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La pyramide…

Non, pas celle(s) d'Egypte, celle de Maslow, je parie que vous la connaissez. Et même si elle prête le flanc à la critique si j'en crois un certain DLN, selon lequel "le fondement du modèle de Maslow est la hiérarchisation des besoins. Or l'individu cherche parfois à satisfaire des besoins d'ordre supérieur même lorsque ceux de la base de la hiérarchie demeurent insatisfaits. Cette hiérarchie impose qu'un besoin supérieur n'est atteint qu'à condition de satisfaire les autres, alors qu'un palier peut être passé", elle illustre très bien mes réflexions en cette fin d'année 2014.

Maslow23En effet, alors que ma boîte - mail et postale - regorge de messages, parfois juste polis et "téléphonés", parfois très touchants et personnalisés, et que je me vois offrir des cadeaux totalement inattendus de la part de collègues ou de voisins, je prends conscience une fois de plus que j'ai beaucoup de chance.

Bien sûr, un tout petit bout de cette chance n'est pas réellement le fruit du hasard puisque j'ai investi du temps et de l'énergie pour passer certains diplômes notamment mais pour le surplus, je n'y suis pas pour grand-chose, voire carrément pour rien du tout. Ainsi, j'ai un toit au dessus de la tête, je vis dans un pays dans lequel je peux m'exprimer librement, je suis entourée par de nombreuses personnes bienveillantes à mon égard, je reçois de l'affection, je peux en donner, ma santé est globalement bonne; j'ai le loisir de travailler sur l'estime que j'ai pour moi-même - dans mon cas, ce n'est pas mon tailor qui est rich mais prochainement mon psy - et différentes activités, privées et professionnelles, me permettent une forme de réalisation, même si mes contributions restent à des années-lumière d'une "amélioration du monde" visée par le graphique ci-dessus.

Que des millions d'enfants ne trouvent pas de jouets sous le sapin en cette fin d'année, ce n'est pas vraiment grave : ils ne sont pas chrétiens et Noël n'aurait aucune signification pour eux. En revanche, qu'autant d'enfants soient transformés en soldats, qu'autant de filles soient mariées de force, ça, c'est grave.

Ce matin, j'ai donc une pensée pour toutes celles et tous ceux pour qui manger ne rime pas avec "à sa faim", pour qui l'exode a remplacé le logement nécessaire, pour qui l'intégration est difficile, voire impossible, en raison de leurs croyances religieuses, de leur appartenance ethnique, de leur handicap ou de leur orientation sexuelle.

Je sais, ces quelques lignes ne changeront rien du tout à la face du monde mais je me prends malgré tout à rêver qu'une chaîne puisse se former : si chaque lectrice, chaque lecteur de cuk prenait soin, le temps d'un instant, le temps d'une soirée ou d'une année, par un geste unique ou par un soutien de plus longue haleine, de son "voisin", celui qu'on a perdu de vue depuis longtemps ou qui vit juste l'étage d'en dessous, celui que l'on connait pour le croiser si souvent ou qui n'a pas de nom si ce n'est celui de "réfugié", de "working-poor", de "malade", peut-être alors se formera une "onde de choc" : il est plus facile de donner quand on a d'abord reçu.

Puissiez-vous toutes et tous recevoir beaucoup, aujourd'hui et demain !

 

5 commentaires
1)
jpg
, le 22.12.2014 à 00:27
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Eh bien, voilà un superbe message dans l’esprit de Noël.
Il n’y a plus qu’à le mettre en pratique et cela est possible.
« je me prends malgré tout à rêver », même si d’autres l’ont déjà dit « I have a dream », rêvons.
Tiens, il n’y a pas de question cette fois-ci mais une incitation, c’est encore mieux.

3)
RMN73
, le 22.12.2014 à 13:45
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Bonjour,
Je lis toujours avec un grand plaisir les billets de Madame Poppins. C’est toujours d’une grande justesse et très agréable à lire.
Merci pour cette pensée.

4)
ysengrain
, le 22.12.2014 à 17:39
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La pyramide de Maslow ainsi que toutes les formules bien-être inclus reposent sur un pré-requis: l’équilibre de la personne.
De nos jours, les sociétés ne laissent pas toute liberté d’accession et de oérennisation de cet équilibre.
Alors..,oui, on orut souhaiter ce qui est évoqué dans le billet du jour.
Je suis et reste, hélas, dubitatif, bien que l’intention soit hautement légitime.

5)
François Cuneo
, le 22.12.2014 à 20:33
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Aller vers son voisin… C’est vrai, ce serait bien, c’est quelque chose que je sais être bon. Oui, inviter quelqu’un à Noël, n’importe qui, qui n’a rien.

Mais bon, je ne le fais pas, par paresse, parce que je suis fatigué, parce que j’ai peur que Noël soit plombé…

Bref, pas très courageux et noble je suis… Un peu de peine à passer l’étage « estime de soi » quoi…

Mais sur ce point hein! Le reste, ça va!