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Internet perverti, internet trahi – internet reconquis?

 

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(Image Once Cloud Security)

 

Nous avons toujours su que nos courriels pouvaient être lus, mais je crois qu'au départ la plupart d'entre nous s'imaginaient surtout des hackers dont l'activité ne nous regardait pas. Nous haussions une épaule indifférente et proclamions: «Je n'ai rien à cacher.»

Avec les années, c'est d'un œil de plus en plus perplexe que j'ai, quant à moi, suivi le développement d'internet, vu surgir les barrières, entendu des histoires de piratage, assisté à l’invasion de messages commerciaux. J'ai aussi été étonnée par la facilité avec laquelle les gens se confiaient à la toile, par l'intermédiaire de facebook par exemple, en ayant la certitude qu'ils étaient dans leur sphère privée, protégée par pseudonymes et mots de passe, puis tombaient de haut lorsqu’un policier, un patron, un conjoint, un ami, entraient dans leur compte sans problème et trouvaient la preuve de leurs agissements.

Il a fallu Edward Snowden pour que la terre entière en prenne conscience: cet homme qui travaillait à la National Security Agency américaine (NSA) pour le compte d’une entreprise privée, a découvert, copié puis révélé des milliers de documents qui prouvent que les données que nous confions à internet sont utilisées à niveau mondial pour mieux nous viser en tant que consommateurs – et, démontre Edward Snowden ne serait-ce que par son cas personnel, en tant qu'ennemis ou qu’opposants. 

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Choqué par ce qu'il a découvert dans le cours de son travail, Edward Snowden a décidé que ce qu'il avait à dire était plus important qu'une vie tranquille. Il a révélé le réseau d'espionnage géant de la NSA. Le monde informatique lui en est reconnaissant, son gouvernement le persécute. (Capture d'écran, itw The Guardian)

Pour révéler ses documents, Snowden a choisi le Guardian de Londres, où travaillent deux américains, Glenn Greenwald et Bruce Schneier. C'est à eux qu'il a remis ses documents. Glenn Greenwald est avocat et journaliste. Il a abandonné la pratique de la loi pour en expliquer les tenants, les aboutissants, les impératifs, dans un remarquable effort éducatif. Ses explications sont limpides. Depuis des années, il dénonce sans relâche les atteintes à la vie privée, et a souvent publié des scoops sur le sujet. Bruce Schneier est cryptographe et spécialiste en matière de sécurité sur internet. Il publie une lettre gratuite, «Cryto-Gram», à laquelle je suis abonnée depuis longtemps, il écrit dans le Guardian, et j'ai suivi des débats télévisés sur la sécurité auxquels il participait.

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Glen Greenwald (Capture d'écran, Huffington Post)

Aussi ai-je été particulièrement frappée par un de ses articles récents. A part le fait que je ne suis pas un des créateurs, mais seulement un des précoces utilisateurs d'internet, les sentiments qu'il exprime ici pourraient être les miens.

Il écrit (il parle du gouvernement américain, mais cela vaut sans doute pour de nombreux gouvernements dans le monde):

«Le gouvernement et l'industrie ont trahi l'internet, nous ont trahis. En pervertissant l'internet à tous les niveaux, pour en faire une plateforme de surveillance vaste, robuste et multicouche, la NSA a compromis un contrat social fondamental. Les entreprises qui construisent et entretiennent notre structure internet, les entreprises qui créent et nous vendent notre matériel et nos programmes, les entreprises qui sauvegardent nos données: nous ne pouvons plus avoir confiance que ce seront des administrateurs éthiques d'internet. Ceci n'est pas l'internet qu'il faut au monde, ou l'internet que s'imaginaient ses inventeurs. Nous devons le reconquerir. 

Par «nous», j'entends la communauté des ingénieurs.

Oui, je sais, ceci est d'abord un problème politique, une question de gestion politique qui exige une intervention politique. 

Mais ceci est également un problème d'ingénierie, et il y a plusieurs choses que les ingénieurs peuvent – et doivent – faire

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Bruce Schneier (Photo Wired)

J'avoue que cette lecture m'a fait du bien. 

Je n'ai jamais fait une confiance totale à internet, raison pour laquelle je ne nourris que rarement mes comptes facebook et twitter (que j’ai parce qu’il sont nécessaires de sept en quatorze). 

Mais l'explosion de la bombe Snowden m'a rendue consciente de l'étendue du problème, du fait que je n'étais pas parano, et qu'il n'était plus possible de hausser une épaule indulgente en proclamant: «Je n'ai rien à cacher.»

La question n'est pas que nous ayons ou pas quelque chose à cacher. La question, c'est que gouvernements et entreprises n'ont pas à chercher. D'autant plus que la plus grande partie de ces recherches est parfaitement illégale.

Une chose est de traquer la pédophilie sur la toile, mais c’est tout autre chose d’entrer de façon indiscriminée dans la sphère privée des citoyens.

Je n'aborde pas ici la surveillance téléphonique. Chapitre hallucinant! A chaque révélation sur le sujet, on tombe des nues: des fournisseurs de téléphonie (tout comme des fournisseurs d’internet d’ailleurs) menacés, forcés de livrer leurs données, des contraventions à toutes les lois sur la sphère privée. Pour surveiller une ligne téléphonique, une autorisation d'un juge est nécessaire. La NSA (et sans doute d’autres) passe outre.

Dans ses écrits (trop nombreux pour être cités ici, je renvoie à sa bibliographie), Bruce Schneier a beaucoup défendu l'idée que pour pallier le terrorisme (éternelle excuse tant pour la surveillance que pour toutes sortes d'atteintes aux libertés individuelles) la surveillance électronique étendue fait plus de mal que de bien, elle ne remplace pas les renseignements et les observations des humains. 

Il est en train de collectionner des cas de vies, de familles, d'entreprises, détruites par des actions de forces de sécurité dont l'intervention était basée sur l’analyse de données informatiques. C’est que pour l’analyse, le cerveau de l’homme reste indispensable; l'intelligence humaine est supérieure à l'intelligence cybernétique.

