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Les énergies renouvelables au Sénégal. Quelques réalisations.

Dès les années soixante-dix, j’ai été pris de passion pour les énergies renouvelables.

La proximité de la COP21 qui se réunira à Paris le 30 novembre et les liens que zit nous a fournis dans son dernier article (dont beaucoup m’ont passionné) seront le prétexte au sujet de mon article d’aujourd’hui.

Au Sénégal, les énergies renouvelables ont fait très tôt l’objet d’études et de réalisations dans au moins trois domaines : Le Chauffage Solaire de l’eau - Le Pompage Solaire et L’Énergie Éolienne (expérience personnelle).

Le chauffage solaire de l’eau

Dès mon débarquement du Comet le 1er janvier 1954 à Dakar-Yoff (souvenez-vous, c’était mon baptême de l’air et la première fois que je foulais le sol d’Afrique) nous avons rejoint la maison de mes grands-parents en empruntant la route de NGor vers Ouakam et le «Point E».

Ce matin-là, la seule construction visible à l'horizon dès les premiers kilomètres était l’Hôtel de NGor, construit sur un promontoire face à l’Île de NGor (qui devint plus tard chère à la chanteuse France Gall qui y possède une résidence où elle vit six mois par an).

Pendant des années, je passais tous mes jeudis, samedis et dimanches à la Plage de NGor qui est au pied de l’hôtel.

Vingt ans plus tard, j’ai été amené à participer à des travaux de surélévation de l’hôtel. C’est lors de ma première visite de chantier que j’ai découvert avec surprise que dès l’origine, la totalité de la toiture de l’hôtel avait été couverte de capteurs plans qui assuraient la production d’eau chaude pour l’établissement !

L’eau chauffée pendant la journée était stockée dans des «ballons» de très grande dimensions isolés à la laine de verre protégée par un enduit de mortier grillagé et installés au 7e étage de l’hôtel. La distribution s’effectuait par gravité vers les chambres et jusqu’aux cuisines du Rez-de-chaussée.

Les recherches que j’ai faites par la suite m’ont montré que l’Hôtel de NGor n’était pas le premier établissement recevant du public dans le monde qui soit équipé de cette manière, puisqu’une des premières référence françaises en la matière date de 1914 et concernait l’Hôpital d’Alexandrie, en Égypte !

Au fil des années, on a vu fleurir sur les toits des villas des «chauffe-eau solaires» individuels importés mais l’expérience de masse de l’Hôtel de NGor n’a jamais été renouvelée sur aucun immeuble d’importance.

À noter que les toits des nouveaux immeubles de Dakar sont tous plutôt encombrés des centrales de froid nécessaire à la climatisation des locaux.

L’hôtel Pullman-Téranga, terminé en 1975, ne fait pas exception…

Ces centrales de froid et les autres climatiseurs individuels qui les assistent sont un gouffre en termes de consommation d’électricité. Pour assurer la continuité du service et pallier les défaillances de Sénélec (notre EDF nationale), on est obligé d’installer des Groupes Électrogènes Diesel de forte puissance dans tous les immeubles d'importance.

C’est ainsi qu’un établissement dakarois qui allie Casino, Restaurant et Discothèque est équipé d’une groupe à déclenchement automatique de 500 KVA.

Tout cela est-il bien raisonnable ?

La Pompe Solaire du Doyen Masson

En 1973 (année du premier choc pétrolier), j’allais voir démarrer chaque matin vers 11 heures la « Pompe Solaire » réalisée par l’équipe du professeur Masson, Doyen de la faculté des Sciences de Dakar. Avec 90 m2 de capteurs, de 11 heures à 17 heures elle pompait 15 m3/Heure d’eau dans un puits situé sur le site.

Cette Pompe Solaire fonctionnait suivant un cycle thermodynamique original :

  • Un réseau de capteurs plans chauffait de l’eau additionnée de glycol (le système fonctionnait à la pression atmosphérique standard. Il fallait donc éviter que l'eau ne se mette à bouillir et crée des poches de vapeur dans le circuit).
  • Un échangeur thermique eau/gaz chauffait un gaz (fréon, butane, plusieurs essais ont été réalisés) et le faisait monter en pression.
  • Une machine à vapeur alimentée par le gaz sous pression entraînait mécaniquement une pompe installée sur le puits.
  • Un condenseur par lequel transitait l’eau remontée du puits servait à refroidir le gaz comprimé avant sa détente dans le moteur à vapeur.

