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DxO Optics Pro 2, les corrections ET le développement RAW!

J'ai effectué un premier test sur DxO Optics Pro, en juillet 2004. Or, une toute nouvelle version  2.0 du logiciel a vu le jour fin octobre de la même année. Cet article est donc une mise à jour la plus complète possible de ce qui avait été écrit alors. Parce que des nouveautés, il y en a dans cette nouvelle mouture du programme, ne serait-ce que l'intégration du format Raw.

En photographie, aucun matériel n'est parfait.

C'est comme en tout d'ailleurs…

Ce n'est pas trop grave lorsqu'on achète du bas de gamme, on s'y attend un peu, mais cela devient embêtant lorsque l'on achète du matériel fort cher pour amateur éclairé, ou pour professionnel.

Il est évident que l'achat d'un objectif Nikon haut de gamme sur un D2H, ou d'une optique Canon L sur un 1D Mark II assure une qualité certaine. Mais même là, un certain nombre de défauts entrent en scène.

Ce sont principalement:

  • Le vignetage (assombrissement des coins de l'image, dus au fait que la lumière n'arrive pas avec le même angle centre du capteur ou du film que dans les bords)
  • L'aberration chromatique latérale (effet de bavure rouge et bleu sur des câbles téléphoniques par exemple)
  • La distorsion, très visible en particulier avec les focales de type grand-angle
  • Des pertes au niveau du piqué, qui donnent l'impression que la photo est molle (au mieux) ou carrément un peu floue (au pire).

Ces défauts dépendent souvent de l'objectif lui-même, mais depuis l'arrivée des produits numériques, il est devenu évident que tester un objectif seul ne sert plus à rien. Il faut désormais l'analyser avec le boîtier sur lequel il est utilisé. De cela, j'en ai déjà parlé ici.

Chasseur d'images l'a démontré récemment dans de son numéro 261: selon la revue, qui pour moi a toujours été une référence, un objectif X pourra être bon sur un boîtier Y, beaucoup moins bon sur un boîtier Z.

Le problème du grand capteur 24/36 du Canon EOS 1D DS (on verra ce que donne le 1DS Mark II) est là pour en témoigner: si l'on ne met pas sur cet appareil un objectif L professionnel, le couple DS/objectif moyen de gamme va donner des résultats moins bon que le même objectif sur un 10D ou un 300D.

J'explique pourquoi ici également.

Et comment Chasseur d'Images arrive-t-il à ces conclusions qui ont fait bondir certains utilisateurs de DS?

Grâce à un logiciel assez fabuleux, développé par la société française Do Labs, fondée en 1995 par des mathématiciens de haut vol et réputés dans leur domaine, société qui vient de changer de nom pour s'appeler désormais DxO. Cette entreprise est spécialisée dans l'analyse et le traitement de l'image, et s'intéresse entre autres choses à optimiser les images qui sortent des téléphones mobiles, pour qu'ils soient à la fois légers et de la meilleure qualité possible. Avec l'arrivée des nouveau téléphones qui intégreront des capteurs 2 MP, sûr que Do Labs vise un créneau qui pourra être rémunérateur.

De même, DXO travaille sur des systèmes de correction pour les minilabs, et par conséquent en connaît un bout déjà dans le domaine de l'image.

Ce logiciel assez fabuleux disais-je, c'est DxO Analyser, qui va véritablement faire le diagnostic sous forme de chiffres et de graphiques des qualités et des défauts d'un couple objectif-boîtier, et cela, à toutes les focales et toutes les ouvertures. Jusqu'à ce jour, il était par exemple souvent possible de montrer si un appareil avait du bruit dans l'image, mais ça restait quelque peu subjectif. DxO Analyser vous donne le rapport signal/bruit d'un appareil à toutes les sensibilités. Pratique ensuite pour comparer les appareils entre eux.

Certains confrères de Chasseur d'Images utilisent également DxO Analyser, d'autres pas, prétendant que les chiffres ne sont pas tout, et que rien ne remplace l'expérience du testeur. Je suis bien d'accord sur ce point avec eux. Sauf que la technique froide et l'expérience sont complémentaires, et, si un jour nous partons sur des tests très nombreux d'appareils (il faudrait délaisser un peu le Mac dans ce cas), je ferai l'acquisition de ce logiciel, qui n'est même pas tellement onéreux, mais qui demande une mise en place précise et chronophage. Pour l'instant, ce type d'installation ne peut pas se justifier pour tester trois appareils par année comme je le fais actuellement.

