Vendredi 16 février 2007
LightSphere, un studio dans votre flash

Il y a un truc qui ne me satisfait jamais vraiment en photo depuis des années, c’est la prise de vue avec un flash.

Je ne parle pas des flashs intégrés de nos compacts, tellement abominables qu’ils ne sont là que pour dépanner, ni même de ceux qui sortent de certains reflex, souvent bien durs et donnant une lumière pas trop homogène (faudra à ce sujet que je vous parle d’un truc rigolo, très prochainement).

Je parle des flashs cobras, ceux qui coûtent bien cher, et qu’on fixe sur le haut de notre appareil, ou à côté, à l’aide d’un adaptateur.

Deux solutions s’offrent à nous avec ces accessoires tout de même forts utiles:

  • l’éclair en pleine tronche, qui vous durcit un peu tout, qui vous donne un effet “tomme de lait frais” sur le front. Je sais bien qu’il est possible de diminuer la puissance du flash, et qu’avec nos appareils qui peuvent maintenant monter en sensibilité sans trop de bruit, il est possible d’atténuer ce problème.
  • l’éclair indirect, qui adoucit tout ça, mais qui laisse de méchantes ombres sous les yeux, et qui, si le plafond n’est pas blanc, vous met une dominante désagréable sur votre jolie photo. L’exemple du plafond en bois en indirect est très parlant avec une dominante rouge sur l’image.

L’un des articles que j’étais sur le point d’écrire allait être été intitulé: “osez le déflecteur”. J’en ai de toutes sortes, des Lumiquest en particulier, de type SoftBox, ou déflecteur simple, plus ou moins gros. C’est vrai qu’avec eux, le résultat est bien meilleur.

J’ai changé d’avis, après avoir reçu un mail d’un de nos lecteurs fidèles, fxprod, ou si vous préférez (je lui ai demandé l’autorisation de le dévoiler, rassurez-vous) François-Xavier, de François-Xavier Production, photographe professionnel, quelque part là-bas, très loin, en Belgique.

Voici ce qu’il écrivait:

Bonjour,

j’ai aimé les photos de la pitchounette prises au flash: certaines sont en flash indirect ou en bounce, certaines sont en éclairage naturel mais les deux solutions lui font des ombres sous les sourcils et vraiment, elle ne mérite pas cela.

Depuis plus de 40 ans, je cherche des solutions à ces problèmes:

  • flash direct—> trop dur
  • flash indirect—> ombre sur les yeux

J’ai tout essayé, mouchoir en papier sur le flash, système avec un volet incliné au-dessus du flash (mieux en photo horizontale mais en verticale l’ombre se déporte à droite ou à gauche), pot de yahourt liquide découpé et fixé dessus et j’en passe. Je me suis souvent fait passer pour un illuminé, mais à mes yeux il n’y a que le résultat qui compte.

En fouillant sur le Net j’ai trouvé LightSphere, qui me semble parfait et assez génial.

En effet, Lightsphere semble donner une lumière fabuleuse en particulier avec le “new chromedome” qui en jette un peu plus. …”

fxprod

Vous me connaissez, ni une ni deux, je me rue sur le site de son inventeur , Gary Fong, et me régale avec les démonstrations proposées de LightSphere.

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J’ai été tellement convaincu par ses démonstrations de type “Comptoir suisse” (comprenne qui peut, ou qui l’a visité) que j’ai passé commande de tout le système.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’en plains pas une seconde.

C’est quoi le LightSphere

Oui, c’est quoi le LightSphere, me demanderez-vous?

Je vous répondrai: vous avez vu l’image ci-dessus?

Mais comme je ne suis pas chien, je vais vous apporter quelques précisions.

Imaginez un tupperware, petit, avec son couvercle. Vous le fixez à votre flash (sans la moindre attache de type velcro), voilà, c’est ça le LightSphere.

La chose peut être légèrement opaque, en ce cas, vous la préférerez pour les portraits doux, ou presque transparente, pour prendre des photos d’ambiance.

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Le LightSphere CLOUD (opaque)

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Le LightSphere CLEAR (transparent)

Le principe de base?