Et le cycle recommençait. Simple et élégant !

C’était à Dakar, au CEREER, route du Service Géographique.

Les 90 m2 de capteurs étaient constitués de « Canaletas » auto-portants inclinés à 17°. Ils servaient de toiture à un local qui aurait pu être un dispensaire de brousse ou affecté à un usage collectif quelconque.

1973, c’est aussi l’année de parution du premier succès littéraire de François de Closets « Le Bonheur en plus » dont la première page m’avait beaucoup marqué.

L'auteur y notait que la première victoire de MATRA sur le circuit des 24 heures du Mans avec le tandem Henri Pescarolo / Graham Hill sur MS 670 avait été rendue possible par un financement public affecté au développement du fameux moteur V10 Matra.

Il comparait dans la foulée l’incapacité dans laquelle se trouvait M. Jean-Pierre Girardier de trouver l’argent nécessaire au développement du moteur de sa pompe solaire. Ce M. Girardier était le concepteur et constructeur de la machine à vapeur qui entrainaît la pompe solaire du Doyen Masson. Il souhaitait mettre au point une turbine dont le rendement et la régulation auraient été plus efficaces…

Il faut dire qu’à l’époque on a souvent lu des critiques sur le cycle thermodynamique Masson-Girardier, lui reprochant un rendement très faible. Ma réponse était et reste toujours la même « En quoi cela gêne-t-il puisque le soleil est gratuit ? ».

Cette cabale pseudo-scientifique et le désintérêt des financiers qui en découla retarda le développement de la filière et laissa le champ libre aux technico-commerciaux du photovoltaïque qui se répandirent sur la planète à la recherche de marchés. Ça continue aujourd’hui, même si les critiques sur la rentabilité de cette filière deviennent de plus en plus pressantes.

J’ai toujours dit que l’importation du photovoltaïque en Afrique était un scandale, un nouveau moyen d’exploiter ces pauvres diables alors que le cycle thermodynamique est moins cher, permet un transfert de technologie immédiat pour la construction des ouvrages et amortissable beaucoup plus rapidement. De fait, seule la turbine à vapeur Girardier fait l’objet d’une importation spécifique. Tout le reste des éléments peut être trouvé sur place, usiné et monté par la main d’œuvre locale.

Les faits sont têtus et j’apprends que le Maroc s’est aujourd’hui engagé dans le développement d’installations thermodynamiques qui sont amorties au niveau énergétique en cinq mois alors qu’il faut entre trois et cinq ans pour amortir une installation photovoltaïque de même puissance !

La Centrale Solaire “H24” de Diakhao

Préambule

Avec la construction de cette centrale expérimentale dans les années quatre-vingt, le Sénégal avait franchi une nouvelle étape dans l’utilisation de l’énergie solaire thermodynamique.

Tout le monde sait que le soleil reste invisible entre son coucher et son lever du lendemain et que son rayonnement ne peut être utilisé que quelques heures dans la journée. Se pose donc le problème du stockage de l’énergie captée lorsqu’elle est disponible pour l’utiliser ensuite en dehors de ces heures bénies qui permettent aux technico-commerciaux de faire la démo de leurs maudits panneaux photovoltaïques « c’est simple : vous mettez le panneau au soleil, vous branchez votre télé et ça marche ».

À partir de ces panneaux, on peut évidemment charger des batteries qui restitueront du courant en l'absence du rayonnement solaire. Problème : les batteries traditionnelles au plomb ont une durée de vie trop limitée. On passe donc par des batteries au gel qui sont censées durer plus longtemps mais qui coûtent une fortune. Quand on sait qu’il faut ajouter l’ensemble des circuits électroniques nécessaires à gérer le système, on comprend pourquoi le prix d’une telle installation est prohibitif au-delà d’une certaine puissance. Ce n’est jouable qu’avec des aides fiscales, pour un amortissement que j’affirme tout à fait aléatoire malgré les belles promesses des technico-commerciaux et les belles présentations Powerpoint.

