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Wireless: confort, mythes et modes

Notre correspondant mystérieux, aka TotheEnd est de retour! Après nous avoir brillamment tout dit ou presque sur le BroadBand, le DSL et le câble, il nous permet, avec talent, de faire le point, sur la technologie Wifi, tellement à la mode ces derniers temps.

Son article est passionnant, raison pour laquelle vous le trouverez en "Humeur", mais aussi en "Tests", ceci afin d'avoir la possibilité de le classer en plus dans la rubrique "Techniques" (ben oui, un article "humeur" ne peut aller directement en "technique", il faut qu'il passe par "tests", l'informatique prend parfois des chemins torturés).

Oui, c'est compliqué d'accdord, c'était juste pour que vous compreniez le pourquoi du comment (qui a dit "ben moi je n'ai toujours rien compris?") mais ce n'est pas ce qui est intéressant aujourd'hui.

Je préfère cédéer la parole immédiatement à "aka".

Introduction

Et voilà, je suis de retour pour de nouvelles aventures dans le monde trépident des réseaux. En fait, à parler franchement, je ne voulais pas trop me compromettre dans cette histoire de Wireless parce qu'en ce moment, au-delà de ma méconnaissance du sujet, le marché du Wireless ressemble plus à une auberge espagnole qu'à autre chose.

Afin de remettre l'église au milieu du village (pour parler français), je pense qu'aujourd'hui le marché essaie de convaincre beaucoup de gens que tout ce qui s'appelle Wireless est bon pour le peuple et que, quoi qu'on en pense, notre futur répondra aux courbes sinusoïdales des petites antennes qui nous entourent.

Mais voilà, dans le monde du sans-fil il y a des choses qui sont acquises et d'autres qui n'en sont qu'aux balbutiements.

La dernière fois (et première fois), j'avais parlé de l'âge d'Internet et à quel point nous étions encore aujourd'hui en train de construire les fondations d'un monde nouveau. Il faut garder à l'esprit que malgré une évolution rapide ces dernières années grâce aux téléphones mobiles, la première communication sans fil date de 1894 et est l'œuvre de M. Marconi (ok, il y a eu les Indiens avec les signaux de fumées avant).

Avant tout, je pense qu'il serait opportun de faire un tour des différentes technologies disponibles aujourd'hui. Aussi bien terrestres que spatiales (d'accord, on ira dans l'eau aussi).

La radio, quelques bases

Je pense qu'il serait judicieux de rafraîchir un peu la mémoire de tout le monde sur le sujet. Je sais que la théorie est ennuyeuse, mais il faut passer par là pour comprendre certains aspects sur lesquels reposent les technologies Wireless.

Tout d'abord, il faut savoir qu'une onde radio se propage via des ondes électromagnétiques à partir d'une antenne et cela, dans un spectre qu'on peut résumer ainsi:

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Pictogramme de HowStuffWorks.com


Pour commencer, il faut rappeler que 1 kHz correspond à 1'000 cycles par seconde, que 1 MHz signifie que l'on a 1 million de cycles par seconde et qu'avec 1 GHz on passe la barre du milliard de cycles par seconde.

Jusque-là, ça ressemble encore un peu à nos amis les ordinateurs. Pour rappel, en 1983 le cœur du premier Mac, Lisa, était cadencé via un processeur Motorola MC68000 à 5 MHz (5 millions de cycles par seconde) et aujourd'hui, avec le G5, nous avons atteint 2 GHz ou 2 milliards de cycles par secondes; en 20 ans, ce chiffre a été multiplié par 400!