Et nous?

Je me suis demandé ce que cela pourrait signifier pour CUK.

Nous sommes une communauté de gens instruits, avec un large vocabulaire dans lequel nous puisons sans arrière-pensée. Et si nous accumulions des phrases, des mots, des noms propres qui font que nous sommes étiquetés t…? Ou complices? Je ne répète pas le mot parce que je sais qu’il fait l’objet d’une recherche particulière, et parce que cela est arrivé à une ménagère allemande de trouver sur son pas de porte les flics de la brigade anti-t… pour avoir, dans ses messages, employé le mot (entre autres mots bien sûr) quelques fois de trop. Il avait fallu de pénibles démarches pour mettre les choses au clair: cette brave teutonne n’avait rien à voir avec tout cela. On avait classé l’affaire, dont on s’est ressouvenu après Snowden.

Qu’arriverait-il si, par une aberration des analyses, on interpellait François, puisqu’il est responsable du site? Bien sûr cela finirait sans doute bien, mais non sans effort. Et aux Etats-Unis, cela pourrait lui coûter, en attendant qu’on ait «vu», des mois de prison.

Internet devait être un espace de liberté, vous vous souvenez?

Que faire?

L’analyse que font Bruce Scheiner et d’autres n’est pas catastrophiste dans ce sens qu’ils proposent des solutions. L’une d’elles est la transparence.

«Nous devons d’abord dénoncer. Si vous n’avez pas signé un [pacte de confidentialité] et que vous avez été contacté… pour pervertir un produit ou un protocole, il faut le dire haut et fort. Les obligations de votre employeur ne couvrent pas des activités illégales ou non éthiques. Si vous travaillez avec du matériel confidentiel et vous êtes très courageux, dites ce que vous savez. Nous avons besoin de lanceurs d’alerte (whistleblowers).

Il faut d'abord que nous sachions comment exactement la NSA et d’autres agences pervertissent les routeurs, les relais, la dorsale internet, les systèmes de cryptage, les systèmes de «nuage».

Nous pouvons ensuite faire des projets. Il faut que nous trouvions le moyen de revoir toute l’ingénierie d’internet de manière à prévenir cet espionnage en gros; et il faut de nouvelles techniques pour empêcher les intermédiaires de nos communications d’informer sur nos affaires privées.

Et enfin, nous pouvons compliquer la surveillance en en faisant grimper le prix. Il faut en particulier que nous établissions des protocoles et des systèmes ouverts, plus difficiles à pervertir.»

Le réseau géant qui s’est mis en place a complètement échappé aux politiques et a pu être créé à leur insu autant qu’au nôtre. Bruce Scheiner, tout comme Glenn Greenwald, insiste sur le fait que le travail qu’il propose doit être flanqué d’une sérieuse volonté politique de supervision.

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(Image Daily Sheeple)

 

Il propose par ailleurs cinq mesures d’urgence en attendant que soit fait le travail de fond. Je les énumère succintement (il y en a bien entendu d'autes):

1) Se cacher sur la toile. Utiliser les services cachés, utiliser Tor pour s’anonymiser. Moins on est visible, plus on est en sécurité.

2) Crypter ses communications. Utiliser TLS, iPsec. On sera mieux protégé en dépit de toutes les surveillances.

3) Si on a quelque chose d’important, utiliser un air gap. Bruce Scheiner travaille sur les documents de Snowden avec un ordinateur déconnecté de tout, acheté neuf et n’ayant jamais été connecté à internet.

4) Se méfier des programme de cryptage professionnels, ils peuvent être transformés clandestinement par la NSA.

5) Essayer d’utiliser de programme de cryptage du domaine public.

«La NSA a tranformé le tissu d’internet en une vaste plateforme de surveillance, mais elle n’est pas magique», remarque Scheiner. «Ils ont des contraintes économiques tout comme nous, et notre meilleure défense est de rendre leur surveillance aussi coûteuse que possible

Oui, l’internet était censé être un espace de liberté, mais au fil des ans il s’est transformé. Dans certains pays, il est même devenu un instrument d’oppression. Et Bruce Scheiner de conclure:

«Voici ce que je dis aux ingénieurs: nous avons construit l’internet, et certains d’entre nous ont contribué à le pervertir. Maintenant, à ceux d’entre nous qui aiment la liberté de le remettre en état

On ne saurait mieux dire.

 

PS. Je recommande à ceux qui savent l’anglais de lire Bruce Scheiner dans le Guardian, ainsi que la séance de questions-réponses parue le lendemain des articles dont je donne des extraits ci-dessus (traduits de l'anglais par moi).

30 commentaires
1)
maxim
, le 15.10.2013 à 02:38
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Bonjour à tous !

D’accord avec l’idée de rendre très coûteuse “leur” surveillance… Mais tout ça est à double tranchant. Car en rendant l’accès aux “données privées” terriblement difficile, “on” offrirait par la même occasion une voie royale au “crime organisé” qui disposerait alors d’outils qui seraient d’autant plus redoutables qu’ils deviendraient inviolables exponentiellement dans ce même contexte de fuite en avant…

Ça fait d’ailleurs très longtemps que tout ça a été évalué, et calculé au détriment de la sphère privée! Bien longtemps que les clefs de décryptage de type “Master-key” sont aux mains des services de renseignement… Ça jasait déjà là-dessus il y a environ quinze ans… Et ce qui était vrai à l’époque, l’est toujours aujourd’hui: plus ceux qui essayent de crypter ou de se cacher utilisent de telles méthodes,, et plus ils attirent l’attention sur eux, non? Alors qu’un message présumé lambda et lisible par tous, passerait mieux inaperçu?

Par ailleurs il est également un fait connu que les services de renseignement de tous les pays s’échangent de “l’information”, y compris avec la NSA.

