Depuis que l’Internet est né, dans les années 1990, il a énormément changé. En effet, à ses débuts, les pages ne contenaient que du texte. On se demandait d’ailleurs comment permettre à des images d’être intégrées dans ces pages. Je vous passe les détails sur les évolutions dues au Flash, à la vidéo, au JavaScript, à l’Ajax, etc. pour arriver au web tel qu’on le connaît aujourd’hui, plein d’images, de vidéos, d’animations (et de textes) qui font qu’on a plus de peine à se farcir de gros pavés de texte façon Proust.
Difficile d’imaginer à l’heure actuelle ce qu’on pourrait encore faire d’autre, n’est-ce pas ? Et pourtant…
Prenez PicLens par exemple (testé par 6ix ici-même). La fonctionnalité la plus significative, innovante et révolutionnaire de ce plugin pour navigateur Internet est sans aucun doute son mur en 3D qui permet de visualiser les images et vidéos présentes sur une page (Google, Facebook, Flickr, Youtube, etc.) comme si elles étaient collées sur un mur en trois dimension, en plein écran. Une démonstration en vidéo est visible ici. Selon le responsable technologique de Cooliris, les internautes sont subconsiemment frustrés de devoir cliquer sur suivant, précédent, etc. pour voir le contenu multimédia d’une page. PicLens entend remédier à cela.
A tester absolument ! C’est stupéfiant et déconcertant, mais spectaculaire.
Le mur, dans toute sa splendeur.
L’avantage d’une visualisation en 3D, c’est qu’elle fait appel à votre mémoire spatiale naturelle, alors qu’une visualisation actuelle classique (2D) rend “difficile” la navigation dans la quantité d’informations parasitaires qu’on trouve en ligne. La preuve : vous n’ouvrez que rarement plusieurs fenêtres dans votre navigateur ou si c’est quand même le cas, leur nombre est inférieur à une dizaine. Avec un affichage en 3D, on pourra dès lors afficher une très grande quantité de fenêtres sur n’importe quel écran et, le plus important, s’y retrouver aisément !
Dans le même genre d’idée, on trouve un produit qui n’est pas encore sur le marché : E15. Ce n’est pas un agent chimique conservateur qu’on peut trouver dans les aliments, mais un navigateur 3D. Certes, ce navigateur nécessite une souris spéciale pour bouger dans l’espace, il faut aussi une connexion à (très) haut débit ainsi qu’un ordinateur qui tient la route, si vous voyez ce que je veux dire. Une vidéo de démonstration de la bête se trouve ici (format QuickTime .mov ; attention, elle pèse 120 Mo). Ce projet n’étant encore qu’en phase de développement – vous pouvez le tester en envoyant un mail à l’auteur mais il vous faudra Mac OS X Leopard au minimum – je ne peux pas vous en dire beaucoup plus pour le moment. Mais c’est un projet à surveiller.
Second Life, monde 3D virtuel créé par ses résidents (autrement dit, vous), permet depuis peu aux résidents d’afficher des pages web sur les murs. Cela permet donc de discuter (chatter) tout en surfant sur le web, ce que ses créateurs appellent le social browsing.
Le monde SecondLife.
3B a fait plus ou moins pareil dans le social browsing. J’ai mis du temps à comprendre comment ce truc fonctionnait, je vais tenter de vous l’expliquer. 3B est un navigateur web social. Lorsque l’internaute fait une recherche, les résultats (plutôt, leurs images) s’affichent alors dans les “vitrines” des magasins virtuels. Ce qui signifie que vous déplacez votre personnage dans une sorte de galerie marchande virtuelle. Chouette, non ? (Regardez ça, vous comprendrez). Vous pouvez chatter avec des autres utilisateurs ayant les mêmes goûts que vous, etc. etc. etc. Bref, un concept sympa ce social browsing mais j’ai encore un peu de peine à avaler ça. Enfin, passons.
Toujours dans le domaine de la 3D, on trouve SpaceTime. SpaceTime est une startup qui a lancé un navigateur 3D du même nom en janvier dernier et qui a déjà été téléchargé par plus de 2 millions de personnes, malheureusement toutes utilisatrices de Windows puisque ce navigateur n’est pas conçu pour nos Macs. On trouve d’ailleurs cette citation sur leur site :
Quand on regarde les quelques vidéos sur leur site, on se rend compte qu’Apple et l’iPhone les ont plutôt bien influencés. Le patron de cette startup a dit dans un communiqué de presse récent qu’il y a un sentiment de la part de la communauté (ndr : de SpaceTime) entière de travailler pour aider à déclencher le prochain paradigme, soit précipiter l’arrivée d’une nouvelle vision du monde que constitue l’Internet.
Microsoft s’est aussi lancé dans la course au 3D browser avec son projet Deepfish destiné aux appareils portables. Comme il n’y a rien de particulièrement nouveau par rapport à ce que j’ai dit précédemment (étonnant de la part de Microsoft, n’est-ce pas ?), je vous renvoie négligemment et sans façon à cette vidéo de présentation pour vous faire une vague idée.
Pour finir, Hyperwords. Disponible gratuitement pour Flock ou Firefox (Safari n’est pas supporté), ce plugin est tout bonnement génial. Il permet, via un seul clic (un double clic, plutôt) sur un mot, de faire plein de choses utiles via un simple menu déroulant. En gros, chaque mot sur lequel vous cliquez se “transforme en hyperlien” (en plus de ceux présents). Dès que le menu déroulant apparaît, il vous est possible de traduire le mot sélectionné en (beaucoup) d’autres langues, d’obtenir instantanément l’équivalent en francs suisses d’une autre devise ou d’un simple chiffre selon les cours actuels, de trouver le mot sur Wikipedia, de le rechercher sur Google, etc. Bref, énormément de possibilités en un seul clic.
La conversion de monnaie
La recherche “instantanée”
Charmante jeune présentatrice d’ailleurs.
Bien sûr, tout cela, vous pouvez le faire en ouvrant de nouveaux onglets, de nouvelles fenêtres… Mais le but de ce plugin est clairement d’augmenter la vitesse et la facilité de navigation de l’internaute. Ce plugin est donc destiné à être largement utilisé, et imité. Cela ajoute de la profondeur aux mots et idées, mais ça crée du coup une multitude de réseaux ou de connexions avec d’autres sites.
C’est peut-être à ce moment là que les navigateurs en 3D nous sauveront, soit quand l’internaute créera lui-même les liens sur une page sans utiliser ceux fournis par l’auteur de cette page.
D’ailleurs, comptez le nombre de fenêtres ou d’onglets que je vous ai fait ouvrir avec cet articles si vous avez cliqué sur tous les liens. Combien vous dites ? 16. Correct. En plus de la fenêtre dans laquelle vous avez lu ce Ô combien magnifique article, cela fait 17 fenêtres ou onglets. N’aurait-ce pas été plus agréable d’avoir tout ça sous la main, à portée de clic, dans une superbe interface 3D où les fenêtres flottent et où vous vous déplacez dans l’espace plutôt que d’être réduit à jongler avec Exposé, de devoir fermer la fenêtre à peine ouverte ou de la déplacer pour reprendre la lecture de mon texte ?
Pour moi, oui. Définitivement, oui.