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Et si on leur disait merci?

J'adore l'hiver.

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mon jardin l'autre jour…

 

J'aime cette neige quand elle finit par tomber, dans nos campagnes.

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Elle m'a suivi partout cette fourmi, pourvu que malgré la rouille, elle tienne le coup…

 

En ville, on a de la peine à comprendre, tout devient tellement vite brun et noir.

Mais à la campagne, c'est tellement autre chose.

J'habite à Bière, vous le savez, à une altitude de 700 mètres.

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Oui… c'est un peu ailleurs…

 

Tout plein de Vaudois, que dis-je, de Suisses connaissent bien cette commune parce qu'ils y ont fait leur armée, que ce soit à l'école de recrues ou (et) pendant un cours de répétition.

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Une des anciennes boucheries de Bière.

 

Tous ces gens qui sont venus pour des raisons militaires chez nous se souviennent sûrement du petit microclimat de Bière.

Bière, son froid, sa bise… (un vent du nord nord-est) glaçante…

Bière, les appels en colonnes à 5 heures du matin, dans cette bise justement, à écouter les sornettes du commandant de compagnie: vous l'avez vécu, vous ne l'oubliez jamais.

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Ah la la cette place, et toutes les autres… Combien étions-nous à péter de froid (ou de chaud) en attendant des ordres… pas toujours très intelligents…

 

Comme beaucoup, je suis venu dans ma jeunesse dans les casernes situées à l'extérieur du village.

Jamais je n'aurais pensé y revenir un jour pour m'y établir.

Mais Bière, c'est aussi le pied du Jura, et ses alentours sont magnifiques.

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Il est au fond, là, le Jura. Mais même comme ça, je trouve ça touchant.

 

Courir dans ces campagnes, et même sur le territoire de la place d'armes, c'est du bonheur.

Je vous disais qu'il y fait froid et que la région est venteuse…

Mais il y neige aussi.

Là, nous devons avoir eu 60 centimètres depuis dix jours.

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Ce n’est rien, là, par rapport à ce qu'il y avait vendredi…

 

C'est beau.

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Un jour, si vous êtes gentils, je vous donnerai la recette du bon papet vaudois. Mais faudra venir chez nous acheter la saucisse aux choux. Il n'y a rien de meilleur pour le goût, et de moins bon pour le cholestérol

 

Mais il faut tout de même dire ceci: la neige, c'est beau, le vent, ça énerve, mais bon, on s'y fait.

Ce qui ne va pas?

La neige et la bise ensemble.

Depuis mercredi passé, c'est incroyable ici.

Les écoles ont été fermées (8'000 élèves ont été privés d'enseignement vendredi), les voitures se plantent dans les congères que nous appelons souvent une gonfle.

En effet, la difficulté n'est pas la neige en tant que telle: bien équipé, vous passez partout.

Le problème, c'est que le vent pousse cette neige des champs vers les routes, et finit par tout combler.

Et là, on ne passe plus.

Même le train, à Bière, n'a pas pu circuler en partie jeudi passé, à cause entre autres des murs de neige, mais aussi des aiguillages gelés.

Jeudi soir, nous avons voulu rentrer à la maison, mais nous avons appris que ce n'était tout simplement pas possible.

Toutes les routes d'accès vers Bière, toutes oui, étaient fermées. Les voitures étaient nombreuses à être complètement plantées dans les congères.

Alors nous sommes rentrés en train, bondé, bien évidemment puisque rempli de gens dans notre situation.

Nous avons dû changer de convoi au milieu du trajet, puisque le train qui nous montait de Morges jusqu'à Bussy n'arrivait pas à aller plus loin. Nous avons attendu le train de Bière qui a pu nous prendre, mais la partie n'était pas encore gagnée. Il fallait que le chasse-neige de voie déblaie devant le train. Et nous passions à sa suite: impressionnant, le frottement du train dans les murs de neige jusqu'au haut des fenêtres.

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La route que je prends deux à trois fois par semaine, une route cantonale, prioritaire et tout et tout, approchons-nous…

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Ah… mais elle est où la route?

