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Festival de Locarno 2006: regard subjectif

Les palmarès et moi, ça a toujours fait deux: mes meilleurs films sont rarement ceux que les jurys considèrent comme dignes d’être primés. J’ai souvent été étonnée que l’on attribue des prix prestigieux à des films que je trouvais médiocres (et qui n’avaient généralement par la suite qu’un succès mitigé).

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Le cœur du Festival de Locarno et sa carte de visite: la Piazza Grande où ont lieu les soirées en plein air

Aussi est-ce avec un plaisir particulier que je vous parle aujourd’hui de mes films préférés de Locarno - pour une fois, les jurys sont presque d’accord avec moi. Je ne peux rien vous dire de le Léopard d’Or, Das Fraulein (La Demoiselle), d’Andrea Staka, malheureusement. Je l’ai manqué. Dans un festival, on manque toujours quelque chose, c’est le destin… Il y avait plus de 150 films à voir, et La Demoiselle a été projeté à des heures qui ne me convenaient pas.

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Le film qui a remporté le Léopard d’or - et dont les spectateurs étaient partagés entre louanges et critiques: Das Fräulein, de Adrea Staka

J’avais vu un court-métrage intéressant d’Andrea Staka, Hôtel Belgrade, et un beau documentaire sur quatre musiciennes yougoslaves qui se retrouvent à New York: Yougodivas. Tous ses films parlent en fait des déplacés des Balkans, dont elle est originaire: dans le cas particulier, ce sont trois femmes, deux d’entre elles sont exilées depuis 25 ans, et travaillent dans un restaurant zurichois. La Demoiselle qui arrive un jour vient de Sarajevo, elle est jeune et impulsive, mais marquée par la guerre: elle est leucémique. Trois destins sont confrontés - et une fois de plus, on constate que  la guerre dans le pays d’où l’on vient touche même ceux qui n’en ont pas été affectés directement. Selon la revue professionnelle Hollywood Reporter, ce film est promis à un grand avenir. On verra... Désolée en tout cas de ne pas pouvoir donner d’avis personnel.

Half Nelson

Passons donc aux films que j’ai aimés. À part La Demoiselle, j’ai vu la plupart des films en compétition, et je suis assez contente de pouvoir vous parler de mon préféré, qui a reçu le Prix spécial du Jury: Half Nelson, premier film du réalisateur américain Ryan Fleck.

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Un bras de fer pour expliquer comment on vainc la résistance de l’autre par un processus dialectique. Dan et ses élèves.

Un «half Nelson», c’est une prise de catch par laquelle on utilise la résistance de l’autre pour vaincre. Ce que les personnages tentent de faire, c’est de résister à une inertie sociale qui menace de les écraser. Le film se passe à New York, à Brooklyn. Dan, un jeune prof d’histoire essaie d’expliquer à des lycéens, pour la plupart Noirs, la dialectique de la résistance et du changement. Entre autres, il leur rappelle les grands moments de l’histoire américaine, quand l’émancipation, l’égalité, les droits civiques en général, étaient des idéaux pour lesquels on luttait, et qui finissaient par prévaloir. Mais le monde dans lequel ils vivent, c’est l’Amérique de George Bush - et ce fin dialecticien qu’est Dan, le prof, est en fait désespéré: comment peut-il encore enseigner la morale, l’égalité des droits et des chances, dans un pays où la plus haute autorité de l’Etat dit qu’on est parti en guerre contre des armes de destruction massive qui n’existaient en fait pas? En disant aux citoyens que Saddam Hussein avait des liens avec Al-Qaida, alors que ces liens étaient inexistants? Et en gaspillant ainsi les milliards publics?

Pour tenir le coup dans un monde en lequel lui-même ne croit plus, Dan se drogue au crack, secrètement. Jusqu’au jour où une de ses élèves, Audrey, une petite Noire de 13 ans, le découvre aux toilettes des filles où il est allé se cacher.

Cela créera entre eux un rapport où Dan est en quelque sorte le père que la fillette n’a plus, et elle se comporte avec Dan comme pourrait le faire une mère. Jamais elle ne l’empêchera de se droguer: mais son regard suffit pour qu’à la fin, dans une conclusion très ouverte, on suppose qu’il remontera la pente.

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Dan et Audrey: deux mondes, deux générations, qui seront le salut l’un de l’autre par la prise de conscience commune.

Le film était présenté par son producteur: «C’est un film politique», a-t-il dit, «vous devez le voir comme tel. L’histoire d’une génération qui a perdu ses repères parce qu’elle est dirigée par des gens sans principes.»