Non, hormis l’ampleur de toutes ces révélations (il y a Snowden, mais aussi Assange et ainsi de suite) ce que nous prenons en pleine figure, c’est que nous nous apercevons que le système de démocratie (participative?) que des citoyens de bonne volonté ont mis en place, a conduit a une sorte de confiscation de ladite démocratie eu égard à certaines faiblesses et laisser-aller des humains, et ceci avec différentes formes de consentement tacites et autres petites lâchetés. Mais ce n’est pas pire que les délits d’initiés des crises systémiques du grand bal de la finance internationale maffieuse, n’est-ce pas? Ça va avec. Et ne comptons guère sur les gouvernements, car comme l’a dit Hubert de Védrines, parlant de l’impuissance du monde politique “gouverner se résume à éteindre des incendies et gérer des crises”.

Ce qui est impardonnable, c’est l’auto-entretien de cette spirale infernale: la dérive sécuritaire justifiant le jihad, qui à son tour devrait auto-justifier la suite de l’escalade (comme les assassinats par drômes interposés, qui font 95% de victimes innocentes colatérales, ou les exécutions sommaires sans procès pour éviter la réouverture de dossiers “gênants”, comme à Abbottabad…!

Partant de là, on peut parler de légitime défense et de tout ce que l’on voudra, mais au-delà de la question légale basique du respect fondamental de la sphère privée, on est en droit de s”interroger sur ce qu’il adviendrait de tels outils de contrôle des populations, mis entre les mains de psychopathes sans aucune scrupule, après un revirement brutal des sociétés aboutissant à une dérive totalitaire pure et dure! Ça fait froid dans le dos, vu que dans l’histoire humaine, le doigt a déjà été mis dans l’engrenage plus d’une fois!

PS: et wow ! Quel article: Clap! Clap Clap!

2)
ysengrain
, le 15.10.2013 à 09:35
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Anne,

1- Merci de ces mots, de tes mots, de l’indignation qui pointe à chaque paragraphe. Tu iillustres parfaitement le fait que la faute n’est pas de commettre une injustice mais de la laisser se pérenniser.

2- Je n’ai JAMAIS cru qu’Internet était un espace de liberté. Que “ON” ait voulu le dire, le défendre ou nous le faire croire, je veux bien, mais je n’ai jamais été dupe. Quand il y a une saloperie à commettre, tu peux faire confiance à l’humain “it is not a matter of if, but a matter of when” !!

3- On a du pain sur la planche si on veut avoir la paix. “On” nous rétorquera toujours qu’avec le nombre de cinglés en circulation, il faut surveiller.

4- Je suis navré de cette situation mais je ne vois pas de solution (cryptage, VPN etc sont déjà accessibles à la NSA qui se casse les dents parait il sur TOR, sans doute pour mieux nous y attirer (Le Monde de la semaine dernière)

5- une seule solution: ne communiquer que “banalement” sur la Toile, ne rien publier de personnel (je suis farouchement opposé à Fessebouc, Touiteur et autres réseaux soit disants sociaux; je ne publierai jamais de photo sur un site approprié.

3)
ToTheEnd
, le 15.10.2013 à 09:39
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Content de voir que tu suis toujours mes conseils de lecture… il est extra ce Bruce!

Ceci dit, j’aimerais revenir sur 2 propos qui sont à mon avis un peu biaisés et méritent un commentaire.

Pour commencer, Internet est un espace de liberté tout comme tu es libre dans la vraie vie. Dans un cas comme dans l’autre, il y a un certain nombre de règles écrites ou tacites et fondamentalement, le code pénal et autres articles de loi s’appliquent. Bien entendu, suivant que tu te trouves en Chine ou en Corée du nord, ta liberté sur Internet est tout à fait proportionnelle à ce que tu peux faire dans la vraie vie. A contrario, dans les pays civilisés, ta liberté sur Internet et dans la vraie vie est importante et passablement protégée.

Après, sur les techniques que Bruce propose, il faut être réaliste: elles ne sont pas une solution pour la plupart des gens de part la complexité et le prix à payer aussi bien sur le plan du confort d’utilisation que l’investissement financier (air gap ou ilot notamment).

Même si j’adore Bruce et que je ne manque pas une de ses conférences en Europe, sa conclusion est absurde. Je m’explique: les ingénieurs ne vont rien régler puisque chaque partie à les moyens d’appliquer des mesures et contre-mesures. De plus, avec un budget en constante hausse et quasi illimité, les différents services de surveillance dépendants du ministère de la Défense sont à même de répondre à beaucoup de défis… y compris face à des technologies comme IPsec ou TLS car il n’y a aucune garantie que ces systèmes n’aient pas été compromis à un moment ou un autre.

La réalité, c’est que ces organismes sont piloté par l’Etat et c’est à lui de fixer les règles. Bien entendu, dans notre paranoïa antinomique, on veut l’argent et la ferme ainsi que le beurre et si elle est bien foutue, la fermière. Hors, il n’y a pas réellement de bons ou gentils mais des gens qui, sur une période plus ou moins courte, se radicalisent.

Alors ce que la société doit se demander c’est quel prix elle est prête à payer sous la forme de la liberté individuelle et collective? Est-ce qu’on peut détecter ces gens avant qu’ils n’agissent? Est-ce que la surveillance électronique à outrance permet d’atteindre cet objectif ou est-ce que ce système sera, à un moment ou un autre, utilisé à mauvais escient?

Encore une fois, ce n’est vraiment pas à des ingénieurs de répondre à des questions aussi importantes et aussi lourdes de conséquences. C’est à la société et ses organes représentatifs de définir les objectifs et les moyens qui doivent être mis en place pour les atteindre et malheureusement, le sujet est complexe aussi bien sur le plan technique que humain.

Personnellement, je ne pense pas qu’il soit possible de changer le cours des choses.

4)
Saluki
, le 15.10.2013 à 09:39
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la faute n’est pas de commettre une injustice mais de la laisser se pérenniser.