Oui bon, d'accord me direz-vous. Mais créer un logiciel d'analyse de l'image pour les journalistes, ça ne doit pas remplir le ventre des 40 collaborateurs de DXO tous les jours. Et s'arrêter au fait de montrer les défauts d'un appareil, c'est bien joli, c'est utile, mais c'est un peu comme un médecin qui vous dirait que vous êtes malade et qui ne vous propose aucun médicament.

DxO Optics Pro: il corrige les défauts de votre couple "appareil/objectif"

Et c'est là que DxO Optics Pro entre en scène! Fort de la connaissance des forces et des faiblesses de votre matériel, connaissance obtenue par DxO Analyser, DXO nous a préparé, pour nous tous utilisateurs, DxO Optics Pro, qui va tout bonnement travailler les images pour les corriger localement, là où elles ont besoin de l'être, sur Mac OSX ou sur Windows!

Le logiciel est composé de trois modules:

  • Le moteur de correction, pour JPEG et Raw (nouveau) et de développement Raw (nouveau), qui est la base du système
  • Le module dédié à votre boîtier (voir liste complète qui évolue presque chaque semaine ici)
  • Le module dédié à un objectif. Là, pour chaque appareil, les modules proposés sont différents.

Vous devrez de toute manière disposer au minimum de cette combinaison de trois modules pour pouvoir travailler vos images.

Il faut savoir que vous devrez acheter un module par boîtier différent, et également par objectif. Je vais prendre un exemple tout simple.

Imaginons que je sois l'heureux possesseur d'un Mark 2 et d'un 300D de chez Canon.

Je vais donc acheter le moteur de correction (on ne l'achète qu'une fois, il est obligatoire), et deux modules "boîtiers" puisque les deux sont reconnus par DxO.

Allez, je mets donc dans mon panier un module 300D, un autre Mark 2

Imaginons ensuite que je dispose du 16-35 2.8 et du 24-70, qui sont tous les deux reconnus également par DxO Optics Pro.

Je vais devoir acheter un module par objectif, donc deux, même si en fait, les modules pour un même objectif sont différents pour chaque boîtier. Je téléchargerai donc 4 modules pour les objectifs, mais n'en paierai que deux.

Je vais ajouter dans mon panier

  • Le module 16-35 pour le 300D
  • Le module 24-70 pour le 300D
  • Le module 16-35 pour le Mark II
  • Le module 24-70 pour le Mark II

Mais je ne vais payer que deux modules dans ce cas sur les 4.

En ce mois de novembre 2004, un objectif 24-70, le module Canon 1D Mark 2, et le moteur de correction reviennent à 202 $.

Il s'agit ici d'un objectif haut de gamme, d'un boîtier qui l'est tout autant. Le prix des modules est plus ou moins cher selon la gamme des objectifs qu'ils corrigent.

Cette somme peut paraître conséquente, mais il est tout à fait possible de se dire que lors de la vente de notre appareil, la licence DxO suit le matériel et devient une réelle plus-value. De plus, les prix ont baissé depuis la version 1 du logiciel de 25% environ et en moyenne.

Et puis, plus vous achetez, moins vous payez. Enfin, façon de parler: disons que le système de la société se souvient exactement de tous les achats que vous avez déjà effectués chez eux, ne serait-ce que pour connaître votre configuration. Au fur et à mesure de vos achats, le prix des modules, boîtiers ou objectifs, deviendra moins élevé, puisque vous profiterez de rabais toujours plus importants.

Regardez ici la liste complète des objectifs (fichier PDF) , des boîtiers, et de leur prix respectif, rabais "de quantité" compris.

Vous noterez que des appareils de photo moins typés "Pro" tels que le Minolta A2 reviennent bien moins cher à "améliorer" puisque le module complet pour cet appareil revient 34 $.

Cette approche très sérieuse qui impose un module par objectif est ennuyeuse sur un point: on ne peut pas disposer immédiatement d'un patch DxO pour n'importe quelle optique, même si notre boîtier est reconnu par le logiciel. D'un autre côté, cette procédure rigoureuse est un gage de qualité. Lorsque le "correctif" pour un objectif est mis à disposition pour un boîtier bien précis, on peut être sûr de la qualité et la précision de la correction fournie… D'ailleurs, l'éditeur travaille très vite, et il n'y a pas de semaine qui ne voit pas le catalogue s'étoffer par l'ajout d'un module quelconque.

