Mardi 17 juillet 2007
Nisus - un vieil ami renaît de ses cendres

Nisus – un vieil ami renaît de ses cendres

Le voici enfin – Nisus Writer Pro, sorti des langes, ce qui en langage informatique se traduit par “a quitté la phase bêta”.

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Rien qu’en regardant cette image, je me rends compte de tout ce qu’il faut que je vous explique.

Commençons par le commencement.

Cartes sur table: pour écrire, je ne connais rien de plus efficace que Nisus. D’une part parce que c’est un programme vraiment fait pour écrire, sans gadgets superflus; et d’autre part parce que derrière Nisus, il y a des gens, toujours prêts à aider. Je ne connais personnellement ni Dave, ni Martin, et pourtant ce sont des amis, avec qui je discute par internet (pas seulement de Nisus) depuis que j’ai accès à la toile, et avec lesquels je discutais par correspondance ou par téléphone avant (mais à l’époque cela se limitait à Nisus). Lorsqu’on a de bons amis, on a toujours envie de raconter comment on s’est connus.

Il était une fois…

…un jour de février 1991. J’étais chez moi, travaillant à l’aide de mon Mac SE/30. Il neigeait si fort que Zurich était ensevelie sous la neige, et il était exclu pour moi de sortir, d’autant plus qu’une semaine avant, par un soir où déjà il neigeait à perdre haleine, j’avais été la victime d’un accident de la circulation, passant au mauvais endroit au mauvais moment, et que j’avais une côte cassée. Bref, j’étais coincée.

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Une ville noyée sous la neige – chouette à voir…

Pour penser à autre chose, j’avais décidé de commencer à écrire une histoire qui tournait dans ma tête depuis au moins deux ans. J’ai d’abord écrit dans un cahier; à la fin de chaque chapitre, je transférais dans l’ordinateur et j’imprimais, pour voir ce que ça donnait. J’avais donc, deux jours auparavant, ouvert Word, et j’avais transféré les deux premiers chapitres. Pas commode de taper avec une côte cassée, ça fait mal. Le jour de février dont je vous parle, j’en avais déjà une trentaine de pages tapuscrites néanmoins (et tant pis pour la douleur), au moment où mon document Word sauvegardé et backupé comme de juste, décide de disparaître. Je me rabats sur le back-up (sur une disquette externe, à l’époque), et le Mac me dit “Désolé, dossier corrompu”.

J’avais lu la pub pour un programme qui se voulait spécifiquement pour ceux qui écrivent dans une revue spécialisée. Dans un accès de rage, j’ai téléphoné au numéro qui figurait sur la pub, je suis tombée sur une gentille voix féminine à qui j’ai raconté ma mésaventure, et qui m’a suggéré, si je voulais, de m’envoyer les disquettes par express et par avion.

Je voulais.

Le programme coûtait cher en ce temps-là (plus de 200 dollars si je me souviens bien), je n’en étais pas à quelques francs près. Quarante-huit heures après, Nisus entrait dans ma vie.

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J’ai toujours les disquettes des versions 3 et 4

J’ai été conquise en une minute. 10 (dix!!!) presse-papier, sélection non contiguë, retours en arrière (et en avant) des corrections (annuler/refaire) non pas une fois, mais… 37’000, etc., etc. Tout était tellement ÉVIDENT.

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Ici, c’est la version 6.5, la dernière, mais l’aspect était déjà le même au début

Ces caractéristiques ont été copiées depuis, mais à l’époque, Nisus venait de les inventer, on ne les trouvait que chez eux. Et il y avait un détail qui m’a tranquillisée une fois pour toutes: une sauvegarde automatique avec back-up, externe si on voulait. J’ai donc dédié une disquette aux sauvegardes Nisus, et je n’ai PLUS JAMAIS perdu un texte depuis.