Approchons-nous encore…

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Ah ben…

Il n’y a plus de route…

 

Jeudi matin déjà, à 6 heures, nous étions sur les routes, d'abord vers Bofflens (30 kilomètres de route, au pied du Jura), les conditions étaient dantesques, il a fallu faire des détours, et personne n'était trop tranquille dans la voiture en particulière pendant de longs moments où nous ne voyions que des nuages de neige, et pas du tout la route.

Mais nous sommes passés.

Et si nous sommes passés, ce n'est pas parce que nous étions particulièrement chanceux ou particulièrement habiles, mais c'est grâce à ces hommes qui travaillent pour nous toute la nuit.

Ces gens qui conduisent les chasse-neige, qui sont comme un réconfort quand on voit leurs gyrophares orange, tourner au loin.

Ces gens qui bossent ces jours 24 heures sur 24, je ne sais même pas comment ils font.

Le pire, c'est que la route peut être à nouveau difficile à peine dix minutes après qu'ils sont passés.

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Dimanche, les finitions…

 

Je ne sais pas comment ils font disais-je, je ne sais même pas si ce qu'ils vivent est dangereux.

Mais sans eux, je ne sais pas comment on ferait, nous.

Alors voilà, j'aimerais juste leur dire un immense merci.

Dire aussi que je suis épaté par l'efficacité du système qui, s'il a fallu certes fermer quelques routes pendant plusieurs jours, et beaucoup jeudi soir et vendredi, a su gérer la crise avec maestria.

Juste un petit bémol: le canton de Vaud a décidé il y a quelques années de ne plus poser les pare-congères aux à bord des routes dans les champs. Il est évident que c'est une erreur. À chaque fois qu'il y a de la neige et de la bise, c'est la même histoire qui recommence. Alors d'accord, nous avons économisé de l'argent du contribuable en évitant le démontage-montage chaque année, l'entretien et le stockage de ces barrières, mais bon, ça a coûté combien, au canton, le déblaiement de ces routes, depuis 4 jours?

 

21 commentaires
1)
Dom' Python
, le 10.02.2015 à 06:07
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Je connaissais l’expression « être dans la gonfle », mais ignorait son sens vaudois.

Je suis d’accord avec toi pour exprimer haut et fort notre reconnaissance envers celles et ceux qui entretiennent toutes les voies de communication, à longueur d’année, et plus particulièrement aux « urgentistes » de la voirie qui interviennent en cas de crise!

2)
Argos
, le 10.02.2015 à 06:19
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J’habite aussi à 700 mètres d’altitude sur la colline qui surplombe la capitale. Après un hiver jusqu’alors très clément, la neige a fini par tomber hier. Mais rien à voir avec les mètres qui rendent impraticable la route vers la Russie. Il y a 150 ans Alexandre Dumas raconte déjà qu’il avait tenté de l’emprunter et qu’il avait dû faire demi-tour avant le Col de la Croix, à 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Chez moi la route n’est généralement pas déneigée,et ce fut la raison du choix d’un 4×4. Oui, se rendre en 4×4 pour acheter des croissants à la boulangerie française un doit peut-être en faire hurler plus d’un. Mais que de crimes ne commettrait-on pas pour un bon croissant ?

François, tes photos de neige sont un peu grises, surtout la première. Dans ces situations il faut toujours surexposer par rapport aux indications données par l’appareil. En rav tu peux bien sûr corriger.

Sur ce je vais me faire un café, non pas de Nespresso mais avec une vieille cafetière napolitaine.C’est pour accompagner les croissants, bien chauds.

3)
Madame Poppins
, le 10.02.2015 à 06:48
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Pourtant, tu lis 24heures, non ? Il y avait un article à ce sujet. De Laurent Tribolet et de son avis sur les pare-neige, Mister t’en parlera certainement ;-)

4)
François Cuneo
, le 10.02.2015 à 07:03
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Excuse-moi Argos, mais l’ambiance était exactement comme ça: grise.

Je ne vais pas surexposer pour rendre la chose plus gaie ou plus… C’était comme ça, et j’adore cette ambiance.

Madame Poppins, oui, je lis 24 heures, mais j’ai raté cet article.

J’imagine bien que Mister va commenter la chose, ça m’intéresse d’ailleurs au plus haut point, son avis.