Toujours viser en intérieur avec le flash qui regarde en haut. En effet, quelle que soit la position, il faut absolument que le LightSphere regarde vers le plafond (ou vers le ciel s’il n’y en a pas).

En extérieur, il est possible de diriger le LightSphere contre le sujet (flash en position “directe”)

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Cela implique une simple manipulation, pour autant que l’on prenne soin de placer la tête du flash perpendiculairement à son corps en position “paysage”.

Si le plafond n’est pas trop haut, vous ne mettez pas de couvercle, s’il l’est, ou si vous êtes tout prêt du sujet, vous le mettez, et le tour est joué.

Le LightSphere est livré avec un couvercle blanc, mais vous pouvez également acheter en accessoire deux autres couvercles:

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Le dôme “Internal” est livré avec le LightSphere de base

  • un couvercle “ambre”, que vous utiliserez pour le portrait d’intérieur, mais en prenant soin de mettre votre appareil en balance des blancs tungstène selon l’auteur si vous êtes éclairés par des lampes à incandescence. Je ne suis pas persuadé de ce conseil, les images paraissant alors un peu peu trop bleues (il faudra réchauffer dans votre logiciel de post-production, ou prendre une charte gris-neutre pour référence).

Vous pourrez également utiliser ce dôme en extérieur, en balance des blancs automatique, ce qui donnera un ton légèrement doré au visage de votre sujet (ce qui est souvent avantageux pour lui).

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  • le “chromedome”, qui double selon Gary la puissance de la lumière, sans la durcir pour autant.

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Faites très attention au moment de passer commande: les deux dômes accessoires ne fonctionnent qu’avec le LightSphere CLOUD (celui qui est opaque), et pas du tout avec le LightSphere CLEAR (le transparent).

Il faut savoir également que la chose est livrée en 4 tailles, et qu’il vous faudra choisir celle qui correspond à votre flash (pour mes 580 EX, c’est la taille P4 qui correspond, pour ne prendre que cet exemple).

Et je dois dire que l’adaptation est parfaite (sans le moindre velcro, je le répète), ce d’autant plus que LightSphere est souple, et qu’il ne risque en aucune manière d’abîmer votre précieux accessoire source de lumière

Vous trouverez un tableau récapitulatif des tailles pour chaque flash en bas de cette page .

Avant de passer aux résultats photos, parlons encore prix.

En soi, si l’on fait référence au tupperware, le LightSphere n’est pas donné, mais si l’on s’en tient aux résultats, il s’agit d’un investissement qui en vaut pour le moins la peine, voyez plutôt.

  • Le LightSphere avec son couvercle blanc coûte 49 $, que vous achetiez le CLOUD ou le CLEAR (voir plus haut).
  • Si vous achetez le CLOUD, le dôme ambre 19.95 $ (actuellement en action pour 14.95 $)
  • Toujours si vous achetez le CLOUD, le dôme “chromedome” est facturé 49 $ (en action actuellement à 39 $).

Bon. Ces prix me semblent tout à fait supportables, ce d’autant que vous n’êtes pas obligé d’acheter la totale. Mais le problème, ce sont les frais d’envoi. En effet, via UPS, vous allez avoir de la peine à descendre sous le niveau des… 80 $, ce qui est tout de même assez énorme.

Donc réfléchissez: si vous faites le pas, il vaut peut-être mieux acheter d’un coup tout ce qu’il vous faut, que de vous dire “après tout, j’achète aussi le deuxième”. Vous risqueriez de pratiquement doubler vos frais d’envoi en pratiquant ainsi.

Je précise que je n’ai eu aucun frais de douane à rajouter (ils sont peut-être compris dans la facture UPS).

Bref, il vaudrait peut-être la peine, si vous êtes convaincus, de vous mettre à plusieurs pour commander cet accessoire somme toute génial.

MAJ du 13 mars 2007: OUI, j’ai eu des frais de douane finalement! Mais très bonne nouvelle, un lecteur me signale que Gary Fong a une boutique sur ebay.

Les prix sont bas, et surtout, les frais de transport se limitent (pour la totale) à 25 $, par la poste américaine (comptez une semaine pour être livrés à la maison, ce qui est à peine moins que cet UPS que je déteste, qui est une vraie daube lorsqu’on n’est pas chez soi quand ils passent).