Revenons à la Centrale “H24” de Diakhao

Cette centrale solaire à fonctionnement en continu (jour & nuit) avait été construite à Diakhao (18 km de Fatick). Elle fonctionnait suivant le même principe que celle du Doyen Masson mais la machine à vapeur Girardier avait été remplacée par une turbine (enfin !) reliée à un alternateur, la surface de capteurs avait été portée à 2 000 m2 et le stockage de l’eau chaude additionnée de glycol était assuré par un réservoir calorifugé de 530 m3. Installée à proximité d’un puits, elle fournissait l’eau et l’éclairage public à tout le village. Expérimentale, elle avait coûté 350 millions de FCFA (1 million d’euros à l’époque).

Dans la journée, la moitié des 2 000 m2 de capteurs était utilisée pour chauffer directement l’eau d’un ensemble Masson-Girardier qui générait du courant pour la pompe, laquelle alimentait un réservoir d’eau et un abreuvoir pour le bétail. L’autre moitié de surface des capteurs réchauffait de l’eau qui était stockée dans le réservoir calorifugé.

En fin d’ensoleillement, un by-pass contrôlé par un circuit électronique envoyait l’eau chaude stockée à 50-70 °C vers l’ensemble Masson-Girardier, sans rupture dans la production de courant électrique.

Je ne sais pas si ce principe a été appliqué ailleurs dans le monde. En ce qui me concerne, j’ai toujours considéré cette réalisation comme unique.

L’Énergie Éolienne

Hormis les éoliennes individuelles du style Far-West installées en brousse à proximité de certains dispensaires tenus par des congrégations religieuses, aucune réalisation industrielle n’a vu le jour au Sénégal depuis soixante ans.

Je passerai sous silence un projet réalisé par la Coopération Italienne à MBoro. Il n’a jamais fonctionné et j’avoue que je n’ai toujours pas compris ce que faisaient ces six énormes éoliennes désespérément immobiles sur une dune en bordure de route.

Une expérience unique

Pourtant, une expérience a été réalisée par mon complice de toujours, sorte de Géo Trouvetou qui m’accompagnait voir démarrer « la pompe du Père Masson » en 1973.

C’était sur le puits du cabanon d’un ami à Toubab Dialaw à 50 km de Dakar en bordure de mer. Il n’y avait ni eau courante ni électricité et les téléphones portables n'avaient pas été inventés. Quelle paix !

Jusque là, l’eau était puisée dans le puits avec des seaux, versée dans un bac tampon de 1 000 litres et une pompe Japy n°3 manuelle permettait de remonter le contenu du bac vers 4 fûts de 200 litres qui alimentaient le cabanon en parapluie avec un dénivelé de 4 m.

L'éolienne de Géo Trouvetou

Imaginez un anémomètre géant, de 6 m d’envergure et de 6 m de haut. Les capteurs de vent étaient des demi-sphères de 80 cm de diamètre réalisées en résine polyester armée de fibre de verre. Les demi-sphères étaient peintes en noir, ce qui les rendait visibles de loin…

3 câbles en inox répartis sur la circonférence faisaient office de haubans et assuraient la stabilité latérale de l'ensemble mobile et sa verticalité.

Au pied du tube vertical de 6 m, un ensemble bielle-manivelle actionnait une pompe aspirante-refoulante dont le tube descendait au fond du puits, à 15 m de profondeur.

L’eau était refoulée directement vers les fûts avec un dénivelé de près de 20 m. Aucune régulation ni trop-plein n’étaient prévus et lorsque les fûts étaient pleins, le trop-plein d’eau pompée redescendait dans le bac tampon, puis du bac tampon vers le puits.

Nous étions au moins sûrs d’avoir 1 800 litres d’eau en arrivant pour le week-end.

Le rendement moyen de la pompe était de 47 litres/heure. C’est peu mais cela fait plus de 1 000 litres/jour. Que demander de plus puisque du lundi au vendredi le cabanon était inoccupé ? À tel point que le gardien-jardinier pouvait remplir ses arrosoirs dans le bac jusqu’au jeudi soir (date limite autorisée par la consigne) et arroser le jardin.

