Pendant ces vacances, je n’avais pas de connexion Internet.
Je l’ai déjà écrit, ça fait du bien. C’est là qu’on se rend compte combien de temps est soudain libéré rien que par le fait que l’on ne teste pas les derniers logiciels qui vous tombent sous la main, que l’on ne va pas voir si quelqu’un a déposé un commentaire sur Cuk.ch (en ce cas, on y répond souvent), que l’on ne relève pas le courrier Mail, que l’on ne va pas guigner sur MacUpdate, VersionTracker, si le logiciel tant attendu est enfin sorti, qu’on ne va pas lire ce qu’ont écrit les copains sur les sites amis et j’en passe.
Et encore, je ne suis jamais sur iChat (disons, une fois tous les deux mois, et pour cinq minutes, dans certains cas bien précis)! Je ne sais pas comment font les gens pour bosser en parallèle à iChat ou MSN (paraît que ça s’appelle autrement maintenant, mais je ne sais même pas comment).
Alors paf, plus (dans le sens + hein) de temps pour tout le monde, plus de temps pour lire, et plus de temps pour… regarder de près comment fonctionne un programme.
Parce que j’ai pris avec moi mon portable tout de même, eh oui. Remarquez, il y a quelques jours, lorsque nous sommes partis en week-end (je vous en ai vaguement parlé à propos de la place dans le coffre de l’Espace), je l’ai laissé à la maison. Cela devait bien faire une dizaine d’années que je n’avais pas passé deux jours sans ma machine.
Ben vous savez quoi? J’ai tenu le coup.
Mais oui.
J’en reviens à mon “plus de temps pour regarder de près comment fonctionne un programme”.
Voyez-vous, juste avant de partir, j’ai téléchargé la version 1.0 en anglais (elle est désormais en français) d’Adobe LightRoom, titillé que j’étais par un article de Volker Gilbert qui décrit ce nouveau logiciel, et qui précisait qu’au niveau du module d’impression, l’éditeur avait fait très fort.
Moi, pour imprimer mes images, c’est toujours un peu la galère. iView (version 3.1.3, faudra voir ce que donne la 4), sur ce point très précis (pas sur les autres n’est-ce pas!), est… nul. Enfin disons que je le trouve nul (mais j’insiste, j’ai bien écrit “sur ce point très précis”, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas écrit!).
Jusqu’à ce jour, j’ai toujours imprimé avec Photoshop, qui me donne par exemple le contrôle du profil d’impression que je me suis mitonné avec mes petites mains (et ma petite sonde aussi, j’avoue).
Mais bon, avec Photoshop, j’ai toujours, par exemple, une image que j’ai de la peine à centrer parfaitement sur la page, malgré le fait que j’aie activé l’option ad hoc.
Alors quand on me parle de gestionnaire d’impression bien foutu au niveau photographique, moi, je saute dessus.
Et je dois dire que je n’ai pas été déçu.
Comme pour tout le programme finalement. Au point que je l’écris en préambule: LightRoom, j’adore. Comme ça, les choses sont claires n’est-ce pas!
Attention, ce qui suit est la première partie de ce que nous allons consacrer à LightRoom: une sorte de “pourquoi j’ai flashé sur ce logiciel”. N’y voyez rien de technique. Je vais en effet laisser la place vendredi à un petit nouveau chez nous, qui vous présentera le logiciel dans les détails.
La seule capture d’écran de cette humeur. Les autres, je les laisse à Gilles, pour son article de vendredi, je sais qu’il en a plus de 70 sous le coude.
Je précise que j’ai téléchargé à ce jour toutes les versions beta de LightRoom, mais que je n’avais jamais réellement croché au système de librairie. Là, ce dernier semble avoir changé, je ne sais plus, je n’ai pas vraiment utilisé la dernière beta.
En tout cas, la version finale 1.0 est parfaitement logique à mon goût, au niveau du classement des images en collections.
Notez que comme dans Aperture, les images peuvent être intégrées à une bibliothèque, ou qu’elles peuvent rester bien tranquillement dans leur dossier d’origine, n’importe où sur le disque. Vous pouvez même changer ces images de place, LightRoom les retrouvera sans rien vous demander, en tout cas sur le même volume. Il faut que je me penche sur la gestion du changement de volume, pour voir comment le programme réagit, ce que je n’ai pas encore fait.
Des piles, des instantanés et des versions, tout est là
Il me manquait dans LightRoom les piles d’images, elles sont là maintenant, avec également, comme dans Aperture l’automatisation de la création de ces dernières (toutes les images prises dans des temps rapprochés de X secondes sont empilées si vous le demandez). Ces piles, c’est génial, ça permet de gagner de la place dans le mode “Grille” du module Bibliothèque.
Il me manquait également les versions d’images (comment gérer plusieurs réglages différents pour une même image): elles sont là aussi désormais, et plutôt deux fois qu’une avec les magnifiques instantanés et les splendides copies virtuelles d’un original.