Ce qui était le plus remarquable dans ce film, c’était l’absence de tous les poncifs auxquels on aurait pu s’attendre. Le lycée de Brooklyn est presque entièrement Noir, mais les élèves sont calmes et polis. Le prof leur parle de dialectique, et cela les intéresse. Le seul drogué, c’est le prof. Aucune ambiguïté entre Dan et Audrey, chacun essayant de «sauver» l’autre - et si quelqu’un réussit, c’est Audrey. La tension raciale est certes présente, mais par rapport à la situation générale, elle est secondaire. Et ainsi de suite. J’ai parcouru les critiques des New-Yorkais eux-mêmes: ils connaissent la ville: qu’en pensent-ils? Vous verrez comme moi, en consultant www.rottentomatoes.com par ex., qu’ils sont pour la plupart positifs. Le seul vraiment négatif est un critique qui reproche au film d’être «de gauche», et au protagoniste d’être «communiste» - il est certain que Half Nelson ne plaira jamais à ceux que les Américains appellent les Bushistes.

Un concours triste

On sort tout de même de Half Nelson quelque peu déprimé - et je dois dire que beaucoup des films choisis pour le concours dépeignaient des situations déprimantes - comme si une vraie comédie, avec un franc éclat de rire, n’était pas digne du concours de Locarno. Comme je n’ai pas vu toute la production de l’année, il est possible qu’il n’y ait tout simplement pas eu de comédies parmi lesquelles choisir…

La petite dame du Capitole

Avant d’en venir aux deux morceaux de résistance de mes préférences, je voudrais encore parler d’un petit film plein de tendresse, réalisé par Jacqueline Veuve, cinéaste suisse au cas où quelque lointain lecteur ne le saurait pas.

Lucienne Schnegg s’occupe du cinéma Capitole de Lausanne (Suisse) depuis 57 ans. Autrement dit, elle nous a tous vus passer sur ses fauteuils: nos parents, nous lorsque nous étions petits, puis grands, nos enfants, et maintenant nos petits-enfants.

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Lucienne Schnegg, la Petite dame du Capitole, pourrait être l’amie de Martha, des Colchiques: la même soif de vivre et d’agir chez ces deux dames qui refusent d’être écartées.

Il y a un demi-siècle, le cinéma pouvait être complet à toutes les séances pendant des semaines. Six placeurs, tout un personnel. Aujourd’hui, Mme Schnegg fait le ménage, encaisse les billets, place les gens et, dans la mesure du possible, choisit les films. Autrement dit, elle s’occupe de tout.

Le Capitole est un très beau cinéma, grand, décoré de rideaux rouges, construit en 1929 et rénové plusieurs fois, mais avec beaucoup de doigté.

Son propriétaire est mort en 1980, et Mme Schnegg, qui était son bras droit, a repris le flambeau: elle a racheté le cinéma plutôt que de le fermer.

Elle était là, à Locarno, à la projection de «son» film - pour la première fois depuis longtemps, elle avait fermé le Capitole pendant dix jours, et à petits pas, en s’aidant de sa canne, elle courait les films. «Je suis cinéphile, que voulez-vous», nous expliquait-elle avec un sourire.

La petite dame du Capitole rappelle (et Mme Schnegg souligne) le grand danger que court la diversité cinématographique aujourd’hui: la concentration des salles en une société unique (ou en deux, ou même trois) crée un monopole qui étrangle les salles restées indépendantes. Mme Schnegg a fêté ses 80 ans. Qui reprendra son cinéma après elle? Elle n’y pense pas. Elle déclare à qui veut l’entendre qu’elle luttera jusqu’au bout. La retraite - connais pas.

La Piazza Grande

Il y a des chances pour que, même si vous n’êtes jamais allé au Tessin, vous ayez tout de même entendu parler de la Piazza Grande de Locarno. Chaque année pendant une quinzaine de jours, elle se transforme en cinéma de quelque 8’000 places. L’écran qu’on y dresse est le plus grand du monde. Les places réservées au public sont toujours prises d’assaut, ce n’est que dans la partie réservée aux professionnels qu’on trouve encore, généralement, quelques fauteuils libres.

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7’000 places sur la Piazza Grande de Locarno - et pourtant, elles sont le plus souvent toutes occupées une heure avant le début de la projection

Les films qu’on y projette son hors-concours, mais il y a tout de même une compétition: le prix du public.

