À l’heure où tout appareil compact n’ayant pas de stabilisateur d’image est vu comme un “nanard”, où même les reflex disposent, soit d’un dispositif interne de stabilisation (Olympus, Pentax/Samsung, Sony), soit de stabilisateurs intégrés aux optiques (Canon, Nikon), je vais, au risque de passer pour un conservateur indécrottable, vous entretenir d’un dispositif de stabilisation d’image entièrement mécanique, compatible avec tous les appareils sortis depuis plus de 100 ans:
D’abord, c’est lourd et encombrant, et puis je ne sucre pas encore les fraises, et puis mon SuperZoomDeLaMortKiTue, il a un stabilisateur d’image intégré de quatrième génération, c’est dire si je n’en ai pas besoin!
“Il faut que le chiffre de la vitesse d’obturation de l’appareil soit supérieur à la longueur de focale de l’objectif pour avoir une photo nette à main levée (en format 24×36).”
Un exemple: avec un 300 mm, la vitesse d’obturation doit
être au moins au 1/500e de seconde pour être sûr d’avoir
une image nette. Un autre exemple: avec un 28 mm, la
vitesse d’obturation doit être au moins au 1/30e de
seconde pour être sûr d’avoir une image nette. Il va sans
dire que cette règle ne s’applique que pour le risque de
flou de bougé du photographe, si vous obturez,
avec un 28 mm, au 1/30e de seconde pour un sujet en
mouvement (enfant, téléspectateur, cheval au galop,
formule 1, cycliste un intrus se cache dans cette
liste, saurez–vous le débusquer?;o), même si
l’arrière-plan est bien net, le sujet, lui, risque d’être
bien flou…
Pour le flou de bougé, un stabilisateur d’image peut être utile, puisqu’il permet de “gagner” entre deux et trois vitesses (en fonction du degré de tremblote du photographe, de la vitesse du vent et de l’âge du capitaine). Par exemple: avec un 300 mm, la vitesse d’obturation qui devrait être au moins au 1/500e de seconde pour être sûr d’avoir une image nette peut descendre au 1/125e, voire au 1/60e de seconde, c’est quand même super! Mais évidemment, ça n’empêchera pas le sujet, s’il est en mouvement, d’être complètement flou…
Évidemment, je ne parle pas ici aux surhommes; j’en connais un qui va dire: “Moi, avec mon Minox, je peux faire des photos nettes au quart de seconde!” Un autre :”avec le Leica, pas de soubresaut du miroir, je descends sans problème au 1/8e de seconde!”. Primo, les “gens normaux” ne peuvent pas réaliser de telles prouesses, et deusio, je demande quand même à voir la netteté des photos agrandies en 30×45…
Attention! Si votre optique est équipée d’un stabilisateur, pensez bien à le couper avant une pause longue sur trépied, j’en ai fait l’expérience sur une pause de 30 secondes: les images avec stabilisateur étaient complètement floues!
Désolé si c’est un peu lourd à charger, mais je les trouvais vraiment trop choux.
Évidemment, il faut quand même un grand “salon” pour loger un pareil engin, mais à l’usage, c’est vraiment formidable: avancer et reculer d’un tour de manivelle, monter de 40cm à 2,50m d’une pichenette, quand on y a goûté, c’est difficile de s’en passer. Certains modèles sont même équipés d’un plateau porte accessoires: le grand confort!
Il supporte ici sans broncher une Toyo 20×25 (cm!) d’un peu moins de 10 Kg sans l’optique!
Avantages: très simple à manoeuvrer, il est équipé de roulettes qui permettent de le déplacer sans effort. La colonne permet des prises de vues de 40 cm à 2,75m en toute sécurité et en conservant la stabilité. La potence peut tourner sur 360° et se déplacer latéralement de près d’un mètre (très pratique pour les repros).
Inconvénients: un peu lourd (80kg, pas idéal pour un trecking;–), très coûteux (2000€), encombrant…
Un trépied de studio en extérieur, supportant un joli “Blad”.
Idéal pour la prise de vues en studio (comme son nom l’indique), mais il peut s’avérer nécessaire de l’emmener pour des prises de vues en extérieur quand on utilise du matériel lourd (chambre, gros moyen–format, super–téléobjectif…). La première section, avec un double jambage et l’entretoise garantissent une stabilité optimale. La colone centrale, sur crémaillère est utilisable sans états d’âme, car d’une section importante.
Avantages: solide et stable, monte haut (2,27m), pas (trop)
cher (275€).
Inconvénients: lourd à trimballer en extérieur (plus de 4 kg,
sans rotule), ne descends pas plus bas que 77cm, réglage de
hauteur un peu long.
