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Ma nuit aux hachugés

Je suis chez moi, devant la télévision. Lentement mais sûrement, l’inconfort qui me faisait changer de position devient douleur qui me fait changer de siège. Pourtant, ce fauteuil, j’y suis bien, et j’y ai déjà passé de longues heures. Mais là, le soutien lombaire devient une gêne. Je me transfère sur le canapé.

Là, dans le dos, à gauche, la douleur s’intensifie. J’éteins la télé pour bouger un peu. Je vais à la cuisine boire un verre d’eau. Le rein, peut-être? N’aurais-je pas assez bu aujourd’hui?

Oui, c’est bien dans la région du rein. Je pense à un calcul, mais la douleur subite et extrême qu’on m’a décrite et que j’imagine ne correspond pas à ce que je ressens. Celle-ci apparaît progressivement, elle est moins «pointue» que dans ma représentation. Pour autant, elle est gentiment en train de devenir peu supportable, allant jusqu’à provoquer une brusque rétrocession de mon repas du soir.

J’en parle à Bernadette, lui dit que je ne peux pas rester comme ça, que je suis désolé, mais peut-être qu’il va falloir remettre à plus tard le projet de se coucher.

  • Appel à SOS médecins: Ils sont tous en intervention, ce ne sera pas avant une heure. «Pas avant», ça veut dire peut-être «on-ne-sais-pas-trop-combien-de-temps-après». Ben non. Pas possible.
  • Les urgences de l’hôpital, j’en ai entendu parler, pas envie de me trouver dans une file d’attente de plusieurs heures.
  • La permanence médicale d’Onex, dont nous avons déjà fait plusieurs fois l'expérience positive, ferme à 23h. Il est 22h35. Bernadette appelle vite fait pour demander si, on lui dit que, donc nous. Dans ces moments-là, il faut agir à demi-mot.

Dix minutes plus tard, un taxi nous dépose devant l’entrée de ladite permanence, et je suis pris en charge par des personnes auxquelles plusieurs semaines après je pense encore avec beaucoup d’estime et de reconnaissance. L’équipe est aimable, adéquate, efficace, rassurante, tout bien comme j’aime.

Tension + température + prise de sang + pose d’un cathéter pour m’envoyer une rasade d’antidouleur directement dans la tuyauterie, vu que le comprimé reçu à l’arrivée se refuse à répondre aux attentes légitimes que nous sommes plusieurs à nourrir à son endroit. En fin de compte oui, il semble que ce soit bien un calcul, un gros, dans le rein, là, vous voyez, non, je ne vois pas, mais je vous crois sur parole.

Cette première dose d’antidouleur s’avérant insuffisante, on m’envoie sa petite sœur. Du coup, la douleur sort le drapeau blanc et se recroqueville dans un coin histoire de reprendre des forces.

La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de signe d’infection, pas de sang dans mes urines, rien de ce que l’on pourrait craindre en pareille circonstance et qui nécessiterait d’alerter d’urgence un commando de paras médicaux (hi hi!) pour une intervention lourde et immédiate. Nonobstant, on me déconseille de rentrer pioncer à la maison, parce que vu le volume du caillou, il y a tout de même des chances pour que j’aie à nouveau besoin de me faire dorloter, voire plus si complications.

Et nous voilà donc en route pour les urgences des Hôpitaux Universitaires de Genève (Hachugés pour les intimes)!

En fait d’urgence, je n’en suis clairement pas une et j’en ai parfaitement conscience. Lorsque l’infirmière d’accueil me dit d’un ton morne et fatigué que le temps d’attente prévisible pour un scanner est de 10 heures et que je peux tout à fait rentrer dormir chez moi, mon choix est assez vite fait. Je reste. Il est hors de question pour moi de prendre le risque d'une complication — qui pourrait en devenir une, d’urgence — alors que je suis chez moi. Non. Tout ce que je demande, c’est de rester et pouvoir appeler au secours si ça se gâte, sans passer par la case «chérie-ça-va-pas-du tout-appelle-un-taxi-s’il-te-plait». La chérie en question est d’ailleurs d’accord avec moi. Une fois les formalités infirmières et administratives accomplies, je m’installe sur un fauteuil de la salle d’attente. On me dit de ne pas hésiter à me manifester si la douleur revient où si j’ai besoin de m’étendre un moment.