Nisus Writer: le cheminement

Si Nisus était tellement génial, c’est qu’il avait été écrit tout exprès pour Mac par des gens qui savaient ce qu’écrire voulait dire. Je les soupçonnais dès cette époque de ne pas être simplement des informaticiens, mais aussi des lettrés. Rien que le nom de leur programme: “Nisus”, nom latin venu de “nisi” (accomplir) et qui signifie à peu près “effort, accomplissement”. Rien que l’icône:

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Il s’agit d’une représentation d’Hermès, le messager des Dieux. Hermès (Mercure pour les Romains) était le dieu de la science, de l’éloquence et de la ruse. Et il était le messager des autres dieux de l’Olympe gréco-romain. Il était traditionnellement représenté avec un chapeau ailé, et portait à la main un sceptre ailé sur lequel étaient enroulés deux serpents, appelé “caduceus”, en français caducée. Nisus a (logiquement) remplacé le caducée par une plume – et une plume à encre, avec un bec. La fana de stylos que je suis a évidemment tout de suite été conquise.

J’ai compris que j’avais à faire à des informaticiens humanistes (une de mes catégories humaines préférées).

Depuis ce jour-là, c’est simple, j’ai tout écrit avec Nisus.

Et pendant dix ans, de mise à jour en mise à jour (avec des améliorations que je ne détaillerai pas ici, ce n’est plus la peine. J’avais fait un test sur PommeA, à l’époque…), j’ai utilisé Nisus. Dans sa dernière version, Nisus Classic 6.5, j’avais même pu écrire un très long livre (1 million de signes) en un seul document, sans que cela le ralentisse, sans devoir craindre de le perdre, mais avec l’avantage de pouvoir consulter facilement ce que j’avais écrit auparavant.

Et puis est venu le jour où nous avons passé à Mac OS X, et Nisus a décidé de récrire son programme. Un jour, Nisus Writer Express est sorti (express ne voulant pas dire vite, en l’occurrence, mais s’exprimer – to express oneself).

Trop primitif. J’ai erré comme une âme en peine, de Apple Works à Text Edit, de Mellel à Mariner, de Neo Office à…

Et pendant ce temps, tous les usagers écrivaient à Nisus: comment avez-vous PU remplacer un programme idéal par ce rejeton qui n’a rien? En quoi nous nous trompions, bien entendu. Car Nisus avait quelque chose que beaucoup d’autres n’ont pas. Il était écrit en cocoa et avait un potentiel de développement important.

Entre-temps, le programme ne coûte plus des centaines de dollars, mais quelques dizaines seulement. La vie est donc difficile, pour les gens de Nisus: nous ne le savions pas, mais les manches retroussées dans la chaleur de Solana Beach, ils ne prenaient pas si souvent le temps d’aller à la plage. Ils travaillaient dur à remonter la pente. Peu à peu, les caractéristiques de Nisus Classic sont revenues, de la version 1 nous avons passé à la 2, et de la 2.0 nous avons grimpé lentement mais sûrement vers la 2.7, que vous pouvez télécharger ici et acheter au moment où je vous écris. Prix: 45 $ Je ne vous en parlerai pas, je l’ai testée .

Nisus Writer Pro

Il y a quelques mois, Nisus annonçait la prochaine sortie de Nisus Writer Pro, et en attendant, nous pouvions en avoir un avant-goût en testant la bêta. François (vous le connaissez) a aussitôt voulu savoir, a aussitôt tenté l’expérience – et le cliché “essayer c’est l’adopter” a pris un sens: il l’a adopté, et vous a fait part de sa satisfaction ici.

Bon, je vais essayer de préciser un peu – tout en vous priant de ne pas vous attendre de ma part à un test comme ceux qu’en font François & Co.

Je reprends donc mon image du début, et voici les premières remarques.

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C’est simple et gai. Pas de rangées d’icônes dans l’en-tête, juste l’essentiel. Et si on a besoin de beaucoup de fonctionnalités, il y a les palettes (no 1) – que vous pouvez choisir de mettre à gauche ou à droite, j’y reviendrai.