Autre avantage de l'approche séparée des modules de correction? Il est par exemple possible que Nikon sorte un jour un boîtier XZ qui inclut déjà en interne une correction de l'aberration chromatique latérale sur l'objectif Y. On risquerait donc une double correction de cette aberration, ce qui engendrerait automatiquement d'autres défauts. Avec la méthode proposée, aucun risque: sur le boîtier XZ, le logiciel fera son travail en ayant toute connaissance des corrections déjà effectuées par le boîtier.

Et comment DxO Optics Pro fait-il pour connaître mes conditions de prise de vue (quel boîtier? quel objectif, à quelle focale? quelle ouverture? à quelle distance du sujet?). Vous l'aviez deviné, grâce aux données EXIF qui accompagnent chaque image.

Parfois, par exemple pour le Mark II, le renseignement sur la distance n'est étrangement pas donné, alors qu'il l'est pour le 10D ou le 300D. Il faudra donc aider DxO Optics Pro dans ce domaine. Rien de grave puisque le programme n'a pas vraiment besoin d'une notion absolument précise à ce niveau. Mais c'est ennuyeux tout de même.

Il faut de plus savoir que chaque mois, DxO met à disposition des modules pour tel ou tel boîtier, et d'autres pour tel ou tel objectif.

Ça bouge dans cette entreprise! Il faut dire que le marché est porteur, pas encore saturé par les fabricants. Donc, il vaut la peine de se faire sa place. Et comme DxO le fait bien, tout est pour le mieux.

Un correcteur de défauts et un programme de traitement Raw tout en un

DxO Optics Pro, à l'aide d'algorithmes sophistiqués, en travaillant à partir des données EXIF qui, comme je l'ai écrit, lui donnent les conditions de prise de vue, va mettre ces données en relation avec ses profils dédiés. Dans le même temps tout analysant le contenu de l'image en cours de travail (les zones avec de nombreux contrastes ou avec des aplats ne doivent pas être corrigées de la même manière!), avec tout son savoir-faire, il va corriger vos images pour les débarrasser de tous leurs défauts "connus" et cela de manière totalement automatique, comme nous allons le voir plus bas.

Si dans la version 1, le programme ne travaillait qu'avec des images en JPEG, depuis fin octobre 2004, le Raw est de la partie pour un certain nombre d'appareils, Au moment où j'écris ces lignes, les Nikon D70, Canon EOS 1D Mark 2, Canon EOS 1Ds sont déjà disponibles. Mais le plan de travail (toujours suivi à ce jour par la société) prévoit:

  • mi-novembre support du Canon 300D et du Canon 20D
  • mi-décembre support du Canon 10D, du Canon 1Ds Mark2
  • début 2005 support du Nikon D2X et autres, etc...

DxO devient donc un excellent programme qui va traiter les fichiers Raw. Toutes les explications sur ce format, je les ai données ici. Si vous n'avez pas le temps de lire cet article, et que ces trois lettres vous sont inconnues, sachez que le format Raw est un format propriétaire à chaque appareil, et qu'il n'a subit aucun traitement de compression. Il s'agit en fait du vrai original BRUT (Raw en anglais) de capteur. On a dans le fichier Raw toute la qualité de l'image, avant traitement. Sur un fichier Raw, on peut tout faire, pour autant qu'un bon programme soit sous la main. La plupart du temps, les fabricants mettent à disposition des versions allégées de ce genre de poduits. Actuellement, un programme génial permet également de travailler le Raw, c'est C1 Pro, de PhaseOne. PhotoShop et son module CameraRaw sont également capables de travailler ces fichiers.

Mais ces logiciels imposent un travail manuel, au demeurant passionnant pour le professionnel ou l'amateur qui aime travailler ses images. DxO quant à lui, comme nous allons le voir, permet aussi ce travail manuel, mais il pourra également développer les fichiers Raw tout en corrigeant les défauts du couple "optique-boîtier" que vous utilisez.

Autre avantage de DxO, son dématriçage de Bayer très poussé, qui ma fois, associé aux autres algorithmes "maison" donnent des résultats excellents, notamment dans le rendu, souvent bien moins accidenté (artefacts) que la concurrence. Écoutons ou plutôt lisons l'explication donnée par l'éditeur lui-même:

Tout converteur Raw doit notamment effectuer une opération d'élimination de l'effet mosaïque (appelée également quelquefois interpolation Bayer). Cette opération transforme les données capturées par le capteur de l'appareil photo (le fichier raw) en un fichier RVB (en principe 16 bits). La qualité de l'algorithme d'élimination de l'effet mosaïque joue un rôle primordial dans la qualité de l'image finale.

