D’après Greenpeace, le ver (à défaut du “vert”!) est dans la Pomme. C’est plus que dommage, car il semble que la firme pourrait faire de sérieux progrès dans le domaine, au vu des bénéfices extraordinaires engrangés ces derniers temps, ce serait la moindre des choses, non?
Ou alors, Greenpeace en fait-il un peu trop?
Il y a quelques semaines je tombe sur un article paru dans MacGénération. Celui-ci présente le dernier des désormais fameux classements de Greenpeace “Pour une high-tech responsable”, avec des résultats qui se suivent et se ressemblent pour Apple. Et comme vous le savez certainement, c’est plutôt pas terrible…
Enfin, a priori…
Il en ressort:
Greenpeace reproche notamment à Apple:
En préambule, rappelons qu’Arnaud Zufferey nous avait parlé de la consommation de nos machines et de leurs périphériques, ici, et là. Je vous recommande de (re)consulter ses 2 humeurs fort intéressantes.
Je n’ai pas envie de m’étendre sur les détails cette étude de Greenpeace, un petit Google et vous trouverez de nombreuses réactions des défendeurs des 2 camps, et je peux vous dire que la bataille fait rage.
Par contre, il est difficile de ne pas rester indifférent à ces résultats, qu’on soit d’accord avec eux ou pas.
A lire les commentaires des aficionados de la marque, on a parfois l’impression de faire partie d’une secte (sérieusement!), et je suis pourtant acquis à la cause d’Apple, mais pas à tous points de vues…
D’ailleurs, sur Cuk.ch, notre but n’est pas de lancer des fleurs à Apple à tout prix.
Mais loin de moi l’envie de défendre Greenpeace, leurs méthodes sont parfois (trop) musclées, et pas toujours crédibles, mais je les respecte quand même, car qu’on le veuille ou non, on a besoin d’eux!
En l’occurrence, ils s’acharnent (à mon avis) sur Apple, peut-être parce que son image branchée ne leur plait pas.
Steve rétorque bien que la compagnie a recyclé 1’500 tonnes de matériel en 2004, couplé à un pourcentage de 90% de matériaux recyclables. À mon humble avis, les 10% restant doivent compter bon nombre de matériaux particulièrement toxiques pour l’environnement et la santé (comme des métaux lourds, indispensables actuellement dans nos machines, mais très difficilement recyclables car durs à séparer des autres composants).
Rappelons que nous ne possédons de données sur l’écotoxicologie sur seulement 1% des centaines de milliers de substances en circulation!
Greenpeace a beaucoup dépensé d’argent pour cette étude, mais semble manquer de données formelles, on leur reproche d’ailleurs de faire tout pour qu’on leur verse un maximum de dons, à coup de campagnes-chocs.
Mais Apple peut toujours se consoler avec les conclusions de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Cette dernière est visiblement très loin d’avoir un avis aussi tranché que Greenpeace. L’EPA a un standard EPEAT (Electronic Products Environmental Assessment Tool) qui classe ainsi les produits électroniques en fonction de leur impact environnemental et facilite la comparaison entre les différents modèles existants sur le marché.
En fonction de cette méthodologie, sur un ensemble de plus 300 produits évalués, si aucun n’a obtenu la plus haute distinction, le Mac BookPro et le Mac Pro, entre autres produits Apple, ont reçu une médaille d’argent alors que d’autres marques n’en obtiennent aucune…
Les opinions sont souvent tranchées entre les défendeurs de leur marque fétiche et les militants Greenpeace, d’ailleurs considérés comme des ignorants par les premiers !
Certains argumentent que l’aluminium utilisé sur une large part de sa gamme est très recyclable (95% d’énergie économisée avec de l’alu recyclé), mais je peux vous confirmer qu’on ne doit pas oublié le coût environnemental causé par l’extraction de ce matériau et la consommation en ressource et en énergie nécessaire à sa production. L’écobilan n’est pas forcément meilleur que pour l’utilisation de plastique (donc de pétrole) à sa place.
D’autres vantent la durée de vie des Macs largement supérieure, ou estiment qu’avec Bootcamp ou Parallel nos machines évitent d’acheter un PC…
Notons également qu’Apple a banni de nombreuses substances ces dernières années.
Mais est-ce suffisant ?
Doit-on vraiment crié au scandale lorsqu’on sait que l’étude Greenpeace n’est pas exempte de lacunes ?
Même si Apple n’est à mon avis pas si différent des autres multinationales du marché de l’informatique en terme de politique environnementale, nous, les consommateurs, ne pourrions-nous pas faire en sorte que la marque s’améliore, tant les déchets électroniques (ou e-wastes) sont préoccupants?
Dans ses pages consacrées à l’environnement (plutôt maigres en informations je trouve…), nous pouvons heureusement constater qu’Apple a sensiblement réduit le volume de ses emballages (je l’ai vérifié en comparant mon achat d’un Titanium G4 en 2001 avec celui d’un MacBook Pro en 2006), ce que n’ont pas fait d’autres marques, avec à la clé une nette diminution des impacts environnementaux dus à la consommation des matériaux d’emballage et aux transports.
