Profitez des offres Memoirevive.ch!
L’imposture scientifique en dix leçons

Voici pas mal de temps que je désirai vous présenter cet ouvrage. Malheureusement, celui-ci n'était plus disponible à la vente. Or s'il y a bien quelque chose que je déteste, ce sont les gens qui recommandent un ouvrage non disponible. Donc, bonne nouvelle, dans moins d'un mois une édition de poche de ce livre sera disponible dans les rayons de vos libraires favoris. Donc, pour vous et rien que pour vous, l'un de mes livres favoris:

L'imposture scientifique en dix leçons, Michel de Pracontal, Éditions La Découverte, Paris, 2001

image

Michel de Pracontal, 46 ans, est titulaire d'une maîtrise de mathématiques et d'un doctorat en sciences de l'information sur la vulgarisation scientifique. Journaliste scientifique depuis plus de vingt ans, il travaille depuis 1990 au Nouvel Observateur. C'est à lui qu'on doit notamment « les mystères de la mémoire de l'eau » (La Découverte,1990) et « La Guerre du tabac » (Fayard, 1998).

10 leçons pour apprendre à tromper l'autre!

Avant de vous présenter sommairement les dix leçons qui composent cet ouvrage, voici une citation de l'auteur sur son livre : «Loin d'être marginale, l'imposture scientifique est devenue une nouvelle norme intellectuelle. […] Voici l'indispensable manuel du pipeau et de la baliverne. » Plutôt que de vous expliquer quelles ont été les fraudes scientifiques les plus marquantes du siècle passé, Michel de Pracontal va vous apprendre à devenir un fraudeur d'exception! C'est ainsi, selon lui, le « meilleur moyen de ne pas être une victime de la fraude intellectuelle ». Vous apprendrez donc à poser les bonnes questions (leçon 1), à choisir votre créneau d'imposture (leçon 2), à conspuer la science (leçon 3), à manipuler les médias et les faits (leçons 4 et 5), réécrire l'Histoire (!) et honorer diverses divinités ou forces occultes (leçons 6, 7 et 8) et, pour finir, à jouer avec le langage et devenir irréfutable (!). Tout un programme!

Tout au long de ce manuel de l'obscurantisme, vous allez rencontrer une quantité incroyable d'exemples, du plus anodin au plus sérieux. Ainsi, vous apprendrez comment Uri Geller (tordeur de cuillères émérite) a été confondu par Gérard Majax lors d'une émission télévisée. Vous allez croiser plusieurs fois le chemin de Rika Zaraï, qui soigne la cellulite avec des zestes de citron, et sa « cuisine magique ». Plus grave, de Pracontal va vous narrer la terrible histoire de Jacques Benveniste et de la mémoire de l'eau, où comment ce dernier a été piégé par une de ses doctorantes… Comme vous l'avez sans doute déjà compris, ce livre ne se contente pas de vous présenter certaines fraudes proches du ridicules, mais également des enjeux scientifiques majeurs comme ce fut le cas pour « la mémoire de l'eau ».

la réfutabilité de la science

Pour terminer son ouvrage, de Pracontal, au travers de sa dernière leçon, va tenter de réintroduire une notion plus que fondamentale: la réfutabilité de la science. Il s'appuiera sur la théorie du philosophe Karl Popper : «Le critère de scientificité d'une théorie réside dans la possibilité de l'invalider, de la réfuter ou encore de la tester ». Cette notion centrale, de ce que l'on appelle couramment « la science », est trop souvent oubliée. Combien de fois n'a-t'on pas entendu dire « c'est scientifiquement prouvé »? Or cela ne nous absout pas d'avoir un esprit critique envers ce que l'on nous présente. Mieux même, c'est justement cette absence d'esprit critique qui est le berceau même de l'imposture en tout genre!