Ci-dessous, un tableau succinct (donc non exhaustif) des fréquences qui sont utilisées aujourd'hui:

 

Fréquences
Types
Utilisées par?
De 9 kHz à 180 kHz
Radio maritime
Ceux qui ont peur de l'avion
De 535 kHz à 1'700 KHz
Radio AM
Les arrières ou grands-parents
De 26.96 MHz à 27.41 MHz
Radio amateur (CB)
Les pères qui ont commandé un mobile
Autour de 75 MHz
Voitures téléguidées
Les jeunes qui voulaient pas faire de radio
De 88 MHz à 108 MHz
Radio FM
Quand on est dans le trafic
900 MHz, 1'800 MHz et 1'900 MHz
Mobile (GSM)
Les ados qui envoient 231 SMS par jour
De 960 MHz à 1'215 MHz
Trafic aérien
Ceux qui ne prennent pas le bateau
De 1,227 GHz à 1,575 GHz
GPS
Les perdus qui cherchent leur voie
2.4 GHz
802.11b / 802.11g
Utilisateurs de AirPort et AirPort Extreme
5 GHz
802.11a
Utilisateurs de PC

 

Normalement, c'est l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) qui définit les fréquences qui sont utilisées au niveau mondial. Je souhaitais trouver sur leur site un plan d'adressage complet, mais cela ne semble pas être une information gratuite! Toutefois, la Federal Communications Commission (FCC) et la National Telecomunications and Information Administration (NTIA) aux Etats-Unis fournissent un tableau assez complet qui peut être consulté ici.

En Suisse, c'est l'OFCOM (Office Fédéral de la Communication) qui gère les licences et les fréquences qui peuvent être utilisées.

Comme on peut le voir, après un peu plus de 100 ans d'exploitation, le spectre disponible entre 3 kHz et 300 GHz est déjà bien occupé!

Tour d'horizon du marché

Afin de ne pas réaliser un article de 15 pages traitant de tous les moyens de communication sans fil (télévision, radio FM ou AM, etc.), je vais essayer de condenser un peu ce qui est disponible aujourd'hui en énumérant les principaux avantages et inconvénients des technologies de transport pour les données et, accessoirement, la voix.

Le laser

Je commence par une des technologies qui est la moins connue, mais qui, dans certains cas, à une modularité et des performances qui peuvent satisfaire plus d'une demande: le laser.

Depuis quelques années, des sociétés comme fSONA Communications, MRV Communications ou LSA Photonics, offrent des produits qui permettent une communication via un laser. Aujourd'hui, ces produits atteignent d'excellentes performances et ce, grâce à une recherche et à un développement soutenu tout au long de ces dernières années. La plupart de ces constructeurs offrent des équipements qui peuvent communiquer de 1.544 Mbit/s (T-1) à 622 Mbit/s (OC-12 ou STM-4). Depuis peu, certains équipements permettent même de dépasser le Gbit/s.

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Ci-dessus, le SONAbeam™ 1250-M (jusqu'à 1.5 Gbit/s)


Seulement voilà, il y a un problème grave qui empêche ce type de communication de pouvoir être adopté: la portée du laser. Premièrement, le laser est très sensible aux conditions atmosphériques. Par un temps clair, l'équipement ci-dessus peut fonctionner jusqu'à 5.3 kilomètres. Toutefois, par grosse pluie voir même brouillard, cette portée doit être divisée par 2 et par 3 ou 4 si’il neige abondamment. Opter pour un débit plus faible n'arrange rien, les équipements offrant 2 Mbit/s ne vont pas beaucoup plus loin. Enfin, ces équipements restent onéreux car il faut compter pas moins de CHF 30'000.- pour un émetteur comme le 1250-M... Sans parler que si vous avez le malheur de mettre un œil devant un de ces émetteurs, vous risquez d'endommager irrémédiablement vos yeux (brûlure de la rétine qui peut entraîner une cécité partielle ou totale).

Le satellite

A une époque, tout le monde y a cru. On n'avait pas du tout anticipé la rapidité avec laquelle les infrastructures terrestres se développeraient.

Pour l'Europe, une quinzaine de sociétés comme par exemple I-Sat, Geolink, netUPsat, Opensky ou Aramiska proposent des services de connexion à Internet. Malheureusement très peu de ces sociétés offrent un support pour le Mac et les prix ne sont pas très abordables (de CHF 50.- à 400.- par mois en fonction des performances et de la qualité souhaitée).

