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Odette

Odette est née en 1925.
C'est la grand-mère de mon épouse et l'arrière grand-mère de mes deux filles.
On vient de fêter ses 90 ans.

Je l'ai rencontrée pour la première fois en 2006 mais ai vraiment commencé à le connaître en 2007.
Mon premier marathon, je l'ai fini pour elle et surtout grâce à elle. Je souffrais le martyre pendant la course. J'avais du mal à marcher et même à plier ma jambe. Mais je lui avais promis cette médaille, elle qui venait de voir sa vie chamboulée par une amputation de sa jambe droite.
Elle n'a jamais voulu quitter sa maison où elle ne vit qu'à l'étage et ce sans aide à domicile.

Sur les neufs dernières années, elle a eu huit arrière-petits-enfants. Tous l'adorent et c'est plus que réciproque. Ce week-end, ma fille de 3ans et demi (faut que je précise sinon je vais me faire gronder) m'a demandé si on pouvait ramener Mamie avec nous à la maison. Elles ont toujours eu une relation spéciale toutes les deux.

Cette dame a vécu pleins de choses plus ou moins heureuses. Elle a été en Israël, en Egypte, au Canada, au Maroc. Elle a survécu à la 2nde guerre mondiale. Elle a travaillé toute sa vie.

Pourquoi je parle d'elle ? Parce que nous avons célébré ce week-end ses 90 ans et des gens de toute la France se sont réunis autour d'elle. Dans une grande simplicité juste pour lui dire "je t'aime".

Pendant ce repas, il y a eu ce moment si simple et si fort. Un abécédaire rédigé et lu par tous ses petits-enfants et leur conjoint...sauf moi.
Je n'y suis pas arrivé. J'ai trouvé un prétexte.
Ce n'est pas que je ne voulais pas. Je n'ai simplement pas pu.
Est-ce que c'était ma place ? Oui, mais non, enfin je ne sais pas.

J'ai toujours eu un profond respect pour cette personne et en même temps de très forts sentiments. Je ne lui ai jamais dit et peut être que je n'arriverai jamais à lui dire. J'ai perdu mes grands-parents relativement tôt. Ceci explique peut-être cela.
Je suis un peu comme elle, pudique.

Elle sait que je lui porte une grande affection.
Elle est unique.
Elle apporte tant de choses à mes filles et à sa fille.

C'est un bonheur et un honneur de la connaître.

Merci Mamie, je vous aime à ma façon et un jour je vous le dirai de vive voix.

9 commentaires
1)
cerock
, le 24.03.2015 à 09:20
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En te lisant, je repense la grand-mère de ma femme, mais qui pour moi était ma grand-mère aussi. J’ai eu de la chance de la connaitre, elle nous a quitté il y a un peu plus d’un an. Profite de ses moments.

Je repense très souvent à elle, tout comme a mes grands-parents, encore plus spécialement a Noël quand nous faisons les truffes dont elle nous a laisser la recette.

3)
ToTheEnd
, le 24.03.2015 à 09:33
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Hasard du calendrier, on a aussi fêté les 90 ans de ma grand-mère il y a 2 semaines… c’est tout de même difficile de voir les gens « vieillir » et perdre leurs capacités mentales et physiques.

T

4)
Saluki
, le 24.03.2015 à 12:18
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C’était il y a quelques mois.
Paris, marché de la Place des Fêtes.
Marchand de fruits.

Devant moi, une dame âgée, comme on disait naguère, commande plusieurs kg de pommes et d’autres fruits. Le marchand l’interroge :
– « Chère Madame, d’habitude vous me prenez un fruit de ceci, un fruit de cela… Que se passe-t’il ? »
– Demain je fête mes cent balais avec mes copines !

Le marchand lui a offert ses fruits. La dame âgée est repartie en tirant son chariot et en trottinant plus vite que je n’aurais pu le faire.

5)
Madame Poppins
, le 24.03.2015 à 18:07
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c’est tout de même difficile de voir les gens « vieillir » et perdre leurs capacités mentales et physiques.

Passant vraiment beaucoup de temps dans des EMS romands, je ne partage plus entièrement ce constat. En effet, je me suis rendue compte que si le marathon ne peut plus être fait, bien des gens ont du plaisir à une brève balade dans un parc, un moment sur un banc au bord du lac; si l’audition n’est plus au top et qu’il manque des notes à la neuvième symphonie, ils gardent le goût des gâteaux ou du vin. Si la vision laisse à désirer, rien n’interdit les contacts physiques plus fréquents, prendre une main, toucher une épaule.