Quelle est la nécessité d'un tel ouvrage? Répondre à cette question revient à s'interroger sur notre manière de traiter l'information. Disposons-nous d'un esprit critique face à la masse d'information véhiculée par les médias? Ou sommes-nous à la merci de la société d'information? C'est là qu'intervient de Pracontal: il va tenter de nous faire distinguer le vrai du faux dans cette culture surmédiatisée, régie par « la dictature du marché et de l'audimat ». Car il faut l'avouer, pour les médias, il est beaucoup plus intéressant de présenter l'irrationnel et toutes les merveilles qu'il en découle plutôt que la froide rigueur scientifique…

22 commentaires
1)
etienne
, le 28.07.2004 à 07:44
[modifier]

C'est marrant comme on redécouvre Karl Popper temps en temps. Il existe un excellent site (em anglais) sur la vision scientifique de notre réalité et sur LA qualité fondamentale de tout bon scientifique:

http://www.skeptic.com

Bonne vacance

Etienne Pralong

2)
Roger Baudet
, le 28.07.2004 à 08:41
[modifier]

Ben mince alors !

J'avais dèjà quelques bouquins à lire de retard, mais là, je me sens obligé de me procurer celui-là.

Merci de nous faire découvrir cet ouvrage.

4)
Nikooo
, le 28.07.2004 à 11:55
[modifier]

Pourvu que je n'aie pas "piégé" mon prof… Arf arf arf
Un doctorant parmis tant d'autres….

5)
Alexis
, le 28.07.2004 à 11:57
[modifier]

Ben…
Roger Baudet m'a devancé dans ce que j'allais écrire !

Au fait, (je ne suis pas scientifique), le terme de "science exacte" n'est-il pas déjà une imposture ?


Ni dieu ni maître,
Ni foot, ni windows !

6)
Renan Fuhrimann
, le 28.07.2004 à 12:21
[modifier]

Alexis:
On utilise souvent le terme de "science exacte" pour distinguer les sciences dites dures (physique, chimie, mathématique) des sciences dites humaines (sociologie, psychologie,..). Tout bon scientifique te dira qu'effectivement le terme de science exacte est un terme un peu trompeur. Cela vient du fait que la science fait un modèle de ce qu'elle expérimente et que selon le principe d'Heisenberg, toute observation modifie l'état de l'objet observé. Donc ce "modèle" ne peut être réellement exacte. Par contre, il s'approche au mieux de ce qu'un scientifique peut observer.

7)
Nikooo
, le 28.07.2004 à 12:25
[modifier]

Mine de rien c'est assez difficile d'analyser les données que l'ont a acquise avec peine, ce de manière objective. Je suis en train de vivre un joli exemple…

Mon chef avait une théorie qui (biensûr) pouvait expliquer la plupart des phénomènes que l'on observe. Pas de chance certaines de mes expériences ne sont pas parvenues à montrer les idées du-dit chef. Pourtant il était même prêt à "sacrifier" des data pour montrer l'inverse de nos observations, disant que celles-ci n'avaient pas été acquises de manière satisfaisante! Mais après de long mois il a été obligé de tourner sa veste. En effets nos data supportent maintenant une théorie très contreversée… et ceci fait qu'on est passé d'un camp à l'autre!

Comme quoi pour faire une jolie imposture, on doit croire dur comme fer à ce que l'on veut justement faire croire! D'ailleurs c'est très difficile pour un "petit" doctorant d'expliquer à son prof que sa théorie ne fonctionne pas complétement. On passe par plein de remise en question jusqu'au moment où on tape du poing sur la table. Heureusement pour moi tout à l'air d'être reproductible par les autres, ce qui rassure. Néanmoins mon prof a toujours de la peine à croire en mes résultats et donc mon travail sera publié dans une revue de moyenne importance.

Comme quoi ce sortir d'une croyance pouvant mener à l'imposture est un travail de longue halleine!

Amicalement.