  • Grâce à ses recherches dans ses laboratoires, DxO Labs a développé de bout en bout ses propres algorithmes d'élimination de l'effet mosaïque afin de garantir une qualité d'images optimale. Les images obtenues sont alors plus nettes et plus détaillées.
  • En outre, l'élimination de l'effet mosaïque de DxO Raw Engine réduit au minimum les effets non désirés produits par la conversion raw (relief, fausses couleurs, franges, pixels mal alignés, etc.) Ces effets non désirés sont parfois pratiquement impossibles à supprimer ou cela prend un temps fou.
  • Le module DxO Raw Engine inclut également une technologie propriétaire DxO qui produit des images avec moins de bruit que les autres converteurs raw du marché tout en conservant le maximum de détail.

Malheureusement, un comparatif des traitements Raw était disponible à cet endroit jusqu'à ce 4 novembre à midi, mais j'ai dû le retirer, ne disposant pas des droits sur les images. Désolé, je vais refaire tout ça moi-même.

DxO Optics Pro, la preuve par l'acte

Installer DxO, c'est tout simple et s'effectue via le traditionnel installeur pkg d'Apple. Enfin, quand je dis tout simple, j'exagère un peu. Le système de protection proposé m'a personnellement, et à beaucoup d'utilisateurs Mac également, posé quelques problèmes. Beaucoup trop souvent en fait. Heureusement, la société DxO est à notre écoute et fait tout pour nous dépanner. Il n'empêche, la technologie proposée par DxO (une protection signée Aladdin complètement nulle sur Mac) est problématique. DxO est à la recherche d'une solution de rechange à l'actuelle pour pallier ces problèmes. Je le souhaite parce que si le programme testé ici est de grande qualité, cette protection lui donne une mauvaise... image de marque.

Une fois le programme lancé, nous voyons une fenêtre de base vide, surplombée d'une barre d'outils.

Je commence la première fois par vérifier que mes modules sont bien chargés, en cliquant sur le bouton Modules de cette barre.

Tout y est, c'est bien.

Il suffit ensuite de glisser ses images JPEG ou Raw dans la fenêtre principale, ou de cliquer sur le bouton "Ajouter" de la même barre d'outils. On peut choisir d'ajouter un dossier contenant des images en suivant la première méthode.

Et là, les différences sautent aux yeux par rapport à la version 1 qui n'affichait que la liste des fichiers à traîter, et des options pour la correction. Voyez plutôt:

Eh oui, les images sont maintenant visualisables. Nous allons pouvoir travailler avec elles bien plus facilement. Une icône en haut à droite de chacune d'elle vous donne son état. En cas de problème, elle affiche une icône spéciale rouge et blanche:

L'explication du problème est montrée dans la barre d'état si l'on survole l'image:

Pour voir une image (ou plusieurs) et commencer le travail sur elle, il suffit de la sélectionner et de cliquer sur le bouton "Paramètres" (ou de double-cliquer sur l'image).

Et là, nous tombons dans une section toute nouvelle du logiciel, la fenêtre de paramétrage et celle de visualisation.

La fenêtre de paramétrage réunit un certain nombre de nouveaux réglages pour DxO:

Elle est assez importante, cette nouvelle fenêtre, pour que je vous la mette directement en taille réelle.

De haut en bas, nous trouvons:

  • Une zone d'indication de distance de mise au point. Attention. Cette zone n'est pas toujours présente. Par exemple, avec mes essais sur le Minolta A2 qui transmet cette donnée dans l'EXIF, nous ne la voyons pas apparaître. Par contre, avec mon Canon EOS 1D Mark II, l'EXIF ne renseigne pas le programme sur cette donnée. Il faudra donc l'entrer à la main, ce qui n'est pas trop pratique. Heureusement, les données sont précises en dessous d'un mètre, ensuite, cela n'a plus beaucoup d'importance.

Notez que ce réglage, comme tous les autres, peut être fait individuellement avant traitement en lot par DxO Optics Pro, ce qui est un gros progrès par rapport aux versions précédentes. Il n'empêche, j'espère vraiment que les programmeurs trouveront une solution (cette donnée doit bien être indiquée quelque part) pour corriger cette petite faiblesse dont ils ne sont pas a priori responsables. De même, une correction sur certains appareils de la distance focale peut être demandée. C'est le cas à nouveau du Canon (grrrr...) pas du Minolta (aaaaah).

