Vendredi 27 janvier 2012
Que de chemin parcouru en photographie numérique!

Lorsque je vous parlais ce mardi du viseur du Sony A77, nouveau fleuron des reflex Sony à verre semi-transparent, j'ai dû relire certains tests déjà cités dans cet article.

Et tout cela m'a fait en partie revivre certains émois de l'époque, qui pourraient prêter à rigoler.

Quand je dis "à l'époque", je veux dire 2003 pour le test du Minolta A1.

Et quand je pense  "à l'époque", je remonte au niveau photo numérique à 1999.

Ce n'est pas difficile: j'ai acheté mon premier appareil numérique le lendemain de la naissance de mon quatrième garçon, soit le 21 mars 1999.

Je vous parle donc d'hier, ou disons plus précisément d'il y a treize ans à peine.

Ce premier appareil m'avait été vendu par Mathieu, et m'avait accroché tout de suite dans le monde numérique.

C'était un Olympus Camedia 2000Z testé ici. En fait je me demande si cet appareil a vraiment appartenu à Mathieu ou si c'était mon deuxième appareil. Si c'est le cas, Mathieu, si tu nous lis, te rappelles-tu celui la marque de celui que je t'avais acheté?

J'avais à l'époque du matériel argentique Canon si je me rappelle bien, un EOS 1n.

Je l'ai très très vite revendu pour du matériel numérique pourtant tellement moins bon que lui. J'ai un peu honte mais bon, l'esprit précurseur que voulez-vous, c'est comme ça!:-)

Quand j'y pense d'ailleurs... C'était marrant cette époque-là. Il n'y avait pratiquement personne qui testait début 2000 sur des sites comme le nôtre, ce qui me laissait d'ailleurs de grands espaces.

Par exemple, je faisais tous les six mois un article sur l'état des lieux de la photo numérique. Le dernier date de 2004.

En effet, dès cette date, les choses se sont mises à aller trop vite et surtout, les sites spécialisés remplis de professionnels sont arrivés sur Internet.

Marant d'ailleurs: dans cet article de 2004, je prédisais la quasi mort de l'argentique. Je me rappelle des discussions de l'époque qui me disaient que c'était pratiquement impossible, que l'argentique avait encore de très très beaux jours devant lui.

La mort de Kodak en ce début de semaine est une réponse un peut triste et presque définitive à cette question.

Oui, l'argentique a encore sa place, dans un marché de niche.

2004 était tout de même une belle année, avec de beaux boitiers reflex comme le Nikon D2, le Canon EOS 1D Mark 2 ( qu'est-ce que je n'ai pas eu comme emmerdes avec ce modèle!).

Les fabricants commençaient vraiment à savoir où ils allaient.

En relisant ces tests d'appareils de photo, je mesure les progrès effedtués ce jour par nos fabricants pour résoudre ces grands problèmes du numérique qui étaient entre autres:

  • une autonomie catastrophique de certains appareils qui tenaient à peine quelques heures ou moins de 100 photos (j'ai dans mon école des appareils numérique Pentax de 2005: ils tiennent 20 minutes en mode prise de vue avec deux piles neuves, ce qui fait qu'on ne peut pas bosser avec des élèves en sortie sans avoir un sac à dos rempli de piles); problème pratiquement résolu sur les nouveaux modèles il me semble;
  • une latence au déclenchement (parfois presque 2 secondes, mais rappelez-vous, rappelez-vous!) le plus souvent catastrophique aussi (sauf sur les reflex) sur pratiquement tous les modèles qui est en passe d'être résolue un peu partout, même si certains compacts ont encore du chemin à faire;
  • un bruit épouvantable dès 400 ISO. Eh oui, il n'est vraiment pas loin le temps où cette sensibilité incroyable donnait des photos pleines de parasites colorés sur la plupart des compacts (tous en fait) et même sur des reflex ou des bridges (voir le test du A1 de Minolta). Quels progrès ont été effectués depuis, mon Dieu! On rouspète quand un appareil n'est pas bon à 3200 ISO maintenant!
  • définition un peu légère dès qu'on voulait faire des agrandissements, ou alors, une définition un peu meilleure mais parasitée encore plus vite par le bruit cité plus haut; problème réglé, c'est clair;
  • des autofocus lymphatiques en dehors des reflex: c'est beaucoup mieux maintenant, même si ce n'est pas tout à fait ça encore pour les compacts;
  • des appareils qui mettaient des plombes à s'allumer: on aimerait toujours que ça aille plus vite, mais franchement, les progrès sont immenses;
  • la poussière sur les capteurs lorsqu'on changeait l'objectif de notre reflex. Elle me rendait fou au point de m'obséder souvent. Qui en parle maintenant que nos appareils chassent la poussière soit à chaque mise sous tension, soit lors de la mise hors tension? Il faut vraiment le vouloir pour avoir des tacons sur nos images;
  • un manque de dynamique des capteurs qui encaissent mal les hautes lumières. Moins bien que l'argentique en tout cas. C'est toujours le défaut de nos appareils, même si le format RAW permet de récupérer pas mal de choses.

Je lis en 2004 une explication que je donnais aux lecteurs qui se plaignaient parfois d'avoir acheté un reflex bien cher et de ne pouvoir photographier bras tendus en regardant l'écran. Je leur explicais que c'était le prpore du reflex de devoir avoir l'oeil au viseur. Que jamais on ne pourrait prendre des photos avec ces appareils en regardant un écran.

Et Live View est arrivé.

Catastrophique sur beaucoup d'appareil, génial sur les nouveaux Sony.

Et que dire de la vidéo, qui n'est apparue sur les reflex de manière bien maladroite que depuis 4 ans à tout casser, alors que toujours sur le Sony A77 ou A55 ou A65, on dispose actuellement du Full HD avec suivi de l'autofocus fonctionnant en détection de phase, soit aussi vite que sur un reflex en mode photo? Progrès énorme là aussi!

Je ne parle pas des cartes mémoires qui ont accéléré, qui ont des capacités dingues de 32 Gb pour moins de 100 francs en 600X. C'est vrai que les progrès sont faramineux (je parle d'une carte de 128 Mb en 2003 pour le Minolta presque comme je parle de la 32 Gb ce jour!) tant en vitesse qu'en capacité, mais comme les images pèsent immensément plus lourd, la diffécence est bien là, mais n'est pas si patente.

Je ne parle pas non plus de tout ce que savent faire les appareils de photo maintenant, juste comme ça, en plus: correction à la volée des défauts de l'objectif, traitements divers, HDR, des panoramas incroyables en quelques secondes. Tout ça avec des images qui pèsent presque 20 Mb la pièce.

Et là, je ne parle que des appareils en tant que tel.

Il faudrait revenir sur les progrès des logiciels qui traitent tout cela: en 2003, pas d'Aperture, pas de Lightroom, pas de DXO.

Et ces logiciels eux-même ont également évolué dans leur traitement du RAW, devenant juste incroyable dans le traitement d'images à 6400 ISO.

Bref, c'est le bonheur, cette photo numérique.

Et comme en plus, désormais, pour le même prix, on peut faire de la vidéo quasi comme les professionnels (disons, si on était doués, on pourrait faire de la vidéo comme les professionnels), et tout cela sur le même appareil, c'est le double bonheur!

Et vous, qu'en pensez-vous? (Eh oui, Madame Poppins étant en longues vacances, faut pas que vous perdiez l'habitude de réagir, ou bien?).