J'ai testé en octobre 2003 ici ce qui a été une des grandes révolutions numériques grand public: le Canon 300D.
En effet, pour la première fois, nous avions à disposition un vrai reflex numérique pour 1200 €, ce qui était tout de même assez fantastique à l'époque, où le moins cher des appareils du même type coûtait au bas mot 1000 € de plus. On ne remerciera jamais assez Canon d'avoir fait exploser le marché de l'époque. Disons plutôt que l'utilisateur ne remerciera jamais assez Canon, parce que la concurrence a dû haïr ce fabricant sur le moment.
J'ai été enthousiasmé par cet appareil à l'époque, même si je signalais principalement ses deux grosses lacunes:
Et puis, le Nikon D70 est apparu, un tout petit peu plus cher mais aussi plus performant, donnant la maîtrise totale au photographe, pour venir contrecarrer l'attaque de Canon. Riposte fort réussie d'ailleurs.
Ce duo a entraîné une baisse de prix générale des entrées de gamme sur le marché du numérique, accompagnée d'un saut qualitatif, ce qui fait que depuis quelques mois, si le 300D restait un excellent appareil, il avait perdu un peu de son éclat. Il fallait donc le remettre au goût du jour, ce qui vient d'être fait avec la sortie du tout nouveau Canon EOS 350 D, en ce début de printemps 2005.
Pas mal l'éclairage wifi 3 flashs de mon Mark II tout de
même...
Et bien, ce petit 350 D peut faire de même!
Avant toute chose, voici les spécifications techniques de la chose.
Comme d'habitude, je vous glisse le PDF du constructeur. Inutile que je retape le tout n'est-ce pas!
Quelques données importantes tout de même
Tout d'abord, le prix: 950 €, 1300 francs suisses environ (c'est toujours moins cher en Suisse) pour le kit avec objectif 18–55 EFS.
Prix identique pratiquement au 300 D actuel (qui va donc baisser de prix jusqu'à ce qu'il soit hors stock), mais avec un coup de boost général au niveau des performances.
D'abord, nous avons à faire à un tout nouveau capteur CMOS, issu de la même technologie que celle du 20D, même s'ils ne sont pas exactement identiques. Doté de 8 MP pour une taille APS-C de 22.4 sur 14.8, cela nous fait donc environ 3 MP de plus sur une taille équivalente à celle du capteur du 300D. Or, nous avons assez dit sur Cuk.ch que plus les photosites sont petits, plus ils ont de la peine à capter la lumière au fond de leur petit puits, plus le signal doit donc être amplifié, et plus le bruit est présent dans l'image. Ici, Canon a mis en place, comme sur le 20D, un réseau de microlentilles qui permet (je n'ai pas tout compris mais l'important est que ça marche) d'attirer la lumière jusqu'aux photosites. À cela s'ajoute, comme sur le 20D, un système de lecture des inforamations sur deux étage, pour justement diminuer le bruit. Le tout passant par un filtre passe-bas sur trois couches, un système anti-moiré sophistiqué (le moirage étant l'une des plaies du numérique), et se trouvant être calculé par le nouveau processeur DIGIC 2, bien plus puissant que le DIGIC 1.
Le capteur (source Canon USA)

Et le processeur (source Canon USA)
Nous verrons plus loin si ces progrès permettent d'éviter les parasites sur l'image. Moi, ça me dépasse ces informations techniques, et je me dis que je fais confiance au constructeur. Seul compte le résultat, et nous allons voir qu'il est bigrement bon.
Cette taille du capteur implique un coefficient d'agrandissement de X 1.6 pour tous les objectifs par rapport à leurs indications argentiques. Ainsi, le 18-55 mm devient un 29-88 mm. Le 70-200 mm un 112-320 mm. Génial pour ceux qui aiment les téléobjectifs puissants, moins drôle pour les amoureux des paysages et des grands-angles.
Je signale immédiatement qu'aucun dispositif antipoussière n'est de la partie. Dommage, Olympus et Pentax font donc toujours œuvre de pionnier à ce niveau. Cela dit, des solutions simples existent désormais pour nettoyer son capteur, qu'on se le dise.
Le viseur basé sur un pentamiroir est important lui aussi pour un plaisir maximum de prise de vue sur un reflex.