Remarquez que cette imprécision est faible. Personnellement, je laisse tel-quel.

Il se peut également, si l'appareil a retourné automatiquement l'image lors d'une prise de vue en mode portrait, qu'il faille indiquer l'orientation de l'appareil. C'est le cas uniquement si vous avez retourné une image dans un programme extérieur, après prise de vue. Vous aviez la main gauche en haut ou en bas? Pour pallier cette petite difficulté (la plupart du temps, on vise toujours de la même manière, donc il est très facile de se rappeler de l'orientation lors de la prise de vue), due au fait que les objectifs ne sont souvent pas symétriques, il est recommandé de ne pas retourner les images dans un programme externe avant traitement par DxO.

  • un réglage fin de la balance des blancs de plusieurs types
    • originale
    • préréglée
    • par température(de 2000 à 20000 degrés Kelvin)
    • teinte (échelle de –100 to +100, seulement disponible depuis une image Raw)
    • par pipette qui va pointer sur un blanc ou un gris de référence sur l'image

  • une correction de l'exposition par pas de 0.05 EV, de -4 à +4 EV

  • une visualisation de l'histogramme sur lequel il n'est pas possible d'intervenir au niveau des courbes ou des niveaux, comme sous PhotoShop. Cet histogramme reflète l'état des réglages effectués à l'origine puis après réglages.

  • les données EXIF importantes prises en compte

  • les boutons de prévisualisation bien pratique pour nous rendre compte des corrections qui vont être effectuées

Nous pouvons donc désormais savoir à l'avance ce que va donner une correction après traitement. Ces deux options sont d'autant plus utiles qu'il est désormais possible de choisir le taux de correction de cette distortion et de ce vignettage.

Les changements sont vus pratiquement immédiatement après toute manipulation sur les curseurs. Personnellement, je laisse la correction du vignettage et de la distortion toujours à 100%, ce qui correspond aux corrections effectuées par défaut par le logiciel si l'on ne passe pas par cette fenêtre (correction identique alors à ce que faisait la version 1.1 de DxO Optics Pro). Par contre, il faut savoir que la correction du vignettage, par exemple, est intelligente et tient compte du contenu de l'image. Une accentuation ou une diminution agira sur cette correction de manière uniforme, mais la correction restera différenciée pour chaque pixel.

  • Un curseur vous permet également de régler le gain de netteté à la sortie du fichier. Malheureusement, cette option semble ne pas pouvoir être prévisualisée. Un réglage sur la position "0" laisse DxO faire son travail comme il le faisait en version 1.1. Un réglage sur "-1" est équivalent à un flou gaussien dans PhotoShop.

Détail de photo de cuisine, original, taille 1:1

De gauche à droite, avec correction "Flou maximum", correction "0" (automatique), correction "Netteté maximum"

Notez que les curseurs sont parfois peu pratiques. Je préférerais pouvoir entrer mes données directement dans des champs dédiés, ce qui n'est pas possible dans la version actuelle.

Mode automatique en toute confiance

Vous pouvez passer par la fenêtre que je viens de vous décrire pour préparer chaque photo indépendamment, mais vous pouvez également, si la balance des blancs des images ne vous pose pas de problème, et si vous n'avez pas un appareil nécessitant l'indication manuelle de la distance (vous pouvez dans ce cas laisser tomber ce réglage si vraiment vous devez aller vite), décider de laisser les automatismes efficaces de DxO travailler pour vous.

Que voulez-vous corriger? Tout? Aucun problème, vous laissez les réglages tels quels. Vous voulez garder la distorsion (effet grand-angle désiré)? Il suffit de cliquer sur la case à cocher pour désactiver cette fonction.

De même avec les autres réglages. Plus simple? Impossible! On coche simplement ce que l'on veut corriger.

Vous choisissez votre format de sortie (Tiff ou JPeg, le DNG n'est pas encore de la partie, je l'espère un jour ou l'autre en sortie) et ce que vous voulez faire des images corrigées qui peuvent être laissées dans le dossier d'origine avec un suffixe de votre choix, ou glissée ailleurs sur votre disque. Les originaux quant à eux restent bien en place, à moins qu'on ait décidé leur écrasement par le résultat de la correction .