Je dis à Bernadette de rentrer se coucher, que je suis entre de bonnes mains, que oui, promis, je n’hésiterai pas à l’appeler si besoin; elle appelle un taxi et s’en va.

En face de moi, il y a un autre gaillard qui souffre. Sauf que lui, il est payé pour. Ça fait déjà un moment que ça dure, là-haut, sur l’écran plat de la salle d’attente. Au bout de quelques dix minutes, le diagnostic tombe, sans appel: 6-0, 6-1, 6-2, match Djokovic.

Et ensuite, LA demi-finale helvético-suisse opposant Wawrinka à Federer. Je m’étais dit que je le regarderais bien, mais comme elle avait été reportée au milieu de la nuit (heure suisse), j’avais renoncé au projet. Et là, du coup, je vais pouvoir me la regarder. Sans le son, vu qu'il est coupé, mais bon. Avec l'image j'ai tout de même l'essentiel. Cool. Merci le calcul!

Stan et Rodge, je n’ai pas leurs numéros. C’est dommage, parce que je les appellerais bien pour leur demander de faire durer le plaisir. C’est que j’ai dix heures à patienter, moi! Alors un match en cinq sets avec tie-break à tous les étages, ça m’arrangerait bien. Mais bon. Le Patron est en forme et une heure et demie plus tard, c’est plié.

Ensuite, la programmation nocturne de la RTS deux me gratifie de «Passe-moi les jumelles». es images me comblent: des brebis, des bergers, des paysages somptueux, des lumières magnifiques, de la nature en veux-tu en voilà!

J’adore.

Et surtout: des images lentes, qui prennent le temps de résonner, à l’opposé de la frénésie actuelle qui veut que même les photos bougent, comme si les réalisateurs de télévision avaient peur qu’on s’ennuie devant une image fixe.

J’abhorre.

~ ~ ~

Pendant ce temps, il se passe plein de trucs sur ma gauche, et là, j’ai les images et le son:

  • Une équipe de blouses blanches tentent désespérément de comprendre — et de se faire comprendre de — ce monsieur qui s’exprime abondamment dans une langue probablement africaine et qui semble aller très mal;
  • une jeune femme s’entend dire pour la Xe fois qu’elle doit attendre parce qu’il y a du monde et que son cas n’est pas une urgence vitale. Elle finira par rentrer se coucher parce que «merde, quand même c’est pas normal»;
  • dans la salle d’attente, un homme, blessé à la main, demande à pouvoir s’étendre. On l’installe sur un lit qui se trouve là, contre le mur, en face du bureau des admissions administratives «Désolé, mais c’est tout ce qu’on a pour l’instant»;
  • des ambulanciers apportent sur une civière un jeune homme, ensanglanté suite à une bagarre au couteau;
  • quelques minutes plus tard, c’est un autre individu (son adversaire, crois-je comprendre) qui arrive à pied, blessé moins grièvement, mais menotté, encadré par deux policiers. «Bon, je vous enlève les menottes pour que l’infirmière puisse prendre votre tension, mais vous savez ce qui arrivera si vous nous faites des ennuis! — Non, non, promis, je vous ferai pas d’ennui, d’ailleurs c’est la première fois que je me bagarre, sous savez, d’habitude je suis pas comme ça!»;
  • pendant ce temps, un homme arrive, une main recouvrant son œil gauche;
  • dans la salle d’attente, à quatre quelques mètres de moi, une femme assoupie. Une infirmière vient lui expliquer qu’elle ne peut pas venir comme ça, tous les deux-trois jours, dormir ici. Elle rétorque qu’elle ne peut pas rentrer chez elle, que son mari est schizo, tout ça. L’infirmière lui rappelle qu’elle lui a plusieurs fois indiqué qu’en venant en journée elle pourrait s’adresser juste là-bas, au service social. La femme dit que de jour elle ne peut pas venir. L’infirmière se lève pour s’occuper d’un nouvel arrivant;
  • en face de moi, à côté de la fontaine d’eau, un jeune couple. Elle: «Non, mais j’hallucine! J’y crois pas! Mais quel con, quel con! J’te jure, mais pourquoi il est comme ça? Mais c’est pas possible d’être aussi con! Tu le crois, ça? Mais qu’il est con! Vraiment trop con!» Le tout entrecoupé de silences lourds habités par des soupirs profonds et désespérés. Lui ne dit rien, mais son silence fait peine à voir. Le flic de tout à l’heure vient les chercher: «Vous pouvez le voir un moment». Apparemment, ce sont des amis du gars menotté, mêlé à la bagarre;
  • le responsable de la sécurité, un grand chauve baraqué vient expliquer d’une voix chaleureuse mais ferme, à la femme assoupie qu’elle doit s’en aller. S’ensuit un dialogue que la femme conclut en proclamant que «c’est vraiment un pays de merde», et qu’on est «tous des connards». Elle sort.