Grossissement à 0.8, ce que l'on voit reste petit, en particulier par rapport aux viseurs des reflex argentiques, mais aussi par rapport aux viseurs des appareils haut de gamme. Cela dit, j'apprécie malgré tout ce genre de système de visée qui reste nettement meilleur que les viseurs électroniques des bridges cameras. Le verre de visée Precision Matte de nouvelle génération est censé améliorer le contraste. Personnellement, si j'ai pu le remarquer (je vois immédiatement si l'image est nette ou pas), et si je trouve ce viseur meilleur que celui du Nikon D70 par exemple, je préfère bien entendu celui de mon EOS 1D Mark II (testé ici).
Encore heureux...
Notez à droite le correcteur dioptrique.
À ce propos, viser avec des lunettes est tout à fait possible, et il n'y a pas besoin de loucher comme une bête pour voir les indications données en vert.
Source Canon USA
Bref, au niveau viseur, pas trop mal, mais peut mieux faire, comme la plupart de ses concurrents. Peut mieux faire également au niveau de la couverture de l'image réelle qui se trouve être de 95 %, comme pratiquement la plupart des appareils reflex numériques, excepté les modèles pros.
Un boîtier créé pour le numérique
Si l'ancien Canon 300 D était doté d'un boîtier en provenance directe du stock des appareils argentiques équivalents, le 350 D est totalement nouveau, et conçu dès le départ pour le numérique. Ainsi, le miroir et le verre de visée s'adaptent à la petite taille du capteur, ce qui lui permet de remonter en faisant nettement moins de bruit et en diminuant de beaucoup les vibrations.
Notez le tout petit miroir
En parlant de bruit, je dois dire que je le trouve tout simplement divin. Il nous fait un petit "Ouiiiin" qui accompagne la remontée du miroir qui est tout bonnement adorable. Pour ceux qui en voudraient encore plus, il est possible, à l'aide de la fonction personnalisée 7, de bloquer le miroir en position relevée avant le déclenchement (on déclenche une première fois, ce qui remonte le miroir, puis une deuxième fois, pour prendre la photo), ce qui évite alors complètement le risque de bouger sur trépied.
Pour un appareil d'entrée de gamme, pas mal tout de même non?
Canon prétend avoir sorti le plus petit reflex digital au monde,
Je n'ai malheureusement plus de 300D pour vous montrer la différence de taille, mais permettez-moi de vous montrer le 350 D à côté de son grand frère, l'EOS 1D Mark II.
C'est petit IXUS 400 qui prend ses deux grands frères. Qu'est-ce qu'il est fier!
Pour vous rendre compte aussi de la miniaturisation de la bête, le voici doté du 70-200 2.8L de Canon:
Cette petite taille est à la fois un plus certain et un moins. J'adore par exemple le poids conséquent de mon Canon Mark II, en particulier pour la stabilité que ce poids implique, mais il est vrai que pour partir en ballade une journée dans Paris par exemple, il devient très rapidement insupportable. Je prends en fait cet appareil pour aller faire de la photo, dans des situations bien précises.
Le 350 D, c'est tout autre chose. Je l'ai pris comme appareil de tous les jours. J'ai testé ici l'IXUS 400 que j'ai souvent dans la poche, mais pour moi, cet appareil, excellent au demeurant, reste un moyen de prendre un petit témoignage rapide de ce que je peux avoir envie de surprendre. Ce n'est pas vraiment faire de la photo.
J'ai testé les bridges camera de type Minolta A1, A2, A200, qui permettent, eux, de tout régler et de pratiquer sa passion, mais avec ce fichu viseur électronique, et avec tout de même du bruit dans l'image à partir de 400 ISO. De plus, ils donnent des images au format 4:3 et je m'excuse, c'est personnel et je sais que ça en énerve certains, j'ai été éduqué à prendre des photos au format 3:2, je connais les règles de composition avec ce format, je n'arrive pas à me faire au format carré. Comme je l'ai écrit en conclusion du test consacré au A200 (que j'ai revendu pour acheter le 350 D, ne vous inquiétez pas trop pour mes finances), je n'ai pas de plaisir à photographier avec ce type d'appareil même si les images qu'ils fournissent sont la plupart du temps à la hauteur, et finalement, ça m'est assez insupportable, de ne pas avoir de plaisir.
Tandis que le 350 D, c'est, comme je l'ai dit, autre chose: le même encombrement pratiquement qu'un bridge (il tient dans la même housse que le A200 mais la remplit un poil plus) avec l'objectif de base, le 18-55, ou avec un 50 mm 1.4, voire même avec le 16-35 2.8, mais il peut être transporté partout. Et surtout, je retrouve toutes mes sensations avec cet appareil. Même en mode automatique, j'ai l'impression d'avoir un vrai appareil de photo dans les mains, ce qui en plus est le cas.