Quelle erreur de goût! On achète DxO pour obtenir la meilleure qualité et le programme ne nous propose pas la meilleure par défaut (90%) dans l'échelle de qualité JPEG. En pratiquant de la sorte, un fichier JPEG de 4.5Mb est réduit à la taille de 1.9 Mb. En revanche, à 100%, le même fichier passe à 5.6 Mb. Un fichier Raw en provenance du Canon 1D Mark II passe de 6.5 Mb environ à... 800kb en JPEG 90%, et 3.3 Mb en JPEG à 100%.

Il vaut donc la peine de placer le curseur sur 100% de qualité avant de commencer le travail. Notez qu'il est possible également de sortir son fichier sans la moindre compression en choisissant le format Tiff après correction.

Il reste à choisir le profil colorimétrique de sortie:

On clique ensuite sur Démarrer et le travail commence.

 

Une fois les photos traitées (il faut compter trois minutes par image, ouverture, conversion Raw, correction et enregistrement compris sur un AluBook 17), le programme vous propose de les afficher dans sa visionneuse intégrée. Oui, ce travail de correction est lent, mais on peut très bien envoyer ces calculs en tâche de fond, voire de nuit, puisque le logiciel n'a pas besoin de votre présence pour parvenir à ses résultats. Et ces trois minutes sont nécessaires pour convertir un fichier Raw en provenance du Canon EOS 1D Mark II (Env 8Mb).

Une image JPEG en provenance du Konica Minolta A2 (4.5MB, JPEG) prend 40 secondes.

Une fois dans la visionneuse, c'est le bonheur puisque l'on peut passer d'une seconde à l'autre de la version corrigée à l'originale, et vice versa.

Il manque juste la possibilité de voir les images en miniature et de pouvoir cliquer directement sur celle que l'on désire comparer. Passer de l'une à l'autre, surtout que l'on doit à chaque fois charger le fichier, est vite quelque peu rébarbatif. Dans une prochaine version peut-être!

Quelques exemples maison

J'imagine que vous désirez voir maintenant quelques exemples de ce que peut faire DxO Optics Pro. Bien, je vais donc vous en montrer quelques-uns. D'autres se trouvent sur le site de Do Labs. Ces essais ont été effectués avec la version 1.1. J'ai constaté qu'avec la version 2, les résultats sont les identiques.

Le coin en haut à gauche de l'image, taille réelle. Notez les différences de piqué et la correction du vignetage.

 

Le coin en haut à droite d'une image de mon crépi. Notez la correction du vignetage (24 mm à 2.8)

 

Observez la correction de la distorsion (24 mm)

Un agrandissement à 160% du tableau précédent.

 

Agrandissement de la photo de ma plaque signalétique: le piqué est bien meilleur sur l'image corrigée.

Agrandissement d'une image: correction du piqué et de l'aberration chromatique. Le résultat est impressionnant. L'image est plus propre et plus détaillée.

Là également, l'image semble plus présente, sans aucune dégradation.

À partir de cette image du flanc de mon flipper, les deux agrandissements suivants

La sensibilité est réglée sur 1600 ISO (remarquez le peu de bruit généré par le Canon!). L'image est plus nette une fois corrigée mais le bruit est légèrement plus présent également.

En conclusion

DxO Optics Pro est une solution passionnante pour travailler vos images. Bien entendu, il ne fera pas non plus des miracles. D'une photo floue, il n'arrivera pas à faire une merveille de netteté. À partir du Konica Minolta A2 ou du Canon 1D Mark II, les résultats ne sont pas forcément toujours spectaculaires, mais néanmoins bien présents.

À ce jour, le logiciel travaille comme nul autre ne sait le faire. Vous-même, grand spécialiste Photoshop, vous ne pourriez arriver à de tels résultats (rappelons-le localisés sur l'image) qu'après de longues heures passées à retoucher votre œuvre. Et encore! Par rapport à C1 Pro par exemple, DxO a pour lui la correction des défauts optiques que ne propose pas la concurrence.

Il serait relativement facile pour Do Labs d'exagérer les corrections pour en mettre plein la figure à l'utilisateur. Or, il ne le fait jamais. Les corrections sont faites par rapport à ce qu'il faut corriger, rien de plus. Le but n'est pas de faire quelque chose de clinquant, mais de plus "juste" possible.

Et DxO Optics Pro remplit parfaitement son cahier des charges.

Que demander de plus?

Que tous les objectifs soient disponibles pour tous les boîtiers? C'est en route mais ce sera difficile.

