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Un lointain morceau de France

La grisaille arrivant sur la vieille Europe, les idées de voyage pour la prochaine période estivale germent déjà dans les esprits. Et si nous allions faire un tour du côté de la Polynésie française, qui occupe depuis toujours une place de prédilection dans l'imaginaire commun ? J'ai eu l'occasion d'y séjourner pendant quatre ans, de 2005 à 2009, et je me suis rendu compte que cette région du monde est en réalité très peu connue au-delà des classiques images d'Épinal. Nul doute qu'il n'est guère difficile pour les lecteurs de Cuk de trouver mille sites d'informations sur le sujet, mais j'ai pensé qu'une vision de l'intérieur pourrait décider quelques-uns d'entre vous à franchir le seuil de l'agence de voyages.

 

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Un tupa, le crabe terrestre des bords de lagon


Un peu d'histoire...

Bien qu'il existe plusieurs théories contradictoires, l'origine ethnique des Polynésiens semble avoir une racine asiatique. Le premier contact avec les Européens remonte au XVIe siècle. Ce sont les navigateurs portugais qui foulèrent les premiers le sol polynésien, suivis par les espagnols, les hollandais, les français et enfin les britanniques. En 1789 eut lieu la fameuse mutinerie du HMS Bounty et son procès retentissant, probablement le premier jalon qui fit connaître Tahiti au monde occidental. Les descendants des mutins vivent encore sur les 5 km2 de l'île Pitcairn, colonie anglaise se trouvant à 500 km à l'est de la Polynésie française. C'est aussi en cette fin du XVIIIe siècle que les différentes vagues d'influence européennes se sont succédées. En 1842, les Français prenant le pas sur les Anglais, commencent à annexer la Polynésie. En 1880, Pomare V, le dernier souverain tahitien, abdiqua en ratifiant un traité de protectorat et scella ainsi le destin des archipels en les rattachant à la République française. Il est à noter que la région n'a donc pas été obtenue par la force, contrairement à bien d'autres territoires de l'empire colonial français. En 1957, les Établissements Français de l’Océanie (EFO) deviennent Polynésie Française.

 

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Papeete, île de Tahiti, capitale administrative de la Polynésie française

 

Le grand tournant

Le Général de Gaulle, élu premier président de la Ve République et viscéralement attaché à l'indépendance stratégique française face aux États-Unis, lance son programme de développement de l'arme nucléaire. Les essais débutent en Algérie en 1960, mais devant la perspective d'une situation politique se dégradant, un nouveau site est rapidement recherché et ce seront les atolls polynésiens de Moruroa et de Fangataufa qui seront choisis. Le Centre d'expérimentations du Pacifique (CEP) est ainsi né. Au total, entre 1966 et 1996, 192 essais nucléaires furent réalisés dont 46 essais atmosphériques. Cette période a marqué un tournant majeur dans l'histoire de la Polynésie, la faisant entrer de plain-pied dans le XXe siècle et ses travers, dont celui de la société de consommation.

 

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"Trucks", les bus traditionnels en voie de disparition

 

Un peu de politique...

En 1946, les Polynésiens obtiennent le droit de vote et un mouvement anticolonialiste se construit autour du leader charismatique Pouvanaa Oopa, élu député en 1949 puis réélu en 1951 et en 1956. Sous un prétexte fallacieux, il sera arrêté en 1958, condamné et incarcéré en France jusqu'à sa grâce huit ans plus tard. Malgré le plein emploi et une paix sociale achetée par le gouvernement français, la protestation antinucléaire s'accentue et la situation devient tendue avec l'apparition de la violence politique. Des négociations sont engagées et aboutissent en 1977 à un nouveau statut d'autonomie de gestion. La même année, Gaston Flosse, de père lorrain et de mère polynésienne, membre fondateur du RPR avec son ami Jacques Chirac, crée le parti politique d'inspiration gaulliste Tahoera’a huiraatira. Ce sera pour lui le tremplin qui le mènera pendant plus de trente ans au sommet de l'appareil politique. Député à partir de 1978, puis député européen en 1984, il obtient le premier statut d’autonomie interne de la Polynésie française et en devient également le premier président. Mais le pouvoir use et Gaston Flosse, bien que reconnu pour ses compétences et son extrême habileté politique, construit au fil du temps un système autocratique et profondément corrompu. En 2004, la quasi-totalité de ses opposants se rassemblent dans la coalition Union pour la démocratie (UPLD) et remportent les élections. L'indépendantiste Oscar Manutahi Temaru accède ainsi au pouvoir. Ce sera le début d'une longue période d'instabilité politique, toujours d'actualité. Au fil des renversements de gouvernement, neuf présidents se sont succédés en cinq ans, dont ... Gaston Flosse (qui est par ailleurs sénateur) !