Si vous avez des mains énormes, peut-être serez-vous dérangés par cette taille "mini". Personnellement, les commandes tombent parfaitement sous la main, les boutons sont d'une taille tout à fait standard pour un reflex, et le toucher est bon. Certes, pas de "caoutchoutage" comme sur les appareils haut de gamme, remplacé par une sorte de granulation assez efficace du polycarbonate qui est le matériaux de tous les capots, recouvrant un châssis qui allie acier inoxydable et polycarbone. Pas de tropicalisation non plus: le 350 D, comme tous les appareils de ce prix, ne supportera pas trop de prendre des images sous une pluie battante.
Et puis, si vous y tenez vraiment, un poignée spéciale est livrée en option, avec déclencheur vertical. Il s'agit de la BG-E3. Elle permettra de travailler avec deux batteries, ou de placer 6 piles AA à la place, ce qui peut être une belle solution de dépannage puisque l'on trouve ces piles absolument partout.
Au niveau esthétique, je trouve ce boîtier vraiment très mignon, ramassé sur lui-même, prêt à bondir. Du très bon travail quoi.
Ah, et ceux qui souhaiteraient revoir le 350 D dans sa robe grise peuvent espérer: en effet, il est sorti dans cette couleur dans certains pays, mais pour l'Europe, c'est le noir qui semble être la seule couleur pour l'instant disponible. Mais rien ne dit que notre continent n'importera pas prochainement des modèles gris. Je vous en mets un ici tiré du site canon.us juste pour que vous puissiez vous faire une idée.
Cela dit, si j'avais le choix, je le prendrai en noir... Donc je suis content.
Le boîtier, son ergonomie
L'utilisateur Canon ne sera pas trop perturbé par l'ergonomie du 350 D. Je dirais même plus, celui qui vient du 300D retrouvera ses marques en quelques secondes. Ici, nous n'avons pas le système de sécurité du Mark II qui peut être difficile à saisir (la validation d'une commande ne se fait pas tant que l'on n'a pas lâché le bouton). C'est du standard, du facile.
Comme je l'ai écrit plus haut, les boutons tombent parfaitement sous la main.
Derrière le viseur , nous trouvons la traditionnelle molette, qui n'est pas secondée par une deuxième sur l'arrière du boîtier, comme sur les appareils plus haut de gamme de la marque.
Cette molette permet, selon le mode de prise de vue, de décaler le programme, de changer la vitesse ou le diaphragme, associée à l'appui sur un bouton, de choisir un collimateur autofocus par exemple.
La molette crantée, permet de choisir le programme de prise de vue:
Le bouton ON-OFF est bien plus pratique que ce que proposent certains concurrents, en particulier dans les compacts. C'est allumé ou éteint, on sait où l'on en est.
Notez que l'appareil sait se mettre en veille tout seul, comme il se doit, et que ce délai de mise en veille est paramétrable via un menu.
Le dos ressemble lui aussi à celui du 300D.
Nous retrouvons sur le haut à droite, tombant sous le pouce, le bouton de choix du collimateur autofocus (en conjonction avec l'unique roue codeuse) qui sert de loupe en mode lecture ainsi que le bouton de mémorisation de l'exposition (y compris au flash d'ailleurs, avec pré-éclair), en mode prise de vue et loupe négative/affichage de vignettes en mode lecture.
Comme sur le 300D, la mollette arrière fait place à un pad, qui donne un accès rapide à 4 fonctions principales et fort importantes lorsqu'on photographie:
Ces quatre boutons sont en quelque sorte des raccourcis-clavier qui nous mènent directement au bon endroit dans les menus traditionnels. Pas d'écran particulier donc.
Un clic sur le bouton ISO du Pad nous amène directement ici
Un autre clic nous amène à la balance des blancs...
Ce Pad sert bien évidemment à nous déplacer dans les menus, à sélectionner une commande (touche "Set" au centre), et à avancer, reculer, nous déplacer dans les images en mode lecture.
En mode prise de vue, cette touche SET peut se voir attribuer un raccourci supplémentaire (lecture, choix de la qualité, passage direct au choix du collimateur autofocus, choix des paramètres)
Un peu plus à gauche, nous trouvons
Plein centre, place aux deux écrans.