Et moi, sur mon fauteuil, je me dis que tout ce que je vois là — et parfois bien pire encore — est juste le quotidien ordinaire des gens qui travaillent ici. À tous ces professionnel-le-s de la santé et particulièrement aux urgentistes, respect, estime, reconnaissance et sincère admiration, pour les siècles des siècles, amen. Elles et ils sont les premières et quotidiennes victimes d’un système qui leur refuse les moyens d’accomplir leur tâche dans des conditions acceptables. Pourtant, je n’ai affaire ce soir qu’à des gens aimables, plus ou moins souriants, attentifs. Seule l’infirmière qui m’a reçu à mon arrivée avait une expression de grande lassitude dans le regard, expression que j’ai envie d'attribuer plus à l’usure de devoir faire son métier dans ces conditions qu’à un manque de compétence relationnelle.

~ ~ ~

À 4h, ma douleur entrouvre un œil. À 4h30, il est ouvert. Je décide de profiter d’un moment de calme dans le service pour aller quérir quelque assistance avant qu’elle (ma douleur) ouvre le deuxième (œil). On me répond «Oui, bien sûr, venez» et on me conduit vers un des «lits d’attente». On me branche le port cathéter sur un périphérique qui me téléverse de l’antidouleur, je me détends, je m’étends et j’attends, content: ça tombe bien, j’avais justement un petit coup de barre! Mais je ne dors pas vraiment, ou alors juste de petites tranches interrompues par l’un ou l’autre bruit un peut plus fort que les autres.

Je me dis que j’ai vraiment de la chance. Mon état n’est pas si grave que ça, et ce dont j’ai besoin peut m’être donné sans délai. J’ai une pensée émue pour Anne Cuneo, qui a relaté ici son expérience autrement plus douloureuse d’un accueil inadapté, alors que son état était incomparablement plus grave que le mien. Ces dix heures d’attente qui me sont imposées me paraissent une partie de plaisir en comparaison avec ce que vivent nombre d’autres personnes. Sans parler des innombrables humains qui n’ont même pas accès à des soins et vivent dans des conditions sanitaires, sociales et/ou politiques inacceptables. Oui, je pense que je suis vraiment chanceux.

~ ~ ~

Sept heures du matin, changement d’équipe. Une infirmière fait la tournée des «lits d’attente». Lorsqu’elle arrive vers moi, ses questions me montrent qu’elle a pris la peine de consulter mon dossier avant. C’est peut-être normal, mais ça me fait du bien. Elle me dit que je vais bientôt être reçu par un médecin.