 

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A gauche, le bras levé, Oscar Manutahi Temaru, le leader indépendantiste

A droite, le petit avec les colliers de fleurs, Gaston Tong Sang, l'actuel président

 

L'avenir institutionnel de la Polynésie française est très incertain, et une nouvelle réforme du mode de scrutin est en préparation pour 2011. Le salut viendra peut-être de la nouvelle classe politique en gestation, les dirigeants et chefs de partis actuels n'ayant que peu changé au fil des dernières décennies. Le statut actuel de la Polynésie est celui de collectivité d'outre-mer (COM), souvent appelé pays d'outre-mer du fait de sa grande autonomie. L'État est représenté par un haut-commissaire et sa compétence concerne essentiellement les questions de défense, de sécurité, de citoyenneté et de nationalité. Le président est nommé à la majorité par l'Assemblée de la Polynésie française et constitue un gouvernement d'une douzaine de ministres. Il peut également être destitué par le biais d'une motion de censure par cette même assemblée, dont les cinquante-sept membres sont élus au suffrage universel. L'instabilité politique chronique est en grande partie due aux innombrables alliances de circonstance et il est très fréquent que des élus changent plusieurs fois de camp en cours de mandature, par pur intérêt personnel. Il est aussi intéressant de noter que l'assemblée, qui détient également le pouvoir législatif, dispose d'une grande autonomie en matière d'application des lois françaises. Enfin, la vie politique est fortement influencée par la religion. De nombreux cultes sont représentés, à l'exception notable de l'Islam. Selon le passage des vagues de missionnaires introduisant le christianisme dans les différents archipels, les Polynésiens sont partagés à égalité entre le catholicisme et une variante du protestantisme, mais aussi entre les nombreuses sectes représentées (mormons, adventistes, témoins de Jéhovah, etc).

 

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Va'a, pirogues polynésiennes

 

Un peu d'économie...

Bien que la Polynésie française fasse partie des territoires les plus riches de la zone Pacifique Sud, son économie est assez peu développée. Elle est en grande partie dépendante des dotations financières de l'État (590 millions d'euros en 2006) et des différentes mesures de défiscalisation. Sa principale ressource est le tourisme mais celui-ci est en chute libre depuis des années, phénomène encore accentué par les attentats du 11 septembre 2001 puis par la crise financière de 2007-2008, l'essentiel des visiteurs venant d'Amérique du Nord. Les autres ressources (perliculture, vanille, coprah, pêche. ...) sont toutes en difficulté et n'ont qu'un impact presque anecdotique sur le PIB. L'essentiel des produits consommés est importé et compte tenu de l'éloignement géographique ainsi que du peu de concurrence locale, le coût de la vie, selon les standards européens, est très élevé. Le salaire minimum est de l'ordre de 1200 €, et il n'existe ni de RMI, ni d'allocations chômage. Le salaire d'un cadre moyen varie entre 2500 et 4000 € environ. Ma propre expérience est qu'il faut disposer de revenus mensuels d'environ 5000 € pour vivre assez confortablement à Tahiti. Le taux de chômage est de plus de 13 % et un salarié sur quatre est employé dans le secteur public. Le système d'assurance maladie est bon mais son déficit n'a rien à envier à la sécurité sociale française. À l'exception des taxes douanières, la fiscalité est assez légère : pas d'impôt sur le revenu et un taux de TVA variant entre 3 et 16 %. La monnaie locale est le franc pacifique (CFP), à parité fixe avec l'euro (1000 CFP = 8,38 €).

 

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Boîtes à touristes sur l'île de Bora-Bora

 

Un peu de géographie...