Le petit afficheur des paramètres de prise de vue, situé au-dessus de l'écran principal affiche le nécessaire et peut être rétro-éclairé.
L'écran TFT de 115'000 pixels affiche quant à lui les images en lecture, les menus, et a une diagonale de 1.8 pouces. Il n'est pas trop grand donc, surtout lorsqu'on le compare au magnifique TFT qui équipe le Minolta 7D. Il n'est pas protégeable non plus, ce qui est dommage. Par contre il reste lisible en plein jour, même dans des conditions difficiles.
Trois types d'affichage sont proposés:
Vierge (la trame de ces images est invisible en réalité)
Informations de base
Informations complètes avec histogramme
Je le répète? Oui? Non, Madame, non Monsieur, cet écran ne vous permettra pas de voir ce que vous visez pendant la prise de vue. Nous sommes sur un reflex, pas sur un compact ou sur un bridge. Si cet inconvénient vous est insupportable, dirigez-vous plutôt vers ces types d'appareils. Cette lacune, pour autant que c'en soit une (c'est vrai que ces écrans qui se tordent sont assez intéressants) se retrouve sur tous les reflex, même les très hauts de gamme.
À gauche des écrans, nous trouvons 5 boutons rangés verticalement à gauche des deux écrans, permettant, de haut en bas:
Sur l'avant de l'appareil, nous trouvons à droite:
Et à gauche, l'illuminateur anti-yeux rouges (qui fonctionne comme une petite lampe torche)
Le compartiment pour la nouvelle batterie Li-ion NB2LH est situé sous l'appareil...
Il s'agit d'une batterie incompatible avec les autres chargeurs de la gamme. En revanche, elle est toute petite et très légère, et selon mes tests, tient plus de 300 images, cela en tenant compte du fait que j'utilise le flash intégré sur une petite cinquantaine de photos, et que l'appareil a du alimenter très souvent deux objectifs stabilisés assez conséquents (70-200 et 100-400).
Le compartiment pour la carte CompactFlash type I et II (compatible MicroDrive bien entendu) est situé sur le côté. Aucun problème d'accessibilité n'est à signaler.
La connectique est à l'opposé:
Parfaitement protégé par un capot caoutchouté, nous trouvons dans ce compartiment une prise pour télécommande, une autre pour brancher l'appareil sur un téléviseur (câble fourni) et un port USB 2 High Speed.
Voilà pour le tour du boîtier parfaitement fini. Vous constatez que nous n'avons pas à faire à un appareil doté d'une boutonique aiguë. C'est sobre, bien disposé, bien placé, comme toujours chez Canon.
Performances à la hausse
Le 350 D est une véritable petite bombe. Si le 300 D souffrait d'un délai de 3 secondes pour être disponible après la mise sous tension, le 350 D est disponible en 0.2 seconde. C’est-à-dire rien du tout, c’est-à-dire disponible de suite. Fantastique progrès qui nous permet d'atteindre pratiquement la perfection à ce niveau.
La latence au déclenchement est de 100 millisecondes, ce qui est excellent et imperceptible. Les boîtiers pros sont à 40 millisecondes, mais franchement, je ne vois pratiquement pas de différence à l'usage. Et je peux vous dire que je passe souvent de mon Mark II à ce 350 D ces derniers jours.
Que nous sommes loin de la seconde quand tout va bien, sur un compact!
Notez que le temps d'obscurcissement pendant la prise de vue passe de 225 millisecondes (pour le 300D) à 170 millisecondes pour le 350 D. Cette donnée provient de Chasseur d'Images. Personnellement ni l'un ni l'autre ne m'ont jamais gêné et très franchement, et bien je ne vois pas vraiment la différence.
L'autofocus sur 7 points est fiable et extrêmement rapide, même avec l'objectif 18-55 livré avec le Kit de base, qui n'est pourtant pas USM. Les collimateurs s'illuminent discrètement, comme le veut la tradition, pour indiquer à l'utilisateur sur quoi l'appareil fait la mise au point. Il est possible d'imposer au 350 D un capteur, à l'aide de la molette située derrière le déclencheur.
Même en cas de luminosité faible, l'appareil s'en sort à merveille et s'appuie, au besoin, sur une petite série d'éclairs avant la prise d'image pour faire la mise au point.
Et puis, avec de très gros téléobjectifs, l'appareil ne montre aucun signe de faiblesse, ce qui est relativement normal puisque tous les objectifs modernes de Canon sont USM (moteur dans l'objectif).