Personnellement, je n'ai jamais été trop chaud avec les correcteurs électroniques d'image. Même Photoshop me fait peur. Ici, nous avons à faire avec un logiciel extrêmement sérieux, fait par des spécialistes pour des passionnés ou pour des pros.

Franchement, je pense qu'avec ce DxO Optics Pro, vos images ne peuvent pas être dans de meilleures mains.

Grande question: l'achat du programme va-t-il mettre à mal les ventes des objectifs professionnels? On pourrait se poser la question en effet, puisque le logiciel peut corriger les défauts des objectifs bas de gamme de manière semble-t-il spectaculaire (on me l'a dit, je veux bien le croire, mais je n'ai pas pu tester un module pour ce type de matériel), qu'il le fait sur un objectif Pro. En effet, sur ces derniers, les progrès sont moins "frappants" ou éclatent moins à la figure.

Mais vous avez certainement déjà compris que les corrections, aussi bonnes soient-elles, ont toujours des limites au-delà desquelles l'image risquerait de se dégrader. Par exemple, on peut facilement augmenter le piqué sur Photoshop, mais dans ce cas, on augmente le bruit dans l'image. Il va donc de soi que le DxO Optics Pro va pouvoir travailler de manière bien plus confortable avec une image en provenance d'un objectif de haute qualité qu'avec un zoom offert en bundle avec un reflex bas de gamme.

15 commentaires
1)
khol
, le 09.09.2004 à 20:55
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Un point m’ennuie… J’ai lu pas mal de tests d’objectifs un peu partout. Il semblerait que la qualité des objectifs d’un même modèle ne soit pas toujours constante alors même qu’ils auraient dû être parfaitement identiques.

De plus, qu’arrive-t-il si un modèle évolue brusquement sans pour autant changer de nom? (Puisque les fabriquants se réservent le droit de modifier leurs produits sans préavis) Faudra-t-il tenir compte du numéro de série par exemple?

Quelle angoisse :)

2)
François Cuneo
, le 09.09.2004 à 21:10
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Au niveau des objectifs, ils font par exemple un distinguo entre le 70-200 2.8L et le 70-200 stabilisé L de chez Canon.
Et puis, une formule optique coûte très cher à développer, ils ne changent pas si souvent les objectifs que ça.

En ce qui concerne les firmwares des appareils, DXO est à l’écoute et change au besoin les modules dédiés gratuitement.

3)
toucan
, le 26.10.2004 à 12:04
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Bonjour,
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article sur le prog. DxO Pro; et je partage vos conclusions.
J’ai pris connaissance également sur le net des remarques à propos des protection des programme!(http://www.cuk.ch/articles.php?unique=424&imprimer=1)
Et je partage entièrement vos constats.
En effet j’ai installé le programme sur mon PC pentium 4 (Windows XP prof.)et celui-ci ne veux pas se lancer. Avec la « Suisse » par de réponse, avec la « France » j’ai reçu une aide très conviviale mais malheureusement on n’a pas pu me dépanner, je suppose qu’il s’agit d’une protection du logiciel que que DxO ne maitrise pas.
Connaissez vous quelqu’un qui pourrait avoir trouvé une solution au problème d’installation?
Le programme que j’ai acheté est dédié au canon 300D et les optiques Canon 18-55 et 28-135
Merçi de votre réponse
Toucan

Toucan

4)
Inconnu
, le 04.11.2004 à 08:01
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Bon papier François, excellent papier !!
Et pourtant, je ne suis pas convaincu par l’utilité d’un tel produit pour les photos que je réalise de temps à autre et j’aime bien (nous en avions parlé à Paris) le fait que je ne sois pas maître de tout, comme avec un appareil Lomo !
De plus, je ne suis pas trop d’accord avec ton premier exemple où tu montres le résultat avec le logiciel C1. Comme tu le sais, tu peux jouer sur l’accentuation de la netteté (standard ou adoucie)…
Enfin, que ta photo ainsi traitée ne va pas forcement convenir selon le support cible… Si tu bosses pour une publication papier, tu vas devoir dans nombre de cas accentuer à nouveau…
Hormis cela, c’est impressionnant mais je pense que le plus important dans toute cette histoire, c’est le cadrage de l’image, sa charge émotive et non le fait de savoir si elle vignette ou pas… J’ai de plus en mémoire des photos avec des vignetages importants qui sont superbes et « dramatisent » la scène. Bref, pas enthousiaste sur ces produits qui cherchent à tout corriger, à tout niveller…
Vive les fêlures et grain et accidents de prise de vue !

http://www.macdigit.com

5)
pilote.ka
, le 04.11.2004 à 08:04
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François, j’admire les résultats obtenus, mais tu as raison de dire que DxO s’adresse d’abord aux proffessionnel et aux amateurs éclairés.
Je pense qu’à plus ou moyen long terme un tel logiciel devrait être vendu avec l’appareil.

