Google Reader est l’un de ses produits qui ont évolué nettement plus loin que ce que ses concepteurs ne l’imaginaient.
C’est en 2005 qu’apparaît Google Reader. C’est un site dont la fonctionnalité principale est d’agréger les flux RSS. Un peu comme pourrait le faire NetNewsWire dans sa version Mac, Google Reader permet d’afficher et de lire les articles dont on a enregistré les flux.
Mais Google Reader, ce n’est pas qu’un site Web. Dès le départ, les ingénieurs de Google ont offert une API pour accéder à Google Reader. Une API (Application Programming Interface) est une porte que peut utiliser un produit tiers pour accéder aux fonctionnalités de Google Reader. Grâce à cette API, de très nombreux produits ont profité des possibilités de synchronisation et d’agrégation de Google Reader.
Parmi eux, NetNewswire, Reeder ou encore NewsStand, dont vous avez entendu parler sur cuk.ch, ou ailleurs.
Personnellement, j’ai toujours été utilisateurs à la fois de clients de cette API (Reeder récemment) et du site Web.
Ces petites habitudes ont été secouées en octobre dernier, quand Google a décidé de remanier l’interface du site pour y intégrer leur réseau social Google+. Je n’ai vraiment pas aimé la nouvelle interface… et je ne suis pas le seul. Pire que ces sites, même le designer de Google Reader, et le product manager de l’époque ont publiquement critiqué cette nouvelle interface.
Je suis donc parti à la recherche d’une alternative… et ce n’est pas si facile. Des copies de Google Reader, on en trouve. Par contre, quitte à changer de service, je souhaitais quelque chose d’un peu plus intelligent qu’une simple liste d’articles à lire.
C’est très récemment que je suis tombé sur NewsBlur. Pour être honnête: je n’ai pas découvert NewsBlur parce que c’est une alternative à Google Reader, mais parce que c’est un modèle de startup qui me plaît beaucoup… je vais y revenir.
NewsBlur, donc, est un site Web qui permet d’agréger des flux RSS. Jusque-là, pas de surprise. Par contre, NewsBlur propose une classification plus ou moins intelligente des articles, pour présenter en premier les articles qui ont le plus de chances de plaire à l’utilisateur. La présentation n’est pas si différente de Google Reader:
On trouve une liste de sites sur la gauche, une liste d’articles à lire en bas et le contenu au centre.
Première différence par rapport à Google Reader: par défaut NewsBlur affiche le vrai site, et pas le contenu du flux RSS. C’est l’un des problèmes des flux RSS: on ne profite plus du design des sites que l’on lit. Parfois ça vaut mieux, mais en général je trouve plutôt agréable de voir des jolies mises en page. Notez qu’il est possible de choisir deux autres modes d’affichage: le flux RSS, ou la page de l’article.
Il faut se rendre compte qu’afficher le site original, ce n’est pas si simple. Pas pour l’affichage en tant que tel, mais pour le marquage des articles lus. NewsBlur arrive, en suivant la souris et les mouvements de l’ascenseur sur le côté de la fenêtre, à deviner quels sont les articles lus.
C’est grâce à ce petit triangle orange, sur la gauche, que NewsBlur déduit le statut des articles. Je dois avouer que je n’attendais pas trop de cette fonctionnalité, mais force est de constater que ça marche super bien. On peut à la fois profiter du design du site, et ne pas devoir marquer chaque article comme lu.
Mais la principale nouveauté qu’apporte NewsBlur, c’est justement le petit coup de pouce “intelligent” que j’espérais.
Pour chaque site, il est possible d’entraîner NewsBlur pour classifier les articles, tags ou auteurs dans trois groupes:
Grâce à cet entraînement, NewsBlur permet d’afficher en priorité les articles que je dois absolument lire, puis ceux qui ne sont pas indispensables mais sont susceptibles de m’intéresser. Enfin, les articles traitent de sujets qui ne m’intéressent pas, mais postés sur un site que je suis, sont automatiquement masqués. Graphiquement, ça donne ça:
Si je ne filtre pas du tout les articles, chaque article est affiché avec une petite pastille montrant la classification:
Mais en général, je filtre pour ne garder que le jaune et le vert:
Pour entraîner NewsBlur, une petite fenêtre permet de choisir ce qui nous plaît:
Dans cette fenêtre, on peut très facilement changer un tag de catégorie, ou s’assurer que la prose d’un auteur n’apparaît plus jamais dans notre liste d’article à lire.
NewsBlur existe aussi pour iPhone. L’application est plutôt réussie, et réplique les fonctionnalités de lecture du site.
Malheureusement pas de mode “offline” avec cette application, donc impossible de télécharger les articles sur le WiFi de la maison avant de partir au boulot. Pas non plus de fonctionnalité pour modifier les préférences du mode “intelligent” de NewsBlur. Mais tout ça figure dans la TODO list de NewsBlur.
NewsBlur est en développement intensif. La fonctionnalité de classification des articles est absolument géniale. Je passe en revue tous les articles verts, c’est mon “minimum vital” pour la journée. Une fois lus, je passe aux jaunes en sachant que je n’ai pas manqué de news importantes!
Au début de cet article je vous expliquais que ma découverte de NewsBlur était liée au modèle de startup plutôt qu’au service, voici pourquoi.
NewsBlur, comme Instapaper ou Pinboard, est une startup qui a choisi le modèle simple et direct de faire payer immédiatement ses services aux utilisateurs. Instapaper vend une application iPhone à 5 CHf. Pinboard coûte environs 10$ à l’inscription. NewsBlur est gratuit jusqu’à 64 flux RSS, puis payant. On peut choisir entre trois possibilités: 1 CHF, 2 CHF ou 3 CHF par mois. Autant dire pas grand-chose.
Mais en contrepartie, ces entreprises sont rentables dès le début. Elles n’ont pas besoin d’investisseurs qui vont les pousser à grandir très vite et se vendre au plus offrant une fois célèbre. Ce sont de vraies entreprises personnelles. Samuel Clay a quitté son job fin décembre 2011: il est à plein-temps sur NewsBlur depuis peu.
Je ne peux que vous encourager à tester NewsBlur si vous êtes un déçu de Google Reader. La version gratuite et ses 64 sites vous permettront de tester les diverses fonctionnalités et de vous faire une idée avant d’acheter l’accès complet. Personnellement, je suis passé “premium” quelques heures après mon inscription…