Notre seule inquiétude était le comportement du système en cas de tornade. En fait, il s’avéra que la mauvaise aérodynamique des demi-sphères était telle qu’en cas de grand vent la traînée compensait la poussée et que l’ensemble se stabilisait à 1 tour par seconde. Les haubans vibraient un peu mais c’était magique :-)

Notre bidule, qui était visible depuis la plage au-dessus des rochers, excitait beaucoup la curiosité des promeneurs du dimanche qui parfois les poussait à monter voir. Souvenir de quelques rencontres bien sympathiques autour d’un pastis et des brochettes grillées dans la cheminée…

Triste conclusion

L’éolienne de Géo Trouvetou a parfaitement fonctionné pendant un moins trois ans, jusqu’à ce samedi matin où je l’ai retrouvée effondrée. Le crochet d’un des ridoirs qui servaient à tendre les 3 câbles qui lui donnaient sa stabilité avait été complètement ouvert, visiblement à l’aide d’un tube qui était encore sur place. Le crochet avait lâché prise de l’anneau scellé dans le béton de la margelle et l’éolienne s’était couchée, tirée par les deux haubans restants.

Celui qui a fait ça y avait mis toute son énergie car les pièces d’un ridoir sont en acier cémenté. Est-ce lui qui tirait les seaux du puits auparavant, moyennant quelque rétribution chaque dimanche ?

Je ne le saurai jamais car j’ai quitté les lieux immédiatement et je suis rentré sur Dakar pour passer mon week-end au Club Med des Almadies.

Je n’ai jamais remis les pieds sur le site.

Titre d’un article du “Soleil” du 19 mai 2006

« ZIGUINCHOR — ÉNERGIE SOLAIRE : Une centrale de 7,3 mégawatts en 2007 »

Ce projet pharaonique était prévu en milliers de capteurs photovoltaïques. Le coût annoncé était d’environ 36 millions d’euros (près de 24 milliards de FCFA). Aujourd’hui, il n’a pas vu un début d’exécution…

30 commentaires
1)
fxc
, le 09.11.2015 à 00:47
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En suisse vous avez ceci

J’avais vu il y a longtemps des maisons privées utilisant ce système, les « radiateurs » étaient composés de tuyaux de cuivre sur lesquels étaient fixés des plaques du même métal, le tout posés sur un mur de l’habitation de façon aléatoire ce qui donnait en plus de la chaleur un effet déco pas mal, le tout relié à une pompe à chaleur tirant son énergie de panneaux solaires à eau posés sur le toit.

4)
M.G.
, le 09.11.2015 à 14:02
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J’ai en effet ce document dans ma documentation. Mais dans cette version, le fluide caloporteur est de l’huile et non de l’eau additionnée de glycol comme utilisé dans la version de 1973 que j’ai vu tourner à Dakar.

En revanche, l’ensemble du PDF que vous avez mis en lien présente un intérêt certain pour ceux des lecteurs de Cuk qui voudraient en savoir un peu plus sur l’architecture globale du procédé dans une de ses évolutions vers un projet viable.

5)
Jaxom
, le 09.11.2015 à 17:38
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L’Espagne a plusieurs centrales solaire électrique thermique, avec le principe de l’accumulateur de chaleur pour fonctionner la nuit. Dans les grands installations, le stockage de chaleur se fait avec du sel fondu plutôt qu’avec de l’eau. Ca permet de monter à bien plus que 100 °C sans les problèmes des vapeurs d’eau sous pression.

D’ailleurs ce développement en Espagne se voit avec les pages wikipedia cette page est bien plus développée que celle-ci.

6)
Thierry F
, le 09.11.2015 à 17:39
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Merci pour ce billet très intéressant.
D »autant plus intéressant que bien des pays européens, je pense notamment à la Crète pourrait facilement mettre en œuvre ce genre de dispositif.
Ainsi les villages ou les communautés isolés auraient une forme d’auto-suffisance.

7)
Dom' Python
, le 09.11.2015 à 18:46
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Passionnant! J’avoue ma complète inculture dans ce domaine. Et je vois que les alternatives aux énergies fossiles sont bien plus nombreuses que je pensais. Je comprends également que si d’avantage de moyens était consacrés à la recherche dans ce domaine, on arriverais probablement rapidement à des solutions viables et rentables!
Merci!

8)
Jean-Yves
, le 09.11.2015 à 19:45
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Sujet sacrément intéressant, ouvrant les portes à des technologies manifestement testées, assez facilement accessibles et maitrisables localement.
Ce qui n’est pas rien.
Le plus, ce serait que les lecteurs africains de Cuk se sentant concernés viennent poster ;-)

9)
J-C
, le 09.11.2015 à 19:52
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Le plus, ce serait de découvrir qu’il y a des lecteurs africains de Cuk ;-)

Rien de plus simple à savoir !