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Un satellite Inmarsat-3 de Lockheed Martin fréquemment utilisé par ces opérateurs


Soyons clairs, une connexion à Internet via satellite est la seule alternative viable pour des clients qui n'ont pas accès au câble ou au xDSL. Toutefois, les prix élevés, l'incompatibilité Mac et des performances moyennes ne lui assurent pas un avenir radieux dans le monde des télécoms qui n'a qu'une devise: toujours plus vite.

En résumé, il existe deux types de service pour accéder à Internet via satellite: mono directionnel et bi directionnel.

Les premiers, les opérateurs mono directionnels, offrent très souvent en conjonction avec leur service, un accès xDSL, ISDN ou analogique. Cela n'est pas proposé gratuitement afin de garantir un service redondant, mais parce que l'accès à Internet est réalisé via 2 chemins indépendants. Le download (voie descendante) est effectué entre le satellite et votre antenne. Par contre, l'upload (voie montante) est réalisé via une connexion terrestre (xDSL, câble, ISDN ou analogique).

Maintenant, vous aurez probablement deviné que les opérateurs qui offrent un accès bi directionnel, offrent en fait un download et un upload via le satellite et que les opérateurs qui offrent des services bi directionnels sont financièrement plus avantageux que les autres. La raison est simple, ils ne doivent pas rétribuer un tiers.

Toutefois, ces derniers ont tout de même un "gros" problème. En effet, ces satellites sont placés sur une orbite dite géostationnaire. C'est-à-dire que si on pouvait les voir dans le ciel, on les verrait toujours au même endroit. Le problème, c'est que ce type d'orbite se trouve exactement à 35'765 kilomètres au-dessus de nos têtes et que quand on effectue une transmission, le signal met pratiquement 500 millisecondes (0.5 seconde) pour aller et revenir entre l'antenne et le satellite (ce temps tient compte des différents délais et de la distance à parcourir). Pour comparer, la plupart des opérateurs en Suisse garantissent au sein de leur réseau un délai inférieur à 50 millisecondes (soit 10 fois moins que le satellite).

Pour faire court, une connexion UDP ne sait pas si la connexion fonctionne bien ou pas. Aussitôt que la connexion est établie, l'ordinateur envoie de manière continue et sans vérification ses données (que le transfert fasse 1 Kbyte ou 1 Gbyte). Il va de soit que ce protocole n'est pas utilisé pour des transferts de fichiers car 9 fichiers sur 10 que vous téléchargeriez sur Internet seraient probablement corrompus. À titre d'exemple, les requêtes qui sont envoyées via UDP sont utilisées par les protocoles suivants: DNS, DHCP, TFTP, etc.

À l’opposé, une connexion qui est effectuée via TCP demande de nombreuses vérifications (Handshake), confirmations (Ackownledgement), etc. Par conséquent, un délai de 500 millisecondes devient gênant voire même ingérable en fonction des applications qui sont utilisées: VoIP (Voice over IP), jeux en réseau, chat, etc. Bref, tout ce qui doit interagir et qui ne peut pas avoir des délais trop longs. Exemples de protocoles utilisant TCP: HTTP, FTP, Telnet, etc.

Enfin, et cela n'est qu'un avis personnel, l'industrie des télécommunications aérospatiales aura des défis énormes à relever dans les prochaines années. En effet, les prochains satellites de communications Lockheed Martin, Inmarsat-4, seront envoyés dans l'espace cette année encore. Mais le problème, c'est que le coût d'un lancement s'échelonne entre CHF 60'000.- et 80'000.- le kilo. Chaque satellite pèse plus de 6 tonnes... cela représente un coup de plus de CHF 420'000'000.- par satellite et il faudra en envoyer deux. En résumé, même si’ils sont 100 fois plus puissants que l'ancienne génération, il faut pratiquement 1 milliard de CHF juste pour le lancement et on n'a même pas parlé des coûts de conception et construction du satellite! Bref, le business plan doit être assez étriqué.

Le "faisceau" radio

A la différence d'une antenne radio standard, un faisceau ne rayonne pas à 360°. Le "faisceau" radio est dirigé un peu comme un laser, seule une connexion point à point est possible. À l’opposé, et en simplifiant un peu, une communication GSM ou FM fonctionne sur le principe d'un émetteur et plusieurs récepteurs.