8)
Obi1
, le 28.07.2004 à 14:23
[modifier]

Nikoo, il ne faut jamais croire ce qui un chef. Un chef ne dit que des bêtises. Il est d'ailleurs payé pour cela. Plus il en dit, plus il a de succès, plus il est admiré et plus il gagne. On ne manque pas d'exemples…

9)
Obi1
, le 28.07.2004 à 14:26
[modifier]

Oups: il ne faut pas croire ce que dit un chef…

Pourtant je suis pas chef, mais j'écris n'importe quoi aussi. Ca va pas bien.

10)
ola
, le 28.07.2004 à 14:51
[modifier]

Pour ce qui est des "sciences exactes" c'est un grand débat, et la réponse aboutit souvent au fait que seules les mathématiques sont une science exacte car elles reposent sur des conventions (les axiomes) et font appel à des démonstrations logiques, les autres sciences sont des sciences de modélisation et une modélisation est au mieux approchée mais jamais exacte.
Dans l'ensemble il vaut mieux s'abstenir d'utiliser ce terme qui n'a de toutes façons pas bcp de sens.

11)
Caplan
, le 28.07.2004 à 15:37
[modifier]

A l'inverse, il y a par exemple les créationnistes qui prétendent que toutes les théories sur la géologie de la Terre et sur l'évolution des espèces (entre autres…) ne sont que de vastes supercheries, puisque selon eux la Terre n'aurait que 12'000 ans au plus.

Il y a des gens qui commettent des impostures scientifiques et il y en a d'autres qui tentent de faire passer les avancées scientifiques pour des impostures. C'est le cas des fondamentalistes de la Bible et c'est aussi le cas dans l'industrie du tabac, par exemple…

13)
Enrico
, le 28.07.2004 à 17:00
[modifier]

MERCI !

J'aime beaucoup a dernière phrase de ton article, c'est à peu près la même chose que j'avais dit (en beaucoup moins bien, OK) dans cette interview:

http://www.swissinfo.org/sfr/swissinfo.html?siteSect=105&sid=4972482

Je crois que la phrase explique tout, explique pourquoi il y a des foules qui achètent des gélules homéos, se font soigner par des magnétiseurs et autres sorciers des temps modernes. La société surmédiatisée risque d'aboutir à une société de crédules.

14)
Franck
, le 28.07.2004 à 17:09
[modifier]

Même les mathématiques ne sont pas une science exacte, la cohérence des axiomes qui la fondent NE POUVANT PAS ETRE ASSUREE, d'après les travaux d'un logicien, Gödel…

Mes connaissances en logique ne vont pas plus loin, mais c'est suffisamment explicite…

15)
Renan Fuhrimann
, le 28.07.2004 à 17:21
[modifier]

Enrico:
J'ai eu le temps d'y réfléchir à cette phrase, donc je triche :o)

Franck:
C'est clair mais peut affirmer que les travaux de Gödel sont accessibles à tout et a chacun ? :o)

16)
Alexis
, le 28.07.2004 à 23:13
[modifier]

Merci Renan pour ces rappels de mécanique quantique.
Si je comprends bien Ola, seuls les calculs et non les mathématiques seraient une science exacte (dans la mesure de la précision admise), mais les calculs sont-ils une science ?

Concernant l'homéopathie, je vais peut-être jeter de l'huile sur le feu, mais je voudrais bien qu'on m'explique pourquoi il existe de l'homéopathie pour… animaux, en l'occurence des chevaux ! En tant que graphiste j'ai eu l'occasion de faire des embalages pour de tels produits. Alors ? Il semblerait de plus que l'homéopathie soit efficace pour certaines affections, cutanées notamment…

