Enfin, diront certains! Présenté au public lors de la Conférence mondiale des développeurs en août 2006 et prévue dans un premier temps pour juin de cette année, Mac OS 10.5 Leopard sortira finalement ses griffes le 26 octobre. Apple a d'ailleurs mis sur son site un compte-à-rebours jusqu'au lancement. Histoire de tenir en haleine les impatients!
Alors que les sites de rumeurs s'amusent depuis quelques semaines au petit jeu de savoir quelle build sera déclarée Gold Master (version de commercialisation), Apple a sans doute jugé qu'ils avaient sous la main un système suffisamment abouti pour être vendu. Après avoir déjà repoussé le délai de quelques mois sous prétexte (à tord ou à raison?) de la sortie de l'iPhone, l'autre grand événement de l'année du côté de Cupertino, Apple n'avait plus vraiment le choix et se devait de respecter la date fixée.
Espérons donc que le félin n'aura aucun bug "embêtant" (il est bien sûr illusoire d'espérer un produit dépourvu de bugs, mais certains sont plus visibles que d'autres), même s'il faudra sans doute attendre deux ou trois révisions mineures afin d'avoir un système bien rôdé.
Quelques détails
Comme son prédécesseur, Leopard sera vendu au prix de 189CHF (129€) pour la version mono-utilisateur et 279CHF (199€) pour le pack-familial avec 5 licences. Si vous venez d'acheter une machine durant ce mois d'octobre, pas de panique, vous avez la possibilité d'obtenir Leopard pour seulement 13CHF (9€).

La boite de la version client présente une galaxie violette
alors que celle-ci est de couleur verte pour la version
serveur.
Vous vous demandez peut-être si votre vieille machine pourra faire tourner ce nouveau système? La configuration minimale pour faire tourner la bête est un Mac doté au minimum d'un processeur PowerPC G4 867MHz, de 512 de RAM ainsi qu'un lecteur DVD. Le support des G3 est donc désormais exclu, de même que certains G4 comme le fameux Cube ou les trois premières générations du PowerBook G4 Titanium.
Cette limitation reste correcte puisqu'elle garantit le support de modèles ayant 5 ou 6 ans aujourd'hui. Celle-ci correspond en fait à l'apparition de processeurs G4 supportant les caches de niveau 3 et améliorant la fonction AltiVec, de même que la limite de support concernant la technologie Quartz Extreme. Leopard ayant tout de même son lot de nouveautés graphiques, Apple s'assure ainsi qu'il tournera correctement sur les machines l'ayant nstallé.
Aperçu général et premières impressions
Les grandes nouveautés de Leopard sont connues, et je ne vais pas vous les détailler: le nouveau bureau, le Finder, la fonction QuickLook, Time Machine ou encore Spaces sont présentés sur le site d'Apple et AppleInsider a consacré une série d'articles (en anglais) concernant Mail, TimeMachine, Spaces, le Finder et le nouveau Dock. Pour être vraiment précis, Apple a listé les quelques 300 nouveautés de Leopard. On notera au passage que chaque nouvel écran de veil compte comme une nouveauté...
Bref, inutile de vous décrire ce que d'autres ont déjà fait mieux que je le ferais moi-même. Cela dit, ayant la possibilité d'utiliser Leopard sur des iMac de dernière génération de mon école (rien d'illégal donc, même si je m'abstiendrai de vous montrer des captures d'écran non officielles, Apple n'appréciant pas trop d'habitude), je vous propose de partager mes premières impressions et quelques éléments que j'apprécie particulièrement. Sachez en passant que la version installée n'est évidemment pas la version finale (pour les curieux, il s'agissait d'abord de la build 9A527, puis la 9A557 et la 9A559 à l'heure actuelle, si je ne me trompe pas).
Si Apple décrivait Leopard comme Vista 2.0, l'effet "Wow" a lui bien eu lieu. Il faut dire que se retrouver pour la première fois avec Leopard face... au nouvel iMac 24", cela en jette!
L'interface a été revue, et cela change un peu ce que l'on connaissait jusqu'ici. La nouvelle barre de menu et le Dock à demi transparents sont sans doute les éléments qui choquent le plus et ils donnent un nouvel effet de profondeur.
Celles et ceux qui, tout comme moi, utilisent Uno afin d'unifier l'interface de Tiger seront moins surpris par la nouvelle robe qu'adoptent les fenêtres. D'un gris foncé poli lorsqu'elles sont au premier plan, elles passent à un gris clair lorsqu'elles se retrouvent à l'arrière-plan, ce qui permet de facilement distinguer quelle fenêtre est sur le devant. Les boutons de fermeture sont quant à eux beaucoup plus flashy.
D'une manière générale, ce n'est selon moi ni mieux ni moins bien; il s'agit plus d'une question de goût. Cela dit, ce que j'apprécie avant tout est l'unification retrouvée de Mac OS. Alors qu'Apple édicte des règles très strictes concernant la conception de l'interface graphique d'une application, elle avait pris la (mauvaise) habitude de s'essayer à toutes sortes d'alternatives. Tout ceci rentre enfin dans l'ordre, et l'utilisateur se retrouve plongé dans un univers plus cohérent qu'avant.
Chose intéressante à constater, ce n'est pas seulement l'interface du système qui évolue, mais bien tout le design des produits Apple. L'alu est de plus en plus utilisé pour les machines et les iPods, les couleurs, éclatantes par le passé pour les iPods, deviennent plus neutres et blanc disparaît lentement des produits grand public alors que le noir apparaît sur certains modèles. Tout ceci donne un aspect beaucoup plus sobre, pro ai-je envie de dire, et Leopard suit également cette tendance. D'ailleurs, le changement du site d'Apple reflète parfaitement cette évolution.
Même si je n'ai pas eu l'occasion de passer des heures en compagnie du félin, voici tout de même quelques aspects intéressants, en-dehors de l'évolution de l'interface.
Une des nouveautés que je me réjouis d'utiliser est l'apparition des piles dans le Dock. Un des exemples les plus flagrants de son utilité est de placer un dossier Téléchargements dans le Dock. En effet, un tel dossier est régulièrement mis à jour et l'on y accède souvent. En le plaçant en tant que pile dans le Dock, il suffit d'un simple clic pour que tout son contenu soit déployé et rendu visible. Il est possible ensuite de traiter l'un de ses éléments d'une manière ou d'une autre.