J’ajouterais une citation d’Einstein:
« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»

Merci Anne…

5)
Saluki
, le 15.10.2013 à 09:50
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Une simple recherche sur mon nom dans GoûtCueule donne le vertige, d’autant plus qu’il y a des fautes possibles avec une ville…

Mais, si on retrouve des interviews, bien légitimes, il y a une chose qui marque les traces.
Dans une autre vie j’ai présidé un club qui traitait d’une chose honnie chez cuk, le katkat. Si on associe mon nom et “Gelandewagen”, le katkat de Mercedes, on retrouve une contribution que m’avait demandée en 1999 un site …libanais, quand nous avions présenté et essayé au Salon de Val d’Isère le prototype du ML 320. Ce site n’existe plus depuis belle lurette, mais on retrouve une archive d’un site australien qui l’avait cité.

Heureusement je n’ai pas dit du mal de ce joujou, sinon j’aurais sans doute du mal à négocier une remise sur ma prochaine auto étoilée.

6)
François Cuneo
, le 15.10.2013 à 10:09
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Je suis, comme certains, un peu partagé.

D’un côté, cette peur orwellienne que je ressens certainement comme beaucoup, parce que ça fout le vertige, tout ça.

De l’autre, me dire que je n’ai strictement rien à cacher, et que si tout ça peut empêcher un avion d’exploser avec les gens que j’aime dedans, après tout, c’est le prix à payer.

Ce qui m’ennuie bien évidemment, c’est que sous ce prétexte, plein d’autres choses soient surveillées, espionnées, au profit de certains.

Cela dit, je continuerai à utiliser Evernote, iCloud et tout ça tout ça, avec tout ce qui est important pour moi dessus.

7)
Anne Cuneo
, le 15.10.2013 à 10:13
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Merci pour vos remarques.

Deux choses.

La première: J’ai transmis les solutions proposées par Bruce Scheiner parce que je parlais de lui, elles me paraissent pleines de bon sens, mais je ne saurais juger de leur efficacité technique, les bases informatiques me manquent. Je trouve l’idée de rendre la surveillance dispendieuse intéressante, mais je suis d’accord que ce serait une méthode qui vaudrait une réflexion. Ce n’est cependant pas la seule proposée par les ingénieurs. Les whistleblowers seraient encore la meilleure – sauf que dans la mesure où leur vie devient un enfer, on comprend que la plupart hésitent. Bref, c’est à discuter et je n’ai personnellement pas d’avis là-dessus.

La seconde: Je sais qu’internet n’est pas différent de la société dans laquelle nous vivons, et que l’idée de l’espace de liberté était en quelque sorte illusoire. Ou plutôt, c’était une aspiration que la société porte en elle depuis qu’il y a des hommes, et certains ont un instant cru (à tort) qu’elle se réalisait avec internet.

Mais tout comme je n’aimerais pas découvrir que la police a planté des micros chez moi, à mon insu, sans commission rogatoire et sans raison qu’on m’ait expliquée d’avance, je n’aime pas savoir que la NSA ou autres fouillent dans nos données, pour innocentes qu’elles soient, fouillent dans mes communications téléphoniques, tout ça sans contrôle politique, sans réelle supervision de la société civile, et peuvent en tirer des conclusions à mon sujet basées sur des données informatiques, sans me connaître, sans enquêter en personne sur mon cas.

Je ne pourrai jamais me résigner en me disant: ma foi, le monde est comme ça.

8)
guigete
, le 15.10.2013 à 10:23
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Article intéressant, je ne vais pas dire que j’ai appris grand chose, mais je suis quelqu’un qui vit dans ce milieu, donc forcément mieux renseigné sûrement que la moyenne.

François, contrairement à ce que tu peux penser, nous avons tous des choses à cacher Lire cet excellent article sur le sujet

Dis-toi par exemple qu’à l’époque où tu étais bourgmestre (c’est bien ça ?), tu as eu sûrement des adversaires politiques qui auraient adoré trouver quelque chose pour te faire tomber. Et ce qui peut pour certains ne pas sembler choquant peut dans d’autres cas faire tomber un homme (ex : une affaire comme celle de Mazarine Pingeot-MItterrand n’aura pas provoqué de grand remous en France, aux US, elle aurait fait tomber le Président direct).

L’argument “je n’ai rien à cacher” indiquerait donc que la surveillance devrait être partout, y compris dans la sphère privée puisque c’est là qu’a lieu la plus grande quantité de crimes. Et quand bien même, on ne peut se fier à un système où la surveillance devient la norme (si on veut aller plus loin, revoir l’excellent Minority Report, où là le crime est arrêté avant même qu’il soit commis. Idéal, sauf que… Si vous ne l’avez pas vu, je ne dis rien ;-) ).

Petite remarque en passant pour Anne : il ne faut pas utiliser “Crypter” ou “Cryptage”, mais “Chiffrer” et “Chiffrement”. Chiffrement Ça ne retire rien à l’intérêt de ton article :)

9)
Anne Cuneo
, le 15.10.2013 à 10:23
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Ce qui m’ennuie bien évidemment, c’est que sous ce prétexte, plein d’autres choses soient surveillées, espionnées, au profit de certains.

Cela dit, je continuerai à utiliser Evernote, iCloud et tout ça tout ça, avec tout ce qui est important pour moi dessus.

Soyons clair: je continue moi aussi à utiliser les plateformes offertes. Je ne m’étale pas sur les réseaux sociaux, mais à part ça, ce sont des instruments de travail et je n’y renoncerais pas.

Ce qui m’ennuie, c’est de découvrir que les gestionnaires de ces plateformes ont été forcés s’ils n’étaient pas d’accord, de donner accès à leurs données à la NSA, en secret, sans que nous soyons avertis. Que le jour où quelqu’un nous avertit il soit persécuté sans merci comme un criminel – par ceux qui ont commis le «crime».

En d’autres termes, je pense qu’il faut une «police» sur internet comme au croisement en bas de chez moi. Ce que j’aimerais, c’est qu’on définisse les règles de la surveillance et qu’on s’y tienne.