Certainement un sujet méconnu tant Tahiti est souvent confondu avec la Polynésie française. Tahiti n'est qu'une île parmi 118 autres, certes la plus grande (1.000 km2) et la plus peuplée (180.000 habitants) mais de loin la moins intéressante et la moins jolie. L'ensemble de la Polynésie française s'étale dans le Pacifique Sud sur une surface équivalente à l'Europe entière et compte seulement 270.000 habitants. Elle représente 47 % de l'espace maritime français malgré sa petite superficie émergée de 4.200 km2. Cinq archipels la composent : la Société (dont font partie les Iles du Vent où se trouve Tahiti et les Iles sous le Vent), les Tuamotu, les Marquises (connues pour avoir accueilli Jacques Brel et Paul Gauguin), Les Australes et les Gambier. Ces archipels et leurs îles sont totalement différents les uns des autres, tant en termes de relief (îles hautes et atolls) que d'organisation sociale. La très large majorité des visiteurs ne passe que par les étapes balisées : aéroport international de Tahiti puis séjour de quelques semaines enfermés dans un hôtel à Bora-Bora ou à Moorea. Rien qui puisse leur permettre d'explorer réellement la Polynésie tant ces endroits ont été modelés à l'image du mythe occidental de la plage de sable fin bordée de cocotiers. 

 

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Poisson vache dans le lagon de Tahiti

 

Bien que la Polynésie française soit dans l'hémisphère sud, le meilleur moment pour la découvrir se situe entre le mois de juin et le mois de septembre. Cela correspond au milieu de la saison chaude, avec des températures assez élevées, oscillant entre 28°C et 35°C, mais l'humidité est moins oppressante. Pendant la saison des pluies, de décembre à février, la température est un peu plus basse, mais des trombes d'eau peuvent tomber pendant des journées entières. Le climat est de type tropical et océanique, tempéré par les alizés. Toute l'année, le soleil se lève vers 6 h et se couche vers 18 h. Le décalage horaire avec les pays d'Europe de l'Ouest est de douze heures. Le voyage depuis nos contrées est long : une douzaine d'heures de vol pour Los Angeles suivies d'une escale en zone de transit, puis à nouveau huit à neuf heures de vol pour Tahiti. Le temps de trajet et le décalage horaire rendent cette destination réservée aux séjours de deux ou trois semaines minimum, ce qui représente un budget conséquent car il n'existe en Polynésie aucune structure d'accueil "bas de gamme".

 

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Couple de Polynésiens lors de la fête traditionnelle du Heiva

 

Et les Polynésiens dans tout ça ?

Ils mériteraient à eux seuls un article complet sur Cuk tant ce peuple est attachant et surprenant, déchiré entre sa culture tribale et son occidentalisation, dont il a retenu malheureusement les plus mauvais côtés. On dit souvent des Polynésiens qu'ils sont de grands enfants car ils ont réellement une prédisposition à l'insouciance. Ils se laissent vivre, n'ont pas la notion du temps et sont capables d'encaisser les pires catastrophes avec un étonnant fatalisme. Ici aussi, les Polynésiens de Tahiti et des îles fréquentées par l'essentiel des touristes n'ont rien à voir avec "ceux des îles". Pour beaucoup, ils ont perdu leur légendaire sens de l'hospitalité, et oscillent dans leur rapport avec les métropolitains entre une attitude intéressée et un fond de complexe menant parfois à un racisme soigneusement entretenu par les élites politiques. Bien qu'elle n'apparaisse pas au premier abord, il existe également une forte division de classe, entre la majorité de condition modeste et la minorité de possédants, souvent issus des quelques grandes familles. L'éducation est aussi un facteur majeur de séparation des classes, car peu de Polynésiens parviennent à accéder aux études supérieures. Une grande partie du pouvoir économique est entre les mains des métis, appelés "demis", ayant pour partie des origines françaises ou chinoises. Je crois cependant que le plus surprenant, parfois le plus choquant pour nos yeux occidentaux, sont les contrastes et les contradictions qui existent dans les rapports humains. Par exemple l'importance donnée aux enfants, tout en banalisant presque (dans les faits) l'inceste, ou encore l'incroyable acceptation sociale de la violence conjugale, ou bien encore la grande liberté sexuelle alors que le modèle de rapports hommes-femmes nous évoquerait plutôt les codes du siècle dernier.

Que dire pour conclure ce survol très rapide de ce lointain morceau de France si ce n'est qu'en regardant par delà le mythe, on y découvre une richesse et une profondeur insoupçonnées.

10 commentaires
1)
archeos
, le 24.09.2010 à 09:35
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Article intéressant, merci.

Pour compléter, Tahiti était connue bien avant le Bounty. Les récits de Cook et de Bougainville l’avaient décrite comme le paradis sur Terre, et les poètes la chantaient comme la Nouvelle-Cythère (un de ses noms je crois). C’est la description du mode de vie des Tahitiens qui a en partie inspiré Rousseau pour ses théories de l’état de nature, de l’homme naturellement bon, etc.