6)
François Cuneo
, le 04.11.2004 à 08:55
[modifier]

pilote.ka, justement, ce genre de programme est tellement simple à utiliser qu’il peut être utilisé par tout utilisateur simplement exigeant. Pas besoin d’être spécialiste.

Jean-Christophe, les exemples de comparaison de traitement Raw entre programmes sont fait avec des réglages standard.

Sûr que le cadrage est le plus important, sûre que l’émotion ne dépend pas forcément du vignettage, mais l’un n’empêche pas l’autre.

7)
JCP
, le 04.11.2004 à 09:39
[modifier]

Une chose m’échappe : pourquoi vous donner tant de peine pour améliorer vos images et choisir un profil colorimétrique aussi pauvre que le sRGB?

8)
François Cuneo
, le 04.11.2004 à 10:21
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Tout simplement parce que malgré sa pauvreté (toute relative, il ne faut pas exagérer), le sRGB reste le standard des labos photos.

9)
JCP
, le 04.11.2004 à 10:43
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OK, compris. Je viens de faire un petit tour sur les différents sites de labos en ligne et le constat est effectivement clair : sRGB partout.

Navrant. Merci Windows.

Sur une bonne imprimante photo, la différence entre sRGB et, disons, Adobe RGB est flagrante.

Je n’aime pas les petites leçons parfois un peu simplistes de CNET, mais l’image dans cet article parle d’elle-même.

Et quel beau crépi ;-)

10)
Gokart
, le 04.11.2004 à 11:20
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François, ceci juste pour signaler que DxO Optics Pro 2 ne s’installe pas sur les Mac ne prenant pas en charge Altivec (tous les G3?). En tous cas c’est le message d’erreur renvoyé par l’installeur sur mon iMac 400 DV G3.
Heureusement que ce n’était que la version démo et que je n’avais donc encore rien payé ! J’ose à peine imaginer la galère dans le cas contraire pour me faire rembourser…
Je n’ai trouvé aucune indication sur la configuration minimale requise et l’impossibilité de prise en charge des G3 à aucun moment lors du téléchargement de la démo et pas plus lors de la simulation avortée de commande ferme sur leur site. Seule une recherche plus poussée dans la FAQ permet de trouver une trace de la configuration minimale sous OSX…!
Vu le nombre de G3 encore en circulation, celà ne nécessiterait-il pas un petit ajout sous forme d’avertissement dans ton au demeurant excellent article ?

11)
François Cuneo
, le 04.11.2004 à 11:55
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Je ne sais absolument pas s’il s’agit d’un problème avec les G3 réellement, ou d’un problème de plus dû à la protection. Il faut que Luc Marin intervienne là, pour dire ce qu’il en est.

Je ne peux pas dire que ça ne fonctionne pas sur les G3 parce qu’une personne a un problème. Il faut que je vérifie.

Merci de l’avertissement.

12)
Gokart
, le 04.11.2004 à 12:07
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Non François, dans la FAQ du site, les G3 sont indiqués comme exclus. C’est donc officiel …mais bien caché !

13)
spa
, le 04.11.2004 à 16:42
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Après lecture de ce document, j’ai testé une photo prise avec Nikon D70 et objectif 18-70 de Nikon.
Le traitement améliore bien la photo en netteté.
Par curiosité, j’ai traité la même photo avec Photoretouch de Binuscan.
Les résultats sont équivalents, je pense même que Photoretouch est meilleur dans les bleu de ciel d’Ile de France.
Donc pas complètement convaincu.

14)
Dan DT
, le 04.11.2004 à 19:00
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Bravo comme d’habitude, test très fouillé ;-)

C’est bien beau tout ça et cela s’adresse à des « sssspécialisss »

Moi je voudrais juste un ch’tit utilitaire qui enlève « bien » et « facilement » les neneuils rouges et aussi qui récupère des photos faites en altitudes et qui sont toutes bleues vu que le CoolPix 3200 il n’a pas de filtre UV
m’ci zatouss pour vos trucs ;-)


Du pays de la (vraie) bière et particulièrement la Kwak et la Leffe :~{D