L’instantané (snapshoot dans la version anglaise), c’est la capture des réglages à un moment donné de votre travail, mémorisable et à laquelle vous pouvez donner un nom. Vous retrouverez ce snapshot à n’importe quel moment, même bien après avoir quitté et relancé le programme, puisque comme tout l’historique (contrairement à Photoshop), tout est précieusement conservé dans LightRoom au niveau de vos actions pour chaque image. Nous sommes bien d’accord que je parle d’un historique différent pour chaque image!
Mais vous ne voyez qu’une image dans la bibliothèque, même si vous avez 17 instantanés différents. Il faudra cliquer sur leur nom dans le panneau de gauche, en mode “Développement” pour y avoir accès, ce qui n’est pas forcément pratique.
Les copies virtuelles sont des images… virtuelles d’un même original, qui s’affichent dans la grille, avec différents réglages que vous aurez faits.
Vous comprenez bien l’avantage d’une copie virtuelle! Si avoir trois images du même original de 6 Mb avec différents réglages prendrait 18 Mb sans les copie virtuelles, cela n’en prend que 6 Mb et quelques Kb (les fichiers de description de réglages sont très légers) avec ces mêmes copies! Votre disque ne pourra que vous remercier d’avoir choisi LightRoom (ou Aperture, ou encore LightZone, soit dit en passant) qui fonctionnent avec ces systèmes de versions virtuelles.
Au final, dans un diaporama, vous verrez ces différentes versions, alors que ce n’est pas le cas avec les Instantanés. Il va de soi que les réglages des Instantanés peuvent être envoyés à une copie virtuelle. Notez que les copies virtuelles forment une pile, mais que l’on peut très bien envoyer une copie vers une collection, et une deuxième (du même original) vers une autre.
Le fait d’avoir CameraRaw embarqué (le moteur de développement des images RAW d’Adobe) qui est selon beaucoup de professionnels l’un des meilleurs, le fait d’avoir certaines options de RawShooter (racheté par Adobe), comme “Vibrance” (que l’on retrouve également dans Bibble) qui touche la saturation des images sans détruire les tons “chair”, ce qui est assez génial, sont des plus un plus indéniables également.
Tout est pensé pour que le photographe s’y retrouve en un clin d’œil, à l’aide des 5 modules (Bibliothèque, développement, Diaporama, Impression et Web) et ses différentes vues. On passe de l’un à l’autre, c’est limpide. Oui, l’interface est très bien réalisée sur ce produit, on a toujours tout sous la main, on passe du mode plein écran en mode “avec palettes” en un ou deux clics, on diminue l’éclairage ambiant de différentes manières simplement tapant une touche de clavier (UNE) tout cela est assez impressionnant.
Je suis souvent passé d’Aperture à LightRoom et inversement pendant ces vacances.
C’est vrai que les deux ont leurs points forts. Mais à part les listes intelligentes et la gestion des écrans multiples, présentes dans Aperture et malheureusement non disponibles dans LightRoom, le fait que le logiciel d’Apple soit peut-être un poil mieux intégré à MacOSX (ou peut ou pourra trouver une bibliothèque Aperture dans d’autres logiciels) et la grande force d’Aperture pour créer des livres et des tables lumineuses personnalisées, je dois dire que le logiciel d’Adobe me convient (c’est personnel, je sais, certains penseront exactement le contraire) bien mieux que celui d’Apple.
Ne serait-ce que parce que l’intégralité des raccourcis-clavier de LightRoom ne me pose pratiquement aucun problème, alors qu’avec Aperture, sur un clavier suisse romand (je l’ai dit et redit), c’est la galère…
Et puis, ce problème de la non gestion de plusieurs écrans… J’en parlais avec Volker Gilbert (quel plaisir de l’avoir au bout du fil pendant près d’une heure l’autre jour!): ce dernier me disait que selon lui, ce n’était pas un problème justement puisqu’ avoir tout dans une fenêtre, bien intégré, c’est magnifique, et ça permet d’avoir Photoshop ou Lightzone (que l’on peut appeler depuis LightRoom) sur le deuxième écran. Pas bête non?
Ne serait-ce aussi que parce qu’au niveau de l’impression des photos simples, sans passer par un livre, donc. J’ai essayé de travailler avec Aperture, franchement, ce n’est pas terrible, ou alors, je n’ai rien compris. Avec LightRoom, vous faites ce que vous voulez, c’est dingue.
Le nombre d’images sur une feuille, les marges, l’espace entre les images, la rotation automatique des images pour remplir au mieux les cellules, la résolution d’impression, l’augmentation de netteté juste pour l’impression, selon la taille de votre sortie, la présence ou non d’un filigrane, devant ou derrière elle (par derrière, j’entends “sous l’image”, pas de l’autre côté de la feuille), c’est tout simplement génial.