2)
zit
, le 24.09.2010 à 13:45
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Mmmmmm, planter mon hamac, entre deux cocotiers, pour deux à trois semaines, à manger du poisson cru… Avec quelques bons bouquins, évidemment !

z (les clichés ont la peau dure ! je répêêêêêêêêêêêête : mais parfois, se vautrer dans le cliché ;o)

3)
ysengrain
, le 25.09.2010 à 10:07
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Je ne connais pas la Polynésie. Je n’avais jamais rencontré de Polynésiens jusqu’à la prise en charge de patients venant de Tahiti. Et puis, ça a “amorcé” la pompe et plusieurs sont venus se faire soigner dans mon service.

j’ai donc constaté l’extrêmement heureux caractère de cette ethnie, malgré des conditions difficiles quand je les ai pris en charge (éloignement, isolement, maladie). Le sourire est chez eux un passeport permanent

4)
Caplan
, le 25.09.2010 à 10:22
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Un lointain morceau de France? A mon avis, vu de Suisse, la France, c’est la France “métropolitaine”, comme vous dites. Tout le reste, ce sont des colonies. Elles ne rapportent rien et coûtent même assez cher. Ce ne sont pas des colonies économiques, mais des colonies stratégiques, histoire d’avoir des “eaux territoriales françaises” un peu partout autour de la planète.

5)
Smop
, le 25.09.2010 à 13:54
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La date que vous donnez pour les premiers contacts avec les européens, XVIe siècle, me paraît douteusement précoce… Avez-vous des sources ?

Les sources, livres d’histoire ou ressources sur le net, sont nombreuses sur le sujet. La chronologie serait :

1595 : Découverte des Marquises par l’espagnol Alvaro de Mendana puis par le portugais Pedro Fernandes de Queiros.

1606 : Découverte de plusieurs îles de l’archipel des Tuamotu par ce même Queiros.

1616 : Exploration de l’archipel des Tuamotu par les hollandais.

1722 : Découverte de l’île de Maupiti (archipel de la Société) par le hollandais Jacob Roggeveen.

1765 : Découverte des autres îles des Tuamotu par l’anglais John Byron.

1767 : Découverte de l’île de Tahiti par l’anglais Samuel Wallis.

1768 : Exploration de l’île de Tahiti par le français Louis Antoine de Bougainville.

1769 : Exploration de plusieurs îles dont Tahiti par l’anglais James Cook.

Je n’avais jamais rencontré de Polynésiens jusqu’à la prise en charge de patients venant de Tahiti. Et puis, ça a “amorcé” la pompe et plusieurs sont venus se faire soigner dans mon service.

Dans le cadre de la continuité territoriale, il existe une procédure dite “EVASAN” permettant aux Polynésiens de venir se faire soigner en France. Les structures médicales locales sont très développées car mises en place lors de la période des essais nucléaires, mais certaines pathologies, dont le cancer ou les transplantations d’organes, ne peuvent être traitées sur place. Le premier service d’oncologie a été créé en 2005 ou 2006. Cependant, de plus en plus de malades vont pouvoir être soignés localement avec l’ouverture du nouvel hôpital du Taaone (en remplacement de celui de Mamao). Celui-ci est du niveau des plus grands hôpitaux français.

Un lointain morceau de France? A mon avis, vu de Suisse, la France, c’est la France “métropolitaine”, comme vous dites. Tout le reste, ce sont des colonies.

C’est une interprétation ouverte à débat. Est-il question de géographie ou de culture ? Quels points communs peut-on trouver, par exemple, entre la Bretagne, l’Alsace et la Corse, autres ceux qu’il existe entre la France “métropolitaine” et la Polynésie ?

A propos d’économie, le dernier tableau de bord économique de la Polynésie française vient d’être publié par l’institut d’émission d’outre-mer. Il est disponible ICI

Autre document intéressant, le tableau de bord du tourisme compilé par Institut de la statistique de la Polynésie française, disponible ICI

6)
alec6
, le 27.09.2010 à 10:30
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io rana SMOP ! Merci pour cette présentation et merci de citer le nouvel hôpital qui devrait être inauguré en janvier (avec deux ou trois ans de retard !

7)
Bigalo
, le 28.09.2010 à 10:36
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Un lointain morceau de France? A mon avis, vu de Suisse, la France, c’est la France “métropolitaine”, comme vous dites. Tout le reste, ce sont des colonies.