Il faut demander à Noé de consulter les statistiques idoines du site…

10)
M.G.
, le 09.11.2015 à 20:55
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@Jaxom
Ces centrales, où le sel fondu sert de fluide caloporteur, sont des « Centrales à Concentration » dans lesquelles les températures atteintes par le fluide sont très élevées (elles frôlent les 600°C).

À de telles températures, on peut obtenir une vapeur d’eau à très haute pression (supérieure à 60 bars), identique à celle générée par les chaudières des centrales thermiques classiques. L’électricité peut donc être produite avec un ensemble Turbine à Vapeur + Alternateur d’un modèle connu et éprouvé.

Comme le fluide caloporteur peut être stocké, à la manière du réservoir de stockage d’eau chaude de la Centrale de Diakhao (mais avec du sel fondu, on ne joue plus dans la même cour), la production de vapeur peut se maintenir pendant les périodes nocturnes.

Le génie de telles installations (et leur complexité) réside d’abord dans la manière de concentrer les rayons du soleil pendant la période diurne.

La France avait ouvert la voie de la concentration avec le « Four Solaire de Mont-Louis » dans les années cinquante. À l’époque, on obtenait déjà des températures de l’ordre de 3 000 °C qui ont permis de réaliser de nombreuses expériences.

Certes, les Centrales à Concentration ont ma préférence pour l’avenir de la production d’électricité en forte puissance. J’avais découvert le principe sur un site américain.

Si en France on veut se passer de la filière nucléaire, il va bien falloir développer un nouveau moyen de production !

Quelques chiffres : ce soir à 20h00, la Production totale d’électricité en France est de 65 789 MW dont 50 000 MW nucléaire (76 %). Au même moment, nous en exportons 10 505 MW vers l’Europe et le Royaume Uni (16 %). Combien représentent ces 10 505 MW en termes de chiffre d’affaire ? On n’en parle jamais…

Au fait, la Suisse est pour 3 187 MW dans les exportations de ce soir. Les serveurs de Cuk tourneraient-ils avec du courant nucléaire français ?

À noter que la puissance totale « installée » au Sénégal est de l’ordre de 450 MW. Et ça ne veut pas dire que tout fonctionne ;-)

Je reste convaincu que pour satisfaire la demande d’électricité villageoise en Afrique, le cycle thermodynamique Masson-Girardier demeure le plus pragmatique.

12)
M.G.
, le 09.11.2015 à 21:33
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Je comprends également que si d’avantage de moyens était consacrés à la recherche dans ce domaine, on arriverais probablement rapidement à des solutions viables et rentables!

Le problème est toujours le même : nous vivons dans un monde dont les financiers tirent les ficelles, uniquement soucieux de rentabilité immédiate et/ou de spéculation, dans l’unique but d’augmenter inlassablement leurs avoirs.

Dans le domaine de l’énergie solaire, le photovoltaïque a été choisi parce qu’il correspondait parfaitement à leurs critères. Les autres filières ? Bof…

13)
M.G.
, le 09.11.2015 à 22:07
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Bizarre que le système de chauffage de l’hôtel ne soit pas repris un peu partout où ça peut être possible…

J’ai peut-être une explication.

À l’époque où l’Hôtel de NGor a été conçu et construit, l’air conditionné n’avait pas atteint le niveau de développement qu’il a atteint aujourd’hui (en fait, les climatiseurs individuels en villa étaient très rares et les cinémas étaient en plein air).

Cet hôtel n’était donc pas climatisé mais avait bénéficié du génie de l’architecte dans sa conception : les chambres étaient toutes traversantes, en duplex avec au niveau bas un salon avec vue sur la Baie de NGor, quelques marches, la salle de bains à mi-hauteur, quelques marches et la chambre en mezzanine avec vue sur l’Aéroport de Yoff. Le tout inscrit dans l’épaisseur du bâtiment. La ventilation était donc naturelle et j’ai le souvenir de certaines nuits de décembre où il y faisait plutôt frisquet.

Si une économie d’énergie était possible, c’était donc pour la production d’eau chaude. Les capteurs plans en terrasse et les ballons de stockage étaient là pour ça.