Même mon 100-400L fonctionne à merveille ce qui n'était pas le cas, si je ne me trompe pas, du 300D (j'espère ne pas écrire de bêtises mais je crois savoir qu'un contact empêchait la compatibilité avec les super télés). Visiblement, le 350 D n'est touché par cette limitation.
En mode AI servo, j'ai testé l'appareil en prenant mon fils venant contre moi en trottinette. Il ne s'agit pas d'un bolide de formule 1, certes, mais l'appareil, mis en mode rafale (3 images par secondes), a pris toute la série de photos nettes. Qu'est-ce que c'est appréciable!
Deux exemples de la série (rappel: les images que vous obtenez en agrandissement si vous cliquez sur les vignettes se sont pas en taille réelle et subissent toutes une compression JPEG pour passer sur notre site. Elles perdent donc en qualité, que ce soit bien clair!):
Le fabriquant annonce 14 images sans ralentissement, j'ai pu personnellement prendre des rafales continues de 11 images en mode JPEG L (la meilleure qualité d'image à ce niveau), et cela en moins de 4 secondes, chrono en main (3.6''). Puis l'appareil ralentit la cadence.
Il faut 6 secondes seulement, sur une carte rapide, pour enregistrer la totalité de la rafale.
En mode JPEG M, l'appareil prend des images à n'en plus finir.
En RAW, c'est 4 images qui sont disponibles sans avoir besoin d'attendre un peu. Au bout de 9 secondes, la rafale est complètement enregistrée sur la carte.
Comme vous le constatez, ces résultats sont excellents pour un appareil de ce type, mais aussi intrinsèquement.
J'ai aussi suivi un match de football de Jonathan (mon deuxième fils chronologiquement). Avec le 100-400, pratiquement aucune photo n'était floue, et si c'était le cas, la faute m'en incombait puisque je n'avais pas choisi une vitesse d'obturation assez rapide.
Oui, le Canon 350 D est réactif, c'est le moins que l'on puisse dire. Bel ouvrage et grands progrès, même si le 300D n'était de loin pas un manche.
Et il ne faut pas oublier que les fichiers à traîter sont tout de même assez conséquents! Nous avons à faire à des images de 3'456/2'304 pixels en JPEG haute qualité.
Puisque j'en suis aux performances, il me faut tout de même signaler que l'obturateur est plutôt musclé puisqu'il monte de 30 secondes jusqu'au 4'000e de seconde. Bien entendu, un mode BULB (pose longue) est disponible.
Qualité de l'image
Le 300 D m'avait ébloui grâce à son processeur DIGIC, le 350 D est encore plus époustouflant grâce à son DIGIC II que j'avais déjà pu apprécier sur le 1D Mark II.
Comme nous l'avons vu plus haut, l'appareil est extrêmement rapide, et c'est en grande partie grâce à ce calculateur impressionnant. Au niveau qualité, il y a un certain traitement à assurer pour éviter le bruit lorsque tant de photosites sont regroupés sur un petit capteur.
Il me semble que Canon a moins tapé dans les réglages un peu claquant qu'avec l'ancien modèle, même dans le mode "Paramètres 1" qui pousse tout de même un poil le contraste et la netteté.
Au niveau espace de couleurs, nous disposons des traditionnels Adobe sRVB (compatibles avec tous les labos) et Adobe RVB (espace plus riche, mais souvent aplati au niveau du sRVB lorsqu'on passe dans ces mêmes labos)
Ici, un détail d'une photo de ma plaque de voiture, prise au 400 mm! Taille réelle si vous cliquez sur l'image.
Là, un extrait toujours d'une image de la ferme située à environ 300 mètres de chez moi, au 400 mm toujours (équivalent 600 mm, merci le stabilisateur!)
L'image de base complète dont est tiré le détail ci-dessus:
Le gain de 2 MP par rapport au 300 D est bien présent, ce qui autorise sans problème des tirages jusqu'au A3, ou permet des recadrages conséquents sur de plus petits supports.
L'exposition est parfaitement travaillée, dans tous les modes. La plupart du temps, la mesure évaluative répondra à vos besoins. Vous passerez en mode "spot" (sélective dans le langage Canon) par exemple pour des photos de scène.
Oui, ces appareils modernes sont tout de même fantastiques.
Faut que je propose cette image à Romande Energie moi...