À neuf heures et demie, elle me conduit auprès d’un médecin très sympa, jovial. On plaisante. Après un entretien, je passe par les cases radiographie, pipi dans le gobelet, prise de sang, et enfin scanner, avec entre chaque étape un passage par la case attente.

Je te passe les détails, mais je serai finalement «libéré» vers 14h, avec une ordonnance qui contient quatre médicaments, plus un pour «si jamais la douleur est trop forte».

~ ~ ~

Pour les curieux, les jours suivants en résumé:

  • consultation en urologie;
  • examens;
  • re-passage par les urgences parce qu’un produit injecté lors d’un examen m’a replongé en pleine crise. Passage au cours duquel il faudra six tentatives pour parvenir à me poser une voie veineuse (j’ai toujours été «difficile à piquer», mais là c’est un record!);
  • suite des examens, cette fois sans dommages collatéraux;
  • suspicion d’une «maladie de jonction».  Il semblerait que cette maladie a des origines embryologiques, ce qui veut dire que cela fait 59 ans que mon uretère gauche s’étrangle progressivement, discrètement, à l’insu de mon plein gré;
  • intervention endoscopique ambulatoire, en passant par les «voies naturelles» (!), pour vérifier l’ampleur du sinistre, et pose d'une  «sonde JJ»;
  • programmation d’une intervention chirurgicale (Pyéloplastie pour les intimes), début janvier, intervention au cours de laquelle je me ferai trouer la peau par la délicieuse machine décrite dans cet article.

Je garderai la sonde JJ jusqu’à 3-4 semaines après l’opération de janvier. Cela signifie clairement que durant les trois mois à venir, outre quelques douleurs que je combattrai médicamenteusement, j’aurai en permanence l’envie d’aller faire des dépôts en liquide à la Walter Closet Overpisse Bank Unlimited !

Le dernier acte sera donc le retrait de ladite sonde, par les susnommées «voies naturelles»; avec anesthésie locale, ce dont je me réjouis déjà.

Voilà.

Autrement ça va, merci.

Et toi?

21 commentaires
1)
M.G.
, le 03.11.2015 à 04:58
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J’aime toujours lire ces « tranches de vie » dont nous gratifient parfois les chroniqueurs de Cuk. Ça change des polémiques contre Apple, souvent justifiées.

Aujourd’hui, Dom’ nous gratifie d’un véritable reportage joliment écrit sur un problème de santé qui a toujours été ma hantise en souvenir des douleurs subies par mon grand père pour des raisons identiques.

Tout y est, depuis l’apparition de la douleur, un peu sournoise puisqu’elle s’installe insidieusement jusqu’à devenir insupportable.

Merci pour la description d’une nuit aux Urgences. Certes, ce n’est qu’un nouveau reportage sur le sujet mais il est écrit avec tant d’humanité et de drôlerie qu’il devrait contribuer à nous faire admirer une fois de plus la vie des acteurs de cette branche de la médecine hospitalière.

« Ce n’est pas moi le plus malade ici, j’ai tout mon temps ».

J’ai eu l’occasion de l’exprimer à l’Hôpital Principal de Dakar (HPD) alors que j’étais en salle de soins post-opératoires et que l’Infirmier Major s’excusait un matin de devoir me faire attendre parce qu’il avait à soigner un grand brûlé que j’entendais hurler dans une chambre voisine.

Tonton Diouf, comme nous l’appelions tous, avait à l’époque vingt-huit ans de carrière. Tout le monde l’adorait et respectait son savoir-faire.

À tous ces professionnel-le-s de la santé et particulièrement aux urgentistes, respect, estime, reconnaissance et sincère admiration, pour les siècles des siècles, amen.

Je ne pourrais pas mieux dire.

2)
Dom' Python
, le 03.11.2015 à 05:40
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Mon premier plaisir quotidien est de découvrir l’article du jour sur cuk.
Aujourd’hui, il aura été de lire ton commentaire, Marc.
Merci à toi!