Et voici quelques preuves du côté génial de l’engin.

Le LightSphere sur le terrain

Gary met à disposition un petit guide des règles de base pour différentes situations.

En gros, en intérieur, vous allez

  • mettre votre appareil (je parle du boîtier) en mode manuel
  • descendre les vitesses, entre le 30 e et la vitesse maximale synchro (le 200e par exemple) mais si possible en ne dépassant pas le 60e de seconde.
  • ouvrir votre diaphragme le plus possible
  • monter votre sensibilité entre 400 et 800 ISO
  • laisser le flash faire le reste en mode ETTL, tout ceci bien évidemment en tenant compte de la profondeur de champ nécessaire, et en faisant attention de ne pas être surexposé sans même compter sur le flash!
  • bien entendu, comme écrit plus haut, manipuler votre flash pour que le LightSphere regarde le plafond, quelle que soit la position

En extérieur, on passe en mode P, flash en position directe.

Voici donc quelques exemples, tous pris en mode RAW, sans la moindre correction (capture d’image dans iView).

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Tu ne t’y attendais pas à celle-là, hein, Mathieu!:-)

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Voici ci-dessous un exemple de photo pris avec le dôme ambre, en extérieur, mode P.

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Je me propose maintenant de vous montrer quelques exemples à partir des différentes compositions possibles.

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Le modèle CLOUD avec dôme ambre, balance tungstène (toutes les balances suivantes sont auto)

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Le modèle CLOUD sans dôme. Je précise que mon plafond est en bois

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Le modèle CLOUD avec dôme blanc

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Le modèle CLOUD, avec le dôme “chrome”

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Le modèle CLEAR sans dôme (toujours avec le plafond en bois). Je sens que Basile craque un peu là…

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Le modèle CLEAR avec dôme blanc (le seul possible)

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Le modèle CLEAR sans dôme

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Le modèle CLEAR avec dôme blanc

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Le modèle CLOUD sans dôme

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Le modèle CLOUD avec dôme blanc

Et le côté pratique?

Bon.

LightSphere n’est pas bien grand, mais il se range tout de même moins facilement qu’un déflecteur pliable, qui se glisse lui dans la poche externe d’un sac.

LightShpere est léger, souple, et prend la place d’un gros objectif dans votre sac. Personnellement, je les empile l’un dans l’autre et met tout en haut les différents dômes (le chrome en premier, pour profiter du vide d’un des deux petits tuptup.

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J’ai pris sur moi de sacrifier un de mes plus petits sacs pour glisser la totale dedans, ce qui fait que j’ai toujours tout avec moi. Certes, c’est un sac de plus, mais il est très très léger, et par rapport à mes pieds, avec parasols, qui se cassent la gueule au moindre coup de vent lorsque je suis dehors, je trouve que ce n’est pas trop cher payé, surtout que franchement, sur bien des points, le résultat est pratiquement identique.

En conclusion

Alors pour moi c’est clair!

Ce LightSphere est une merveille.

Ses défauts?

  • le fait que parfois, lorsqu’on est face à une surface réfléchissante (vitre, miroir), il piège un peu le système ETTL2 de Canon (i-TTL chez Nikon)
  • son prix de transport (sauf si l’on passe par la boutique e-bay!)
  • le fait qu’il faut… hem… assumer de se promener avec un tupperware sur l’appareil, surtout avec le couvercle “ambre” (on cherche un peu les restes dans la chose).
  • le fait qu’il ne soit pas universel. Si vous avez deux flashs différents, il se peut que vous deviez choisir deux tailles différentes

Ses qualités?

  • une lumière incomparable à ce jour
  • une douceur délicieuse
  • l’absence d’ombres vers les yeux
  • vous redonne du plaisir à utiliser votre flash, si cher payé, et qui ne donnait jamais vraiment la pleine mesure de ses moyens

Je dois donc ici montrer toute ma gratitude à François Xavier qui m’a montré cette piste.

Toutes les vidéos et renseignements supplémentaires sont par là .

Et pour finir, une bien bonne de chez nous, à dire avec un bon accent vaudois.

Slogan Tupperware:

“Avec Tupper Ouaiâre, tu jettes plus tard!”

C’est tellement vrai…