5)
Caplan
, le 10.02.2015 à 07:45
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Ah la la cette place, et toutes les autres… Combien étions-nous à péter de froid (ou de chaud) en attendant des ordres… pas toujours très intelligents…

Je vois les fenêtres de ma piaule, au 1er étage! Sitôt mon école de recrues terminée, j’ai fait un remplacement de 3 mois … à Bière! Les gonfles étaient plus hautes que ma R4…

6)
ToTheEnd
, le 10.02.2015 à 08:39
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C’est clair que les conditions de ces derniers jours étaient difficiles mais alors quand le soleil est réapparu, que c’est beau de voir tous ces paysages peint en blanc. Au-delà d’être inhabituel, c’est surtout féérique et je suis persuadé qu’il y aurait des photos magiques à faire en mode « vu d’en haut ».

Bref, vive la neige…

T

7)
Alain Le Gallou
, le 10.02.2015 à 09:35
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@Argos Pour les croissants essaye les croissants Picard et surtout les mini-croissants. Je mets 4 mini-croissants congelés dans un petit four d’appoint, four froid. 12 minutes à 180°. Pendant la cuisson, j’allume le feu dans la cheminée et je lis CUK.

9)
cerock
, le 10.02.2015 à 10:54
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Superbe. Je n’aime pas la neige, mais je suis toujours émus devant de si beau paysages.

Et promis on va être sage pour avoir droit a la vrai recette du papet ;) Question conne, il existe des fausse saucisse aux choux vaudoise ?

10)
Diego
, le 10.02.2015 à 11:06
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J’en ai peur, je vais être un peu long!

En leur nom, je te remercie François.

C’est assez paradoxal en fait. Le travail des employés d’exploitation, ou cantonnier, ou employé de voirie, selon le milieu, est ingrat, peu visible et en éternel recommencement. Faucher les talus de bord de route et lutter contre les plantes nuisibles, entretenir les revêtements en bouchant les fissures et comblant les affaissements, réparer la signalisation, vider les « sacs de route » des boues polluées et nettoyer les canalisations, intervenir en cas d’accident pour balayer, et toujours, toujours, toujours, ramasser les cannettes, les mégots, les emballages et depuis l’avènement de la taxe au sac, les poubelles.

Pour les autoroutes, tu ajoutes mettre sa vie en jeu tous les jours pour assurer la sécurité aux entreprises qui y interviennent des automobilistes qui l’emprunte.

Et ceci en se faisant copieusement insulter, avec force geste et verbe, dès que l’automobiliste doit « par ta faute » ralentir sa course effrénée vers le prochain endroit où … il est pressé d’arriver !

Et puis il y a l’hiver, où enfin le travail se voit.

Je peux te dire que la reconnaissance immédiate, ça compense tout l’effort demandé. Je n’ai jamais vu un cantonnier se plaindre d’un hiver rigoureux, au contraire, et ceci même si, comme à la fin de l’hiver 2011-2012 par exemple, tout le monde était bel et bien « sur les genoux ». Bien sûr, il y a les heures supplémentaires que chacun se réjouis de reprendre, mais il y a surtout la valorisation publique et (quasi) unanime.

Une fois encore, la fausse note vient des autoroutes, où quel que soit l’engagement des collaborateurs, l’Office Fédéral des Routes trouve toujours quelque chose à redire. La légende veut que ces théoriciens imaginent qu’on peut rattraper les flocons avant qu’ils ne touchent le sol … cette image n’est pas de moi, mais des hommes en orange.

J’ajoute encore que le déneigement se voit, mais qu’une fois terminé, reste le « travail de l’ombre », à savoir redonner à l’eau de fonte l’accès au canalisations en ouvrant à la pioche et à la pelle ces murs de glace créés par les fraiseuses pour que les « gueulards » et autres grilles d’évacuation fassent leur office.

Donc oui, merci pour eux, ils ont beaucoup et bien bossé ces derniers jours, tant les collaborateurs des villes que du canton, et aussi bien sûr tous ceux des entreprises privées qui les épaules.