En ce qui concerne la dynamique de l'image, les ombres restent riches et les hautes lumières, si elles sont sensibles, comme c'est presque toujours le cas, sont bien traitées. Reste à avoir dans les mains pour comparer ce qui semble être la référence à ce niveau (mais à ce niveau seulement): le Fuji S3 Pro et ses petits "photosites secondaires" dédiés justement à la dynamique.
Tant les ombres sur le canapé, que l'extérieur, pourtant en
plein soleil, reste exploitable.
Je précise que je ne cherche pas à faire de l'artistique!
C'est la maison d'Iris et de Caplan. Les couleurs font un peu
carte postale
mais en fin d'après-midi, c'est bien l'ambiance dans laquelle
nous baignions...
Un détail en taille réelle de l'image ci-dessus. Le piqué est là, même avec le petit zoom de base.
Reste le bruit dans l'image.
Comme d'habitude, je prends mon téléviseur comme référence. Ben zut, je suis embêté, sur les gris habituels (voir autres tests), on ne voit pratiquement rien.
Alors regardez bien l'écran lui-même, éteint sur les extraits de l'image suivante (aperçu):
En rouge, les détails qui suivent.

100 ISO
ce que vous voyez sur le gris est la structure du plastique.
200 ISO
Toujours rien...
400 ISO
Ça reste parfaitement propre
800 ISO
Très bien, toujours, même si le bruit apparaît sur la partie
la plus haute de l'extrait
1600 ISO
l'image reste tout à fait exploitable
Merci DIGIC II. Il ne reste plus qu'à souhaiter que cette belle technologie se retrouve dans un compact, parce que là, on est très loin de ce résultat.
Les tailles d'images sont au nombre de trois en JPEG, avec deux taux de compression:
À cela s'ajoutent deux modes: RAW (3456X2304) et RAW+JPEG
La taille des fichiers en mode JPEG haute qualité varie entre 2 et 5 Mb, ce qui reste acceptable.
Cela nous donne la possibilité en JPEG haute qualité de stocker environ 137 images sur une carte 512 (moyenne 3.7 Mb), et 57 images en mode RAW (8.9 Mb en moyenne toujours, selon Canon, mais j'ai plutôt obtenu des fichiers entre 7 et 8 Mb).
Notez que le RAW Canon est standard à la marque, puisque j'ai pu le lire dans son intégralité dans iView Media Pro, qui n'a pas été mis à jour pour supporter la sortie de ce nouvel appareil.
Un mode Noir et blanc avancé
Si la plupart des appareils offrent un mode noir et blanc en standard, ces derniers se contentent de désaturer les couleurs. Dans ce cas, je préfère nettement prendre mes images en couleur et travailler avec le mélangeur de couches dans Photoshop. L'ajout d'un calque de réglage me permettra même de garder les deux images: celle en couleur, et celle en noir et blanc dans le même fichier, affichant l'un et l'autre par simple choix dans la palette des calques.
Il n'empêche: le mode noir et blanc du Canon 350 D pourrait parfois changer mes habitudes puisqu'il met à disposition une sorte de mélangeur de couches intégré. Vous choisissez le mode et blanc, le contraste et la netteté, ainsi que le filtre à appliquer (vert, rouge, orangé, jaune ou aucun) puis le virage désiré (un peu gadget pour ce dernier, à choix Sépia, bleu, violet, vert ou aucun).
Avantage par rapport au mode couleur puis retouche dans Photoshop? L'image en noir et blanc pèse moins lourd sur la carte (à peine la moitié), en mode JPEG (pas en RAW), tout simplement.
La prise de vue au flash
Le petit flash intégré (nombre guide 13) monte bien haut lorsqu'il entre en fonction (automatiquement au besoin ou manuellement). Cela évite en grande partie les yeux rouges, sans même avoir besoin de mettre sur "ON" l'artifice d'éblouissement dont j'ai parlé plus haut.
Ce petit flash est vraiment un plus. Je sais que je vais en faire hurler plus d'un, mais nom d'une pipe, le jour où on m'en met un sur un appareil "Pro", je serai vraiment content. Parce que pour dépanner, pour un petit débouchage des ombres en extérieur, c'est quand même le top. Mais bon, je pense que ça fait ringard de mettre ça sur un appareil haut de gamme, et que personne n'ose. N'empêche, qu'est-ce que ce serait bien!
Ce petit flash bénéficie du ETTL 2 introduit avec le nouvel EOS 1D Mark 2 et dont bénéficient désormais le EOS 1DS Mark 2 ainsi que le 20D.