Manfrotto 681B et 234 (on voit bien l’idée: il s’agit de faire un trépied avec ses deux jambes et le monopode).
Léger et peu encombrant, c’est l’accessoire indispensable pour les longues focales (plus de 200 mm). Déjà, à l’instar du stabilisateur, il permet de “gagner” 2 à 3 vitesses d’obturation, mais surtout, c’est lui qui porte! Et comme un téléobjectif, non content d’être très onéreux, c’est aussi très lourd…
Un téléobjectif est normalement toujours équipé d’un collier de pied, c’est sur lui que l’on va fixer le monopode, de manière à être au centre d’équilibre de l’ensemble, en plus, c’est très pratique pour passer en cadrage vertical.
Très important: la rotule. Un monopode doit absolument en être équipé, l’idéale étant la Manfrotto 034, qui ne propose qu’un seul mouvement, mais, ça tombe bien, c’est celui dont on a besoin. En effet, le monopode ne s’utilise pas “planté” verticalement, mais légèrement incliné vers soi, de manière à former un “trépied” avec vos deux jambes, c’est là que la rotule est pratique, puisqu’elle permet de récupérer l’horizon…
Avantages: Très léger et peu encombrant, permet de “gagner” 2
à 3 vitesses, pas trop cher (moins de 100€ avec la
rotule).
Inconvénients: ne tient pas debout tout seul!
Le Velbon Sherpa Pro CF–640 (je sais, un Leica sur un trépied, ça peut paraitre inapproprié, mais en paysage, je l’utilise beaucoup, pour fignoler le cadrage)
Là, certains vont penser que c’est un luxe inutile, mais je peux vous garantir que c’est un investissement dont je suis vraiment ravi. Avec moins de 2 kg équipé de sa rotule magnésium, je n’hésite plus à prendre mon pied, comme c’était le cas avant. Et quand je le prends, je souffre beaucoup moins à la fin de la journée (je suis cycliste/piéton, sans sherpa). De plus, les finitions sont vraiment superbes, et les serrages sont très efficaces. Le système de verrouillage des jambes est assez génial: d’un seul mouvement, on peut libérer toutes les sections, et ensuite, une petite gorge à l’intérieur des tubes empêche la rotation pour faciliter le serrage, et c’est pareil pour le rangement: on désserre toutes les bagues, on rentre les sections et on peut resserrer toutes les bagues d’un coup (ceux qui ont peiné, trépigné et insulté leur Gitzo me comprendront, d’ailleurs, Gitzo vient de reprendre l’idée;^).
Je trouve que Velbon, sur cette gamme de produits, est d’un exellent rapport qualité/prix: les finitions sont remarquable (bien mieux que du Manfrotto), et le prix est deux fois plus léger que celui d’un Gitzo.
Par ailleurs, en plus de sa légèreté, le carbone est extrêmement rigide, ça fait donc un trépied plus stable, moins sensible aux vibrations (il y a une “zone de turbulence”, en gros entre 1/15e et 1/2 de pose où les vibrations de l’appareil –relevage du miroir et remontée de l’obturateur– peuvent générer un léger flou de bougé). Ce qui est très agréable sur ce trépied, c’est le gainage néoprène des trois tubes externes: ça amorti les chocs (le carbone, bien qu’ayant une exeptionelle résistance à la torsion, est malheureusement assez “cassable”), et la prise en main est très bonne, d’ailleurs, quand je suis en ballade photographique, je marche avec le trépied déplié, l’appareil fixé dessus, et hop, sur l’épaule: là le gainage néoprène est un plus appréciable. Ce que j’apprécie aussi, dans ce modèle, c’est sa très petite taille replié (48 cm), je peux facilement le ranger dans un sac à dos (c’est plus discret…).
Avantages: poids plume, très stable, compact, le prix (pour
un carbone), la qualité de fabrication.
Inconvénients: trop léger (s’il y a du vent, un crochet à
fixer sur la colonne pour lester, ou un sac porte cailloux
sont d’ailleurs fournis;o), ne monte pas très haut, fragile,
le prix (450€ avec la rotule magnésium, quand même).
Le Super Clamp Manfrotto 035 avec une rotule Tilt Top 155 munie de sa barrette (surmonté d’un vieux F2 avec son 2,8/20).
Petit accessoire de studio, ni trop lourd (410 gr), ni trop encombrant, il est très pratique pour se fixer sur une rampe, une porte, une rambarde, un bord de table, un guidon de vélo ou tout autre support d’un diamètre inférieur à 55 mm. La rotule permet une inclinaison dans toutes les directions et a une très bonne capacité de charge ( le Super Clamp quand à lui peut supporter 15 kg). À avoir dans tous les fourre-tout!