10)
Anne Cuneo
, le 15.10.2013 à 10:30
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il ne faut pas utiliser “Crypter” ou “Cryptage”, mais “Chiffrer” et “Chiffrement”

C’est visiblement une affaire d’opinion. Je m’étais moi-même posé la question, mais les dictionnaires penchaient du côté cryptage, je m’y suis tenue. Dans le monde informatique français on préfère chiffrer, mais bon… mon article est laïque. Et puis, vous l’avouerai-je?, je trouve crypter plus joli.

«Le terme « chiffrement » est utilisé depuis le xviie siècle dans le sens de chiffrer un message. Le terme « cryptage » et ses dérivés viennent du grec ancien κρυπτός, kruptos, « caché, secret » et se rencontre dans cette acception à partir des années 80. Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française mentionne le mot « cryptage » comme synonyme de « chiffrement » : « La tendance actuelle favorise les termes construits avec crypt-. Plusieurs ouvrages terminologiques récents privilégient cryptage au lieu de chiffrement, terme utilisé depuis longtemps pour désigner cette notion ». Des informaticiens et publications informatiques francophones en revanche contestent cette acception du terme « cryptage»

11)
ToTheEnd
, le 15.10.2013 à 10:48
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Ce qui m’ennuie, c’est de découvrir que les gestionnaires de ces plateformes ont été forcés s’ils n’étaient pas d’accord, de donner accès à leurs données à la NSA, en secret, sans que nous soyons avertis. Que le jour où quelqu’un nous avertit il soit persécuté sans merci comme un criminel – par ceux qui ont commis le «crime».

Mais jusqu’ici, quand une enquête est ouverte sur toi, on ne t’informe pas si ta ligne téléphonique est sur écoute… ce qui est normal. La loi permet aux autorités de faire appel à ton opérateur et ce pendant 6 mois pour savoir tout ce que tu as fait via ton téléphone ou Internet.

La NSA ne fait que rendre ce principe plus massif et autrement plus tentaculaire.

Il est a noté que pour le moment, les directeurs de la NSA et autres ne sont pas poursuivis pour avoir fait des choses illégales et pour cause, les lois qui ont été votées sous le coup de l’émotion après le 11 septembre 2001 ont tout simplement donné plus de latitude à toutes ces agences pour agrandir le spectre de leur surveillance.

On revient sur l’intervention de François: je suis d’accord pour ça si ça peut sauver des gens que j’aime bien (on ose espérer qu’il souhaite aussi sauver les gens qu’il ne connait pas).

Enfin, il ne s’agit pas de se résigner à un monde comme ça. Il faut par contre comprendre qu’il y a toujours un côté pile à la médaille et augmenter la surveillance permettra de résoudre certaines affaires avant même qu’elles ne se produisent mais elle nous exposera certainement à des conséquences indésirables.

13)
François Cuneo
, le 15.10.2013 à 14:08
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On revient sur l’intervention de François: je suis d’accord pour ça si ça peut sauver des gens que j’aime bien (on ose espérer qu’il souhaite aussi sauver les gens qu’il ne connait pas).

Cela va de soi!:-)

14)
Anne Cuneo
, le 15.10.2013 à 14:23
[modifier]

Dans “Le Monde” aujourd’hui

Je viens de lire l’article du Monde. Effarant. Je ne saurais trop vous conseiller d’en faire autant. CQFD, je serais tentée de dire. Il ne s’agit pas simplement de surveillance contrôlée, encadrée, mais d’un véritable espionnage global, susceptible de transformer la vie de quelqu’un en cauchemar kafkaïen par une fausse association de données. Le Monde articule le mot espionnage.

Je suis à fond pour la recherche de la mafia, des pédophiles, des terroristes sur le net – mais (je sais que je me répète) dans un CADRE LEGAL ET DEFINI, accepté non seulement par les Américains, mais par tous les pays du monde.

15)
Zallag
, le 15.10.2013 à 14:39
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J’essaie de m’imaginer ce qui pourrait m’arriver et je ne vois pas. C’est mon problème.

Par contre, je suis nettement plus inquiet d’une part de la manipulation possible (restriction, orientation dans un sens politique donné, favoritisme entrepreneurial) sur la nature, la qualité des références triées et affichées par les moteurs de recherche usuels, et d’autre part des conséquences de l’espionnage économique et industriel.

Sinon, il fut et il est toujours courant et facile de coder des mots ou des messages de manière à les rendre parfaitement incompréhensibles et hermétiques à la police et à toute forme de surveillance, le premier chef de gang venu, le premier parrain interrogé vous le diraient sans doute mieux que moi.

16)
Blues
, le 15.10.2013 à 14:53
[modifier]

Dans d’autres contextes et dans la vraie vie, nous nous voyons fichés, surveillés/contrôlés : les passeports biométriques, la GPSisation à outrance, les nouveaux iPhone avec vos empreintes qui vont être largement diffusées, des caméras bientôt tout partout (Londres et d’autres villes montrent la voie…), les puces injectées dans les personnes pour l’instant qui le veulent bien, etc, etc… A mon avis nous ne sommes pas et de loin encore au top de ce qui nous pend au nez.

Aujourd’hui par ex. je suis tombé sur ce papier Unil : une direction qui fiche, contrôle, menace et sanctionne?

Et vive la société du tout numérique !

Maintenant, à ceux d’entre nous qui aiment la liberté de le remettre en état.

La liberté ? quelle liberté !!! Ne serait-il pas déjà trop tard ?

17)
ToTheEnd
, le 15.10.2013 à 15:34
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Je suis à fond pour la recherche de la mafia, des pédophiles, des terroristes sur le net – mais (je sais que je me répète) dans un CADRE LEGAL ET DEFINI, accepté non seulement par les Américains, mais par tous les pays du monde.

Amen. Tout le monde dira la même chose et donc le problème n’est pas là et je ne parle même pas de mettre tout le monde d’accord sur une loi “numérique” universelle.