3)
Madame Poppins
, le 03.11.2015 à 06:30
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Je suis vraiment désolée de lire ton récit et admire ta capacité à garder autant de recul face à ces problèmes de santé : la douleur, le fait de ne pas savoir ce qu’il se passe exactement, le sentiment d’être perdu dans un monde fait de protocoles compliqués, c’est difficile.

Je te souhaite surtout que la douleur reste aussi faible que possible et un très prompt rétablissement après cette intervention de janvier : heureusement que l’anesthésie existe parce que lesdites voies naturelles sont… sensibles !

Mes pensées au demeurant à tous ceux et toutes celles qui sont atteint-e-s dans leur santé !

4)
marief
, le 03.11.2015 à 08:15
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Ma fille a eu ce problème, le médecin appelé a prescrit des antidouleurs à prendre avec de l’eau, l’horreur ! Elle a été opérée après diagnostic, c’était il y a des années et c’est oublié maintenant.

5)
Zallag
, le 03.11.2015 à 08:16
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Merci, Dom, pour ce véritable reportage, ainsi que pour l’humanité et l’empathie qui s’en dégagent envers chaque personne que tu as croisée et décrite, soignante ou soignée.
J’ai été intéressé de lire, en suivant le lien que tu donnes, ce qu’on écrivait il y a quelques années sur le da Vnci et souri à la fin de la lecture du passage ci-dessous :

Au sens propre, il ne s’agit en effet pas d’un vrai robot, puisqu’il ne possède que deux de ses trois principes de fonctionnement (figure 1) : les sensors et les bras moteurs. Le troisième principe, l’intelligence, qui permet l’intégration des informations apportées par les sensors (la caméra tridimensionnelle) et la réalisation d’actes (ses bras de commande) est actuellement assumée par le chirurgien.

Je te signale cette émission récente sur la RTS au sujet du robot da Vinci, que tu as peut-être suivie. C’est forcément un rien aguicheur et polémique, c’est la loi du genre dans le monde télévisuel, mais les médecins qui s’en servent en Suisse sont soumis à des examens et à des cours de perfectionnement obligatoires rigoureux pour obtenir et conserver l’autorisation de s’en servir. Ce ne semble pas être le cas dans certains pays voisins, si je me souviens bien de ce détail de l’émission.
Le robot télécharge automatiquement des mises à jour logicielles régulières (directement depuis l’entreprise aux USA).

6)
J-C
, le 03.11.2015 à 08:22
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Une admission aux urgences est source d’angoisse, et je n’y ai pas échappé, il y a 17 ans à Dakar…

M.G. pourra en témoigner, mon séjour d’une semaine à l’Hopital Principal restera un de mes meilleurs souvenirs africains, car empreint d’une grande humanité.

J’ai été parfaitement soigné, avec une ambiance excellente dans le service, tout le monde s’activant pour m’être agréable, Madame J-C étant également assistée durant l’intervention.

Une fois remis sur pied, je n’ai pas manqué de marquer ma satisfaction et ma reconnaissance au Médecin-Chef par une lettre qui est restée affichée pas mal de temps sur le tableau de service à l’attention des personnels, et bien sûr toute l’équipe soignante s’est retrouvée à mon domicile pour un pot de l’amitié.

Souvenir d’Afrique…

7)
Nept
, le 03.11.2015 à 09:26
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Quand je lis ces comptes-rendus, je me dis que là où je travaille comme urgentiste, à Bruxelles, c’est vraiment le paradis.
10 h d’attente avant prise en charge, ça doit arriver maximum 2 fois par an… Et encore, on a un tri médical, et il est rare que le temps d’attente avant celui-ci dépasse l’heure, l’heure et demi dans le pire des cas.
Et ce avec en gros 200 patients par jour.

Merci pour les compliments à ma profession… et bon rétablissement!

8)
djtrance
, le 03.11.2015 à 09:46
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Han! Tout ça me fait mal aux…! J’ai mal pour toi!

