait d’accord. Nous ne sommes plus du tout dans une relation humaine musicien/spectateur mais dans un rapport marchand producteur/consommateur. D’où la très belle et noble position de la France face au monde marchand (OMC) qui est de parvenir à imposer que tout ne peut être marchandise. La culture n’a pas de prix, les hommes non plus.

P-S : Merci de ne pas avoir vraiment cherché à nous piéger. Si tu l’avais voulu, je suis sûr que tu aurais pu ;-)

> coacoa
« Philip Glass ou Steve Reich ont tout d’abord commencé avec des machines (mise en boucle, séquenceurs, etc…) avant d’instrumentaliser leurs compositions. »

Détrompe-toi, coacoa, quand j’ai vu pour la première fois Steve Reich en concert, il jouait une pièce à quatre clavier et c’étaient bien 1 femme et 3 hommes de chair et d’os (dont Steve Reich) qui jouaient devant nous.

C’était en 1972, je crois, et toute la machinerie électronique dont tu parles, y compris les ordinateurs, existaient à peine dans les neurones de leurs inventeurs.

Terry Riley, LaMonte Young, Steve Reich et Philip Glass sont d’authentiques compositeurs et d’authentiques musiciens qui n’aiment rien tant que les vrais instruments et les vrais instrumentistes.

D’ailleurs, c’est chez les sérialistes, auxquels les compositeurs de musique répétitive sont opposés, que tu trouveras de l’électronique. Le travail sur les bandes magnétiques, les générateurs basse-fréquence et tous ces trucs électroniques, tu les trouves également dans la recherche au GRM (Groupe de Recherche Musicale), chez Pierre Henry. Beaucoup de Macintosh y sont utilisés, soit dit en passant.

22)
François Cuneo
, le 02.12.2004 à 06:23
[modifier]

> François
Tu n’es « pas du tout d’accord avec [mon] commentaire ». Même remarque. Je parle musique et musiciens professionnels — le propos de Roger (très éclairant) était bien de nous expliquer, exemples à l’appui, ce qu’étaient les outils électroniques professionnels — et tu me réponds chanson et musique de loisir. Hors-sujet, monsieur l’instituteur ;-)

hum… c’est vrai en plus…!:-)

23)
Blues
, le 02.12.2004 à 14:11
[modifier]

ainsi que cette « chaleur » dégagée par l’imprécison humaine………

cette aseptisation de la musique électronique ….. me fait penser que les gars qui travaillent là-dessus devront « gommer » cette perfection, « salir » le travail rigoureusement impeccable — jusqu’à la froideur

Alors là, excellent, j’ai justement un exemple « du genre » qui nous est arrivé il y a exactement un an :

En novembre 2003, avec un de mes groupes, nous avons décidés de nous séparer (en toute amitié, qu’on se le dise), mais pas n’importe comment …
Pour commémorer nos 4 ans de collabaration, nous avons organisé une super soirée d’enfer dans un club intimiste … Parmis mes amis, j’ai un sono-mixeur-fou « le pro de la bête », je lui demande s’il est ok pour nous faire un enregistrement live … Sa réponse est OUI… Des précommandes pour ces futurs CD live sont lancées ce fameux soir; ce qui nous permet d’en vendre à l’avance pour en presser « le minimum » et aussi payer les « faux-frais » (mix, matos, etc..)…
————-

1.- La soirée a eu lieu et le concert était une réussite ! ca tout le monde présent l’a dit et reconnu.

2.- Plus tard, je décide de ne pas participer au mix. du live… seul un délégué du groupe s’en occupera avec mon ami « le pro de la la bête » (la confiance règne chez nous… hein !), j’ai juste entendu « le brut » avant le dé-rushage et le mix, et trouvais que ça sonnait super bien et réflétait bien la soirée…

3.- Le master terminé sort sans que je l’aie eu entendu « en détail » ou que j’aie pu émettre des critiques :
et là, GROSSE DECEPTION… les erreurs (ou imprécisions humaines) avaient été gommées… ils avaient recollé du tout beau – tout propre avec ProTools par dessus— Je trouvais aussi que le son en général avait pris trop d’ampleur, en sonnant plus studio que salle !
Bref un live méconnaissable, presque trop parfait !!! Pour ne pas faire d’histoires, j’ai rien dit, on a pressé les CD tels quels, puis envoyé au public /clients qui l’avaient pré-commandé.

Voilà l’histoire… mais ce qui suit est la preuve qu’on ne trompe personne, ni même les « amateurs » ou les non-connaisseurs ! (ce qui réprésentait les 2/3 des gens présents ce soir là)
Nous n’avons eu que des remarques mitigées (pas toutes négatives – ok)…
Une fois le CD reçu, la plupart nous ont dit qu’il ne réflétait pas soirée, parce qu’il était « presque trop parfait » … et surtout que le côté « cave / petite salle / intimité / super ambiance » avait disparu !!!

Je trouvais que ça valait la peine de vous transmettre cette expérience !

BLUES, un peu déçu tout de même… Mais surtout qui n’aime pas trop parfait !

24)
zitouna
, le 02.12.2004 à 19:02
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Très bien fait, cet article, Roger.
Blues, Okazou, d’accord avec vous sur le fond, et puis, comment faire des photos de scène sans humains qui suent?
Zit qui bêêle sur son deux roues (traction à molets)

25)
Blues
, le 02.12.2004 à 22:01
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…. et puis, comment faire des photos de scène sans humains qui suent? …..
Traduction = une scène vide SANS musiciens (avec du matos), quelque chose du genre :
image