Drôle d’idée, ou manque de culture ;-((

Je suis né à Paris d’un père martiniquais, et d’une mère parisienne élevée en Italie. La Martinique est française depuis 1635, soit depuis bien + longtemps que la Corse, Nice ou la Savoie. les Antilles ont longtemps été des colonies. Elles sont devenues départements en 1946, en même temps que la Guyane et la Réunion. L’immense majorité des Antillais, Guyanais et Réunionnais n’a pas connu la période où ces territoires étaient des colonies, et parmi ceux qui sont nés avant 1946, la plupart n’ont connu le statut de colonie que pendant leur enfance et parfois leur adolescence.

C’est Aimé Césaire qui est à l’origine de cette départementalisation, avec une phrase célèbre sur les Antillais qui voulaient être considérés comme des Français à part entière et non entièrement à part.

La départementalisation date de plus de 60 ans, mais même avant la seconde guerre mondiale, le taux de scolarisation (au moins en ce qui concerne l’école primaire) était bien plus élevé que dans de nombreuses autres colonies. Mon grand-père paternel, grand Noir né en 1893, enseignait à ses élèves, souvent fils de pécheurs « Nos ancêtres les Gaulois » !

En outre, bien avant 1946, les habitants des “Vieilles Colonies” (Antilles, Guyane, Réunion ainsi que 4 communes du Sénégal) étaient citoyens français.

Félix Éboué et Gaston Monnerville, tous les 2 nés à Cayenne à la fin du 19ème siècle ont été respectivement gouverneur en Afrique Noire, et Président du Sénat.

St John Perse, Guadeloupéen, a été longtemps diplomate et a eu le prix Nobel de littérature en 1960.

Quelques élément factuels pour rappeler que les Antillais, les Guyanais et les Réunionnais sont dorénavant des Français à part entière. Ce qui n’est nullement incompatible avec des particularismes forts : importance de l’esclavage dans la mémoire collective, relations souvent tendues entre les Antillais de couleur, et les békés, … comme l’ont bien montré les événements du printemps 2009 en Guadeloupe, puis en Martinique, avec la lutte «Kont pwofitasyon» (contre la profitation).

Personnellement, je ne me sens en rien moins Français qu’un Breton ou un Auvergnat, et si un touriste Suisse en vacances aux Antilles a un quelconque problème de santé, il sera aussi bien soigné à Fort-de-France qu’à Nice ou à Strasbourg, par des médecins ayant exactement la même formation !

8)
Caplan
, le 28.09.2010 à 19:03
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Drôle d’idée, ou manque de culture ;-((

Je préfère qu’on pense que c’est une drôle d’idée plutôt qu’un manque de culture…

Je préférerais aussi que tu me cites entièrement:

Un lointain morceau de France? A mon avis, vu de Suisse, la France, c’est la France “métropolitaine”, comme vous dites. Tout le reste, ce sont des colonies. Elles ne rapportent rien et coûtent même assez cher. Ce ne sont pas des colonies économiques, mais des colonies stratégiques, histoire d’avoir des “eaux territoriales françaises” un peu partout autour de la planète.

Même si on offre un excellent système de santé aux Guyannais, on ne m’ôtera pas de l’idée que ce n’est pas pour leurs beaux yeux, mais pour la situation stratégique de leur terre, même si ça fait des siècles que ça dure.

9)
Bigalo
, le 29.09.2010 à 09:23
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@ caplan

Pas le temps de te répondre maintenant. Essaierai de le faire ce soir.

Bonne journée !

10)
Smop
, le 12.01.2011 à 13:07
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Un petit “up” de ce billet pour signaler qu’un document intéressant a été publié récemment, comparant le coût de la vie en Polynésie française et en métropole. Il s’agit de l’une des questions qui m’ont été le plus fréquemment posées lors de mes quatre années passées à Tahiti.

Pour reprendre donc le préambule de ce document du C.E.R.O.M (Comptes Economiques Rapides de l’Outre-Mer) : Cette étude a permis ainsi de constater, en mars 2010, que les prix étaient globalement plus élevés de 26% en Polynésie française qu’en France métropolitaine. Cependant, les prix apparaîtront 51% plus élevés sur le fenua [NDLR : le “pays” en langue maohi] qu’en métropole pour un ménage moyen métropolitain s’installant sur le territoire polynésien sans modifier ses habitudes de consommation. Les écarts de prix s’expliquent en partie par la cherté des produits alimentaires, un aspect commun à l’Outre-mer français.

Le rapport en question est disponible [ICI].