Deux de mes films préférés ont passé sur la Piazza, et comme un seul pouvait avoir le prix… Je commence par celui qui ne l’a pas eu: Die Herbstzeitlosen, titre allemand qui signifie: Les colchiques (vous savez: Colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été), de Bettina Oberli.

Ces colchiques, ce sont quatre dames âgées, entre 60 et 80 ans, qui décident que quelque chose doit changer dans leur vie. Deux d’entre elles sont menacées par leur progéniture de home, l’une est déjà dans une maison de retraite.

Ces quatre dames (Heidi-Maria Glössner, Stéphanie Glaser, Anne-Marie Düringer, Maria Gubser) sont toutes magnifiques, mais l’une d’entre elles est particulièrement merveilleuse. Vous ne la connaissez sans doute pas, mais en Suisse alémanique, et en Allemagne, elle est célèbre: elle s’appelle Stéphanie Glaser, et a aujourd’hui 86 ans. Elle porte Les colchiques de bout en bout, avec un brio extraordinaire.

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Stéphanie Glaser à la conférence de presse de son film à Locarno

Elle joue Martha, à laquelle l’épicerie de son village ne dit plus rien depuis que son mari est mort - les clients se font rares, son fils (le pasteur du village) lui suggère de mettre la clef sous la porte. Mais une de ses amies, Lisi, réveille en elle un vieux rêve: dans sa jeunesse, elle était corsetière, et avait rêvé d’ouvrir une boutique de lingerie. Avec ingéniosité, les quatre dames surmontent toutes les difficultés, et «Le petit Paris» ouvre ses portes, au grand scandale du village. Peu à peu, les mentalités changeront, et à la fin, la lingerie de Martha, brodée d’edelweiss, gagnera face à la résistance obtuse des traditionalistes.

C’est «un petit film», insiste la réalisatrice. C’est surtout une comédie menée avec maestria de bout en bout, jouée avec brio par Stéphanie Glaser et ses trois compagnes, entourées d’un cast plein d’allant (mention spéciale pour Hanspeter Müller, qui joue le Pasteur).

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Quatre femmes à la poursuite d’un rêve: elles attendent le bus pour aller en ville acheter des dentelles et des soieries: la boutique de lingerie va devenir réalité

 

Et pourtant, c’est aussi un film sérieux, qui traite du problème de l’âge, qui s’élève haut et fort contre le jeunisme ambiant (précisons qu’il est l’œuvre d’une jeune femme), qui proclame la dignité et les ressources insoupçonnées des retraités, souvent ignorées par la société du profit immédiat.

Le public locarnais a fait une ovation au film, et à Stéphanie Glaser, qui assistait à la projection.

La vie des autres

J’ai gardé pour la fin mon film préféré: Das Leben der Anderen, La vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmarck. C’est l’œuvre d’un jeune réalisateur allemand, c’est même, si j’ai bien compris, son travail de fin d’études: il a été tourné avec un budget minime, et il est grandiose. Il a gagné le prix du public, qu’il a amplement mérité.

On est en Allemagne de l’Est vers 1984. Dans la vie d’un couple d’artistes qui accepte la situation telle qu’elle est, la politique fait soudain irruption. Georg Dreyman (Sebastian Koch) est dramaturge, Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck) est comédienne.

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Un couple d’artistes hésite: mener une vie apolitique, pactiser avec le régime? Ils vont apprendre à la dure que s’ils ne s’occupent pas de politique, elle s’occupera d’eux.

Pour leur malheur, un ministre tombe amoureux de Christa-Marie, lui impose une aventure avec lui, et cherche à se débarrasser de Dreyman: la Stasi surveille le couple par tous les moyens possible pour recueillir des preuves contre l’écrivain. Rien n’est plus privé, mais eux ne le savent pas. C’est Wiesler (Ulrich Mühe), capitaine à la Stasi et spécialiste de l’écoute qui les surveille, casque aux oreilles, caméra espionne devant les yeux. On assiste à la lente évolution des personnages. Le suicide d’un metteur en scène réputé interdit de théâtre fera de Dreyman un opposant, et l’écoute de «la vie des autres» secouera le capitaine Wiesler à tel point qu’à la fin il prendra fait et cause pour ces opposants qui, au départ, étaient ses «ennemis».

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Wiesler commence par être un sbire convaincu. Mais le contact avec les artistes le changera - c’est le grand vainqueur du film, l’homme qui, sans grands discours, retrouve sa dignité.

Le suspense est fantastique, le film dure plus de deux heures et on ne voit pas le temps passer. Les trois comédiens principaux sont dirigés avec une justesse exceptionnelle, et toute l’équipe autour d’eux est impeccable.