La pédiatre de mes enfants n'hésite pas à faire appel parfois à ces traitements et utilise ce qui, par son expérience, donne les meilleurs résultats, sans pour autant ne jurer que par l'un ou l'autre de ces traitements (classique ou homéo). Comme beaucoup de medecins (ils semblent être de plus en plus nombreux) elle constate que cela fonctione, partant du principe "ratio risque/bénéfice" et le risque en homéopathie est plutôt nul. Or pour l'essentiel de la médecine de ville, les traitements ne sont pas donnés dans l'urgence, si ça ne marche pas d'une manière, on a la possibilité d'agir autrement…

Bon, je suis peut-être naïf, mais je voudrais bien que l'on m'explique aussi le fameux "effet placébo" : comment un scientifique peut-il accepter que certaines affections soient traitées avec un placébo quand on ne jure que par la pharmacologie pure et dure ?
Je n'ai pas l'intention de me battre pour ces idées (je n'en ai pas les moyens en terme de connaissances), mais je reste dubitatif face à ceux (des deux camps) qui affichent souvent un mépris condescendant pour celui d'en face.

Merci de m'éclairer.

17)
etienne
, le 29.07.2004 à 09:59
[modifier]

Salut Alexis,

Concernant l'homéopathie pour animaux, il faut toujours se rappeler que l'effet placebo peut provenir du consommateur mais aussis du prescripteur. C'est pourquoi une bonne étude pharmacologique doit se fair en double aveugle (Je ne sais pas ce que recois et je ne sais pas ce que je donne)….
Bref, pour le cheval, si son maître est 100 % sur que cela est efficace, il peut influencer le cheval ou plus simplement sa vision de l'état de son cheval…
Une petite dernière sur l'effet placebo, il peut même tuer… J'ai lu que des militaires qui avaient cru être atteints par une poudre toxique, on fait des malaises et des convulsions dans le cadre d'un exercice ABC. Cette poudre à part se couleur rouge ne contenait rien de dangereux pour la santé…
Comme quoi la puissance de l'autosugestion est très grande..

Etienne

18)
ola
, le 29.07.2004 à 17:58
[modifier]

Personnellement je ne sais pas ce que les gens entendent par le calcul alors je ne saurais dire si c'est une science : de manière général le calcul est l'usage des opérations fondées sur les axiomes et tout ce qui en découle, personnellement je vois pas trop l'intérêt de séparer le calcul du reste des maths (la différence viendrait juste du fait que le calcul c'est l'usage d'une partie des maths).
Déjà définir les maths c'est assez compliqué, comme on le disait elles sont basées sur des axiomes c'est à dire des conventions que l'on prend et qui ne font donc appelle à aucune démonstration logique.
Par exemple l'axiome de Peano définit les nombres entiers, et l'opération d'addition de ces nombres, car les entiers sont définis par récurrence en additionnant l'élément unité à l'entier précédant, en partant de 0 qu'on pose "artificiellement".
Ensuite on partant des axiomes on tisse des théroêmes, des lemmes, des priopriétés qui peuvent se démontrer à chaque fois en remontant aux axiomes. Le problème de la cohérence des axiomes est inabordable ici et c'est un fait ceci met en défaut bcp de chose, mais si l'on ne tient pas compte de ce pb, on aboutit au fait que les maths ne peuvent être que juste du moment que l'on s'assure que les démonstrations sont justes, pour ça on vérifie que l'on se fonde uniquement sur les axiomes et l'on retombe donc sur des conventions qui sont juste par définition.
Pour bien voir la nuance : personne ne peut mettre en doute que l'ensemble des nombres premiers est infini car cela se démontre facilement par récurrence, par contre en physique on ne peut pourra jamais connaître parfaitement la trajectoire d'un objet en mouvement car il est en intéraction avec tout les corps pesants qui sont en nombres infinis, mais on fait des modèles, on considère sur terre par exemple que la pesanteur peut être modélisé par un vecteur g anti radial mais c'est évidemment faux.
Il y a des choses exactes en physique mais on fait bcp d'extensions approchées alors qu'en maths rien n'est approché sinon ça n'est plus maths.