Fondamentalement, le plus gros marché pour ce type de liaison est surtout lié aux opérateurs. En effet, afin d'assurer la redondance de certains réseaux ou d'interconnecter les opérateurs entre eux, les faisceaux radio sont un des moyens les plus sûrs et surtout les moins onéreux à mettre en place. Par exemple, Swisscom est interconnecté avec France Telecom par-dessus le lac Léman avec plusieurs de ces faisceaux (STM-4 et STM-16).

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Ci-dessus, une antenne Marconi du type UHP (xSTM-1)


Pour particulier ou entreprise, ce type de liaison est également disponible pour des coûts raisonnables. Néanmoins, en fonction des fréquences utilisées, de la puissance émettrice et de la distance parcourue, vous devrez demander une concession auprès de l'OFCOM. Je ne rentrerai pas dans le détail des fréquences ou des puissances d'émission à partir desquelles il faut faire une demande de concession. Toutefois, pour les curieux qui souhaitent lire 34 pages soporifiques avant d'aller dormir, voici les prescriptions sur les concessions pour la Suisse.

Téléphonie mobile

En Suisse, tout a commencé avec les PTT et le Natel A en 1978 (Natel signifie National AutoTELefon). L'équipement nécessaire au bon fonctionnement était imposant: plus de 200 kg de matériel et les voitures étaient spécialement aménagée! Ce réseau c'est développé sur une fréquence de 160 MHz et après 2 ans d'exploitation, il a atteint ses limites avec 4'000 usagers. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce réseau a été "éteint" en 1995 seulement.

Quelques années plus tard, en 1984, les PTT introduisent le Natel B. Comme le Natel A, ce réseau va surtout servir aux besoins internes des PTT. Les techniciens ou ingénieurs sont souvent conduits à faire des interventions dans des coins perdus sans moyen de communication. Le réseau atteint ses limites vers 9'000 usagers et est démantelé vers 1997.

Il faudra attendre 1986 pour voir le Natel C s'installer dans notre pays et apercevoir des gens qui se baladent avec une espèce de valise (avec un téléphone au bout)! Les PTT auront 12 ans pour remplir leurs caisses avant d'ouvrir à Orange et Diax le marché du mobile en 1998. Alors que pour le Natel A il suffisait d'une quarantaine d'antennes pour couvrir la plus grande partie de la Suisse, il en faudra près de 500 pour couvrir 95 % des zones habitables. À la fin de 1999, le Natel C est mis à la retraite alors qu'il a compté jusqu'à 400'000 clients.

Enfin, en 1993 on voit apparaître le Natel D ou le GSM (Global System for Mobile). Très vite, le taux d'adoption va déjouer les pronostics les plus fous! Pourtant, les premiers appareils numériques ont une bande passante maximale de 9.6 Kbit/s. Les SMS (Short Message Service) sont utilisables dès 1995, les PTT deviennent Swisscom en 1997 et en 1998, c'est Diax et Orange qui rejoignent le bal des ondes concurrentielles. Aujourd'hui, 10 ans plus tard et avec 900 antennes de plus uniquement pour Swisscom, on estime que 3.6 millions de clients communiquent via GSM dans notre pays (1 habitant sur 2 sur l'ensemble de la population).

Avec le SMS, les textes sont devenus "mobiles" et on peut envoyer 160 caractères via un canal spécial qui sert normalement aux informations transitant entre la cellule et le téléphone. On peut comparer cela au canal D de l'ISDN.

Il faudra attendre l'année 2000 pour accéder à des services un peu plus interactifs: le WAP (Wireless Application Protocol). Néanmoins, malgré le matraquage médiatique et publicitaire, les services délivrés via ce protocole ne décolleront jamais.

Tous les opérateurs sont conscients qu'avec 9.6 Kbit/s, aucun nouveau service ne pourra être proposé. En effet, si on parle de multimédia, de photos, d'images ou de films, il faut offrir des débits plus importants.