Le problème ou le diable se trouve toujours dans le détail. Comment vas-tu démanteler un réseau pédophile? En écoutant toutes ses communications numériques pour en démasquer le plus possible ou en attendant que quelqu’un dénonce les autres types? Quand une action terroriste est sur le point de prendre forme, tu écoutes tous les mecs qui sont dans la liste de distribution de son dernier message ou là encore, tu attends que la bombe pète dans un stade? Etc.

A une époque où quelqu’un peut communiquer via plusieurs moyens de communication envers n’importe qui dans le monde en une fraction de seconde, il est évident que nous devons adapter nos moyens de surveillance à cette époque.

Je le répète mais pour le moment, Keith Alexander est toujours au commande de la NSA et il contre attaque sur tous les fronts au sujet du travail effectué par son agence et en particulier, sur la légalité de ses actions. Le plus délirant a probablement été l’intervention qu’il a faite pendant la convention Black Hat…

19)
Modane
, le 15.10.2013 à 16:45
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Merci pour cet article, et merci pour ceux qui ont commenté. Très instructif. Il devient difficile, même aux paisibles, de résister à la tentation du militantisme. Mais pourquoi, puisque le problème est que peu de gens résistent au pouvoir, les justifications étant pléthore?

Je reste finalement avec l’idée que comme l’équilibre vient de l’opposition des forces mêmes les plus terribles, notre semblant de liberté ne sera préservé que par l’action.

20)
Guillôme
, le 15.10.2013 à 22:16
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Merci pour cette humeur Anne.

La nouveauté dans ce qu’a révélé Edward Snowden c’est la main mise des Etats et de ses agences sur un accès aux données d’entreprises critiques (opérateurs, site internet mondiaux…) et l’utilisation de porte dérobée ou failles imposées dans des produits pour faciliter l’espionnage.

L’analyse, le stockage et l’espionnage de toutes nos communications se faisant déjà depuis des décennies, le plus gros réseau d’espionnage Echelon étant connu depuis longtemps.

Bref, faites comme moi, quand vous avez vraiment quelque chose de confidentiel à échanger, faites le de vive voix à votre interlocuteur ;)

21)
Tom25
, le 15.10.2013 à 23:22
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Merci, j’étais un peu au courant de tout ceci avec ce que je lisais de ci de là dernièrement. Mais ça me laisse sans voix. Il y a tout de même un doute sur les buts de ces pratiques, l’un d’eux étant la lutte anti-terroriste, mais ils ne s’arrêtent pas là.

22)
maxim
, le 15.10.2013 à 23:48
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Bon et bien pour ceux qui en doutent, je vais vous le dire, cela pourrait arriver à n’importe lequel d’entre-nous d’être pointé sur une liste noire! Souvenons-nous de l’affaire des “fiches”! Oui, n’importe où, puisque ça arrive même ici chez nous, avec nos lois (qui ne vous défendent pas quand vous êtes dans la mouise, ou c’est rare, par contre les escrocs et les prédateurs eux, ils se la coulent plutôt douce dans un tel système laxiste! Et n’entendez surtout pas par là que je sois pour la surveillance à tout prix, c’est tout le contraire! Je m’explique…)

L’homme est un loup pour l’homme! Qui n’a pas entendu ce leitmotiv “entré dans les mœurs”? Oui mais pourquoi?

On se dit que ça n’arrivera jamais, non pas à nous (“puisque c’est nous….“) etc

Et lorsqu’il y’en a un qui pète un cable, quasiment personne, je dis bien PERSONNE ne cherche la “cause” du problème et après on s’étonne! Mais la presse dispose de la formule magique qui tient en deux ou trois mots: forcené, psychopathe voir t…..iste!

Alors on y pense puis on oublie. Mais combien faudra-t-il encore de destins brisés pour en arriver à des extrémités comme celle-là:

Forcené de Bienne

C’est non seulement les lois et leur application qu’il faut réformer et faire respecter, mais également le “modèle théorique de la psychiatrie”, puisqu’il s’applique avant tout aux “biens portants” (qui en douterait)…? Car si vous n’y aviez pas pris garde jusque-là, rappelez-vous que nous vivons DÉJÀ dans un système total de coercition, domminé par la peur au lieu d’être fondé sur le principe de responsabilité! Alors oui, dans un tel système on peut en effet se sentir “assez libre”, s’en accommoder, ce d’autant si on la pratique soi-même un peu, cette coercition (nous sommes tous impliqués, c’est “culturel”), jusqu’au jour où…

Sans tomber dans la parano, (tiens, “paranoïaque”, encore un mot pour fiche la trouille et qui permet d’étiquetter son monde sans remonter aux causes…) je vous invite tous à lire ce qu’est la “ponérologie politique” (non y’a pas de faute d’orthographe):

La génèse du mal

Lien plus complet sur la ponérologie politique en trois ou quatre volets

Et pour rendre dissuasif ces écoutes illégales nous conduisant vers la phase terminale de cet engrenage diabolique, dont l’une des origines (cause) est notre vénalité …..donc le fric! Il faut rendre, non seulement la quête illégale de données privées dissuasive, mais tout le bastringue qui va avec également, en remontant des effets jusqu’aux causes!

Quelques pistes pour finir sur une note positive dont on entend parler ici et là ces temps: par exemple en introduisant le RU (mais pas de façon inconditionnelle) et en changeant le paradigme argent=dette (création monétaire frauduleuse et source de tous nos maux?) aussi en (ré)introduisant le Dividende Universel. Ainsi en coupant les ponts au monde spéculatif, il serait éventuellement possible de jeter les bases d’un système fondé sur la revalorisation de la vie en société et briser ainsi de plus en plus, le cercle vicieux de l’individualisme?

