Oui je sais.
Une image se cadre avec grande minutie, et si ce n’est pas le cas, on la recadre après coup, dans son logiciel chéri, afin de respecter les règles des tiers, et le sens de lecture d’une photo.
Mais on n’est pas tous Cartier-Bresson non plus…
Et puis, parfois, une image peut en cacher d’autres, et il peut être intéressant de nous balader sur elle, de manière à montrer un détail, puis, d’un travelling ou d’un panoramique, comme au cinéma, en montrer un autre, en changeant lesdites règles de lecture…
Et quand l’outil pour y parvenir est bien réalisé, c’est un plaisir de se lancer dans ce genre d’aventures.
J’ai déjà testé ici un programme permettant de visiter nos photos de manière différente. Il s’agit de Pulp Motion, d’Aquafadas.
Cette fois, j’aimerais vous présenter un logiciel différent, parce que moins basé sur des thèmes, sur un côté rigolo et gadget, mais plus sur la découverte, point par point, et dirigée, d’une ou de plusieurs images.
Il s’agit de Photo To Movie, de LQ Graphics, que j’ai le plaisir de vous présenter en version 4.0.7.
Photo To Movie, c’est quoi?
Comme j’ai tenté de l’expliquer, Photo To Movie tend à mettre en scène votre image, que vous pouvez carrément scénariser.
Et si l’on traduit le nom du programme, l’on voit bien à quoi va servir le programme: d’une photo à un film.
Mais mille mots ne sauraient expliquer ce que le programme peut faire, quelques démonstrations par contre en sont capables.
Allez donc sur cette page, et regardez vous-même ce qu’il est possible de faire en quelques clics.
L’interface du programme
Petit défaut pour commencer, l’interface du programme n’est pas tout à fait dans les normes édictées par Apple.
Pas de menu “Edition”, le copier-coller dans le menu “Montage”, c’est un peu déroutant au départ, et puis ma foi, l’on s’y fait. On n’est pas à ce point sclérosé non plus…
Lorsque vous lancez le programme, une fenêtre apparaît:
Vous glissez donc vos images dans la zone 1 ou la zone 2, vous attendez un tout petit peu que tout se digère (le Raw d’un Canon est par exemple parfaitement lu), et vous voyez le résultat dans la ligne du temps.
À ce stade, vous avez une sorte de panorama tout simple prémâché, mais vous allez certainement vouloir montrer des détails sur une image, que vous aurez choisis vous-même.
Vous allez donc travailler avec des images clés.
Deux sont placées d’office:
En orange, les bordures des images clé, en rouge, les “chemins” montrant le sens de visionnage.
Vous pouvez bien entendu en placer autant que désiré.
Parfois, voir les différentes images clés peut poser un problème, vu qu’elles peuvent s’imbriquer l’une dans l’autre.
En ce cas, la fenêtre des images clé peut vous être d’un grand secours.
Il est possible d’ajouter une image soit à la fin, soit de l’insérer au milieu d’une séquence. Mais pas de modifier l’ordre établi, mis à part une inversion générale du déroulement (on peut faire en sorte que la dernière image clé devienne la première et inversement).
Vous pourrez ensuite choisir le temps de transition, et la durée du moment pendant lequel la caméra restera sur l’image clé fixe.
Ainsi, dans la figure ci-dessous, vous voyez au bout des flèches bleues la durée de la transition (vitesse du zoom ou du panoramique), et au bout des flèches rouges le temps pendant lequel l’image clé sera vue sans que la caméra ne bouge.
Dans la figure ci-dessous, les images-clés de la première photo resteront plus de temps à l’écran sans que l’image ne bouge, mais les transitions seront plus rapides. Il est bien évidemment possible de faire tous les autres choix imaginables!
Vous ne devez (à mon avis) ne tenir aucun compte de la pente dans la ligne dessinée. Ce qui compte, c’est uniquement la durée entre la fin d’une image clé et le début d’une autre. Que la tête de lecture soit sur une pente montante, ou sur un “sommet” ou encore sur une pente descendante ne fait aucune différence: on est dans une transition, c’est tout.