Le film est par ailleurs important pour les Allemands, qui ont encore de la peine à se confronter avec leur passé. Comment survit-on à la Stasi? Comment retrouve-t-on sa dignité après avoir espionné ses propres concitoyens? L’homme est-il susceptible de changer, de passer du service du mal au service du bien? Le film répond que OUI. Et c’est pour cette raison qu’en dépit du fait que c’est une histoire triste et noire, c’est un film optimiste - et une fantastique première œuvre.

J’avais prévenu au départ: le regard que j’ai posé sur le festival de Locarno est subjectif. D’autres ont sans doute aimé d’autres films. Aux lecteurs de Cuk j’offre ce qui a été pour moi, cette année, le bouquet de roses rouges - colchiques compris! Prenez note de ces quelques titres, en tout cas: d’après moi, des films à voir.

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Et surtout, n’oublions pas, dans le palmarès, mon marchand de glaces (faites maison) préféré.

Crédits photographiques

Toutes les photos extraites des films sont celles mises à disposition par la production des films, et toutes les photos de Locarno sont de la soussignée.

15 commentaires
2)
Puzzo
, le 15.08.2006 à 08:28
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Merci Anne.

Est-ce qu’on peut espérer voir ces films dans des salles suisses?

3)
Anne Cuneo
, le 15.08.2006 à 08:57
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Puzzo:
Le seul film sur lequel j’ai un doute, par rapport aux salles suisses, c’est Half Nelson: j’espère qu’une salle le présentera. Probablement, il s’en trouvera une à Zurich.
Par ailleurs, je suis certaine que tous les films seront vus en Suisse ALEMANIQUES. La Vie des autres ce sera dans quelques semaines, La Demoiselle et Les Colchiques seront distribués en grand aussi. Le problème, ce sont toujours les salles de Suisse ROMANDE.
Pense que BERESINA, du regretté Daniel Schmid (un film que j’ai adoré, soit dit en passant), a fait des centaines de milliers de spectateurs en Suisse alémanique et dans le monde, mais 2 ou 3’000 seulement dans les salles romandes, et qu’il a été détruit par la critique de cette partie du monde…
Les réactions des Romands face aux films sont toujours un peu mystérieuses pour moi, et ça fait belle lurette que j’ai compris que si je veux voir tous les films, il faut que j’aille à Zurich.

Anne

4)
Zorino
, le 15.08.2006 à 10:46
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De retour de 10 grands jours de festival, voici mon avis:
Je suis beaucoup moins convaincu par ce palmarès consensuel. Le mérite de « Das Fraülein » ne me saute pas aux yeux, la bonne réalisation du film ne parvient pas à combler le manque d’originalité du propos et le surplus de bons sentiments. Il s’avère qu’il s’agissait du seul film suisse de la compétition, M Bideau doit-être content, lui qui a omis Andrea Staka sur le DVD promotionnel du cinéma suisse.
Je n’ai pas vu les films primés pour l’interprétations de leurs acteurs. Par contre c’est à « Le Dernier des Fous » de Laurent Achard que j’aurais remis sans hésiter le Léopard d’or. L’histoire terrible du délitement d’une famille de campagne vu au travers de Martin, 10 ans. L. Achard a d’ailleurs remporté le prix de la mise en scène.
Mais Locarno ce n’est pas que la compétition internationale et c’est dans la compétition des cinéastes du présent que se trouve mon film préféré, l’excellent « Chand Kilo Khorma Baraye Marassem – E Tadfin »(Quelques kilos de dattes pour un enterrement) de Saman Salour. L’hisoire de deux employés d’une station service sur une route presque abandonnée dans le désert iranien en plein hiver. Salué comme le nouveau cinéma iranien, il est vrai que le film tranche avec l’onirisme de Kiarostami. Il traite avec délicatesse et humour des espoirs de ces deux hommes sans perspectives. Le film a reçu le prix spécial du jury.
Hors compétition, signalons l’affligeant « mon frère se marie » de Bron ou quand les contacts et copains peuvent vous faire projeter sur la Piazza. Mais la Piazza Grande a plutôt reçu des bons films: « La liste de Carla » (Christophe Schupbach), « Jeu » (Georges Schwiezgebel), « La raison du plus faible » (Lucas Bellevaux), « Lights in the Dusk » (Aki Kaurismaki) et l’inattendu « Severance » de Christopher Smith. Je rejoins Anne Cunéo pour « die Herbstzeitlosen » film sans prétention très sympathique. Mais commment « Das Leben der Anderen » serait-il le meilleur film du festival? Le film souffre de trop de stéréotypes et clichés (l’agent de la stasi qui va voler des livres chez l’écrivain et découvre le merveilleux monde la littérature? allons…).
Il me semble que « La Petite Dame du Capitole » a déjà été projetée dans les salles romandes. Lucienne Schnegg a eu d’ailleurs droit a une ovation égale à celle Willem Dafoe avant la projection de l’excellent « Shadow of the Vampire ».
Les conférences avec Carla Del Ponte et particulièrement Aki Kaurismaki, bien que diamétralement opposées, ont été des grands moments du festival.
Enfin après 32 longs métrages et 21 courts j’ai de quoi remplir des mètres de commentaires, mais je m’arrêterais avec une salutation à Frédéric Maire, dont la présence a cruellement manqué à la remise des prix, cérémonie expédiée sans tact par la présentatrice.