Je vis en appartement à Dakar et je suis très attentif à la consommation d’électricité. Mes statistiques montrent que les deux types d’appareils qui représentent 90 % de la consommation électrique sont (dans l’ordre) : 1°) les climatiseurs 2°) le chauffe-eau. Le reste (éclairage, vidéo, informatique et même le réfrigérateur), c’est peanuts.

Ma consommation journalière passe de 9-10 KW/h en décembre à 38-40 KW/h d’août à novembre !

Pour les gestionnaires d’hôtel, je pense que le chauffage de l’eau est devenu anecdotique face au gouffre énergétique et financier que sont les centrales de climatisation…

15)
Zallag
, le 10.11.2015 à 07:50
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À propos de climatisation, il y a la méthode novatrice, mais connue depuis longtemps dans les habitats orientaux, issue de l’observation des termitières, dont parle ce site, entre autres, et qui a été évoquée indirectement tout récemment dans Cuk.
Allez voir dans le bas de la page, au sous-titre 4 de la rubrique — De la termitière au centre commercial — comment cela se passe.

On parle encore ici d’une variante de cette technique dans la revue suisse Bauart, voyez les schémas et illustrations relatives au Marin Centre de la Tène vers le bas du document.

La termitière a la partie hors-sol de sa structure qui agit comme une cheminée avec de multiples canaux verticaux, cheminée qui absorbe la chaleur le jour, tout en créant de ce fait un appel d’air frais provenant des galeries profondes de la termitière.
Et la température est ainsi régulée de manière très efficace, passive, à l’intérieur de la termitière, qui ne surchauffe pas du tout.

Je cite : L’architecte Mick Pearce a étudié pendant plusieurs années le fonctionnement des termitières et s’en est inspiré pour construire l’Eastgate building, un immense immeuble qui surplombe Harare.

16)
M.G.
, le 10.11.2015 à 08:34
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Très bel exemple d’une technique inspirée par la nature :-)

Dans le même ordre d’idée, pour refroidir ses Datacenters, O.V.H. tire partie de la convection naturelle massive créée par une architecture astucieuse des bâtiments.

Merci pour les liens.

17)
ToTheEnd
, le 10.11.2015 à 09:07
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Si en France on veut se passer de la filière nucléaire, il va bien falloir développer un nouveau moyen de production !

Tranquille, Hollande a dit qu’en 2025, le nucléaire ne représenterait plus que 50% de la production (contre 73.3% en 2014)… une conversion on ne peut plus easy en 11 ans.

Quel clown.

T

18)
M.G.
, le 10.11.2015 à 09:44
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D’autant que je constate que le nucléaire est le plus souvent à 80-82 % en part d’électricité produite !

Au fait, les 10 505 MW exportés hier à 20h00, c’est sûrement bon pour la balance commerciale, non ? Je n’ai aucune idée du prix pratiqué entre les différents pays européens. Je sais seulement que rapporté bêtement au Tarif EDF que je paie en Normandie, ça fait un paquet de millions d’euros sur la journée !

Sans le nucléaire, que deviendrait cette source de revenus dont personne ne parle jamais ?

19)
ToTheEnd
, le 10.11.2015 à 10:14
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Sans le nucléaire, que deviendrait cette source de revenus dont personne ne parle jamais ?

Easy, on créera un nouvel impôt, on taxera plus le diesel ou on changera rien, comme ça y aura pas de manif et personne sera fâché. Surtout, éviter les sujets qui fâchent parce que tous les 5 ans, y a des élections alors bon…

T

21)
lucienpochet
, le 10.11.2015 à 11:32
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@ToTheEnd
ou voter UDC ou FN, les élections ont bon dos ! Et ce trouver des excuses et croire que le référendum est la solution a tout.

22)
ToTheEnd
, le 10.11.2015 à 13:51
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ou voter UDC ou FN, les élections ont bon dos ! Et ce trouver des excuses et croire que le référendum est la solution a tout.

Allons, allons, si les gens font ça, c’est parce qu’ils sont parfaitement informés par les médias des idées, du programme et des solutions de ces partis pour résoudre tous nos problèmes.

Plus l’idée est simple, mieux elle est reprise par les médias et plus les gens comprennent.

Logique.

T

23)
M.G.
, le 10.11.2015 à 18:11
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@PhB
Intéressant, cette notion de « Prix négatifs ».