Une pile avec son contenu.
Le Finder a été revu et fait de plus en plus penser à iTunes avec sa barre sur le côté. Les divers éléments sont désormais regroupés en différents sous-groupes, pour plus de clarté. Je doute que cette nouvelle version satisfasse pleinement les amoureux de PathFinder, beaucoup plus complet et qui a sans doute encore de beaux jours devant lui, mais il s'améliore au fil du temps tout en gardant sa simplicité que beaucoup d'utilisateurs apprécient également. La possibilité d'afficher le chemin d'un fichier est enfin de la partie (en tant qu'option).
Naviguer avec Coverflow est du plus bel effet, notamment avec les nouvelles icônes vectorielles d'une précision assez incroyable, cela dit ce n'est pas le moyen le plus rapide d'accéder à un fichier du moment que l'on connaît son nom. Il devient plus utile afin d'avoir un bref aperçu d'un fichier, ou... pour impressionner les copains!

Le Finder sous le mode coverflow.
Même réflexion avec la fonction QuickLook, permettant d'afficher le contenu d'un fichier (qu'il soit texte, vidéo, image...) sans même lancer d'application. Si elle peut s'avérer très utile pour récupérer une information en vitesse dans un fichier texte ou retrouver un fichier en jetant un coup d'oeil rapide à son contenu, l'idée n'est pas de visionner un film en entier depuis QuickLook en plein écran.

La fonction QuickLook en action sur un fichier vidéo.
Détail auquel j'accorde une certaine importance, la sélection du texte lors du renommage d'un fichier ne se fait plus sur l'extension. Le renommage devient donc beaucoup plus rapide puisqu'il suffit de rentrer le nouveau nom sans se soucier de l'extension, comme si celle-ci n'était pas affichée.
Un mot encore sur le Terminal, qui devient enfin utilisable! Je suis méchant, c'est vrai... Mais j'imagine que certains me comprendront. Il est désormais possible de définir plusieurs profils, d'avoir accès à un inspecteur et surtout d'organiser ses fenêtres en onglets.
Conclusion
Voilà donc quelques points intéressants que j'ai pu relever pour une utilisation "basique" de Leopard. Il reste bien entendu une multitude de choses à dire, mais ce n'est pas le but ici et vous aurez tout loisir de découvrir toutes ces fonctionnalités par vous-même dès la fin du mois.
D'une manière générale, même si Leopard ne me semble pas révolutionnaire, il apporte quelques nouveautés très intéressantes, et je suis certain que les développeurs auront à coeur de tirer profit des nouveaux outils mis à leur disposition, ce qui promet de belles choses pour la suite.
Et d'après vous, Leopard sera-t-il... révolutionnaire?