Cher Dom, je compatis et je suis à 300% avec toi!

9)
RMN73
, le 03.11.2015 à 10:11
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Bonjour,
Joli récit plein de vérités. Ça m’a rappelé mon passage aux urgences pour un calcul minuscule mais qui faisait bien sentir qu’il était là. Et comme Dom, j’ai apprécié la gentillesse, la compétence et la prévenance de tout ceux qui m’ont accueilli, ausculté, soigné. Ils font un métier remarquable qu’on ne souligne pas assez. J’ai écrit au chef du service des urgences pour féliciter tout le monde (il faut le faire savoir quand on est satisfait) et il m’a répondu qu’il appréciait beaucoup et qu’il transmettait aux personnes concernées.

10)
M.G.
, le 03.11.2015 à 10:46
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Une admission aux urgences est source d’angoisse, et je n’y ai pas échappé, il y a 17 ans à Dakar…

Je n’ai pas oublié, d’autant que c’était un 6 janvier ;-)

J’étais moi-même dans les murs de l’Hôpital Principal de Dakar pour être opéré le lendemain matin d’une hernie inguinale par le même chirurgien (opération banale au vu de ses interventions précédentes sur ma petite personne). Souvenir de la conversation entendue entre le patron de l’anesthésie-réanimation et le chirurgien dans le couloir : c’était du sérieux et il y avait vraiment urgence. Quelques jours plus tard, Madame J-C apprenait d’ailleurs que Superman revenait de loin…

J’avoue que le commentaire de J-C me fait plaisir. Je lui souhaite d’être aussi bien traité en Métropole à partir du 13 janvier prochain !

11)
M.G.
, le 03.11.2015 à 11:02
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Je garderai la sonde JJ jusqu’à 3-4 semaines après l’opération de janvier.

C’est ce qui m’inquiète le plus dans le protocole !

Ce genre de sonde est la cause essentielle de maladie nosocomiale en termes de statistiques hospitalières. Les « germes hospitaliers » sont souvent plus virulents en Europe que ceux qui hantent nos hôpitaux d’Afrique (merci aux antibiotiques dont l’usage inconsidéré a contribué à générer certaines souches ultra résistantes).

Cela dit, je te souhaite que tout se passe bien. Il faudra être très attentif à toute élévation de ta température pendant ces 3-4 semaines.

12)
ysengrain
, le 03.11.2015 à 11:55
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La douleur assez sévère, souvent, d’une colique néphrétique, c’est de ça dont il s’agit, peut être soignée avec … une baignoire et un thermomètre. Oui.
Faites couler un bain à 34° dans un premier temps. Pourquoi 34 ? parce que c’est la température de la peau quand la température centrale est à 37.
Augmenter progressivement la température jusqu’à 38°5, 39 sans aller au delà.
La douleur sera minimisée.
Ce type de traitement est valable pour toute souffrance pelvienne (dont les règles douloureuses de l’endométriose, par exemple.

Les gros calculs le plus souvent ne sont pas douloureux, mais les « petits » en migrant dans la « tuyauterie » créent un spasme extrêmement douloureux.

Je constate avec un immense déplaisir que la France n’a pas l’apanage de l’imbécilité de l’organisation territoriale des soins non programmés, vocable utilisé dans les hautes sphères organisatrices de la santé en France.

J’ai déjà rapporté qu’un ami, chef de service des urgences d’un hôpital public m’avait dit avoir changé de métier: Je suis devenu pompier tant j’éteins les conflits générés par les gens qui attendent des heures, exaspérés.

La sonde JJ n’est pas à tout coup source d’infection nosocomiale. Elle est souvent impliquée parce que « l’appareil » où elle agit n’est pas exempt de germe. La colonisation est secondaire, dans le temps.