Vivement l’année prochaine

5)
Anne Cuneo
, le 15.08.2006 à 11:16
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Ach! J’avais oublié « Jeu » – c’est vrai! Un film d’animation de 3 ou 4 minutes, mais quelle beauté! Cela vient de ce que j’ai fait un effort pour ne pas penser au reste de cette soirée (« Mon frère se marie »), j’avais décidé de parler de ce que j’avais aimé, et non de ce que je n’avais pas aimé.
Pour le reste, chacun son regard subjectif… Je ne me permettrai pas de te dire, Zorino, comment pouvait-on aimer x ou Y? Laisse-moi La vie des autres – un goût que je partage avec pas mal de monde, finalement.

Anne

6)
ToTheEnd
, le 15.08.2006 à 11:18
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Excellent, il faudra tout de même que j’essaie d’assister à un de ces festivals.

J’aimerais revenir sur un aspect de ton article: les salles de cinéma.

Je ne sais pas si je suis un cas classique, mais comment peut-on expliquer la baisse de fréquentation des cinémas de 13% l’année dernière?

Après une bonne croissance ces dernières années, il semblerait que les gens s’essoufflent.

Est-ce lié à la qualité des films qui sont choisis et projetés? Est-ce que c’est parce qu’une salle de cinéma ressemble plus à un abreuvoir et mangeoire qu’à un cinéma? Est-ce que parce que si tu veux aller avec toute la famille au cinéma, ça te coûte pas loin de 100 balles?

Probablement un peu de tout. Personnellement, je ne fréquente plus les salles obscurs depuis des années (à une exception près à Zurich il y a peu) parce que je trouve la qualité du son médiocre et le public exécrable (entendre un mec/nana bouffer 1 kilo de pop-corn pendant tout le film me tue).

Les installations intérieures appelées « home-cinema » ont fait énormément de progrès ces dernières années et bientôt (5 à 10 ans), on aura une expérience cinématographique meilleure à la maison qu’au cinéma.

Bien sûr, pour les nostalgiques d’un cinéma où on regardait religieusement le grand écran et où on applaudissait ou huait un film à la fin est révolue et je le regrette.

Mais dans cette chute, j’y vois un espoir! Tous les films dont tu parles ne trouveront pas le chemin des salles de cinéma – c’est d’autant plus vrai en Romandie – mais pourraient aisément se trouver dans une DVDthèque à côté de chez toi ou encore mieux, sur ton « iTunes Movie Store ».

Ce jour là, suite à la lecture de ton article, je suis certain que beaucoup de lecteurs cliqueront sur la case « acheter ou louer » ce film pour le voir! Et ce jour là, notre libre choix sera total et pas dicté par un cartel de cinémas à la noix (je ne parle pas du cinéma de Mme Schnegg).

Voilà, pardon si j’ai un peu digressé…

T

7)
Zorino
, le 15.08.2006 à 12:27
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Je ne me permettrai pas de te dire, Zorino, comment pouvait-on aimer x ou Y?

Mais je crois qu’il faut se le permettre, il s’agit de commentaires, et le thème se prête à la discussion des oeuvres.