Bien sûr, ce n’est pas agréable de voir un proche âgé souffrir mais je pense qu’on doit (moi y compris, hein !) changer notre regard sur ces personnes : ce qui n’est plus possible représente un deuil, trouver ce qui peut encore être fait, qui est encore accessible un défi que nous devons relever.

cvanquick, Odette n’est de toute évidence pas « tout le monde » : joyeux anniversaire à elle, puisses-tu passer encore plein de moments heureux avec elle.

6)
Dom' Python
, le 24.03.2015 à 18:32
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cvanquick, tu nous parles de la grand-mère de ton épouse et crac, je pense à la mère de la mienne, que j’ai eu également beaucoup de bonheur et d’honneur à la connaître.

J’écris « j’ai eu » car elle est décédée il y a quelques années. Ben tiens, je vais vous en parler un de ces jour. J’aime bien quand cuk se fait galerie de portraits…

si l’audition n’est plus au top et qu’il manque des notes à la neuvième symphonie,

…ben ils n’ont qu’à écouter la première, il y a moins de notes!

Ceci dit, je rejoins un peu TTE sur le fait que certaines pertes de facultés sont plus douloureuses (pour la personne et/ou son entourage) que d’autres. Je repense à ma mère, qui a presque perdu la parole à la suite d’une attaque. Or elle aimait beaucoup parler. (Son frère préféré lui avait d’ailleurs dit ironiquement qu’elle était punie par où elle avait péché…) Elle a pu récupérer, mais c’était resté très difficile d’avoir une conversation fluide avec elle. Et elle, si positive, en souffrait.

7)
Sirrensis
, le 24.03.2015 à 22:47
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Merci pour ces messages m’amenant à penser à une personne aussi née en 26. Et je me dis que ces personnes ont traversé plusieurs cultures, plusieurs périodes historiques où l’accès à l’eau, puis l’électricité s’est fait tardivement, surtout dans les campagnes et dans les vallées alpines. Aujourd’hui ce confort est là, les conditions de vie matérielle, dans nos contrées, se sont fortement améliorées. Les durées de déplacement et les distances parcourues nous amènent à définir de nouveaux territoires, à penser en référence à une échelle plus grande.
L’espérance de vie s’allonge, les « pépins » de santé ont des impacts différents selon les personnes.
Le numéro de Sciences humaines n°269 de ce mois s’intitule Vieillir pour ou contre?
Notre rapport à la vieillesse m’interpelle, me renvoyant tantôt vers cette image de bd de jeunesse où les indiens très âgés s’en allaient mourir dans la montagne, tantôt vers ces EMS où je perçois l’importance de ces gestes affectueux.
C’est le second message que je dépose sur ce blog que je consulte très régulièrement depuis 2012. J’apprécie beaucoup l’esprit de ce site qui m’a permis de rencontrer à distance beaucoup de personnes et de tisser avec elles des liens invisibles. J’y lis des complicités agréables et c’est très plaisant.

8)
ToTheEnd
, le 25.03.2015 à 10:05
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Passant vraiment beaucoup de temps dans des EMS romands, je ne partage plus entièrement ce constat.

Je ne tentais pas de fédérer un groupe derrière mon constat;-)

Je pense qu’il faut distinguer deux choses… il y a les gens qui vieillissent bien et il y a les autres. Ma grand-mère faisait encore ses déplacements à vélo il y a quelques années et était très alerte. Malheureusement, depuis quelques années, sa santé physique et psychique s’est détériorée au point qu’elle a besoin d’une aide quasi permanente alors que depuis près de 50 ans, elle s’est débrouillée toute seule… ça lui pèse un peu et à demi mot, elle a dit qu’elle attendait le départ.

Etre diminué physiquement ou mentalement mais encore apprécié plein de choses, même petites, c’est une chose… attendre le départ parce que tout devient pénible, ça en est une autre.

Je fais une remarque toute personnelle et que je n’édifie nullement ce souhait pour le reste du monde mais si un jour je commençais vraiment à trouver tout ça pénible, j’aimerais juste m’endormir tranquillement et ne plus me réveiller.

Sur ce point, je pense que notre société devra aussi évoluer et offrir un départ digne à des gens qui le souhaitent… mais c’est un autre débat.

T

9)
lvme
, le 25.03.2015 à 11:58
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oui, TTE, tout cela est parfois difficile à gérer.

il y a un autre critère trop peu abordé, celui du vivre ensemble. 3 voir 4 générations sous un même toit ne faisaient pas peur à nos parents. quid aujourd’hui ?

Maman loge actuellement chez mon frère depuis ses deux chutes en 2014. perte d’autonomie et déprime que mon frère accepte pour l’instant de gèrer en même temps que ses enfants adolescent.

pour combien de temps ? il est évident qu’un placemen dans un centre est la solution de facilité… mais rien n’est facile dans ces cas.