Alors plus besoin de s’espionner, car nous ne vivrions plus dans un monde motivé par la peur, la coercition (ou en tout cas où ces notions seraient ramenées à leur juste proportion intrinsèque “dans la vie de tous les jours”, sans plus! Et non plus monté en épingle via d’odieux chantages planétaires, qui ne sont que la résultante des causes évoquées…

De toute manière, dans de telles évolutions “sociétales”, l’homme trouverait mieux sa place, il ne ressentirait plus le besoin de s’autodétruire, mais plutôt de se rendre utile au groupe! Les individus deviendraient même demandeurs, et les taux de délinquance et de criminalité s’effondreraient.

En effet, ce sont des problèmes qui nous dépassent, mais je ne pense pas à terme “qu’on ne puisse rien faire”, il ne tient qu’à nous de le vouloir et de dire non aux pétrodollars! :-) (c’était pour la rime, Hips, maintenant promis j’arrête de boire! Dès demain)

PS: le truc qu’il faudra brûler absolument dans une étape ultérieure (entièrement revoir) c’est cette sorte de “bible” américaine des désordres mentaux ( DSM ), qui se voit étoffée chaque année de dizaines, si ce n’est de centaines de nouvelles prétendues “pathologies”, mais qui en fait sont pour beaucoup des déviances générées par tout ce qui tourne autour de la ponérologie, et qui en font autant de cas non traités (mais aisément “soignables”) eu égard aux causes réelles.

23)
TroncheDeSnake
, le 16.10.2013 à 08:05
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Mon père disait volontiers: “Là où il y a des Hommes, il y a de l’hommerie!”

Après avoir lu ce débat très intéressant, même si certaines références m’échappent et que j’ai du mal à me faire une opinion arrêtée et définitive, je me pose une question:

Les relations humaines ont toujours été plus ou moins entachées d’intentions douteuses, de tentatives de contrôle, d’une certaine dose d’indiscrétion, etc…. Ce cocktail est-il vraiment plus pourri aujourd’hui que dans le village de mon grand père, ou est-ce les moyens techniques de notre époque qui en rendent certains aspects plus visibles, plus saillants?

Je ne suis pas en train de dire que tout va bien – du moins pas plus mal – et qu’il faut laisser faire, mais peut-être juste en train de chercher à me rassurer…

TdS

24)
maxim
, le 16.10.2013 à 16:55
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L’espionnage illégal de la N$A fait peur quant aux conséquences qui résultent de cette dérive sécuritaire à la portée planétaire, tant au plan éthique que légal, et qui a suscité l’ire des peuples et gouvernements. On apprend de plus maintenant, que bien que contraire au fondement même des règles démocratiques les plus élémentaires, son efficacité est totalement réfutée et en haut lieu!.

Une source officielle gouvernementale révèle que l’agence aurait menti sur ses résultats!

Le directeur de la N$A a avoué devant une commission du Congrès américain que seuls un ou deux attentats ont été identifiés grâce aux écoutes téléphoniques, alors qu’il en annonçait plus de 50 en juin….>

Est-ce encore un coup de bluff pour faire retomber le soufflé? Qui a dit parano?

25)
zit
, le 16.10.2013 à 20:10
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Merci Anne d’ouvrir le débat sur ce sujet inquiétant. Je suis très sensible à toutes ces histoires, mais je m’étonne fréquemment que nombreuses sont les personnes avec qui j’en parle qui ne sont pas au courant du problème, et ce sont des gens qui, contrairement à moi, lisent la presse, écoutent la radio, regardent la télé, ou alors, ils en ont entendu parler mais ne sont pas plus alarmés que ça « de toute façon, je n’ai rien à cacher ». Tu cite les affaires Snowden et Assange, mais on peu aussi, à mon avis, ranger le cas Megaupload dans le même processus (bien que cette affaire là soit moins politique, mais plus histoire de gros sous).

Mais ce n’est pas nouveau, effectivement, comme le souligne Guillôme, Echelon est connu depuis longtemps, mais qui se souvient d’une affaire qui avait soulevé des vagues de protestation quand l’axe du mal Intel/windows (oui, c’était il y a longtemps) avait mis en marche Palladium. Aujourd’hui, c’est presque Palladium partout, sauf que ça ne s’appelle plus comme ça… Et que tout le monde s’y est plus ou moins mis, Apple supprimant les applications ne lui plaisant pas ou des BD « pornographiques » la première, ou, mieux encore, Amazon supprimant des Kindle un livre acheté, “1984” (ça, c’était quand même très fort !) pour d’obscures raisons de droits d’auteurs, et j’en passe.

On sait aussi que les téléphones intelligents peuvent éventuellement, si on leur demande gentiment, servir à espionner leurs propriétaires (GPS, conversations téléphoniques, mais aussi activation du micro pour écouter ce qui peut se dire à proximité de l’appareil), même éteints (et d’ailleurs, mais pourquoi ne peut–on pas retirer la batterie de ces jouets, pour la changer quand elle est vide, voire pour être certain que son appareil est bien éteint).

Et que penser du nombre incroyable d’apps qui demandent l’autorisation d’accéder aux données de géolocalisation ? qu’on leur accorde bien sûr avec bienveillance, puisque c’est le job qu’on leur demande…

Je n’ai rien à cacher, mais je sais que certaines de mes opinions, ma manière de voire les choses ne sont pas les mêmes que d’autres personnes… Et si certaines personnes arrivaient au pouvoir et décidaient que mes opinions, ma manière de voir les choses sont hors la loi ? Que pourrait–il bien m’arriver ?