D’un coup d’œil, j’ai ma palette fonte (no 2), avec toutes les possibilités offertes par ladite fonte.

J’ai mon correcteur orthographique (no 3) – et si j’écrivais en anglais, j’aurais un thesaurus qui me suggérait des synonymes et des définitions. En français j’ai Antidote, c’est moins simple, ces deux producteurs de programmes ne se sont pas encore rencontrés, mais vous verrez que c’est très simple tout de même. En attendant, cette petite fenêtre me propose tout de même de corriger “beta” (faux) en “bêta” (juste) grâce au dictionnaire intégré, qui existe en de multiples langues, il suffit de le demander (au lieu de French on choisit Swedish, ou Chinese, ou…, ou…, ou…). Et si j’avais une incertitude sur l’orthographe d’un mot, j’en écrirais le début, puis je ferais “pomme-point”(.), et voilà ce que ça donnerait.

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Ensuite – et pour moi qui suis journaliste c’est vital -, je sais à chaque instant combien de caractères, de mots, de paragraphes j’a écrit (no 4).

Suit la mise en forme du paragraphe:

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Espacement, espacement entre paragraphes (avant et après), la suppression automatique (que je peux choisir ou non d’activer) des “veuves et orphelins” (mots qui se retrouvent tout seuls en haut ou en bas d’une page), garder ensemble les différentes lignes d’un paragraphe, etc.

Puis il y a la numérotation des sections, qui contient la possibilité d’écrire de droite à gauche pour les langues qui le demandent.

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J’arrête ici sur la mise en forme, mais vous aurez compris le principe: tout est sous la main, facile à trouver, facile à comprendre, on ne doit pas se prendre la tête pour la mise en forme pendant qu’on est au milieu d’un truc compliqué.

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Je passe aux tableaux. Simplicité totale – ils ont leur palette, vous pouvez les introduire où vous voudrez, de la taille que vous voudrez, en supprimer et en ajouter d’un clic, par lignes ou par colonnes.

Et puis je passe aux images.

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Et c’est là qu’on se dit que Nisus, le bon copain du temps jadis (de 1989 à 2002), est de retour. Vous utiliserez les images en vous jouant, et vous pourrez choisir le comment d’un clic sur la palette. Nisus offrait déjà cela du temps de Classic, mais jusqu’ici, Nisus Express ne l’offrait pas.

Seules ou entourées de textes, liées à la page (elles restent toujours à l’endroit où vous les avez mises) ou au texte (c’est-à-dire qu’elles suivent le texte qui les entoure, même si vous supprimez du texte au-dessus ou au-dessous).

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Je ne voudrais pas manquer de parler de l’indexation, simple comme bonjour, grâce à sa panoplie de palettes propres.

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Et mentionnons encore (ouf!)

- les références croisées, très efficaces

- la table des matières.

Nisus Classic ayant toujours eu les références croisées, j’ai simplement fait “ouf” en les revoyant, mais autour de moi on s’exclame en les trouvant dans un traitement de texte, aussi je vous les signale, et bien entendu, pour terminer, il y a une palette pour la table des matières.

Préférences & Co

On me pardonnera d’avoir mis la charrue avant les bœufs. Ce n’est que maintenant que j’en viens à l’aspect général du document.

Pour ce qui est des préférences, les deux images qui suivent en disent plus que mille mots: j’y ajouterai qu’on peut fabriquer son propre modèle, décider du style qu’on veut pour en-tête, corps du texte, etc.

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C’est ici, également, qu’on décidera de la langue dans laquelle le correcteur est activé – que vous choisissiez la version française ou anglaise du programme lui-même.

Au cas où vous voudriez changer en cours de texte, vous allez cliquer sur le petit drapeau qui se trouve en bas de votre document à droite, et un clic suffira.

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Et ici je voudrais signaler que corriger les documents Nisus avec Antidote, c’est un jeu d’enfant: vous ne perdez aucune mise en forme. Il suffit de sélectionner le texte à corriger (tout le document si ça se trouve), de cliquer sa souris sur n’importe quelle icône en bas à droite, et on voit surgir un menu qui propose le correcteur, on le choisit, et on voit apparaître son texte.