13)
dpesch
, le 03.11.2015 à 14:43
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Merci, Dom, pour cet article qui rend hommage à tous ces gens qui ont choisi de prendre soin de leurs contemporains et qui le font, dans la très, très grande majorité des cas avec compétence, patience et abnégation. Ils sont souvent dénigrés par des patients qui se savent pas le degré de difficultés auxquelles ils sont confrontés, qu’elles soient matérielles ou morales.
J’ai été admirablement soigné et dorloté par les équipes soignantes du CHU de Montpellier à l’occasion d’un quadruple pontage coronarien en 2011. Je profite de l’occasion pour les remercier publiquement et leur tirer mon chapeau.

14)
kris
, le 03.11.2015 à 17:35
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Aïe !… Aïe, aïe !…
Je n’ai pas tout lu parce que je sens déjà les « vapeurs » monter. Mais je compatis. Dom, il semble que tu aies la bonne attitude, et je te souhaite bon courage.
Et moi aussi je me joins à dpesch pour tirer mon chapeau aux personnes qui ont choisi de réparer notre santé, on ne les remercie jamais assez.

15)
François Cuneo
, le 03.11.2015 à 18:12
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Ouille ouille ouille…

T’es sûr que tu veux venir boire une (ou deux) bières chez moi samedi?

Tu vas pouvoir évacuer?:-)

Cela dit, chapeau pour le reportage, ça se lit comme un roman policier.

Et courage pour l’opération!

16)
Dom' Python
, le 03.11.2015 à 20:32
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Plein de mercis pour vos retours!

Madame Poppins:

Ma capacité à garder du recul sera autrement plus mise à l’épreuve après l’opération de janvier! Pour l’instant, la douleur est inexistante. Le plus gênant est cette envie ininterrompue de pisser. C’est dire si c’est supportable!

Zallag:

Ben tu vois, j’ai mis cet article de la Revue Médicale en lien pour permettre aux cukiennes et cukiens de voir de quoi il s’agit… mais je ne l’avais pas lu. Du coup c’est moi qui ai souri en lisant le passage que tu cites!

Et concernant l’émission de la RTS, j’ai presque honte: je travaille à la RTS et mon job est justement de faire, sur demande, des copies d’émission, pour les téléspectateurs qui le souhaitent. Le Temps Présent que tu mets en lien, je l’ai vu passé. Mais son titre était quelque part dans ma mémoire, planqué dans un coin sombre. Et lorsque j’ai appris que j’allais être opéré par un robot, le lien ne s’est pas fait dans ma tête. Pire: lorsque j’ai fait une recherche sur le net pour mettre en lien dans mon article une information sur cette machine, j’ai trouvé l’article de la Revue Médicale, mais n’ai même pas eu l’idée de faire une recherche dans les émissions RTS, recherche que je fais quotidiennement pour mes clients. La honte, te dis-je!

Je viens de jeter rapidement un œil et j’ai vu que le professeur Iselin qui s’y exprime est justement le chirurgien qui va m’opérer! Mais j’hésite à regarder l’émission en intégralité; j’ai comme l’impression que ça ne va pas m’aider à aborder cette opération en pleine confiance! Mais merci pour le lien!

J-C:

Le coup du pot de l’amitié chez toi, j’adore! J’imagine assez mal ça à Genève!

Nept

Je rappelle que la vraie « prise en charge » d’urgence avait déjà été faite à la Permanence d’Onex. Je n’étais à l’hôpital que pour rester à proximité d’un secours possible en cas de complication, en attendant de pouvoir faire les examens (scanner) nécessaires à la confirmation du diagnostic et au traitement d’une maladie qui, sauf complication, ne présentait aucun caractère d’urgence.

djtrance

Mal pour moi? T’te jure, ça vaut pas la peine! Mais merci quand même!

M.G.

Après les problèmes liés au robot dans l’émission citée plus haut, tu viens me faire peur avec la sonde JJ! Mais vous voulez me faire faire en plus des crises d’angoisse?!?