Rappelons que ce ETTL 2 prend en compte la distance du sujet et son taux de réflexion. Je peux vous dire que je n'ai plus raté une photo au flash depuis que j'utilise ce système, même lorsque le sujet est sur un fond noir ou au contraire réfléchissant.
1. Basile, un peu obsédé par Spiderman, m'envoie un fil
d'araignée en pleine tête.
2. Non, je ne vis pas perpétuellement stores baissés, c'est
pour les besoins du test.
3. Cette scène d'une violence insoutenable est éclairée par
le petit flash interne du 350 D
Si vous montez un flash EX, vous bénéficierez également de ce ETTL 2 avec le flash externe. De plus, si vous montez un 580EX, la tête zoom de ce dernier sait s'il se trouve sur un EOS 1DS (coefficient de X1 pour les objectifs), un EOS 1D (X 1.3) un 20D ou un 350 D (X 1.6).
Vous pouvez aussi travailler au flash sans cordon avec des flashs EX de la marque, mais malheureusement, le flash intégré ne peut pas être le flash maître (comme c'est dommage!). Il faudra placer un 550 ou un 580EX sur l'appareil ou un adaptateur (ST–E 2, fort cher) dédié. Le 20D, le 10D et le 300D souffraient déjà de cette petite lacune. Et que l'on ne vienne pas me dire que l'éclair pilote est impossible sur un flash intégré: les bridges A1 et A2 (pas A200) de Minolta sont dotés de cette fonction.
Le 550EX que j'ai placé pour l'exemple sur le
350 D
se déclenche avec le flash du 580EX qui est placé sur mon
Mark II.
Rigolo non? Non? Ah bon...
Et puis, quel dommage que la prise synchro flash soit absente... Cela posera des problèmes à pas mal de photographes pros en studio, qui devront se rabattre sur du plus haut de gamme.
Ces deux petites déceptions passées, je ne peux que constater que la couverture de ce flash intégré est tout à fait correcte (sans bien entendu atteindre la qualité de celle d'un flash externe), et que le système évite largement les camemberts sur le visage de vos sujets.
La vitesse de synchro-flash monte au 200e de seconde, mais avec un flash externe EX, la synchro à haute vitesse est disponible d'un simple appui sur un bouton.
Notons également que la correction de l'exposition au flash est disponible via un menu, et que la synchronisation sur le deuxième rideau est possible par un réglage sur la fonction personnalisée 9.
Je rappelle que la traditionnelle mémorisation de l'exposition au flash de Canon, dont j'ai parlé plus haut, s'utilise comme sur tous les autres boîtiers du fabricant. Et qu'elle est aussi utile que la mémorisation de l'exposition sans flash, même si on a souvent à tort tendance à ne pas trop l'utiliser.
Quelques mots sur les menus et les fonctions personnalisées
Les menus de l'appareil sont clairs et ordonnés. Ils ne dépassent pas une page, il n'y a donc pas de commandes cachées.
Deux de ces menus sont consacrés à la prise de vue, un à la lecture et à l'impression, et deux autres aux réglages de configuration de l'appareil.
9 fonctions personnalisées font leur apparition:
Au niveau réglages du traitement de l'image, nous trouvons trois sets prédéfinis:
Nous trouvons encore trois réglages personnalisés. L'utilisateur pourra stocker ses propres réglages des paramètres suivants:
En ce qui concerne la lecture des images, la rotation automatique des images en mode portrait est présente, tout comme leur protection. Un diaporama est disponible et c'est dans ce menu qu'on règle le temps de lecture de chaque image.
Au niveau impression, toutes les fonctions que l'on a l'habitude de voir sur les appareils modernes sont bien là. Compatibilité PictBridge ou CPDirect, Bubble Jet Direct, ce qui permet d'imprimer sur pratiquement toutes les imprimantes du marché.
Pour les labos, si vous déposez vos cartes dans une borne de grand magasin, tout le DPOF standard est présent (nombre de copies, ordre d'impression, etc...).
Au niveau communication des données, l'EXIF 2.21 est de mise, donc nous avons là aussi une compatibilité maximale avec la plupart des programmes d'image.
Avec le Mac
Le 350 D a la bonne idée de passer à la connectique USB 2 High Speed, ce qui me fait une belle jambe, moi dont l'Alubook génération 1 est condamné à l'USB 1.1, heureusement compatible. Cela dit, j'utilise personnellement toujours un lecteur de cartes PCMCIA, je n'arrive pas à me faire à ces câbles. Si vous avez un lecteur de cartes FireWire ou USB2 (et que votre ordinateur est capable d'en tirer parti), il me semble que vous devriez de toute manière passer par lui, ce qui est bien plus pratique.