C’est évidemment un moyen d’inciter les gros producteurs à se donner les moyens de réguler leur production et/ou d’avoir un algorithme de prédiction de la consommation efficace.

On peut toujours arrêter une Unité de production d’énergie électrique en appuyant sur un bouton (même si je suppose que l’arrêt d’une Centrale Nucléaire de 900 MW nécessite une procédure spécifique).

En revanche, tout se complique lorsqu’il s’agit de la remettre en route et de la coupler sur le réseau.

Dans l’ordre de délai de remise en route, les Turbines à Gaz arrivent en tête avec les turbines hydrauliques, suivies des Groupes Diesel.

Tout ce qui fonctionne à la vapeur possède un délai de mise en route incompressible du fait qu’il faut attendre la montée en pression de la vapeur avant de lancer la turbine. Le nucléaire en fait partie.

Aujourd’hui à 17h15, la production française est de 78 % nucléaire, 9 % via les turbines à gaz et 7 % hydraulique.

Au vu de ces chiffres, on comprend que la régulation éventuelle pour compenser une diminution de la demande du réseau pourra se faire en jouant sur le Gaz ou l’Hydraulique, plus faciles à réguler.

Autre aspect intéressant de l’Hydraulique : la possibilité de mettre certaines unités en mode « Pompage ». Ce mode permet de relever l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur pour stockage jusqu’à la remise en route du cycle de production. C’est ainsi que la nuit dernière à 03h15 ce mode absorbait 2 392 MW, permettant d’absorber une partie de la production nucléaire qui était montée à 83 %.

24)
ToTheEnd
, le 10.11.2015 à 21:21
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Dans l’ordre de délai de remise en route, les Turbines à Gaz arrivent en tête avec les turbines hydrauliques, suivies des Groupes Diesel.

Pas juste. C’est l’hydro en premier car c’est vraiment une histoire de secondes pour l’activé. Le gaz, il faut tout de même chauffer la marmite et comme tu le dis, ça prend un certain temps. Le nucléaire sert de « ruban », c’est lui qui sert de base à la production d’électricité. Les autres moyens sont activés uniquement pour les pics et les moments où le courant vaut le plus cher… comme par hasard, le soir… quand le soleil chez le grand voisin ne donne rien et que le vent est nul…

T

25)
ToTheEnd
, le 10.11.2015 à 21:41
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PS: documentaire extrêmement intéressant sur la dette française… l’affaire reflète à merveille l’impossibilité d’un gouvernement de prendre les bonnes décisions au risque de se mettre à dos les médias et donc l’opinion publique… et on en est au premier épisode… sur quatre. On va bien rigoler mais demain les médias nous parlerons probablement des seins de Nabila, des problèmes politiques portugais, du dopage russe et sans aucun doute des dernières dépêches AFP…

Pour information, les intérêts de la dette française coûte environ EUR 45 milliards par an… mais avec toutes les dettes réunies (régions, villes, etc.), c’est plus de EUR 300 milliards par année.

Au niveau énergétique, que pourrait-on faire avec EUR 300 millards?

T

26)
M.G.
, le 10.11.2015 à 23:17
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Le gaz, il faut tout de même chauffer la marmite et comme tu le dis, ça prend un certain temps.

Je pensais aux Turbines à Gaz, qui fonctionnent avec un réacteur de type aviation, lequel attaque l’alternateur à travers un réducteur de vitesse (il faut passer de 30 000 t/mn à 1 500 t/mn). Alsthom en a deux de 25 MW qui sont installées à la Centrale du Cap des Biches depuis un bail.

Elles démarrent et sont couplées sans risque à pleine puissance sur le réseau en moins de deux minutes. Elles tournent aussi au Jet A1, le kérosène des jets commerciaux dont l’odeur à l’échappement est caractéristique.

27)
ToTheEnd
, le 11.11.2015 à 08:51
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Je pensais aux Turbines à Gaz, qui fonctionnent avec un réacteur de type aviation, lequel attaque l’alternateur à travers un réducteur de vitesse (il faut passer de 30 000 t/mn à 1 500 t/mn). Alsthom en a deux de 25 MW

Je ne connaissais pas mais c’est clairement atypique pour une centrale à gaz dans le monde… et ça reste « faible » vis-à-vis des puissances « classiques ». Depuis 2010, la France a mis une dizaine de centrale à gaz en production et la puissance moyenne est de 450-500 MW.