Non, j’déconne. Toute intervention comporte un risque, et je suis plutôt confiant dans les équipes des HUG. Je ne dis pas qu’ils sont parfaits, mais je choisis de ne pas me préoccuper plus que nécessaire des risques encourus. Et clairement, je surveille ce qui est à surveiller. D’ailleurs, un des premiers documents qui m’ont été remis lorsque j’ai quitté l’hôpital le premier jour, c’est justement une liste des choses auquelles il faut être attentif: température, couleur des urines, douleurs diverses, etc. Je peux vraiment dire que j’ai été clairement informé et non lâché dans la nature comme ça. Cela n’a fait que confirmer ma sensation de sécurité.

ysengrain

Oui effectivement, c’est la chance que j’ai eue, d’avoir un gros calcul. Ceci dit, avec cette taille, il doit être là depuis longtemps, et la chance est que, lorsqu’il était petit, il n’a pas tenté de migrer dans les tuyaux!

François

Oui, je suis sûr. Mais t’inquiètes: je peux évacuer, et jusqu’à présent, j’ai toujours eu le temps d’atteindre les w.c. à temps. Tes « Jean Maurer » ne risquent rien!

Je suis touché et heureux que vous soyez si nombreuses et nombreux à me rejoindre sur cette appréciation du formidable travail accompli par ces professions. J’ai l’intention justement d’écrire à la direction des HUG pour leur dire ma satisfaction. J’ajouterai un lien vers cet article et vos commentaires, ça leur fera plaisir! Parce qu’il paraît que, généralement, c’est plutôt pour se plaindre que les gens écrivent!

Et qui sait, peut-être reviendrai-je bientôt vous narrer la suite?

17)
Gr@g
, le 03.11.2015 à 21:00
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Je rejoins les autres sur plusieurs points:
– je te souhaite le meilleur rétablissement possible pour que cette aventure n’en reste qu’une petite parmi d’autres.
– j’ai la chance de ne pas avoir besoin de fréquenter les Urgences, quelles qu’elles soient. Je n’en ai qu’une expérience (une fois, au début du siècle, à Morges…), je ne peux pas parler du point de vue du patient. Par contre, je rejoins les louanges pour l’ensemble des corps de métiers de la santé, qui abattent un boulot formidable, sans forcément la reconnaissance à la hauteur de leur engagement. Et je ne parle pas des spécialistes, je parles des infirmiers·ères, des ambulanciers·ères, les médecins urgentistes qui sont au front.
– je finis par louer ton écriture, aussi riche que fluide, et qui effectivement nous « oblige » à aller au bout, tant la lecture est agréable et imagée. Que j’aimerai avoir ce talent d’écriture…!

18)
Zallag
, le 03.11.2015 à 22:59
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Dom’, rassure-toi. L’émission évoquait le soin et la rigueur des utilisateurs du da Vinci en Suisse, en comparaison des USA ou de la France.
Et comme je disais, le titre de cette émission, accrocheur, ne sert qu’à booster l’audience — de toute manière importante — de cette émission dont la qualité est reconnue.
Le Dr Iselin a une très grande expérience avec ce robot, et c’est le médecin qui compte, pas l’outil dont il se sert.

19)
Dom' Python
, le 04.11.2015 à 05:47
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Gr@g:
Merci, très touché!

Zallag:
Oui, c’est bien ce que j’ai cru comprendre dans ce que j’en regardé « en diagonale ». Mais merci quand même de prendre la peine de préciser!l

21)
MarcOS
, le 06.11.2015 à 22:11
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Je viens de tester la pierre aux reins. C’était le rein gauche.

Je dois vraiment avouer ma surprise. Dans le petit pays qu’est la Belgique, mes filles ont téléphoné aux services des urgences à 6 h 15 du matin. L’ambulance est arrivée dans les 15 minutes. À 6 h 45, je recevais la première dose de calmant.

L’hôpital m’a libéré à 18 h, après une série de radios dans tous les sens pour vérifier la pierre.

Je n’ai jamais entendu pareille histoire avec des urgences !