Ain de préparer l'avenir, l'OFCOM met aux enchères à la fin 2000 quatre licences UMTS (Universal Mobile Telecommunications System). Toutefois, l'État est un peu naïf est fixe le prix de chaque licence à 50 millions de CHF. À la même période, le "boom" des télécoms commençait son déclin et de 10 opérateurs qui étaient intéressés par cette concession, on est passé à 5. Et puis quelques semaines avant la mise aux enchères, coup de théâtre: Sunrise fusionne avec Diax... et bien sûr, seul 4 opérateurs vont se battre aux enchères pour 4 licences... Le recours de l'OFCOM auprès de la ComCo (Commission de la Concurrence) n'y fera rien, la fusion est approuvée et le prix des licences reste inchangé. Les jeux sont faits, le 6 décembre 2000, trois concessions sont attribuées pour 50 millions de CHF et une à 55 millions CHF pour Orange. À l’époque, les pronostics les plus pessimistes tablaient sur un montant total de 2 à 3 milliards de CHF pour les caisses de l'État...

En 2001, un premier pas est franchi en Suisse puisque les opérateurs proposent des connexions du type HSCSD (High Speed Circuit Switched Data). Cette nouvelle technique de transmission propose un débit assuré de 57.6 Kbit/s... soit 4 fois plus que le GSM avec 9.6 kbit/s. Néanmoins, cette connexion est financièrement prohibitive car en fait de débit, c'est 4 connexions qui sont ouvertes simultanément; 3 canaux pour le download et 1 pour l'upload. Vu le prix, ce service est surtout destiné aux connexions professionnelles et/ou des conférences jusqu'à 4 interlocuteurs simultanés.

Début 2002, la plupart des opérateurs proposent des services GPRS (General Packet Radio Service). Le débit théorique maximal est de 171.2 Kbit/s si les 8 "timeslots" sont occupés. Toutefois, dans la réalité, les connexions dépassent rarement 30 à 40 Kbit/s. Les prestations sont aujourd'hui assez chères puisque l'utilisateur paye entre CHF 1.- à 5.- le Mbit téléchargé par mois...

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Ci-dessus, le Nokia 6600 intégrant GPRS et HSCSD


Aujourd'hui, tous les yeux sont tournés vers la téléphonie de troisième génération: l'UMTS. Tous les opérateurs qui ont obtenu une licence UMTS en 2000 ont l'obligation de proposer des services UMTS à 50 % de la population Suisse à la fin 2004. Cette date limite a pour conséquence de mettre sous pression les opérateurs qui aujourd'hui encore cherche à renflouer leurs caisses(sauf Swisscom) suite à la "bulle" spéculative des télécoms.

Au niveau des performances, cette technologie paraît très alléchantepuisque la norme prévoit un débit théorique de 2 Mbit/s pour les utilisateurs qui se trouveront à l'arrêt proche d'une antenne, 384 Kbit/s pour les utilisateurs en mouvement jusqu'à 15 km/h et 144 Kbit/s pour les personnes en déplacement rapide.

Un des nombreux problèmes de l'UMTS, c'est que selon certaines études, il faudra près de 3 fois plus d'antennes afin d'obtenir la même couverture que le GSM... Je suis certain que pas beaucoup de personne souhaitent encore voir des antennes pousser en face de chez eux... De plus, au-delà des nouvelles antennes, les infrastructures terrestres et les téléphones devront être totalement changés. Cela implique des milliards d'investissement pour chaque opérateur.

Par conséquent, l'industrie est en train de chercher une solution plus douce pour ne pas être en infraction avec l'OFCOM sans devoir investir des fortunes dans un nouveau réseau. Dans ce but, l'industrie est en train de développer un nouveau standard appelé EDGE (Enhanced Data Rates for Global Evolution) afin de palier les points négatifs de l'UMTS. À l'heure actuelle, seul Swisscom a officiellement investi d'une manière conséquente dans cette technologie. Cela est probablement dû au fait qu'il est également le seul à avoir les caisses bien remplies et que Sunrise et Orange ont jeté toutes leurs forces dans l'UMTS... Il n'est pas impossible de penser que certains opérateurs proposeront de l'UMTS dans les villes et de l'EDGE dans les zones rurales.