Des fois, je me demande si je suis très clair, mais bon, c’est assez difficile à expliquer tout ça…
Notez que vous pouvez cliquer sur un tronçon dans la ligne du temps, cela affichera automatiquement l’image clé sélectionnée dans la zone 2.
Sur la ligne du temps, vous verrez aussi les transitions entre deux images.
Vous pouvez alors dans la zone d’inspection choisir la durée d’une transition…
… et le type de transition…
Au niveau de l’image, plein de petites finesses sont encore disponibles. On peut par exemple choisir d’afficher ses images pour un écran 16:9 ou 4:3.
Ou aller choisir ses images directement depuis iPhoto, via l’explorateur de fichiers.
Plus fort, le chemin de travelling peut suivre une courbe de bézier:
Un petit clic sur la case “Bézier” et…
L’audio: multipliste de mise mais…
Regarder ses images tranquillement en silence est un délice, mais puisqu’ici, nous pouvons scénariser nos photos, une bande-son peut être indispensable.
Vous pouvez par exemple, via le même explorateur de fichier, faire une recherche directement dans votre librairie iTunes.
Notez le champ “Recherche” qui sera fort utile!
Vous pouvez aussi enregistrer directement votre commentaire via, par exemple, votre micro intégré.
Le seul problème, c’est que les différentes pistes se superposent dans la Timeline, ce qui n’est pas très pratique.
De même, là aussi, le sommet de la pente ne veut rien dire par rapport au volume, puisque le haut de la pente, toujours à la même hauteur, indique simplement que l’on est au maximum du volume autorisé par l’inspecteur.
Exemple
Ici, le volume en haut de la courbe (bout flèche de gauche), est à fond, le son sera fort, puisque l’inspecteur en haut à droite est au maximum.
Ici, le volume est à fond en haut de la courbe, mais on n’entend pratiquement rien puisque l’inspecteur est au minimum.
Il me semble que le système normal, avec des courbes qui donnent un volume en fonction de leur hauteur, est tellement plus pratique que ce qui est proposé ici.
Vous pourrez également mixer votre musique, baisser le son pour laisser de la place à votre commentaire, puis le remonter lorsque votre explication est finie, mais pour ce faire, il vous faudra diviser votre fichier sonore en plusieurs parties.
Ce n’est pas très difficile, mais je préférerais voir les pistes les unes sous les autres verticalement, comme dans GarageBand par exemple, plutôt qu’aller sélectionner une piste sous une autre en “profondeur” n’est pas trop simple.
Photo To Movie doit évoluer sur l’audio. Certes, tout, absolument tout est possible, mais au prix de trop de bricolage.
Ajoutez des titres à votre montage
PhotoToMovie vous permet d’ajouter des titres à vos réalisations.
Comme vous pouvez le voir, ici, la simplicité est de mise.
Exporter votre film
Vous pouvez exporter votre film dans divers formats en vue de plusieurs utilisations:
Je ne vais pas vous faire la liste, regardez simplement les onglets de la fenêtre en haut de la figure…
Notez que la haute définition est de la partie.
Voici quelques cibles disponibles, avec leurs options:
Pour iDVD…
Pour Mail…
Pour QuickTime enfin.
En conclusion
Sans sa section “Audio” un peu touffue, Photo To Movie 4 serait un programme parfait.
Puissant, pas trop onéreux (il coûte 49.95 $), il vous permettra de montrer vos photos autrement, et de faire preuve d’originalité.
Mais attention, n’abusez pas trop des travelings et des panoramiques, vous auriez vite fait de donner le mal de mer à votre public!
Vous pouvez télécharger Photo To Movie ici et l’essayer gratuitement, le temps de l’évaluer vous-même.
Visiblement, il ne me plaît pas qu’à moi, puisque les utilisateurs de Versiontracker lui donnent 5 étoiles sur 5 (note 4.6 sur 5), ce qui n’est pas si fréquent.