Et puis, il y a une autre manière de voir les choses, ces choses là, qu’elles soient utiles, justifiées, ou pas, coûtent très cher, très très cher. Prenons le cas des caméras de surveillance, qui ne font absolument pas baisser la criminalité (ça se saurait), quand une municipalité s’en équipe, ce sont des investissements très lourds, et puis ça tombe en panne, il faut un budget conséquent pour maintenir le parc, sans parler des personnels chargés de regarder ce qui se passe. Qui paye ? Et qui se fait des couilles en platine serties de diamants ? C’est la même chose que le marché de l’armement, les budgets militaires et sécuritaires engloutissent des sommes colossales pour des matériels qui (et c’est heureux) ne servent en général à rien, enfin, si, à remplir les poches de certains… Et j’ai quand même beaucoup de mal à croire que les donneurs d’ordres, les passeurs de commandes (sur fonds publics) ne profitent pas quelque part, d’une manière ou d’une autre, de ces largesses.

z (le futur sent de moins en moins la rose, je répêêêêêêêêêêêêêêête : profitons donc du présent, et plantons, semons…)

27)
Jean Claude
, le 17.10.2013 à 14:51
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Je n’ai rien à cacher, mais je sais que certaines de mes opinions, ma manière de voire les choses ne sont pas les mêmes que d’autres personnes… Et si certaines personnes arrivaient au pouvoir et décidaient que mes opinions, ma manière de voir les choses sont hors la loi ? Que pourrait–il bien m’arriver ?

Il a raison Zit, une adresse IP c’est tellement plus pratique qu’une étoile jaune.

28)
Smop
, le 17.10.2013 à 15:39
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En s’éloignant un peu du sujet, voici quelques lignes tirées d’un article de Andrew L. Shapiro publié en 1995 dans le journal américain “The Nation”. Le texte me semble toujours d’actualité et j’aime bien cette idée d’opposition entre Cyberkeley et Cyberbia.

Prenons deux modèles de cyberespace […]

Dans le premier, vous êtes un utilisateur qui se connecte à l’aide d’un ordinateur et d’un modem pour entrer dans un monde virtuel appelé Cyberkeley (contraction des mots “cybernétique” et “Berkeley”, le grand campus de l’université de Californie). À mesure que vous déambulez le long des trottoirs, vous trouverez une poste, des bibliothèques, des musées, un centre commercial avec de nombreuses boutiques, des clubs privés dont la clientèle est infiniment variée – et qui va des clients à la recherche de conseils spirituels, juridiques ou de jardinage, à ceux ayant un penchant pour le sexe ou à l’incitation à la haine raciale. Vous traverserez également des lieux publics animés, certains vastes (parcs ou squares), d’autres plus petits (mairies ou coins de rue). Dans ces forums publics, certains parlent avec détachement, d’autres discutent passionnément de problèmes sociaux. Un petit groupe manifeste devant une boutique porno, un autre dénonce la récente augmentation des tarifs postaux. Un militant solitaire, campant devant le quartier général de la milice aryenne, distribue des tracts prônant “l’unité raciale”. La plupart des gens ne font que passer, bien qu’ils ne puissent s’empêcher de remarquer les orateurs, les manifestants ou même le distributeur de tracts.

Dans le second modèle – celui vers lequel nous nous dirigeons -, vous pénétrez dans un monde virtuel appelé Cyberbia (contraction de “cybernétique” et “suburbia”, autrement dit la riche banlieue américaine). Il est identique à Cyberkeley, à une exception près : il n’existe pas d’endroit réservé aux débats publics. Aucun trottoir ou parc virtuel, aucun débat houleux ou de manifestants qui attirent votre attention, aucun militant au coin d’une rue essayant de vous faire lire l’un de ses tracts. En fait, vous pouvez définir votre itinéraire de manière à ne dialoguer qu’avec les interlocuteurs de votre choix et n’obtenir que des informations précises. Vous n’aimez pas les militants anti-avortement, les sans-abri, les nouvelles de meurtres ? Pas de problème, vous n’en verrez aucun.

Cyberbia parait séduisante. Les gens peuvent s’organiser en communautés virtuelles fermées et s’affranchir de toute obligation envers un public plus large. C’est là sans doute le résultat naturel d’un désir de liberté de choix absolu, de personnalisation et de contrôle. Mais, du moins pour le moment, il faut traiter le cyberespace comme une prolongation de notre espace de vie plutôt qu’une échappatoire. Par conséquent, il est clair que Cyberbia, à l’instar des banlieues des villes américaines, permet simplement à ses résidents d’oublier les tracas de la vie quotidienne. À Cyberkeley en revanche, on risque d’être incommodé par des opinions dont on ne veut pas entendre parler. Mais, au moins, il existe des endroits où il est possible de passer des messages dérangeants ou brutaux et de se faire entendre. Ces tribunes publiques sont essentielles pour informer les citoyens et assurer une démocratie pluraliste où chacun peut s’exprimer.

30)
maxim
, le 24.10.2013 à 12:57
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Incroyable que ça remonte aussi loin!

Quelques uns en avaient entendu parler depuis quelques années (après 9/11 puis Katrina) et le scandale des actions quasi militaires de la garde nationale et de la FEMA “pour guarantir la paix publique”! (Cette même organisation qui aurait fait des “exercises” grandeur nature la veille et le jour même ou les avions s’étaient crashés! ) mais à l’époque on pouvait en douter, n’étant pas adepte de la “théorie du complot”. Cependant pour la N$A, c’est bien vrai!

Si on pousse un peu plus loin la fiction – et hélas pour le monde, ça n’en est vraiment pas: 70,3 millions d’enregistrements de données téléphoniques de Français pour la seule période comprise entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013…> finalement les agences telles que la N$A et la FEMA, ne seraient-elles pas là aussi et avant tout pour “protéger” la classe dirigeante (majoritairement les blancs?) en cas de rébellion?

En France Il y a les Restos-du-Coeur, aux States ils ont les “food stamps”. Mais saviez-vous qu’il y a officiellement près de 50 mios d’américains qui les touchent…? Et comme on ne connaît que trop bien la situation migratoire avec les hispanos, on doit plus sûrement être proche des 20% des gens dans le besoin, que des 15% statistiquement annoncés.

Donc, sans vouloir tomber dans le parallogisme, Il y a une situation lattente qui dure depuis bien longtemps et propice à la paranoïa. On n’ose guère se demander jusqu’où va la vérité? Ces “camps concentrationnaires”, prêts à recevoir une population éventuellement récalcitrante en cas de crise grave, voire de guerre civile, et ces dizaines de millions de cercueils déjà prêts, sont-ils vrais ou non(?) […>]