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A part ça on est pas à l’Elysée

Hein qu’on est bien sur notre site francophone préféré. Et à ce titre, il est toujours amusant de remarquer certaines expressions de nos amis wallons et romands, en imaginant leur accent (Coluche, tu nous manques). Tout comme en France (notre voisin commun), nous raillons volontiers le phrasé méridional façon Pagnol, le ch’ti façon Boon, le parisien façon titi (vous savez, les gens qui mettent des « eeeu » à tout bout de champ), et bien d’autres.

Il en est un moins connu mais ô combien attachant que j’ai découvert il y a un paquet d'années, au bout des terres (Penn ar bed en breton, Finistère en français). Au bout du bout, vous avez précisément le parler brestoâ, remis au goût du jour avec talent et succès depuis quelques années.

Ah Brest, la singulière. Déjà par sa localisation géographique, regardez à la télévision française le bulletin météo: Brest est toujours masquée par la présentatrice (au niveau de sa poitrine, pour vous aider à mieux situer) ou fautivement pointée pour les fameuses « entrées maritimes ». 2e ville bretonne après Rennes, (3e si on inclut historiquement Nantes qui le redeviendra bien un jour, bretonne). L’Arsenal (dit l’arsouil’, 2e base navale de la Royale, et dont le coup de canon le fameux Tonnerre de Brest cher au capitaine Haddock annonçait chaque jour l'ouverture et la fermeture des portes) dans une magnifique rade, en fera un foyer francophone ouvrier et laïc dans un monde bretonnant rural et catholique, bref l’histoire et le poumon de la Cité du Ponant (point cardinal où le soleil se couche et nom de la flotte en Manche-Atlantique, par opposition au Levant et nom de la flotte en Méditerranée basée à Toulon). Ville assiégée et rasée en 1944 puis reconstruite, d’aspect monotone, grise et pluvieuse, le chômage suivant le déclin industriel. Miossec la dépeint si justement dans sa chanson « Brest ». Tout comme Robin Foster, le plus brestois des musiciens anglais, lui rend hommage.

Un lien pour vous faire une idée en live. Le décor est planté. Les villes portuaires m’attirent beaucoup, leur âpreté, leur activité incessante des docks à l'horizon, leur donnent à mes yeux plus d’humanité et les rend plus belles. Bref, vous l'aurez compris, j’aime beaucoup Brest. Ses acteurs socio-économiques et politiques se battent pour son dynamisme et son attractivité afin de rompre avec son isolement. Mais bon, je ne suis pas là pour vous en faire l'article façon carte postale ou office de tourisme...

Donc voilà qu’un gazier, rouquin brestois pur sucre de naissance et de coeur, journaliste spécialisé faits divers et justice au canard régional « Le Télégramme de Brest » est devenu ici une véritable célébrité, connue et reconnue de tous, signant désormais à tout va autographes et dédicaces. J’exagère? T’as qu’à croire.


A la création de la chaîne de télévision locale Tébéo (pour Télé Bretagne Ouest) fin 2009, lui qui fait déjà rire sa Rédaction, est sollicité pour tenir une chronique d’humeur hebdomadaire décapante: les brèves de trottoirs sont nées. Courtes plongées dans son univers bien à lui, peuplées de personnages et d’expressions du cru avec un chié accent ty zef à couper au couteau. De quelques coups de gueule aussi, car il nous raconte sa vie et s'énerve contre les énervants. Le résultat est terrip’, au poil, nickel chrome. De Tébéo aux réseaux sociaux en passant par les DVD (plusieurs saisons déjà!), il fait le reuz et rire pas mal de monde. Ses billets, il dit les imaginer le matin en se douchant et en une prise ou deux c’est dans la boîte, comme ses fans comme moi les guettent tels le premier café du matin.

Attention, je ne prends pas cet accent pour me moquer des gens d'ici, car j'en fais définitivement partie. J'ai grandi à Brest : dans ses bus [maintenant le tram], dans ses écoles, dans ses patronages laïques, dans ses bistrots... C'est ma culture. J'adore écouter les Brestois parler, leur argot : ils ont des expressions formidables. [élevé par une grand-mère qui empruntait toutes les expressions du parlé brestois, notamment celui de l’arsenal où travaillait son grand-père] À Brest, on a une façon très imagée et poétique de parler des choses de la vie et de ce qui nous entoure. Les Brestois sont à la fois bagarreurs et tendres, rieurs et dépressifs, toujours prêts à mettre un coup de « penn Bazh » (bâton en breton, NDLR) et à réconforter. Des espèces d'ours au coeur tendre. Ça a nourri ma vie entière.

Allez, place à une petite sélection en vrac, à vous de choisir (...comme une boîte de chocolats: on ne sait jamais sur quoi on va tomber):

les vacances à Plouguerneau
la météo
élection miss france
film x brestoâ
bondieuseries
le hellfest
net vendeur
le manu décodé
don de sperme
voilà l'automne
renommer la région
mimi t’as forcé sur le produit?
le salon de l'agriculture
les vieux
les 3 phrases
le défi brestois
truc en or
question pour un champion

Et quelques rudiments de vocabulaire à l’attention de celles et ceux comme moi qui viennent pas du bourg: [1] [2] [3] [4]

Sauf si t’entraves que quick, la suite c’est par là:
http://www.tebeo.bzh/replay/542-breve-de-trottoirs
https://www.facebook.com/Steven.le.Roy.online

7 commentaires
1)
fxc
, le 23.05.2016 à 09:33
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Lundi prochain, je serais en bretagne et ce cours accéléré de brestois va peut-être me sauver la mise, surtout le vocabulaire, pour la conjugaison les bretons n’auront qu’à faire un effort…..

3)
fxc
, le 23.05.2016 à 17:24
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Ah la Bretagne… les bottes en plastique, les cirés et son cidre;-)

j’ajouterais: » et il ne pleut que sur les c…s » (;D

6)
Modane
, le 23.05.2016 à 22:26
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C’est marrant, son accent! À deux glottes du Québec?! En tout cas, c’est sympa!

7)
Dom' Python
, le 24.05.2016 à 10:30
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Savoureux ô combien!
Et tiens, Madame Poppins, si tu passes par là, écoute donc la brève de trottoir « Les vieux ». En repenssant à ton dernier billet, ça te plaira!