T

28)
zit
, le 11.11.2015 à 09:59
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Il est superbe, ce moteur Masson-Girardier. Et pourquoi tous les bâtiments construits n’ont–ils pas obligation d’intégrer au maximum des solutions de ce genre ?
Comment ? certaines personnes auraient un intérêt phynancier à ce que les gens consomment le plus d’énergie possible ? parce qu’ils en vendent ? Ahhhhh…
Et puis le coût de l’installation, les bâtisseurs ne seront pas nécessairement les usagers, donc les bétonneurs bétonnent (yenna qui font ça bien dans le coin) au moins cher.
Les petits systèmes ont de l’avenir, si les gros les laissent se développer tranquillement, mais j’ai comme l’impression que l’ambiance économique est plus du genre : les gros écrasent les petits, et, ceux qui ne se laissent pas écraser, on les bouffe (et quand on mange quelque chose, ce qui en ressort… devrait aller au compost ;o).

Même si la production d’énergie solaire est insuffisante sous nos latitudes, elle n’est pas nulle. et l’éolien, bin du vent, il y en a beaucoup dans les villes, toutes ces vallées artificielles que sont les rues et les avenues, avec certaines configuration particulières générant naturellement du vent (collines, eau sous forme de fleuve, de lac ou d’océan), il y a de quoi installer beaucoup de microéolien, et à proximité immédiate du lieu de consommation.

Quand au stockage qui semble poser d’incommensurables problèmes à l’échelle du gigawatt, si chaque petit dispositif de production est relié à un système de stockage à proximité : une pompe pour relever de l’eau, ou un moteur pour lever un poids, quand on libère le système, la gravité permet, à très grande échelle (le système du double lac de rétention), une récupération d’énergie colossale, mais à petite échelle, pourquoi serait–elle nulle ?

Imaginez un instant que sur tous les ascenseurs du monde, le moteur fonctionne dans un sens, la montée, comme un dispositif de stockage, et que dans l’autre sens, la gravité fasse tourner le moteur qui sera utilisé à ce moment comme un alternateur, produisant de l’énergie au lieu d’en consommer !

J’en connais qui vont m’objecter le rendement épouvantable du système, mais comme il a été dit plus haut : kest’en’naafout’ du rendement d’un système gratuit ?

En tout cas, merci, Marc pour cet article captivant.

z (small is beautyfull, je répêêêêêêêêêêêêêêête : petit, c’est aussi plus simple)

29)
ToTheEnd
, le 11.11.2015 à 12:06
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J’en connais qui vont m’objecter le rendement épouvantable du système, mais comme il a été dit plus haut

Ce n’est pas une question de rendement car à ce moment là, rien n’est vraiment bon… du panneau solaire en passant par le nucléaire ou le gaz.

Le problème, c’est que des solutions comme ça, c’est bien pour des gens qui ont:

– De la place
– Consomment <500 kWh par habitant et par an (Nigeria, Tanzanie, Kenya, Angola, etc.)

La France ou la Suisse avec leur ~8'000 kWh annuel et par habitant… et surtout leur contrainte d'habitants au m2 sont un tout autre problème…

T

30)
M.G.
, le 11.11.2015 à 15:42
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Imaginez un instant que sur tous les ascenseurs du monde, le moteur fonctionne dans un sens, la montée, comme un dispositif de stockage, et que dans l’autre sens, la gravité fasse tourner le moteur qui sera utilisé à ce moment comme un alternateur, produisant de l’énergie au lieu d’en consommer !

Désolé zit mais l’exemple de l’ascenseur est mal choisi.

Dans un ascenseur classique, deux masses mobiles sont en mouvement : 1°) La cabine qui contient les passagers. 2°) Un contrepoids. Quand l’une monte, l’autre descend. Les deux coulissent sur des guides installés dans la trémie de l’ascenseur.

Le treuil électrique de l’ascenseur sert à mettre le système en mouvement. La puissance électrique utilisée n’est donc nécessaire que pour mouvoir la *différence* de poids qui existe entre les deux au temps « t », et compenser les frottements divers sur les guides de la cabine et sur ceux du contrepoids.

C’est d’ailleurs pourquoi les moteurs des treuils d’ascenseur ont une puissance étonnamment faible.