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Ci-dessus, la "vision" 3G de Ericsson


Enfin, ce secteur est en plein développement et d'autres technologies sont déjà à l'étude pour la prochaine génération mobile chez les plus grands constructeurs. Il y a par exemple le CDMA (Code Division Multiple Acces), le WCDMA (Wideband Code Division Multiple Acces) ou HSDPA (High Speed Downlink Packet Access) qui promettent des débits de 384 kbit/s à 10 Mbit/s... D'ici là, j'aurai mon nouveau iPod de la 12e génération et pour CHF 3.-, je pourrai regarder "Matrix 8 - Microsoft Is The Machine" en buvant juste une bière juste avant le concert de U2 au stade de la Pontaise pour leur tournée mondiale baptisée "50 years of Rock'N'Roll". D'ici là évidement, les opérateurs auront changé 3 fois leur réseau et nous aurons une collection de 12 mobiles à la maison.

Wireless ou WiFi

Le 21 juillet 1999, pendant la MacWorld Expo de New York, Steven Jobs monte sur scène est présente l'AirPort. Avec l'aide de Lucent Technologies, Apple va changer le monde des réseaux locaux avec cette nouveauté. Grâce à l'AirPort Base Station et l'AirPort Card, plus besoin de fils ou de câbles entre nos Mac et le réseau. On peut communiquer à un débit théorique de 11 Mbit/s et ce, jusqu'à 40 ou 50 mètres de la station.

À ma connaissance, et contrairement à ce que Dell ou HP disent, Apple est le premier constructeur microinformatique à proposer le standard IEEE 802.11b sur ses équipements.

Pratiquement 4 ans plus tard, Apple remet le couvert le 7 janvier 2003 pendant la MacWorld Expo de San Francisco et annonce l'AirPort Extreme. Avec ce produit, Apple rentre de plein-pied dans le tout nouveau standard IEEE 802.11g et offre de nouvelles performances (54 Mbit/s). Aux analystes qui demandent pourquoi Apple n'a pas opté pour la norme 802.11a, Steven Jobs répond que l'objectif était avant tout de garder la comptabilité avec les centaines de milliers de Base et Card qui ont été vendues les dernières années.

Ici, il y a 2 points divergents. C'est vrai que la comptabilité est importante, mais en terme de performance et de montée en charge, la norme 802.11a est mieux adaptée grâce au OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing). Mais je ne pense pas que cela soit un problème à long terme car la différence fondamentale entre ces 2 services est basée sur la fréquence à laquelle les stations de bases et cartes émettent (5 GHz pour la 802.11a et 2.4 GHz pour les normes 802.11b/g). En effet, certains constructeurs promettent déjà des chips qui fonctionneront avec tous les standards (une carte pour tous les réseaux 802.11x).

Dans l'immédiat, c'est encore Swisscom qui est leader sur ce marché grâce à ses quelque 300 points Hotspots répartis sur tout le territoire et 700 à l'étranger. Comme d'habitude chez Swisscom, le support pour les Mac n'est pas une priorité. Si vous souhaitez profiter de ce service, on vous remettra la carte Nokia D211 avec un software en bundle qui ne fonctionne que sous PC. Bien que je travaille depuis quelques mois avec ce système sur un de mes laptop PC, je ne sais pas si cette carte pourrait fonctionner sous Virtual PC...

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Ci-dessus, la carte Nokia D211 (GPRS, HSCSD et 802.11b)
 

Le but affiché de Swisscom et Sunrise, c'est d'être présent dans des lieux publics très fréquentés comme les gares, aéroports, halles d'exposition, etc. Toutefois, et contrairement à toutes les idées reçues, le but n'est pas de fournir un accès itinérant. C'est à dire un accès qui est délivré tout le long de vos déplacements. Par exemple, si vous rentrez en voiture avec un collègue en tant que passager depuis Zürich, vous ne garderez jamais une connexion 802.11a/b/g jusqu'à Genève. Cela demanderait un déploiement et une refonte technologique totale qui ne correspond pas à ce mode de communication.