Avantages: léger, compact, bon marché, c’est vraiment un
accessoire indispensable (d’autant plus qu’on peut l’utiliser
aussi pour porter un flash, un réflecteur ou n’importe
quoi)
Inconvénients: (bon s’il faut vraiment trouver quelque chose
qui ne va pas) une livre de plus dans le fourre–tout.
Un GorillaPod SLR-ZOOM en action à l’aube, il supporte sans broncher les presque 2 kg d’un Nikon F4s avec un 105 macro (ne hurlez pas à la vue de mon F4 Gordini, les bandes jaunes, sur le boîtier et l’objectif, ça n’est pas que pour faire fuir l’ennemi, c’est aussi très pratique quand je souhaite changer d’objectif dans le noir, à un concert, par exemple…).
Très léger (241 g sans rotule), ce petit accessoire peut supporter jusqu’à 3 kg quand même. On peut l’utiliser pour s’agripper sur un cylindre (genre branche d’arbre, rambarde) ou tout autre support qui conviendra (grilles, poignée d’un Mac Pro), on peut aussi l’utiliser tout bêtement comme un trépied classique, sur une surface plane ou irrégulière. Quand même assez cher en boutique (65 €), surtout comparativement au prix en ligne chez son fabriquant (54.95 $)! D’autant plus qu’il est dépourvu de rotule (pourtant indispensable).
En tout cas, c’est un petit machin que j’ai eu beaucoup de plaisir à adopter, sur lequel j’ai monté une petite rotule Novoflex de très bonne facture. Les jambes sont composées de petites boules entièrement articulées les unes avec les autres et cerclées d’un matériau anti–dérapant. Ça tient assez bien, même avec 3 kg, vraiment sympa!
Avantages: léger, peu encombrant, s’agrippe assez facilement
sur tout support.
Inconvénients: pas donné, fourni sans rotule
Trépied de table Manfrotto 209 avec rotule 482 (stoïque malgré le poids de cette Speed Graphic)
Poids plume (230 g l’ensemble), il supporte malgré tout 2 kg sans problème! Il ne gêne pas, même dans une poche et peut s’avérer très pratique en balade. Il s’utilise, comme son nom l’indique, sur une table, mais aussi, assez commode, en appui contre un mur. Très utile, l’allonge 259B permet de le faire grandir de 13 à 25 cm, pour un surpoids et un surcoût négligeables.
Avantages: léger, peu encombrant, pas trop cher,
increvable.
Inconvénients: pas donné non plus, quand même (75 € le kit
avec le pied, la rotule, l’allonge et un sac de transport)
Moins cher, peux pas faire!
Il suffit de couper un bout de ficelle d’environ 40 cm de plus que votre taille, d’y faire un nœud coulant (me demandez pas quel type de nœud, je ne suis pas marin, du moment que ça tient!) pour pouvoir y passer le pied, et régler la bonne hauteur
et d’accrocher à l’autre bout une vis au pas de l’appareil
que l’on vient visser sous son boîtier
après, il faut que la corde soit bien tendue pour viser et c’est parti, deux à trois vitesses de gagnées! (on me souffle que c’est un grand photographe africain qui a inventé cette technique, savez–vous son nom?)
Avantages: pô cher, super léger et tient dans la poche, parfait pour les lieux où le trépied est interdit (musées, etc..).
Inconvénients: pas très hygiénique, de la remettre dans la poche après un reportage dans une porcherie…
C’est un accessoire qui ne doit pas être acheté au rabais: les modèles “bas de gamme” ont une durée de vie très courte: l’alu est très fin (pied branlant), les systèmes de verrouillage serrent mal (appareil qui pique du nez), tout ce qui peut l’être est en plastique moulé (qui casse net, rien qu’en le regardant), la tête n’est pas amovible (si elle casse, ou si vous perdez seulement la platine rapide, c’est le tout qui part à la benne).
Donc choisissez du bon matériel dès le départ, d’autant plus que c’est un investissement qui peut durer plusieurs dizaines d’années.
Pour s’appuyer sur un parapet …
...ou descendre le plus bas possible (après avoir enlevé de la longueur de colonne).
Bon voilà, j’ai à peu près fait le tour, si vous avez d’autres trucs du genre “stabilisateur en chanvre tressé”, merci de nous en faire profiter!
J’espère en tout cas vous avoir convaincus de l’importance de prendre votre pied… ;–)