Le site GreenMyApple est plutôt décevant, car trop tourné contre la firme fruitée.
L’effort de Greenpeace à motiver les macusers à verdir leur Pomme est légitime, mais je suis plutôt étonné qu’il ne s’en prenne pas à d’autres dans le secteur.
En effet et par exemple, je me demande combien de temps certains d’entre vous avez gardé vos derniers mobiles Nokia (ou autre), avec toutes ces offres gratuites (en tout cas en Suisse) proposées par les opérateurs de téléphonie comme Swisscom, Sunrise ou Orange (ils se rattraperont avec nos factures mensuelles).
Orange, par exemple, appelle d’ailleurs un grand nombre de ses clients chaque année pour leur proposer un Natel (pâtois suisse signifiant téléphone portable :-) ) gratuit histoire de les fidéliser!
En même temps, il faut bien avouer que les mobiles actuels sont bien moins résistants qu’il y 7 ou 8 ans.
J’aimerais citer un article paru en 2006 dans le journal Le Courrier.
Si 90% des Suisses d’entre eux en possèdent un, les Helvètes changent de téléphone portable en moyenne tous les huit mois (j’ai bien dit huit mois)!
Pour fabriquer une puce de deux grammes, il faut 32 litres d’eau ainsi que 1,6 kilo d’énergie fossile…
Swisscom offre une garantie de deux ans, afin que les utilisateurs ne changent pas de portable comme de chemise.
«Les clients d’Orange qui rapportent leurs vieux appareils reçoivent un chèque de 50 francs à faire valoir sur un nouvel abonnement», vante Marie Claude Debons, porte-parole de la firme…
Question recyclage, justement, les Helvètes font tout de même figure d’élèves modèles.
A noter que 25% téléphones portables vendus chaque année arrivent dans les mains de la SWICO, (l’organisme qui collecte tous les vieux mobiles, puis mandate des entreprises qui les recyclent).
En 2005, la SWICO a reçu près de 350 000 appareils, soit 68 tonnes. Onze de plus qu’en 2004. Et la Suisse est toute petite, avec ces 7 millions et quelques habitants…
La plupart des 75% restants stagnent dans nos tiroirs – s’ils fonctionnent, il est vrai qu’ils peuvent dépanner, mais en si vos mobiles sont hors d’usage, allez les ramenez au magasin!
Selon une étude de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), et après avoir ouvert un échantillon de sacs-poubelle, on estime que les Suisses ont tout de même jeté aux ordures 9000 tonnes de matériel électrique et électronique (surtout des «petits appareils comme des rasoirs, calculatrices, des téléphones portables ou des montres», peut-on lire dans le rapport).
Verdict: la reprise gratuite de ces appareils est «trop peu connue», malgré de récentes campagnes de promotion.
Mais on peut imaginer que les grands magasins n’ont pas été forcément ravis de devoir gérer (en partie) depuis quelques années ce type de déchets.
Lorsqu’on sait qu’Al Gore occupe un siège au conseil d’administration d’Apple et qu’il a lui aussi voté contre les propositions soumises aux votes lors d’une des dernières assembléey annuelles des actionnaires d’Apple, on peut être déçu de l’opposition de l’ancien vice-président.
Il serait bien de convaincre Steve de faire d’Apple un modèle pour l’industrie sur toutes les questions touchant à la protection de l’environnement.
Entre parenthèses et selon certains journaux citant en preuve les factures d’énergie pour le gaz et l’électricité pour sa maison de 20 pièces, en banlieue de Nashville-Tennessee, le Roi des verts a dévoré près de 221’000 kilowatt-heure en 2006, soit 20 fois plus qu’une maison moyenne.
Mais à sa décharge, son film excellent film, Une vérité qui dérange, compense largement cette consommation, vu l’impact positif du long métrage sur une grande partie de la planète.
D’ailleurs on lui a de nombreuses fois reproché les aller-retour en avion qu’il a effectué pour accomplir plus de 1000 fois son film-conférence dans le monde entier.
Sauf erreur (et c’est la mode, cf les excellentes émissions de Yann Arthus Bertrand sur France 2), le film a été compensé en matière de CO2…
Souhaitons qu’Al soit cohérent et ait un impact environnemental positif sur Apple (je croise les doigts!).
Ma sélection habituelle de citations du jour, évidemment en rapport avec la protection de l’environnement.
En guise de conclusion, notre Pomme a sans doute encore beaucoup de travail avant de devenir vraiment verte foncée (j’espère surtout ne jamais la voir pourrie…), peut-être a-t-elle d’autres préoccupations depuis quelques mois, victime de son succès.
J’attends vos commentaires, que j’espère nombreux (et constructifs comme d’habitude)
:-D
A bientôt sur Cuk.ch