19)
Alexis
, le 29.07.2004 à 22:47
[modifier]

Merci Etienne pour ces quelques explications… quid à ce moment là de cette fameuse autosugestion et de sa puissance ? Reconnaître son existance met à mal les tenants d'une médecine et d'une pharmacologie pures et dures… et ouvre un peu la porte aux agités du bocal avec amulettes et poudres de perlimpimpin. Hum… vaste débat
Ton texte situé à côté de celui de Ola sur les maths, démontre si besoin était la différence entre une science exacte (les maths, donc) et une science humaine loin d'être exacte : la médecine.

20)
ola
, le 30.07.2004 à 12:33
[modifier]

Je corrige une petite erreur de mon post précédent c'est par l'absurde qu'on démontre qu'il y a une infinité de nombres premiers et non par récurrence (enfin tout cas je connais pas de démonstration faisant usage de récurrence), pour me faire pardonner je vous donne la démonstration :
on suppose qu'il y a un nombre fini de nombres premiers on fait le produit de ces nombres, on ajoute 1 et on se retrouve avec un nouveau nombre premier ce qui est absurde, et on en déduit donc qu'il y a une infinité de nombres premiers.

21)
Bansuri
, le 23.08.2004 à 11:08
[modifier]

Bonjour,
À la base de toute "connaissance", nous trouvons nos sens et ce qu'ils extraient de l'environnement. Puis ensuite, nous élaborons … (Voir Sémantique générale, je ne développe pas). Nous créons nos catégories et la conscience d'abstraire (et donc d'oublier des aspects qui pourraient être perçus) n'est pas forcément très répandue.
Il est certain qu'aucune théorie "scientifique" ne tient le choc bien longtemps, car remise en cause pas une nouvelle manière d'agencer les informations, observations … Ce continuel changement (utile) finit par donner le tournis à tout un chacun et cela amène à "croire" n'importe quoi.
La prudence serait de vérifier les assertions. Mais c'est difficile. Imagine-t-on possible de vérifier que tel médicament produit les effets souhaités ; parfois nous prenons de l'aspirine, constatons que la migraîne est partie et nous pensons que l'aspirine est efficace ; est-ce cela une vérification ?
Au final, ce qui est abject (et très répandu) c'est d'habiller d'un discours pseudo-scientifique de la publicité pour telle idée, tel produit, telle croyance si on le fait sciemment. Tromper sciemment ses contemporains sur des résultats d'expérimentations, d'études .. laissons cela aux politiques.

Un ami me disait "Demande toujours des preuves". Sage conseil. J'ajouterai : "et vérifie autant que ce soit possible" ce qu'on t'affirme péremptoirement.

Pas plus tard qu'hier soir, en cherchant sur internet, j'ai débusqué une affirmation journalistique mensongère. Si la journaliste avait été honnête, elle n'aurait pas affirmé qu'aucune étude scientifique n'avait jamais à ce jour, expliqué un certain phénomène. J'ai trouvé au moins deux explications "scientifiques" du phénomène. Il resterait à vérifier. Mais manifestement la journaliste n'a même pas commencé à se mettre en position critique.

Cordialement.

22)
ToTheEnd
, le 23.08.2004 à 13:31
[modifier]

salut bansuri et merci pour ton commentaire, je partage quelques-unes de tes remarques… surtout la référence à ces pauvres journalistes (j'ai eu quelques "mots" avec anne cuneo à ce sujet, je crois qu'elle ne veut plus me parler pas parce qu'elle est elle-même "écrivain-journaliste", mais parce que mes arguments et affirmations étaient complètement à côté de la plaque).

toutefois, ne sois pas surpris de ne pas recevoir beaucoup de feedback sur ton commentaire car ce site et humeur a été archivé et "remplacé" par un nouveau (www.cuk.ch). tous les articles n'ont malheureusement pas encore ou pu être transférés…

bonne!

T