Concernant les pare-neige, j’ai un avis un peu moins tranché que mon ex chef de division : il y a d’autres considérations qu’il ne peut évoquer et mon devoir de réserve m’impose de les garder pour moi. L’article cité par Mme Poppins est ici : http://h2g2.ch/lt

Et finalement, pour le coup, on parle moins de pollution salline quand il s’agit de sécurité … parce que du sel, le canton en mis un paquet la semaine dernière sur les routes. Pour ceux qui ont le « palais fin » comme moi, vous sentez probablement sur les bords avant de votre langue ce goût caractéristique quand vous roulez sur les routes, non ?

4277 tonnes pour être précis, c’est une info publique qu’on trouve ici : http://h2g2.ch/sel2015, et les villes probablement au moins autant !

On va en faire de l’hypertension ;-)

11)
Argos
, le 10.02.2015 à 12:13
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Alain, le prochain Picard est à 4000 kilomètres de chez moi. Mais je congèle puis dégèle parfois les croissants achetés chez mon boulanger. Le problème de Picard, par ailleurs, est que ses croissants contiendraient de l’huile de palme Je n’ai évidemment pas vérifié.

12)
Alain Le Gallou
, le 10.02.2015 à 13:27
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@Argos J’ai été chercher le paquet pour vérifier. Pour les mini-croissants, il n’y a pas d’huile de palme. Il y a 23% de beurre. J’ai aussi vérifié sur Wikipédia d’où venaient les additifs, pas de palme. Au goût je sens bien le beurre.

Pour la congélation de croissant du boulanger, c’est pour moi un pis aller, car décongelés ils sont tout mou, même passé au four.

13)
M.G.
, le 10.02.2015 à 18:17
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Je mets 4 mini-croissants congelés dans un petit four d’appoint, four froid. 12 minutes à 180°.

Ah ! Un connaisseur ;-)

Pour la congélation de croissant du boulanger, c’est pour moi un pis aller, car décongelés ils sont tout mou, même passé au four.

Ça, en revanche, c’est bizarre. Quand je suis de passage en Normandie, je congèle systématiquement les énormes croissants au beurre de mon boulanger et je les décongèle dans mon four électrique à convection exactement comme dit plus haut. Je n’ouvre le four qu’après 10 minutes de refroidissement. Ils sont croustillants à l’extérieur et délicatement moelleux et souples à l’intérieur.

Je suppose que tout le monde le sait mais il vaut mieux le rappeler : il ne faut jamais réchauffer des viennoiseries au micro-ondes. Le résultat est absolument immangeable !

14)
Alain Le Gallou
, le 10.02.2015 à 20:15
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@M.G. J’ai peut-être eux une mauvaise expérience ou les croissants de ton boulanger normand se tiennent mieux que ceux de mon boulanger breton. Essai à faire par chacun suivant son boulanger et four.

Je complète pour les mini-croissants Picard. J’ai dit : « Je mets 4 mini-croissants congelés dans un petit four d’appoint, four froid. 12 minutes à 180°. » car après comme ils sont brûlants j’entrouvre le four et j’attends 8 minutes. Sinon, 12 mn c’est pas assez cuit.

16)
Hervé
, le 11.02.2015 à 00:35
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Je suis actuellement sous les cocotiers en plein milieu du Pacifique à plus de 3000km de toute terre habitable (Rapa Nui). A 35 degrés à l’ombre, c’est rafraichissant de lire cet article :-D

18)
nic
, le 11.02.2015 à 09:48
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Diego, ton premier lien va vers une page OwnCloud qui demande un mot de passe.

ciao, n

20)
François Cuneo
, le 11.02.2015 à 14:31
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Merci!

Je l’avais lu cet article, mais pas la dernière colonne bizarrement…

Alors que justement, le sujet m’intéressait.

Content que tu ne sois pas forcément tout à fait aussi péremptoire.:-)

Ah la la, le devoir de réserve nous retient tous visiblement…:-)

21)
ToTheEnd
, le 11.02.2015 à 15:08
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Il semblerait que la plupart des pays qui doivent lutter contre beaucoup de neige et sable ont renoncé aux barrières et ce n’est pas pour une raison de coûts mais bien d’efficacité…

T