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À mesure que vous corrigez, cela se corrige dans le document Nisus.

Et enfin, je ne voudrais pas manquer de signaler deux éléments: la simplicité avec laquelle les styles sont créés, et la simplicité avec laquelle ils sont gérés. Vous les avez toujours à disposition dans l’en-tête de votre document. Vous cliquez là-dessus

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et vous voyez paraître ça.

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Si dans mon document il y avait dix styles différents, ils seraient tous là.

Dans ce chapitre, je voudrais encore signaler que vous pouvez faire des allées et venues de Word sans rien perdre. Deux méthodes pour cela: sauvegarder en .rtf ou en “Word Format” (.doc). Nisus ne lit pas le format .docx, mais quelle que soit la version du document Word, s’il est sauvegardé comme .rtf, ça marche. J’ai personnellement fait de nombreuses expériences (à ma rédaction il y a Word pour PC, version juste avant Vista), j’ouvre les documents dans les deux sens sans problème aucun (je n’ai même plus Word installé sur le disque dur de mon Mac).

Conclusions?

Certes, vous trouvez beaucoup de ces éléments dans d’autres traitements de texte: mais après avoir tout essayé (j’ai au moins une demi-douzaine de traitements de texte sur mon disque dur), je suis toujours revenue à Nisus – le correcteur, les statistiques, la simplicité d’utilisation, même pour les choses complexes, l’interface esthétique, l’ergonomie, les gens sympa, bref, je me sens bien avec Nisus.

La seule chose qui pourrait être simplifiée, c’est l’utilisation des macros. Dans Nisus classic, c’était enfantin, ici, il faut parfois se prendre la tête. Mais c’est bien le seul endroit, du moins en ce qui me concerne.

Je voudrais citer ici un des contributeurs assidus du Forum Nisus (www.nisus.con>forum), Scott Whitlock:
‘… {Nisus} offre une solution intuitive et élégante faite tout exprès pour le Mac. Comme du temps de OS9, on ressent pour Mac OS X le pressant besoin d’une véritable alternative à Word (Nisus Classic était à l’époque cette alternative). Mariner Write est dépassé et n’a jamais offert suffisamment de possibilités… AppleWorks a disparu et a été remplacé par un Pages compliqué et sans intuition aucune. Et Mellel est terrible à l’usage, utilise un format propriétaire et ne communique pas très bien avec le reste du monde lorsqu’on s’en sert. La meilleure alternative que nous ayons (ne serait-ce qu’à cause du format natif RTF, mais aussi pour beaucoup d’autres raisons), c’est Nisus, le traitement de texte auquel nous nous sommes attachés.’

Et pour les francophones qui ne comprennent vraiment pas un mot d’anglais, ils choisiront l’interface française.

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Il n’y a pas, et je doute qu’il y ait jamais, d’aide en français. Nisus est une toute petite boîte, ils n’ont pas les moyens de faire traduire un mode d’emploi de près de 600 pages. Mais la plupart d’entre nous détestent les modes d’emploi de toute façon. On peut ouvrir un fil de discussion sur le forum, et ceux qui aiment bien ce programme, mais qui craignent de ne pas comprendre quelque chose posent leurs questions, et nous, les vétérans Nisus (ah, ah) répondrons, si nous pouvons – ou poserons la question pour vous à Martin ou à Dave, les deux Hermès de Nisus.

Tout cela dit, Nisus “coûte un prix”: relativement avantageux: 79$. Si vous achetez groupé (la même famille, la même maison), trois licences coûtent 99$. Aux Etats-Unis il y a des prix Education, mais je ne crois pas qu’ils s’appliquent à l’Europe. Et si vous aviez déjà Nisus Express, la mise à jour (la première payante depuis Nisus Express 1.0) coûte 45$.