Pour ToThe End, c’est justement un des grands plaisirs de Locarno que la réaction du public: applaudissements, sifflements. C’est vrai que cela nous manque dans les salles où à peine le générique de fin a-t-il commencé que les lumières sont allumées et la moitié des spectateurs partis.
Je pense que peu de ces films seront distribués sur les terres helvètes (bien que Maire ait cherché a reconcilier le festival avec les distributeurs), et quand on pense que le Grand Prix de Cannes 2004 (Old Boy) n’était pas passé dans nos salles…

z

edit: coquille

8)
Inconnu
, le 15.08.2006 à 13:02
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je partage totalement l’avis de ToTheEnd. Le cinéma coute de plus en plus cher, finalement quand on est une famille de 4 personnes, autant attendre la sortie du DVD, ce sera quasiment moins cher. Et ces téléphones portables qui sonnent tout le temps, quelle plaie.
Vite, l’achat en VOD de ces films, qu’ils rencontrent le public qu’ils méritent.

9)
Inconnu
, le 15.08.2006 à 13:02
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je partage totalement l’avis de ToTheEnd. Le cinéma coute de plus en plus cher, finalement quand on est une famille de 4 personnes, autant attendre la sortie du DVD, ce sera quasiment moins cher. Et ces téléphones portables qui sonnent tout le temps, quelle plaie.
Vite, l’achat en VOD de ces films, qu’ils rencontrent le public qu’ils méritent.

10)
huguesh
, le 15.08.2006 à 13:04
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ToTheEnd permet moi de te répondre.

Jamais, mais jamais, le meilleur home cinéma du monde ne remplacera une salle de cinéma. C’est comme d’écouter un musicien sur la meilleure installation hi-fi ou en live sur une scène ou dans un festival.
Oui, le cinéma est cher mais avec le « prix » d’un home cinéma, on va quelques fois au cinéma.
D’autre part, le « grain », comme dise les photographes, d’une pellicule 35 mm (ou demain d’une projection numérique) n’a rien avoir avec la qualité toute relative des images d’un DVD. Il y a en effet au niveau du son moins de différence entre sa petite installation personnelle et une salle de cinéma…

Je partage pas les avis critique d’Anne sur les films mais je vais m’étendre un peu plus dans un prochain commentaire.
hh

11)
Zorino
, le 15.08.2006 à 13:26
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A Locarno, vu Stranger than Paradise sur un 35mm probablement original. Une telle puissance et intensité de l’image est impossible à obtenir sur un home cinéma.

z

12)
ToTheEnd
, le 15.08.2006 à 13:59
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huguesh: jamais dire jamais. On fait déjà des trucs délirants aujourd’hui qui sont d’une bien meilleure qualité que ce que tu peux voir au cinéma… après c’est une question de prix.

(et essayons d’éviter le débat: le vinyle c’est mieux que le CD…)

Si on parle de l’image, je ne doute pas qu’une image projetée est géniale, mais elle l’est à partir d’un film qui montre très souvent des défauts (poils, rayures, etc.) si c’est pas la bande originale.

Quand je regarde les bandes annonces en 1080i, je suis bluffé par la qualité [pureté] de l’image… et j’imagine ça sur écran délirant chez moi avec une sono d’enfer et je bave (bon, je bave pour rien aussi).

Enfin, ma remarque ne portait pas sur la qualité uniquement, mais sur les gens qui fréquentent une salle de cinéma.

Essaie d’apprécier un film qui comporte beaucoup de blancs (oui, oui, autre chose qu’un film d’action) pendant que le couple de 200kg bouffe son seau de pop-corn… et frotte le fond avec les ongles pendant 10 minutes parce qu’il n’y en a plus…

C’était aussi de ça que je parlais.

T

13)
Inconnu
, le 15.08.2006 à 15:28
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je suis souvent déçu au cinéma par la qualité du son et de l’image. Image un peu pourrie, son qui sature.

14)
burnierg
, le 16.08.2006 à 08:12
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J’ajouterais que de de toute manière la plupart des salles sont en train de virer au tout numérique,. alors adieu le grain de la pellicule 35 mm. Par contre, en ces circonstances, vive le rapprochement entre le home cinema et la salle obscure, à condition de ne pas lorgner sur les offres canon à 1’000.- pour toute l’installation évidemment.

Just my 2cts

15)
nic
, le 16.08.2006 à 11:53
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j’adore le festival de locarno! j’y vais depuis 1988 et j’y ai meme connu ma femme :-)
merci pour ce recit!
je suis musicien en partie, et j’ai beaucoup aimé deux film: Hardcore Chambermusic, sur les suisses Koch, Schütz, Studer info , info , info et info , et
la derniere soirée avec le beau documentaire sur l’orchestra di piazza vittorio et le concert qui a suivi fùt fabuleux! la piazza qui dansait à 1h du matin, c’etait fantastique!!! pour info

ciao, n
un vieux cadeau? c’est par là