Un gros problème subsiste avec ce type de réseau: la sécurité. Les réseaux WiFi sont de vraies passoires. Je ne parle pas seulement des gens qui sont en mesure de scanner le trafic entre la carte et la borne (une encryption 128 bit est disponible), mais plutôt de l'authentification sur la borne! Je ne vais pas faire une dissertation ici sur les problèmes de sécurité liés au WiFi (ils sont trop nombreux), mais sincèrement, tous les experts s'accordent à dire que WEP (Wired Equivalent Privacy) n'est pas fiable. Les VPN sont une solution, mais pas une fin en soi. Normalement, dès le premier semestre 2004, l'IEEE devrait publier la norme 802.11i afin de combler les lacunes du WEP et les équipements devraient suivre dès la fin 2004.

Enfin, cette technologie n'échappe pas à la règle du "toujours plus vite" et quelques constructeurs proposent déjà des chipsets qui offrent des débits théoriques de 108 Mbit/s. D'après moi, on peut déjà commencer à spéculer sur le nom que portera le prochain AirPort chez Apple.

Conclusions

Je ne voulais pas faire long... et pour finir,  j'ai l'impression d'avoir noyé tout le monde sous les informations. Pour les spécialistes, vous aurez remarqué que je n'ai pas parlé du WLL (Wireless Local Loop). La raison est simple, malgré les 48 concessions qui ont été attribuées à une vingtaine de sociétés en 2000 pour plus de 528 millions de CHF, aucune n'a proposé de service sur le plan national. Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez ici les heureux gagnants de cette "tombola" (beaucoup ont déposé le bilan).

En résumé, si on souhaite interconnecter ses bureaux ou un voisin à notre réseau, une solution laser ou radio point à point peut parfaitement répondre à tous les besoins.

Si aucune solution broadband n'est disponible dans votre quartier ou votre région. Si vous trouvez que votre accès à Internet n'est plus assez performant via "dial-up" (ISDN ou analogique), la solution satellite est une bonne alternative.

Maintenant, si vous êtes à la maison, que vous n'avez rien à cacher et que votre communauté ou voisinage grandit, le WiFi est une excellente alternative au fils et câbles qui ont toujours une fâcheuse tendance à s'emmêler!

Enfin, pour ceux qui voyagent beaucoup et qui ont toujours besoin de se connecter au réseau de leur entreprise ou autre, une multitude de solutions existe. Toutes ont un prix, mais toutes vous permettent d'être connectés à votre environnement avec une fiabilité suffisante.

Conscient que certains aspects ont été négligés (la sécurité et la "pollution" électromagnétique notamment), j'espère avoir comblé les lacunes de mon premier article sur le broadband.

Pour le reste, il y a le forum ou la section "commentaires".

ToTheEnd

Merci aka, et… hem, t'aka revenir quand tu veux… On en redemande.

Oui je sais, fallait oser, c'est pas bon, mais je n'ai pas pu m'empêcher…

2 commentaires
1)
moon
, le 04.12.2003 à 22:52
[modifier]

merci pour le boulot
je me pose juste la question, s'agit-il de comptabilité ou de compatibilité ?

;-)

mailenwifi

2)
F1RAF
, le 22.12.2003 à 22:41
[modifier]

Juste une petite remarque : la bande située autour du 27 mhz est la "citizen band" ou bande du citoyen. Elle ne concerne en aucun cas les radioamateurs. En effet, ceux-ci (sous réserve de l'obtention d'une licence) utilisent de nombreuses portions du spectre situées entre 1,8 Mhz et 24 Ghz à des fins expérimentales. Les radioamateurs ont mis au point les premiers des réseaux dont le principe était l'échange de données numériques sans fil dès les années 80. C'était déjà l'ancetre du WiFi. La portion de bande radioamateur la plus proche de celles des cibistes est celle comprise entre 28 et 29,7 Mhz ou encore bande des 10 mètres.
Voila, c'était juste une petite mise au point. Pour tous ceux intéressés par le radioamateurisme vous trouverez des infos sur ce site : http://www.radioamateur.org/index0.php

F1RAF Nicolas