Surtout qu'à ce niveau, le bilan est nettement moins rose que pour la partie photographique. En effet, mon 350 D n'est pas reconnu par Transfert d'images.
Ben si hé, banane! Bien sûr que je suis connecté!
Il faut donc passer par la solution Canon, soit ImageBrowsers.
Possible de télécharger les images sur le disque via cet utilitaire, encore heureux!
Tiens, je peux changer quelques paramètres depuis le
Mac.
On voit réapparaître le bug qui touche quelques
applications
qui emploient des vieilles librairies et qui suppriment
l'affichage
des minutes et des secondes sur le système suisse romand.
CameraCapture ne veut même pas se lancer (le lisez-moi annonce bien un problème de compatibilité avec la 10.3 et suivantes, mais dit qu'il suffit de débrancher l'appareil et le rebrancher pour que ça fonctionne, il n'en est rien).
En fait, cet utilitaire est utilisable mais non pas via son icône, mais en passant par ImageBrowser, onglet "Prise". Il est alors possible de déclencher l'appareil via l'ordinateur, et de sauvegarder les images immédiatement dans un dossier de votre choix sur votre machine.
Digital Professional permet de développer le format Raw propre à Canon, photo par photo ou en série. L'interface est nouvelle et se trouve être assez efficace, et surtout enfin compatible avec les autres appareils de la marque. Plus besoin d'avoir une version spécifique pour chaque boîtier. Je préfère pourtant C1 Pro ou DXO, dans un autre style.
PhotoStich est toujours de la partie, comme toujours chez Canon, et nous permettra de faire des panoramiques réussis à partir de quelques photos prises en prévision de ce traitement.
Bref, l'achat minimum, si vous ne l'avez pas encore, sera un petit PhotoShop Element 3.
Cette offre logicielle est donc à mon avis insuffisante pour le Mac (233 MB pour ça!). Tout juste peut-on se dire que Canon ne nous fait pas payer un logiciel que nous avons peut-être déjà. Après tout, pourquoi pas.
MAJ du 10 avril: sous le nouveau système Tiger, l'appareil est reconnu par Transfert d'images et par iView, mais plus sur imageBroswer! Ce dernier signale en effet l'absence d'une carte CompactFlash.
Les petits cadeaux
Si vous enregistrez votre 350 D avant le 31 décembre 2005, vous pourrez recevoir une carte CompactFlash de 256 Mb gratuitement. Visiblement, il ne s'agit pas d'une carte ultra rapide, mais bon, 256 Mb, c'est toujours ça.
De plus, des bons sont offerts permettant un certain nombre de rabais sur des objectifs ou des accessoires. N'oubliez pas de regarder le carnet rouge si vous devez de toute manière un flash, un doubleur de focale, ou que sais-je encore.
En conclusion
Ne restons pas sur cette demi-fausse note de l'offre logicielle facilement rattrapable.
Cet appareil est une vraie merveille.
Adieu les automatises et les limites du 300D!
Quand on le regarde, quand on le prend dans les mains, quand on l'essaie, on se demande bien ce qu'il reste aux grands. Certes, des rafales plus rapides, un viseur plus agréable couvrant le 100 % de l'image réelle (au lieu de 95%), une tropicalisation et des matériaux plus nobles, mais à part cela...
Nous avons à faire à une entrée de gamme. Mais attention: si à l'époque de l'argentique, les entrées de gamme étaient vraiment limitées au niveau des possibilités photographiques (réglages à disposition de l'utilisateur), il n'en est rien ici. Oui entrée de gamme, mais pas appareil au rabais. Tout ce que je veux faire avec un appareil de photos (et je suis assez exigeant vous savez), je le fais avec le 350 D. Seule l'absence de la prise synchro-flash peut être perturbante pour les photographes de studio, s'ils ne travaillent pas avec des flashs Canon pilotables sans cordon.
Ce 350 D a tout d'un grand, se trouve être compatible avec une gamme d'objectifs exceptionnels, avec les avantages de sa petite taille. Même si je continue à adorer le poids de mon Mark II, sa sensualité, je ne suis pas maso: s'il me faut passer une journée complète avec un appareil autour du cou, je prendrai le 350 D.
Et vous savez quoi? Je ne le regretterai pas une seconde, sauf s'il pleut.