La gestion du profil d’impression est également bien évidemment disponible, avec cependant deux modes de rendu seulement: perceptive, relative, contre quatre à Photoshop (absolue et saturation en plus). Pas de bol, j’ai fait tous mes profils avec “saturation”, mais bon, je me mets en “perceptive” et ça passe finalement très bien.
Tous vos réglages sont facilement sauvegardés dans des modèles, que vous pouvez rappeler à tout moment. Ah la la, vive le modèle “carte d’identité” que l’on se crée en trente secondes!
Cela dit, si quelqu’un connaît un programme qui propose mieux que LightRoom sur ce point très précis, je suis preneur, qu’on se le dise!
Ah, j’allais oublier une cerise sur le gâteau: les corrections de LightRoom sur nos précieux fichiers Raw ne sont évidemment pas destructrices. Il s’agit de fichiers annexes de description des modifications au format .xmp (fichiers sidecars). Eh bien si vous disposez de CameraRaw 3.7 ou ultérieur, vous pourrez profiter des réglages effectués dans LightRoom lorsque vous serez dans Bridge, et donc dans CameraRaw (et donc dans Photoshop).
Eh oui, les deux logiciels se reconnaissent mutuellement. Normal d’ailleurs me direz-vous pour des frangins.
Je rêve d’ailleurs d’un format XMP qui soit reconnu par tous les logiciels de retouche, mais bon, faut pas pousser, je sais que chacun a ses petites spécialités que d’autres n’ont pas, et que par conséquent, ce rêve touche à l’impossible. Ici, comme il s’agit en fait du même moteur dans les deux programmes, les choses sont bien plus simples.
Bon, et alors?
Voilà voilà! Je ne vais pas vous faire découvrir LightRoom de fond en comble, son histogramme en 4 zones bien distinctes, sa courbe de tonalité en 4 régions qui le sont tout autant, d’autres sont spécialisés dans le domaine. Il faut aller voir chez eux…
Reste un problème.
Entre Aperture et LightRoom, pour moi c’est bon, je sais, en tout cas dans les versions actuelles, vers quel logiciel mon cœur balance: le second. Et ce n’est pas une question de vitesse: car s’il est clair que le logiciel d’Adobe est nettement moins gourmand que celui d’Apple, sur mon “vieux” MacBook Pro de première génération, Aperture s’en sort très bien.
Je sais, une version 2 d’Aperture est attendue très prochainement, elle devrait apporter beaucoup à ce programme, je me réjouis de l’essayer.
Adobe LightRoom n’en est qu’à sa version 1 (mais quelle version bon sang!) et va évoluer aussi, ce d’autant plus que le programme est ouvert aux plug-ins.
D’un autre côté, je traite en très grande partie mes images, et je vais continuer à le faire, avec DxO, qui reste pour moi une référence au niveau développement de Raw.
Je les catalogue avec iView.
Alors que faire? Comment intégrer DxO dans LightRoom?
Que faire avec iView, qui garde pour lui la rapidité incroyable de gestion de milliers d’images, et son travail avec les métadonnées de type IPTC.
Parce que j’ai pris soin de répertorier par exemple dans iView les personnes sur mes photos. Je clique sur Basile dans la catégorie “Personnes” (et pas “mot-clé”) et paf, les deux mille photos du petit s’affichent sur mon écran.
Et si je répertorie ces images dans LightRoom, eh bien je ne les vois pas, ces personnes, dans les données IPTC. Les seules données que je retrouve, ce sont les mots clés. Bon, la solution éventuelle que je vois, c’est de faire une recherche sur Basile dans iView, comme au paragraphe précédent, ajouter un mot-clé “Basile”, et de glisser la sélection sur ce mot-clé. Ensuite une petite synchronisation de la sélection, pour “taguer” les images elles-mêmes et paf, une recherche sur le mot-clé Basile dans LightRoom me montrera toutes les images de mon fils. Remarquez que ces données “Personnes” d’iView se retrouvent dans le champ “Contact” d’Aperture!
Ce dernier me semble d’ailleurs plus complet que LightRoom dans ce domaine, même si tout le monde s’accorde pour dire que le logiciel d’Apple n’est pas au top non plus.
Bref, passer d’iView à LightRoom pour “tout” est très tentant, mais cette gestion de l’IPTC (qui est coupable? c’est encore un peu le boxon à ce niveau) me fait penser qu’il est encore urgent d’attendre, surtout qu’iView va sortir prochainement une version 4, gratuite pour les utilisateurs de la 3. Mais il faudra tout de même que Microsoft se montre très convaincant pour m’enlever ce titillement qui me donnerait envie de le lâcher pour passer chez Adobe.
Pour l’instant, je reste en veille technologique, mais il est clair que pour toute impression d’image sur mon Epson R2400, c’est par LightRoom que je vais passer. Les avancées de ce logiciel sont trop énormes sur ce terrain.
Décidément, Adobe est fort dans le domaine de l’image.
Très fort…
L’expérience sans doute…
Allez, à vendredi pour une découverte plus complète du produit.